Calcaire cristallin
6. Grès et argiles mélangés de jaspe, et contenant du manganèse.
7. Calcaires blancs oolithiques rapportés au second groupe (t).
Nous regardons comme représentant Toolithe inférieure de cette région les calcaires magnésiens jaune brun, cristallins, caverneux, très durs (Milhac, Saint-Pardoux« Thiviers, etc.) auxquels nous paraissent être subordonnés les argiles et les grès manganésiféres avec jaspe ; mais nous ne voyons encore aucun motif stratigrapbique, pétrographique ou paléontologique pour rapporter ceux-ci au second groupe oolithique ou à Tétage d'Oxford, comme il a été dit ci*deisu8. £n effet, les calcaires blancs oolithiques qui, dans le département de la Dordogne, forment un horizon bien constant au-dessus, auxquels M. DcIanoOe assigne une épaisseur variable de 50 à 150 mètres, et que nous retrouverons tout Si l'heure, atee tes mêmes calcaires durs, jaune brun, pins à l'est, dans lés dépar* lemenls de la Gorrèxe et du Lot, ne nous ont point présenté
(4) DelanoOe, loc. cH., pi. 3, fig. 4, 48.^74^- Dufrénoy, lac, cit., l>. 668. 4848. — D'Arohiac, /or. r//., pi. H, fig. «, 4 843. — PI. 2, fig. 2, 4 85t.
GRODPB OOLITHIQUB INFBRIBUR. ^7
de caractères assez positiCs pour qae nous les considérions conma postérieurs aux calcaires blanc jaunâtre, compactes, de la grande oolithe du plateau de Ruffec Quant aux argiles gypseuses particulièrement développées dans cette coupe de Ttriviers, il loas semblerait également peu rationnel de les séparer du lias supérieur tel que nous le comprenons. On remarquera d'ailleurs qne« sur la Carte géologique de la France^ tous les points où le minerai de manganèse a été exploité sont compris sous la teinte consacrée k Xétage inférieur du système oolithique^ qui embrasse notre troisième groupe en entier et une partie du quatrième.
Dans la vallée de Tlsie, au delà de Corgnac, sur le chemin de Saviguac, après le second moulin, nous avons observé une roche dolomitique, scoriacée, très fragile, remarquable par son état complètement cristallin, et qui, en se désagrégeant, produit un sable exclusivement composé de petits rhomboèdres (1). Cette assise, qui représenterait Toolithe inférieure, est surmontée par les calcaires blancs à oolithes millaires auxquels succèdent un grand développement de calcaires gris, compactes, avec des Exogyra virgula vers le haut. Une partie de ces derniers, qui constituent toutes les collines jusqu'à Saviguac, pourrait donc représenter le groupe moyen, et l'autre le supérieur. De ce village à Sarliai, et jusqu'à moitié chemin d'Antonne, les escarpements qui bordent la route sont formés par l'oolithe inférieure, caverneuse, compacte, scoriacée, souvent stalactitiforme, grisâtre, et dont les bancs plongent tantôt au N. tantôt au S.
Aux environs d'Ëxcideuii existent des minerais de fer très différents par leur âge et leur origine. Les uns, rapportés à l'époque tertiaire par les auteurs de la Carte géologique de la France ^ épars à la surface des plateaux, sont d'une exploitation facile; les autres dépendent de la formation jurassique dans laquelle ils n'occupent pas toujours la même position (2). Les premiers sont des oxydes hydratés, compactes ou mamelonnés, en veines irrégulières, accompagnés d'argiles panachées et de grès, et intercalés dans le calcaire oolithique, où ils occupent deux petites dépressions distinctes s'éten^ daut, l'une de Fuveau à Beaunoir, l'autre de LâgeàMirambeau. Les seconds, qui appartiennent aux psamiuites manganésifères, renferment du fer oxydé rouge, de l'halloysite et du jaspe. Tels sont les
(4) D'Archiao, Notes inédites, 4 844.
[t] Oufrénûy, Explication, etc., vol. II, p. 668.
