Calcaire blanc à grain fin, en bancs épais, donnant de
belles pierres d'appareil. Des dents de sauriens y ont été trouvées (3).
Ces assises appartiennent k la partie supérieure du groupe. ; La Société géologique, lors de sa réunion extraordinaire en .i8/iH, a aussi observé derrière le Porteau, dont les escarpements dominent la route» de nombreux puits en forme d'entonnoirs creusés dans la grande oolithe qui, en cet endroit, est un calcaire blanc jaunâtre, à grain fin, avec des rognons de silex. Ces cavités sont remplies d'un sable rouge, siliceux, exploité pour ta confection des mortiers, et appartenant au terrain tertiaire du plateau.
La tranchée profonde qui précède l'entrée du tunnel du côté de ro. a mis à découvert des excavations semblables, mais beaucoup plus considérables, et qui, à l'époque des travaux, avaient un certain intérêt à cause de leurs dimpnsions et de l'intégrité de tous leurs caractères. L'une d'elles avait environ 20 mètres de lai^e sur autant de profondeur visible, et, par la largeur qu'elle con* servait au niveau du chemin de fer, on pouvait juger qu'elle s'étendait encore beaucoup plus bas. Cette partie inférieure était
(4) D'Archiac, Mém, Soc, géoL de France^ 2*sér., vol. II, p. 39, pi. 2, fig. 6,4 846.
Loc, cit., p. 230.
BulL^ 4" série, vol. XIV, p. 644, 4 843. ' ^ .
GROUPE OOLlTfllQUS INFÊRIBUIU ^it
bcc^pie per une argile femiginease, brun rouge, veinée de noir, (|ui tapissait également toute la paroi de la cavité, enveloppant ainsi la masse de sabie rouge dont elle était remplie. Vers le haut, l'argile, moins plastique, contenait des fragments roulés du calcaire ' ''* environnant, et des blocs à angles vifs de ce même calcaire étaient ' comme noyés dans Targtle et le sable. Au-dessus de cette masse de remplissage, un lit de cailloux assez régulier annonçait un chan* gement survenu dans la marche du phénomène. Contre l'entrée du tunnel, une autre vaste excavation en cône renversé avait ses parois en partie unies, revêtues partout d'une argile Gne, très plastique, ferrugineuse «t grise vers le haut où se trouvaient les cailloux qui avaient achevé le comblement de cette sorte d*éntonnoir d'environ 30 mètres de profondeur (1).
• Cette puissante assise calcaire, qui constitue les environs de Poltîersi représenterait à la fois Toolithe inférieure et tonte la série, Jusques et y compris la grande oolithe. Les vallées des nombreux âflBuents du Clain, qui descendent du plateau de Civray et de Chai** roux, sont ouvertes dans ce groupe, que l'on volt recouvrir le lias sur le petit nombre de points où ce dernier vient affleurer; 11 ell est de même de certaines portions des vallées de la Vienne, de la Gartempe, du Langlin et de la Creuse. M. Brioiey (2) a décrit les environs de rtle Jourdain et de Lussac, et particulièrement les calcait'es oolithiques et les dolomies de cette dernière localité. A Lusigtian^ les calcaires sont, ou compactes, bruns, celluleux, avec de nombreux rognons de silex, ou à cassure unie et quelquefois laméllait^i comme le long de la Tienne.
Outre cette zone calcaire continue que nous suivons le long des Déparumeiii pentes nord et ouest du plateau central, on trouve encore, en refaoon- HMte-vîenne* tant sur ses roches granitiques, des lambeaux isolés du mêm^ âge près du Dorât, jdeBellac, de Sain t-nl union, de La Rochefoocault, et jusqu'au nord et au sud de Limoges. Ces îlots, que nous signale U Carte géologique de la France, perdus, pour ainsi dire, au milieu des roches cHsullittes les plus anciennes, mériteraient d'être le sujet d'une étude spéciale, car nous ta'en retrouvons qu'un seùi qui ait été marqué sur la Carte géologique du département de ta ffaute-Vienne (S), dressée per M. Manès. It té trouve h Saint-
(1) l^^krcïï'iac^ Notes inédites, 4848.
