PROVINCES D ALGER ET OORAN
» leurs parois, incrustées d'une épaisse couche de sel, 80ii( r^yétB M de cannelures verticales très étroites; tous s'enfoncent è une pro- .!> fondeur inconnue. Toutes les sources dont on vient de parler u vont déverser leurs eaux dans TOuad-Melah, et il en résulte que )» Teau de ce ruisseau, qui est d'une eicelleute qualité dans la près* » que totalité de son cours, n'est plus du tout potable au onomeut . • - 3 où il arrive à<:ôtoyer le Djebel-Sahai^. •
« L'Ouad-Melah et une multitude d'autres ruisseaux vont se je- 9 ter dans un vaste lac qu'on nomme Zagrez , et qui se trouve à » 5 kilomètres environ de la montagne de Sel. De loin il présentera » s'y méprendre, l'aspect d'une grande nappe d'eau. En avril 1846, » le lac Zagrez , qui n'a pas moins de 12 lieues de long , était uni- » quement formé d'une immense croûte de sel, dont la surface, po- 9 lie comme une glace , avait produit de loin l'illusion complète » d'une nappe d*eau. Ce sel a une composition à peu près identique » avec celui du Djebel-Sahary, ce qui n'est pas étonnant, puisque le » sel du lac n'est autre que le sel enlevé de la montagne.
» J/épaisseur de la couche de sel v^en augmentant des bords du a lac.aucenire.oùelleestdeO^fTO. Dans toute l'étendue de la masse, ■ ce sel, entièrement exempt de matières étrangères, est d'une blan- » cheur parfaite et de très bonne qualité. Le lac de Zagrez a au » moins douze lieues de long et deux lieues de largeur moyenne; si » l'on suppose que, dans toute son étendue , l'épaisseur moyenne » du sel est de 0"\33 , il y aurait 127 millions de mètres cubes de » sel, pesant environ 250 millions de tonnes. »
Le village de Zaccar, situé presque au centre de la principale chaîne du nord de l'Afrique, se trouverait sur des calcaires griaâ'très, durs, compactes, dont les fossiles , quoique imparfaits, tendraient à les faire rapporter à la formation jurassique (1). Tout le massif du Djebel-'Amour serait à la fois jurassique et crétacé» ainsi que la plus grande partie du bassin du Cheliff. Mais, comme on a pu le pressentir , les montagnes qui bordent au sud la lietidja doivent être presque entièrement crétacées. Le gisement des minerais de plomb de TOtiaransenis ne paraît pas être encore bien connu. #
EiiTirons Si uous uous rcportous actuellement au nord pour étudier la chercheii. 1)31^^^ socondaire qui forme la côte, nous verrons qu'autour de Chcrchell les couches marneuses et arénacées de la craie se présentent
(l) Renou, Description géologique de l'Algérie^ p. 89.
PHOVINCKS d' ALGER BT d'ORAN.
un
encore avec la plupart des caractères que nous leur avons reconnus au coi fie Tcniah et dans la chaîne de Mouzala , de même qu'aux environs de Setir, de Conslaniine, du camp de Toumiât, etc. Toutes les couches plongent de ^5" au S.; mais, près de Gherchell même, on observe un pendage de 20* à 30<> au N. (1). Âu cap Zize* rim , situé à un kilomètre au nord-est de la ville , les couches ont été modiûées par la présence d'une doiérite , peu reconnaissable elle-même à cause de sa complète altération et de la désagrégation tjui en a été la suite. Les marnes grises sont devenues des roches blanchâtres et violacées très dures, renfermant quelquefois deb paillettes de fer oligiste (antè, vol. III, p. 532). ^
Toutes les montagnes situées entre (îherchell et Tenès, et dont les sommets atteignent 800 à 1 000 mètres , semblent être composées de calcaires compactes et de marnes grises crétacées. Le Râs- Mâk'ous , cap voisin de la seconde de ces villes, en est également formé, et il en est de même jusqu*aux environs d'Orléansville au S., et vers Tembouchure du Gheliiï à l'O.