•t daLoC
AB8 SUD DB LA FRiNCB.
giseaienls de Jaiagier, de Magnagaud et de Pierre-Brune. Le plos riche est celui de la Brugère, au sud de Thiviers,
Nous reviendrons plus loin sur les réflexions judicieuses dont M. Dufrénoy a fait suivre la description des gisements de manganèse de la Dordogne ; elles seront mieux comprises, lorsque nous aurons traité des gisements métallifères du lias. DéparteoMiiu Daus la coupe N., S. que nous avons donnée (1), et qui s'étend la CorrèM ^^ Douzeuac h Peyrac, en suivant la route de Limoges à Cabors, on voit, au sud de Noailles, en montant la colline qui porte le domaine de la Farge, l'oolilhe inférieure succéder au lias. C'est un calcaire blanc grisâtre, compacte, ou le plus ordinairement gris jaunâtre, oolithique, scoriacé à la surface, et d*une épaissear de 10 à 12 mètre<!. Le sommet de la colline est formé par un calcaire à oolithes miliaires, blanc, en bancs réguliers, liorizoDtaux, exploités pour pierres d'appareil. Ces deux assises, ou plutôt ces deux étages, semblent donc correspondre fort exactement ï ceux que nous venons de décrire dans le département de la Dordogne. De la Farge à Souillac, ils constituent le plateau dont la surface devient presque complètement stérile, lorsqu'on se rapproche des bords escarpés de la Dordogne. L'augmentation de puissance de ces calcaires est mise en évidence par les rampes de la route à l'entrée et à la sortie de Souillac, rampes qui sont entièrement taillées à vif dans des niasses calcaires continues de près de 200 mètres de hauteur. L'inaltérabilité de ces roches fendillées en tous sens contribue à la stérilité du plateau, qu'il paraît difficile de gagner jamais à l'agriculture, surtout près des bords où l'écoulement des eaux atmosphériques est encore plus rapide.
Nous n'avons point tracé dans cette coupe les limites des divers groupes oolithiques, mais on a vu [antè^ p. 656) que le troisième était bien caractérisé au sud de Peyrac. Sur la carte géologique de la France, tout le plateau de la rive droite de la Dordogne, au nord de Souillac, et jusque près de la Farge, est représenté comme appartenant au second groupe , recouvert par le troisième sur les hauteurs de la rive gauche ou au sud. M. de Boucheporn (2)
(4) D'Ârchiac, Études sur la formation crétacée^ 4" partie, pi. H , fig. 4 , 4 843 — Hist. des progrès de Idéologie, vol. IV, pi. 2, fig. 4,4 854 . — Notes inédites, 4 840. ^
(2) Carte géologique du département de la Corrêze, en 4 feuilles, 4848,
GBODPE OOLITUIQUB INFÉRIEUR. 689
parait avoir adopté le même classement pour la partie des couches comprise dans le département de la Corrèze. Mais, ainsi que nous Favons dit, et en Tabsence d'une démonstration plus complète, nous continuerons à regarder les calcaires blancs oolithiques qui surmontent ceux que nous rapportons à Fétage de Tooliihe infé- Heure, comme pouyanl représenter celui de la grande oolithe. Nous voyons en effet que sur la reproduction de la coupe précédente, dans le tome II de V Explication de la carte géologique de la France (1), les calcaires du plateau de la Farge sont désignés par Texpression à'oolithe blanche ou grande oolithe. Ces calcaires blancs n'ont qu'une dizaine de mètres d'épaisseur à leur origine sur le plateau de U Farge, et rien ne s'opposerait à ce qu'une partie des couches qui les recouvrent au sud de ce point n'appartint réellement aç gronpe moyen. Un examen détaillé des escarpements qui bordent la Dordogne à Souillac, où la rivière coule sur l'oolithe inférieure, pourrait sans doute résoudre cette question de la distinction plus complète des deux groupes.
