‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 3 sur 111 · Grès et psammites développés entre Figueira et Buarcos · texte numérisé non relu

Grès et psammites développés entre Figueira et Buarcos

 Touest de Condeixa , ce système de couches est séparé de sou prolongement occidental par un étroit chaînon de calcaires jurassiques, qui se continue à 40 milleg au nord de Lisbonne. De Temboucbure de la Mondego à Lciria régnent des sables et des grès friables, avec peu de calcaires et recouverts de gravier. Celte région, comme celle qui est au sud-ouest d'Aveiro , appartient probablement à la partie supérieure du système, et il en est encore de même entre Leiria et Redinha. La première de ces villes est bâtie sur une masse de trapp qui a soulevé et altéré les couches en contact. Sur son côté oriental, un banc calcaire plongeant de 45" à TE. recouvre le trapp, puis au delà les sables ferrugineux et les graviers occupent une surface de h milles d'étendue. Ceux-ci surmontent un calcaire de près do 30 mètres d'épaisseur, qui plonge de 5** au N.-O. et qui est rempli d'Exogyra plicata^ Lam., d'autres ostracées , etc. L'ancienne citéd'Ourem est assise sur un calcaire compacte, blanc, presque horizontal, dîSQzExogyrapltcatay L^m., Mytilus omatus,d' Orb.^ et un Cidaris. Les sables ferrugineux régnent de nouveau à l'est de ce point, et toute la série vient s'appuyer contre la chaîne de calcaire jurassique. VExogyra plicata tend à y remplacer YE. conica^ si répandue au nord de Mondego, et elle devient plus abondante encore an sud , de telle sorte qu'autour de Lisbonne elle caractérise particulièrement la moitié supérieure de cet ensemble de couches. Au sud de Leiria, la roche principale est aussi un sable grossier, ferrugineux , mais les alternances de calcaire sont plus fréquentes. Les lits très dérangés affectent des inclinaisons très variées, produites par les roches ignées dépendantes du trapp de Leiria. Près de Batalha, les strates reprennent leur plougement ordinaire de 10"* au N.-N.-O., et renferment la Corbula carinata?^ d'Orb. Dq& bancs calcaires passant par Aljubarota courent S.-S.-O. avec une iucli-

naison qui varie de 5*" à 10°. On y trouve la Pema lanceolatOy Gein. et le Lithodamus prœlongus^ d'Orb. ? ; puis au-dessous, un autre calcaire a présenté la Terebroiula Moutoniana , d'Orb. Ces assises s'appuient contre les calcaires jurassiques, et, jusqu'à la mer, mon" Ireat encore les sables et les grès ferrugineux de la partie supérieure. Ceux-ci, près de Lisbonne, sortent, comme on Ta dit, de dessous le calcaire à Hippurites, suivant une ligne qui longe la côte de la baie deCascaes, presque jusqu'à Loures, avec un plongement au S.-O. On y trouve quelques lits de marnes rouges et panachées, des li* gnites, puis au-dessous une grande épaisseur de calcaire alternant avec des grès auxquels succèdent des argiles schisteuses fossilirères. Ces assises entourent les collines de Cintra, dans le voisinage desquelles elles sont redressées. Cette partie inférieure de la série, désignée d'abord par M. Sharpe sous le nom de calcaire d'Ëspichel, fait en réalité partie du même ensemble de couches que ce qui est au-dessus.

Le calcaire de San-Pcdro et les argiles schisteuses, bien caracté- Ciiiraire

risés sur le côté oriental des collines de Cintra, s'arrêtent un peu San.Pedro au nord du village de San -Pedro, et, de (iintra à la côte, les calcaires argile* reposent immédiatement sur le granité. Au contact de cette dernière •'^*"***"*"roche» ils sont à l'état de marbre semi- cristallin. Dans la falaise septentrionale du cap Rock, les couches les plus basses, appuyées contre le granité, sont presque verticales; les calcaires sont très altérés et les fossiles déformés. Parmi ceux-ci, une Arche de dimensions gigantesques est surtout fort abondante. Les bancs qui viennent au-dessus, dans les environs de Praja de Adrarga, Praja de Macams, Praja de Lagoa, au nord des collines de Cintra, sont aussi remplis de fossiles, dont toutes les espèces connues, excepté la Nerinea cylindrica , appartiennent à la craie ou au green sand, suivant les expressions de l'auteur. Beaucoup d'entre elles remontent jusque dans les calcaires à Hippurites de Lisbonne , et représenteraient, comme on l'a dit précédemment, la partie moyenne de la formation crétacée de ce pays.

M. Sharpe cite ensuite : Diadema rude, n. sp,, Pholadomya royanafy d'Orb., Cardium corrugaium, n. sp., Ar ternis inelegans, n. sp., Diceras Favriy n. sp., TrigonCa caudata, Ag. {T. scabrn, Morr.), Exogyra plicata, Lam., Pecten quinqiœ-costalus, Sow., P. stricUo-costatus ^ Gold., Oslrea prœlongay n. sp., 0. colubrina, Lamk., Anomia convexa, Sow., Anoniia iœvigata, id., Sphœtiilites mmticensis^ d'Orb., Nerinea Titan ^ n. sp.,

N.olisiponensis/iA.^ N. Arckimedis, d'Orb., N. ey/inrfrtcj, VoUï, Pyramidella sagittaûa, n. sp., Natica prœionga, Desh., Turritella cintrana, n. sp., T, Henauxiana^ d*Orb. Or il est difiicile decon* dure quelque chose d*UQ pareil mélange d'espèces néocomiennes et de la craie tuffeau avec un nombre à peu près égal d'espèces nouvelles.

A Praja de Adrarga et Praja de Macams, les trapps, arrivés au jour pendant le dépôt des calcaires , se sont irrégulièrement introduits entre leurs bancs ou les ont dérangés» Ces trapps forment une bande autour des collines de Cintra , et percent les différentes roches qui circonscrivent le granité. Les bancs de la partie calcaire moyenne se prolongent Tespace de plusieurs milles au nord de Cintra, puis au delà de Mafra et d*Ericiera, reposant sur les sables ferrugineux que Fou retrouve sur le chemin de Caldas, avant d'atteindre Torres- Yedras.

La partie inférieure de la formation est bien développée au nordest de Lisbonne, le long du Tage, depuis les environs de Verdelha jusqu'à Villa-Franca. Le soulèvement des roches jurassiques de Monte- Junto s'est continué avec moins d'intensité vers le sud jusqu'à Alhandra, relevant tous les bancs crétacés inférieurs et formant un axe anticlinal qui aboutit au Tage en cet endroit. De Bucellas à Refugidos, sur une étendue de 7 milles 1/2, on traverse les couches de bas en haut; elles plongent de 10"* au S.-O. L'axe du soulèvement passe près de la dernière de ces villes, au delà de laquelle les couches se représentent avec un plongemcnt inverse.

Dans les calcaires des environs de Sobral, que M. Sharpe nomme calcaires coralliens, et qui constituent deux chaînes, dont la plus orientale court au nord-ouest de Yilla-Franca, par Alenquer et Alcoentre, et l'autre, partant du Tage au-dessus d*Alhendra, forme la ligne de défense de Wellington à Sobral, ce géologue cite, outre un grand nombre d'espèces nouvelles, une réunion de fossiles jurassiques et crétacés dont nous ne pensons pas qu'on puisse rien déduh*e, et qui nous paraissent exiger un nouvel examen, tant sous le rapport zoologique que sous celui de leur gisement. Néanmoins, M. Sharpe, trouvant que les espèces du green sand (probablement le grès vert inférieur) dominent parmi elles , range ces couches dans la formation crétacée , conclusion que confirmeraient suivant lui leur position comme leurs caractères stratigraphiques et minéralogiques. Il explique le passage des espèces d'une formation dans Vautre par l'absence du groupe wealdien ; mais peut-être, ajoute*t-il

ensuite, ces couches représcnteraient-ellei ce groupe lui-même 7

Les considérations qui suivent semblent prouver que l'auteur vum do mémoire que nous Tenons d'analyser n'avait pas une con- K^n^»ief. naissance complète du parallélisme du groupe néocomien des diverses parties de la France, de la Suisse et de TÂllemagne , avec le grès vert inférieur {lower green sondjdn l'Angleterre. Nous ferons remarquer d'ailleurs qu'en Portugal toute la faune du gault manque ao-dessous des calcaires à Hippurites, ou mieux du niveau de VExogyra columba^ ainsi que la faune crétacée du quatrième étage do bassin de la Loire et de la zone sud-ouest de la France , laquelle se retrouve au contraire sur le versant nord des Pyrénées, dans le Guipuscoa, la province de Santander et les Asturies, où l'on n'observe ni gault ni groupe néocomien. .

Les couches crétacées du Portugal offriraient en outre une triple anomalie sous le rapport de leurs fossiles, puisqu'elles différeraient de celles du quatrième étage dont nous venons de parler et dont elles semblent cependant occuper la place. Elles ne représentent point le gault qui manque tout à fait, ni le groupe néocomien dont on ne trouve qu'un petit nombre d'espèces, peut-être assez mal caractérisées et associées à des fossiles jurassiques, ce que nous n'avons encore observé nulle part. Les doutes que nous avons émis plus haut sur la détermination spéciGque des fossiles et sur leur gisement paraissent donc, quant à présent, suffisamment justifiés.

M. Sharpe a joint à ce travail géologique une description des fossiles qu'il avait recueillis dans les couches dont nous venons de parler, puis il a donné des remarques sur le genre Nérinée, avec l'indication des espèces trouvées en Portugal (1}. Il résulte, pour nous, de la distribution des espèces, telle que l'expose l'auteur, que celles-ci sont beaucoup plus répandues et de dimensions plus grandes dans le sud que dans le nord de l'Europe, qu'elles sont plus abondantes aussi dans le quatrième groupe de la formation que dans le second, et qu'elles manquent dans le troisième. La courte période du gault fut aussi peu favorable à ces coquilles que celle de la craie blanche, dans laquelle le genre s'est complètement éteint (2).

(4) Remarhs on the genus^ etc. Remarques sar le genre Nerinea, etc. [Quart. Journ. geoi. Soc, oj London ^ toI. VI, p. 4 01, 4849, 2 pi.).

(2) On sait aujourd'hui que ce genre a continué à se montrer, quoique très rarement, jusque dans la période tertiaire inférieure.

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M. Sharpe a proposé, de plus, le genre Tylostoma pour des moules imparfaits de coquilles gastéropodes des couches crétacées des environs de Lisbonne (1).

Enfin, M. H. P. de Collegno (2) a aussi observé le contact des calcaires avecles granités de Cintra et les couches à Hippurites situées à l'ouest de Lisbonne; mais entre cette dernière ville et Oporto il n*a rien ajouté aux remarques précédentes.

S î. X«pi«iie.

Trafoiix diven ^q sud dcs Pvrénées comme au nord de cette chaîne, c'est aux

sur *

le versant sud belles rccherches de M. Dufrénoy (3) que Ton doit la distinction Pjiëiiées. nette et tranchée des dépôts secondaires, et en particulier de ceux qui constituent la {formation crétacée. Sur le versant espagnol , de même qu'au pied du versant français, ce savant a parfaitement tracé la limite des deux divisions établies dans la formation. Déjà nous avons mentionné la première ou la plus récente sous le nom de formation ou UMeux de groupe nummuiitique (Ji) {antè^ vol. III, p. 1), et il nous reste à rappeler que la seconde, marquée sur la carte géologique de la France (5j par la teinte verte qui accompagne et borde constamment la précédente au nord, représente seule au-

(4) Ibiei., vol. V, p. 376. pi. 9. 4 849.

[2) Buli.^ 2« sér., vol. VII, p. 344, 4 850.

3) Mém, sur les caractères particuliers du terrain dr craie ^ etc. BulL, vol. 1, p. 9, 4830. — Jnn, des mines, V sér., 4830-32. — Mém, pour servir à une descripi. géol, de la France^ vol. Il, p. 4 ,4 4 5 et suivantes, 4 834.

(4) Dans la Description des animaux jossiles de rinde^ nous avons substitué le mot groupe à celui de formation , précédemment employé par nous, parce que. dans Tétat actuel de la science, et conformément à la terminologie adoptée, Texpression de formation nummuiitique d*abord ne pouvait plus ôtre restreinte aux dépôts circum-méditerranéens et ensuite n'était plus synonyme de celle de formation tertiaire inférieure. Cette dernière doit avoir un sens beaucoup plus large, puisqu'elle comprend à la fois des dépôts tertiaires antérieurs à l'apparition des Nummulites et d'autres plus récents , lesquels , pouvant être aussi caractérisés par des faunes propres, permettront toujours de regarder comme distinct le véritable horizon des Nummulites qui les sépare Le groupe Nummuiitique n'est plus ainsi qu'un membre delà formation tertiaire inférieure, et nous avons dit (p. 77-79 de l'ouvrage précité) comment il se trouvait aujourd'hui composé dans le bassin de la Seine et les pays voisins.

(5) Dufrénoy et Ëlie de Beaumont, 6 feuilles, 4844.

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jourd'bui, poaroous, la formation crétacée depuis les environs de Figuères à TE. Jusqae dans les Asturies à l'O. . Les calcaires compactes de la haute vallée de TEssera et de la Ginca, placés sous des couches marneuses noires et des grès puis* ^nts du groupe nummulitique, font partie d'un grand système de strates dont les fossiles, soit dans le massif du Mont-Perdu dont nous avons dit quelques mots ( an/6, voL IV, p. ^69), soit plus à ro., ne permettent pas de méconnaître le véritable horizon. Al. Dufrénoy y c\i<à\' Ananchyte$ hemisphûerica^ Lamk., le Pecten guinque-coslatus ^ Sow., des Inocérames, etc. Ces strates, très développés aux environs de Tolosa, renferment des bancs épais de charbon exploités. Le calcaire, cristallin au contact du diorite, redevient compacte à une faible distance, et le test des Caprines qu'il contient est noir et cristallin. Les Pecten {P. quinque-costotus)^ les Térébratules et les Nérinées y sont assez répandus.

