‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859]Chapitre 136 sur 166 · À I8T DI LA FRANCS · texte numérisé non relu

À I8T DI LA FRANCS

Saint-Quentin où des Cardinia securiformis^ Ag. , et des îûdividos assez incomplets de Gryphées arquées pourraient faire soupçonner quelques traces du troisième.

ImI presque totalité des cantons de Crémieu, de Morestel et de Bourgoin, dit M. Lory (1), est formée par un plateau calcaire auquel se rattachent des îlots semblables dans le canton de la YerpilUère, les collines de Saiut-Alban, de Vaulx-Milieu, de File d'Âbean, de Yillc-Fonlaine et de Saint-Quentin. Ce plateau triangulaire, qui se relie aux chaînes méridionales du Jura, est entouré et recouvert en partie de dépôts modernes, quaternaires et tertiaires. Son altitode varie de 200 à 650 mètres; il incline consUmment à TE., se terminant à 1*0. et au S.-O. par des falaises escarpées. La pente générale du sol est aussi celle des étages qui se recouvrent à niveau décroissant dans cette direction.

La forme triangulaire de ce plateau résulte de rintersection de trois soulèvements. Chacun de ses côtés oiïre une faille, et la combinaison des mouvements du sol perpendiculairement à ces trois directions explique ses caractères orographiques. Ce massif est composé, comme on Ta déjà indiqué, des groupes oolithiques moyen et inférieur, et de quelques affleurements de celui du lias. Le canton de Crémieu et les collines calcaires de celui de la Yerpil- Uère appartiennent aux deux derniers, le canton de Morestel et une partie de celui de Bourgoin aux marnes et aux calcaires de l'étage d*Oxford, puis au coral-rag. Quant aux étages plus élevés, on a vu qu'il était difficile de les séparer de ce dernier. Ils se retrouvent sur la rive gauche du Ahône dans quelques parties du canton de Morestel, caractérisés par VExogyra virgula.

La limite des groupes moyen et inférieur est partout nettement tracée, depuis le confluent du Fouron avec le Ahône, suivant une ligne N.-N.-E., S. -S.-O., et dont le prolongement passerait à peu près par Bourgoin. De part et d'autre de cette ligne, les caractères physiques du sol sont en rapport avec les différences roinéralogiques et l'âge des dépôts. Les parties les plus élevées du pays appartiennent aux divisions du groupe oolithique inférieur, et les autres leur succèdent en s'abaissant vers l'E. L'auteur suppose qu'il s'est

(<) Notice sur le plateau jurassique du nord de C Isère [Bull. Soc, (le statist,y etc., du département de l'Isère^ 2* série, vol. I, p. 35 1 , 4 85t . — JBulL Soc. géol. de France, %* sér., vol. IX, p. 48, 4851).

PROVENCE ET DAUPHtNÉ. 605

prodak une dépression par contre-coup du soulèvement des montagnes du Bugey et deux exhaussements de directions différentes : l*un par rapport aux plaines de la Bresse, Fautre par rapport aux marais de Bourgoin.

M. Lory, qui se propose de décrire ultérieurement les étages supérieurs, particulièrement développés dans le canton de Morestel, s'est occupé dans ce mémoire du lias et du groupe oolithique inférieur. Ce dernier, dit-il, atteint une épaisseur considérable dans cette petile région, et Ton peut y reconnaître les mêmes subdivisions que dans les chaînes du Jura. Ce développement est très remarquable dans un pays aussi rapproché des Alpes, où le même groupe manque entièrement. L'auteur y dislingue les équivalents du combrashy du forest-marble^ de la gronde oolithe, du calcaire â Entroques, et une assise inférieure de grès eu de calcaires «i7«ceux recouvrant le minerai de fer oolithique. Sans prétendre que ces rapprochements soient encore bien rigoureusement démontrés, nous les admettrons provisoirement, et nous dirons avec j\l. Lory que le cornbrash est composé de calcaire gris ou jaunâtre, à grain fin, sub-lamellaire ou sub-oollthique, en lits minces, surmontés par les marnes bleuâtres de Tétage d*Oxford, et recouvrant Tétage suivani, tout le long d'une ligne qui passerait par Amblagneux, Optevoz et Saint-Hilaire. Le forest-marble comprend un calcaire compacte, grisâtre ou blanc sale, bien stratifié, solide, en bancs souvent de plus de 1 mètre d'épaisseur, renfermant par places des rognons de silex volumineux , arrondis ou noduleux comme ceux de la craie, et au-dessous des lits peu épais de marne grisâtre alternant avec des marnes coquillières, feuilletées. On observe surtout ces couches lorsqu'on monte des bords du Rhône aux carrières de Bonis.

