‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 46 sur 111 · DB L'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

DB L'ALLEMAGNE

dée de la description sommaire des faits sur lesquels ils se fondent. Il nous sera facile de résumer ensuite, à la fin de notre travail, Tensemble de ces faits et de les coordonner suivant notre propre classification.

Lors de la réunion des savants italiens à Gènes en 18^6 (1), vnes M. Ewald, cherchant à saisir les relations qui pouvaient exister entre h. E^aU. les couches crétacées de la Saxe et de la Bohême ou de r£urope septentrionale avec celles du sud-est de la France, fit remarquer que, dans ce dernier pays, les couches à Hippurites font partie du grès vert supérieur au gault ou de la craie tuffeau. Elles sont composées vera le bas de strates le plus ordinairement arénacés (bancs à Exogyra colwnba) et vers le haut d'assises plus calcaires (bancs à Hippurites). Les caractères minéralogiques des uns et des autres sont assez variables, mais ils sont réunis par un dépôt particulier (grès d*Uchaux) qui d'une part recouvre les assises à Ëxogyres et de l'autre est surmonté par les assises à Hippurites. Les coquilles de céphalopodes, fréquentes avec V Exogyra coiumba, deviennent plus rares au-dessus {antè, vol. IV, p. 482-Zi90).

£n Saxe et en Bohême les Hipporites forment aussi un horizon bien marqué, et, lorsqu'on compare la couche siricheenrudistesde la montagne de Kutschlin avec les dépôts crétacés du sud de l'Europe, on trouve de part et d'autre une correspondance qui s'étend jusqu'aux grès d'Uchaux, moins développés cependant que les assises entre lesquelles ils sont placés. Le grès quader, qui en Saxe et en Bohême est surmonté par les strates de Kutschlin, n'est autre que le grès à Exogyra columba ou base du grès vert supérieur (étage inférieur de la craie tuiïeau), quoique la plupart des géologues qui ont écrit sur la Bohême et la Saxe aient voulu y voir un représentant du grès vert inférieur d'Angleterre (lower green sand ou groupe néocomien}, les uns croyant trouver le gault au-dessus, les autres niant la présence de ce dernier.

Les assises, qui dans l'Allemagne centrale recouvrent les bancs k Hippurites, sont les marnes du pliiner, lesquelles se lient aux bancs précédents de la même manière que les bancs à Hippurites de Provence se lient aux grès d'Uchaux. Quant à ce que dit ensuite M. Ewald, que les marnes constituent la partie supérieure de la formation crétacée de cette partie de l'Allemagne et qu'elles sont

(<) Jni tlvlla ottava riiuK degU scienz. itai. à Gènes, 4846, in-i, p. 638. 4847.

31(1 CLASSIFICATION DB LA FOBVATION CRÉTACBB

reconfertes par des lignîtes tertiaires, de la même manière que la formation crétacée de la Provence est surmontée par les strates tertiaires numroulitiques, il est facile de voir que cette double comparaison manque de justesse. En effet, d'une part en Saxe, en Bohême et en Silésie , il y a encore au-dessus de ces mêmes marnes le calcaire plSlner dont la faune est assez différente , puis le qnadersandstein supérieur, quelque imparfaitement caractériséqu'il soit, et de l'autre les dépôts tertiaires qui les recouvrent ne sont certainement pas do l'âge des couches nummuliliques, comme cela a lien dans les Alpes de la Bavière et de l'Autriche où la comparai* son serait mieux fondée; cnGn en Provence, de même que dans les Alpes maritimes , il existe des dépôts crétacés plus récents que ceux dont parle l'auteur.

C'est avec raison d'ailleurs que le savant géologue de Berlin fait remarquer ensuite que l'horizon des faunes n'est pas exactement comparable entre l'Allemagne et le sud de la France, car d'un côté les Hippurites sont associées aux polypiers et de l'autre les Ammonites dominent dans le planer, partie supérieure du même groupe. \j*s Ammonites rhotoniagensis, Manielli, varians.perampiits^ etc., qui se trouvent avec VExogyra columba, au-dessous des Hippurites en Provence, se montrent au contraire sans cette dernière au-dessus des rudistes de la Saxe et de la Bohême. De sorte que le pldner ressemble par sa faune au grès à Exogyra columba dont il est séparé par les couches de Kutschlin, tandis qu'il diffère des bancâ à Hippurites qui lui seraient parallèles au sud. L'auteur essaie d'expliquer cette circonstance en supposant que, d'une part, l'organisme aurait persisté malgré la différence des temps et que de l'autre il s'est modifié quoique les couches soient restées les mêmes. Cependant toute la question n'est pas là, car de chaque côté les dépôts ont varié de nature et les corps organisés se sont succédé dans un ordre différent £n Provence, comme on vient de le rappeler, les céphalopodes ont vécu lors du dépôt des couches à Exogyra columba parallèles au qnadersandstein inférieur de l'Allemagne et avant la formation des bancs à Hippurites , tandis que dans le nord ces mêmes céphalopodes non seulement existent avec VExogyra columba dans le quadersandstein , mais encore reparaissent dans les marnes do planer, après l'extinction des rudistes, sur les points où ils s'étaient montrés.

£n Provence, continue M. Ëwald, les rudistessont plus développés que dans le nord où l'on a dit que les Ammonites se prolongeaient

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