Ce calcaire compacte d'une grande puissance, séparé du lias, près de Villa-Franca, par des schistes argileux noirs, alternant avec des grès très micacés, se prolonge jusqu'à la mine de charbon située à l'ouest d'Hernani. Des marnes noires qui y sont associées près de cette exploitation renferment VOrbitolites conica très abondante. Le charbon constitue deux bancs subordonnés à ces calcaires et à ces marnes. Au nord de la ville les calcaires à Caprines sont recouverts de calcaires marneux gris bleuâtre, très épais, qui se prolongent jusqu'à la côte et renferment des Ii|océrames avec d'autres fossiles crétacés. Au sud de la grande bande dont nous venons de parler, le déGlé de Pancorbo est encore ouvert dans les mêmes calcaires compactes, jaunâtres , avec des Alvéolines et des Caprines, et associés à des dolomies. Les couches très tourmentées se dirigent généralement N. 25'' O., plongeant à l'O. 25" S. sous des angles variant de 60 à 65 degrés.

Ces premières bases de classification, largement posées dès 1830, par M. Dufrénoy, sur la frontière septentrionale de l'Espagne, restèrent assez longtemps stériles pour le reste de la Péninsule. Ainsi M. Cook (1), dans son ouvrage, d'ailleurs plein de faits inté*» ressauts et bien observés, ne mentionne point de dépôts crétacés dans ce pays, pas plus que ne l'avait fait Ilausmaun (2) avant lui.

(4) Sketches in Spam, Esquisses sur l'Espagne, 2 vol. iu-8. Paris, 1834.

[i) Mém, de la Soc, des sciences tie C(^t(ftge/if 1854 . — Hertaj

vol. XIV.

La plupart des géologues, qui pendant quinze à dix-huit ans explorèrent ensuite diverses parties de ce royaume, désignèrent toujours sous le nom de craie ou de terrain crétacé les dépôts rangés depuis dans le groupe nummulitique, sans les séparer, même zoologiquemcnt, des couches vraiment crétacées placées dessous et dans lesquelles tes Nummulites ne se montrent jamais. Aftturief. Ainsi dans la province des Asturies, suivant M. Schulz (1), la formation qui nous occupe comprend un grand nombre de roches, dont les principales sont des calcaires compactes, alternant avec des marnes noirâtres ou d'autres teintes, des bancs fort étendus de grès de teintes claires, des masses sableuses, consolidées par places par da fer hydroxydé, des conglomérats siliceux, des calcaires épais, des marnes sableuses, des marnes blanches et rouges, des calcaires blancs compactes , et des calcaires remplis de Nummulites , déjà décrits {antè, vol. III, p. 11). L'auteur n'admet pas qu'il y ait apparence de craie verte ni de grès vert dans ce pays où la formation ci*étacée, plus étendue que les marnes irisées , se montre fréquemment sur les territoires de Llanera, Oviedo,.Siero, Nava , Gabranes, Pilona, Porres, Cangas, Onei, Penamellera, le long de la côte, autour de Gijon, de Yillaviciosa.de Golunga, et occupant euGu, à l'extrémité orientale de la province, les alentours de Golumbres sur la Deva.

Sur beaucoup de points, les couches crétacées recouvrent les marnes irisées; dans d'autres, elles s'étendent horizontalement sur les strates redressés des systèmes carbonifère et dévonien. Elles sont relevées, soit isolément, soit comme comprises entrcdes masses de terrain de transition, ou bien encore repliées avec celles-ci et verticales. Quelques massifs de roches ignées qui se montrent dans le système dévonien paraissent s'être élevés jusque dans la craie qui le recouvre. Le jayet abonde aux environs de Villaviciosa et le succin dans plusieurs autres localités. Quelques bancs calcaires imprégnés de particules et de veinules de galène seraient subordonnés

(4) £ul/,, 4« série, vol. VIII, p. 326, ^H^7. ^ Bcsena geo^ gnostica tlcl princlpado de jistiirias [Anales de minas), voh I, 4 840. — Visiazo geologico sobre la Cnntabria, Madrid, 4845. — Anales de minas ^ vol. IV, p. 432. — Boletino of. rie minas, n" 34 et 35, 4 845. — L'Institut, 2 déc. 4847. — Voyez aussi : A. Buvignier, BulL^ 4" série, vol. XI, p. 404, pi. 2, fig. 4, 4 839.

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au mêoie système dans les environs de Siero, de Sariego , de Gabranes, et de Villa viciosa.

Non seulement M. Schulz comprenait les couches nummuiitiques dans la craie, mais encore des dépôts jurassiques , tels que les marnes noires et les calcaires inférieurs, dans lesquels il cite beaucoup de Bélemnites et d*Hu!tres, de grands Peignes et d'autres bi- Talves. Les marnes sableuses des environs d'Oviedo, remplies de fossiles, entre autres à*£xogyra columba^ à*Ostrea carinaia^ de Spalangus cor-anguinum^ seraient seules évidemment crétacées, les marnes blanches étant sans fossiles, de même que les calcaires blancs supérieurs. Nous ne suivrons pas Tauteur dans ses recherches faites plus à r£., dans les provinces de Santander, de Biscaye, de Guipuscoa, de Burgos et d'Alava, où, sans doute, se prolongent des couches crétacées, mais qu'il n'a pas assez nettement séparées de celles qui les recouvrent et de celles sur lesquelles elles reposent pour que nous puissions en donner un aperçu satisfaisant.

M. A. Paillette (1), dans ses études sur quelques unes des roches qui constituent la province des Asturies , signale particulièrement la coupe naturelle que présente le chemin de Lleres à la Yenta de la Cruz, oà le système carbonifère est recouvert par des sables, des calcaires sableux et d'autres calcaires de la formation crétacée. Près de l'Infiertoles couches secondaires horizontales recouvrent de même les tranches des couches carbonifères redressées. La grande vallée centrale des Asturies, dit ailleurs le même géologue (2), depuis Oviedo et Lianera h !'£. , est occupée, lorsqu'on se dirige versTO., par un grand développement de dépôts crétacés qui se relèvent souvent contre les roches de transition, le long des anciens bords du bassin. Ils paraissent se continuer en suivant le littoral par Santander, jusqu'à Biscaye, et de là s'unir à la chaîne des Pyrénées. Dans la partie relevée oti dominent les sables et des grès ferrugineux, on observe souvent des bancs très chargés d'oxyde de fer, et Tau* teur donne de nombreux détails sur la qualité de ces minerais, ainsi que sur le gisement dé ceux qui ont été exploités.

L'incertitude de M. Paillette sur les vrais rapports des couches crétacées et carbonifères se trouve encore justifiée par le fait suivant, qu'il vient de nous communiquer. En pratiquant la galerie Juliana près de Lamuno , le savant ingénieur a rencontré la craie

{\) Bull.j 2*sér., vol. II, p. 439, pi. 4 2, 1845. (2) /^/V/., vol. VI, p. 698,4 849.

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90U9 les couches carbonifères et en stratification presque concordaute. La continuation des travaux lui fait espérer une connaissance plus complète de cette inversion dans Tordre des dépôts. Il a con staté d*ailleur8qu*on ne ponvait point Tattribuer à tin glissement, et ii est probable que cette disposition est due à un renversement senn blable à ceux qu'il serait disposé à admettre pour expliquer ia série des couches dévoniennes sous les strates charbonneux de Fcrrones.

TioTiiite La formation crétacée des environs d'Esla, province de I>éon, Léôn^ présente plusieurs étages assez distincts. M. S. P. Pratt (i) a re^ connu que les détritus granitiques avaient fourni les matériaux des couches les plus inférieures, qui sont des grès et des conglomérats^ plus ou moins consolidés, à base de kaolin, quelquefois assez pur pour être employé à la fabrication de la porcelaine , d'autres foii coloré en gris, en rouge, on en jaune, et ressemblant aux marnes panachées du keuper. Immédiatement au-dessus sont des calcaires de structure grossière, alternantavec un grès ordinaire. On y trouve beaucoup d'Hippurites, de Sphérulites, d'échinodermes et d'autres coquilles, mais point d'Ammonites ni de Bélemnitcs , au moins jusqu'à présent

M. Gasiano de Prado (2) a aussi constaté la présence de la craie sur le versant méridional de la chaîne cantabrique. La partie inférieure, depuis Bencerrilejo jusqu'à la Luna, sur une étendue de 25 lieues, est composée du grès feldspathique précédent,' qu'on ne peut confondre avec les marnes irisées, dont les teintes sont toujours moins vives et qui se montrent à Cervera et Aguilar de Campo. L'auteur a ajouté d'intéressants détails sur un kaolin remanié avec du sable blanc et des cailloux roulés de quartz vitreux , de lydienne et de granité non altéré. Dans les grès et les calcaires qui viennent au-dessus, il signale, outre les fossiles déjà cités, des Cycloiites, des Exogyres et des Trigonies; la partie supérieure de la série est composée de grès siliceux, très purs, alternant avec des calcaires à grain grossier.

Toutes ces assises, appuyées contre le terrain ancien de la chaîne, pénètrent dans les golfes qu'il formait, comme à la Véga de fioAar, et

[h) Voyez Hausmann , .^rch. jùr Miner, de Karsten^ vol. XXIII, p. 764 , 4 850. — Quart. Journ. geoi. Soc. of London , vol. VII, p. 4 \ des notices, 4 854.

(2) Buli., 2* sér., vol. VII, p. 463, 4860.

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paraissent alterner alors avec eui. Elles oe constituent d'ailleurs que des coteaux peu élevés. L'inclinaison est généralement faible, excepté à Bencerrilejo, Oceja et près de Gistiema, sur la rive droite de l'Esla, où ces assises sont verticales et semblent être concordantes avec les roches intermédiaires sur lesquelles elles ont été déposées. Au-dessus de la série crétacée vient un poudingue très dur, déjà men^ tienne (arUèt vol. III, p. 13), composé de cailloux de grès et de calcaire^ provenant des roches anciennes de la chaîne, avec un très petit nombre d'origine crétacée.

Les premières observations suivies, publiées sur la craie du ver- BUcayp. sant nord des Pyrénées espagnoles, sont celles de M. D. C. Col* lette (1), qui distingue en Biscaye sept groupes désignés par des noms de localités, et dont les couches ont toutes été plus ou moins dérangées par des soulèvements. Ces groupes n'ont, comme on le conçoit , rien de commun avec ceux que nous avons établis pour l'ensemble de la formation ; aussi leur substituerons-nous le nom û^étage^ pour conserver l'uniformité de la terminologie. Ils se succèdent de bas en haut, et sont décrits par l'auteur de la manière suivante :

Le premier étage^ celui de Villaro, forme deux bandes, dont l'une traverse la province du N.-O. au S.-E., et l'autre occupe les environs d'£a et d'Ondaroa sur la côte. Quoique M. Collette regarde ce système de couches comme le plus ancien , on remarquera que les premières assises qu'il décrit, entre la Baluga et Sommorostro, sont précisément des dépôts remplis de Nummulites et qui doivent être postérieurs à la craie. Les détails qu'il donne sur ces corps ne permettent pas d'y voir des Orbitolites crétacées.

Entre Bilbao et Âreta, situé à l'ouest, une bande de calcaires bleus, compactes, avec desHippnrites et des Dicérates (Caprines?), dirigée N.-O., S.-E., est composée de strates sub-verticaux, plongeant au N.-E. Vers la partie sud de la bande, ces couches deviennent presque horizontales. Les montagnes qui entourent Miravalles forment un demi-cercle dont la disposition des couches représente celle d'un cratère de soulèvement Les psamroites bleus, micacés, inférieurs aux calcaires de la cime de la Pagazarri , occupent le bord interne du cratère. Vers Areta , une seconde bande de calcaire bleu compacte avec des Uipporites et des Dicérates (Caprines 7) est analogue

[\) Riconocimiento geologico del Senorio de Fizcaxa, in-8',avec carte. Bilbao, 4848.

à la précédeote. D'antres psammites renferment lArcapagia coïtcentrica^ Pict., la Pholadomya Agoêsizii^ d*Orb., la SccJarta ca^ naliculata , id. Sur la côte, aux environs d*£a, les psammites bleus calcarifères, parfois micacés, passent k des grès à ciment calcaire oa argileux. Les roches psammitiques des environs d*Ondaroa soot encore semblables à ces dernières, et, comme elles, n*ont pas offert de fossiles.

V étage d'Ereno^ qui est le second, forme ausâ deux bandes : l'une, centrale, recouvrant en partie les roches de Tétage précédent; l'autre , parallèle, occupant la région nord-est de la province. Les calcaires très compactes, noirs, de la bande centrale, constituent U montagne d*Udala, au sud d*£lorrio, l'un des massifs les plus élevés du pays, celle d'Âmboto, etc. La bande nord est moins découpée que la précédente. Aux environs de Manaria, le calcaire bleu foncé est très dur, compacte, à cassure sub-conchoîde, et traversé en tous sens par des veines blanches de calcaire spathique. Les fossiles empâtés dans la roche , et dont ou distingue seulement la coupe , sont des baguettes de Cidaris vesiculosuSy Gold., des Térébratules, de petites Nummulites (Orbitolites), et des corps rapportés à des Caprines. Aux environs de Bilbao sont quelques masses de calcaires semblables aux précédents, et renfermant de nombreux polypiers, le Turbo Goupilianus, d'Orb. , des Caprines ou Dicérates, etc. Au cap Villano, situé au nord de Pleneia, se trouvent des Hippurites et des Néiinées.

Les calcaires d*Ereno renferment du plomb, du cuivre, du zinc, du fer, et quelques uns de ces minerais, entre autres ceux de Som* morostro au mont Triano, à l'ouest-sud-ouest de PortugaIete,.sont exploités depuis la plus haute antiquité. Le minerai principal dé cette localité est un peroxyde de fer très riche, placé à la jonction des étages de Yillaro et d'£reno. M. Collette compare ce gisement à celui de Saint-Martin, près Saint-Paul-de-Fenouillet(Pyrénées-Orientales), décrit par M. Dufrénoy (1); mais il y a cette différence qu'on ne voit point à Sommorostro de granité ni de roche ignée en contact avec le minéral et qu'on puisse regarder comme la cause de la pré* sence de ce dernier.

