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S0& Wf M L4 FK4NCIt
ro. sous M06 autre série très puissante de sehistes argilixalcaîres, fissiles, avec des calcaires yers le haut, très papyres en restes orga* niques et que !M. Gras rapporte à Toolithe inférieure (colliDes qui séparent la vallée du Drac de celle de la Gresse, de Vif an Mones* lier-de-Clermonl).
Cette série est à son tour recouverte par une antre égaleqient composée de deux étages : riuférieur comprenant des schistes marneux et argileux très friables ; le second des bancs de calcaire gris, compacte, liés au précédent par des couches marneuses, U borde à l'ouest la vallée de la Gresse, constituant le premier gradin des montagnes qui séparent le département de Tlsère de celai de U Drôme, et se prolongeant vers le N. poqr passer à la porte de France, près de Grenoble. Beaucoup de Béleronites, d'Ammonites, de Térébratules et d'autres fossiles propres ï l'étage d'Oxford, rencontrés dans ces calcaires et dans les marnes sous-jacentes, fixent leur niveau géol<^iquedans le groupe oolitbique moyen qui termine, comme on l'a dit, la formation jurassique de cette région, et contre lequel s'appuie le groupe néocomien. Ni aux environs de la Mure ni ailleurs, aucun des étages jurassiques tels qu'ils viennent d'êtve tracés ne renferme de grès^ anthracite ni d'empreintes végé* taies de la période houillère, Celles qu'on y a trouvées à peu de distance dans le département de l'Isère, comme dans celui de l'Ain, ont toutes les caractères de la flore jurassique.
U y aurait ainsi, d'après M, Gras (p. 720), sur le versant extérieur des Alpes occidentales, deux systèmes de couches calcaires è Bélemnites : l'un plus ancien se liant, soit aux talcschistes, soit à des grès à anthracites, avec des empreintes de végétaux de la période houillère, et qui serait le prolongement des couches anlhracifères inférieures de la Alaurienne et de la Tarentaise ; l'autre incontestablement supérieur qui, lorsqu'il est bien développé, se divise en trois groupes représentant le lias, et les groupes oolitbiques inférieur et moyen.
Les calcaires qui séparent la Romanche de la Tarentaise, dit M. Studer (1), renferment assez fréquemment des Bélemnites, des Ammonites, des crinoîdes, etc., et les assises anthracifères avec des plantes houillères recouvrent des calcaires et des schistes très épais
(4) Géologie der SchweiZy vol. I, p. 84-82. — Voyez anssii Coupe prise sous le village de Bons^ près de Mont^'de^LanSy par M. Gueymard [Statist, miner,, géoL, etc., p. 496, pi. I, fig. 6).
PRQVniCI BT DiUPHIVÉ, 506
avec des re8te9d'8niiD9ui fossiles marins du lias. Mais vers Bons et Mont-de-LanSy les schistes avec des Bélemniles jurassiques reposent horizontalement sur des couches de gneiss et d*authracile, de sorte, eentinue le savant auteur de la Carte géologique de la Suisse, qu'il faut admettre, ou deux étages anthracifères différents, Tnn anté^ rieur, l'autre postérieur aux schistes à fiélemnites; ou bien se rendre compte de cette disposition straligraphique par des renverse^ ments, des glissements, etc.
Dans sa Statistique minéralogique, géologique, métallurgique et minéralurgique de l* Isère (i), M. E. Gueymard a suivi, pour la formation jurassique, les mômes dénominations et les mêmes divisions que dans son travail de 1831. Ces divisions sont aussi représentées sur la carte par une seule teinte, et la description faite encore sous forme d'itinéraires rend assez difficile une exposition méthodique ou scientifique des faits observés. L'énomération des fossiles, toujours très restreinte, ne nous offre pas d'autres espèces que celles que nous avons déjà citées. Aussi nous bornerons-nous i renvoyer le lecteur à cet ouvrage, dans lequel on trouve beaucoup de renseignements locaux très précieux, des coupes fort utiles qui manquaient dans le premier travail de l'auteur, et l'indication d'iti néraires bien faits, décrits avec soin, et propres à guider le naturaliste dans cette région si heureusement accidentée par la nature.