(2) Biiil,, 4" série, vol. XIV„p. 630, 1843.
(3) Statistique géologique et industrielle du département dé la
Builc, au «id de Rocbechouart Les autres, composés d'arkose et de grès feldspalbiques, sont rapportés par Fauteur aux marnes irisées.
MpMtMBMi Si OQOS remontons la vallée de la Creuse, à partir du Blanc, où yitàn. cessait le groupe oolithique moyen {antè, p. 225), nous trouferons jusqu'à Saint-Gauthier et an delà la rivière bordée de calcaires plus ou moins oolithiques, jaunâtres, renfermant des lits de silex tuberculeux, blanchâtres, ou des calcaires siliceux, compactes, dont les bancs affectent de larges flexions, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre (1). La tranchée de la route de Saint-Marcel montre, au-dessous d*un sable quaternaire à gros grains, brunâtre, composé de détritus de roches cristallines, un calcaire profondément caverneux, mal stratifié, jaunâtre ou grisâtre, tantôt dur et compacte» tantôt tendre et marneux, rempli de druses de chaux carbonatée, et vers le bas contenant des lits de silex noir, en rognons peu volumineux. Tonte la masse a été irrégulièrement corrodée et excavée l^r des puits naturels ou cavités très sinueuses remplies de saUe ferrugineux. Une immense quantité de débris de crinoîdes donne à la roche faspectdu calcaire â Entroques de ta Bourgogne.
A l'est d'Argenton remplacement du chemin de fer a été taillé dans le prolongement de cette assise, composée de calcaires gris et jaunâtres, très durs, caverneux, en bancs épais et fendillés, dans lesqueb nous avons trouvé des débris de polypiers, de crinoîdes» YHeteropora pustulosa^ Morr., Pholadomya lyraia^ Sow.» Corffttim voisin du C. incertum^ Phill., Trtgonia costata^ Sow., T. indét, Modiola plicata, Sow., Mytilus voisin de M. cuneatus^ Phill. (non Modiola^ id., Sow.), Unio obductus^ Phill. {Gresslya^ id.» A(^, Lyonsia^ id., d'Orb.), Pima^ fragment d'un moule très épais de Gervilliaf^ Lima probotcidea, Sow.?, L. voisine de la L. gigantea, Desh. , Ostrea solitaria^ Sow. , Terebratula voisine de la T. varianit Schloth. , Natica adducta, d'Orb., Nautituê claima^ id., Belemnites indét. Ammonites Murchismœ^ Sow.
Vers le milieu de cette coupe les calcaires jaunes sont légèrement arqués, et, par suite d'une petite faille, s'abaissent aunlessous du niveau du chemin avec les calcaires gris qu'ils surmontent. Au deU de b (aille ils reprennent leur horizontalité, et l'on y remarque un
Haute^Vienne, in-4, avec carte exécutée en 4 832, et lithographiées à Chalon-sur-Saône, I S44.
(I) D*Arohiac^ Notes inédites^ I85S.
GROUPE 00L1THIQUB INFÉRIEUR. iil
il de silex noir en rognons. An sud de la ville on retrouve, en montant la colline par la route de Limoges, les couches précédentes un peu modifiées. Les siiet gris, noirs ou jaunâtres, sont en plaques tuberculeuses, se fondant dans la pâte ou bien en rognons isolés et nombreux. Iass bancs calcaires sont très puissants, divisés par des fentes verticales, et donnant des dalles épaisses, très solides, de plusieurs mètres de long. Vers le haut de la montée, la stratification est moins nette, et le tout est recouvert par un dépôt d*argile sableuse.
Au Gluseau, dans la vallée de la Creuse, des parties siliceuses, poreuses, d'un gris clair, en veines parallèles aux strates, diffèrent des silex en rognons des localités précédentes, mais elles appartiennent sans doute encore au même horizon (1). Dans celle de Tlndre, la zone siliceuse existe au moulin de Presle, au nord-ouest de la Châtre. M. Oufrénoy y cite des baguettes de Cidaris, VOstreapentagonalis, MQnst., Gold., la Trigoniastriata, Sovir. , la Limaprobos^ cideoy id. , le Pecten textorius^ Mûnst. , le P. lens, Sow. , VOstrea crùtata, Gold., la Terebrattda concinna, Sow.
