‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 10 sur 111 · FORMATION CRÉTACÉE DE L'ITALIE CENTRALE · texte numérisé non relu

FORMATION CRÉTACÉE DE L'ITALIE CENTRALE

ET MÉKIDIONALE.

Jusqu'à présent nous avons presque toujours pu , à Taide des B^marcpies superpositions, des caractères minéraip^iques et des fossiles , rap- *'"""•• porter la plupart des dé{)ôls crétacés que nous avons décrits, hors de la France et de l'Angleterre, à quelques uns des étages le mieux connus dans ces deux pays. Sur les versants opposés des Pyrénées et plus au sud, de même que le long des pentes qui descendent des Alpes, le parallélisme des horizons le |)lus nettement tranchés a pu être établi d'une manière assez satisfaisante. Mais en continuant à nous avancer vers TE. , soit dans la presqu*î!e italique, soit le long du rivage septenirional de TAdrialiquc, puis en Grèce, en Morée et dans toute la Turquie d'Europe, les moyens de repère qui nous ont si heureusement guidés vont nous manquer presque tout à fait. Qu'il faille .attribuer les résultats plus ou moins négatifs 5 ce que ces divers pays n'ont pas encore été étudiés avec une méthode d'observation convenable, ou aux dérangements des couches, à l'oblitération de leurs rapports géologiques et de leurs caractères pétrographiques, ou bien encore à la disparition ou à l'extrême rareté des fossiles , il n'en est pas moins vrai qu'à peu d'exceptions près il nous arrivera rarement d'être certain que les couches rapportées à la formation crétacée lui appartiennent incontestablement et qu'elles ne puissent dépendre aussi bien du dépôts plus récents ou d'autres plus anciens. Cela posé, et toutes réserves faites, nous poursuivrons notre examen en descendant au S.-E. le long de la péninsule italique.

La disposition orograpliique qui relie les Alpes maritimes à l'A- LSgurîe. pcnnînoccidental, à l'ouest de Gênes, nous éclaire peu sur ce que ^j"l*Modè™' deviennent, dans celte dernière chaîne, les couches crétacées que '**^"*''""'***'' nous avons encore vues assez bien caractérisées dans la première. Le massif de roches cristallines qui borde la mer à Savone, et contre lequel s'appuient au S. des dépôts jurassiques, au N. et St TE. des dépôts tertiaires, ainsi que toutes ces roches que lesserpen-

106 TCtSCA5E.

fines ODt rendoes méconnaiçsables, semble avoir été une barrière an delà de laqnelle les sédimenls crétacés se sont formes dans des conditions très diiïérentes de celles où ib se trooTaienl an nord et à l'oae^

Le versant septentrional de TApennin, dans le Parmesan, le Modenais et le Bolonais, ne nous offre pins rien de comparable ^avec ce que nous avons vu le long des Alpes de la Lombardie, des provinces vénitiennes et même des Alpes joliennes. Les rapprochements qu'on s*est efforcé de faire , les analogies qoe l'on a cm trouver, ne reposent encore que sor des données incomplètes qu'on ne peut adopter que provisoirement et à défaut d'autres. Quoiqu'il soîl peu douteux que la formation crétacée n'ait quelque représentant dans les Apennins de l'ancienne Ligurie, nous nous abstiendrons de rapporter des observations qui ne nous conduiraient qu'à des conjectures plus ou moins vagues. Cependant, sir R. Murcbison (1) est convaincu que dans cette province, comme dans les duchés de Modène, de Lucqucs et en Toscane, les véritables roches crétacées ainsi que leurs relations avec les roches inférieures et supérieures peuvent être observées sor divers points du versant sud des Apennins où elles présentent leurs caractères pétrographiques et paléuntologiqoes, pour constituer ensuite des chantes d'une grande étendue dans le sud de Tlialie. 11 a ainsi rapporté au grou|)c néocomien des calcaires blanchâtres , compactes, avec de nombreux silex , qui ressemblent au biancone et que Ton rerruuve à la montagne de Praio-Fiorito près des bains de Lurriues. Ils sont surmontes de calcaires sableux, de scliiaies, de calcaire scaglia, etc., et le macigno en masses puissantes constitue les principales sommités des environs,

€ 1. Tosoane.