Les recherches récentes de M. Gueymard, sur l'existence du cuemenu platine dans une multitude de roches où on ne l'aurait pas soup- ^^ '^^""* çonné, l'ont conduit à des résultats curieux. Déjà il avait constaté (2) des indices d'or dans presque toutes les substances minérales qui composent les divers gîtes des vallées de la Romanche et de l(i Ourance, tandis que le platine n'avait été observé que d^ns les cal^ caires non métamorphiques du lias de la Grave. Mais plus tard (3), il en reconnut dans des calcaires magnésiens et dans des dolomies sur plusieurs points des Alpes de la Savoie et du Dauphiné {U).
Î1)-In-8, avec carte in-folio et pi. de coupes, Grenoble, 4 844. 2) Compt. rend., 34 déc. 4 849. — Jnn. des mines^ 4* séries vol. XIV, p. 334. — Ibid,, vol. XVI, p. 495. — Ibid., «• série, vol. I, p. 345, 4 852.
(3) Recherches analytiques sur le platine des Alpes, Ibid,, 5«sér., vol. V, p. 479, 4 854.
(4) Ce métal, dit- il, se trouve disséminé dans un grand nombre de filons, dans les calcaires jurassiques, dans les grès nummulitiques, dans la mollasse et dans le diluvium alpin ; il se trouve éga-^
da mercare.
M. S. Gras (1) a fait aussi connaître nn gisement de mercore à U kilomètres à Touest de la Mure, dans un calcaire gris compacte et dans des schistes argilo-calcaires, en couches très tourmentées appartenant au lias. Ces couches renferment les Ammonites Walcotiiei fimbriatus, le Belemnites Bruguierianus^ etc. , et reposent sur les grès à anthracite. Deux auures gîtes de mercure ont été constatés : le premier au Merle, un peu au-dessous de la naissance du grand ravin de la Combe-Guichard. Des nids de cinabre avec zinc carbonate et zinc sulfuré, et des rognons de boumonitc argentifère s'y rencontrent, dans un calcaire altéré, caverneux, de 0",50 d^épaisseur. Le second, à 150 mètres du précédent, montre les minerais formant plusieurs petits filons parallèles très rapprochés, de moins de 0°*,1 d'épaisseur, à l'exception d'un seul, qui atteint 1 mètre. On en peut compter ainsi 15 sur une largeur de 5™,50. Ils sont dirigés O. 10" N., E. 10*» S., plongeant de ôO'» à 70* au N. La masse est composée de chaux carbonatéc, de dolomie, de quartz, de fer spathique, dans laquelle sont disséminés la bournonite, le carbonate de zinc, le cinabre, le zinc sulfuré et la galène. L*oxyde de manganèse se présente souvent encore sous forme de poiissière noire.
Jusqu'à présent nous avons dû employer les dénominations locales ou un peu vagues, quelquefois même inexactes, dont s'étaient servis les géologues qui ont les premiers décrit cette partie difficile do Dauphiné, mais nous arrivons à un moment où les observateurs, s'étant astreints eux-mêmes à une nomenclature ou à une manière de
lemeDt dans le sable des rivières et des ruisseaux. Enfin, il joue an rôle dans les zincs, les fontes, les fers et les aciers de nos contrées. Sur 100 grammes desquatre roches suivantes qu'il a analysées, l'auteur a trouvé :
Millifr. de platîBt.
Calcniro oxfordien au^essus de la Porte de France. . . 0,05ôâ Calcuire à Posidonomyes de la Fonlainc^Ardente. . . . O.OâSi
Calrwire oxfordieu de Coienc U,lô^
Gnicairu du lius de la Grave (Hautes-Alpes) 0,0366
Ces proportions sont plus fortes que celles de l 'or dans les sables du Rhin que l'on soumet aux lavages {Bull., V sér., vol. XII, p. 434, 1855).
