POISSONS DU CALCAIRE MARNEUX TENDRE DU COUVENT
DE SAHBL-AALMA.
CTéMO'lDES. CTCLO'iDES MALACOPT^RIGIENS.
PagcUus leptostcus, Ag. Osmeroides megapterus ^ Pict.
— libanicusy Pict. EuryphoUs long! de ns^ id.
Pycnosterinx discoïdes, Heck. Spassiodon Blondelii ^ id.
— Heckclii, Pict. ■— elongatus , id,
— Russeggeri , Ueck. Clupea lata , Ag.
— dorsaiiSf Pict. — mitdma^ id.
Fomer parvulus ^ k%, — ^c^rar^/, Blaînv.
Rhinellas forcattis ^ Ag.
m ,m II — — ^ « »»^— —— — — Il I. ^^—^1 II 11 m
[\) Des représentants de cette faune ichthyologique de la Syrie ont été retrouvés, d'une manière bien inattendue, dans des échantillons que M. Pierre de Tchihatcheff a obtenus, comme provenant des exploitations en galeries de Makrikoli, village situé près de la côte, à une lieue au sud-ouest de Coustantinople. Ce sont des calcaires durs ou tendres, gris jaunâtre, qui se délitent en dalles. M. Yalenciennes [a), qui a étudié avec soin ces échontillons, y a reconnu les EuryphoUs sulcidens et Boissicri ^ le Clttpca ùrevissima, et une espèce d*un genre nouveau (Strymonia syrien) dont Tanalogue a été trouvée par M. Botta dans le calcaire tendre de Sahel-Aalma , sem* blable à celui de réchantilion de Makrikoï, tandis que la roche des autres ichthyolithesde cette dernière localité est semblable à celle de Hakel. Un crustacé de la famille des salicoques, que Ton trouve au
(il) Ui,U , 2f ii'ûf, vol. VIII , p. SOI. iS5l.
SOS SYRtB, PAUSTtNB, BTC.
CYCLOlDBS ACAMTBOPTilllQlMS. ftCLÉBODËBIIES.
Mczngaster gracilîs, Pict. Dercetls tenais^ Picl.
Sphyrœnn Àmtci ^ k%, — triqneter, \d.
Isuf f its snlcattu , Eeck, — lingtilfer^'iâ,
CBOHDIlOPTiRTGIBlfS .
Spinax primarvus^ PicL
POISSONS DU CAtaiRB SILICBCX DUR DB BAKIL.
CT^NOÏDBS. 8ILVR0ÏDBS.
Êeryx vexilitjcr, Pici. Coccodus nrmûius ^VicL
Plntax minor, id. CBORDiiorrÉBTGiBHB.
Pvtalnptcr)x syrtaais^ id. Cyrlobntis ofigorfnct)ius , Bgert.
CYCLOÏOBS VALAC0PT1&BI6IB1IS.
Eurypholis sulcUiens , Pict,
— jBois.fi cri , id.
Cinjjca sardiiwidcs y id.
— macvnphtalma , Heck.
— laîicaudtt , Pict.
— brevissimn , Ag.
— gigantca , Heck.
L. de Bach (i) a décrit VAmmoniies syriacus^ espèce remar'^ qtiable du groupe des CératUes et qui avait été recueillie à Bhamdun» sur la route de Bairouth à Damas, où elle paraît être associée à une Exogyre voisine de VE. flahellata , Gold. , à VE. secunda [E. columba^ var. minor,)^ à la Terebralvla biplicaia var. angusta, avec un Pieurotomaire » une Nérioée et des baguettes de Ctdan's glandi férus, Gold., fossiles qui font présuuier Fexistence d'un étage
Liban, accompagne aussi les poissons de laThraco. Malbeureuseraenl le gisement de Makrikol, recouvert de puissants dépOisquaternairaB, et à peu de distance des affleurements des strates nummuiitiquot, n'est pas non plus bien déterminé sous le rapport géologique, et no peut aider à prononcer sur ses analogues présumés de la Syrie. Enfin» ces mêmes échantillons n'ayant pas été recueillis an place par le an* vaut voyageur qui les a fait connaître , il faut, pour se prononcer» attendre encore le résultat des nouvelles recherches qu'il nous m promis de faire à ce sujet.