(P. 249.) Oan3le bois de Meillant, au nord de Saint-Amand, MparUMst Toolitbe Inférieure, qui recouvre les marnes du lias, passe â l'état oUr, de meulière par la grande quantité de silice, qui forme des bancs cariés, continus» de 10 mètres d'épaisseur totale. Au-dessus viennent des plaquettes calcaires, ferrugineuses, quelquefois oolithiques. La silice n'a point été introduite ici après le dépôt, comme dans Tarkote, mais serait contemporaine du dépôt lui-même. Sur ces couches, qui passent à une lumachelte, vient une assise de 3 mètres à 5",50 d'épaisseur, composée de silex calcarifère, carié, gris clair ou férrngineux, passant à un grès calcarifère plus ou moins solide, et mélangé de sable. On y trouve beaucoup de fossiles à l'état siliceux (polypiers, crinoldes, échinides, Pecten iextorius, P, demiêsus^ Trigomastrtata, Terebratulaperovatts, T.bidens^ T. obovata\
Des roches argileuses, de 8 à 10 mètres d'épaisseur, alternent ensuite, avec de nombreux bancs siliceux, légers, d'un aspect spon* gieux, et des sables recouvrent toute cette série. Sur le même horizon se Urouve encore un calcaire rempli de débris de crinoides qui* au nord de Sagonne, renferme les fossiles suivants : Pecten lens.
(I) IhkMnoj, Explication, e\c,^ vol. II, p. 136. — Buii,, t'^sér., toi. XIV, p. 308, 1843.
^ ioip m u ruscB.
^ow.^P. vimineui, id., Zûiia rt^t^a» id., L. gibbosa, S<>w., 7riV gonia coitata, id., Tereèratula concinna, id., T. perotalit^ îd.v Ammonites di$cu8, id., il. annulaiuSy id., A Braikenridgi, id., A. eontracimy id., des Bélemnites, etc. £nfiii, ce dernier est surmonté d'un citicaire compacte assez puissant, à CMsure tantôt conclicfide, tantôt terreuse, imparfaitement scbistoîde, et renfermant encore des cherts disséminés.
DëpartMoeiit (^ zoue oolithi^ue inférieure, après avoir formé la rive gauche UNièrre, de la Loire, d'Apremoot à la Marche, et occupé le plateau de Blet à ViUequiers, oà elle est en partie recouverte par le groupe mof en e( les dépôts tertiaires, n'offire plus, sur la rive droite du fleuve, qu'une surface très resserrée autour de Nevers. A la jonction de la Loire et de TAIlier, on voit succéder aux marnes à Bélemniteà du lias des calcaires sableux avec crinoîdes qui, d'après M. Dofrénoy (i), représenteraient Tétage de la grande oolilhe. Les nombreux silex des assises de Sancoin et de Bruère donnent aux escarpements des bords de la Loire, en cet endroit, une ressemblance parfeite avec ceux des bords du Clain à Poitiers. Cette division est d'ailleurs iqi fort peu puissante, et, à 1 kilomètre au nord de Nevers, elle disparaît sous le second groupe que caractérise la Gryphœa dilatata. La limite de ces deux systèmes remonte vers Clamecy, en suivant le cours de la Nièvre, psr suite du promontoire que forment le^ roches cristallines du Norvan. Les couches jurassiques contournent ces dernières, qui apparaissent même quelquefois au milieu de la région secondaire, comme la petite chaîne granitique de Saint- Sauge qui s'élève entre Nevers et Château-Chinpn.