(1) BulL, 2" sér., vol. VIII, p. 562. 1852. — On doit aussi à M. S. Gras une Note sur le bitume pétrole du calcaire de la Porte de France [Bull. Soc, de statist., etc., du département de l'Isère^ vol. I, p. 15,1838).
PROVBNCB ET DAUPHINÂ. ^97
décrire plus méthodique, nous permettent aussi de reprendre notre marche habituelle.
M. Albin Gras (1) a désigné, sous l'expression de terrain jurassique alpin, les dépôts de cet âge qui appartiennent aux bassins de risère et du Drac, et qui sont si développés dans l'arrondissement de Grenoble, puis sous celle de tefTain jurassique extra-alpin ceux qui, faisant exclusivement partie du bassin du Rhône, sont compris dans la portion nord du déparlement, entre la rivière de la Bourbre et la rive gauche du fleuve. Nous traiterons d'abord de la première région, substituant ce dernier mot à celui de terrain.
D'après ce qu'on a déjà vu, on peut présumer que le groupe Régioo oolitbique supérieur manque tout à fait dans la région jurassique a'ip'ne!'' des Alpes du Dauphiné; pour le groupe moyen, les calcaires en partie dolomltiques de l'Échaillon et de la finisse pourraient représenter les premières couches ou la base du coral-rag, mais Fétage d*Oxford est au contraire très développé. Dans l'arrondissement de Grenoble, on en voit plusieurs Ilots surgir au milieu des dé))ôts néocomiens, an-dessus de Fourvoirie, de la Grande-Chartreuse, entre la RochèrectSaint-Pierre-d'Entremont,àla montagne d'Âizy et à celle de Chalais, près de Voreppc. On rencontre dans la première et la dernière de ces localités les Ammonites communis^ Sow.?, Hommairei , d'Orb., et diplex , Sow., et à Aizy les A. Adelœ, d'Orb., Bommairei, id., anceps^ Rein., diplex, Sow., tatricus, Pusch, viator, d'Orb., et le Belemnites hastatus, Blainv. Plus à l'est, le môme étage constitue une grande chaîne qui s'étend de Cbapareillan au iMonestier de Percy bordant le côté droit de la vallée du Graisivaudan. M. A. Gras y distingue de haut en bas trois assises principales.
!• Calcaire gris compacte (calcaire dit de la Portede France) (2), souvent imprégné de carbone, avec«des veines de calcaire spathique, et renfermant la Terebratula diphya^ de Buch, le Belemnites kastalus, Blainv. , les Ammonites diplex, Sow. , flexuosus,
(4 ) Description des oursins fossiles du département de l'Isère , suivie d'une notice géologique sur les divers terrains de ce département, p. 79, in-8, avec 6 pi,, Grenoble, Paris, 4 848. — Buii, Soc. stntist. des se. nat,, etc., du département de C Isère ^ vol. IV, p. 356, 4846-48.
(2) Guettard avait donné une description peut-être un peu prolixe, mais fort complète, de cette assise [Mém, sur la minéralogie du Dauphiné^ vol. I, p. 206, 1779).
M8 Bit Dl LA rRAHOft.
£iet.T, Bakefiœ, SoWj, Homfnatreit d*Orb.« tairieuê ^ Polcti, tortisulcatus^ d*Orb. , via^or, id. , et les Aptychuê lœ»iê et imArica^tM, Heriti. t. Mey.
2« Marnes avec de petites Ammonites ferrugineuses (marnes de Meyian de M. Gaeymard), composées de calcaires plus od mobs marnent avec des géodes siliceuses, semblables à celles que nous avons décrites dans les départements de la Drdme et des Hauies-Alpes {antè^ p. 57^) (1). Âu-dessus de l'église de Meylao et an delà de la porte Saint-Laurent, on y trouve les Ammonites Henrici, d'Orb., tripartitus^ Rasp., tortisulcatus, d'Orb., biplex^ Sow. , et lunula, Ziet.