(4) Uebtfr Ctratiten ^ etc. : Sur les diversee Cératites de la oraitf (Acad. do Berlin^ juillet \ 847. — L'iasiitut, 22 mars 4849), imprûné a part, in -8^ 4 pi. — Acad. de Berlin, 20 janv. 4848.— Uber Cera* titen, in-4, 7 pi. (p, 20 et pi. 5), 4 849.
STRIS, ^ALBSTtNg, ITC 390
infériearde la formation crétacée, et peutêlre da groupe néocomîen. Cette conjecture serait encore appuyée par les échantillons que M. Gaillardot a aussi rapportés du Liban. Outre les empreintes de poissons peu déterminabics, et provenant sans doute de Tun des gisements dont nous avons parlé , nous avons pu distinguer , parmi les fossiles extraits d'un calcaire marneux jaunâtre, un loxastef^ espèce nouvelle du premier type de MM. Agassiz et Desor, puis VExogyra Boussingaulti^ d'Orb., parfaitement identique avec les individus de l'ouest de rËuro|)e, un Cardium^ n. sp., voisin du C. Hillanum^ un autre également nouveau, une Asiarte^ un moule de grande bivalve, peut-être une Crassaieltc , une Natice qui se rapproche de la N, Requie^iiana^ d*Orb., un Trochus ou PIcurotomaire et deux Phasianelles , dont une très grande. Ces formes annonceraient aussi les étages inférieurs ou roédio-inféricurs de la formation crétacée.
M. Y. Williamson (1 ) a trouvé , en montant au Gcbel Suneen , ohservaiioni probablement le Sannine , qui domine à TE. la ville de Bairouth : ^'^^'r**** 1* des calcaires compactes, sur une hauteur de 360 à &50 mètres; 2* un conglomérat siliceux, grossier, avec des veines de lignites et des fragments de bois siliciQés, de 240 mètres; 3" un calcaire compacte de 600 mètres; k"" une roche ferrugineuse de 15 mètres; 5*" des lits d'Huîtres et des calcaires compactes formant le sommet, sur nue épaisseur de 30 mètres. Un dyke basaltique a traversé les calcaires compactes. On retrouve donc, dans celte brève énumération, les principaux caractères des assises déjà observées et beaucoup mieux décrites par M. Botta. Les fossiles des calcaires sont à l'état de moules, à l'exception d'un |)oisson [Clupea brevissimà) appartenant à une des espèces déjà citées. Quant aux autres corps organisés « aucun d'eux n'a pu être identifié avec des espèces connues; mais l'auteur les regarde comme plus voisins des formes crétacées que de toutes autres. Ainsi un Dolium se rapprocherait beaucoup du D, undogum^ Sow. , une Venus serait voisine de la F. angulata^ id., et une Nérinée serait peu différente de celle qui accompagne les Hippurites des environs de Lisbonne, etc. ^
M. Lannau (2) , en se rendant de Damas à Bairouth » a traversé
(4j PiH)ceed. gcoL Soc. oj Londoriy vol. \\\ , p. 29t.
(2j Notrs on tlie gcology^ etc. : Notes sur la géologie de qualqi^s parties de l'Asie occidentale , rédigées d'après les échantillons et les observations des missionnaires américains, par M. E. Hitchcock {^Transact, assoc, amer, geol»j 1840-42, p. 34S, Boston).
