Calcaire avec fossiles marins
i. Banc de sable 4.29
5. Rocbe calcaire grossièrement concrétionnée^ avec des Natices.
Serpules, Huîtres, Lucinn portlandica^ Modioles, Pullustra, Trigonies, Dentales, Aclœon, etc 2 à 3,25
Dans l'escarpement entre le fort de la Crèche et celui de Terlinctun, on observe le dépôt d'eau douce précédent, le représentant du calcaire de Portland, les sables de Portland, les argiles feuilletées, horizon des couches bitumineuses du Kimmeridge-clay. et vers le bas, près de la pointe, un grès grossier, dur, noduleux, supportant le fort de la Crèche.
Immédiatement au nord de ce po'int, la partie supérieure de la falaise est formée par le Portiand-sand ou 'sable agglutiné rempli de grains verts, et contenant des rognons ou concrétions également glauconieuses et fossilifères. Cette assise, qui plonge au N.-N.-O., est bien à découvert entre la fôlaise et la tour de Croî où les fossiles sont nombreux. fJans l'intérieur du pays, on la retrouve à lïVacqinghen, près de la grande route de Boulogne à Marquise.
5L Rozct a signalé, à la partie supérieure du Kimmeridge-clay, une marne gris bleuâtre alternant d'abord avec les grès précédents et dominant ensuite. Elle règne le long depresque toutes les falaises, d'Éqoihen aux dunes de "Wissant Souvent schisteuse vers le haut, on y trouve des bancs subordonnés de calcaires marneux et pyri-
(«) Bull., 1« série, vol. X, p. 437, 4839.
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teux, et deux bancs de i'>*,50 d'épaisseur de calcaii*e Inmachelle compacte, jaunâtre, accompagnés d'un lit de calcaire siliceux, sublamellaire, a?ec des cristaux de gypse. Plus bas, les calcaires marneax tendent à prédominer (1). Nous les avons observés dans plu- ^rs dépressions de Bazinghen à Âudressette où des calcaires argileux, bleuâtres, durs, en lits minces, rempYisà'Exofft/ravirgula, sont surmontés de marnes argileuses bleuâtres sans fossiles (2).
Entre Boulogne et Yimereux, on voit plus distinctement trois assises séparées par des grès et des sables, et caractérisées, la pre* raière, par VOstrea deltoidea, la seconde par V Exogyravirgula, et la troisième par des Pernes, de grandes Gervillies et des Trigonies dont le test est passé à Fétat spathique (3). Cette assise la plus basse s'observe surtout de Boulogne au fort de la Crèche, par suite de la courbure des couches qui d'un côté semblent plonger sous l'assise ï Exogyra virgula, et de l'autre, sous les grès qui la séparent de celle à Ostrea deltoidea. A la Crèche (k), l'épaisseur des couches Gssiles bitumineuses du Kimmeridge-clay est beaucoup moindre qu'en Angleterre. Elles contrastent fortement avec le grès dur, très solide, noduleux, qui les supporte, accompagné de sable, de grès calcarifère et d'argile constituant la partie inférieure du groupe en même temps que les roches les plus basses de la c^te.
La courbure de tout le système dont nous venons de ))arler est beaucoup plus prononcée au N. qu'au S., et le ploiement rapide dans l'anse qui précède la Crèche, vis-à-vis du fort de ce nom, est un des faits les plus remarquables que présente cette belle coupe (5). Les bancs inférieurs de grès grossiers plongent d'environ 30*" au N., 25''0., et la batterie de la Crèche est établie sur leur prolongement. De ce côté, toute la masse jusqu'aux grès de la falaise a été fortement contournée, mais les couches se relèvent bientôt après pour reprendre leur position première, et plus loin l'inclinaison régulière au ^f. fait disparaître les grès sous la mer. Suivant M. Élie de
(4) Rozet, loc. cU,f p. 55, et coupe, fig. 5. (z\ D'Archiac, Notes inédites^ 4 837.
(3) Bull., 4<« série, vol. X, p. 330, 4839. — F. -A. Roemer, Neu./ahrb,, 4852, p. 846.
(4) H. Fitton, Bull., 4" série, vol. X, p. 445.
(5) Élie de Beaumont, loc, cit., p. 568, 4848. — BulLyk'* série, vol. X, pi. 4, fig. 2, 4839. — Garnier, Mém, géologique sur les terrains du BfU' Boulon nais ^ p. 8, 4822.** Rozet, loc, cit.^ p. 60.
Beaamont (1)» la direction de ces couches jurassiques repliées faîsaut un angle de 40'' à 50** avec celle du grand axe de l'ellipse crétacée, ce plissement doit être antérieur au relèvement de la craie en dôme elliptique, et, comme ces couches crétacées n'offrent pas de pli semblable, celui des strates oolitbiques pourrait se rapporter aa système de soulèvement de la Côte-d'Or.