Ce qne nous avons dit des dépôts réunis par nous an gitiupe nummulitique en Toscane (a?i/è,vol. 111, p. 133) abrégera beaucoup ce que nous aurions à rapporter ici , car nous y avons exposé à peu près tout ce que l'état de nos connaissances permettait d'avancer. Nous avons également indiqué les points sur lesquels devaient être particulièrement dirigées les nouvelles recherches.

(1)0/1 titc structure of the Jlps^ etc. : Sur la structure géologique des Alpes, etc. {Quart, Journ, gcoi. Soc. oj London^ vol. Y, p. 276, 4S49}.

.^1. fieriraiid 6e&lin(l) parait avoir placé le calcaire à Pucoidea des ApeoniDs sous la scaglia du Vicenlui, tandis que iM. Pasini (2) mettait ce roéinc calcaire au niveau de celle icçglia et soiia le ma«cignode ce pays. Suivant ^k. G. Biauconi (3)» le système de cou-' ches le plus développé sur les versanis nord et omest de la cliaioe appartiendrait à la formation crétacée. Depuis la crête des Apennins presque jusqu'au bord de la plaine, il ko montre çï et h avec des caractères cousianb. Parmi ces rockes, dominent des schistes calcaires cl marneux, de» macignosde diverses sortes , solides. Criailles ou schisteux , des marnes calcaires et arénacées, fragmentaires ou schistoîdes. L'épaisseur des lits varie depuis quelques centimètre» jusqu'à un mètre. Si Ton remarque que les seuls fossiles qu'on y trouve sont de^ Fuco!d&<i observés seulement dans deux couches, surtout dans le calcaire (pierre à chaux et scaglia)^ et que tous les strates sont extrêmement disloqués , on sera porté à présumer qu'une portion au moins de ce système appartient à une tout autre formation qu'à colle de la craie. ^.

D'après la manière dont M. de Collegno a compris la formation, crétacée, on concevra que son Esquisse d'une carte géologique de l'Italie ne puisse être d'aucun secours dans U question qui nous occupe; c«ar, si d'une part les formations tertiaire inférieure et crétacée sont réunies sous la même teinte , de l'autre les limites de celle teinte avec celle qui est consacrée à la formation jurassique semblent établies sur des données encore pou complètes. Mais bâtons-nous de le dire, la faute n'en est point à ce savant qui a rendu do véritables services à la géologie de son pays ; il n'avait pas à débrouiller dans ce travail un sujet fort difficile et encore enveloppé d'une grande obscurité.

M. P. Savi (^), ne reconnaissant pas non plus de terrain tertiaire

(1) four/ml de gf^o/o^rr, n" 10, février 1831 .

(2; Rapporté grnj^ffo.st., etc. : Rapports géognos tiques entre quelques points des Apennins et des Alpes [//fiN. d^^'^ii .»c. dvt tegna lotnb, ven.yjnsc. 5, sctt. ottob. 1831). — Voyez aussi Gvngtiost, Beohacitt, gcsamm.^ etc. : Observations géolo.içiques recueillies penr dant un voyage en Italie et en Sicile en 183t-3S)par Fr. HoiTroann [Àrch, fur Miner, do Knrsten et de Ihchcn^ vol. XIII, p. 4. 1839).

(3) Essai sur la constitution physique de TApennin [^Storta naturaie dtii terre/ii ardcitti^ hIc. , in-8, Bologne, 1840).

(4) Sid vmbnn fossile dvAln Tnsvana i^Ginrru toscano di scit'/izi' j eic. , p. 410, Pise, 1843). — iSoprn l carbnni ffus'/r dciiv [itarcmmc, avec 2 pi., coupes et végétaux fossiles. Plse, 1843.

inférieur eu Italie , regarde aussi, comme appartenant à la craie supérieure, le gr6s macigno et le calcaire albérèse à Fucoîdes dont nous avons traité fort au long, et nous avons essayé de réduire à sa juste valeur la prétendue existence d*une Hamite dans une de ces couches. Nous avons fait Toir en même temps que les petites Num« roulites qu'on y trouve si abondamment étaient précisément celles qui caractérisent partout les assises inférieures du groupe Nummulitique, sans être associées à aucune espèce crétacée. Au-dessous on peut observer sur divers points (Monze et Vinca dans les Alpes Apuennes, Monte di Chiesa dans le Mont-Pizan, près des bains de Saint-Guliano, sur le Poggio de Montieri) un autre calcaire blanc, en bancs puissants, sivec des silex en rognons, qui représenterait la croie inférieure des Alpes maritimes, telle que la comprenait M. Parcto. Enfin plus bas se montre la série jurassique.

