Calcaire compacte et oolithique. avec Nérinées, apparte
nant au sous'étage suivant, et d*environ 9 mètres.
Total. 48,90
Les calcaires à Nérinées, caractérisés par la A^. sequana, Thirr. , qui s'y trouve constamment, et par la Diceras arietina assez rare
(^édry, Ray, Vanne, GbampUtte, etc.), ont Ui mèires d'épusseiir toUk. L'auteur y distingue trois assises.
L'assise supérieure comprend des calcaires compactes et marneux, grisâtres, schistoides, à cassure inégale, de /i ^ 6 mètres d'épaisseur, avec des Nérinées, et empâtant des oolithes miliaires et d'autres plus grosses qui se fondent dans la pâte, puis des cal* caires marneux, tendres, blanchâtres, avec chaux carbonatée, de la même épaisseur que les premiers, avec la même Nerinea tequana^ le Lithodendron plicaium^ Gold., etc. L'assise moyenne, de 10 à 15 mètres d'épaisseur, est composée de calcaires blanchâtres, ian« tôt marneux et d'un aspect crétacé, Untôt crisullin et d'un aspect saccharolde. On y trouve des oolithes canuabines, régulières» d'autres plus grosses, irrégulières, plus ou moins allongées ou aplaties, renfermant des cristaux de carbonate de chaux. Les bancs, de 0",60 à l^SO, fournissent de bonnes pierres de uille (/>tm*e de Vergenne, carrières de Gharcenne, de Ghaux-la-Lotière, de Fédry et de Pin). On y trouve particulièrement la Sarcinula costata, Gold., les Astrœa limbata, îd., rotula, id., tubulosùy id., porosa, id., des Fungia, des baguettes de Cidaris, des articulations de crinoMes, la Terebratula ovata^ Sow., le Pecten viminens, id.» la Lima rigida^ id., la Diceras arietina^ Lam., les Nerinea lœvii^ Yoltz, suprorjurensis^ïà. .sequona^ Thirr. L'assise la plus basse, de 22 mètres d'épaisseur, est formée d'alternances de calcaires compactes, sub-oolilhiques et marneux , intimement liés, caractérisés par des polypiers calcaréo-siliceux ou tout à fait sjh'ceux. Les bancs inférieurs contiennent surtout les Astrœa heliantoides, Gold., tubulosa, id., caryophylloides^ id. , gracilis, id. , confluens, id. , agaricites, id. , les Sarcinula astroides, id. et auleticon, id. On les voit recouvrir immédiatement rOxford*clay à Héricourt, Brévillicrs, Ghamplilte et Percy-le-Grand. M. Thirria cite comme exemples de la composttiou de ce sous-étage les environs de Gharcenne, de Fédry, de Trécourt, d'Héricourt et de Brevilliers.
Éuge ^ P^" ^^ développement et la simplicité de l'étage d'Oxford
d'Oxford. ^2us ce pays nous y fait laisser quant à présent, et par les motifs indiqués, la partie supérieure désignée par M. Thirria sous le nom à' argiles avecchailles^ mais théoriquement elle représente, comme précédemment, le calcareous-grit inférieur des îles Britanniques et les deux assises inférieures du Jura blanc du Wurtembei*g.
L'argile avec chailles est un dépôt d'argile ocreuse, rude au toucher, friable, un peu siliceuse, d'environ 20 mètres d'épaisseur.
GROUPB OOLITHIQUB MOTBN. 637
On y trouve des bancs sabordonnés de calcaires compactes ou marneux, des rognons de calcaire marneux, des rognons et des boules de calcaire siliceux appelés chailles en Franche-Comté, et des plaquettes de calcaire siliceux. Les calcaires subordonnés sont compactes, gris bleuâtre, à cassure esquilleuse, ou bien marneux, grisâtres ou jaunâtres, à cassure raboteuse, passant les uns aux autres. On les observe à divers niveaux, mais surtout vers le haut, où, devenant presque oolithiques, ils éublissent un passage avec le coral-rag. Les fossiles y sont peu répandus. Les rognons, plus on moins gros, forment des lits parallèles, et renferment d'autant plus de silice qu'ils sont plus élevés dans la série. Ils passent ainsi aux chailles elles-mêmes qui occupent la partie supérieure du dépôt. Ces dernières sont des rognons ou boules géodiques, de la grosseur da poing à celle de la tête, composés d'un calcaire siliceux, jaunâtre, rougeâtre ou grisâtre, passant au calcaire marneux vers le bas et au silex grenu vers le haut de l'assise. On observe dans leur structure deux enveloppes concentriques, l'extérieure plus siliceuse que rintérieure, et le centre est occupé, soit par un corps organisé silicifié, soit par un noyau d'argile siliceuse jaunâtre, très friable, entourant un axe siliceux solide. Les localités de Perrière, de Quenoche et d'Oiselay, peuvent être signalées comme des exemples de ce sous-étage.