. Les grès de la partie septentrionale de la province de Goustaniine, que nous avons rapportés au terrain tertiaire inférieur, et regardés comme représentant le macigno des Apennins, les schistes et calcaires à Fucoîdes on flysch des Alpes, ont été signalés par Boblaye à la montagne d'Amraal , i 40 kilomètres au sud-est d'Alger; et, de son côté, -ftL A. Burat (2) les mentionne avec des argiles dans la carrière du Vieux Tenès, d'où les Romains ont tiré la plus grande partie de leurs matériaux de construction. Ainsi que ses prédécesseurs, ce savant rapporte le tout à la craie , et le parallélisme qu'il établit avec les dépôts contemporains des côtes opposées de la Méditerranée est sans doute exact, quoique les déductions chronologiques générales ne le soient pas> suivant nous. Aux environs de Tenès, ces argiles et ces grès sont recouverts par de puissants dépôts marins quaternaires.
Quant aux gîtes métallifères de cette localité , ils consistent en filons de fer spathique , traversant les grès et les argiles. Leur épais* «eur varie de O'^.SO à 1 mètre. Les parties supérieures des affleurements sont composées d'oxyde de fer, résultant de la décomposition des carbonates. Ceux-ci sont par places pénétrés de pyrite
(4) Reuou, iac, rit,, p. 94, plan des environs de Chercbelli pi. 3, fig. 24. — Coupe N., S., passant par Cherchell, ib., fig. 25; coupe N..O.,S.-E.,/A., fig. 26.
(2) Éludes sur les mines, sajj/jlêment , p, 46, in-8', Pari8^4 846.
EoTlroiM Tflnèa*
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(il 2 PaOVlNCES D'ALGER ET D'OBAN.
cuivreuse, de cuivre gris et même de galène en veines, en veinules et en particules disséminées. Les principaux fiions dirigés N, S. sont verticaux, avec des ramifications latérales formant nne sorte de réseau dans la roclie. Les filons se montrent surtout au nord-est de Tenès , sur les dernières pentes des montagnes du cap. On connaît encore, dans le Djebel-Robaîm, des filons cuprifères qui établissent une sorte de liaison avec ceux de Mouzaîa; de sorte que le phénomène se serait manifesté sur des points distants d'au moins 150 kilomètres, en donnant lieu à des produits semblables et contemporains dans toute cette étendue. Nous ferons remarquer seulement que, d'après les données précédentes, les filons de Tenès se seraient élevés dans des couches moins anciennes que celles qui renferment ceux de Mouzaîa.
Nous emprunterons encore à l'ouvrage de M. Ville (1) quelques détails sur les gites métallifères de ce district Le Djebel-Haddid , ou montagne de Fer, est un mamelon conique, situé à 6 kilomètres au sud-ouest de Tenès, et servant de contre-fort au Djebel-el-Fedj^ Il est circonscrit par les ravins qui débouchent dans l'Ouad-Arour. Deux grottes ont été taillées eu plein minerai^ à des niveaux différents et à 300 mètres Tune de Tautre. Le minerai est un mélange d'hydroxyde et de carbonate de fer , et il est probable que la première de ces espèces n'est que le résultat de la décomposition de la seconde par l'action de l'eau. Le minerai de la première grotte est un amas de 3 mètres d'épaisseur, intercalé au milieu de calcaires cristalUus , gris blanchâtre , et non en filons coupant les strates. La grotte inférieure, située près de l'Ouad-Sidi-Sald, de 10 mètres de long sur autant de large, et de 2°',50 de hauteur, est creusée dans an amas de carbonate de fer hydroxydé , subordonné à des grès quarlzeux, qui forment le toit, et à des argiles schisteuses qui forment le mur. Ces deux excavations servent aujourd'hui d'écurie et d'habitation aux Arabes. D'autres gîtes de fer existent sur la rive gauche de l'Ouad-Rouina, aux environs de Milianah, etc.
(P. 302.) Les minerais de cuivre des environs de Tenès ont été exploités par les anciens, et ils sont l'objet de nouveaux travaux, répartis dans trois concessions principales, celle d'Ouad-AUelah, celle de rOuad-Taffilès qui comprend des minerais de cuivre , de fer et
( I ) Recherches sur les roches ^ les eaux, etc,, des provinces d'Oran et d'jélger^ p. 279. In-4. Paris, 1862.
