‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 9 sur 87 · DU NORD DB L'EUROPE · texte numérisé non relu

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dant leur soulèvement, en striant et sillonnant les roches sous-jacentes, et ils s'appuient dans celte explication sur les expériences de M. Scott Russel, dont nous avons déjà parlé {antèf vol. I, p. U7), relatives aux vagues de translation^ et dont M. Hopkins (1) a cherché a déterminer la puissance, ainsi que M. W. Whewell (2). Le soulèvement du sol immergé avait mis en mouvement la masse de sédiment sableux, argileux et caillouteux du fond de la mer, et les stries, les sillons et le polissage seraient le résultat du frottement de cette masse sur les roches du fond , ce qui n'exclurait point d'ailleurs l'action des montagnes de glace sur ce même fond , proposée par M. Lyell. Le dernier phénomène est le dessèchement de l'ancien lit de la mer élevé au-dessus de son niveau. Le soulèvement aurait eu lieu en masse sans brisure, et la surface du sol présenterait encore aujourd'hui le même aspect général que lorsqu'elle était submergée.

Les stries et les sillons observés dans le golfe de Christiania et scandinarit. ailleurs par MM. Murchison , de Yerncuil et de Kfcyserling sont dirigés N.-N.-O., S.-S.-Ë., etc'est aussi, suivant eux, la direction normale en Norwège; mais nous avons vu que cette opinion n'est point partagée par M. Daubrée. Dans la partie méridionale, la face nord des promontoires est usée, polie et sillonnée , tandis que la face sud est généralement plus abrupte et dans son état naturel. £n Suède, les strieset lessillons sontdirigés du N. -N. -0. au S. -S.-E. , et les promontoires , usés , sillonnés et polis sur leur face nord {Stoss seite), sont au contraire abruptes et intacts sur le côté snd{Lee seite), Lesœsars, déposés sous les eaux et renfermant des blocs qui sont tous arrondis, sont allongés dans le sens

(1] Philos. Magaz., vol. XXVII, p. 56. 1845.

(2) Quart. Journ. geol. Soc. of London , n° 1 1 , p. 227. Janvier 4847. L'auteur a cherché quelles étaient les conditions mécaniques nécessaires pour expliquer le transport du drift du Nord par l'action d'une ou de plusieurs vagues de translation , et il a fait voir que le résultat pouvait être obtenu par une grande secousse, soulevant le fond delà mer sur une surface de 45,000 milles carrés , et à une hauteur de 500 pieds, ou bien par une succession de secousses produisant chacune des effets moindres. L'effet serait nul si le soulèvement était lent , graduel et continu. La théorie de la vague de translation rentre d'ailleurs dans ce que l'on a appelé des débâcles dues à des irruptions de l'eau de la mer, occasionnées par un soulèvement de son ifond. — Voyez aussi , pour l'explication de cette théorie , Quart Journ. geol. Soc. of London, vol. I, p. 4 46. — Proceed.^ id.y ioL IV, p. «. 4843. —Id, vol. III, p. 686.

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des slries. Des centaines de petites îles, entre Stockholm et Abo, s'élevant à peine de 30 à 35 mètres au -dessus de Teau, sont comme les promontoires de la côte, striées et polies sur le côté nord, abruptes et inaltérées au sud. Or, un phénomène dont les caractères sont aussi uniformes ne peut être le produit de marées ordinaires ni de courants partiels. La marche des glaciers sur ces plaines et dans la mer étant inadmissible , les élévations de la presqu'île Scandinave peuvent seules, disent les auteurs, rendre compte des vagues de translation et des courants puissants exigés pour c^t effet. Outre un certain nombre de chocs , ils supposent encore qu'un abaissement correspondant a eu lieu dans la partie de la Russie d'Europe , de la Pologne et de TAllemagne , sur laquelle s'est étendu le drift , et que des courants , partant de la chaîne Scandinave, se sont aussi dirigés vers le sud. Ce double mouvement pourrait expliquer alors les traînées de blocs, le poli et les stries de la face nord des rochers.