Au Mont-Lambert, à Test de Boulogne (2), le Kimmeridge-clay recouvre le coral-rag. Les marnes argileuses remplies à'Exogyra virgula comprennent des bancs de calcaire compacte, et sont surmontées par un grès calcaire un peu glauconieux, gris bleuâtre, plus ou moins foncé, à cassure droite ou inégale, avec de petites £xogyres. Il est gris jaunâtre vers le haut où les fossiles sont plus nombreux, pariiculièrement VFxogyra virgula et de très grandes Ammonites. Plus près de Boulogne, ce grès, qui représente le Portland-sand (3), renferme la Trigonia gibbosa et YAmmonitei giganteus. Son épaisseur ne dépasse pas 10 mètres, et il est exploité comme pierre de . construction dans toute la partie sud-ouest du bassin. Le Portland-sand atteint une altitude de 180 mètres dans les carrières du iMont-Lambert, et de 130 dans celles de Brunembert (4). A partir du Mont-Lambert, ces bancs plongent au S.-O. ou à ro. , de manière à se montrer à un niveau plus bas, sous Téglise de Saint-Martin, près de Boulogne, et dans le faubourg île la Bréquerèque.
A Équiben, un calcaire gris, à cassure grenue, rempli d^Exogyra virgula^ est semblable à celui que nous verrons au même niveau dans la zone orientale, et désigné sous le nom de niarbre de CArgonne ou de brocatelle de Bourgogne. Cet étage de Kimmeridge du Bas-Boulonnais renferme aussi des nodules de calcaire bleu, compacte, ou septaria, rempli de calcaire spathique. D'autres rognons plus petits de calcaire ferrugineux donnent un ciment très estimé connu sous le nom de plâtre ciment de Boulogne (5).
Enfin, M. Rozct y signale beaucoup de débris organiques végétaux et animaux. Du lignite fibreux et piciforme se montre à tous les niveaux. Des bois pétrifiés par du carbonate de chaux avec des
[\) Loc. ciL, p. 569.
(2) Id., ibid., p. 564.
(3) C'est \efaux grès de Monnet, Atlas etdescript. tninér, de la France^ p. 27, et le grès spathique de M. de Bonnard.
(4) Rozet, loc, cit., p. 60.
(5) Garnier, loc. cil,, p„ 32. — Rozet, loc. cit.^ p. 57.
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crâtaiix de quartz s'y montrent également. Les vertèbres de sauriens y sont fréquentes. On y cite les hchyodon Dutertrix^ Egert, , Dufrenoyij id.t]Beaumonti, id. , et le Lepidotus palliatuSy Ag. Les coquilles, telles que les indique Tauteur dans les trois divisions du groupe, ne semblent pas distribuées d'une manière bien nette dans chacune d'elles, et la plupart des espèces déterminées leur seraient communes. La liste de celles du Portland-sand donnée par M. Fit* ton (i), et comprenant les fossiles de ce sous-étage en Angleterre, ne nous instruit pas davantage à cet égard. Les Trigonies [7". gibbosa et daoellata (probablement muricata^ Roem.)] caractérisent surtout les grès supérieurs du Portiand-saud, et VExogyra virgula les marnes sous-jacentes qui atteignent une épaisseur de 50 mètres.
Ce premier gronpe oolithique est celui qui occupe la plus grande sarface dans le Bas-Boulonnais. Depuis S^mer jusqu'aux dunes qui bordent le rivage près de Condette et d'Équiben, il supporte les assises crétacées inférieures, et la coupe du cap Gris-Nez à Bazinghen montre, près de ce dernier point, sa superposition au coral-rag.
Les traces de lignite dont nous venons de parler ont donné lieu à des recherches infructueuses de combustible. La coupe de l'un des puits, rapportée par Monnet (2) dont M. Élie de Beaumont (3) a interprété le texte dans le langage scientifique de nos jours, fait voir qu'à Souvrain-Moulin, une lieue el demie à Test de Boulogne, le puits ouvert au fond de la vallée, et poussé jusqu'à 9/!» mètres,' a rencontré le coral-rag au-dessous du dépôt de transport superficiel, et que, par conséquent, le groupe oolithique supérieur de ce pays est tout entier au-dessus du niveau de la mer. Au nord, il se termine dans la falaise qui aboutit aux dunes de Wissant.
