‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 68 sur 87 · GÉNÉRALITÉS SUR LE TERRAIN QUATERNAIRE, ETC · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR LE TERRAIN QUATERNAIRE, ETC

gon , i\I. H.-C. Perkins a découvert des débris d'éléphant fossile , de bœuf, etc.; mais il a donné peu de détails sur leur gisement (1), de même que M. Yung qui a mentionné des ossemeuts de vertébrés sur les bords de la Multoomach, tributaire de TOrégon (2).

$ 4. Généralités sur le terrain quaternaire de l'Amériqua du Mord.

Si de Texamen des faits propres aux dépôts quaternaires des États-Unis nous passons à des considérations plus générales sur les causes qui les ont produits , nous trouverons que , sous ce rapport , les géologues américains ne sont pas non plus restés en arrière des géologues de TEurope.

M. Mather (3) a indiqué la direction générale des stries, des sillons et du trajet des blocs erratiques. Ces derniers ne paraissent pas avoir dépassé le 38" ou le Z^ lat. N. , de même que, dans TAmérique méridionale, M. Darvirin , en s'approchant de Téquateur, no les a pas vus au delà du ^O"" lat. S. iM. Ch. Jackson (U) ne pense pas que rhypothèse de l'extension des glaciers , telle que nous l'avons exposée pour certaines parties de l'ancien continent , soit applicable au nouveau ; car on n'observe nulle part aux États-Unis le rayonnement deis matériaux erratiques à partir des principales chaînes de montagnes. Dans l'État de Rhode-Island , cependant, il y a une sorte de divergence du point d'où proviennent les blocs ; mais ceuxci ne s'en trouvent pas moins dans la direction générale du grand drift,

M. £. Hitchcock (5) , en résumant l'état de cette partie de la science , s'est attaché à foire voir que le phénomène erratique doit être le résultat d'une ou de plusieurs forces agissant dans une direction S. ou mieux S.-E. , comme le montre celle des amas diluviens , des stries et des sillons , et que cette uniformité dans la direction des divers effets est la preuve de la généralité de la cause. Celle-ci s'est manifestée depuis le niveau de la mer , et même au-

(\) Amer. Journ.^ vol. XLII, p. 4 36. 4 842.

(2) L'Institut j B oct. 4843.

(3) Amer, Journ., vol. XLI, p. 474. 4 844.

(4) Ibid., Tol. XLIII , p. 4 54 . 4 842.

(5) First anniversary address yGic. — Tâe phenomena of drift , etd. Les phénomènes du drift ou l'action glaciale-aqueuse dans le nord de rAmérique, entre les périodes tertiaire et alluviale. {Trmasact. q/ the Assoc. of Amer. geoL^ 4 840'»44« p. 464.)

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dessous , jusqu'à 1220 mètres au dessus (mont Katahdin) , tandis que les sommets des montagnes Blanches , qui atteignent 1900 mètres, ont été préservèi. Les surfaces polies et les sillons, demeurés intacts à toutes les hauteurs , indiqueraient la simultanéité du phénomène. Les stries et les sillons conservent leur parallélisme sur de grandes étendues , et , lorsque des faisceaux de stries en coupent d'autres , elles n*en restent pas moins parallèles dans chaque faisceau.