Venu plus tard, L. Pilla (1) suivit d*abord la route tracée par ses prédécesseurs, mais ensuite, croyant voir plus qu'eux et plus loin, il s'imagina qu*un calcaire, qu'il désigna sous le nom de nummuiitico-hipptiridqiie, devait représenter toute la craie du nordouest de l'Europe (2). Ce nom était d'autant moins heureux qu'il indiquait une association de fossiles qui ne s'est pas encore rencontrée jusqu'à présent, et l'auteur compléta la confusion qui régnait déjà sur ce sujet, en proposant d'établir, dans la série géologique, une nouvelle cou|)e qu'il appch terrain é(rurien{^), comme s'il s'était formé en Toscane un ensemble de couches particulier, dont l'analogue n'aurait encore été reconnu nulle part ailleurs. Les détails dans lesquels nous sommes entré {antè, vol. lU, p. 161 ), et rexamen que nous avons déjà fait des idées de Pilla, qui sans doute les eût rectifiées, si une fin prématurée ne l'eût enlevé à une science qu'il cultivait avec ardeur, nous dispensent d'y revenir ici.

— Sur la constitution géologique des Monts- Pisans, entre le Serchio, l'Arno et les plaintes de Lucques et de Pise (/.v/.v, d'Oken , 1841, p. 553). — G. A. Klocden : Observations sur les Monls-Pisans (AVw. Jn/,jh., 1840, p. 505-514).

(1) Sfi^i^in conifjfirativn ^ etc. : Essai comparatif di^s terrains qui composent le sol de l'Italie, in-8 , Pise, 1845. — ^itti rU'Ua srstn liiin. dv^li scicnz. ital. en 1844, in-4, p. 545 567, Milan, 1845.

(2) M cm. de la Soc. géol, de France ^ 2* série, vol. II , p. 149,

(3) Ibid.^ p. 4 63, 4 846. — Distinzione dcl Icrreno ctntrio Ira pinni secondari del mezzoginrno di Europn^ in-4, Pise, 1840.

On a vu aussi que M. P. Savi (1) avait discuté cette manière de voir et les fausses conclusions de son compatriote; mais malgré une élude plus réfléchie et des opinions plus réservées, il u*a pas beaucoup plus contribué à éclaircir ce sujet, parce qu'il a continué à regarder la plus grande partie du macigno, du calcaire albérèse, avec ou sans silex et avec ou sansFucoïdes, comme l'équivalent de la craie supérieure. Il y réunit de plus un grès macigno et des schistes ronrno-argileux avec quelques Fucoîdeset des Ammonites. Dans les MoDts-Pisans , il trouve un calcaire gris sale à silex et un calcaire iDarneux jaunâtre, alternant avec des schistes marneux «i Fucoides, qui représenteraient alors la craie injériewe et reposeraient sur un calcaire gris clair avec silex, lequel, à sou tour, passe au calcaire rouge à Ammonites jurassiques*

Toutes les couches, rapportées à la formation crétacée dans ce groupe montagneux, sont liées par des passages minéralogiques insensibles comme par leur concordance; toutes coniieiuK'nt des Fucoîdes; queh|ues lits du Numinulites y sont subordonnés , mais pas un seul fossile secondaire n'y est signalé. Nous n'avons donc aucun motif pour ranger ce système de strates, quelque puissant qu1l soit, dans une période plus ancienne que celles du groupe nummnliiique ou du terrain tertiaire inférieur. Il importe peu qu'il y ait ou qu'il n*y ait pas eu de soulèvement dans ce pays après le dépôt de la craie blanche , et que les sédiments se soient continués sans interruption apparente jusqu'à la formation tertiaire moyenne ; comme on Ta dit au commencement de c ; volume, la loi qui préside aux modifications de l'organisme dans le temps ne dépend pas des changements physiques locaux, et, s'il y a des roches crétacées dans les Apennins, elles doivent y montrer, comme partout ailleurs, une faune crétacée , et non les fossiles qui partout aussi caractérisent une faune tertiaire bien connue.