Près de Villeneuve, dans le département de l'A veyron. M. Du- oépariemMit frénoy (2) signale, au-dessus des uiarnes du lias avec Gryphosa i-^^^,^ cymbium, un calcaire lamellaire, brun rougeâtre, très cristallin, (p»"*» ,
., occiaenUue).
d abord sous forme de rognons isolés entourés de marne, puis devenant plus, abondants, se soudant, et finissant par constituer à eux seuls une assise caverneuse et mal stratifiée de 18 mètres d'épaisseur. Au-dessus sont des couches nombreuses de calcaires compactes, jaunâtres ou gris de fumée, durs, à cassure esquilleuse, peu oolithiques, correspondant aux calcaires de Poitiers, mais sans silex. Une couche de lignite pyriieux y est intercalée à Gadrieu, sur les bords du Lot, à Cajare, etc. Le groupe oolithique inférieur se terminerait un peu avant Saint-Girq par un calcaire dur, oolithique, de 13 à 14 mètres d'épaisseur, renfermant les Pecten obscurus et fibrosus, les Terebratula subrotunda^ perovalis^ tetraedra et concinna, la Lima punctata, quelques Ammonites, etc.
Dans la coupe de Yillefranche à Veuzac, coupe sur laquelle nous reviendrons plus loin, le même savant signale, au-dessus des marnes à Bélemnites, Gryphœa cymbium, etc., une argile jaunâtre, micacée, sableuse, renfermant les mêmes fossiles, puis un calcaire
cristallin, ferrugineux, fétide, passant à une lumachelle, et se déli-
(t) Explication^ etc., vol. II, p. 674.
MO SUD DI LA F&ANCl.
tant k Tair en fragmeote ellipsoïdaux. Souvent cafemeux, û paMt reniérmer beaucoup de fossiies dont malbeureusenient aucune espèce n*a élé déterminée. Deux couches d'ooiithes ferroginenses, donnant un minerai ricbe, sont subordonnées à ce calcaire, et r&h ferment également beaucoup de débris organiques. Ce minerai» exploité âi Veuzac. est un oxyde rouge. Â une lieue au nord de ce village, le calcaire lamellaire, ferrugineux, est surmonté de calcaires ooliibiques blancs appartenant à Foolitbe inférieure, et qui donnent d'excelfentes pierres d'appareil à Mauriac, où ils sont exploités sor une éiMÛsseur de 8 mètres. Dans les couches les plus élevées, M. Dufrénoy signale fes Pectenobscuruê^ /ibrosus^ les Lima ovalii et punctûta, les Terebrattda concinna, perovcUiSi tetraedra, tubnh tundUy la Modiola cuneata, des Ammonites indéterminées, des polypiers, etc.
Ces fossiles, qui peuvent annoncer ici comme à Saint-Cirq le niveau de quelques subdivisions de la grande oolilbe, font regretter qu'on ne connaisse pas ceux des calcaires ferrugineux et des minerais de fer, comparés par l'auteur aux minerais que nous retrouverons dans le bassin du Rhône, et dont les corps organisés établissent définitivement l'âge. On conçoit que, superposés aux marnes du lias, ces minerais et ces calcaires peuvent appartenir à l'un des nombreux niveaux paléontologiques que nous avons établis dans le chapitre précédent Le dessin (p. 68/i), reproduit d'après M. de Boucbeporn, montre la composition des escarpements abruptes, entre lesquels coule l'Aveyron, de Vaours à Penne et Bruniquel, depuis le trias jusqu'au calcaire de l'oolithe inférieure ; mais tout intéressant qu'il est, il jette peu de lumière sur cette question d'un ordre assez général, puisqu'elle se rattache directement à la détermination de la limite entre le groupe oolithique inférieur et le lias. La Carte géologique du département du Tarn (i), que Ton doit à àl. defioucheporn, ne nous éclaire pas davantage, non plus que les coupes qui y sont jointes, et dans lesquelles une seule teinte représente toutes les couches jurassiques du pays.