Les fossiles, peu nombreux, sont dans les rognons siliceux, principalement des crustacés {Palinurus Regleyanus^ Desm. , P. Munsteri^ Voltz), puis V Ammonites Leachi^ Sow., et la Terebratula perovalis, id.?, mais avec les chailles, on trouve, suivant l'auteur, des articulations de Rhodocrinm echinatus, Gold. , de Pentacrinus scalaris, id., VAnanchytes bicordatus, Lcsk., le Galerites depressuSy Lam., \esSerpula gordialis et illium, Gold., Trigonia cuspidata, Sow., Gerviilia siliqua^ Desl., Ostrea gregaria, So^nf, , les Terebratula Tkurmanni, Voltz, tetraedra, Sow., bullata, id., bucculenta, id., obtusa^ id., trigonella^ Schloth., Y Ammonites armatus, Sow., etc.
Les marnes avec minerai de fer oolithique ont une épaisseur de 25 à 30 mètres. Elles sont grisâtres, bleuâtres, gris noirâtre, schistoîdes, peu effervescentes. On y trouve subordonnés des banps de calcaire marneux, des rognons du même calcaire, des concrétions sphéroîdales spathiques, et une couche de minerai de fer oolithique. De petits crisUux de gypse sont disséminés vers le bas de la masse. Le minerai de fer n'existe qu'à Pcrcy-le-Grand, sur la limite du
638 I8T DB LA raiNCi.
dépai'lement de la C6te-d'0r où il est exploité. La marne, remplie de minerai, a 1 mètre d'épaisaeur, et renferme beaucoup de fossiles. La coupe du Mont-Cierge, sur le territoire de celte commune, présente, à partir d*un lambeau de dépôt quaternaire avec des cbailles roulées :
/4. Calcaire marno^ompacte, sub-oolithique, grisâtre, . [ alterDantavecdesbancsd*argilesiliceuse,etparais-
9 1 aantformerlepaasagedu corakrag au calcaire sub- § * z / ordonné à largile à cbailles {Ammonites Leachi, a. g "^ i Sow., Tcrebratula perovalis, id.?, Pholadomya). 3,00
■^ '" [2. Argile marneuse, jaunâtre, avec cbailles et rognons
^ \ de calcaire marneux 2,00
^/ 3. Marne grise, sobistolde, avec des bancs minces et ^\ des rognons de calcaire marneux hydrauliques, •^ \ Giyphœa fUlatata^ var. « Sow. , et beaucoup
,2 I d'autres fossiles 22,00
Q \i. Marne endurcie, schisteuse et grisâtre 0,50
5. Marne schisteuse, grisâtre, remplie de minerai de fer hydroxydé, oolithique, et de nombreux foe-
^m} siles 4 ,00
^ g 1 6. Marne argileuse, endurcie, gris noirâtre, scbis- ^ \ teuse, alternant avec des lits minces de calcaire
marneux sub-oolithique 4,60
Total 30.40
Les fossiles les plus abondants que cite M. Thirria dans l'assise n« 5 sont :
Les Pentacrinus pentagonalis et scalaris, Gold., le CidarU eiegans f MOnst., la Serpula Jlaccida , Gold., Nucula lacryma^ Sow., les Terebratula subundatUy Sow., impressa, Ziet., Thurmannij V oliz^les Beirmnites iatesu/caius, id., semisulcatus, 'Hûnsi,^ les Am inanités armatus, Sow., communis, id., Lamberti, id., Leac/u\ id., triplicatus, id., subrudiatus, id., cristattis, id., i/fftr^ ruptusy Scbloth.,^aA^<rr/Vp, Sow., iunula. Rein., etc.