Aux environs d'Upsal, les œsars recouvrent l'argile bleue avec la Tellina baltica; mais on trouve aussi à leur surface des blocs anguleux, intacts, qui y auraient été abandonnés par des glaces flottantes. Quant aux autres directions signalées pour les stries, elles seraient la conséquence même de l'hypothèse , car on conçoit que le grand dépôt de transport n'est septentrional que relativement à la Russie et à l'Allemagne; par rapport à la mer Glaciale, il est méridional; par rapport au Yorkshire il est oriental, et relativement aux monts Timans il est occidental. Le nord do la Scandinavie doit donc être regardé comme un vaste noyau cristallin q[ui , soumis à des élévations spontanées qu'accompagnèrent de grandes dépressions environnantes, repoussa tantôt brusquement, tantôt tranquillement les masses de détritus dont l'origine est en discussion. En outre, les plus hautes parties de la chaîne, depuis le Dovrefeld en Norwège jusqu'à l'axe de la Laponie russe, constituaient une région de glaciers qui furent brisés par quelques unes des oscillations précédentes, et d'où se détachèrent des montagnes de glace qui flottèrent au loin, et qui en fondant déposèrent les blocs erratiques sur le fond de la mer.

Quant à l'existence de coquilles arctiques, comme preuve d'un climat plus froid à cette époque sous ces latitudes, M. Murchison, se fondant sur cette observation de MIM. Ed. Forbes et Loven, que le caractère plus ou moins arctique des mollusques dépend essentiellement de la profondeur d'eau sous laquelle les animaux ont

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vécu (antè, vol. I, p. /iOO), se demande si l'on pourrait affirmer d'après cela que les plages soulevées de la Suède , de la Norwège, de TADgleterre, etc., ne sont pas des fonds de mer qui , sous quelques latitudes différentes qu'ils aient été accumulés, montrent nécessairement UD caractère plus arctique; mais on peut répondre, suivant nous, que, s*il en avait été ainsi , on devrait trouver, audessus de la zone des coquilles arctiques , d'autres zones dont les coquilles Indiqueraient une moindre profondeur d'eau ; or cela n'a pas lieu , ou du moins n*a pas encore été signalé, et l'on ne connaît que ces couches coquillières qui marquent l'ancien rivage placé très peu au-dessous du niveau de la mer, comme le prouvent en outre les espèces mêmes de coquilles. On ne pourrait pas davantage arguer de l'existence d'un ancien courant d'eau froide que des mouvements du sol auraient déplacé, parce que la généralité des faits , dans les diverses parties de l'hémisphère nord, s'y oppose. £nûn, nous ferons remarquer que les auteurs ayant admis eux-mêmes la probabilité d'une période de froid (p. 528), les coquilles arctiques en deviennent la conséquence nécessaire.

Toutes les parties élevées de la Sibérie, quoique environnées de hautes montagnes de trois côtés , n'ont pas été sous les eaux et l'on n'y observe point de blocs erratiques; aussi iM. iMurchison en conclut-il, avec MM. de Verneuil et de Keyserling, qu'à moins d'avoir été sous la mer aucun pays ne peut être recouvert de dyif'f ou de blocs étrangers ainsi qu'on le voit dans la Russie d'Europe. Par conséquent toutes les terres de l'hémisphère nord , dépourvues (le ce dépôt, comme la Sibérie et certaines parties de l'Angleterre, peuvent avoir été habitées pendant longtemps par de grands quadrupèdes et être restées émergées, tandis que d'autres portions de l'Europe étaient sous les eaux (1).

Dans une communication subséquente, M. Murchison ^2) a re- suèue. pris ce sujet relativement à la Suède et aux îles de la Baltique qui

(1) Voyez aussi : Berzélius, Jahres Bericht ueber die Fortschritte der Phys. IViss.^ 4844, p. 386. — C'est un résumé sommaire des auteurs et de tous les écrits qui ont traité des phénomènes erratiques du Nord. — Siljestrœm, Vetens. Handl. Stockholm, 1843. — Forchhammer, Procced. roy. Soc. Copenhague, 1843.

(2) On the s uperficial détritus , etc. Sur les détritus superficiels de la Suède et sur les causes probables qui ont affecté la surface des roches dans les portions centrale et méridionale de ce royaume. ( Quart. Journ. geni. Sor. ojLondon , n° 8 , p. 349. Nov. 1846.)