Zone tndtsu Les mames supérieures du lias sont, dans presque toute réten-
DtfportTmenii duo du golfe jurassique compris entre les montagnes anciennes de TATe^on l'Avcyrou et des Cévenncs, surmontées de calcaires compactes et
ociSlf^ûie) de calcaires dolomitiques rapportés à l'étage de l'oolithe inférieure.
dAiaUièr*. ^^ assises, qui constituent particulièrement les plateaux désignés
6R0UPB OOLITHIQUB 1NPBII1EUR. Mi
par le nom local de causses^ forment sur leurs bords dea muraille» rocheuses qui couronnent les pentes adoucies du lias^ et donnent ainsi à tout le pays un caractère orograpbique particulier, que l'on peut suivre encore à i*est le long des Cévennes. Telles sont les causses de Sévérac, du Larzac, de Concoures, eic* L'ensemble de la formation jurassique se présente aTec les mêmes caractères sur les pentes occidentales des montagnes anciennes de la Corrèïe et du Lot (1) que sur celtes des montagnes de la Lozère et de l'Aveyron qui circonscrivent le grand golfe de Mende à Lodève, et le basâiil plus restreint d'Ëspaliou à Rodez. Cette identité est sans doute le résolut de l'ancienne continuité des groupes inférieurs du départe* ment du Lot avec ceux du bassin de Rodez, encore indiquée par le grand lambeau calcaire qui s'étend de Rignac à Aubin, touchant d'umi part au bassin du Lot par Aspières, et de l'autre aux causses de Concoures par les petits dépôts situés sur les hauteurs dominant le misseau de l'Ady. On peut présumer qu'ici, comme dans le nord de la France, la communication n'a existé que pendant le dépôt des groupes inférieurs.
Au nord-ouest de Lodève, le second escarpement de N. D. d'An* tignalet, qai surmonte les marnes noires schisteuses et les calcaires à Bélemnites du lias supérieur, est composé, sur une hauteur de 50 mètres t de calcaires dolomitiques , colomnaires, cristallins^ quelquefois friables et sableux, très différents de ceux qui sont à la base du lias. A la tour de Pertus, ils n'offrent point de stratification distincte, et passent à un calcaire compacte à mesure qu'on s'éloigne de la forêt de Guilhaumard. Cette circonstance fait présumer à M. Dufrénoy que l'état dolomilique des calcaires est dû au voisin nage des basaltes qui occupent dans le pays des surfaces considé'* raUes. Entre Bédarieux et Clermont-Lodève surtout, ce caractère se présente à chaque réapparition de la roche ignée.
Aux environs de Milhau, on y observe, courant de l'Ë. à l'O., deux couches de charbon exploitées au Pompidou et aux Roziers (Lozère). Les mines de Saint-Georges-Lusençon, de Cantobre, de Céral, de la Liquisse, etc. (Tarn), sont ouvertes dans la couche supérieure d'environ 1 mètre d'épaisseur. Ëlie est, ainsi que l'inférieure, comprise entre deux couches de marnes bitumineuses exploitées elles-mêmes pour la fabrication de l'alun. Le combustible a tous les caractères extérieurs de la houille, quoique sa composi-
(4) Dufrénoy, ExpUcationj etc., vol. Il, p. 689.
tion le rapproche du lignite (1). Ce giseinent est d'ailleurs plus éle^é daus la série que celui des schistes alunifères de 'Wbltby auquel on l'a comparé et qui, comme on l'a vu {antè, p. 113), appartient à l'étage supérieur du lias. A la CaTalerie, sur le bord oriental du plateau du Larzac, M. P. -G. de RoufiUe (2) signale quatre ou cinq gisements de charbon placés sur Tassise inférieare du troisième groupe oolithique. Les fossiles qu'on y obserre sont des Gyclades, des Paludines, des Mytxlus et des Cyrènes, mais il n'y a point de plantes. M. A. Boisse (3) a fait voir que le fer hydroxydé et le fer carbonate de ce pays appartenaient aux couches de l'oolithe inférieure, et que, lorsque le minerai maoquait, il était représenté par un calcaire renfermant une très forte proportion de fer.
