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contrées vahinés (1), où se trouve représentée, d'one manière plus satisfaisante qu'on ne Tavait fait auparavant, la distribution des couches jurassiques. Dans la seconde édition qui fut publiée en 1828 (2), une seule teinte comprenait cependant encore, sous le nom de terrains ammonéens, certains groupes crétacés du sud et du sud-est, le calcaire jurassique, le calcaire alpin qui faisait double emploi, le lias, le quadersandsteia et le muschelkalk. Les marnes irisées semblent y avoir été implicitement comprises. Dans la troisième (1839) (3), la formation jurassique, par suite des travaux publiés ou communiqués par les auteurs de la carte géologique de la France, se trouve indiquée par une teinte particulière et avec un degré d'exactitude qui laissait peu à désirer. Plus anciennement, de Charpentier (6) avait aussi réuni, sous la dénomination de terrain du calcaire alpin et du calcaire jurassique^ toutes les couches jurassiques, crétacées et une partie des couches tertiaires comprises dans l'étendue de sa carte des Pyrénées.
La Carte géologique de la France (5), commencée en 1825, sous la direction de Brochant de Villiers, par MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont, fut publiée en 1861 avec le premier volume de V Explication (6) auquel était joint un Tableau d* assemblage reproduisant tout ce que la grande carte offrait d'essentiel quant à la division et \ la distribution des terrains.
Dans un but qu'on ne peut trop louer, mais dont la réalisation devait augmenter singulièrement l'étendue des recherches , ce magniûque travail comprend, outre le territoire de la France, toute la région des Pyrénées espagnoles au sud, puis à l'est, la Savoie, la plus grande partie de la Suisse, les Alpes du Piémont, toute la forêt Noire, les bords du Rhin jusqu'au delà de Cologne, le grand duché de Luxembourg, enfin le royaume de Belgique en entier.
MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont divisent ainsi l'ensemble
(4] Ann, des mines ^ vol. VII, 4 822.
(2) Mémoires pour servir à une description géoi, des Pays» Bas, etc., in-8, Paris, 4 828.
(3| Éléments de géologie, in-8, 4 839.
(i; Essai sur la constitution géognostique des Pyrénées^ in-S, Paris, 4 822.
f5) Carte en 6 feuilles, à réchelle de 4/500. 000«, Paris, 4844.
(6) Explication de la carte géologique de la France, in- 4, vol. I, avec le Tableau d'assemblage au 4/2,000,000* des six feuilles de la carte géologique, 4844.
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des couches que nous désignons sous le nom de formation jurassique et qui se trouve compris entre le soulèvement de la Côte^'Or dirigé £. /iO» N. à O. /iO° S. , et celui du Thunngerwald dirigé O. W N. à E. UO' S. (1).
• ^ f Etage ( Ciilcaire de Purlland.
•^ a-V *op^'^^(^* t ^n^il* do Kimmeridge, argile d*Hoiifleur.
— * v.„.^ «.^«-» ( OoîUhe d^Oxford, calcaire de Lisienx, coral-rag. Etage moyen. { ^^^jj^ d'Oxford, argUe de Dïtc».
iCombrath et forecl-marble (calcaire À polypiers), grande oolithe (calcaire de Caen), fuUer*s-earth (Banc bleu de Caen), oolithe infe'rieare.
Marnes et calcaires à Bélemnites, marnes supérieures du lius, lignites dans les départements du Tarn et de la Losère.
Lias ou cale, i Calcaire 4 Gryphées arquées, à Gryphites. ( Grès du lias ou infira-Uasique, dolomies.
Cette légende est exprimée pour la France, sur la carte comme dans le texte (2), de la manière suivante :
/ J* Étage supérieur du srstème oolithique.
1 i* Etage moyen du système oolithique.
Terrain 1 J' Etage inférieur du système oolithique (comprenant les marnes jurassiqae ^ supra-liasiques).
J iJ' Calcaire jt GryphMS arquées.
r J" Grès infra-liasique.
\J, Terrain )urassique altéré.
La légende du Tableau d'assemblage ne diffère de celle-ci qu*en ce que le signe du terrain jurassique altéré se trouve placé en dehors de la série normale.
Enfin la légende qui accompagne le Fragment d'une carte géolo-^ gigue détaillée de la France^ dressé d'après les cartes géologiques départementales et diaprés des documents inédits (3), par MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont, et exposé au Palais de l'Industrie en 1855, porte les 1^ divisions suivantes :
i Calcaire portiaiulien.
Arciles kimméridgiennes.
Calcaires è Astartes.
Coral-rag.
Minerai de fer oolithique.
Argiles oxfordiennes.
Grande oolithe.
Oolithe inférieure.
Marnes à Posidonies.