Les montagnes situées entre Baracaldo et Sommorostro, dit M. Manès (2), renferment des dépôts ferrugineux qui se suivent

[i) Mém. pour servir à une dvscripU gcol. de la France^ vol. Il, p. 428, 4834.

(2) Ann. des mincs^ 4* sér., vol. XIV, p. 264, 1848.

sur une étendue de 2000 mètres de long et 1000 mètres de large. Ils sont formés de différentes masses intercalées dans les grès psammitiques jaunâtres et gris, dépendant des calcaires argileux qui dominent au nord de Portugalete. Ce sont des fers spathiques, brunâtres, cristallins, et du fer peroxyde compacte ou concrétionné» mélangés d*argile jaune, quelquefois de quartz plus ou moins ca- Teroeux et a?ec des nids disséminés de calcaire blanc lamellaire. Les mines des environs de Bilbao, poursuit M. Collette, sont alignées du N. -0.au S.-E., et leur prolongement irait rencontrer celles dont nous venons de parler. Les trois collines courent parallèlement à la bande calcaire de San-Roque, et les minerais qu'elfes renferment sont absolument dans la même relation avec les calcaires h Caprines et les psammites du premier étage.

Les roches de l'étage de Galdagno^ qui est le troisième, reposent sur les calcaires de celui d'Ereno et entourent complètement les calcaires marneux du suivant ou de Mimguia. Elles forment aussi deux bandes principales: l'une, vers le centre de la province « borne à i'O. ce quatrième étage, et l'autre, au N.-E., marque sa limite dans cette direction aussi bien qu'au N. Ce sont des grès micacés, plus ou moins argileux, plus ou moins ferrugineux, alternant avec des argiles micacées, grises, schisteuses, qui renferment de la sidérose et de la limonite en rognons ou en plaques celluleuses. Ces roches ont l'aspect de celles du système carbonifère; aussi y a-t-on entrepris des travaux de recherches pour la houille. Les minerais de plomb de Guadalcano y sont intercalés. Entre Bilbao et Zamudio on peut constater la discordance de cet étage avec le lias. Les couches de calcaire marneux courent toujours O. 20"" N. à K. 20'' S., plongeant de 20<* h l'E. Nous ferons remarquer ici que M. Collette ne parle point des circonstances particulières qui font qu'en cet endroit cet étage borde d'une part le lias et de l'autre l'étage suivant , et l'on peut se demander ce que sont devenus les étages i et 2 qui, à TO., succèdent au lias?

Limité, comme on vient de le dire, au S.-O. et au N.-E. par l'étage de Galdagno, celui de Munguia se compose généralement de calcaires argileux, rouge lie de vin, et fournit parfois des calcaires et des ciments hydrauliques, ainsi que des pierres lithographiques. Ces couches passent à des argiles jaunesen lits minces. Les calcaires marneux, gris bleuâtre et sub-veriicaux de Portugalete, renferment des Hippurites, des baguettes de Cidaris vesiculosus, Gold., lurbo rhotomagensis, \)efi\, ThecideapapillatOy Bronn., Terebratuia pli- V. 3

caitiis, Sow., ou alata, Lam., des empreintes de Pecten œquicoS'-^ tatus^ id^ , de Nérinées,etc. V Ammonites recticostatus, d'Orb. , paraît aussi avoir éié rencontré dans les mêmes assises, près de Baracalda

C*ëst au milieu des couches de cet étage que se sont fait jour les roches ignées dont nous avons parlé {antè^ vol. 111, p. 3/i9), aux environs de Lajona, au sud d'Ëlorrio , au sud-est de Marquina, et dans le voisinage immédiat d*Arrieta et de Rigoiiia. Sur ce dernier point, les calcaires en contact deviennent compactes, siliceux, grossièrement schisteux, surtout près de ZugasTuita. Ils sont gris ou blanchâtres, très durs, en bancs minces, souvent divisés en rectangles, ou en parallélogrammes irréguliers, par des fissures perpendiculaires à la stratification. Ailleurs, les calcaires deviennent rouge lie de vin, et ils alternent, près de Durango, avec des argiles jaunes. Ces modifications s'observent aussi dans le voisinage des autres masses dioritiqucs. .

(Page 111.) Dans le sud de la Biscaye, les roches du sixième étage ou de Valmaceda soui généralement en contact immédiat avec les calcaires d'Kreno, ou avec les psammites de Villa ro, mais la série ne paraît pas être la même dans la partie occidentale, puisque ces roches reposent immédiatement sur un système de calc^iires schisteux, désigné sous le nom û* étage de Sopuerta^ qui est ïecinguiènie et se trouve ainsi compris entre ceux de Yillaro et de Valmaceda. On remarquera que la relation stratigraphique de ce cinquième étage avec le quatrième n'est pas d'ailleurs plus régulièrement établie qu'avec les autres. Ses couches, près de Sodupe, inclinent toutes plus ou moins vers le S. ; à l'extrémité sud»est de la zone, vers Avellanada, le plongement est de 80* à 90""; plus à l'O. il est de 65°, et à peine de quelques degrés sur les limites de la province de Santander. La direction, d*abord N.-O. , S.-E., devient insensiblement £., 0., disposition en rapport avec le développement des couches, d'abord très faible près de Sodupe et qui augmente de plus en plus vers ro.

La composition de ces assises est très constante ; ce sont des calcaires argileux très durs, gris foncé, uniformes, traversés déveines blanches de calcaire spathiqiie , divisés en bancs de 0'",16 à 0^,48 , d'épaisseur, très réguliers et renfermant des rognons de fer sulfuré. Les fossiles y sont rares, et M. Collette y cite de petits corps coniques qu'il compare à des Nummuliies, mais qui ne sont sans doute que desOrbitolites, dont les pores sont disposés en séries curvilignes. Il y a, de plus, de petites Huîtres, de petites Térébratules rapprochées

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de la T. chrysalis, Schlotb. , et des Peignes. Dans la sierra de Busla, ou remarque des cavités, ou puiis naturels très profonds, verticaux ou peu inclinés, assez rapprochés les uns des autres, et dans le voisinage desquels on n'observe aucune accumulation particulière de matériaux. La mine de Sobano fournit uu rainerai de galène, et d'autres, anciennement exploitées, renfermaient de la galène et du carbonate de zinc en rognons.

L'étage de Volmaceda occupe la partie de la Biscaye située au sud des précédents. De Sodupe à Lanestosa , il est en contact a?ec celui de Sopueria, de la vallée de Gardejuela, près d' Arratia. Il suit les calcaires d'Eieno, et plus à l'Ë., les psammiies de Villaro pour se trouver de nouveau, au nord d'Ochandiano, en contact avec les calcaires de Manaria (1). Dans sa composition il a de l'analogie avec celui de Galdagno, mais les schistes et des psammites micacés fossilifères y prédominent Ces schistes bleus avec des roguons ferrugineux comprennent quelques bancs de grès gris, micacés. Près de l'église de la Herrera , àes grès micacés , qui deviennent très ferrugineux, renferment le Micraster cor-anguinum^ Ag. , Pecien quadricostatm , Sow. , P. serratus, Nils. , P, œqui- €09tcUu8y Lam. , Thelis minor, Sow. , Uelicoceras giacitiSy d'Orb. A un quart de lieue de VâlDpaceda, on trouve, dans les psammites calcarifères et micacés, des Orbitolites, que l'auteur rapporte à l'O. complanata, et des Nummulitesqui, d'après sa description, ne seraient, comme celles dont nous avons déjà parlé; que des Orbitolites, dont les cellules sont disposées en séries curvilignes; il y a aussi une Gryphée on Es^ogyre voisine de VE, columba, mais plus petite et qui est probablement une de ces variétés si fréquentes dans l'ouest de la Frauce.

Vétage d'Orduna , qui occupe sans doute une grande partie des provinces d'Alava et de fiurgos, ne se montre que sur un petit point du midi de la Biscaye. La stratification, presque verticale de l'étage précédent prèsde Llodio, devient sub-horizontale, vers le S., ce qui explique le peu de variété du sol de la vallée d'Orduna. Ce septième étugeae compose de calcaires très argileux, gris, se délitant facilement à l'air, ou bien compactes, gris ou bleuâtres, avec de petits points brillants de calcaire spathique. Les bancs peu épais se distinguent les uns des autres par leur plus ou moins de compacité. La

(4) Les relations stratigraphiques laissent toujours quelque iucertitude, Tauteur parlant souvent de contact et non de superpositiofu

Pena de Orduna est formée de ces mêmes calcaires argileux, durs, compactes, gris clair, affeclanl Taspect ruiniforme de vieilles mu-> railles démantelées. M. Collette y cite un cône de Bêlemnite mal conservé et des foraminifères. La Satumina est une mine ouverte dans une masse de fer pyriteux avec blende et galène, et près de Tartanga, à une demi-lieue au sud d*Orduna, on exploite une masse de gypse dans le voisinage d'un soulèvement de diorile.

(Page 135. ) Le monlGorbea, la plus haute montagne de la Biscaye, a son versant nord très abrupt, et le versant opposé, fort adouci et couvert de végétation, appartient à la province d'Alava. Les princi' pales cimes du pays, celles de Sogambures, d'Azulo et de Gorbea formées de calcaires en masses rulniformes, sont disposées en demi* cercle, de manière à représenter assez bien une portion de cratère de soulèvement. Au pied de la pente nord du massif sont les schistes bleus, passant aux psammites bleus, compactes, micacés, de l'étage do Villaro; puis viennent au-dessus les calcaires bleus, argileux, • fragmentaires de celui de Sopuerta, les schistes et les grès de Val-

maceda; enûn, à la partie supérieure, les calcaires bleus et gris, compactes, sub-cristallins, avec des veines et des rognons de calcaiie spatbique, alternant avec les calcaires bleus, conypactes, quelquefois saccharoîdes, du septième étage. 6i les corps organisés, que M. Collette y cite comme fort abondants, sont réellement des Nummulites, on aurait, ainsi que nous l'avons fait enti*evoir {antè, vol, m, p. li!i), un représentant du groupe nummulltique couronnant la série crétacée (1).

Province Plus au sud cncore, M. F. Naranjo y Garza (2) a décrit une Bargos partie de la formation crétacée, dans le haut de la vallée de TÉbre, h 10 ou 12 lieues au nord de Burgos. Il y mentionne surtout la disposition remarquable en bassin de la vallée de Valdivîeso, que traverse TÉbre, du N.-O. au S.-Ë., et cite, dans les diverses roches de celle localité, le Cidaris granulosus, Gold., le Micraster car-^ anguinum, Ag. , VHemiaster bufo, id. , le Caryophyllia conulus , Phill., la Terebratula octoplicata^ Sow., etc. Ar»gnn II nous paraît douteux que les grès quartzeux, à grain fin, rou*

ci.iui«!gno. geâlres, un peu micacés et argileux, et prenant parfois une structure

{\) Voyez aussi : Observations géol, sur le pays basque espagnol^ par le comte de Villafranca [Arch,/ùr Miner, de Karsten, vol. XVII, p. 353, 4 843).

(2) Reseha gcognosticn y minera de ana perte de la proptncia de Jitirgos [anales de minas, vol. II, p. 93, avec carte, 1844 ),

fichistolde en grand, que cite M. J. Ahiama (1), dans la province d*Huesca,coinmeapi)arlenantà la craie, dépendentréellementde cette formation. Ces grès alternent avec des argiles d'épaisseur variable et reposent sur d'autres marnes grises, jaunâtres, etc. , dans lesquelles l'auteur signale des Ammonites, des Béleronites, des Dicérates, des Huîtres, des Peignes, etc.

Dans sa description géognostique de la Catalogne, d'une partie de r Aragon et des mines de ce pays, M. Amalio Maesire (2) a rapporté aussi à la formation crétacée, de même que les calcaires qui les recouvrent, les grès quartzeux rouges du versant méridional des Pyrénées, regardés souvent comme une dépendance du trias. Il y cite les Cyclolites ellipticua et hemisphericus, Lam. , le Pecten quinque-costatus, Sow., la Trigoniascabra^ Lam. , des Térébratuies, des Dicérates et des ostracées. Au-dessus, viennent les roches de la série nummuliiique que termine une énorme assise de poudingue. Dans sa description , l'auteur, réunissant toujours sous le même nom les dépôts crétacés et tertiaires inférieurs, nous ne le suivrons pas dans l'énuméralion des localités qu'il indique, de peur de citer les uns pour les autres, mais nous devons dire que sou travail est le meilleur qui jusqu'à ce moment ait été publié sur ces provinces.

Bl. Ezquerra del Bayo (3) a donné un intéressant résumé de la okiributioa géologie de l'Espagne, et il a tracé avec assez d'exactitude, dans roches créule nord et le centre de ce royaume, les limites de la formation qui danfirnord nous occupe. Biais en y comprenant , comme ses prédécesseurs, et i, ^^^^^ sans en donner plus de raisons, le groupe uummulitique, il a attribué ^' t*Espagne. aux couches crétacées une extension énorme comparativement à l'espace qu'elles occu|)cnt en réalité. Malgré le mérite incontestable de ce résumé , le premier qui ait été essayé sur ce pays et qui coutienne aussi les résultats obtenus par les recherches d'autres géologues dont nous parlerons tout à l'heure, nous ne nous y arrêterons pas davantage, par les motifs que nous venons d'indiquer. Sur sa carte géologique de la région volcanique de Castel-Follit, dans la province

(4) Apuntcs gcngn os tico' mi fieras de Iti proviticia ilc Huesca {Jft. de minas, vol. IV, p. 218. 4 846).

i^) Anales de minas^ vol. lll, p. 244-243, 4845. -^ BulLy i*sér., vol. II, p. 624, 1846.

(3) On thc gcology oj Spain : Sur la géologie de TEspagne [Quart. Joiirn, geai. Soc» oj London^ vol. VI, p. 406, 4 850). — Soùre la geologia de Espana, une feuille in-8'. — Mf'm.dct'Jcad, de Madrid. Résumé, 4850-54, p. 45,

38 ISPAGNK.

de Girone, M. Ezquerra del Bafo (1) a également colorié, connue crélacée, toute la série nummulilique, et il en est de même de VEtsai d'une représentation graphique des rapports du sol avec la végé^ tation de la péninsule ibérique que vient de publier M. Moritz Wilikomm (2).