Si l'on sort de Milhau en se dirigeant vers Rodez, on trouve, au-dessus des manies argileuses micacées , un calcaire 4 oolithes ferrugineuses, passant à un calcaire blanc, compacte, mal stratifié, qui forme des escarpements abruptes. La roche est souvent magnésienne, caverneuse, et de nombreuses et vastes grottes y sont ouvertes. C'est dans ces calcaires que se trouvent les caves de Roquefort célèbres par les propriétés qu'acquièrent les fromages qu'on y laisse séjourner [k). Dans le plateau qui domine Marcillac, un minerai de fer oolithique à l'état d'oxyde rouge, disséminé dans un calcaire , se trouve à la jonction des argiles micacées jaunâtres et des bancs de l'oolithe inférieure. Ces derniers, souvent dolomitiques, sont assez puissants, mal stratifiés, traversés par des grottes fort étendues qui donnent issue à des sources abondantes. La surface des plateaux est occupée par un calcaire compacte blanc, se délitant en plaques quelquefois assez minces pour être employées comme ardoises. La coupe complète du terrain secondaire, entre les vallées du Dourdan et du Cruon (p. 704), montre ces
Regnault, Ann. des mines ^ 3* série, vol. XII, p. 4 61.
Acad. de Montpellier, nov. 4849. — Ncu. Jahrb.y 4854, p. 466. — Quart, Journ. geol. Soc. ofLondon, vol. VIII, p. Î3 des Notices^ 4 852.
(3) Jnn. des mines^ 6« série, vol. II, p. 467, pi. 9 et 40, 4 853.
(4) Marcel de Serres, Notice géohgiqae sur le département de VAveyron (Ann, Soc, d'agric. de Lyon). L'auteur place ces calcaires dans le lias supérieur. — D'Omalius d'Halloy, Rapport sur cette notice {Bull. Acad. de Bruxelles^ vol. XI, p. 89, 2 mars. 4844).
GROUPE OOLITHIQUB INFÉRIEUR. 6d3
iDénies calcaires terminant en cet endroit tonte la série, et, autour de Mende, on observe une disposition analogue (!}.
SaÎTant M. Leymerie (2), on a recueilli, à plusieurs reprises, du mercure métallique dans des marnes de Foolithe inférieure, au pied de l'escarpeiiient occidental du Larzac , près du village de Saint-Paul-des-Fonts. L'auteur a émis ensuite quelques vues théoriques sur la présence de ce métal, et de son côté M. de Quatre* fages (3) a signalé un fait analogue à Valleraugues, dans les Gévennes, mais avec des circonstances géologiques un peu différentes. Les environs de Mende sont un des points de Tancien golfe secondaire dont nous nous occupons, où les caractères des deux groupes jurassiques inférieurs sont le plus prononcés et peuvent être le mieux étudiés. M. Dufrénoy avait déjà donné une coupe satisfaisante de cette localité, mais plus récemment M. Koechlin Schiumberger {U) en a publié une plus détaillée à laquelle nous renvoyons le lecteur, et qui nous a paru généralement exacte. Nous ferons remarquer cependant que l'inclinaison des couches est beaucoup moins uniforme que son dessin ne le ferait supposer. En effet, Tinclinaison des calcaires à Gryphées arquées sur la rive droite du Lot, au-dessus de Mende, avant le Rieucros, est de près de 20** au S., mais elle diminue à mesure qu*on s'élève dans la série, et devient presque nulle pour les assises calcaires de Toolithe inférieure qui couronnent les marnes et les calcaires bleus de la rive opposée (5). Vers les trois quarts de la montée de Tancienne route de Florac qui coupe toute la série, depuis la ville jusqu'au plateau, ou atteint des bancs épais, caverneux, durs, gris jaunâtre, compactes. Après la seconde borne, des carrières sont ouvertes dans un calcaire brécholde, gris, sub-cristallin, très tenace, inaltérable à l'air, et constituant rborizon de ces roches ruiniformes qui partout font une saillie très prononcée et abrupte au-dessus des talus réguliers de la série sous-jaccnte du lias, et impriment aux paysages de ce pays leur caractère propre. Les calcaires que Ton observe ensuite, en continuant à s'élever vers le plateau, sont caverneux et extrêmement
(1) Dufrénoy, loc. cit., p. 708.