« n dépendent, el qu'il avait parcourues avec M. de Verneuil en 1 8^5. Dans celle de Golhiand (p. 359) les dépôts de cailloux renferment des fragments arrondis de roches cristallines venus du nord , ainsi que des grès durs et rouges de même origine, et associés à des fragments calcaires de Tîle même et à beaucoup de sable. Les bancs calcaires que ce dépôt recouvre sont sillonnés et striés. Dans la partie nord surtout, les stries sont dirigées N.-N.-E., S.-S.-O., el le transport des matériaux a dû s'effectuer sous l'eau par un soulèvement subit du continent Scandinave, qui a occasionné une vague de translation.

On ne trouve dans ce dépôt aucun débris des roches secondaires du sud que les marées et les glaces apportent chaque année sur les côtes ; d'où il semble résulter que la cause du drift n'était point variable comme le sont les marées actuelles , mais qu'elle se manifestait dans une direction constante.

Le célèbre géologue anglais a donné plusieurs dessins représentant les phases successives par lesquelles il suppose que l'île de Gothland a dû passer, depuis l'époque où, complètement submergée, sa surface ne présentait que les calcaires siluriens, jusqu'aujourd'hui. Pendant ce laps de temps, non seulement celte surface a été sillonnée et striée, puis recouverte par le dépôt de transport sur lequel reposent les blocs erratiques, mais encore des terrasses plus récentes qui bordent les falaises prouvent que des soulèvements successifs ont eu lieu depuis l'arrivée des blocs erratiques.

Nous avons déjà vu qu'une multitude de petites îles de roches cristallines, située; entre Stockholm et Abo, y compris celles d'Aland, étaient toutes striées sur leur côté nord, et abruptes au contraire sur leur côté sud , et nous ajouterons ici que , dans tous les monticules polis, arrondis ou moutonnés, le maximum d'effet s'est produit, il est vrai, du côté du nord, mais que de part et d'autre de ce maximum on voit les stries, les sillons et le poli s'affaiblir de plus en plus à l'est et à l'ouest; de sorte qu'il n'y a que le côté sud qui en soit tout à fait exempt. Cette circonstance semble appuyer l'hypothèse des courants proposée par l'auteur, et serait inexplicable si l'on supposait que des glaciers aient jamais pu s'étendre sur ces régions plates.

Après avoir étudié les oesars des environs de Stockholm , d'Upsal etde la Dalécarlie, M. Murchison fait remarquer que, quoique leur direction soit assez généralement N. , S. , il y en a beaucoup qui offrent une direction transverse ; mais les caractères physiques du

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pays el la disposition ou la forme des roches sous-jacenles ont dû influencer ces directions, comme nous l'avons dit ci-dessus [niitè , p. 38). Pour expliquer le phénomène erratique du nord (p. 379), on doit restreindre Faction des glaciers à leur légitime domaine, et il n*est pas douteux que les traces observées à la surface de beaucoup de roches, et sans doute de tontes les régions plates, ne soient le résultat d'un transport par les eaux , que des vibrations de Técorce terrestre auraient provoquées. Celles-ci ont produit une grande force de translation de Teau , tandis que d'autres débâcles ont pu être déterminées par le brisement des anciens glaciers et des mers glacées; aussi doit-on s'attacher avant tout à démêler les effets dus à ces diverses causes.

Passant ensuite à quelques considérations générales sur la faune P"'«'oni»i*>««"^ des mammifères de cette époque, le même savant a fait voir (1) que les Mammouths de la Russie étaient les mêmes que ceux de ia Sibérie, et qu'en outre le Rhinocéros tichorhinus ^ le castor et l'ours se trouvaient également dans le diluvium d'Angleterre, tandis que V Elasmotherium et le Merycotherium sont des types propres au pays. Les endroits où l'on trouve ces ossements étaient autrefois des terres basses, trop humides pour que les éléphants pussent y vivre , mais leurs débris y auront été apportés sans doute par des inondations. Les points où Ton ne trouve pas de fossiles actuellement formaient des îles au milieu de ces marécages, et le Dos urus, le seul de ces mammifères qui subsiste encore, aurait échappé à une destruction complète par des individus qui se seraient réfugiés sur les steppes granitiques que les eaux n'ont point ravagées (2).