Les calcaires exploités entre Yarzy, Clamecy «t Domecy, sent compactes, assez durs, renferment beaucoup de polypiers, et repré^ senteraîent la grande oolithe du Calvados; le calcaire oolithiqae solide sur lequel ils reposent a aussi beaucoup d'analogie avec le calcaire de Caen (sous-étage de Stonesfield). Au midi de Saint' Sauge, au delà du grand massif de lias qui, des bords de la Loire, à'étend au N.^E. vers les roches cristallines des environs de Château-Chînon, et qui est limité au S.-E. par la vallée de TAron, Id cane géologique de la France nous montre encore une surface asses cégsidérable occupée par le groupe oolithiqne inférieur, au sud de Moulins-Gilbert jusqu'à Fours, dans la vallée de l'Halène. Mais les
(1) Explication^ etc., vol. II, p. 260.
GROUPS POUTBIQUE INfiBlBUR. K19
marges à Bélemnto da lias ayant été comprises dans ce group^H peqt-étre se présentent-elles seules ici, ce qui serait l'inverse de ç^ qui a été dit pour le plateau de Saint-Pierre-le-Moutier au sud de ISevers, dont la surface, occupée par les mêmes marnes, est indiquée sur la carte comme ei^clusivemeut composée par le lias i| Gryphées arquées.
M. Joly (1) distingue aux environs de Çlamecy* et succédant à ^
Tétage d!Oxford; l*" des calcaires compacfes, très durs» blancs on jaunâtres, d'environ 18 mètres d'épaisseur, et qu'il compare ai| (brest-marble ; 2'' une assise, puissante de 20 i 25 mètres, de cal^ caires oojUbiques blanc jaunâtre, quelquefois tachés debleu, Représentant )a grande ooliibe ; V dps marnes grises ou bleqp^, passant vers le bas à des calcaires ipirneux jaunâtres, caractérisé^ surtout par une grande quantité de Cardium^ de Pholadomyes et de Térébratules (Dysaster compressus, Ag., Terebratula perovalis^ Sow., T. bullata/ià.^ Pholadomya Vezelayi, d*Arch.,P. Murchisoni^ Sow., Ammonites Baker iœ^ id.); cette assise, de 40 | 45 mètres, sur les caractères de laquelle nous reviendrons tout à ('heure, peut copiprendre à la fois les sous-étages de Stonesfield et l^ fuller'searth ; 4" des calcaires subbmellaires par la grande qnanr ^té de débris de crinoîdes qu'ils renfern^ent, des calcaires bleus où jaunâtres, souvent très durs, et des calcaires marneux gris bleuâtre^ pénétrés d'une grande quantité d'oxyde de fer oolitbique ou ep veines ondulées. Celte dernière série de couches correspondrait ^ l'éiage de l'oolithe inférieure. Parmi les Ammonites qu'on y trouve* l'auteur cite VA. bifurcatus, Schlotb. (2), comme la plus çar^ctér fistiquc.
M partie ocpidenule du département de Saône-el-Loife où se Dépwtement trouvent des dépôts jurassiques appartient à la circonscription p;éOr s«ôii«-^ÛLoire. graphique qui nous occupe. Ceux qui font partie du groupe infé- pj^j, rieur ^*y moi^trent seuls avec le lias qui les supporte à l'est, en o««w««»*«i«s'appuyant contre la chaîne cristalline du Charolais, lig^c de sép<|raiion des bassins de la Saône et de la Loire. On les observe au fond de la vallée de la Boqrbince,de la Reconce, du Sorlin et de la Loire, particulièrement aiix environs de Charollés, de Charlieu, de ciiâteauneuf, de Semur-en-Brionoais, de Marcigny-sur-Loire et de
14) Mém. Soc, d'émulation du Doubs^ vd. U, 4846. 2) Il y a probablement quelque erreur dans la citation de cette espèce, attribuée ici à Schlo^be^m.