(2) Compt. rend., vol. XVI, p. U4 3 et 1454, 4843.
(3) BuLL, 4" série, vol. XIV, p. 576, 4 843. — Voyez aussi, sur ce sujet, Ibid., p. 429 et 64 6.
' Bull., V série, vol. XI, p. 606 et 64 8, 4 854. rArchiac, Notes inédites ^ 4 853.
[k]Bu (6) D*i
k9h 6UD DK LA FRANCK.
dors. Des sHei Uaocs, smaUoldes, en rognons diferafermes ob ramiûés, y sont assez fréquemment empfttés.
Les fossiles soot peu nombreux dans cette série. Jl. KoKUiii cite V Ammonites subradiaitiê^ Sow*, dans le calcaire bleu qui repose sur les marnes du lias où nous l'avons aussi observé, puis le Peetett pwnilust et quelques espèces indéterminées. Nous sigaalerous de plus une Térébratule voisine de la 7'. variabiii$, et une petite Gry^ pbée qui rappelle la G. obliqua. Cette dernière ot peut-être ceUe çue M. Kcecblin appelle Ostrœa phœdra (1), et qu'il a rencontrée au-dessous des calcaires à Ëntroques et des calcaires dokNiiitiqu« de la partie supérieure de su coupe.
D^riemMt Si Dous reprenofis actuellement l'examen du groupe infériew raéranit. v^i^ rentrée du golfe jurassique, pour remonter ensuite le long 4b Céveunes, nous le retrouverons avec ses mêmes caractères d'extrême simplicité, ne rappelant» pour ainsi dire, que par sa positioB audessus du lias, ceux que nous avons trouvés si variés dans le uonL Ainsi, de même que M. Émilien Dumas, M. P. de ftouvilie (3) établit deux étages dans ce système de couches, l'un déeigaé sous le nom de calcaire à Fucoides^ et qui repose sur le lias, l'autre sens celui de dolomie de l'oolithe. Ces divisions ont pu être tracées aux environs de Mende, dont nous venons de parler, mais leur séparation ne nous y a point paru d'une grande netteté. Toutes deux étant rapportées ï Toolitbe inférieure, nousi^ les coasidérois que comme des sous-étages.
Au pied du pic Saint-fj)np, cet étage calcaréo-marneux constitue la causse de la Figarède ou de Cazevieille, et atteint une épaisseur de 80 à 100 mètres. I^ banc«, de 0",20 à 0~,30 d'épaisseur, mélangés de grains de quartz, alternent avec des lits de manie. La teinte est généralement hruue à la surface des strates, oà i'oa observe des empreintes rapportées à des Fucoides. Cet étage se développe entre Saint-Georges et Murviel, forme la falaise méridionale du
(t) Cette espèce, indiquée seulement dans le Prodrome de M. Alcide d'Orbigny, parait n'être que XOstrea subloba ta^ Desb.
(2) Descript. géoL (tes environs de Montpellirr^ p. ît, iu-i, avec carte, Montpellier, 4 853. — Voyez aussi Taupenet. Étiules géologiques^ etc., thèse, in-8, p. tî, avec carte, Dijon, 4 85t. — Nous suivroD.<t, dans la description de cette partie de la zone. Tordre de bas en haut, adopté par les auteurs auxquels nous empruntons ces détails.