L'étage de la grande oolithe, le plus puissant du groupe, est aussi le seul qui renferme de véritables calcaires oolithiques. Il est composé de couches minces, peu solides, formant, par suite de leur facile désagrégation, des pentes boisées assez douces et susceptibles de culture, tandis que les assises entre lesquelles il est compris se terminent par des escarpements presque verticaux. Les couches les plus basses, plus résistantes que les autres, donnent seules de bons matériaux de construction (collines de Moiras, de Moirieu, la Grive, près de Bourgoin). Les supérieures, blanches ou grisâtres, sont parfaitement oolithiques, â oolithes miliaires, très fines, enveloppées dans une pâte calcaire (collines de Saint-llilairc, Moras, DizimieUi environs de Crémleu).

606 IST DB U PlAliai.

Le oaioaire à Entroques comprend des caletires lumadielltt, à ciment quelquefois argileux on ferrugineux, gris jaunâtre on roegtltre, pétris de débris de crinoîdes et de baguettes d'écbinîdes. Par places, ce sont des polypiers silicifiés qui dominent, ailleurs de Bttmbrenx aeéphales. VOstrea acuminata forme un lit mince à la partie supérieure de l'éuge (euTirons do Crémieu, route de Boar* goin et chemin de Saint-^ Julien). L'assise la plus basse est formée de couches minces de grès, à ciment calcaire ou siliceux, plus ou moins abondant, et dans lesquelles la silice isolée se présente, soit en grains irréguliers, blanchâtres, soit en bandes ou plaques parallèles aux joints de stratification. La teinte est le gris plus oo moins foncé, passant au bleuâtre ou au jaunâtre. Les bancs minces se délitent et sont employés à divers usages. M. Lory, qui n'y a point trouvé de fossiles, leur attribue une origine fluvio-marine. Ces couches constituent partout le toit des minerais de fer du pays. Elles affleurent au niveau de la plaine, sur toute la ligne de la Balme â Crémieu, se relèvent un peu au-dessus entre Bières et Vernas, et occupent la surface du sol de Crémieu, de Villemoineu, de Choieau, les collines de Saint-Quentin, dcFallavier, etc.

Le lias se voit & Saint-Quentin, près de la Verpillière. Le calcaire b Gryphées arquées n'affleure qu'en deux points, pous l'église, puis entre le village et la route. Les couches inclinent légèrement au S.-O., et M. Lory n'y cite point de fossiles. Au-dessus soot des marnes, le minerai de fer oolithique, pois l'oolithe inférieure. La couche de rainerai, bien caractérisée par les fossiles que nous avons cités, est toujours placée à Textrême limite de ces marnes et des calcaires. Elle forme un horizon bien tranché, constant, celui des marnes supérieures du lias dans tout le Jura. obterToiiont ^^' V. Thiollièro (1) pensait qu'entre les Cévennes et les Alpes, généraiM. l'^jjgg d'Qxford reposslt toujours sur le lias supérieur, et que les étages de Portland et de Kimmeridge manquaient dans le bassin du Rhône comme le groupe oolithique inférieur ; mais on a vu qu'à l'égard de ce dernier (ontè, p. U9H et suiv.) l'assertion de ce zAé géologue n'était pas tout à fait exacte pour le versant des Cévennes.

Les assises inférieures du lias, composées de calcaires noirâtres, sont, eontinue-t-il, beaucoup plus puissantes ici que dans le nord de la France et en Angleterre; maison peut faire remarquer aussi que

(^) £ttli., «• sér., vol. V, p. 3^, 4847. -< J. Fotirnet, jlcaddes se, belles-leitres et arts dt Lyon^ { 4 août 4 847.