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de plomb, comme la troisième, celle du capTenès. D'autres filons cuprifères ont été reconnus dans le Djebel-Haddid, sur le re?er8 sud du Djebel-Mraddera, auprès de Sidi-Boasi,sur leKel-el-H*mam, etc. Or, ces divers gîtes de cuivre se trouvent à très peu près dans les mêmes conditions ; ils sont formés, pour la plupart, de filons de carbonate de fer plus ou moins décomposé, servant de gangue à des veines de pyrite cuivreuse de 0'",01 à O'fOS d'épaisseur, avec queN qnes renflements qui atteignent rarement 0°*,20. Quelques uns renferment du cuivre gris , de la galène et de la blende en petite quantité. Le filon de Sidi-Boasi est le seul où le cuivre gris constitue Télément dominant. Parfois le carbonate de chaux et la dolomie sont associés dans la gangue au carbonate de fer.
Les filons de ce district sont en très grand nombre ; ils ont des directions très variables que l'auteur réunit dans quatre groupes principaux , qui suivent à quelques degrés près les directions suivantes : E. /iO* N. , direction du système de soulèvement de la Côte-d'Or; N.-N.-O., celledu soulèvement du montYiso; N., S., celle du soulèvement de la Corse et de la Sardaigne ; et E. ôA" N. , celle du soulèvement des Alpes occidentales ; de sorte que ces filons appartiendraient à des époques très différentes. Quant à leur richesse, suivant leur âge présumé, elle est également très variable dans chaque catégorie. En général, ils sont fort inclinés, plongent tantôt au N.-C, tantôt au S.-E., et leur épaisseur varie de 0'°,10 à 0'°,70. Ils s'amincissent et se perdent dans les roches encaissantes , qui sont principalement les argiles schisteuses grises, et quelquefois les grès quartzenx qui courent de l'E. Û9'' N. à E. &!*' S. avec nn (dongement généralement au S. •
(P. 268.) Des indices de combustible inexploitable ont été observés près de Tenès , dans les gorges ^e l'Ouad- Allelab ; puis au sud du Fondouk, au pied du plateau du poste d'Aumale, etc., presque toujours dans des argiles pyriteuses secondaires.
Les roches des environs de Tenès, les plus basses géologiquement, constituent les points culminants du pays , tels que la montagne du Gap, qui atteint brusquement 6^0 mètres d'altitude, et qui est composée de calcaires compactes jaunâtres, à cassure lithographique , souvent veinés de calcaire spaihique. Sa stratification est peu nette, et ses assises ont été rapportées par M. Burat au groupe néocomien, d'après les caractères pétrograpbiques des roches comparées à celles de la Provence. Au-dessous régneraient encore de puissantes masses de conglomérat.
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Knviront. Au cap Fcrratc, près d*Ârzeu (1), les filons de fer oligiste micacé soDt connus depuis longtemps. Ils sont dans des argiles schisteuses grises dirigées N. 20" E., et plongeant au N.-O. ï.es filons nombreux plongent au N.-E., sous un angle de 70% Leur épaisseur est de 0",02 à 0*,03, et ils sont espacés de 2 en 2 centimètres, sur une grande étendue. Ils sont cbmposés de quartz , de chaux carbonatée /crrifère, et le fer y est disséminé en paillettes.
F.nviront Les couches les plus anciennes des environs d*Oran sont encore des marnes schisteuses, des calcaires compactes et des grès sans fossiles, que M. Renou (2) semble plus disposé h rapporter à la formation crétacée qu*à la formation jurassique, quoique ne se prononçant pas définitivement à cet égard. Près, et dans la ville même, les bancs verti^ eaux courent O. 10° à 12* N. Au fort delà Moune, et plus loin, des calcaires caverneux et des schistes verts et violets alternent un grand nombre de fois. A 1200 mètres du fort , des calcaires compactes offrent les teintes les plus variées. L'assise principale, qui affleure sur beaucoup de points , est un calcaire qui renferme des dolomies gris bleuâtre, à grain très fin, sous le fort Sainte-Thérèse; elle existe complètement développée ci Touest d'Oran , et elle supporte le fort Sainte- Croix. La roche est, en général , d'une teinte noire uniforme. A 6 kilomètres à l'ouest du fort de la Moune, le calcaire est changé en un gypse saccharoïde blanc que l'on exploite. Le fort de Mers-el-Kebir repose sur un calcaire noir, semblable h celui du fort Sainte-Croix. D'énormes failles , qui ont dérangé en divers sens tout ce mas.sif secondaire, apportent de grandes diflBcultés pour replacer les couches dans leurs rapports originaires. On observe encore , outre ces dislocations , des filons de roches éruptives , et dans la ville même , au fond du ravin , comme à peu de distance de la jner, on remarque les veines de fer oligiste dont nous avons parlé {antè , vol. III, p. 532).