Si, tout en comprenant dans la formation crétacée les dépôts nummulitiques considérés en grand, les géologues espagnols les avaient neliement distingués et caractérisés dans leurs descriptions, comme cela pouvait être indé|)endaniment de toutes vues théoriques, rien n'eût été plus simple ensuite pour ie lecteur que de faire la part des deux systèmes de couches ; mais il u*en a pas été ainsi : Texpression de /errai» cr^Vâce', appliquée iudLsiinctement, tantôt à Tua, tantôt à Tautre, ou bien à tous deux à la fois, ne permet de tirer aucune déduction précise de ces divers travaux. Cette réflexion s'applique également à la carte ou esquisse géognostique del'Espagne qu'a publiée M. Ezquerra del Bayo (3), et néanmoins ce premier essai, qu'on eût pu désirer voir compléter, ou du moins rendu plus satisfaisant par l'addition de ce que l'on connaissait alors de la géologie du Portugal, offre un véritable intérêt. La formation crétacée et le groupe nummulitique, réunis comme on vient de le dire, forment une large bande dirigée moyennement E.-S.-E., O.-N.-O. , de Figuères et Girone à 0\iedo. Vers Aguilar une bifurcation laisse courir une branche an sud de la chaîne cantabrique jusque vers Ponferrada. Au nord cette grande zone s'appuie sur les terrains plus anciens, ou bien forme la côte de l'océan. Au sud elle serait recouverte, dans toute son étendue, par des dépôts tertiaires lacustres.

La craie proprement dite constitue eu outre une sorte de triangle dont la pointe nord<ouest, prenant au sud-est de Burgos, s'étend par Soria vers Olbega et Almazon pour se diriger au S.-0. , se bifurquer aussi et border au N.-O. et au S.-E. la chaîne du Guadarrama. La branche septentrionale se continue au delà de Ségovie vers Avila, et la branche méridionale atteint à peu près le méridien de Madrid. Ce triangle crétacé s'appuie à l'E. contre les roches secondaires plus anciennes ou jurassiques, et plonge à l'O. sous les dépôts

(1) Me m, de la r, Acad, de ciencias de Madrid^ vol, I, part. 2, pi. 7, 1854.

(2) Die Stmnd und Strppvn f^cbiete d. Iberischen Ualbtnscl und dcrcn Fcf^etaiion , in-8°. Leipzig, 4 852.

(3) Gcognostische Ucbrrsivhts-'Karte von Spanivn etitw fen J. Ezquerra del Bayo , 4 850 {Neu. Jahrb,, 4 854 , p. 24).

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lacustres de la plaine d*Âranda. Les deux branches que nous venons d'indiquer s'appuient donc Tune au S. et l'aulre au M. conue les roches anciennes des montagnes du Guadarrania.

Dans l'explication de cette carte qu'a donnée M. G. de Leonhard, on voit que l'auteur a mis à profit les documents les plus récemment publiés. C'est ainsi qu'il sépare de la craie les dépôts nummulitiques pour les ranger dans le teiTain tertiaire inférieur, et qu'il signale, entre Columbres et San-Vicente de la Barquera, une coupe fort instructive, sur laquelle nous reviendrons dans un instant, et où la relation des couches secondaires et nummulitiques est mise dans tout son jour; mais il n'est pas exact d'ajouter que de semblables relations existent au sud de la chaîne cantabrique, dans la province de Léon, puisque jusqu'à présent elles n'y ont pas été constatées. Gomme dans les Alpes et presque partout les assises nummulitiques ont éprouvé les mêmes dislocations que les couches crétacées sous-jacentes. Ces dernières sont encore signalées dans l'est et le sud de la Péninsule, mais d'une manière trop vague pour nous y arrêter. Nous ajouterons cependant cette observation générale de iM. Ezquerra del Bayo (1), que les roches ignées et cristallines qui forment comme une sorte de muraille entre l'Espagne et le Portugal doivent avoir servi de barrière à l'océan de la période cré«tacée. L'auteur a d'ailleurs laissé , avec raison, en blanc, sur sa carte, les parties dil sol sur lesquelles il n'avait pas de données suffisantes.

On a déjà pu remarquer que ce qui manquait à la plupart des iravaux que nous venons de rappeler et qui se bornent à signaler, dans le nord et le centre de l'Espagne, la présence de certains groupes encore mal définis de la formation crétacée, était une bonne base prise dans le pays même ou ailleurs, un point de départ établi sur des données justes, à la fois stratigraphiques, minera logiques et paléontoiogiques , enfin cette précision dans l'étude des détails, qui seule permet do s'élever ensuite aux généralités, sans courir le risque d'associer des choses que la nature a profondément séparées. La concordance des couches, la ressemblance des caractères minéralogiqucs de certaines d'entre elles, une connaissaoC/O superficielle des fossiles qui faisait prendre pour des Nummulites des corps entièrement dilTérenis, enfin quelques vues théoriques trop généra^ Usées ou mal interprétées, avaient concouru à laisser planer sur

(4) Mem, de la r, jécad. de ciencias de Madrid, vol I, 3* sér. — Ciencias naturales^ vol. l, part. 4, p. 39, 485^.

TrsTBaz do

&0 BSPAGNB.

celle partie de la géologie de la Péninsule une incertitude qu'ont fait cesser les recherches dirigées dans une meilleure voie et dont nous allons parler.

Pendant un premier voyage exécuté au printemps de 1849, dans M. de v«ro6uii le nord de i'£spagne et particulièrement dans les provinces qui queiiittei^utref longeut la côte méridionale du golfe de Gascogne, M. Ed. de Yer* f o oguM. ^^^.| ^^^ ^^^ établir avec précision une de ces premières bases dont nous parlions tout à Theure, et un aperçu des résultats qu*il obtint fut inséré dans divers recueils. Il a consacré depuis lors une partie des étés de 1850, 51 et 52 à poursuivre ses recherches dans les diverses parties du royaume , et quoique la carte géolo^ gique générale qu'il s'occupe de dresser ne soit pas encore prêle à être publiée, il a bien voulu rédiger pour nous, d*après ses notes de voyage et les nombreux matériaux qu'il a rapix>rtés, un exposé assez détaillé de ses observations sur la formation crétacée du nord de la Péninsule. Pour les parties centrale et orientale, nous puiserons sans réserve dans le travail qu'il vient de publier en commun avec M. Ed. Collomb. A ces recherches se rattacheront naturellement celles de M. Gasiano de Prado, qui, ainsi que Al. de Lorière, a souvent accompagné M. de Verneuil dans ses excursions. Noua procéderons, comme nous l'avons déjà fait, en commençant par les provinces du nord dont nous venons d'esquisser les principaux caractères sous forme d'introduction historique; nous suivrons les couches de l'Ë. à 1*0., de la Catalogne jusque dans les Asluries, puis , après avoir jeté un coup d'œil sur les dépôts du même âge, observés vers le centre de l'Espagne , nous redescendrons au S. par les provinces de l'est.

Caiuh^.goo Daijg ja Catalogne , sur le revers méridional des Pyrénées , la Aiagon* formation crétacée manque parfois comme les autres dépôts secondaires, et les assises nummulitii|ues reposent alors immédiatement sur le terrain de transition. Ainsi, lorsqu'on se rend de San* Juan de las Abadesas aux mines de houille d'Ogasa , et lorsqu'on ' remonte le petit ruisseau qui se jette dans la Ter, on traverse deux bancs de calcaire marneux remplis de Nummulites, dont l'un, à une très faible distance des schistes et des calcaires anciens, ne

(t) BuU., î'sér.. vol. VI. p 522, 2t mai \%i^, —VTmtimt, 43 nov. 4 850. — Rvp, 20"» mecL brit. /éssoc, at Edinburgh ^ juillet-août 4850 (Londres, 4854), p. 408. — Del tenvno cretaceo m Espana [Ru'vista minera^ vol. lil, p. 339, 364, 464, 4 862).

SSPAGKB* Ui

laisse aucune place aux strates créucés. Ces baus . de 2 à 3 mètres d'épaisseur au plus, sont subordonnés à .des niasses considérables de marnes bleues, en lits minces, avec quelques empreintes de Fucoides, alternant avec des grès et représentant 1res bien le flysch des Alpes et le macigno des Apennins. Le groupe nummulitique est si largement développé dans cette partie des Pyrénées et se compose de roches si variées (uuirnes bleues, psammites, calcaires, grès et conglomérats rouges avec sel et gypse), qu'il serait facile de confondre certaines assises avec celles du trias.

On peut encore constater Tabsence de la craie en faisant une coupe de Camprodon à Olot, du N.-N.-O. au S.-S.-E., laquelle montre que les marnes bleues et les conglomérats rouges nummuli* tiques sont assez rapprochés du terrain ancien pour empêcher de supposer entre eux quelque représentant de la formation dont nous parlons. Il en est de même dans la chaîne qui , se détachant des Pyrénées vers Olot , se dirige sur Vich et le Montserrat , formant, entre les plaines tertiaires et la mer, une zone montagneuse parallèle à la côte. La craie ne s'y montre nulle part, et le système nummulitique repose directement, ou sur le granité, comme au Mont-Sen, ou sur les ardoises et les schistes de transition, comme au Montserrat. C'est seulement à Tarragone que la craie reparaît, sortant de dessous les couches tertiaires moyennes, dans le port même, où M. Casiano de Prado et M, Pratt ont trouvé des Bélem* nîtes.

On vient de voir que M. Amalio Maestre avait signalé cependant quelques points de la Catalogne, sur le versant des Pyrénées, où se montraient des calcaires caractérisés par des Hippurltes, et M. de Verneuil lui-même annonce la présence, plus à l'ouest, dans le haut Aragon , d'assises crétacées constituant une bande étroite non loin de l'axe de la chaîne. Par sa faible largeur elle contraste avec le groupe nummulitique qui, aussi puissant qu'à l'est, occupe tout l'espace compris, du S. au N. , entre Huesca et Viescaz, et forme les montagnes élevées de la sierra de Guerra. An nord de Viescaz, près de la belle source intermittente appelée Fuente glo* dosât Id craie est représentée p^r un grès calcarifère et un calcaire argileux, tenace, avec des Orbitolites, le tout rappelant exactement les roches crétacées du cirque de Gavarnie.

Ces assises de la Fuente Gloriosa sont placées entre des couches il Numinulites et le terrain de transition, mais il n'en est pas de même de la lisière qui borde an sud la sierra de Guerra , et qui

U2 BSPAGNB.

est séparée de la zone pyrénéenne précédente par Conte la région nnmmulitiqne. Entre Nueno et Mason-Noevo, près, du moalin d'Ânguîs, sar le bord même dn ruisseau, on voit affleurer une couche crétacée fossilifère, et ce n'est pas sans étonnement qu'après avoir quitté la grande plaine tertiaire qui de TÈbre s'étend jusqu'à Huesca, on rencontre, dès qu'on atteint la sierra de Guerra, un banc calcaire rempli de rudistes brisés {Radiolites pormana^ d'Orb., /?. lombricalis, id., et des Hippurites indéterminables). Ce banc est subordonné à un calcaire gris foncé, plus pur que le calcaire à Nummulites et dont les couches, dans leurs nombreux plissements, se relèvent an S. vers la plaine tertiaire. Elles s'y terminent abruptement et plongent au N. sous les puissants dépôts nummulitiques qui régnent exclusivement pendant plus de 35 à 36 kilomètres, jusqu'au nord de Vîescaz. Pour expliquer cet affleurement de la craie au sud de la région nummulîtique et an contae même des plaines tertiaires de i'Ëbre, il faut recourir à une de ces immenses (ailles du revers septentrional des Alpes, par suite de laquelle aurait disparu le groupe nummulîtique tout entier. PruTincfli Nous avons dit que la région crétacée du versant sud des Pyrénées »quet. g«^]3fgî( ^ mesure qu'on s'avance vers l'O. , où elle a été décrite en partie, dans la Navarre, le Guipuscoa et la Biscaye, et M. de Ver* neuil s'est assuré, dans les collectious de l'Université de Bilbao, que les Nummulites indiquées par M. Collette dans plusieurs de ses groupes étaient , comme nous l'avions pensé d'après la lecture de son mémoire, de véritables Orbitolites.

Versant nord La formatiou crétacéc se continue sans interruption depuis Bilbao la chtine jusqu'à Sauiander ; elle constitue près de la côte des montagnes

cauubrique. ^^ |^qq ^ 5QQ nièlrcs d'élévatiou, telles que le mont Candina, entre Castro-Urdiales et Laredo. Vers l'intérieur, lorsqu'on se rapproche de l'axe de la chaine, elle atteint des hauteurs plus considérables. Le pays offre tantôt des montagnes calcaires, à sommet gris et dénudé , et sur les pentes desquelles les roches se montriot çà et là Ibrmant des aspérités; tantôt des montagnes plus arrondies, mais profondément -ravinées et composées de grès jaunâtres, tendres, se désagrégeant facilement et alternant avec des marnes schisteusej^ Ces deux systèmes de roches sont d'une épaisseur considérable, à en juger par la grandeur des accidents qu'ils constituent La désagrégation du grès produit des sables qui, entraînés par les torrents, forment, à leur embouchure dans la mer, de vastes plages ou grèves jippelées arenal. Telles sont celles de Sàatona et de la partie oriear

SSPAGNB. hZ

(aie de la baie de Sautander. Le grès , toajours sans fiissiles , est inférieur au calcaire, comme on peut le constater près d'une fabrique de coton, non loin de la fonderie royale de la Cabada. A peu de distance de ce point on voit anssi ces mêmes grès en contact avec Jes calcaires Meus du lias. Le calcaire Crétacé compacte, gris foncé, renferme peu de fossiles, à l'exception des bivaWes rapportées au genre Requienia^ de quelques fragments de Pectm quinque-costatus et •d'Orbitolites coniques. Les Requienia atteignent souvent de très grandes dimensions el sont assez difficiles a déterminer. Cependant Tune d'elles paraît être la A. iœoigata^ d'Orb., propre au qua* trième étage de la craie du sud-ouest de la France, comme VOrbito- 4ît€8coruca, d'Xrch.^ qui l'accomiiagne.

