‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 8 sur 87 · DU NORD DE I/KUROPK · texte numérisé non relu

DU NORD DE I/KUROPK

Scandinavie , et qu'ils ont été dislribués par traînées. Ainsi , à l'ouest de Poscn presque tous sont granitiques, tandis qu*à Test, ce sont principalement des quartzites. Entre Kolàa et Varsovie , les détritus sont plus uniformément disséminés. A Varsovie , les blocs se trouvent à la surface du dépôt de transport , qui est composé d'argile et de vase, recouvrant des couches tertiaires de sable et d'argile avec des cailloux de quartz et de lydienne.

En Russie, de même qu'en Allemagne et en Angleterre, le volume des blocs est d'autant moindre qu'ils sont plus éloignés de leur point de départ ; ainsi , autour de Moscou , le diamètre des fragments de granité et de diorite dtessc rarement 0"" 60 à 1 mètre, tandis que près de Saint- PétersoHrg il est souvent de plusieurs mètres (1).

Malgré la diversité des caractères du drip, suivant les lieux et la position des blocs, tantôt à la surface, tantôt au milieu des sables et des vases, les auteurs de la Géologie de la Russie pensent que le tout est le résultat d'un seul grand système d'opérations et qu'il s'est déposé dans une même période , sous l'eau et au fond de la mer, et cela après le dépôt de gravier et de sable coqdillier de la Vaga {antè, p. 19). Les collines du Valdaï, dont l'élévation est de 2/i3 à 335 mètres, en étant aussi couvertes, on ne peut douter que toute cette portion du continent ne fût alors sous les eaux. Dans leur répartition vers le sud , on remarque que les blocs se sont écartés à l'est et à l'ouest du dôme dévonien d'Orel sans le recouvrir, comme autour du massif ancien de Kielce. Ainsi que nous l'avons dit , les blocs erratiques , depuis le Yorkshire jusque dans le gouvernement de Vologda , ont rayonné du nord dans des directions comprises entre le N.-O. et le N.-E.

Quoique présentant des traces nombreuses de dislocation, la chaîne de l'Oural offre un contraste frappant avec. la chaîne Scandinave, et, en adoptant l'hypothèse du charriage des matériaux par les eaux , on trouve une concordance parfaite avec l'absence de blocs sur l'Oural , comme avec l'absence vers l'ouest de tout fragment qui en serait provenu. En Norwège il y a des glaciers, tandis que dans les montagnes qui séparent l'Europe de l'Asie, même au 70* degré, il n'y en a point, et il ne paraît même pas qu'il y en ait jamais eu, puisqu'on n'y a reconnu ni anciennes moraines, ni stries,

(i) Voyez aussi : Ch. Einbrodt, Ucbcr dds V orkommcn , etc. Sur la présence de blocs de granité dans les environs de Sula [Bull. Soc, natm\ de Moscou , 4 845 , p. 517).

ni rochers polis; 1rs eaux ni les glaces flottantes n'y ont jamais apporté de blocs. En s'approcliant de la Scandinavie, au contraire, les débris erratiques sont de plus en plus nombreux. Bœhtlingk a établi, en outre, que les blocs Scandinaves avaient été amenés de la côte de Kemi dans la baie d'Onega, de la Laponie russe dans la mer Glaciale, et qu'ainsi les blocs avaient rayonné d'un centre dans toutes les directions. Mais nous sommes porté à penser que la conclusion de M. Daubrée est plus exacte et qu'il y a eu plutôt , comme pour les stries, divergence des crêtes et des sommités que d'un centre unique.

A la double hypothèse d'un dépôt formé^.us les eaux de la jner et du transport des blocs Scandinaves par 4bI3c^> on pourrait objecter d'abord l'absence de tout débris marin et même terrestre sur une surface alors immergée qui comprend la moitié de la Russie d'Europe, la Pologne, la Prusse et une partie du Mecklembourg, et cela pendant un laps de temps assez considérable, ceux que l'on a trouvés sur les bords de la Vaga , ou à l'ouest , en Danemark et en Ecosse, étant des faits trop limités pour répondre à la question , et ensuite le transport par les glaces, qui nécessite des mers glacées ou des glaciers infiniment plus étendus et plus élevés que ceux de la chaîne Scandinave actuelle , surtout si l'on compare le charriage qui s'effectue de nos jours aux accumulations erratiques dont nous nous occupons. Dans cette supposition, on se rapproche donc déjà de l'opinion contraire ou de l'action directe des glaciers; car on est obligé d'admettre un froid beaucoup plus intense qu'aujourd'hui sous la même latitude, et peut-être aussi un relief de plusieurs milliers de pieds plus élevé; alors les deux explications ont une cause commune, l'abaissement de température, qui nous paraît être la question la plus imporlanie au point de vue de la physique du globe. Les auteurs de la Géologie de la Russie d'Europe admettent en effet une période de froid; mais ils pensent en même temps que le relief de la péninsule était moindre, tandis qu'il semble probable; d'après ce que l'on verra plus loin, qu'à l'époque des stries il était au contraire plus prononcé.

M. i\Iurchison et ses collaborateurs ont combattu , par des arguments très spécieux , Tapplicalion que l'on a voulu faire de l'existence d'anciens glaciers au phénomène erratique du nord , et ils ont démontré combien étaient peu fondés les raisonnements établis sur la comparaison du bassin de Genève. iMais ils supposent que les matériaux du drift sont descendus des deux côtés des chaînes pen*

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