‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 3)Chapitre 55 sur 100 · SUR LES EAUX MINÉRALES ET THERMALES · texte numérisé non relu

SUR LES EAUX MINÉRALES ET THERMALES

Les sources thermales sonten général placées près de la ligne suivant laquelle l'élévation de la chaîne semble avoir commencé ; mais lorsqu'elles sont situées dans le voisinage de l'axe , c'est dans une vallée profonde qu’on les trouve, et à un niveau comparativement plus bas (Baréges, Cauterets dans les Pyrénées, St-Gervais dans les Alpes). M, J. D. Forbes a montré que dans les Pyrénées les sources chaudes sortent généralement à peu de distance des roches iguées , telles que les granites, les serpentines, les diorites, ec., et que les roches traversées par ces dernières ont été disloquées. Plusieurs de ces sources s'échappeut à la jonction du granite et des roches stratifiées, 0 (P:.65.) À Carisbad, dans le duché de Nassau, les eaux Sources thermales suivent 6 lignes distinctes , et dans leur voisinage les avec Leu es roches sont dérangées et souvent altérées ou modifiées. Une disposision semblable a été reconnue par l'auteur dans le département de dr sean. J'Aude , dans celui des Pyrénées-Orientales , puis en Provence et en

L'origine de la température des sources thermales a été attribuée Le “par quelques personnes à la décomposition des pyrites dans l'inté- ibermales. »rieur de la terre. Anglada l'attribuait à des actions électriques ,

Aristote à la concentration des rayons solaires au centre de la terre dont la surface sphérique produisait l'effet d'une lentille; Keferstein regardait les eaux thermales comme les produits de la respiration du globe qu'il supposait être un animal. Aujourd'hui deux hypo- 1hèses restent en présence , l'une chimique et l'autre physique. La suppose l'existence de phénomènes chimiques qui au- raïent Jieu à l'intérieur du globe, par l'oxydation des bases et de ces alealis , terres et oxydes métalliques qui constituent la croûte ter- -restre, et cela au moyen de l’eau et de l'air ; c'est celle qu'adopte . M. Daubeny. La seconde consiste à regarder les sources thermales comme le résultat de la chaleur interne du globe et comme possédant une température d'autant plus haute qu'elles arrivent de pro- -fondeurs pls grandes; c'est l'opinion de Laplace et de M. G. Bischof, que l'auteur discute et sur laquelle nous reviendrons à la fin de ce chapitre.

M Dischof pense que l'acide carbonique qui se dégage des Origine des gue sources résulte de la calcination de carbonates terreux par la Eha- dr ie eur provenant de l'intérieur, pourvu qu'il y ait une certaine quan ‘"""*#* tité d'eau présente , sans quoi, d'après M. Faraday, le dégagement n'aurait pas lieu, Les dégagements de nitrogène ont été discutés

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Pyrénées, embrasent ainsi une grande partié de l'Europe occidentale (1).

L'auteur distingue d'abord les eaux sulfureuses naturelles et les eaux sulfureuses accidentelles. Les premières sortent vraiment sifureuses des roches primaires. Soustraites aux causes d'altéradoes extérieures, elles présentent une température constante et we invariabilité absolue dans les proportions de leur principe sulfareux. Les secondes acquièrent , au contraire:, cette qualité par la décomposition d’un de leurs principes, sous l'influence de matières organiques altérées, lesquelles varient néccssairement suivant les Grconstances qui les amèneut. Les eaux sulfureuses accidentelles ne sortent jamais de roches primaires. Presque toujours le sulfate de deux y joue le rôle essentiel. Décomposé par la matière organique, il se convertit en sulfure de calcium qui donne à son tour naissance à du carbonate de chaux, et à de l'hydrogène sulfuré, quand le quid vient à se mettre en rapport avec l'acide carbonique.

Toutes les eaux étudiées dans les Pyrénées par M. Fontan ätsient, à deux ou trois exceptions près, des sources sulfureuses saturelles, Toutes celles, au contraire, qu'il a examinées en Allemagne , en Belgique, en Suisse et en Savoie , paraissent être accidentelles; et il en sera toujours ainsi, dit-il, pour celles qui ne ærtent point des roches primaires,

Les eaux sulfareuses naturelles sourdent toutes de ces dernières roches, ou à leur limite avec le terrain de transition. Si l'on en voyait sortir d'un terrain plus récent , on devrait en retrouver l'origine dans les roches primaires placées dessous. Les eaux sulfureuses accidentelles surgissent des terrains secondaire et tertiaire , e présentent, dans les principes salins qu'elles renferment , des diférences essentielles qui les distinguent des précédentes,

Les sources sulfureuses naturelles sortent le plus ordinairement dsudes Dans chaque localité où il ÿ en a plusieurs, c'est La plus dande qui est la plus sulfureuse , et elle le devient d'autant plus os l'aueint plus profondément. Les sources accidentelles arrivent kplus souvent froides ; et, si elles sont chaudes , elles deviennent dœunt plus ulfureuses qu'elles se refroidissent davantage dans

daque localité; plus on se rapproche des sources principales,

(4) Recherches sur les eaux minérales de l'Allemagne, de la Beltique, de la Suisse et de la Savoie (Ann. de chim. et de Phys. vol. LXXIV, p. 248. 1840. —Compr. rend. vol. VI, p.504. 1838).

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