320 NOaO DE LA rBANCK.
Piriy-le-MoDial (1). La distribution do troisièiiie groupe panlt if oir été tracée avec soio par M. Manès sur sa Carte géotogiqm du département de Saâne-et-Loire (2), mais nous ne trouvons point dans le texte qoi raccompagne de détaib circonstanciés sur h composition, les caractères et les relations des couches qoi le composent dans cette partie du département.
b^artaMMi Le groupe oolithique inférieur, parfaitement continu depuis les rTorae. environs de Nevers jusqu'à la pointe occidentale de TArdenne, près d'Hirson, est presque au contact du granité sur les bords de h Cure, non loin de Vexelay, et repose sur les schistes ardoisiers ï son extrémité nord-ouest (3). « Loin de se dérober aux regards » comme le lias, entre le Morvan et les collines de la Haute-Saône, » il se déploie dans la partie la plus âevée de la Bourgogne sous la » forme d'un largo plateau d^né par Buflfon sous le nom de 9 montagne de Langres. •
En passant du département de la Nièvre dans celui de l'TooDe, et en continuant à se rapprocher du Morvan, on trouve un calcaire Jaunâtre sableux, que M. Dufrénoy (4) rattaclie à l'oolithe inférieure. Il repose sur les marnes bleufilres du lias supérieur qoi portent la ville de Vezelay. M. La Joye (5) avait, dans une première note, rapporté à tort au coral-rag les calcaires blancs oolithiques qui constituent la partie supérieure du tertre de Montmartre, situé ï l'ouest d'Avallon, et avait signalé les calcaires marneux à Ammonites qui les séparent du calcaire à Entroques sous-jacent. Plos tard (6), il opposa les opinions peu prononcées de M. de Bonnard (7), sur l'âge et le parallélisme de ces mêmes couches, i celles beaucoup plus arrêtées de M. Élie de fieaumont (8), dont nous avons eu nous-mèmc occasion de reconnaître toute l'exactitude (9). Cependant, en signalant un certain nombre de fossiles
(4) Roxet, Mém, Soc. géol. de France^ h^ série, vol. IV, p. <2Î, 426, 4840.
(2) Statistique géoL miner, j etc., du départememt de Saéne-^* LoirCf in-8, Mftcon, 4 847. La carte porte le millésime de 4 846.
(3) Élie de Beaumont, Explication^ etc., vol. II, p. 332.
(5) Bull., \^ série, vol. X, p 26, 4 838.
(6) Ib., vol. XI, p. 72, 4 839.
(7) Notice gêognostique sur quelques parties de la Bourgogne [Jnn. des mines, vol. XI, p. 434» 4 825).
^8) Ann, des sciences naturelles ,, 4 829. (9) D'Arc
l'Arcbiac, Notes inédites, 1838.
GROUPX OOLITHIQUI INFiRIlOIU 321
r^açillis dans le calcaire blanc jatmâtre marneux (deBonoard) ou , calcaire à Buccardes (Lacordaire), fossiles parmi lesquels il crut reconnaître un mélange d'espèces du Kimmeridge-clay, de TOxfordciay, du cornbrash et du Bradford-clay, M. La Joye évitait de se prononcer, et se bornait à y faire remarquer, autour de Ves^ay, de Glamecy, de Domecy, de Sermizelles, etc., la grande prédominance des acéphales sur les autres coquilles.
Dans le mémoire que nous venons de rappeler, M. de Bonnard (iésignait sous le nom de marnes brunes les assises qui constituent pour nous les deux premiers étages du lias, et que les auteurs de la Carte géologique de la France ont comprises dans leur ttvisième éiage du calcaire jurassique. Au-dessus vient le calcaire à En^ troques, qui constitue, dit M. Élie de Beaumont (1), la partie inférieure des calcaires oolitbiqnes proprement dits ou de la formation des calcaires blancs^ laquelle couvre les plateaux de la Gôte-d*Or, et couronne ceux de FAuxois d'escarpements plus on moins élevés. D'après ce dernier savant, on y distingue, de bas en haut : i^ un calcaire sublamellaire ou grenu, presque entièrement composé de débris de crinoîdes et d'échinides {calcaire à Eniroques de M. de Bonnard) ; 2* un calcaire compacte, blanc jaunâtre, à cassure un peu terreuse {calcaire blanc jaunâtre marneux de M. de Bonnard) ; l"" un calcaire oolithique; 6^ un calcaire compacte à grain serré {calcaire conchoîde de M. de Bonnard). Ces quatre divisions correspondent à celles que nous venons de voir établies par 91. Joly aux environs de Clainecy.
