‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 4)Chapitre 64 sur 111 · STRIE, PALESTINE, ETC · texte numérisé non relu

STRIE, PALESTINE, ETC

Dans toifte Téteudue du versant occidental, Tautear ne mentionne que ses calcaires libaniens supérieurs^ durs, compactes, esquilleux, blancs, quelquefois rosés, surtout vers le haut, puis poreux, friables, caverneux, jaunes, rouges sur le bord ou au fond des vallées. On y trouve des silex blonds et gris , mais point de fossiles. Le calcaire alterne avec des marnes, et le tout, comme on vient de Tindiquer, plonge de 15" à 20** au S.-O., sous le calcaire méditerranéen de la plaine de Sharon. Lorsqu'on redescend à l'est de Jérusalem , on marche d*abord sur les tranches successives des couches précédentes. Les silex paraissent y être très répandus et de teintes très variées, surtout près de la ville sainte, à la colline de F Ascension (Djebel el Tour), et aux environs de Béthanie (El-Azarieh). Ils sont en rognons irréguliers qui ont jusqu'à 1 mètre de diamètre. Leur cassure montre des couches concentriques, et au milieu se trouve souvent un noyau de grès siliceux compacte. Après la pente rapide au pied de laquelle est la fontaine des Apôtres, on atteint un ravin, à partir duquel lescouches, au lieu de plonger à l'O. , inclinent en sens inverse ou à !'£. vers la mer Morte , et sous un angle d'autant plus prononcé qu'on se rapproche du lac. Aus.ud-est de ce point, du côté de Nebi-Monsa, les collines affectent une forme conique , sont très rapprochées les unes des autres et s'abaissent vers l'Ê., en traçant une sorte d'amphithéâtre. Elles sont composées de marnes calcaires et de calcaires terreux, friables, jaunâtres , traversés de veines rougcâtres colorées par de l'oxyde de fer.

A Nebi-Monsa commencent à surgir les calcaires bitumineux qui se continuent an delà pour plonger sous le lac. La roche principale est un calcaire siliceux dur , compacte , bréchiforme par places , coloré en gris plus ou moins foncé par la matière bitumineuse. Il est quelquefois marneux et rempli de débris de poissons. Les ro* gnons de silex bruns y sont peu volumineux et peu répandus. On observe, à divers niveaux, des bancs plus chargés de bitume, de 0'",01 à O'^fOS d'épaisseur, séparés par des lits de marne bitumineuse. Ces bancs, d'un noir foncé à l'intérieur , compactes , assez durs , à cassure esquilleuse et conchoïde, sont ceux qu'emploient les habitants de Bethléhem pour confectionner les petits objets de dévotion que l'on vend aux pèlerins. On y rencontre aussi des dé« bris de poissons, et la proportion de bitume qu'ils renferment s'élève jusqu'au quart du poids de la roche. Les trois autres quarts ne sont que du carbonate de chaux pur. Sur quelques points où ces calcaires sont susceptibles de s'allumer facilement, ils brûlent avec une

tlQU SI VUE, PALESTINE, ETC.

flamme jaune rougeàlre et sont utilisés par les Bédouins pour l'é* clairagc. Les lits de marnes intercalés sout friables , sablonneux et légèrement bitumineux.

On a dit {aniè, vol. III, p. 693) que lorsqu'on descendait directement la vallée, qui de la fontaine des Apôtres aboutit à la vallée da Jourdain, on trouvait, avant d'atteindre les calcaires sablonneux et marneux précédents, des produits ignés plus ou moins altérés, au* dessus desquels les couches secondaires se sont comme ployées pour s'incliner sur les deux versants des montagnes de Jérusalem. C'est à partir de cet axe central que les unes plongent doucement à l'O. sous la Méditerranée et les autres assez brusquement à l'E. sous la mer Morte. Les couches de la rive orientale du lac, qui paraissent aussi inclinées à !'£. , présentent leurs tranches à 1*0. ( en formant de ce côté une enceinte continue de rochers abrupts très élevés. Cette disposition semble annoncer l'existence d'une faille dirigée K, S., suivant à peu près l'axe de la vallée du Jourdain et du lac Aspliallile.