£n continuant l'énumération des travaux sur la formation erra- Travaux iiiv<fii tique du nord, nous trouvons dans la partie physique du voyage de la formation ia corvette la Recherche (3) des observations de M. Durocher du^Nlîr contre la théorie des glaciers, appliquée à ce phénomène. Un climat froid, neigeux et pluvieux ne suffît pas, dit ce géqlogue, pour former des glaciers sur un pays plat , et tous les faits observés jns-

(1) Note sur /'habitat et la destruction des Mammouths. [Edinb. new phiL Journ., 4846 , p. 344.) —Vln^fitut , 23 sept. 4846. — Bihl, iiniv, de Genève ^ id.

(2) Voyez aussi : M. WolkoflF, Introduzione ad uno studio^ etc. Introduction à une étude géoiogique sur la chaîne de l'Oural. Naples,

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qiran-delà du 7^" (le lai. N. sont contraires h la supposition qu'il a pu en exister dans de pareilles conditions. La présence même d'une montagne est insuflîsanle , et il faut qu'il y en ait plusieurs réunies, ou bien que ce soit un massif découpé , dont les diverses parties laissent entre elles des vallées et des dépressions. Après avoir énoncé d'autres motifs à l'appui de son opinion, l'auteur conclut qu'il est impossible de concevoir d'anciens glaciers qui auraient occupé à la fois la Suède , la Finlande , le nord de la Russie et de l'Allemagne.

Quant aux caractères laissés sur les roches par le phénomène erratique, M. Durocher rappelle que Boehtiingk a signalé des points où les stries et les sillons sont disposés circulairement autour d'un monticule et à diverses hauteurs; ainsi les corps sillonnant ont pu éprouver des déviations dans leur mouvement autour des obstacles, ce qui ne peut être le cas d'un glacier. Pour les pots de géants , ils peuvent avoir été formés par l'eau dans l'une comme dans l'autre hypothèse.

En Finlande les sillons et les stries sont presque toujours dirigés N.N.-O. , et se rapprochent constamment du N. 25*» O. Or si les glaciers avaient existé, ils auraient dû suivre des directions en rapport avec les pentes du sol, et leurs traces ne devraient pas affecter la même direction sur les flancs de toutes les montagnes; on est donc obligé de reconnaître que l'agent qui les a produites était animé d'une impulsion très vive, en vertu de laquelle il a suivi une direction constante, que les accidents du sol n'ont pu modifier que rarement, it d'une manière peu prononcée. Mais cette généralité dans la direction des stries est loin d'être admise par tous les géologues. M. Daubrée, entre autres, a constaté que, dans les Alpes Scandinaves, les traces de frottement divergeaient à partir des régions culminantes , et se rapprochaient des lignes de plus grande pente des massifs montagneux {antè, p. ^1).

Après avoir recherché si les caractères généraux des dépôts erratiques s'accordent avec l'hypothèse de l'ancienne extension des glaciers, et si les œsars de la Suède et de la Finlande peuvent être considérés comme des moiraines, M. Durocher pense que non seulement l'existence d'immenses glaciers est invraisemblable en ellemême (p. 131), mais ^ncore qu'elle ne rend pas compte de la disposition des stries ni de la répartition des blocs et des cailloux roulés.

Dans une autre publication, l'auteur avaitdit qu'en prenant pour centre cliacnno des roches qui ont fourni des blocs erratiques, la

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zoue qui renferme des blocs pariis de ces inéines roc lies occupe un lier» et quelquefois la moitié d'une circonférence, el M, de charpentier avait attribué ce fait à Tépoque du retrait des glaciers , alors que certaines montagnes devaient être l'origine d'amas de glace isolés; mais M. Durocher fait observer que c'est à une distance de plus de 100 lieues que les blocs sont ainsi disposés , non pas autour des rochers de la Suède et de la Finlande, mais sur les plages méridionales de la Baltique et plus loin encore; aussi, attribue-t-il leur transport à des glaces flottantes.

£n comparant à ceux du nord de l'Europe les phénomènes diluviens des Alpes et des Pyrénées, dont nous nous occuperons plus loin , le même géologue trouve qu'ils ont entre eux une grande ressemblance , et que Ton est conduit à les rapporter à des causes analogues ; seulement dans la Suède et la Finlande les sillons et les cannelures ont , suivant lui , une direction constante , tandis (|ue dans les Alpes et les Pyrénées , les uns et les autres se conforment invariablement à la direction des dépressions , ce qui résulterait de Télévation des montagnes, de la profondeur et de l'encaissement des vallées qui auraient contenu l'agent sillonnant entre leurs parois.