Le calcaire à Ëntroques forme toujours, au-dessus des pentes adoucies des marnes brunes , des escarpements rapides et môme verticaux, souvent couronnés de bancs qui se délitent en dalles minces {laves) employées à couvrir les habitations. Le calcaire blanc-jaunâtre, marneux, surmonte le précédent autour de la pointe du Morvan. Ifconstitue des plateaux qui s'élèvent insensiblement jusqu'à la base d'une seconde ligne d'escarpements formés par le calcaire oolithique (n° 3), comme entre Avallon et Vezelay. On y trouve surtout V Ammonites Parkinsoni^ VOstrea costaia, et d'autres fossiles indiqués par iM. La Joye, qui appelait cette assise calcaire à Pholadomyes, Le calcaire oolithique qui vient ensuite forme seul les tertres qui s'élèvent brusquement au-dessus des talus à pentes douces des calcaires marneux, blanc jaunâtre. Il occupe
(4) Explication^ etc., vol. II, p. 363, 4848. VI. 21
in HOaD Dl U VRANOI.
le sommet des collines de cette région, et sa partie sapérienre m délite aussi en dalles. Enfin, le calcaire conchoîde manque aox environs d*Âvallon, mais on Tobserve an sommet de la plupart des monugnes situées à l'est et au nord de cette fille.
(P. 365.) Ces quatre grandes assises, que nous pouvons considérer dès k présent comme auUnt d'étages distincts dont noM rechercherons plus loin le véritable niveao, se dessinent à la suite les unes des antres dans la vallée de la Cpre, entre Pierre-Pertbais et Arcy. Les tertres de Montmartre, qui s'élèvent comme deox bottes jumelles entre Dornecy et le Yault, en préaentent une bonne coupe, depuis le calcaire à Gryphées arquées du lias, à la base, Jusqu'au calcaire oolithique du sommet. Les calcaire très fendillés et caverneux des bords de la Cure, traversés par les grottes d'Arcy et de Saint-Moré, sont regardés par M. Elle de Beaumont comme le prolongement du système de calcaires blancs dont nous venons de parler, représentés sur la carte de France comme faisant partie da groupe oolithique inférieur ; mais on a vu {ontè^ p. 238) qu'ils avaient été rangés par quelques géologues dans le groupe moyen et sur l'horizon de i'Oxford-clay , puis par d'antres sur celui du coral-rag. Autant qu'on en peut juger d'après la carte géolo* gique de MM. Leymerie et Ranlin , ces excavations se trouveraient dans les couches qu'ils réunissent sous le nom de grande oolithe, et surmontées par I'Oxford-clay tels qu'ils le comprennent.
Les bords du Serain offrent des coupes semblables, et le plateau qui sépare cette rivière de l'Armançon est formé par ces divers étages calcaires. Entre le moulin de Château-Gérard et Sarry, les couches supérieures montrent des silex zones, en bancs ou en rognons très allongés^ rappelant ceux du calcaire de Caen. Au-des* sus est le calcaire compacte schistoîde, qui forme aussi la partie la plus élevée du groupe.
Lors de la réunion extraordinaire de la Société géologique eti 18^5, on donna un Tableau des étages inférieur et moyen du terrain jurassique des environs d'Avallon (1), mais, outre que les relations indiquées ne se trouvent pas justifiées dans les comptes rendus des séances, le texte de ces derniers renferme des contradic* tiens avec le classement proposé ; aussi y substitueronsHOous nos propres déductions combinées avec les remarques de M. Col^
(4) Bull.^ «• série, Vol. II, p. 686, 695; 4S45.
GROUPJI OOLITUQUI ISfiRIBUR. 32S
teaa (1). Noas ferons rentrer de la manière suivante, dans notre terminologie, les quatre étages que noUs venons de caractériser avec MM. de Bonnard et Éiie de Beminiont.