ses divisions oa étageç y soqt jusqu'à présept ipoius neUement tran-r chés et caractérisés. Sa composition, comparée à celle des dépdt9 plus ou moins littoraux, est beaucoup plus uniforme sur de grandes épaisseurs, comme on peut supposer que cela avait lieu dans le9 eaux profondes. L*étage d'Oxford est couronné par cette puissant# assise de calcaires compactes bien stratifiés de la Porte de Fraace« de la montagne de Crussol, de Ruome (Ardèctie), qui appartioq^ drait probablement encore à la même division que les marnes souin jaceutes et non au icoralrag, mais que rien n*empêcberait non plus, ainsi que nous l'avons di(, de placer sur Tborizon du calcareous-' grit inférieur. Cette assise constitue en quelque sorte le toit da Id série jurassique incomplète, réduite à deux termes au lieu de quatre, Le goifo méditerranéen où elle s'est déposée avait pour rivage une ligne oblique s'étendant de Cbambéry par Voreppe au confluent de l'Isère. A l'ouest, l'encaissement du bassin ne suivait pas tout ji fait, pendant le dépôt du groupe oollthique inférieur, le revers des Cévennes qui forme aujourd'hui la limite occidentale du bassin di| Rhône inférieur. Les rivages du golfe opposé dont dépendent lef lambeaux des environs dq Lyon et de la Verpillière étaient séparés du précédent par un isthme de 75 kilomètres de largeur entre LyoQ et Tournon, mais beaucoup plus étroit entre Voreppe et Bourgoin, Quelque spécieuse que soit l'hypothèse de M. Thiollière basée sur l'état actuel des choses, il est peut-être difficile, en l'admetunt, de concevoir une ressemblance aussi parfaite que celle qui existe entre la faune du lias supérieur au nord et au sud de cet isthme, c'est-à-dire aux environs de Lyon, de Villebois et de la Verpillière» d'une part, et celle des environs de Mende, de Milhau, de Tucban, etc., de l'autre.

Après une digression sur les fossiles du calcaire de la Porte de France, l'auteur, passant à l'examen des marnes sous-jacentes, dit (p. 35) que le niveau des schistes marneux à Posidonomyes est au* dessus de celui des couches à Ammonites qu'il vient de citer, et appartenant à l'étage d'Oxford. On pourrait croire au premier abord qu'il s'est ici glissé quelque erreur typographique, car nous avons vu partout signaler ce fossile au-dessous du gisement des Ammonites, et caractérisant dans le Dauphiné les couches qui succèdent immédiatement au lias. Mais M. Thiollière dit ensuite qu'aux environs de Digne, d'Aix et de Privas, il a observé, au-dessus des couches du lias supérieur, celles où se trouvent les Ammonites oxfordiennes, et plus haut eacore les schistes à Posidonomyes (gise-

ment de Beaumont, p. 36). Nous ne nous rendons pas compte de cette divergence d'opinions dans l'appréciation d'un fait qui paraît être si général et aussi important que l'horizon des Ammonites et celui des Posidonomyes do groupe moyen entre les Cévennes et les Alpes. Depuis M. Gueymard, qui avait désigné ce dernier sous le nom de schistes à Lucines jusqu'aux derniers travaux de M. A. Gras qui l'appelle marnes schisteuses à Posidonies {P. alpina), et à ceux de M. Lory, tous les observateurs se sont accordés pour le placer audessous des marnes à nodules géodiques de Meylan, où se trouve la couche à petites Ammonites pyriteuses. Dans les marnes à Posidonomyes on a aussi trouvé les Ammonites tatricus, tortisulcatust lunula et coronatus ; mais leur position à la base de l'étage n'en est pas moins certaine sur ce versant des Alpes. Sur celui des Céveones, à Privas, à la montagne de Crussol, etc. , nousavons vu cependant (on^^ p. Ixlô'kl^) que, conformément à l'opinion de M. Thiollière, les couches à Posidonomyes reposaient sur des marnes remplies d'Ammonites pyriteuses appartenant encore à l'étage d'Oxford (sousétage de Kelloway).

M. Lory (1) a fait voir d'un autre côté que si la série des assises jurassiques est complète dans tout le Jura, elle devient de plus en plus incomplète dès que l'on quitte cette région «pour entrer dans celle des Alpes ; d'où il conclut que, « pendant la On de la période s jurassique, le fond de la mer correspondant à ces contrées a dû » éprouver un mouvement continu d'exhaussement du côté des B Alpes et d'affaissement dans l'emplacement actuel du Jura. > A cela, on peut ajouter qu'un mouvement semblable d'élévation doit avoir eu lieu après le dépôt du lias qui aurait été émergé jusqu'il l'époque de l'étage d'Oxford pendant lequel une submersion nouvelle aurait précédé le relèvement que suppose M. Lory.

Page 1