Les espèces suivantes, que nous avons trouvées dans l'assise n* 5, compléteront la liste de l'auteur (p. 180). Ce sont :
Les Pentacrinus pentagonaliM^ Gold., et une autre espèce indé* terminée, les Millericrinus^ GoupilUanusy d'Orb., Beaumontianms^ id., échinatus, id,, rotiformis^ id., MiUeri^ id., jérchiacanus^ id., Cidaris hastalîs^ Ag., Dysaster propinquus (ovalis)^ id., D. capistratus ^ id., Holcctypns punctulatus^ Des., an stria tus ^ d*Orb.?) Pholadomya clathrata, Mûnst., 2iet., Gold.^ Mactromya^ indét.» phis courte que la M. rugosa^ Roem., Amphldesma decurtatumt
GROUPE OOLITHIQUK MOYEN. 639
Phill.?, Trigonia eiongata, Sow.?, ^rca Munsteri^ Ziet.?, ou très voisine, Lima pectinoides^ Desh., Gold., Pccun subtextorius^ MûDst., Gold., Ostrea rcniformis^ id., les Terebratula varians^ Schloth. {Thurm/tn/ii, Voltzj, ornithocepliala^ Sow. (fig. de Ziet.), nov. sp. (1), DenttiUum .Voreanum^ d'Orb., moules divers de.SWarium^ TrochuSy Pleurotomariày etc., Belemnites hastntux^ Blainv., les Ammonites biplex, Sow., cordatus^ id., Mariœ^ d'Orb., pcr» armatuSy Sow., quadratus^ id., ToucasianuSy d*Orb., tumidiis, Ziet., nov. sp. (voisine des J. arduenncnsis et Constantiiy d'Orb.), nov. sp. (voisine des A, calloviensis et Dunca/iij Sow. (2).
On peut donc voir ici, sor nne épaisseur peu considérable, les représentants très probables du calcareous-grit inférieur, puis de l'argile d*Oxford proprement dite et du Kelloway-rock.
Le groupe oolithique moyen parafé occuper une zone presque oëpartement continue, plus ou moins large, dirigée, comme les précédentes, du ^^^^^^ N.-E. au S. -G., depuis Bcifort et Montbéliard, le long de la vallée do Doubs, jusqu'à Boussières. A Test de cette vallée, on le suit dans toutes les dépressions qui descendent des monts Jura, soit au nord, soit à Touest, et dans celles qui séparent les crêtes élevées du centre même de la chaîne. Une description plus détaillée de la surface qu'il occupe serait diflBcilement comprise sans l'aide d'une carte, et nous renverrons le lecteur à la Carie géologique de la Fronce, où M. Élie de Beaumont a consigné les principaux résultats de ses longues et savantes recherches.
M. Boyé (1) a établi dans ce groupe 9 divisions que nous rangerons comme il suit, en faisant remarquer que les argiles à chailles y sont réunies au coral-rag, comme l'auteur le propose lui-même.
Etogt da conil-r«g./c^^,,^,^ j OoHUie corallienne.
f ( Colrntre cnraUlen infëriMir.
\ Calcareous-grit inférieur. . Areiles à chailles. . ( Ckmt^wA <.!•• ^ Cafcuire marneux et rognons,
étage d'Oiford. . . | 0*»^'«*-«»«y ( Marnes dOxford.
(^KeUoway-rock Minerai de fer.
L'auteur cite dans l'assise des marnes d'Oxford le Pentacrinus
(4) Espèce très voisine do la T. obiusaj Sow., et de la T. vicinalis^ Scblotb., apud Bronn, Leth. geogn^
D'Ârcbiac, Noies inédites^ 4836.
Mém, et Comptes rendus de la Soc. d'Émulation tlu Doabs^ vol. ïll, p. 10^ 4 844.
660 K6T pt LA FRANCI.
pentagonaliSf Gold. , les Terebraiula Thurmanni, Voltz, globala, Sow., impressa j Ziel., Nucula pectinata, Sow. (1), Actirmtimax fusiformis, Voltz, Belemnites lûtesulcaius, id., B. kastatm, Blainv., Ammonites Bakeriœ^ Sow., A, cristcUus, id. , A. cornmuni»,id., A. furcatus, Biainv., A. foniicoia, Menke, A. tnierrupha, Schlolh., A. Lamberti, Sow., A. subrodiotus, id. (2).
M. Renaud-Comte (3) a séparé les calcaires à Avortes, qu'il réunit à son groupe supérieur, des marnes à Asiartes qu'il place dans le moyen. Il divise de la même manière le second sous-étage en trois assises, mais il associe les argiles à cbailles apx marna d*Oxford. L'arrangement de M. Boyer nous semble préférable, et k nôtre n'en est qu'une simple modification plus systématique.
