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Banes de cursus de la
mer Ronges
QU ÎLES MADRÉPORIQUES. 387 milliers de générations éteintes. D'après cela les polypiers contribueraient en quelque sorte davantage à protèger et à couvrir les iles qu'à lesélever ou à les étendre,
Les coraux vivants ne se développent pas au milieu des branches où parmi d'autres coraux visants ; et celte répulsion serait contraire, ajoute M. Ehrenberg , à ceple opinion que des généraions accumulées constituent les îles de l'Océan Indien ; car rien de semblable n'a lieu dans la mer Rouge.
En résumé , ditil plus loin, quant à l'ivluence des coraux sur Aa formation des îles de cette mer, il n'y a pas une seule de celles-ci "qui soit dans un état réel d'accroissement ; toutes , au contraire, tendent à se détruire , et les coraux , en servant de revêtement aux roches sous-marines ; contribuent à leur conservation, Leur action se borne donc à retarder ou à empêcher la destruction des iles, mais elle n'en élève réellement pas. Les bancs de coraux fossiles me sont que l'agrégation de masses détruites après la mort des animaux. Ainsi, dans la mer Rouge, on ne peut constater nulle part que les polypiers aient relevé le fond , envahi des passes , etc. Ces effeis , s'ils ont eu lieu sur quelques points, doivent être attribués aux sables,
Nous avons placé immédiatement après les observations de MM. Nelson, Darwin, Couthouy et Dana celles de MM. Ehrenberg et Hemprich, quoique celles-ci soient antérieures en date, pour faire mieux seutir combien étaient différentes les conclusions auxquelles étaient arrivés ces voyageurs, également distingués et iu- Struits, maisqui ont étudié les produits d'une même classe d'animaux dans des conditions très diverses. Les généralisations émises par les uns et les autres peuvent donc être prématurées et manquer d'esactitude à certains égards; mais si l'on compare l'immensité de l'espace que comprennent les recherches des savants anglais et américains, la variété des circonstances qu'ils out pu apprécier, depuis In côte oriemale de l'Afrique jusqu'aux plages du nouveau monde, la grandeur de l'échelle sur laquelle s'y opère Ja construc-
tion des récifs, et l'énergie vitale dont paraissent doués ces milliards de petits animaux luttant sans cesse contre les flots d’on Océan sans “bornes et sans fond , si l'on compare ; disons-nous, ces diverses circonstances avec le petit bassin resserré de la mer Rouge, qui a été champ des observations intéressantes du savant micrographe de
et de son collaborateur, on sera porté à regarder les résultats
de ces derniers plutôt comme l'exception que comme la règle , ex-
DÉPÔTS COQUILLIERS. 389 pour loi l'origine d'un grand nombre de calcaires magnésiens. 11 y sigoale de même l'acide phosphorique dans la proportion de 9 à 40 pour 100 ; aussi regarde-t-il les calcaires primaires comme des roches de sédiment altérées et d'origine corallienne, Le phosphate de chaux, que l'on y rencontre sous forme d'apatite, proviendrait encore de la même source. De plus, M. Silliman y a constaté l'existence du fluor.
“Enfin le même savant, dans son ouvrage publié en 4846 (1), fait Distribution voir (p. 103) que les polypiers appartenant à la famille des Astrées, Fniers dues fes à celle des Madrépores, et les Gemmipores, sont, à peu d'exceptions "7 #utle près, limités aux mers de coraux, et ne descendent pasau-delà de 40 mètres de profondeur. Les Ceryophyllideæ s'étendent de l'équateur à la zone froide , et quelques espèces descendent à des profondeurs de 400 mètres et même davantage. Les Alcyoniens parcourent une aussi grande étendue et remontent probablement plus haut encore vers les pôles, Les ydroideæ que l'on rencontre de l'équateur aux régions polaires, abondent particulièrement dans les zones tempérées.
Les coraux sont en outre distribués suivant certains centres ou lieux particuliers, Les espèces des Iudes occidentales sont propres à <es régions, el aucune d'entre elles ne peut être identifiée spécifiquement avec celles des Indes orientales. Les parties centrales de l'Océan Pacifique semblent avoir aussi leurs espèces particulières , et l'on peut établir comme un fait général, dit M. Dana, que beaucoup de polypiers se trouvent limités dans leur développement à de petites étendues. Sur 306 espèces recueillies dans les Indes orientales et l'Océan Pacifique, 27 seulement sont communes aux deux mers, et entre le Grand Océan et l'Atlantique il n'y en a aucune (2).
$ 2, Dépôts coquilliers,
Bien qu'il paraisse dificile au premier abord de séparer les dépôts coquilliers qui se forment actuellement sur les côtes des alluvions
M846, p. 243.— Arch. des se. phys. et nat., suppl. à la Bibl. univ. Me Gore avril 1816, pe 319 LE
(1) 42 Dana, Srructure and classifcation, ete. Structuro et classification des zoophytes, in-4. Philadelphie, 4846.
(2) Voyez aussi Stutchburgh, Sur les récifs de coraux (The westof England Journ. of sciences and litier., p, 8. 1839 où 38?). — William Jck, On coral rcefs , etc. Sur les récifs de coraux et leurs architectes (Mining Journal, n° 395).