Entre fiilbao et Sautander, M. de Verneuil a observé des fossiles sur trois points. D*abord près de Portogalete , où des traces de coquilles indiqueraient , ttor cet ancien rivage opposé du golfe de Gascogne, le troisième étage du sud-ouest de la France, ou celui que J'on vient de voir affleurer à Test dans la sierra de Goerra ; ensuite^ d'Outen à .^iiono, le calcaire contient quelques Orbitolites conica et beaucoup de fragments indéterminables de Requienia. Les •couches, fortement redressées, courent N. 15*' O. En cet endroit se trouve le filon de fer de Salto del Goballo qui remplit une grande fente verticale, postérieure au relèvement des couches crétacées. Enfin, près de la vallée de Lieuzo, ou remarque dans le calcaire beaucoup de fragments de Requienia.

C'est surtout au noitl de Santander, entre la ville et le phare, qne la partie supérieure de la formation crétacée peut être le mieux étudiée. Sur un espace d'environ 2 kilomètres, se développe une série d'assises toutes moins anciennes que la grande masse calcaire dont on vient de parler. Los strates plongent régulièrement au N. magnétique, et semblent ne présenter aucun plissement. La ville même de Santander est bâtie sur des calcaires compactes gris, exploités pour pierre de construction , et qui contiennent de grandes Exogyres peu déterminables. Immédiatement au nord de la ville, afDeurent des marnes schisteuses et des grès quartzeux jaunes, iorinant un premier pli du sol, auquel succède ime rangée de col- Jines composées de calcaires argilenx avec plusieurs espèces d'Orbitolites différentes de celles des calcaires compactes. Quelques unes, qui ont plus de 5 centimètres de diamètre, paraissent se rapporter à rO. plana, d'Arch. Cette assise constitue un bon horizon qu'on xeireuve sur divers points, entre auti*es à San-Vicente de la Barquera,

llU ESPAGNE.

OÙ elle sépare les couches à Hippurites de celles à MicrasUr cùr* anguinutn, ces dernières étant recouvertes parles calcaires à Nummulites. Outre les Orbitoliles on remarque encore dans l'assise précédente deux espèces de Térébratules , un Hemicidaris et le Discoidea arnica, Desh., ou subuculus, Leske. Indépendamment de quelques autres couches, on voit au-dessus des grès quartzenx • plus ou moins faciles h se désagréger » qui supportent à leur tour une masse argilo- calcaire, remplie de grains veiis disse* minés et caractérisée par V Ammonites Mantelli , Sow., VHemiaster hufo, Ag. , propres à la craie tuiïeau moyenne.

Après une dépression qui traverse le promontoire de TË. h TO. et qu'occupent des dunes et des marais, on atteint un dernier relève* ment du sol qui porte le phare à son extrémité. Le cap est composé d'un calcaire argileux, surmonté d'un grès dur, dans lequel sont découpées des falaises escarpées et pittoresques. Le calcaire est rempli de spongiaires, de Micraster (espèce voisine des M. breviSy Des., et cor-anguinum, Ag.). Le grès qui lui succède est souvent mélangé d'argile. Quelques bancs ne sont composés que de fragments iVInoceramuSt de Pecten et à'Ostrea^

A l'exception de ces deux dernières assises, qui pourraient peut* être appartenir au groupe supérieur, on ne peut douter que toute la série de Santander, jusque près du phare, ne dépende de celui de la craie tuiïeau. La variété des roches qu'on y observe est comparable à celle que nous avons décrite dans le bassin de la Loire et sur le versant sud-ouest du plateau central de la France.

La baie de Santander semble résulter d'une crevasse produite par le redressement des couclies, et coïncider avec un axe anticlinal. £n effet, au sud de la baie, on voit généralement les calcaires à Requienia et ostracées, se relever au N. pour être bientôt recouverts au S. par le calcaire argileux à Orbitolites plaim. Quelques ondulations du sol, formées par des replis de couches, conduisent au pied d'escarpements calcaires de 300 à &00 mètres de haut et qui sont les premiers gradins des Pyrénées cantabriques. Ces escarpements sont formés |)ar le calcaire compacte à Requienia qui reparaît et plonge en sens inverse du précédent, par suite d'une faille, et qui repose sur des grès et desargiles, recouvrant eux-mêmes les marnes et les calcaires bleus du lias.

On peut juger de la succession des couches, telle que nous ve* nous de l'indiquer, lorsqu'on suit une vallée longitudinale, qui s'étend de Cabada jusque près de Puente Vicsgo, sur la roule de

ESPAGNE. Il5

Santander à Reynosa. Au village de Paentc Vîe^go.se Iroave le grès rouge avec des sources salées ; c*esl le prolongement de celui qui, à Lliergancs près de Cabada, conlient du gypse, des eaux sulfureuses, et présente tous les caractères du trias. Peu développé en cet endroit, il est bientôt remplacé par des calcaires métallifères très épais, très disloqués, que M. de Verneuil considère comme faisant suite au calcaire carbonifère des montagnes de Cavadonga, de Puerto-Suevo, et qui s'avance jusqu'au rivage de Rivadesella. La craie se continue vers ro., et parmi les localités les plus riches en fossiles on peut citer Cumillas, Barca de la Rabia et San-Vicente de la Barquera, où les couches à Orbitolites sont surtout le mieux développées. Çà et là, lorsqu'on suit la côte, les calcaires h Requienia et h grandes Exogyres reparaissent encore.

La coupe du port de Cumillas présente de haut en bas : 1"* des grès quartzeux jaunâtres; 2* des calcaires avec Hippuriles ei/iadio* lues polyconiliies, d'Orb. ; 3* des calcaires argileux avec de petites Orbitolites. A la Barca de la Rabia, un grès jaune, assez friable, de 16 mètres d'épaisseur, est recouvert par un calcaire avec plusieurs espèces d'Orbitolites , Ostrea carinata, Lam. , Radiolites poiyconi' lues, d'Orb. , R, crateriformis, id. La coupe de San-Vicente de la Bar* quera est plus instructive encore. Les hauteurs qui dominent la ville au nord-ouest montrent, sur la route de Columbres, le calcaire à Hippuriles ou 5 Radiolites surmonté d'un calcaire marneux avec de grandes et de petites Orbitolites, auquel succèdent des couches à Micraster cor-anguinitm, et enfin le calcaire h Nummulites et des sables. Sous le château même de Sau-Vicente des strates nnmmulitiques, sub -verticaux, correspondant aux précédents, mais plongeant en sens inverse, sont séparés de la série que nous venons d'indiquer par une faille et une vallée.

Après Lianes, dont le cap est encore formé par une craie très dure, pétrie de petites Orbitolites, de Nériiiées et d'une coquille voisine de la Radiolites lumOricalis, d'Orb. , le calcaire cari)onifère à Productus s'avance jusqu'à la mer, et la craie ne reparaît plus à l'ouest que par lambeaux, soit dans le bassin d'Oviedo, soit sur plusieurs points du littoral, comme l^Lasires, Lnauco, etc. À Mietnbro, près de Lianes , la craie et le calcaire carbonifère se voient en contact, et les deux roches se ressemblent tellement par leurs caractères pétrographiques, que sans leurs fossiles il serait facile de les confondre. A Oviedo les dc|)ôts crétacés sont presque horizontaux et composés de calcaire jaunâtre , beaucoup moins dur

AS BSPAGNB*

que dans la province de Santander où la craie est toujours fortepient soulevée et disloquée.

Rëtnmtf On voit ainsi que, sur le versant nord de la chaîne canlabrique« verfant'nord. la formatîou crétacéo parait se composer, de trois séries de couche» ou étages assez bien caractérisés par leurs roches et par leurs fossiles. L'élage inférieur conoprend un grès et un calcaire compacte avec dis licguiefiia^ de grandes ostracées, VOrlntolite$ conica, etc., le second des calcaires marneui ou argileux et divers grès avec Orbitolites plana, Hemiasfer bufo^ Osirea cœrinata^ Jiadwlites poiycomlitis ei craleriformis, et Ammonites Manfelli; le troisième, enfin, des grès et des calcaires argileux assez puissants avec Mtcrasier cor-onguinum ou brevis, et de nombreux Inocérames.

Si avant de quitter cette région, bien limitée orographiquement, nous cherchons à nous rendre compte de la place occupée dans la formation par les couches qui la constituent, les observations de M. de Verneuil nous conduiront à cette première conclusion, qu'on pouvait soupçonner à/;r/c/i*/, par buitede leur position géographique, savoir, que le gault et le gioupe uéocomien manquent sur ce versaut nord des Pyrénées, absolument comme on Ta vu plus à VE, dans les Basses- Pyrénées et les Landes, au M.-O. , sur le rivage opposé de la mer crétacée, dans le Périgord, TÂngoumois et la Saintonge, et enfin dans le bassin de la Loire. Ainsi tout l'espace compris entre Taxe du Méllerault au N. et la région centrale et occidentale des Pyrénées secondaires au S. u*a point été occupé par les eaux, dans lcsr|uelles se sont déposés les deux premiers groupes crétacés, line étude encore plus détaillée des étages précédents serait nécessaire pour établir, avec une certaine rigueur, leur parallélisme avec ce que l'on sait des anciens rivages, qui coirespondaieut sans doute à ceux de l'Aragon, de la Navarre, du Guipusicoa, de la Biscaye, de Santander et des Asturies ; mais, tels que nous connaissons ces derniers, il semble qu'un peut y voir les représentants d'au moins deux des quatre étages du sud ouest de la France. L'étage de la craie J aiiue, ou le plus élevé,n)anquei ait ici, n ai&il est probable qu'il exi!>te vers le milieu de la chaîne, sous le méridien du Mont-Perdu, et sur les limites des départements des Hautes Pyrénées et de la Haute- Garonne (flw^^, vol. IV, p. 671). Dans la partie occidentale dont nous parlons, on ne peut pas supposer qu'il soit masqué ou passe sous la nier, puisque le gioupe nummuliiique recouvre immédiatement le second, au sud de Biaritz, comme dans la Biscaye, la pro-

E8PA6NB. &7

Tince deSauUnder et les Asturies. Ce second étage, celai de la craie grise, marneuse ou glauconieuse et micacée, est évidemment représenté dans la région pyrénéenne occidenlale par les coudies. avec AficroMier el Inocérames; nous y avons vu signalés quelques Anan* chy tes dans l'axe même de la chaîne, comme au pied de son versant nord-ouest aux environs de Dax. leacouchesà AntmonitesMantelli et Hemtasier bufo^ qui font suite à celles-ci, peuvent appartenir aussi à ce second étage,

La série des stiates avec Orbitolites plana ^ Ostrea carinata^ Hadiolites polyconilùes et crateriformis^ n'offre point, par ses fossiles, un rapprochement aussi satisfaisant. Les espèces 'que nous venons de citer, à l'exception de la Radiolites crateriformis que l'on doit s'étonner d'y voir associée, puisqu'elle est propre jusqu'à pi'ésent à la partie la plus élevée de la craie du sud- ouest de la France, sont toutes trois du quatrième étage de cette dernière région, comme la Bequienia lœvigata et VOrùitolttes conica de la série inférieure; de sorte qu'en résumé, malgré la puissance des couches crétacées des Pyrénées cantahriques que M. de Vemeuil estime à 700 ou 800 mètres , et les trois séries qu'elles nous ont offertes , nous n'y trouvons encore représentés avec une certaine exactitude, par leurs fossiles, que deux des étiges de la craie du sudouest de la France, savoir le second et le quatrième. Le premier et le troisième manqueraient, et particulièrement ces horizons si nettement caractérisés par VOsirea vesicularis , var. a , et les grandes Spbérulites dans le premier ; par les Hippurites eomu-pastoris , Des Moul., organisons, id., la Radiolites lumbricaiis, d'Orb., et la SphœrulUes ponsiana , d*Arch. , vers le haut du troisième ; par les Ammonites et surtout les Exogtp^a columba , Gold.', flabellata , id. , et V Ostrea biauriculata y La m., à sa base. Il serait intéressant, pour confirmer les analogies du quatrième , de retrouver sur les côtes cantahriques quelques traces de la Caprinella triangularis, d'Orb., si constante au nord-ouest. On aurait donc pu s'attendre k rencontrer des ressemblances plus directes entre des dépôts aussi voisins dans l'espace et dans le temps , lorsque dans d'autres directions nous sui* vonsdes assises , avec leurs caractères parfaitement comparables, sur des continents entiers ; mais peut-être de nouvelles recherches viendront-elles combler ces lacunes. Ce que nous avons dit ci-dessus des couches crétacées du Portugal nous dispense d'y revenir icL

Sur le revers méridional de la chaîne cantabrique, dans la pro- vcmai ««j, vince de Léon, nous retrouverons au contraire les traces bien posi- &• uoii«

hS ESPAGNE.

tivcs du troisième étage , dont nous avons déjh signalé les principaux fossiles caraclértsiiques dans la sierra de Guerra, au nord d'Huesca (haut Aragon), sur le même Tersani méridional des Pyrénées, mais à une assez grande distance du pied de cette dernière chaîne. La formation crétacée avait été reconnue par M. Schulz et par M. A. Paillette, depuis Yillargo jusqu'à BoîSar, et même jusque près de LIama, sur la Luna, au nord-ouest de Léon. A Rozas, près de Reynosa, on exploite une couche d*assez bon lignite qui y est subordonné.