L*agent auquel ces effets sont dus paraît s'être atténué de plus en plus en s'avançant au S. , et l'absence de dérangement parmi les détritus qu'il a accumulés dans les vallées et sur les flancs des collines doit faire admettre que le niveau relatif des divers points du pays n'a pas été depuis sensiblement modifié par des mouvements verticaux. L'auteur ne croit pas que le transport des matériaux ait eu lien pendant que le continent était sous l'Océan ; mais, d'un autre côté , les dépôts réguliers d'argile et de sable qui surmontent les détritus erratiques et la stratification plus ou moins prononcée des éléments les plus ténus démontrent que l'eau a été l'un des agents de leur transport. La présence des blocs du Michigan et du Canada , charriés vers le S. jusqu'au-delà de TOhio, à des distances de quatre cents et de cinq cents milles, oblige aussi de recourir à un second agent, qui serait la glace. Ces phénomènes, antérieurs à l'apparition de l'homme , auraient détruit la plupart des animaux dont les restes se trouvent dans ces accumulations détritiques, et leur action aurait été beaucoup plus puissante qu'aucune de celles qui ont actuellement lieu à la surface du globe. Le savant géologue américain , qui n'avait pas alors une idée bien nette des distinctions qui , plus tard , furent établies dans la série des produits quaternaires , a trouvé que l'hypothèse des glaciers pouvait , à certains égards , rendre compte des effets observés aux États-Unis , sauf la direction générale du drift vers le S. et son transport des parties inférieures du sol à des niveaux très élevés. Ainsi , les roches siluriennes de l'État de New- York et les roches quartzeuses du I^Iassachusetts ont été charriées et laissées sur les montagnes d'Hoosa , de Taconic et de High-Land. Enfin , certaines accumulations de débris, regardées comme des moraines très remarquables (comtés de Barnstaple et de Plymouth, Massachusetts), ne se trouvent point dans les vallées , mais sur le bord de la mer , à cinquante et même cent milles de distance des montagnes. M. H.-D. Rogers , dont nous avons déjà fait connaître l'opinion

1)Ê l'aMÉHIOUC mJ NORD. 3/S

relaiivemont aux dépôts coquiiliers mariûs de Fépoque qualernaire, a traité aussi de la formation erratique, dans son discours à la réunion des géologues américains, en 18^4 (1). Les surfaces lisses , polies et sillonnées sont , d'après lui , coexistantes avec le drift, et se rencontrent depuis le sommet des montagnes jusqu'au fond des vallées et sur toute la surface si étendue des lacs et des États de l'Ouest. Dans la partie montagneuse , les points élevés et les flancs tournés vers le N. et le N.-O. sont beaucoup plus polis et striés que le revers sud-est. Les sillons ne rayonnent point des sommets, mais dans les vastes plaines et les prairies de l'Ouest , dans les montagnes entassées confusément de la Nouvelle- Angleterre , ou sur les crêtes iransverses de la Pennsylvanie septentrionale, de l'ouest des États de Yermont et de Massachusetts , les sillons conservent partout et à tous les niveaux la direction S.-E. 11 n'y a d'exception que pour les parties inférieures des grandes vallées dont ils suivent les déviations. Les sillons ne sont droits sur une certaine longueur que lorsque la roche est homogène et horizontale ; si , au contraire , elle n'a point partout la même dureté , ou si c'est un poudingue,, les stries comme les sillons présentent une disposition et des caractères particuliers.

Quant au drift lui-même , il constitue dans toute la région septentrionale des États-Unis et dans les parties adjacentes des provinces Anglaises un dépôt meuble , composé de sable , d'argile , de gravier et de blocs de toutes les dimensions , diversement mélangés et stratifiés par place, comme ils pouvaient l'être p^r l'action de courants violents. Ces matériaux proviennent tous de roches du nord ou du nord-ouest, dont ils sont aujourd'hui séparés par des plaines , des vallées et de hautes montagnes , et les blocs n'ont certainement pas rayonné de centres particuliers. La limite méridionale du dépôt continu atteint l'île Longue et le nord de la Pennsylvanie , puis à l'ouest la rivière de l'Ohio ; mais le gravier se prolonge dans les vallées de la Delav^rare , de la Susquehannah , du Mississipi , et fort loin au sud (2).

l\) Amer. Journ,, vol. XLVII , p. 264. 1844.

(2) M. D. Christy («), qui paraît d'ailleurs avoir peu étudié les travaux de ses prédécesseurs , admet cependant le rayonnement des détritus erratiques et leur convergence vers Taxe du bassin du Mis-

(a) Letter on geoloçy, Erralic rocks nfSorth Jmerica, Oxford (Obio), iS47. Lettr»

à M. de Vcrneiiii.

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