3* Les marnes à Posidonomyes (marnes à Lucines de M. Gneymard) sont schisteuses, noirâtres, remplies de Posidonomyes, et s'observent particulièrement à la Fontaine-Ardente, tu delà de Yif, k Meyian au-dessus de l'église, etc.
Le troisième groupe oolithique paraissant manquer dans ce pays comme le premier, l'auteur rapporte au lias supétieur des calcaires marneux, noirâtres, schisteux, qui succèdent immédiatement aux marnes à Posidonomyes, sur les bords du Orac à Saint- Georges-de-Commiers, à la Motte-Ies-Bains, etc. , et que caractérisent les Ammonites heterophylius^ Sow., fimbriatus, îd., et margaritatus, Motitf. , propres aU second étage du lias plutôt qu'au premier. Plus bas, un calcaire noirâtre, sihceux, demi-cristallin, passant parfois au grès, est exploité cotnmc marbre à Laffrey, ) Peychagnard, à Corenc Les J'erebratuta tetraedra, Sow., et numismalis, Lam., àesSpirifer^ des Gryphées, la Lima gigantea, Desh., le Belemnites niger^ List., qu'on y rencontre, semblent devoir le faire rapporter encore au second étage. On a ta que le calcaire de Ldiïrey reposait sur les grès anthracifères ; M. A. Gras cite, comme faisant partie de ces derniers, des couches qui, au col d'Ornon, au Mont-de-Lans en Oisans, etc., renferment beaucoup de fossiles tels que Y Ammonites Bucklandi, Sow., VA. ScipiomanuSf d'Orb., le Belemnites niger^ qui les feraient rapporter aa troisième étage.
Dans son Catalogue des corps organisés fossiles gui se rencon*
(4) Les nodules souvent géodiques qui oaractérisent cette
ont été fort bien décrits et figurés par Guettant {loc, eit.^ vol. 1, p. 209, et vol. II, pi. U).
PROVBKCft BT DADPBMB. 600
trent dans le département de r Isère (1), le ttiême géologde, trop préoccupé peut-ôire de ranger ses fossiles suivant certaines classifi* cations paléontologiques artificielles^ n'indique pas de coupes constatant la superposition des trois étages qu'il trouve dans le lias, et déterminés seulement par la présence de 5, 8 et ^ espèces. Nous ne Toyons pas non plus précisée la place occupée par les couches rapportées à Toolithe inférieure (Cbaudon, Gap, Corenc). L'eiis* ience de quelques fossiles sur un point reste un objet de doute tant que cette localité u*a pas été décrite strattgraphiquement Aussi attendrons-nous une démonstration plus rigoureuse pour admettre les quatre étages cités par Tautcur à la base de la formation, d'après des listes de coquilles très restreintes, et même nulles pour l'oolithe inférieure. Dans cette publication, M. A. Gras sépare tout à fait le gisement des Ammonites de !\lont-de-Lans des couches à anthracites et à empreintes de plantes de la période houillère.
Le groupe oolithique moyen comprend, comme précédemment, trois assises rapportées à l'étage d'Oxford, mais qui peuvent représenter le Kelloway-rock, l'Oxford-clay et le calcareous-grit supérieur. 26 espèces fossiles y sont signalées. Quant à l'étage du coral-^ rag, représenté par les calcaires de l'Échaillon, eu face de Yoreppe, H serait caractérisé par une Bélemnite [B. hastatus, Blainv.?), Nerinea Mosœ^ Desh. , Natica hemispkœrica, d'Orb. , Pecien niveuSj Id., Diceras arietina, Lam., Ostrea gregarea^ Sow., Terebratula inconstans, id., Cidaris coronata, Gold., C. gloxidiféra, id., des polypiers, etc., en tout 22 espèces.