Quant au ploiement de la montagne de Jérusalem , de part et d'autre des roches ignées, et tel que le représente la coupe de M. Gaillardot , il devrait être confirmé par la correspondance des couches des deux côtés de l'axe anticlinal ; or, on voit qu'il n*y a que celles qui plongent à l'E. et sont les plus voisines de la cause du phénomène qui aient leurs analogues à l'O. au-dessous de Jérusalem. Toutes les autres, qui sont les calcaires bitumineux, les marnes, les schistes noirs, etc. , inclinant à l'E. , seraient plus récentes et sans équivalent à l'O. jusqu'à la Méditerranée. R^fiunô. Si l'on essayait maintenant de comparer cet ensemble de strates avec ce que nous avons vu plus au nord dans le Liban , il faudrait supposer que les calcaires des montagnes de Jérusalem représentent le système le plus inférieur, celui que Ton a rapporté à la formation jurassique , et que les assises qui plongent sous la mer Morte sont les équivalents du système arénacé ou sableux du Liban. C'est sans doute une conclusion bien hasardée à laquelle nous n'attachons, par conséquent , qu'une faible importance; mais ce qui ressort plus nettement des faits connus, c'est que les fossiles signalés dans ce système complexe de chaînes dirigées plus ou moins K., S., depuis l'Alma-dagh, les montagnes de Beilan , d'Antioche , de Latakiéh, le Liban, l'Anti-Liban, les chaînons d'Adjeloûn, de Naplonse et de Jérusalem , jusqu'à leur disparition au sud sous les sables du désert , n'ont encore présenté aucune forme organique essen-

DIARBÉKIII, KURDISTAN» PERSE ET ARABIE. l\05

tiellement jurassique; tandis qu*au nord, nous y aVons constaté le défeloppenient des Nummulites , et vers le centre des formes certainement crétacées (1).

$ 3. Pîarbékwf Kordblaa , Verse et Arabie.

Nous avons essayé, à plusieurs reprises, de donner une idée des roches ignées et sédiraentaires observées sur ce vaste plan incliné sillonné par l'Ëuphrate , le Tigre etjeurs affluents, qui, des sommités du Taurus oriental et des montagnes de l'Arménie, s*abaisse an S.-E. vers le golfe Persique et la r^ion déserte de TArabie. Ainsi, nous avons traité successivement des dépôts modernes [antè vol. I, p. 392), quaternaires (vol. II, p. 320), tertiaires {ib., p. 959), nummulitiqnes (vol. III, p. 191) et des roches ignées ou pyrogènes (f6., p. 691). Ce qui nous reste à dire concerne des sédiments plus anciens que la plupart des voyageurs n'ont pas hésité à rapporter à la formation crétacée, quoique sans preuves toujours suffisantes.

En parlant des roches qui forment le bassin de l'Euphrate, depuis Busiin le Taurus jusqu'à la plaine alluviale de Babylone, M. Ainsworth (2) **'>*^^J<'"' signale d'abord un calcaire compacte, sub-cristallin, dur, quelquefois ''^"p^^^** saccharoîde, et s'appuyant sur les roches ignées et métamorphiques du pied delà chaîne. On y trouve des Térébratules, des Huîtres, des Ananchytes et des débris de crinoîdes. Ces mêmes calcaires, regardés comme delà craie, s'étendent du Taurus à Rum-KaPah où les assises supérieures très fossilifères ont été redressées, contournées, et plongent en divers sens. Elles sont accompagnées de roches feldspatho* pyroxéniques {antè, vol. III, p. Zi95), et à l'entrée de la vallée de Békir-Karasu , celles-ci sont séparées de la craie par des roches altérées donnant lieu à des spilites et à des wackes.

L'Eophrate, qui coule à 100 mètres an-dessous de la plaine environnante, est bordé de calcaires schistoîdes, grenus ou sub-cristallins , avec des fossiles , et recouvrant un grès friable , quelquefois marneux , avec des lits horizontaux de silex pyromaques brun foncé.

(4) M. Ehrenberg (^i), qui a soumis à un examen microscopique des sédiments du fond de la mer Morte, y a trouvé 30 formes de coquilles polytbalames mortes appartenant à la craie et en particulier à celle de l' Anti-Liban.

(2) Researches in Assyria , Babylonia and Chaldea^ p. 49, in-8. ' Londres, 1838.

(a) Acad. de B«rUo, fli )aia 1S49. — L'IiuUUil, 96 dtfc. 1S40.