/lOO STRIB, PÂLESTiNfiy KTC.
le Liban et 1* Anti-Liban ; il signale, au sommet de ce dernier, un conglomérat, puis au-dessous un calcaire crayeux , et dans le bas des calcaires compactes. Les grès seraient au-dessus de ces derniers, au lieu de leur être inférieurs, comme le pensait M. Botta ; mais, à cet égard , la ressemblance des roches et leur dérangement ont pu induire en erreur le savant missionnaire, et la superposition a été vérifiée sur trop de points, par son prédécesseur, pour que nous admettions cette rectification sans une nouvelle étude plus complète. L'auteur compare les calcaires schisteux et marneux avec poissons de Hakel à ceux du mont Boica, et signale ailleurs de nombreux fossiles, entre autre dcsHippurlles, puis des nodules de calcédoine et les couches bitumineuses et de lignites déjà observées aussi.
Ce qui justifie l'opinion que nous avons exprimée sur l'exactitude des recherches de M. Botta, c'est la coupe qu'a donnée M. Blanche(i}, de la valléedu Damour, passant par le village d' A bey, situé à environ cinq heures de marche au sud-est de Bairouih. La montagne où est bâti ce village fait partie d'une croupe allongée, N.-S. , parallèlement à la côte. Le versant opposé à celui qui regarde la mer est presque à pic et descend uniformément jusqu'à la rivière qui court N. , S. , au fond d'une vallée très encaissée. Les couches de l'escarpement qui borde cette dernière du côté de l'E. sont horizontales; leur stratification est parfaitement régulière, et, prises dans leur ensemble, elles offrent trois divisions principales d'un aspect très différent. La plus élevée se compose d'une série de roches calcaires, blanchâtres ou jaunâtres, dont la surface est dépourvue de végétation ; la seconde est presque entièrement formée de sables ferrugineux, très colorés et couverts par des forêts de pins; la troisième , la moins développée, présente des calcaires assez semblables aux précédents. Or, il est facile de reconnaître ici les trois systèmes des massifs du Sauninc et du Liban, et les détails de la coupe complètent l'exactitude de ce rapprochement.
M. Blanche distingue, dans sa division supérieure, 7 assises principales, dont la qnatiûème entre autres est caractérisée par de grandes Huîtres, des coquilles bivalves et univalves assez nombreuses, cl la sixième aussi par beaucoup de fossiles , particulièrement des Ammonites d'assez grandes dimensions, des Pholadomyes, des Térébratules, des Huîtres, des Spatangues, des crinoïdes, etc. La septième, ou la plus basse, consiste en un calcaire blanc, très dur, très compacte et
(<) Bull., 2*sér.,vol. V, p. 4 2, et pi. 4, fig. 4 et2,4 8i7.
STniE, l-ALESTINE, ETC. f|01
Rul)-cris(allin, divisé en blocs énormes qui ruiniciit une muraille de 20 à 30 métrés de liauteur , que l'œil peut suivre du N. au S. dans toute la longueur de la vallée, et que l'on reiroute au mâme niveau sur le versant opposé.
Au -dessous, et nettement séparée de la précédente, commence la seconde division, préoisémentcommedansle Liban et leSannine, par un calcaire jaunâtre, terreui , de teinte de plus en plus foncée vers le bas. Il est rempli d'oxyde de fer hydraté, d'abord en petits fraginenis, puis en rognons, et enfin en couches, où les grains de quartz, remplaçant le calcaire, font ainsi passer la roche i la masse sableuse sous-jaceote. Celle-ci est tiës épaisse et divisée par des lits ferrugineux ou des couches d'argile plus ou moins charbonneuse. & Cornais, ï huit ou dix heures de marche au nord d'Abey, le lignite est plus abondant, et soa exploitation a été essayée , quoique donnant un combustible de médiocre qualité. Ces roches passent de nouveau, vers la partie inférieure, ï des calcaires assez semblables à ceux qui les recouvrent, ei l'on arrive à la division la plus basse dont les calcaires, remplis de silex noir foncé, fort aboadauts, ont été entamés par la rivière et en forment le lit.