Nous avons donné quelque développement à l'exposition des travaux de M. Lory {antè, vol. IV, p. 52& et 539) sur le massif de la Grande-Chartreuse et sur les montagnes qui se trouvent dans son prolongement au sud, depuis la rive gauche de l'Isère jusqu'au! cimes élevées qui circonscrivent le bassin de YlIlard-de-Lans. Nous avons fait volr^ d'après ce géologue, les relations des dépôts crétacés et jurassiques dans ces montagnes; il nous reste à compléter la description de ceux-ci tels qu'il les considère dans ses deux derniers mémoires.
La vallée de Tlsère, de Montmeillan k Grenoble et celle du Drac» entre cette dernière ville et Saint-Bonnet sont, dit-il (2),
(1) In-8, Grenoble, 4 852, avec 4 pi. — Bull. Soc.statist. des se. nat.^ etc., du département de VIsère, 2* sér., toi. Il, p. 4, 4 852.
(2) Bull., 2« sér., vol. IX, p. 54, \^h\. — Essai géologique
entièrement ouvertes dans la formation jurassique, à la limite de deux groupes séparés Tun de l'autre |)ar ces vallées. Du côté des Alpes ou à Test, c'est le lias reposant sur des lambeaux du groupe anlhracifère ou sur les roches cristallines schisteuses; à rooest, sar la rive droite de l'Isère et la rive gauche du Drac, c'est Tétage d'Oxford immédiatement recouvert, dans la plupart des cas, par la série crétacée.
Les caractères peu tranchés des couches qui séparent les deux séries n'ont pas encore permis de fixer nettement leurs limites. Ce sont des calcaires schisteux, très argileux, sans fossiles, que M. Lory ne croit pas pouvoir assimiler d'une manière positive au groupe ootithique inférieur. Les marnes à Postdonomyes viennent immédiatement au-dessus, puis les marnes schisteuses avec de petites Ammonites en fer sulfuré, les calcaires marneux avec rognons géodiques de iMeyian, le calcaire compacte de la Porte de France, un calcaire plos pâle à grain fin avec les Ammonites Adelœ, d'Oib., anceps. Rein., Ihmmairei, à' Oi'h, (Aizy-sur-Noyarey, Chalays, près Voreppe),et quelques couches marneuses et bitumineuses qui se moutreut encore avant les marnes néocomiennes avec lesquelles elles ont la plus grande ressemblance.
En dehors de la vallée du Drac et du Graisivaudan, la formation n'est plus représentée que par la portion supérieure de cet étage d'Oxford ou calcaire de la Porte de France, que nous serions tenté de mettre sur l'horizon du calcareous-grit inférieur du nord. Il affleure dans les vallées d'Ëntremont et de la Ruchère, à Saiot- Pierre-de-Charlreuse, au Sappey, à Fourvoirie, sur toute la ligoe de ce dernier point à Voreppe, puis de l'autre côté de l'Isère à Veurey, Montaud, Saint-Gervais, Rencurel, les cluses du Royannais, etc. Le plus ordinairement cette grande assise supporte les couches néocomiennes, mais quelquefois elle en est séparée par des strates, derniers rudiments des étages jurassiques plus élevés de la rive droite du Rhône. Dans la cluse de Chaille, que traverse la route du Pont-de-Beauvoisin aux Échelles, les calcaires du groupe moyen sont surmontés de calcaires blancs, compactes, avec des polypiers, et représentant le coral-rag. On peut les suivre sur tout le plateau qui s'étend vers Miribel, à Saint-Aupre cl à Voreppe; ils
sur le groupe des mo/iing/irs de la Grandc-Chaitreuse^ p. 9, in -8, avec coupes, Grenoble, \ 852. — Btdl. Soc. statist. des se. nat.^ etc , du département de l'Isère^ 2" sér., vol. II, p. 54, 4 852.
PROVENCE ET DàUPHINB. 601
disparaissent sous une voûle .néocomienne complète, et se montrent de nouveau, par suite de la coupure de la vallée de l'Isère, aux Balmes de Voreppe sur la rive droite, et à FÉchaillon sur la rive gauche. Vers leur base, une couche de dolomie représente celle de la Savoie et du Jura méridional ; enfin à Saint-Gervais, ils cessent complètement.