L'ooUtbe inférieure comprend le calcaire à Entroques, et audessus un calcaire oolithique, ferrugineux, divisé en bancs minces alternant avec une argile jaunâtre. Les fossiles, très nombreux, sont partkolièrement le Dysoster ringens, la Terebratula spinoêat YAm* moniUi Parkinsoni. Cette seconde assise, qui se montre rarement» peut être observée à la Tour-du-Pré, près d'Avallon, ï Sermi* zeUes, wmt la route de Vezelay, à mi-côte de la montagne de la Mangeoire, etc.
Le folier's earth serait représenté par la partie inférieure, essentiellement argileuse, comme on le verra, des calcaires mameui: blanc jaunâtre, et le reste de ceux-ci se trouverait sur rhorison des calcaires de Stonesfîeld. L'abondance des Pboladomyes {P. Vezelay i et Murchûoni), des Myes, des Lutraires, des Buccardes, dea Isocardes, indiquerait, suivant M. Cotteau, un dépôt vaseux, formant dans le pays un niveau géologique constant, bien caractérisé, à Sermizelles, Blannay, Vezelay, Chamoux, etc. A Tétage de Ja grande oolithe proprement dite correspondraient les calcaires blancs oolithiques, en bancs épais, peu fossilifères, et fournissant de bonnes pierres de construction à Pisy, Thisy, Talcy, Coutarnoux, Avrigny el Andryes.
Les étages supérieurs du groupe (forest-marble et cornbrash) auraient pour équivalents les calcaires conchoîdes et des bancs argileux remplisde fossiles, mais dont les caractères pétrograpbiques sont très variables. La roche est souvent siliceuse. Les silex sont ennodules, en lits et en plaquettes plus ou moins épaisses. Les écbinides s'observent particulièrement dans ces couches chargées de silice. L'épaisseur totale est peu constante aussi. Couronnant toujours la grande oolithe, ces assises traversent le département de TE. à 1*0., en formant une bande plus ou moins large qui plonge sous TOxford-clay dans cette dernière direction.
MM. À. Leymerie et V. Raulin, sur leur Carte géologique du département de /* Vonne (2), n'ont adopté que trois divisions au lieu de quatre. Us réunissent les deux premières sous le titre de grande
[\) Études sur les échinides Jossiles du département de VTonnCy p. 39, in-8, avec pi., 4850.
(«) 6 feuilles, à Téchelle de 4/86,000% 48â5.
Mpurleineiit
de M C6to-d'0r.
Parti* •cddeatale.
334 NORD Dl LA FBANCE.
oolithe, dont l'épaisseur moyenoe sertit de 110 mètres; la Iroîsième, désignée sons celai de marnes H calcùire$ à Pholad(mye$, anrait une puissance de 30 mètres; et h plus basse, nommée co/- Caire à Entroques^ et comprenant sans doute la couche oolithique, ferrugineuse, fossilifère, n'aurait que 20 mètres.
Par les mêmes motifs que pour le département de Saône-et- Loire, motifs qui ont été donnés au commencement de ce chapiuie, nous ne traiterons ici, comme les auteurs de la Carte géologique de lu France, que de la partie occidaitale du département de la G6ted'Or, l'autre portion, qui est la plus considérable, appartenant ai versant de la Saône. Ce sera seulement aussi lorsque nous nous occuperons de cette dernière, que nous aurons fréquemment recours ï la légende explicative et à la belle Carte géologique du département de la Côte-d'Or que l'on doit à M. Guillebot de NerriUe. Nous nous efforcerons alors de faire apprécier ce travail remarquable auquel, en ce moment, nous nous bornons à renvoyer le lecteur.
La coupe suivante du vallon de Beaume, à l'est de Pouilly-en- Auxois, montre la composition de l'oolithe inférieure et du faller's earth dans cette partie de la Bourgogne (1).
/ 4 . Calcaire blanc jaunâtre, marneux, à Pholado-
Étage i myes, passant vers le haut au calcaire ooli-
du 1 thique, et représentant peut-être le sous- n.
fuller's < étage de Stonesfield 8,00
earth. i 2. Marne argileuse jaunâtre 2,00
4 5"*. r 3. Calcaire bleuâtre à Térébratules 4,00