Sur le versant oriental , au delà d'Abey , les assises précédentes viennent buter contre un cCnc de roche noire, à base de pyroxéne, avec des cristaux de feldspath , et se délitant en grosses boules & surface terreuse. Celte roche que Ton retrouve au fond de la plupart des vallées ou sur leurs pentes, paraît avoir joué un rôle important dans le soulèvement de la chalae. Cependant la coupe de M. Blanche ne montre aucun dérangement des strates sédimentaireft il son contact , et leur altération paraît Être très faible. Sans se [«ii> noncer sur des questions de détail, l'auteur n'hésite pas â rapporter cet ensemble de couches à la formation crétacée.
Nous avons dit (anlé, vol. III, p. 190} ce que M. C. Gaillardot entendait par son système Hàanien , dans lequel il comprend à la fois h les couches nummuli tiques des montagnes qui entourent Anlab . courant parallèlement au Taurus , celles de l'Almi-dagh, puis tons les groupes muiHni^iieiix du Liban et de la cliaiiie du \a|)!ijiiS(! , où l'on n'a jiuial encore signalé de NumiDuIilCS , mai» qui ont élé regardés , avec louie probabilité, ~ "" ""~"
condaire. Co nom âe sif^lime fibû à la partit: du Liban que nung ' aucune idùe nette des caractèret^ gae;et,*en supposant qu'il compr^
un
SYBIE, PALESTINE, ETC.
Montagnes
de Naploase
et de Jérnsalem.
établis précédcmoieut par plusieurs géologues, il ne peut h aucun titre être introduit dans la science. Nous avons aussi parlé , d'après le même observateur, des roches ignées de la Syrie et de la Palestine {antè, vol. III, p. ^92). Il ne nous reste donc qu'à ajouter quelques mots sur certaine série de couches , prolongement de celles dont nous avons parlé ci-dessus, et qui , ainsi qu'on l'a dit , appartiendraient , pour la plus grande partie , 5 la formation crétacée , et quelques unes peut-être à la formation jurassique supérieure. Le groupe nummulitique, si bien développé au nord d'Ântioche et an sud, le long du golfe de Suez, a probablement aussi quelques représentants dans les chaînes placées entre ces deux points; mais jusqu'à présent nous ne possédons aucune donnée précise à son égard.
La vallée de Balbek, suivant M. Gaiilardot (!}, est fermée au S. par des montagnes calcaires qu'ont soulevées les roches ignées. De ce massif, qui forme l'extrémité méridionale de i' Anti-Liban, se détachent deux chaînons: l'un, dirigé au S.-O., rejoint les montagnes qui terminent au sud le Liban proprement dit; l'autre, dirigé N., S., se perd dans les hauteurs d'Âdjeloûn, à l'est du lac de Tibériade. A la jonction des calcaires stratifiés et des roches ignées, sourdent les eaux minérales de Tibériade sur la rive droite du Jourdain, et celles d'El-Hamme, près d'Omkreis sur la rive gauche. Lorsqu'on s'éloigne du fleuve perpendiculairement à son cours, on atteint, après avoir traversé pendant une lieue des produits volcaniques, les calcaires crétacés des montagnes de Naplouse dont les pentes abruptes dominent la vallée.
Nous opposerons à la coupe donnée ci-dessus , d'après M. Rus* segger , celle qu'a esquissée M. Gaiilardot , depuis Jafla jusqu'à la mer Morte, en passant par Jérusalem. La plaine de Sharon qu'on traverse d'abord est couverte par une alluvion marine sableuse, de dessous laquelle s'élèvent doucement les couches que l'auteur désigne sous le nom de calcaire méditerranéen et qui sont probablement tertiaires. Au delà de Ramié (Arimalhie) , on atteint la montagne et l'on arrive par une vallée à pentes douces à Jérusalem , point culminant de cette partie méridionale de la chaîne de Naplouse. On descend ensuite vers la vallée du Jourdain par une pente rapide qui se continue l'espace de cinq lieues.
[^) Etudes géologiques et topographigues sur la Syrie {Jnn. de la Soc, d'émulation des Fosges^yoL V, 4845; ib,^ vol, VI, p. 849, 4849).