Minerai de fer.
Marnes ovec calcaire noduleuz.
Marnes brunes et calcaire sableux* . Calcaire è Gryphées arquées.
\Grès inférieur du lias.
(1) Explication, etc., vol. I, p. 59.
(îj Explication^ etc.» vol. I, p. 93,
(3} Exécuté, par report sur pierre, de la carte topographique dite Carte de tétat-^ major»
158 FORIUTION iURASSlQUI DI LA FRANCE.
Dans V Introduction da premier volame de V Explication [p. 21), lei auteurs ont présenté d'une manière fort élégante la disposition générale des couches jurassiques de la France. Les bandes qu'elles constituent à sa surface forment comme une large écharpe qui traverse obliquement sa partie centrale , depuis les environs de Poitiers jusqu'aux environs de Metz et de Longwy. t Cette écharpe, conti- BUuentMM. Dufrénoy et Élie de Beau mont, se recourbe, d'une « part, vers le haut, du côté de Mézières et d'HIrson, et de l'autre » vers le bas, du côté de Cahors et de Milhau ; mais en même temps • il s'en détache deux branches, dont Tune se repliant au N. -G. , » se dirige vers Alençon et Gaen, tandis que l'autre, descendant ao » midi , suit d'abord la Saône et ensuite le Rhône , depuis Lyon » jusqu'au delà de Privas , et tourne autour des Cévennes jusqu'au » delà de Montpellier, pour aller rejoindre la première branche » dans le déparlement de l'Aveyron.
» Ces bandes recourbées projettent, en outre, dans différentes » directions, des appendices irréguliers ; mais ce qu'elles présentent » de plus remarquable , c'est qu'en faisant abstraction de ces îrré- » gularitéSi et en les réduisant par la pensée à leur pins simple i> expression, on voit ces bandes former deux espèces de boucles » qui dessinent sur la surface de la France une figure qui approche » de celle d'un x placé de côté ( H ) ; et même, si l'on observe que » la boucle inférieure est presque fermée et ne présente que des » lacunes apparentes dues à des dépôts su|)err]ciels qui cachent le '> terrain jurassique, on pourra comparer la disposition de ces bandes 0 à la forme générale d'un 8 ouvert par en haut »
Mais, si les deux boucles de cette ûgure ont une certaine ressemblance dans la forme , elles offrent une opposition complète dans la manière dont les couches jurassiques y sont disposées relativement aux masses minérales qui occupent les deux espaces qu'elles circonscrivent au nord et au sud. En effet, la l)oucle inférieure oa méridionale entoure un massif proéminent formé principalement de roches granitiques. C'est le massif central de la France couronné par les roches volcaniques de l'Auvergne et du Yelay. Ici la ceinture jurassique est moins élevée que l'espace qu'elle entoure. La boucle supérieure ou septentrionale, au contraire, qui forme les contours d'un bassin dont Paris occupe le centre , e^t , en grande partie, plus élevée que le remplissage de ce bassin. L'intérieur en est occupé par une succession d'assises à peu près [concentriques, « comparables à une série de vases semblables enireeux»
FORMATION iURASSIQUE DE Là FRANCS. 159
• qu*on fait entrer l'un dans l'autre pour occuper moins d'espace. » « La différence ta plus essentielle des deux boucles opposées
*da ^ est que l'une recouvre et que l'autre supporte les niasses
• minérales qui occupent l'espace qu'elle entoure. La boucle infé-
• rieure et méridionale est formée par des couches qui s'appuient I sur le bord du massif granitique qui leur sert de centre , et en
• quelque sorte de noyau ; la boucle supérieure et la plus septen- » trionale est formée, au contraire, par des couches qui s'enfoncent 9 de toutes parts sous un remplissage central auquel elles ser?ent de » sopport (i). »
C'est dans le second volume de VExplication, publié en I8/18, que MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont ont commencé la description du Terrain du calcaire jurassique. Le chapitre IX, qui lui est consacré, ne comprend encore que les denx boucles du 8 dont on Tient de parler, ou la formation jurassique du nord de la France et da poortoor du massif central et du Morvan. Tel qu'il est, cependant, ce travail est de la plus haute importance par la précision^ et la largeur des vues qu'il renferme , comme par la justesse des appréciations de détail. Aussi nous attacherons-nous à le suivre avec le plus de soin possible, ainsi que la belle carte dont il est le complément indispensable ; de pareils guides pour un ouvrage comme le nôtre sont une bonne fortune dont on doit s'empresser de profiter.