Si Ton cherche à se rendre compte de la situation de ce fragment R«inarqn«i
, . , " diverses.
do premier groupe, par rapport h ce que 1 ou a vu de l'autre côté du détroit et à ce que Ton va trouver au sud, on reconnaîtra d'abord qo'ou ne peut admettre un ancien prolongement au N.-E. du point où Ton cesse de l'apercevoir sur la côte de France, puisque le sondage de Calais dont nous avous reproduit la coupe [antèy vol. IV, p. 200) nous a montré le grès vert inférieur reposantsans intermédiaire sur le terrain de transition. Ainsi Vaxe de r Artois a été de ce côté une barrière que les dépôts jurassiques n'ont pas franchie. Mais, si l'on
(<) Loc, cit., p. 444.
(21 Loc. Cl/., p. 36.
(3) Explication y etc«| p. 578.
prolonge leurs affleurements au N.-O., d'après leur direction générale, (m remarque qu'ils ïitteindmiit lis limites de i'Oxfordshire el du Buckiiighainshirc, limites au m)rd descpiclles rétagc de Portiand n'est pas connu, tandis qu'à partir de celte région nous l'avons suivi jusque sur le littoral du Dorsetsinre ot^ il est le plus dévclop|)é. J/étage de Kimmeridge, au contraire, se continue au nord jusque dans le Yorkshire.
Le point le plus oriental où dans le sud de l'Angleterre nous ayons observé Tétage de Portiand est le cap de Durleslonc, h l'extrémité orientale de l'île de Purbcck, exactement sur le même parailôlc que sa limite méridionale h Samers. dans le Bas-Bouk)nnais. Tout l'espace qui sépare ces deux points est occupe |>ar des dépôts plus récents. Le soulèvement de la vallée de Weald et sa dénudation n'ont pas été assez énergiques pour amener au jour le Portland-stoue, et celui-ci n'a pu affleurer à l'extrémité orientale de Tellipse que par suite de l'extrême amincissement des dépôts wealdtcus dans cette direction où n'existent plus en eiïetque quelques rudiiucuts de Tétage de Purbeck et des traces douteuses des sables d'Haslings sans apparence d'argile wealdienne. Celte petite région nous montre donc à la fuis le rivage wealdien et celui de la mer du Portlandstone. Sans le soulèvement, elle no nous eût offert que des dépô(5 lacustres ou fluvio-marins semblables à ceux de la côte opposée; aiissi, en rappelant les phénomènes de dislocations qu'a signalés M. Hopkins, et dont nous avons parlé (antè, vol. IV, p. 117), M. Éliede Beaumon: (i) aitribue-l-il au relèvement des stratesjuras- ' siques plongeant au N.-O. l'atténuation si prononcée des dépôts wealdirns compaialivement à leur développement dans le Kent.
Nous voyons en outre qu'après le Kimmeridge-clay, il y eut on changement notable dans les limites de la mer jurassique, lesquelles furent poriées au S., et ne dépassaient plus une ligne tirée de Wissanl à Dunsiable et Feuny-Slratford (Bedfordshire et Buckinghamshire). Nous verrons aussi tout à l'heure que cette diminution de la mer jurassique, lors des derniers dépôts de cette période, se produisait également sur d'autres points de son ancien littoral dont les bords tendaient de plus en plus à se rapprocher. Puits Le puits de i*echerches creusé à Pommier-Sainte-Mai^uerite, ao
* *^èi" sud-ouest d'Arras, et poussé jusqu'à 189", 50 du jour, après avoir d'Arru». traversé la formation crétacée, a pénétré de 10 mètres dans des
(1) Notice sur les systèmes de mo/itag/tes, vol. I, p. 443, 4852.
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calcaires regardés comme jurassiques, mais qui n'ont aucun des caractères que nous avons reconnus jusqu'à présent aux groupes supérieurs de la formatioit Nous y reviendrons plus loin, mais nous avons dû signaler cetlc circonstance pour constater que ces mèines dépôts supérieurs no s'étendaient pas non plus beaucoup au sod-est du point où nous les avons vus disparaître sous le massif crétacé du Bas -Boulonnais.
Noos avons esquissé déjà {antè, vol- IV, p. 20^, 305-307) la Dewj disposition orographique générale du pays de Bray, et décrit la et plus grande partie des couches qui le constituent ; il no nous reste inrërUu^e.' plus qu'à traiter de ses assises les pins anciennes et en même temps PuysdTBray. les moins développées à sa surface.
Lors de sa première réunion extraordinaire, la Société géologique de France (1 j donna une coupe transverse du pays de Bray, de la Houssaye à Gerbroy , |)assant par Senantes et rencontrant ainsi l'extrémité sud-estdes couches jurassiques qui sortent de dessous les étages crétacés, à peu près suivant l'axe de cette petite région naturelle. Ces couches, désignées alors sous le nom collectif à' étage des marnes à petites Gryphées, étaient réunies dans cinq assises, savoir :