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La craie constitue des escarpements pins ou moins élevésjosqu'à Bir, où i*on peut distinguer une assise inférieure de calcaires blanc pur, en bancs épais, avec des silex, et une supérieure, jaunâtre, sans fossiles, séparée de la précédente par des bancs argilo-calcaires bleu clair. Le fer hématite, en nodules ou en lits irrégulièrement espacés^ se montre souvent dans ce système de strates où Ton observe aussi du sulfate d*alun pur (kathérite} et des variétés ferrîfères et fibreuses. La stratification est généralement horizontale. Ces plateaux crayeux, fort étendus, sont divisés ou découpés par des vallées à pentes escarpées, et le plateau de la Mésopotamie se prolonge ainsT jusqu'à la plaine de Seruj où il est interrompu par des roches pyrogènes.

Aux environs de Port-Williams, au sud-ouest de Bir, la craie est recouverte par un conglomérat siliceux, à ciment calcaire, et par une sorte de calcaire grossier. Près de Zehreh les plateaux de craie endurcie sont couronnés de basalte. Cette même craie continue à former les rives de TEuphrate , de Gurluk à Sajur , Nisjm KaFah et Karâ-Bambûch. Sur ce dernier point les collines arrondies s'élèvent de 300 à 350 mètres au-dessus du fleuve et sont uniquement composées de craie alternativement dure et tendre. On y trouve beaucoup d'échinodermes, de polypiers et de petites Huîtres. Au sud de Karâ-Bambûch la vallée, plus ouverte qu'an nord, est encore bordée parles mêmes assises qui se prolongent sans interruption jusqu'aux environs de Balis, surmontées çà et là par des brèches et des marnes. Plus loin les dépôts tertiaires lacustres avec les marnes et les gypses régnent d'une manière continue.

(P. 260.) Urfah (Orfa) est aussi bâtie à la limite de la région montagneuse à laquelle succèdent les plaines si riches et si fertiles de Harran dans la Mésopotamie, et où les calcaires stratifiés remplacent les roches noires pyroxéniques (basaltes, dolérites et spilites). Mais, à l'exception des montagnes isolées et coniques que forment ces dernières, le pays compris entre l'Euphrate et Urfah, depuis Bir au S. jusqu'à Somiésat au N. , appailient à la formation crétacée.

BaMin {P. 2i!i8.) Daus le Kurdistan oriental M. Ainsworth signale la

'" da""^ chaîne de l'Azmir-dagh, à l'ouest de Suleîmanyeh, comme formée

'^^'' de calcaires endurcis crétacés, remplis d'Ammonites, de Bélemailes^ d'Huîtres et de Térébratules. Les montagnes d'Avroman et dé Zagros, remarquables par leurs formes coniques et couvertes de neiges pendant une grande partie de l'année, présentent des roches dlallagiques, actinotifères , ou aniphlboHques, et des serpenânes^'mais

FKRSB ET AfllBIE. ^1)7

aa nord de Suleimanyeh, le Mazaragh-dagh ou Abdheram-dagh offre ft sa base des marnes charbonneuses avec minerai de fer, qui ne . lardent pas à prendre un grand développement. La montagne de Se'rt qui vient ensuite est composée de calcaires, de dessous les* quels sortent des grès rouges et des jaspes reposant sur des manies paiement cbarbonneuses et inclinées de 15" k l'O. (p. 251). La haute monlagne d'Hamam-Muk, qui borne au N. leKoï-Sanjak.est formée de bas en haut , sur sa pente méridionale , de calcaires , de grès rouges, de conglomérais, de sable et d'autres gi^Ès rouges avec des calcaii*es en bancs puissants plongeant de 20° à 30° au S.-E. Le sommet est recouvert d'un grès grossier, brun ou gris, rempli de coquilles marines. Sur le revers septentrional, une marne charbonneuse, très tendre, vient afQeurer sous les grès. Au nord de l'Hamam-. lUuk les grès ei les calcaires forment deux chaînes parallèles, dirigées E. , 0. , et montrant aussi à leur base des marnes charbonneuses, tandis que les vallées qui les séparent présentent des assises de marnes ùétacËcs. Suus le parallèle d'Erbil où recommencent les plaines, on retrouve des lambeaui de sables salifères, de grËs gypseux et de grès bruus grossiers (le l'époque tertiaire.