AI. Savi .suppose que la mer crétacée du nord-ouest de l'Europe et celle du sud-est n'étant pas en communication directe , le soulèvement qui mit fin à la période secondaire, et qui, suivant lui, aurait tant réagi sur les espèces animales et végétales, n'aurait pas inOuencé à un aussi haut degré la faune et la flore du sud. De ce dernier côté, certaines espècesauraientcontinuéde vivre alorsqu'elles étaient éteintes de l'autre, et l'on doit d'après cela s'attendre à trouver

(t) Sulla costituzînne gcologira ilci Monti Pisanî tVise^ 4 846.— Quart, /ourn, geol. Soc. oj Lvndon^ vol. IV, p. 1, 1847.

no T05CAX1.

dans les cK'| ùt» dit sud contemporains des dépôts tertiaires du tiord, des fos^ill*s i la fois secondaires et tertiaires. Cohfonnéitieôl è celle h^fôilièse, Tanieur regarde les couches dti sud comme secondaires^ quoique de m^me âge que les coucftes tertiaires du nord, cl il en conclut que ia formation tertiaire inlêrieore doit manquer Ui oA répcque secondaire s*c&t prolongée plus qu'ailleurs, ce qui aurait eu lieu en efîei pour la Tcscaiie et une partie de F Italie.

Il est facile de \oir que Targumeni du savant professeur de Pise ne repose sur aucune base solide, car : 1* nnlSe part il ne cite en To&cane le mélange de Ibssiies teiiiaires inférieurs avec des espèces de la craie ; 2* la séparation des terrains tertiaire et si^condaire dans le nord u'a pas seulement pour motif une^iscoixlance de stratification , puisque sur les deux versants des Alpes et des Pyrénées il y a le plus ordinairement concordance entre le terrain tertiaire inférieur et les dépôts crétacés ; 3* même en plaçant tout le groupe nnmmuliiiqne dans la craie, le raisonnement serait aussi peu fondé, puisque la faune nummuitlique ne renferme pas pins de fossiles crétacés au sud-est qu*au nord>ouest, et qu'elle est ideniique avec celle des dépôts tertiaires inférieurs non dérangés et recouvrant la craie tran^gres^sivement ; 4* enfin, ce n*est pas seulement au nord* onest des Âlfics que les diflTérences entre les périodes sont marquées par des diffiL*rences paléontolc^iqoes, mais elles le sont aussi bien an sud -est de cette chaîne, puisque nous avons retrouvé dans le Vicentin, le Véronais et le Padouan, en face de TApenniu^de l'autre eôté de la plaine du Pô, précisément des représentants zoologiques des quatre groupes crétacés du nord-ouest, recouverts par toute cette série de macigno, de schistes à Fucoîdes, de couches à Nnmmnlîtes de la formation tertiaire inférieure, que M. Savi prétend représenter aussi, dans les Apennius de la Toscane, la formation a*élacée.

Nais, disons- le, la plupart des géologues, qui jusque-là avaient étudié l'Apennin et très ramifications, ne semblent pas avoir cmployé les véritables méthodes de la science moderne, et , ce qui le prouve surabondamment, c'est le changement qtii s'opéra dans leurs idées, lorsqu'un savant étranger, venant appliquer à une partie de cette chaîne, aussi bien qu'aux Alpes secondaires, le mode d'investigation sévère et logique qui lui avait fait débrouiller si heureusement les dépôts les plus anciens de r£urope, démontra comment, avec moins de peine et en beaucoup moins de temps, on pouvait obtenir des résultats hors de toute conleslallon. Sir R. Murchisoo,

comme on Ta à\i(nfiièt vol. 111, p. 150), fit voir que, dans TApeiiRiii, tout le système compris sous le nom demacigno, de calcaire albérèseoude schistes et grès à Fucoîdcs, n*était rien autre que le fiyscb et les couches à Nummulites recouvrant la craie des Alpes» que, par conséquent, on ne pouvait le regarder comme contempo* rain de celle dernière, et que, par conséquent aussi, comme le confirmaient d'ailleurs les fossiles , il devait être rapporté à la période teriialre inférieure. Néanmoins, après celle déduction rigoureuse, le célèbre géologue anglais, faute sans doute de caractères asse2 tranchés, demeura indécis sur Ffige des couches sous-jacentes , soit qu'elles appartinssent réellement à la craie, soit qu'elles dussent être rangées dans la formation jurassique.

