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370 FORMATION ERRATl^UH: I>£ l'aMÉUIQUE DU NORD.
les plus élevés, seul aussi les plus éloigués du lieu de leur origine. Us ne sont pas , d'ailleurs , plus nombreux sur les penles nord que sur les pentes sud des collines. Les roches qui les constituent sont des granités syéniliques, des syénites, des gneiss, des ainphiboiites, du jaspe rouge, des cailloux de quartz et une grande variété d'agates et de cornalines. Le sable et le gravier sont composés de petits fragments des mêmes roches.
Le plateau du Coteau de Prairie, comme Tavait dit M. Catiin, est aussi occupé parla formation erratique, et d'innombrables blocs encombrent les abords de ses lacs.
M. F. Shepherd (1) a reconnu la présence de stries, de sillons et de surfaces polies sur les granités , les syénitei? et les diorites des côtes nord et sud du lac Supérieur. La direction des stries est généralement N. , S. , et , lorsque le lac est tranquille et Teau parfaitement transparente , on peut les observer jusqu'à une profondeur considérable sur le prolongement de celles qui sont voisines de la surface. On les suit également sur le pourtour du lac et des îles où elles conservent toujours les mêmes caractères , puis en s'élevant jusque sur les montagnes Huron, à 250 mètres au-dessus de l'eau , dont le niveau n*a certainement pas changé depuis six ou sept cents ans , comme on peut le déduire de l'âge des arbres (Pinus abies) qui croissent le long du rivage. Le lac ne gèle jamais que sur ses bords, et n'a ni marées ni courants. Beaucoup de blocs usés et striés se voient aussi à diverses hauteurs, depuis le sommet des montagnes jusqu'au niveau du lac , et parmi eux M. Shepherd en a remarqué provenant d'une sorte de poudingue , et qui , posés sur des crêtes dioritiques , se trouvaient ainsi portés beaucoup audessus du niveau où la même roche se montre en place. De grandes accumulations de détritus diluviens renferment encore des blocs semblables. Sur la côte nord-est des Petits-Écrits , il existe des terrasses de plusieurs milles de long, parfaitement régulières et horizontales , disposées en gradins^à 60 ou 120 mètres d'élévation, et distantes de deux à trois milles du lac dont elles marquent les anciens niveaux successifs. Le niveau actuel est à 191 mètres audessus de celui de la baie d'Hudson , et les mêmes traces de frottement se présentent encore sur les montagnes qui séparent ces deux grandes masses d'eau.
Au-delà des montagnes Rocheuses, dans le territoire de l'Oré-
(1) Jmer. Journ., %• sér., vol. IV, p. 882. <S47.