Dans la coupe de la citadelle de Besançon à la chapelle des Bois (antè, p. 619), on voit se succéder de chaque côté du plissement, à partir de la couche à Ptérocères, les calcaires à Astartes, les marnes à Astartes, le calcaire corallien supérieur, le calcaire à Nérinées, l'oolithe corallienne, le calcaire corallien inférieur, les argiles ï chailles, et les marnes d'Oxford qui, formant le lit du Doubs, s'appuient contre le cornbrash. La coupe de cette localité a aussi été donnée par M. Pidancet (4), et la vue coloriée géologiquement des collines de Saint-Léonard qui longent la route de Morre monu-ent bien les relations du groupe qui nous occupe. Dans ce profil, l'aoteur a distingué par des teintes différentes les calcaires à Astartes, les marnes à Astartes, le coral-rag et VOxford<lay, comme s'il attribuait une égale importance à ces quatre divisions.
Le colonel Le Blanc (5), dont les nombreux amis déplorent encore la fin prématurée, avait donné deux coupes intéressantes prises à Pontde-Roide, sur le Doubs, à l'entrée de la Cluse qui interrompt le Lomont, entre cette première localité et Saint-Hippolyte. Des Roches au pont du Doubs, on observe toute la série du groupe moyen,
(4} Cette espèce appartient au gault ; il y a probablement une erreur de détermination.
[i) Ibid,j 4 843, p. 47, avec 2 planches de fossiles de l'Oxfordclay.
(3| Ibid., t. II, 2« vol., p. 38, 4846.
(4) Mém, et comptes rrndtts de la Soc. dÉmul, du DoahSf vol. II, t. III, p. 4, 4 848-4 860. — Voyez aussi Studer, Géologie derSchweiz, vol. II, p. 347, 4 863.
(6) Butl,^ 4« sér.. vol. IX, p. 374, pl. 9, fig. 3, 4, 4838.
6R0UPK OOLITHIQDE MOYEN. 6/il
depuis le calcaire compacte à Astarles jusqu'aux marnes d'Oxford qui recouvrent le cornbrash (dalle nacrée). Une faille, de près de 200 mètres, a mis en contact les premières et les dernières assises de celle série. Dans la coupe du Lomont au château de Baban, la succession des couches est la même, et de plus le château repose sur le groupe supérieur (calcaire de Porliand 7).
Dans rintérieur des monts Jura, l'étage d'Oxford renferme de puissantes masses de gy])se. Ainsi celles qu'on exploite à la Ville-du* Pont et à la Rivière (Doubs), comme celle de Foncine-le-Bas (Jura), appartiennent, suivant M. Thirria (i), à cet horizon. Le minerai de fer que nous avons vu à la base de l'étage, à Percy-leGraud, se montre aussi dans le Jura aux environs de Porrentruy. De plus, le même géologue en a trouvé une couche semblable à la partie supérieure de l'étage, au contact du coral-rag aux Fourgs, à Oie, à Monlperreux, aux Hôpitaux- Vieux, à i^létabief et à Longcville (Doubs), à Boucherans et à Censeau (Jura) (2). Cette dernière couche correspond ainsi à celle qui occupe la môme position dans les départements de la iMeûse et des Ardennes. L'étage d'Oxford se trouve de la sorte, dans le Jura comme dans la Lorraine, compris entre deux assises de minerai de fer hydroxydé, l'une appartenant au sous-étage du calcareous-grit inférieur, l'autre à celui de Kel- Joway.
De même que le mémoire de iM. J. iMarcou (3) peut servir à lier MptrteMea géographiquement les observations faites dans les départements du Doubs et du Jura, de même il nous est fort utile pour coordonner les diverses classifications proposées dans la série des couches de ce pays. Si nous n'adoptons pas sa terminologie, parce qu'elle ne nous parait pas nécessaire, nous n'en rendons pas moins justice à l'exactitude de sa description et aux avantages qu'offrent les divisions qu'il a adoptées. Ces divisions, pour les environs de Salins, sont les suivantes :
da Junu
(4) Statist, miner, et géoL du département de la Haute-Saône^ p. 476, note,
(2) Ibid,, p. 478, note,
(3) Recherches géologiques sur le Jura salinois[Mém, Soc, géof, deFrance,^*8éT,,yo\, III, p. 4 4 6, 4 848). — ^w//., 2 sér., vol. III. p. 508, 1846. — Voyez aussi, âîém. Soc. des se, nat, de Neuchd'tel, vol. III, 4 846.