Dans le nord du Kurdistan la direction de la chaîne de Rabah- Ormgz est S.-E., N.-O. Les couches sont très contoOrnées, surtout vers le bas où afQeurent des grès rouges. Les collines de Chiaspi présentent, dans leur partie inférieure, des calcaires, et audessus des marnes, des conglomérats, d'autres calcaires et des grés (aniè, vol. III, p. 193). La plaine deZakho, située au nord, est limitée par IcJebel-Judl, formant deux chaînes puissantes, dont la plus septentrionale s'avance vers le Tigre au nord de Jézirab. A son ' pied occidental , non loin du fleuve , les grès , les conglomérats et les calcaires avec des marnes sont recouverts , à une élévation de plus de 200 mëlres au-dessus de la ville, par des roches pyroxâ- DÎques.

(P. 267.) Jt-iirali, kllie sur le bord du 250 mètres au-dessus du golfu I>eq( an N. se trouve â A70 mètres i pentes des collines sont formées A qu'à environ 30 mélrcs de leur si pyroséniques les surmontent. Aiï3 remplacées par des calcaires com)fl ITnibh) dont les environs si fonde. Les montaguc^ de ]

UOS DIARBBKIR, KURDISTAN,

grenus, durs, coutournés et plongeant dans diverses directions. Au sud la plaine se termine par des collines de grès tertiaires.

oLservadotts Daus le profii de nivellement qu*a fait M . Vf, Taylor Thomson (1), diTeriM. j^ l'Euphrate à la Méditerranée, à travers le nord de la Syrie, proûl accompagné de notes géologiques de iM. Ainsworth, on Toit que la première partie de cette coupe, à l'est, est composée par les calcaires de la craie, formant un plateau faiblement ondulé, dont Faltitude est de 396 mètres. La seconde partie, qui comprend le calcaire tertiaire à ostracées , des roches feldspatbiques et pyroxéniqnes, montre des cotes d'altitude de 137 mètres, dans les vallées du Guida^ rius et de l'Aphran, tandis que la plaine lacustre d'Umk est à 100 mètres. Les roches de la quatrième se maintiennent à 67 et 13i!i mètres, avant d'atteindre la plaine alluviale de TOronte et le bord de la mer. M. R. Hamillon , dans son esquisse géologique du bassin situé entre le Tigre et l'Ëuphrate (2), a constaté la superposition des dépôts tertiaires aux couches crétacées, entre le 37* et le ZU* lat. N., depuis les frontières de la Syrie jusqu'aux montagnes du Kurdistan. M. de Cbancourtois (3) a observé , à trois journées de marche à l'est de Jézirah (Djezirah ou Djezireh), des grès marneux verts, oc- ^ cnpant une surface très considérable, avec des calcaires subordonnés

et recouverts çà et là de bancs épais de calcaires à Nummulites. Mais on a vu (onté, vol. III, p. 192 et 193} que ce système arénacé, de même que les dépôts charbonneux inférieurs du Kurdistan, placés entre la craie et les calcaires à Nummulites , avaient été mis par M. Ainsworth en parallèle avec les sables tertiaires inférieurs du nord-ouest de l'Europe.

iia>aDdérao. Si uous remoutous actuellement au N. -E. , vers les montagnes qui circonscrivent au S. le bassin de la Caspienne, nous trouverons encore des traces incontestables de la formation qui nous occupe. Ainsi Hommaire de Hell [U) a observé à Jenissar, près de Radkhan, dans la vallée de la Nekha, au nord de Taxe de TEIbourz, un calcaire blanc, compacte, passant à la marne et à un calcaire argileux qui

l^) Proceed, roy. Soc, ofLondon^ n' 33; 4838.

(2) Soc. Wern. d'Edimbourg, 3 avril 4 844 . — Edinb. new phiL Journ»^ vol. XXXVI , p. 366 ; 1841. — Voyez aussi James Brandt : Foyagc à travers l' Arménie^ etc. {Ann, de Bcrghaus^ vol. XLI, p, 230).

(3) Compt. rend,, Tol. XVIII , p. 827; \ 844.

(4) A. Viquesnel , Note sur la collection de roches recueillies en Asie par Hommaire de Hell{Bull,^ 2« sér., vol. VII, p. 503; 4850).

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