Entre Bofiar et Sabero, à 32 kilomètres environ au nord-est de Léon, M. de Verneoil et M. G. de Prado ont observé, à la base du système crétacé, comme l'avait aussi remarqué M. Pratt prèsd'EsIa, un grès blanc, assez feldspathique. C'est une véritable arkose semblable à celle que Ton voit souvent dans le voisinage des roches granitiques; mais le granité ne se montre nulle ))art dans le pays, et l'on peut seulement soupçonner son existence, à une grande profondeur, au-dessous des dépôts secondaires et plus récents. Sur ce grès est un calcaire, dont les bancs alternent avec des grès quartzeux assez durs, et qui renferme les fossiles suivants : Cyclolites ellipticQ^ Gold., Hemîaster Fommeli^ Desh., Cyphosoma Delamarrei, id., Diadema rude y Forb., Hippurites organisans^ DesMoul., H, Requieniana, Math., Ostrea biauricuiata, Lamk., 0. santonensis y d'Orb., Exogyra auricularis, Alex. Brongn., E, columba, Gold., espèces dont l'absence au nord nous avait frappé, mais qui, jointes à celles de la sierra de Guerra , ne permettent pas de douter, d'abord que le troisième étage du sud-ouest de la France et les couch.es à ostracées du bassin de la Loire n'aient ici un véritable représentant, et ensuite qu'il n'en soit de même de la base du second étage, à cause de la présence de la C, elliptica, de Vff. Foumeli , du C. Delamarrei, du />. rude^ de VO, santonensisj et de VE, auricularis qui la caractérisent ailleurs. 11 reste à relier par de nouvelles observations les deux points du versant sud des Pyrénées où ces assises ont été constatées. Ils sont situés à peu près sous le même parallèle, mais séparés par une distance de près de 100 lieues. Quant aux fossiles que nous avons cités au nord de Burgos, ils appartiendraient h des couches plus récentes du second étage, et qui ont leurs analogues dans la province de Santander.

versnnd 11 rcstc à déterminer comment la grande zone crétacée, dont nous cudamma." venous dc décrire quelques points le loQg du versant sud des

Pyrénées, se railache au]k affleurements de la môme formation qui se mantrcnt dans les provinces deSégovie, de Soria, de Madrid, etc. , où les dépôts tertiaires paraissent régner sans interruption, de 1*E. àro., de manière à masquer complètement celle relation. Quoi qu'il en soit , on a vu , qu'à partir des montagnes de Soria , la craie qui forme un massif appuyé <i TE. contre des dépôts plus anciens (jurassiques ?j se bifurquait à 1*0., en traçant, de chaque côté de la sierra de Guadarrama, deux bandes discontinues assez étroites et appuyées contre les granités ou les schistes argileux. La bande septentrionale s'avance jusqu'à Ségovie où elle disparaît sous les dépôts lacustres de la vieille Castille. La bande méridionale passe par Somolinos, Congostrina, Tamajon, Torrelaguna et El Molar, sur la roule de Madrid à Bayonne.

A Ségovie et aux environs , où la craie repose sur le granité ou sur les schistes anciens, M. G. de Prado (1) y a trouvé le Pecien quadricostatuSf Sow., des Radiolites, le Nucleolites lacunosus, Gold. et la Lima intermedia, d'Orb. A Lozoya, près du faite de la chaîne, elle constitue un lambeau isolé, assez étendu, dirigé N.-N.-E. , S.-S.-O., complètement entouré de granité; puis d'aalres très restreints à la Gerada, à Manzanarès, ainsi qu'une bande fort étroite, très recourbée, à El Vallon. L'une des branches de cette dernière se dirige vers Ghozas, et l'autre au nord de Saint- Augustin. Sur le prolongement nord>est de la première se trouve la bande de Torrelaguna, Gavanillas et Patonès, et, fort loin au S. -O. , est un autre petit lambeau appuyé contre le granité et qui se perd presque immédiatement sous les dépôts tertiaires de la plaine de Madrid. Au N.-E., vers la province de Guadalajara , les couches crétacées se séparent difficilement des dépôts lacustres qui les recouvrent et qui ont éprouvé les mêmes dislocations.

Les Radrolites de Ségovie se retrouvent à Lozoya et à Patonès , près de Torrelaguna, avec des moules d'Arcacée et de Cardita^ n. sp., de Cardium Mouionianum^ d'Orb.?, puis des Cidaris^ à Gavanillas, h El Molar, etc. A Somolinos, M. G. de Prado a reo-« contré VBippurites comu-pastoris ou une espèce très voisine, te Pecten quadricostaius ^ Sow., VOstrea Ahtheroniana y d'Orb.,

(1) Bevista minera ^ vol. I, p. 126, 4 850. — Mapa gcofofrico en bosfftujo rie fa provincta de Madiîdj 1853. *- Nous devons à robligeance de routeur des notes manuf^criles où nous avons puisé la plupart des détails qui suivent.

VO. conica, id., ou une espèce très «oisioe, VBemiaster Fcmmeii, Desh., le Cypkosoma circinatum^ Ag,. le Diadema /^oij^yi, Ag., et une de ces pinces de crusiacé si constantes à la base du premier étage de la craie tuffeau do bassin de la Ijoire et dans le second de la zone du sud-ouesL A Congostrina, sniiant M. Eiquerra del fiayo (1), se montrent plasienrsdes fossiles décrits pr M. Sharpe, et que nous avons vus dans la craie des environs de Lisbonne, tek que VExogyra oiisiponensis , Sha. , Ùiceras Facri , id. , Briisms itth-depressus, id., Tt^lostoma romtbiœy id., T. punehdatum^ id.. T, ovotum , id. , T. globost/m, id.

Si nous faisons abstraction de ces derniers fossiles, dont nons ne connaissons pas bien le gisement an nord, en supposant qa*ils y existent, et si Ton tient cum \>xe de notre incertitude à l'égard de YUippurUe$ cornu-pastoris^ les autres espèces annonceraient qoe ces coucties représentent une partie do second étage de la craie tuffeau du sud-ouest de la France. V Hemiaster Fowmeli paraît te trouver à deux niveaux assez différents dans cette dernière zone, c'est-à-dire à la base du second et do troisième étage. Le />i<i* dema /hissyi n'avait pas encore été signalé au sud de la Ivoire, et le seul gisement oà noos le connaissions est à la base de la craie glauconieuse du département de TOnie. Ainsi, dans cette partie centrale de ri'>])agne, un seul des étages de la formation serait représenté, et celle < i srait, par ^on^^'qllent, |ilus réduite qu'à l'ouest en Portugal, et qu'au tiord, dans les provinces où nous avons esquissé ses raract^tes. Vu nous a^ançantversl'E., au contraire, noos rencontrerons un ((rotq)e iHunsanl, dont nous n'avons pas encore vu de traces dans la |)/'nii.Hij|e, et qui la reliera géologiquement aux ô('\)fi\u ronteniporains (U'S amU'Ov» voisines.

La formation n^'larée |)arsilt occuper en partie le fond et les bonis du grand lac, qui, & l'époque tertiaire moyenne, s'étendait sur la noiMelle Ciisiille et la IVIancbe, Prescpie entièrement cachée, au- Jonrd'liui , par ces d^'fK^ts laciistres, son bord septentrional se montre seul, ii caiiK*. du soulèvement assez moderne de la chaîne du (/Uadanan:a« foinutnt la lisière dont nous venons de parler, et s'étendaiit vers Alieiiza et Sigitenza. Entre cette dernière ville et Guença la craie disparaît sous les roches tertiaires et M. (]. de Prado pense que la formation s'amincissant uMsIeS. , quelques îlots se montrent

(1j JifTtsta niifitntf vol. I.

seuls çà ei là au milieu de dépôts plus anciens. La suite des observalions du savant géologue espagnol sera comprise dans la description ci-après.

Cette même formation du centre de TEspagne offre, suivai.C M. Ezquerra del Bayo (1), une disposition remarquable : c'est son élévation à une hauteur considérable, sur une grande surface, sans que les strates aieut cessé d'être horizontaux. Tel est le plateau de Baraona, entre Medinaceli et Almazan, dans la vieille (bastille, qui a près de 1393 mètres d'altitude, et celui d'Algura, dans la province de Guadalajara, sur la route de Madrid à Saragosse, qui atteint 1160 mètres. Le village de Peûalcazar, province de Soria, est bâti sur an petit plateau parfaitement horizontal, taudis que les collines environnantes sont formées de couches inclinées, du même âge, mais à un niveau plus bas. A Tamajon, province de Guadalajara, la partie horizontale est plus basse que les couches inclinées. Dans la vallée de la Borunda (Navarre) la même disposition s'observe encore, mais sur une plus grande échelle.

« Lorsqu'on divise le bassin du centre de FEspagne en plaines et

• en montagnes , disent MM. de Verneuil et CoUomb (2) , c'est à la » région montagneuse qu'appartiennent les couches crayeuses ; c'est, » en eiïet, à Cuença (|ue Ton quitte la plaine lacustre pour toucher p aux premiers contre-forts crétacés. La ville est bâtie sur un promon- » toire avancé d'environ 80 mètres de hauteur, entouré par le rio » Jttcar et par une autre rivière plus petite nommée le Hnecar ; les » rochers sont h pic de plusieurs côtés; le haut de la ville ne donne » accès aux voitures que par une langue étroite de terre du côté de V l'Ë. Cette situation rappelle d'une manière frappante celle de la ville 9 de Constantine en Afrique.

» Depuis Cuença, cette bande crayeuse se prolonge dans la direc- » tionduN. unpeuO, jusqu'au delà de Trillo, dans la vallée du Tage,

• sur 80 kilomètres de longueur environ. £ile s'enfonce sous les » dépôts tertiaires de la plaine, sans cependant disparaître compléte- » ment, et l'on en voit quelques petits ilôts percer çà et là les couches

• lacustres à Sad£don,à Olmedilla del Campo, et plus à l'O., près de

(t) Quarf.Jottrn. ^eoLSor.nj London, y oX.yi^ p. 406, mai ^850.

(2) Coup d'œil sur la constitutivn géologique de plusieurs provinces de CEspof;nc [BulL V sér., vol. X, 1853). — Notice sur la structure géologique de C Espagne [Extrait de l* Annuaire de l'Institut des provinces^ Caen 1 853 )•

» Quinlanar del Ordcn et de la mota del cuervo (C. de Prado) (i). » Dans la direction du S.-Ë., le prolongement de la zone crayeuse » n'est pas encore bien connu. Les montagnes qui constituent cette » région crétacée ont de 1200 h 1600 mètres de hauteur; la TÎIle de

• r.ucnça elle-même est à environ 1000 mètres.

» Si nous continuons notre exploration en marchant vers TE. , dans 9 la direction de Valence, nous ne trouvons plus ces dépôts développés

• sur une grande échelle : ils y sont, pour ainsi dire, disséminés par » morceaux on par lambeaux. Les points culminants de celte région, n la Cabeza de San- Pedro, près Canete, et le Pico el Tejo, près

• Requena, appartiennent à la formation jurassique ; le Pico de Ra- » uera, près Garaballa, qui a plus de 1600 mètres, n*est composé » que de couches triasiques. Les dépôts crétacés n*ont pas atteint » cette hauteur, et occupent une zone an peu inférieure. On suit » ainsi ces dépôts, qui se montrent et disparaissent alternativement, » jusqu'auprès de Bunol , où ils se perdent sous les terrains plus 0 modernes et le diluvium de la riche huet^ta de Valence.

» De Bunol à Almansa on traverse deux plateaux crétacés qui se i» trouvent au même niveau que le plateau tertiaire lacustre, entre « 600 et 700 mètres. Le premier de ces plateaux est situé entre » Yatova et le rio i^lagro, et le second entre la Muela del Oro et le )' Gabriel , près de Cofrentes. Dans ces deux localités on passe des >» calcaires crétacés aux calcaires d'eau douce, d'une manière telle- >' ment insensible que l'on doute souvent auquel des deux terrains » appartiennent les roches sur lesquelles on marche. Ce n'est que u lorsqu'on parvient à découvrir quelques fossiles caractéristiques, n OU que l'on examine avec attention la nature des différents caU » caires, que cesse l'incertitude, et c'est ainsi que nous avons pu, bien » qu'avec quelques doutes, tracer sur notre carte les limites de ces 0 deux terrains. Lorsqu'on se rapproche d'Almansa, près de San- » Benito, les dépôts crétacés se relèvent un peu, et surgissent au- » dessus des terrains tertiaires de la plaine , en formant un petit » système qu'on appelle le Mugron de Meca,

» D'Almansa h Yillena, sur la route d'Alicante, avant d'arriver à » la Venta de la Gitana, on rencontre encore une petite chaîne créa tacée peu élevée au-dessus du niveau moyen de la plaine. C'est

(i) Memona .sobre ios traùnjoi da !rt comision del nmpa geolo^ gico^ par D. Fr. de Lujan, 4 852, p. 28.

» la luénic cbainc ({uc l*on traverse au Puerto d*Alniai4sa , sur la » roule de Valence.

» Si nous pénétrons dans le sud du royaume de Valence, nous ne » irouYons plus les couches crétacées en plateaux snb-horizon(aux , » comme nous venons de le voir ; mais elles forment tout un système w de montagnes dont les couches sont souvent fortement inclinées;

» les trois points de cette partie de la contrée où nous avons reconnu » la présence de la craie sont : 1*^ le mont Cabrer ou la sierra de Ma- 0 riola, près d'Alcoy ; 2" le cap d*Àlbir ; S^" le Mongo et Textréroité du » cap Saint -Antoine.

B La sierra de Mariola est un centre crétacé assez important : elle » forme une petite chaîne présentantdes escarpements abruptes, tour- 0 nés du côté de TE. , et des découpures profondes du côté de 1*0. et » du S. Au pied de cette sierra s'étend une plaine tertiaire très fcr- » ti!e, qui s'ouvre vers la mer, entre Gandia et Oliva. et qui est arro- » sée par le rio de Alcoy. La rive droite de celui-ci est occupée par » des dépôts tertiaires moyens et nummulitiques, et sa rive gauche » par la continuation crétacée de la sierra de Mariola.

» Alcoy se trouve ainsi placé au centre d'un cirque niuumulilique » d'un côté et crétacé de l'autre; les contours des montagnes sont » fort accidentés, inaccessibles sur quelques points, et les escarpe- » menls abruptes sont tournés vers l'intérieur du cirque.

» La sierra de Mariola mérite d'autant plus de fixer l'attention des » géologues, que c'est le seul point où nous ayons découvert, d'une I» manière incontestable, les assises inférieures du groupe néocomien, » remplies de ces Bélemnites plates qui les caractérisent si bien en » France dans les environs de Castellanc (Basses- Alpes) , et qui , » d'après les observations de M. Coquand, se trouvent aussi au même • niveau dans la province de Constantine. C'est à une demi-lieue » du village de Concentaina, au pied nord du mont Cabrer, que se M rencontrent ces couches néocomiennes, sous forme de calcaires » jaunâtres, marneux et d'argiles bleues mêlées de pyrites. Avec le » Bélemnites dilatatus, Blainv., on trouve encore les espèces sui- » vantes, la plupart caractéristiques de l'étage néocomien inférieur : » Bélemnites subfusiformis, Rasp. , Nautilus neocomiensis, d'Orb. , » Ammonites Perezianits, id., A. Cailliaudanus, id., A, Astieria- » nus^ id. , A, neocomiensis , id., A. radiatus^ Brug., A. Du- » masianus^ d'Orb., A. Bouyatius, id. , A. cli/peiformis ^ id., » A. angulicostatm , id., A. Emerici, Rasp., A. Belus, d'Orb , r. Terebratida prœlonqa^ Sow., et Toxaster complanafus, Ag.