Un grand pas avait donc été fait dans cette nouvelle voie ; aussi M. Savi, lors de ses études subséquentes, faites en commun avec hl, G. <>]eneghini (1), nVt-il pas hésité à suivre une direction si kiabilenient tracée. Considérant a «ec M. M urchison, disent ces deux savants (p. 36) , que la asone nummulitique est la limite inférieure des plus anciens dépôts de l'époifue tertiaire ou le premier de cetic époque, il s'ensuit que les couches placées dessous appar* tiennent à l'époque précédente ou secondaire, et, si l'on applique cette déduction à la Toscane, il en résulte que toute la série des schistes ap|)elés galestrini et des couches calcaires, ainsi que les grés macigno qu'ils comprennent et qui c.oni au -dessons des calcaires nummuhliques, doivent corres|)ondre h la craie. MalhcureuT sèment aucun fossile n'est encore venu appuyer cette déductioui sauf ce mauvais moule de San-Fraucisco de Paolo, désigné sous le nom de Hamites MichclL

l>ans les montagnes isolées situées nu delà de Serchio (p. 23), les schistes jurassiques de diverses couleurs (sc/iiVi var/co/ort) passent graduellement, vers le haut, à un calcaire gris foncé avec silex, constituant une série de strates, d'épaisseur variable, ordinairement très ondulés, et dans lesquels la silice en veinules abonde (monts de Repole, du Piccione et de I^gnaia), ou bien est rare ( Monte- Maggiore), ou encore manque tout à fait (Alpes Apoennes). Par suite d'influences métamorphiques, ce calcaire a été souvent changé en calcaire caverneux et décoloré ; par places, il a pris l'aspect du

(4 ) Considerazioni sutla gf-ol. strati^r. délia TdScunn, ou Osser^ Pûzioni stratfgr. e palcontoL conccrnenti la geol, délia Toscana , iù-B, Florence, 48(V4.

biancone, du Vicentin ou marbre majolica de la Lombardie. Quoique très développé dans les Monts-Pisnus , les Alpes Apuennes, daps quelques parties de rApennin de Pisioie, etc., il manque tout à fait sur d*autrcs points de la Toscane , où n'y serait représenté que par des couches însigniGantes, se confondant avec d'autres (montagnes du Campiglièse) et passant aux schistes de diverses couleurs. A l'ouest du golfe de la Spezzia , ces calcaires sont assez puissants , mais manquent de silex , comme dans les Alpes Apuennes.

Déjà, dans son mémoire sur les Monts-Pisans, M. Savi avait placé ces roches dans la craie inférieure; mais, malgré l'absence de fossiles, AIM. Coquand et Pilla les regardaient comme jurassiques. De son côié, M. AJurchison penchait aussi pour les réunira la craie, quoique sans raisons bien concluantes, lorsque MM. Savi et Menégliini, en examinant les roches qui circonscrivent le golfe de kl Spezzia, localité souvent explorée et dont nous reparlerons plus loin, irouvèrcni ces mêmes couches en connexion intime avec le calcaire noir connu sous le nom de marbre portor^ et les fossiles qu'ils y trouvèrent les leur firent définiiiicmcnt rapporter à la craie. Le gisement de ces roches se trouve au-dessus des couches qui ont été placées au niveau de l'argile d'Oxford, et elles sont, pour ces deux observateurs, le proloiig<*mcnt exact des calcaires à silex pyromaques des Monts- Pisans, dos Alpes Apuennes, etc. Dans les hauteurs situées entre le golfe de la Spezzia et la mer, ainsi que dans les petites Iles voisines, on voit une série fort étendue debancsqui, par leur épaisseur, leurs inflexions, leurs plissements, leurs teintes et leur cassure, ressemblent parfaitement à ceux du calcaire gris foncé à silex des montagnes précédenles. Le subsiràtum est le même dans les deux localités ; ce sont les schistes de diverses couleurs. On n'y remarque pas, à la vérité, la roche recouvrante, mais le calcaire de Pignone décrit par M. L. Pareto, au nord- nord-ouest de la Spezzia, représente la partie supérieure du calcaire è silex.

DansTAlpede laTecchia,à l'extrémité nonl-ouest du grand ellipsoïde des Alpes Apuennes, tracé par MM. Guidoni et L. Pilla, MM. Savi et Menegliini constatèrent que le calcaire gris foncé avec filexdes Monts-Pisans , qui recouvre les schistes variés, occupait une position tout à fait semblable. Ces schistes luisants et pareils à ceux du verrucano reposent sur le calcaire cristallin, puis viennent les bancs plus ou moins modifiés du calcaire à Ammonites, formant toutes les pentes où sont ouvertes les carrières de marbre de Car-

Page 1