DÉPÔTS GOQUILLAMNS. 301
danslesud et dans l'ouest de l'Irlande ainsi quedans la vallée de Dart, au-dessus d’Ashburton, ne se trouve pas entraînée par les courants à V'est de la Teign, 26 espèces de poissons de ces côtes, communes à la Méditerranée , ne se rencontrent pas non plus dans les eaux à l'est de West-Bay, et les coquilles qui caractériseront ces mêmes dépôts dans les âges futurs renfermeront jusqu'à 70 espèces communes à la Méditerranée, C’est ainsi, dit M. Austen, que les faluns de la Touraine diffèrent de leur contemporain, le erag du Sufolk, par les caractères plus méditerranéens des coquilles, et que les dépôts actuels du sud du Devonshire et du Cornouailles diffèrent de ceux des mers du Nord et de l'Allemagne. L'auteur termine son travail par la liste des espèces trouvées dans les dépôts modernes el y ajoute l'indication de celles qui ont leurs analogues vivants dans la Méditerranée, où fossiles dans les faluns tertiaires moyens de la Tous raine et de Bordeaux, ou bien dans les couches tertiaires supérieures d'Italie et de Sicile. 11 est probable que le nombre des espèces communes mentionnées ici pourra subir quelques modifications et être réduit, par suite d'un nouvel examen comparatif,
Les buttes coquillières de St-Michel-en-l'Herm (Vendée ), connues par le mémoire que M. Fleuriau de Bellevue a publié en 1844, ‘ont été de nouveau l'objet des recherches de M. Rivière (1), qui les regarde comme de l’époque actuelle et contemporaines des osso= ments humains qui y ont été enfouis. M. Coquand (2) a constaté la contemporanéité de ces derniers, mais, suivant lui, ils auraient été enterrés dans les buties depuis leur formation.
© M:R-A. Philippi a publié un ouvrage sur les coquilles subfossiles
de Pouxxoles et d'Ischia(3) qui sont toutes de la Méditerranée, à l'exception du Piplodonta dilatata de la mer Rouge. M. Ed. de Verneuil (4h) a indiqué, dans la partie méridionale de la Russie, un dépôt coquillier très moderne et qui se forme peutêtre encore aujourd'hui. Toutes les coquilles qui le composent sont identiques à celles qui vivent dans la mer Noire,
Sur la côte orientale de la mer Caspienne, on trouve fréquemment des accumulations de ce genre. M. Felkner (5) les décrit comme étant composées de conglomérats, de grès et de calcaires, = — —
Dictionu. pitt. d'hist, nat, — Bull, vo. V1, p. 224. 4835, Bull. vol. VIL, p. 147. 1836.
Neu, Jahrb., 1837, p. 285.
(4) Mém, Soc, géol, de France, vol. HI, p. 10. 1839. 5) Annuaire du Journ. des mines de Jussie, vol. V, p.143. 1838.
Ualie.
Crimée.
DÉPÔTS COQUILLIERS. 305
un conglomérat coquillier qui, malgré sa solidité, appartient à du sud. l'époque moderne. Il est composé de fragments de phyllades, de °°" grains de quartz et de grandes Huîtres.
De même que nous l'avons vu pour les sédiments fluviatileset lacus- Forsminiferes, tres, l'influence de la vice sur les dépôts marins ne cesse pas non plus 'rbiespure + avec les animaux quenous pouvons observer à la vue simple, Sons La "ie": ete lentille du microscope , un nouveau monde organisé nous apparaît ; et malgré ln ténuité de ces êtres, leur multiplication rapide et presque infinie supplée à leur extrême petitesse , et les accumula= tions de leurs dépouilles dans les bassins des mers tendent à aug: menter aussi les sédiments qui s'y déposent, Dans les eaux douces, avons-nous dit, les infusoires à carapace siliceuse forment des deltas, encombrent le lit des rivières et les ports ; ici les foramiuis fères à test calcaire nous offrent des résuliats non moins mer= veilleux. 3
# Si nous jugeons , d'après leur grand nombre dans certains pa
#rages, du rôle qu'ils jouent actuellement, dit M, Alc. d’Orbi- #gny (1), à qui cette branche de la science doit de si grands » progrès, il nous sera impossible de douter que leurs restes ne » forment la majeure partie des bancs de sable qui gênent la navi- + # gation, obstruent les golfes et les détroits, comblent les ports , et » forment avec les coraux ces îles qui surgissent tous les jours au sein des régions chaudes du Grand Océan, Pour le prouver, il » nous suffira de citer un fait que nous avons constaté d'après le # produit d’un sondage qui nous a été communiqué par M. Lefèvre à » son retour d'Égypte. Ce sondage, fait au fond des eaux, à 35 pieds » de profondeur dans les vases du port d'Alexandrie, nous à fait re- + connaître que ces vases ne sont presque entièrement formées s que de foraminifères, et que le dépôt successif de leurs dépouilles # menace de combler un jour ce port. »
Des vases de la mer Noire et du Bosphore, recueillies par M. Kock, ‘nt offert à M. Ebrenberg (2) 49 formes organiques différentes, mais point de genres nouveaux. Ce sont 31 polygastriques à Lest siliceux , 9 Phytolitharia et 9 polythalames à test calcaire. Sur ces 49 espèces, 9 Élaient nouvelles, Des 31 polygastriques, 12 seulement étaient marins et abondants. Parmi eux, la Planulina argus, de la mer de Marmara, se retrouve dans la craie blanche, et il en est
(1) Mém. sur les Joraminifères de la craie (Mém, de la Sve. de France, vol, LV, p. 3, 4840), !) Acad. de Berlin, 16 nov. 4843.—L'Institut, 40 avril 1864.