A la suite d'un nouveau voyage qu'il fit en iSti5 , M. Durocher a publié quelques observatmis pour servir à Vhistoire des phénomènes erratiques de la Scandinavie (1) , lesquelles ont donné lieu k des discussions dont nous indiquerons seulement les principaux éléments. Sur les côtés du golfe qui borde les extrémités méridionales de la Norwège et de la Suède , ainsi que sur les îles voi sines, on remarque des canaux cylindroïdes , droits ou sinueux, de profondeur variable, quelquefois bifurques, à parois polies et striées, et dont l'axe, comme les stries intérieures, ont la même direction que les traces de frottement du pays environnant. Ces traces, qui se voient sur les diverses espèces de roches, paraissent être dues au même phénomène. D^s stries et des sillons s'observent également sur des parois de rochers surplombant, ce qui ne peut, suivant l'auteur, être attribué qu'à des courants qui charriaient des débris plus ou moins gros et non à des glaciers. Les dépôts sableux , avec ou sans blocs, des parties élevées de la Suède , lesquels atteignent jusqu'à 1000 mètres d'altitude et sont horizontaux sur de très grandes étendues, de même que l'état et la disposition de leurs

(1) Compt. rend., vol. XXI, p. 1158. 1845. — Bull. , 2»= sér. , vol. III, p. 65. 1845.

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élémenls , ne peuvent êlre attribués qu'à des phénomènes aqueux ; mais M. Durocher n'admettant pas qu'ils aient été formés dans des lacs , et les distinguant des argiles et des sables coquillicrs de la côte occidentale de la Scandinavie , à cause de l'absence de corps organisés, conclut qu'ils appartiennent aussi au grand phénomène erratique, dont les glaciers n'ont pas été l'agent, et qu'ils ne doivent pas être assimilés à d'anciennes moraines.

M. Agassiz (1) a combattu plusieurs de ces assertions, en faisant voir que les sillons ondulés et sinueux ne sont point aujourd'hui creusés par les glaciers, mais bien par les eaux qui circulent dessous, et qu'ensuite, remplis de cailloux empâtés dans la glace, ils sont alors soumis aux mêmes conditions que le lit du glacier, et striés de la même manière. En outre les glaciers ne polissent pas seulement par leur face inférieure , mais aussi par leurs flancs et par les parties engagées sous des roches surplombantes, ce qui rend compte des faits signalés par M. Durocher. M. Schimper (2) et M. Ë. Robert(3) ont également contesté plusieurs des conclusions du savant ingénieur, qui n'a point laissé ces objections sans réponse {h).

Dans une note fort étendue, M. Ch. Martins (5), dont nous avons eu souvent occasion de rappeler les travaux importants sur les glaciers modernes, s'est attaché à réfuter les arguments par lesquels M. Durocher avait appuyé son opinion sur l'origine diluvienne de la formation erratique du nord , et sur celle de tous les effets qui semblent s'y rattacher, et, par suite, il a rapporté au contraire à l'action d'anciens glaciers la plus grande partie des phénomènes observés ;d'autres, résullantde causes actuelles, n'ont aucun rapport avec les agents plus anciens ; enfm il y en a qui doivent être attribués aux courants diluviens, conséquence nécessaire de la fusion des glaces avant l'époque moderne. Ne pouvant mentionner ici les nombreux documents rassemblés par l'auteur , nous reproduirons son résumé général (p. 126).

1° Les stries rectilignes observées en Norwège sur des parois verticales ou surplombantes ont été burinées par des glaciers. Les glaciers de nos jours polissent et strient continuellement leurs parois

(1) Compt. rend., vol. XXI, p. 4 331. 4 845.

(2) Ibid., vol. XXII, p. 43. 4 846.

(3) Tbid., vol. XXI, p. 4 333. 4 845.

h)lbid., vol. XXII, p. 4 4 6. 4 846.

(5) Bull., 2«sér., vol. III, p. 4 02. 4 845.— ^/c//./. fTisse/isc/iaf. kiindc V. Ritssland de Erman , vol. V, p. 396. 4 846.

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