A l'ouest de cette ligne de la cluse de Chaille à Saint-Gervais, ligne qui représente l'axe de la chaîne la plus extérieure des Alpes, le coral-rag n'existe plus que sur un très petit nombre de points (voûte des Échelles, base de la roche de Beslan, Aizy, en face de Voreppe, etc.). Les coupes géologiques des montagnes de la Grandc*Chartreuse, résultat d'une élude attentive et très détaillée de ce massif, non moins intéressant pour le simple touriste que pour le naturaliste, montrent aussi parfaitement que le coralrag existe toujours à l'ouest de la faille de Voreppe, qu'il y en a encore quelques faibles traces sur son bord oriental, mais que plus loin, vers les Alpes, le groupe i^ocomien repose constamment sur le second groupe oolithique, sans qu'on observe de différences bien sensibles dans la nature des couches en contact, non plus que dans la stratification (1).
Il nous reste maintenant à décrire la partie de la formation qui, luçgion comprise dans le nord du département de l'Isère, entre la rive «"«""how gauche du Rhône et le cours de la Bourbre, est le prolongement *^" ^'p" méridional direct des dernières ramifications du Jura. Ce massif, de forme triangulaire, a été désigné par M. E. Gueymard et colorié sur sa carte sous le nom de calcaire jurassique ; M, Albin Gras l'a appelé d'abord terrain jurassique extra-alpin, et plus tard terrain jurassique non alpin. Les auteurs de la Carte géologique de la France y ont distingué les groupes oolithiques moyen et inférieur, tandis que, dans tout le reste du Daupliinô et de la Provence, une seule teinte bleu foncé représente, comme on l'a dit, l'ensemble des dépôts jurassiques. Une pareille distinction, faite unanimement par des observateurs placés à divers points de vue, doit nécessairement reposer sur des différences bien tranchées dues à une cause générale. C'est en effet ce qui a lieu entre les dépôts qui appartiennent au système de montagnes du Jura et ceux qui dépendent de la région actuelle des Alpes proprement dites. M. Albin Gras, comme on l'a déjà vu, a donné en 18^8, à la
(4) Bull., 2* sér., vol. IX, p. 226, 4862,
002 BST m a niiicÈ.
Buile de sa descriptioû des oursins fossiles, une notice gèotogîqoe sur les divers terrains du département de l*Isère, et en 1852 on catalogue des corps ot^gatiisés fossiles rangés par terrains, ouvrage dans lequel il a nécessairement mis à profit les résultats publiés par M. Tbiollière et par M. Lory dans Tintervalle de ses deux publications. Nous résumerons ici ce qu'il y a de plus essentiel dans ces dernières, et nous retiendrons ensuite sur les travaux auxquels nous venons de faire allusion.
M. A. Gras (1) distingue trois groupes dans cet ensemble de touches. Son groupe oolithique supérieui", très peu développé, n'existe c/ue sur le bord du Rhône, près d'Arandon, de Morestel, de Passins, de Trcpt, etc., où il renferme le Zamia Feneonis, Ad. Br. , VExogyra virguia, Defr. , l* Isocardia excentrica, Yolti, Y Ammonites Lallierianus, d'Orb., VA, longispinus^ Sow. Dans son second mémoire (2), l'auteur ne parait pas séparer nettement le coraUrag de cas assises. Son groupe oolithique moyen correspond à l'élagc d'Oxford, et comprend les calcaires de Quirieux, de Paverges, de Gourtenay, de Soleymicux, etc., avec les Terebrêtula senticosa, Schlotb., lacunosa , id., insignis, Schûbl., les Ammonites biplex, Sow., Bakeriœ^ id., plicatilis, îd., tortisulcatus, d*Orb., le Dysaster capistratus^ Ag., etc., et de nombreux spongiaires. Le troisième groupe, désigné ici comme oolithe inférieure et lias supérieur, comprend des calcaires blancs souvent oolithiques, saccharoîdes ou marneux, remplis de fossiles (Crémien, Panossas, Vertrieux, Amblagnieux). A Saint-Quentin, près de la Verpillière, est un gisement de fer oolithique.