» Les couches plongent au S. sous ie mont Cabrer, dont la masse

• principale appartient à l'étage néocomien supérieur. Ce dernier

• est représenté par des calcaires jaunâtres ou gris avec de |)etites » Orbilolines coniques (0. conoidea, A. Gras), la Terebratttla iatn^ 9 Sow.,etces mêmes rudistes {llequitnia Lonsdalei , d'Orb.), ■ que nous avions déjà vus au Pico el Tejo, près do Requena, ainsi B qu*au rioDeva, près de Libros, province de Teruel. Le sommet de » la montagne est formé par un calcaire siliceux et magnésien, dans B lequel on voit desNérinées et des Huîtres de grandes dimensions.

• Le cap d*Albir est un promontoire qui s'avance dans la mer B près d'Âltea , en face du Puig Campana ; ce dernier est nummu- B litique, mais le cap est crétacé et tient à la lerre ferme par une B plaine assez basse ; on y a établi quelques travaux pour Texploitation B d'une mine de fer aujourd'hui abandonnée. Indépendamment do B minerai de fer, nous y avons recueilli le Pectcn atavus^ Hoem. , B VOstrea macroptera, Sow. , la Terebratula latn, id. , des Bélemnites B et des Orbitolines coniques (0. conoidpo),

» Nous venons d'explorer la partie sud du royaume de Valence; B nous allons maintenant nous transporter dans sa région nord, à la B frontière de l' Aragon et de la Catalogne , où nous trouverons un B système continu de dépôts crétacés, qui pour l'étendue en surface B ne le cède pas à ceux du nord.

B Les dépôts de cette région, vus en masse sur la carte, ont la B forme d'un grand triangle équilatéral de plus de 100 kilomètres de B côté; ils couvrent par conséquent une surface de plus de 5000 kilo- B mètres carrés. L'un dos côtés du triangle court parallèlement au B littoral de la Méditerranée dans la direction N.-£., S.-O , de B Castellon de la Plana à Tortosa ; un autre va de Tortosa à Moulalvan B dans la direction Ë. O. , el le troisième côté revient vers Castellon B de la Plana par une ligne un peu ondulée dans la direction du B S.-E. L'intérieur de ce triangle appartient tout entier aux dépôts B crétacés C'est un plateau froid et élevé, qui s'abaisse brusquement B vers la mec ; ses profondes découpures , dans sa partie littorale, » donnent lieu à des accidents de terrains très pittoresques et consti- B tuent une véritable région montagneuse. Vers l'O. , au contraire, il » n'offre que des ondulations beaucoup moins prononcées, et qui au » premier abord paraissent assez irrégulières. Cependant on peut y » distinguer deux ligne» de faîtes principales ; l'une est orientée » suivant le mouvement do la côte, Tauiro s'en éloigue à augle droit » dans la direction du N.~0. Le point de jonction de ces deux direc-

ISPA6NE. S5

» tioDs forme la partie la plus culminante du système; c'est préci*

• sémeot à ce point que se trouve la Pena Golosa, dont l*allilude » est d'environ 1700 à 1800 mètres, et qui se voit de très loin en a mer. Si Ton fait abstracliou des Pyrénées , où les dépôts crétacés

• s'élèvent très haut , on trouve que c'est la Pena Golosa qui est la » montagne crétacée la plus élevée de toute l'Espagne. Elle est toute- » fois peu diiïérente de la Muela de San-Juan, dans les montagnes » d'Albarracin. Cet ensemble crétacé est séparé de la mer par une •> étroite bande de terrain tertiaire. Au sud, elle est en contact » avec des formations beaucoup plus anciennes, avec des masses de » grès, de calcaires et de dolq;nies triasiques , qu'on trouve à Ar- » tana, Cliova, Segorbe et jusqu'à Murviedro.

• Lorsqu'on fait l'ascension de la Pena Golosa , depuis la petite » ville de Lucena,on passe en revue .successivement, de bas eu haut,

• presque toutes les couches crétacées de la localité ; ces couches » plongent en moyenne du côté du nord, et leurs tranches, brisées

• sur le re\ers sud de la montagne, donnent lieu à des escarpements

• qui s'éloignent peu de la verticale. Aussi, la Pena Golosa n'est-eile » accessible que du côté du nord.

» Voici quelques détails sur la coupe de cette montagne. Les cou- >» ches inférieures qu'on aborde en quittant Lucena sont composées n d'un calcaire marbre de couleur foncée, avec des marnes et des

• masses de gypse blanc ou gris. Le gypse étant très rare dans la

• formation crétacée de l'Espagne , nous avons quelques doutes sur » l'âge de ces couches que l'on retrouve à Villahermosa, de l'autre » côté de la Pena Golosa. Quoi qu'il en soit, elles sont surmontées par » des grès quartzeuK gris , et par des d^*pôts calcaires d'une épais- » seur considérable, avec Cerithium Lujani ^ nov. sp., Ostrea » aquUay d'Orb. , Requiimia Lonsdalei, id. , Trigonia ornata^ id. , » Lima Cottaldinat id. , Terebratula lata, Sow. , accompagnées de » grandes Nérinées et de petites Orbitolines coniques (0. conoidea),

• Un grès jaune, peu épais, sépare ces premières masses calcaires » de celles qui forment toute la partie supérieure de la montagne, et « dans lesquelles nous avons retrouvé les mêmes Orbitolines , et à

• peu près les mêmes fossiles {Hequienia et Terebratula) que dans » les couches précédentes. Ces fossiles caractérisent en Espagne » comme en France l'étage supérieur du groupe uéocomien.

« \L\ï poursuivant notre exploration dans la direction de l'ouest,

• nous trouvons ces mêmes dépôts néocomiens à Villahermosa , à » Cortes, à Pena dei Sallo près Rubielos et à Mora ; mais en appro-

56 ESrAGNlS.

» cbanl de celte dernière localité, les roches qui les composent ne » sont plus représeuiécs seuleuient pfir des masses de calcaires 0 comme nous en avons vu jusqu'à présent. Ainsi ou rencontre des » collines et même de petites montagnes formées en entier d*uu grès » sableux, quartzeux, rouge, vert ou jaune, dont l'aspect extérieur » ofîre la plus grande analogie avec les grès du trias.

n Après avoir marché longtemps sur ces roches qui n*ontpas moins « de 150 à 200 mètres d'épaisseur, ce n'est que dans les environs de » Mora que nous avons pu reconnaître quelle était leur véritable » position. De Ilubiclos jusqu'à Mora, nous ne les avions pas quit- » tées ; nous les avions vues se mélanger souvent de marnes rouge » lie de vin, et par leur stérilité, donner alors au pays un aspect dé* » sole. £n descendant vers Mora, nous v avions rencontré des bancs » subordonnés de marnes avec des fossiles mal caractérisés. Ce n'est » qu'au delà de Mora , au nord-est de celte ville, dans la direction M de Linarès et d'Alcala de la Selva, que nous les avons vues d'une » manière positive servir de base au calcaire uéocomien supérieur. » En eflet, dans cette direction, le sol se relève et l'on atteint bientôt 0 une série de hauteurs qui ne sont que le prolongement de l'arête n que nous avions traversée entre Villahermo^a et Rubielos, arête » aplatie qui sert de ligne de partage des eaux, et qui est entièrement » composée de calcaire néocomien. Après avoir vu quelques bancs • de lignite sans valeur , qui se développent dans les grès, nous » sommes arrivés à la zone calcaire, composée de deux masses prin- » cipales, l'une inférieure, marneuse et fossilifère, l'autre supérieure, » plus compacte et coupée à pic , de manière à former des escar- » pemenls pittoresques tels que la Pena del Cid.

» Les calcaires marneux , favorables à la végétation , offrent des » forêts qui paraissent d'autant plus belles qu'elles sont assez rares » en Espagne. Près du Collado de San- Rafaël, ces couches sont » riches en fossiles et nous ont offert les espèces suivantes : Ammo- ») nites CornuelianKS, d'Orb., A. intermedius^ id., A» Nisits^ id. , » Nautilus, Cerithium, Lima Cottaldina , d'Orb. . Plicatula pla- I» cunea, Lam. , Ostrenmacroptera, Sow. , 0. Boussingaulti, d'Orb., » 0. PelUcoi, nob. , Ci/prina, même espèce qu'au pont du Gabriel , » près Villargord;) , Venus Duplniana , d'Orb. , Pecten aiavus , » Roeni. , Pinna Robinaldiana^ d'Orb. , Terebratula seiia, Sow. , » T, lata ^id.t 7oxQstei' oblonyus, A g., Discoidea^ et on fin les » mêmes Orbîtoiines coniques (0. conoîdea)^ qu'on trouve partout 9 en Espagne, dans le groupe néocomien.

» Entre Mora et Sarriun , nous sortons définitivcment«du gi*and n triangle néocomien. A Tcxception d'un lambeau situé sur le rio V Dcva , près Libros , nous ne retrouvons plus de dépôts analogues

I dans toute la zone assez accidentée, composée de plaines et de » montagnes, où se trouvent la sierra Camarena, Teruel et Âlbar- » racin, zone dont^l'axe principal est dirigé au N.-N.-O. Pour re-

II iroaver les couches crayeuses, il faut dépasser Albarracin et gagner » le centre des montagnes , vers Frias , Caiomarde, Viliar del Cobo o et Griegos , et si l'on jette les yeux sur la carte, ou voit que c'est » vers ce point que prennent naissance plusieurs grands fleuves qui » coulent ensuite dans des directions opposées, soit vers la Méditer- » ranée, soit vers l'Océan. Le Tage, le Jucar, le Gabriel, le Guada- » laviar, et quelques rivières de moindre importance qui vont au > nord rejoindre l'Ëbrc , ont leurs sources dans ces montagnes.

» Nous disons montagnes^ mais, en réalité, ces élévations ne res- » semblent pas , quant h leur relief, à celles que forme, vers la mer, » le brnsque alTaissement de la haute région que nous venons de » parcourir ; elles sont composées d'une série de plateaux allongés « dans divers sens, et d'où aucun pic, aucun sommet élevé ne sur- » gît. Ces plateaux sont séparés^ par dos ôarrancos ou vallées quel- » quefois très étroites, de 150 à 200 mètres de profondeur.

» Le noyau central est formé par la >iuela de San- Juan (1700 à » iSOO mètres), le cerro de San-Felipe , et la sierra de Yaldemeca. » C'est le massif d'où s'échappent les sources des rivières que nous i> venons de nommer.

» Celte localité est donc intéressante au point de vue orographique, 9 en ce qu'elle constitue pour ainsi dire une gibbositè centrale un » peu plus élevée que tout le reste du pays. Néanmoins cette gibo bonite ne forme pas de saillie bien prononcée, car entre elle et la » mer on rencontre la sierra Camarena et la Pena Golosa, qui s'élè- « Tent presque à la même hauteur, il est bon de remarquer aussi » que l'on n'aperçoit nulle part, dans cette province, de roches py- » rogènes auxquelles 6n puisse attribuer la cause de l'élévation de ■ ce plateau.'Les roches ignées les plus rapprochées sont les granités » du Guadarrama, h plus de 160 kilomètres li l'ouest.

» Les dçpôts crétacés ne forment que la partie la plus supérieure a des plateaux ; ce sont des dépôts jurassiques et triasiques qui en • constituent la base. Dans les vallées, les couches sont souvent dérans gées par suite de glissements ou d'affaissements ; mais, quand on » s'élève , on remarque que les assises dont se composent les for-

58 ESPAGlAl.

» mations jurassique et crétacée sont restées dans une position peu « inclinée ou très voisine de l'horizontale. On n'y aperçoit nulle part 0 de contourneinents violents , de dislocations brusques , ni môme « de plongements sous un angle très ouvert, comme nous en avons

• remarqué dans la province d'Alicanle et à la Pena Golosa.

0 Ces dépôts se poursuivent ainsi dans la direction de l'O. , et sont » profondément coupés par le Tage, entre Peralejos et Pobeda de la f» Sierra. Ils fondent le sommet des plateaux, vers Beteta, Carrascosa,

• Pozueio et Recuenco , et enfin , à l'ouest de ce dernier point , ils « cessent complètement de se montrer au jour, et s'enfoncent défi- » nitivement sous le t^rain tertiaire.

» En résumé, dans r^ttc région de l'Espagne qu c mprend le 0 royaume de Valence et le sud de FAragon , nous remarquons deux » grands rivages crétacés. L*un, qu'on peut appeler méditen-anéen, » commence dans les environs d'Alicante, se maintient à |)eu près » parallèlement à la ligne de côte, et se termine par le grand triangle s dont nous avons parlé ; l'autre, qui appartient h l'Intérieur, a son » principal développement prèsdeCuença, et forme une large bande 0 dirigée vers le N. un peu O. Ces deux anciens rivages sont séparés » par une large zone qu'occupent des formations plus anciennes, o les dépôts jurassiques ou triasiques, zone dans laquelle ceux de la » craie n'existent plus qu'en lambeaux discontinus.