M. Ville (3) mentionne à Mers-el-Kebir , sur le bord de la mer,
(4)Ville, /(>c W/.,p. 278.
(2) Renou , hc. rît., p. 97, pi. 3 , fig. 27 ; pi. 4 , plan et coupes, fig. 28, 29 et 33. — Voyez aussi : Ayraud, Notice sur tes recherches de sources jailli ssantt's et super pcivUes dans la province d'Ora/i et dans les environs d*Al^vr, mise en ordre par M. Le Blanc [Bull, y 2* sér., vol. \ , p. 222, avec carte, 4 844). — Rozet, Ann. du Mu^ stum ^ pour 4834, et Description du pays parcouru par l* armée française en JJrique en 4 833.
(3) Loc.cit.^ p. 276.
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au tniiiou du calcaire, un affleurement de carbonate de fer hydroxydé peu imporiant , et aux environs de petites veines de fer oligistc micacé. A 13 kilomètres , au nord-ouest d'Oran , près de la inontogne des Lions et le long de la plage , est encore un amas lenticulaire de carbonate de fer légèrement décomposé, subordonné à des argiles schisteuses vertes et è des calcaires schisteux. Sa puissance moyenne est de 5 mètres , et sa longueur de i\0. Il est dirigé N. 15"^ E. comme les roches encaissantes , et plonge au S. sous un angle de 50* à 60*. Le fer oligiste micacé se trouve aussi à Aîn« Oéfla , sur le littoral , à deux kilomètres au delh de Christel , puia sur le revers septentrional du Djebel-Monsour, à 1000 mètres de la c6te , et h 1200 mètres au sud-ouest du cap Ferrate, qui doit son nom aux ûlons de fer oligiste connus depuis longtemps.
(P. 264.) Sur le revers nord-ouest de la montagne des Lions , dont nous venons de parler, on trouve le long de la côte, et à 3 mètres seulement au-dessus de la mer, un affleurement de charbon. C'est une lentille aplatie, de 1"',^0 de large sur 15 mètres de long, intercalée dans des grès quarlzeux rougeâtres, feuilletés, plongieant de SO"" à UQ^ au S. -E. I^ fer sulfuré abonde dans le charbon et dans les roches qui Tavoisinent. Les grès passent à des argiles schisteuses, satinées, vertes, renfermant des nodules déprimés, siliceux avec du fer carbonate hydroxydé, plus ou moins analogue au fer carbonate des houillères. Une galerie poussée entièrement dans le charbon , sur une longueur de 6^ mètres, a fait connaître qu'il exist tait trois amas successifs , communiquant entre eux par des étranglements, et plongeant au S.-E. La qualité du combustible est d'ailleurs peu favorable i beaucoup d'usages. Par sa composition et ses diverses propriétés, il se rapproche assez de l'anthracite.
Les premières montagnes que l'on rencontre sur la route de Mas* cara à Saîda (Sa'îda) , dit M. Renou (1) , sont formées de calcaires compactes, gris jaunâtre, en bancs réguliers, presque horizontaux « peu épais , sc|)arés par des argiles feuilletées, verdâtres et transformés çà et là en dolomie. Ce changement dans la nature de la roche ne présente pas de séparation bien nette ; mais il paratt être complet à la partie supérieure des montagnes. Aux environs de Saîda (pL /», fig. 13} lesdolomies reposent presque horizontale* ment sur des calcaires plus schisteux et plus argileux avec neuf espèces d'Ammonites, dont la plupart sont voisines d'espèces juras-
(h) Lor.cii., p. <4 3.
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