GROOPE OOLlTBiQUB IHTÉRIBUK. ftM
basnn licaslre des quatre Pilas, puis vers le sud la falaise occideotaie de la plaine tertiaire de Pignau. Au nord de Montpellier il comprend les collines d*Aigue-Longue et des Mandrous alignées à TE. et k ro. Les silex y sont très répandus, disposés en lits de 0°*,i!iO à 0^»50, alternant avec des bancs calcaires, très compactes, d*un noir brillant, tenaces, et plus ou moins siliceux. Les bords du Lez, au-^ dessous de Castelnau , montrent les nombreuses dislocations et même les renversements qui ont affecté à la fois les deux systèmes jurassique et crétacé. Les fossiles sont partout très rares, etTautear n*y signale que les Belemnites canaliculatus, Schlotb. , et If loin* vUlei, Volix.
A quelques kilomètres de Murviel, sur la route de Védas, M. de Rouville décrit un gisement de silice pulvérulente connue sous le nom de terre blanche, et recouverte d'une masse de calcédoine bleuâtre. Cet amas est subordonné à Tétage qui nous occupe, mais son mode de formation, soit sédimentaire, soit provenant de l'intérieur, comme la silice des geysers, est encore fort problématique.
Les calcaires dolomitiques qui viennent au-dessus des précédents sont poreux, quelquefois vacuolaires, de teinte brune, et leurs cavi* tés sont remplies do carbonate de chaux, caractères que nous retrouverons dans leur prolongement à travers le département du Gard. M. Marcel de Serres (1) a décrit les calcaires et les dolomies qui constituent la nnoniagne de Celte, et il a exposé ses idées sur la formation de ces mêmes dolomies, ainsi que sur les soulèvements qui les ont affectées à plusieurs reprises. La masse centrale ou le noyau de la montagne est dolomitique, et au-dessus tont des lambeaux calcaires peu étendus. Presque toute la base est entourée de dépôts tertiaires peu puissants et soulevés comme les roches .secondaires. Vers la pointe Saint- Joseph sont de petits amas qua« ternaires horizontaux. Deux soulèvements auraient amené la montagne \ son état actuel. Le premier, parallèle à la direction de la cOte, a produit le grand axe du relief, et coïnciderait avec celui qui a relevé la petite chaîne calcaire du pic Saint-Loup et du mont Ortos, celle de Saint-Martin-de-Londres et la grande ligne des CéTeones; le second, dirigé S.-S.-E., N.-N.-O., aurait porté les dolomies \ la hauteur où nous les voyons actuellement, et serait
(K) Jetés de la Soc. Linn. de BordeattXj vol. XI, p. 347, 4840. — Répertoire des travaux de la Soc, de statistique de Marseille ^ vol. IV, 4840.
parallèle à la ligne des éTents volcaniques, passant par Brescoo, Agde, Gabian, Caux, etc., jusqu'à Escaudalgue de Lodève.
M. Émilien Dumas (1) a aussi menliooné aux environs de Trêves, à Saint-Sulpice et au moulin des Gardîes, au-dessous de ReTens, non loin des limites des départements du Gard et de TAveyroo, les dépôts de combustible subordonnés au sous-éiage inférieur du troisième groupe, et formés de débris de cycadées. Les nodules siliceux, très répandus dans cet étage, remplacent même quelquefois le calcaire, en donnant à la roche l'aspect des calcaires siliceux du lias à Grypbées arquées. Son épaisseur variable est de 30 à 35 mètres sous le château de Fressac, el elle atteint 50 mètres à Saint- Brès. Les fossiles, toujours très rares, sont, outre le Belemnîies Blainvillei que nous avons déjà cité, les Terebratula omithoctphala, Sow., oblmga, id., concinna, id., spinosa, Smith, des Limes, des échinides, le Peniacrinus Briareus, Mill., et des Fucoîdes.
Le second sous-étage, ou calcaire à Entroques, comprend des calcaires gris foncé, passant quelquefois au rougeâtre ou au jaunâtre, remplis de fragments de crinoîdes qui Tout fait confondre avec certaines couches subordonnées au calcaire à Gryphées arquées, bien que l'espèce soit ici le Pentacrinus Briareus au lieu d'être le P. basaltiformfs. A Saint-Brès, au sud de Saint-Ambroix, son épaisseur est de 50 mètres. On y trouve les Belemnîies Blainmllei et stdcatKS^ la Terebratula tetraedra, des dents de Squales, mais point d'Ammonites.