« Dans la région méditerranéenne, les couches crétacées se dis- 0 tinguent de celles de l'intéiieur, en ce qu'elles appartiennent prèsn que exclusivement au membre inférieur de la série , au groupe 9 néocomien (sierra- M ariola. près d'Alcoy, Pena Golosa), tandis a que, dans la région de l'intérieur, ces mêmes couches manquent » complètement, et l'on ne trouve plus que des dépôts appartenant » à des étages plus récents. Ces derniers constituent deux assises » bien différentes ; l'une supérieure , composée de calcaires blan- » châtres en couches horizontales ou peu inclinées; l'autre infé- » Heure, composée de bancs de grès, ordinairement blancs ou jaune » clair, se distinguant très bien des grès néocomiens que nous 9 avons rencontrés à iMora. Ces assises de grès, qu'on trouve si » développées entre Cuença et las Majadas, entre Yillar dei Cobo et :> Moya, entre Calomarde et Frias, puis à la Mnela deSan-Juan et » dans la profonde vallée du Tage, entre Checa et Beteta, passent » quelquefois h un sable désagrégé, mêlé de beaucoup de galets de » quartzites blancs ou gris, très arrondis et comme polis par le frot- » tement. Dans cet état, ces dépôts ont la plus grande analogie avec

» la manière d'être des dépôts diluviens. C'est particulièrement » dans ces bancs qu'on trouve, à Una sur le Jucar, à Guadalaviar » près la îHuela de San-.luan, quelques couches de lignites qui don> 9 nent lieu à des exploitations pre8(]ue aussitôt abandonnées qu'en-

8 treprises. Ces dépôts charbonneux ont leurs analogues dans le nord

• deTEspagne, soit dans la province deSantander, soit àRosas près » Reynosa, au pied méridional de la chaîne cantabrique.

• De ce qui précède Jl résulte donc que les sédiments crétacés de » l'Espagne se divisent en deux principales séries qui occupent des t régions assez distinctes ; que le groupe néocomien et celui de la » craie tufîeau se composent chacun d'une masse arénacée sur- » montée par des assises calcaires ; dans le premier ras, les grès et les » marnes qui s'y mêlent représentent la partie inférieure du groupe » néocomien , et les calcaires sa partie supérieure ; dans la seconde

• série les grès représentent le grès vert, et les calcaires qui les sur- » montent la craie tuffeau.

• Il est assez difficile de se former une idée approximative de la

9 puissance de ces dépôts. Quant au grou|)e inférieur ou néocomien, » en évaluant à 600 mètrc>s l'épaisseur des couches dont se compose » la sierra iMariola, près d'Alcoy , nous ne nous éloignerons sans doute » pas beaucoup de la vérité. A la Pena Golosa, qui fait aussi partie

• du groupe néocomien , l'épaisseur totale des couches donnerait un

• chiffre que nous évaluons au minimum, à 500 mètres. Mais, dans a l'une ni dans l'autre de ces évaluations, nous n'atteignons la base » du groupe; les grès inférieurs n'y entrent que pour une partie; B en sorte qu'on peut estimer à 600 ou 700 mètres son épaisseur » totale. Les dépôts de la série supérieure , le grès vert et la craie >• tuffeau acquièrent moins de développement ; à Cuença, parexemj» pie, où elle est assez développée , l'ensemble des couches ne dé-

• passe guère 150 ou 200 mètres. Dans la vallée du Tage, entre » Checa et Beteta , les grès et les calcaires crétacés peuvent avoir » environ 300 mètres.

n En examinant la distribution générale des dépôts crétacés dans i' toute la péninsule, nous remarquons qu'ils sont très abondants dans » le nord , qu'ils pénètrent dans le centre, flanquant les sierras de » Burgos et de Soria, le prolongement oriental du Guadarrama, et » le haut plateau accidente qui constitue toute la partie orientale de >» l'I-ispagnc , mais qu'ils manquent presque entièrement vers le sud » et sud-ouest , n'étant encore connus de ce côté que dans les mon- » tagnes qui avoisinent iMaiaga. On ne les rencontre donc que sur

60 ESPAGNK.

•I la moitié à peu près de la surface du pays. Celte moitié peut se » représenter par les terres situées au nord- est d'une ligne partant ') des bords de rOccan , dans les environs du cap de Penas , près » d'Oviedo, passant par Madrid et se dirigeant ensuite vers Carthan gène et le cap de Palos. Celle ligne coupe en diagonale toute la » Péninsule ; elle la partage en région crétacée et en région où la » craie est absente à peu d'exceptions près; cette dernière corn- «) prend tout le sud, une partie du centre, un pondu nord et toute M la région granitique ou paléozolque de l'ouest et du sud-ouest, > vers les frontières du Portugal, contrées où la présence de la craie v> n'a pas encore été signalée. Il faut traverser une grande partie du » Portugal pour retrouver, sur le littoral de l'Océan, les dépôts cré- 0 (acés décrits par 31. Sharpe.

« Il est io)po.ssible de n'être pas frappé de la grande diiïérenre qui » existe, au point de vue de la distribution géographique, entre les » dépôts crétacés et les dépôts nummuliiiques; nous avons vu ces »i derniers, limités au pourtour extérieur des terres, ne pénétrer que « timidement dans l'intérieur, et ne jamais atteindre la masse centrale ') du pays, tandis que la craie se poursuit jusqu'au centre, et forme » une bordure presque continue aux grands lacs tertiaires. »

MM. de Verneuil et CoUombont ensuite donné une lisle des fossiles crétacés recueillis dans l'est et le sud-est de rEs])ag!ie, et ont terminé leur travail par un Appendice bibliographiqite^ comprenant tous les ouvrages, notes ou mémoires publiés sur la géologie de ce pays depuis i7/i6 jusqu'à ce jour. Enfin , trois coupes générales proportionnelles, faites avec un gi*and soin, l'une de Madrid à Âlicante, la seconde, E. -O. delà Méditerranée à Madrid, et la troisième, N.-S. de Sanianderà xMotril, montrent, dansces diverses directions, la relation des couches crétacées avec celles qui les recouvrent ' comme avec relies sur lesquelles elles reposent. Pour chacune d'elles, les auteurs ont évalué la proportion relative de la surface occupée par les diverses formations , la proportion relative des surfaces occupées par les plaines et par les montagnes , enfin le relief que donnerait la répartition de la masse de ces dernières sur les premières, ou un nivellement général du sol.

lus BALÉARES. 61

S 3. Xlcf Baléares.

iM. Albert de la JViarmora (1) indique , dans la partie du uordoucst de l'île de I^iajorque, uue chaîne dirigée N.-R, S.-0. et présentant, du côté de la mer, des escarpemenis verticaux. Celte chaîne est conoposéede roches "secondaires dont les plus basses, qui sont des calcaires compactes grisâtres, sans fossiles, souvent cristallins, appartiendraient peut-être nu lias. Au-dessus, d'autres calcaires grisâtres, avec des veines spathiqiies, représenteraient la base de la formation crétacée, constituant ks crêtes les plus élevées de nie. Quelquefois compactes ou marneux , gris ou rouges avec des silex et des Ammonites, par places ils ressemblent à Vaiberese et à la scaglia de Tltalie. Près de Beninsalem , sont des lignites avec des couches bitumineuses et des coquilles lacustres, surmontés de calcaires que l'auteur compare à ceux du Salève. Au mont Alcudia les caractères des roches sont les mômes.

Dans l'île de M inorque régnent des dolomies blanches, des grès dolomiliques, des grès micacés, des calcaires noirs veinés et du macigno qui dépendent probablement du groupe nummulitique {antèy vol. III, p. 159). £n comparant les deux îles, ou reconnaît que le noyau central de Majorque ne correspond, ni pour Tépoque de son soulèvement, ni par sa direction, avec celui de Miuorque. Cette dernière île n'aurait éprouvé de commotion ni pendant ni après le dépôt tertiaire, tandis que le relief de Majorque est dû à un soulèvement plus récent et peut-être contemporain des diorites des Pyrénées.

M. Pablo Bouvy (2), qui semble n'avoir pas connu ce travail, fait remarquer, d'abord, que le groupe des Baléares s'élève du sein des mers, suivant la direction d'un arc de grand cercle, qui passant par les îles Madère et par Varna, sur la mer Noire , présenterait entre ces points extrêmes, plusieurs accidents orographiques remarquables. Cette direction E. VI' N. à O. 32° S. se rapporterait d'après lui à celle des Alpes Orientales, précisément comme on vient de voir que

(1) Mcm, de tJcafi. r. des sciences de Turin, vol. XXXYIII , p. 51,4835.

(2) Rvschn geognosiica de la isln de M(dlovca y dcscripcion de la situacion y csplotncion de In nUa drl tcnrno scvundario de tstdisln [Jxci'ista minera, vol. 111, p. 17i, 1832).

62 ILBS BALÉARES.

M, de ia Marmora Tavait indiqué depuis Ipngtemps, et M. Élie de Beaumont (1) plus anciennement encore.

L'axe de soulèvement de Majorque constitue, ainsi que nous Tavons dit , sur sa côte septentrionale , une cliaîne appelée siefTa dei Norte, de 800 h 1000 mètres de hauteur moyenne, avec des cimes de 1200 à I :>00 mètres. Le porphyre vert et Tophile (diorite 7) semblent former la base de File et se montrent au bord de la mer, au fohd des vallées transversales et longitudinales, etc. Le terrain secondaire, soulevé et disloqué en tous sens, plonge généralement au S.-E. La largeur moyenne de la chaîne est d'environ 20 kilomètres. Due seconde ligne de liauteurs traverse la partie médiane de Tîle parallèlement à la précédente, en atteignant 654 mètres, et la côte méridionale est encore bordée par nne troisième, également parallèle, et dont Tune des cimes s'élève à 743 mètres. L'épaisseur totale du terrain secondaire est estimée à 3000 mètres, et les couches sont concordantes dans toute cette hauteur, dont la formation crétacée occupe une grande partie. L'escarpement rapide et régulier que forment au nord -ouest les télés des couches est divisé par M. Bouvy en cinq systèmes ou étages, dont les deux premiers appartiendraient au lias, et les trois autres à la formation crétacée.

Le plus inférieur de ceux-ci comprend des grès micacés, en couches minces, schisteux, à grain fin, rouges et blancs, traversés par di>8 veines spathiques et de petits filons de fer hydraté* Bien caractérisés à l'extrémité occidentale de la vallée de Yaldemosa, ailleurs ils sont remplacés par un poudingue à grains de quartz. Cette assise est recouverte par une sorte de calcaire oolithique. Le second étage se compose de calcaires, de marnes calcaires et argileuses, avec ùe& Ammonites ei des Bélemnites, de calcaires compactes jaunes, à cassure esquilteuse, «remplis aussi de ces fossiles et employés comme marbres ordinaires, de calcaires fragmentaires, à grain cristallin, utilisés pour l'empierrement des routes, de calcaires celluleux , de couches puissantes de roches agrégées ou poudiugues, dont les cailloux, provenant de toutes les roches précédentes, sont réunis par un ciment calcaire. Ces diverses couches passent d'ailleurs les unes aux autres par des nuances insensibles. On y i^euconire des

(1)Note sur la coDstitution géologique des lies Baléares ( /^///i. de& se. nut.y vol. X, p. 423). — Rf cherches sur quelques unes des révolutions de Ut surface" du giohe ( /Inn. des se, nat.^ 4 829-1830,

vol. xvni-xix).

ILBS BALÉARES. 63

veines de barytine avec galène, et , sur un point, de la fluorile avec ce dernier minéral. Enfin, dans l'étage supérieur, se trouvent des couches importantes de combustible dont Texploitation est l'objet principal du mémoire de M. Bouvy. Il y signale : 1° un poudingue ressemblant aux précédents ; 2° un calcaire compacte jaune avec de nombreuses Ammonites et des Bélemnites; S^^des marnes calcaires et argileuses, bleues ou grises ; k* deux on trois couches de grès macigno ; 5* des calcaires lacustres compactes, bitumineux, remplis de coquilles d'eau douce; 6» des bancs de charbon; 7" du gypse. Ces diverses roches alternent sans affecter auam ordre constant dans leur position relative. L'auteur mentionne des Ammonites de O'^.SO de diamètre, le Bélemnites mucronatm^ un grand nombre de Sphérnlites et d'Hippurites, quelques Pholadomycs, des Trigonies, des fragments de Bacullte, etc. Le terrain tertiaire qui vient ensuite n'aurait pas moins de 1000 mètres d'épaisseur.

Par les détails et les remarques dont il les a fait suivre , il est facile de reconnaître que les pn^tendues alternances invoquées par M Bouvy ne sont que de fausses apparences ducs aux nombreuses dislocations des divers systèmes de couches, et que tous les dépôts lacustres, charbonneux et cataclysmiqnes, supérieurs aux strates d'origine marine , appartiennent, non au terrain secondaire, mais bien aux premiers sédiments de la période tertiaire inférieure, dont ils offrent tous les caractères.

Ainsi ces dépôts d'eau douce comprennent des calcaires compactes, fétides, bitumineux, avec des empreintes végétales peu distinctes, des argiles plastiques, des calcaires terreux, des lits de charbon, remplis de coquilles lacustres avec quelques coquilles marines. I^ Lymnœa longiscata, les Mélanies, les Paludincs, les Physes, les Cyclostomes, les Troquos, les Planorbes, lesCyclades et les Cl/pris, forment par leur accumulation des bancs solides, exploités comme marbre lumachelle d'un assez joli effet. Ces coquilles ont conservé leur test« tandis que les fossiles marins sont tous à l'état pyritoux. Le fer sulfuré est d'ailleurs très répandu dans tout le système, soit en rognons, soit en boules, soit en plaques. Il y a, de plus , des débris de Tortues , de sauriens et des cpproliihes. Les plantes sont charbonnées et paraissent avoir appartenue deséquisétacées, des Zamia et des cycadées.

Dans une coupe, donnée par M. Bouvy, on compte jusqu'à vingl-trois couches successives, sans aucun fossile marin (p. 306) ; aussi convient-il plus loin (p. 346), que les coips qu'il avait pris

6/i ILES BALEARES.

pour des Cypris ])euvenl être des Nuininuliles, cl que cette série de couches est comparable à celle du département de FAudc et de beaucoup d'autres localités que nous avons décrites en parlant du groupe numraulilique.

Cette esquisse de l\Iajorque, tout incomplète qu'elle soit,su0it cependant pour nous montrer que la composition géologique de l'île correspond très bien à la partie de TËspagne qui lui es! opposée, dans le royaume de Valence et le sud de TÂragon, depuis le lias jusqu'au groupe nummulitique et au terrain tertiaire moyen. Des recherches plus détaillées y feront retrouver sans doute Tétage d'Oxford, le groui)e néocomien et quelque représentant de la craie tuOeau.

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