Les espèces fossiles citées dans le premier travail de M. A. Gras appartiennent aux deux étages supérieurs du lias et au premier sométagc de l'oolitbe inférieure, mais dans le second nous le voyons admettre : l"* une assise qui correspondrait au cornbrash et an forest-marbleaux environs de Grémieu, Moras, Amblagnieux, etc., avec Terebratula concinna^ Sow., Ostrea acuminata, id.. Ammonites mbbakeriœ^ d'Orb.; 2"* une assise puissante de calcaire oolilithique avec des débris de crinoîdes, exploitée à la Grive, près Bourgoin ; 3^ une petite couche de lumacbelle avec Ostrea acuminota; W des calcaires à crinoîdes ou lumacbelle à ciment de cal-
(1) Descript. des oursins Jossiles du département de fisêrty p. 79, in-8. avec 6 pi., Grenoble. 4 848, avec un Supplément.
(2) Catalogue des corps organisés fossiles^ etc., p. 24.
PROTBNGB IT DAUPHINB. 603
Caire, tàntdt argileux^ tantôt ferrugineax, ptlis des grès et des calcaires siliceux en lits minces, gris plus ou moins bleuâtres ou jaunâtres, non ooiiibiques. M. Thioilière a cité dans ces couches à Fallat ier, près de la YerpilUôre, k Grémieu, Oncieux, etc. , The^ cophyllia decipiem^ Miln. Edw. et J. Haime, Hyboclypm gibbertduêi Agi, Terebratula impressa^ de fiuch, Purpurina nassoides^ û*Orb, i Belemnitei $ulcatu8i 9Aï\\.i Ammonites Humphriesimm^ Soir*
EnGn, dans le lias, M. Â* Gras croit poutoir retrouver trois étages distincts. Le plus élevé est celui qui renferme les fossiles du minerai de fer oolithique de Saint-Quentin « près de la Verpillière, de Saint-Marcel j de Panossas, d'Hières, etc. Parmi les espèces suivantes, dont le plus grand nombre caractérisent en eifet le premier étage du lias, nous en trouvons quelques-unes que nous connaissons à la base de l'étage de Toolithe inférieure dans le nord et en Allemagne, et d'autres dans le second étage du lias. L'auteUr cite particulièrement à Saint-Quentin le Thecocyathus mactra, ▼ar. major, Miln. Edw. et J. Haime, la Nucula Uammeri, DcfÉ^a, la Terebratula tetraedra^ Sow., le Pleurotomaria principalis, 6old4, le Turbo duplicatus iGold.^ les Trochus flexuoaus et mbsulcatuSi id., les Belemnites brevis, fllainv., exilii^ d'Orb., Nodotianus, id., irregularis, Scblotb., tripartitus, id , le Nautilus inornatus , d'Orb. , les Ammonites subarmatus , Young et Bird , bifrons, Brug. , comensis, de Buch, radians, Scblotb., primordialis, id.| do/en^is, Ziet , annulatus, Sow., comurcopiœ, Young et Bird, mucronatuê, d'Orb., Raquinianus, ii, communié, Sow., heterophyilus, id. , stemalis, de BuCb, insignis, Schûbl. , variabiliê, d'Orb., complanatus, Brug., c'est-à^^dire toute une fâude que nous avons vue le long des Gévennes occuper absolument le môme horizon (1).
Immédiatement sous ces minerais de fer, le calcaire ferrugineux appelé couches mélanges dans le pays, renfermant des Plicatules, et où sont indiqués les Belemnites Bruguterianus et niger, représenterait tont âu plus notre second étage dans là commune de
(4) Suivant M. Sœmann, le gisement fossilifère de la Verpillière, renferfinant les espèces que nous avons citées dans Fassise la plus basse de roolithe inférieure de Frocester {antéf p. 98), et celles du lias t^ et du jura brun c du Wurtemberg, prouverait la liaison intime de ces deux divisions.