NM. Dufrénoy et jËliedefieaumont nomment, comme on l'a vu, Terrains de calcaire du Jura ou terrain jurassique l'ensemble de couches que nous ^ppeions formation jurassique, et ils le divisent en quatre étages qui correspondent à nos quatre groupes; avec cette différence, cependant, qu'ils rangent les marnes supérieures du lias ou notre premier étage de ce groupe, et même le second, d^iusleur étage wtithique inférieur^ et cela par des raisons de symétrie et d'orographie (2) dont nous avons bien reconnu tonte l'exactitude, mais qui ne
(1) Voyez aussi V. Raulin, Géologie de la France dans Patria^ in-8, Paris, 4844. L'auteur estime que la formation jurassique occupe UD cinquième de la surface totale de la France, oui 0,400,000 hec- Ures (p. 298).
(2) P. 4 56. « Cette division du calcaire jurassique en quatre
• étages est fondée sur le même principe. Chaque étage est séparé
> de celui qui le recouvre par une (vuche puissante d'argile, et les » corps organisés qu'on rencontre dans chacun d'eux did'èrent nota-
> blemcDt. — (P. 307.) Les couches marneuses supérieures au cal-
> caire à Gryphées arquées forment les pentes des coteaux que cou- » ronnent les calcaires blancs de l'étage oolithique inférieur, et la
160 TORMATION JORASSIQUE DB t4 FRANCK.
rtoiis semblent pas néanmoins devoir Temporler en France, plus qu^en Angleterre et en Allemagne, sur un usage déjà ancien, que justifient les considérations paléontoiogiques générales aussi bien que les caractères minéralogiqucs. En outre, l'ordre de haut en bas , que nous suivons constamment, se trouvant être inverse de celui qu*oul adopté les auteurs de la carte géologique de la France , la marche de leur description se trouve renversée dans notre texte.
Dans le partage qui fut fait de Fétude du sol de la France entre MM. Dufrénoy et Élie deBeaumout, le premier de ces savants fut chargé de la portion située à Toue^t et au sud d'une ligne tirée de Honfleur sur Alençon , tournant ensuite au S.-Ë. vers Avallou et Ghâlon-sur-Saône, pour suivre au delà le cours de la Saône et du Rhône jusqu'à la Méditerranée. L'autre portion, située au nord et à l'est de cette ligne, fut assignée à M. Élie de Bcaumont. Or, bien que le titre du chapitre IX (1) porte réunis les noms des deux auteurs sans distinction de région , tandis qu'ils sont séparés dans la plupart des autres chapitres, nous nous conformerons h la division précédente pour attribuer à chacun d'eux les observations et les vues qui leur sont propres; nous éviterons ainsi des circonlocutions
» manière dont on les a coloriées était naturellement indiquée parla )> configuration extérieure de la contrée, où Vone des lignes les plus » nettement dessinées est celle qui circonscrit les plateaux de cal- » caire à Gryphéee en suivant les bases des coteaux couronnés par 9 Toolithe. » .
On peut faire remarquer qu'à ce point de vue, même dans l'est comme dans le sud de la France, les contours des escarpements plus ou moins abruptes du calcaire oolithique inférieur se dessinent encore plus nettement au-dessus des marnes sous-jacentes qui forment les talus que ceux des oalcaires du lias par rapport à oes mômes marnes. Nous sommes d'ailleurs, pour un travail comme le nôtre, confirmé dans notre manière de voir par le texte môme des deux savants auteurs. En efifet, ils disent (p. 337) : « La plus grande partie de 9 ces marnes (les marnes supérieures du lias) est rattachée , par la » majorité des géologues, au lias, dont elle est considérée comme lo » second étage. Nous admettons complètement ce rapprochement, » mais le rôle important que joue, dans la topographie de ces con-
> trées (l'Auxcis), la ligne de démarcation du calcaire à Gryphées » arquées et des marnes qui le recouvrent nous a engagés, comme
> nous Tavons déjà expliqué ci-dessus (p. 307), à rattacher ces der- » nières au premier étage oolithique, et o'est ainsi que la carte géo- » logique a été tracée et cobriée. »
(4) Explication, etc., vol. Il, p. 400.
FORMATION JLn;L5:?I0DE DC r.T.P.D DE LA PftANdË. 161
toojour$rD:igantcs ou embarrassantes lorsqu'il faut citer deux noms ensemble.
Xolre dosci iplion sera répartie dans trois chapilres sous les litres de Formation jurassique du nord^ du sud et de l'est de la France Nous couiinuiTons à citer les fossiles mentionnés par les aatenrs en leur laissant la rcspnsnbilité des déterminations spé^ ciûques. Nous ne racce|)tons que pour ceux indiqués d'après nos propres observations, comme nous l'avons f^it pour la formation crétacée. A moins d'indication contraire, dans le détail din coupes de lerrains nous énumérerons toujours les diverses concbes en allant de haut en bas ou h partir de la surface du sol.