Au pied de la montagne de Saint-Julien, prèsd'Alais, les ix>ches deviennent magnésiennes. Elles sont à gros grains, friables, se désagrégeant facilement, celluleuses, et d^ageant sous le choc une odeur fétide. La stratification n'y est plus apparente, et les silex blanchâtres en rognons sont altérés. Cette modification du second étage se manifeste surtout dans l'arrondissement du Vigan, où elle forme un point de repère bien caractérisé. Ces roches couronnent le sommet des grands escarpements jurassiques autour des terrains plus anciens des Cévennes, dans le département du Gard comme dans ceux de la Lozère et de l'Aveyron, et surtout le long des lignes profondes de fracture où coulent l'Hérault, FArre, le Trevézel, la Dourbie, la Jonte et l'Aveyron. Partout les strates horizontaux ou à pentes inclinées rccot^vrent le sous-étage inférieur, et sont sur-
(4) Bull.y 2«8ér., vol. III, p. 562-614, 4 846.
GROUPE OOUTHIQUB INFÉRIEUR. k^l
montés par quelques assises rapportées au gi-oupe moyeu. Les fossiles sont ceux du calcaire à Eniroques, qu*ils représentent. La pierre a tous les caractères d'une dolomie formée par voie de métamorphisme; seulement M. Dumas, au lieu d'attribuer le phénomène à nne action ignée, le fait résulter de vapeurs magnésiennes, ou bien de sources chargées de carbonate du magnésie, qui se seraient élevées du fond de la mer par des fenies avant la consolidation des calcaires. Telle serait, suivant Tauteur, Forigine de toutes les assises dolomitiques intercalées dans les dépôts jurassiques des Cévennes (1).
Les feuilles du Vigan, d'Alais et de Mmesde la Carte géologique du département du Gard donnent une idée parfaite de la position et de la répartition du groupe oolithique inférieur sur le pourtour des Cévennes, ainsi que des diverses parties qui sont à l'état de dolomie. Ses rapports avec le has et le groupe moyen de la zone qu'il occupe, fort étroite et souvent même réduite à un mince filet, y sont exprimés, par M. Ë. Dumas, avec une grande netteté, et l'étude de cette carte, à ces divers points de vue, est d'un haut intérêt.
Sar le versant sud-est de la chaîne, te groupe affleure par places jusqu'à Auduze, et ses contours y sont très découpés. Au nord-est de cette ville on le suit encore jusqu'à Alais. Interrompu entre ce dernier point et Saint-Julien-de-Valgalgues , un petit lambeau se trouve au nord de la Roque, un autre à la fontaine du Roure, et une bande assez développée s'étend également des bords de l'Auzonet à Saint-Brès, au nord de Saint-Ainbroix. Au delà de ce point, le troisième groupe n'est plus indiqué que dans le département de l'Ardèche, où une bande sinueuse limite au sud le bassin des Vans.
Sur la carte géologique de la France, les argiles supérieures du D^parieoMot lias étant réunies au groupe oolithique inférieur, d'une part, et les rArdùcUe. couches rapportées depuis au groupe moyen ayant été placées dans ce même groupe inférieur, de l'autre, on conçoit que la répartition de ce dernier y est représentée d'une manière assez différente de celle que nous lui assignons ici. Cependant il fallait une étude bien détaillée des lieux pour changer tout d'un coup cette disposition
(4 ) On doit anssi à M. d'Hombres-Firmas plusieurs notes relatives à la géologie des environs d' Alais : 4° Note sur Fressac [Gard), et dt's~ cription d anciennes Térébratules (T. minima et Leopoldina), Alais, 4 847. — %^ Description de la Terebratula alesibmsjs trouvée dans la ville même d'Jlais^ 4 847. — 3" Note sur les grades pleines d'eau de Saint-Julien de P'nlgalgues {Bull., 2" sér., vol. VIII, p. 474, 4854).