Marnes supérieures du lias
Dans cette série, les silex sont plus ou moins développés à divers
(4) Ëlie de Beaumont, Explication, etc., vol. Il, p. 369, 4848.
GROHPB OOIiITHIQUE INFERIEUR. 325
iiiveaux. Le calcaire à Entroques prend d'ailleurs quelquefois les caractères du calcaire conchoïde, comme au sommet de la montagne de Yitteanx, et des bancs de polypiers s'y voient à plusieurs niveaux, soit dans une marne verte, soit dans des calcaires compactes, gris rougeâtre ou verdâtre.
(P. 373.) Les tertres formés par les calcaires blanc jaunâtre que nous comparons au fuller*s*earth, et désignés dans le pays sous le nom de Hauteaux^ sont composés à la base de marne argileuse et de calcaire marneux» gris blanchâtre, rempli d^Ostrea acuminata et de Térébratules, plus haut, de marnes jaunâtres, feuilletées, et de rassise de calcaire marneux blanc jaunâtre, plus particulièrement appelée calcaire à Buccardes (1), qui est rempli de Pholadomya MurchisanteiVezelayi. Comme exemple de ces tertres on If auteaux^ M. Élie de Beaumont cite le mont Oiseau, au nord de Pouilly, où le calcaire marneux et les marnes bleues et jaunes qui recouvrent le calcaire à Entroques renferment aussi la Pholadomya Murchi^ soni, la Luiraria donaciformis, la Modiola cuneata^ YOstrea acuminata, les l^erebratula globata, et concinna, le Belemnites Blainvillei et Y Ammonites Parkinsoni, Ces marnes se retrouvent avec les mêmes fossiles et VOstrea Kmm (probablement costata) à la surface du plateau entre Pouillenay et Flavigny.
Le mont Auxois qui forme on cap avancé au nord -ouest de Fia* Vigny, au confluent de la Loze et du Lozerain, et sur lequel s'élevait Tancienne Alizé {Alesia), capitale des Mandubes, est un plateau de calcaire à Entroques reposant sur les marnes du lias, et recou<* vert d'un dôme déprimé de calcaire marneux blanc jaunâtre, caractérisé par les fossiles précédents. M. Élie de Beaumont (p. 376) a recliercbé avec soin, dans l'état actuel des lieux, la description qu'en donne César dans ses Commentaires (2), et celle des travaux exécutés par les assiégeants et les assiégés ; puis, passant à l'examen des environs de Montbard, le savant géologue rattache ses propres observations à celles de Buflbn sur cette même localité, en faisant ressortir tout l'intérêt que doivent inspirer les remarques de son illustre prédécesseur. Ces remarques, en effet, qui datent d'un siècle et d'une époque où la géologie actuelle n'était guère soupçonnée, sont empreintes d'une tdle exactitude de détail et d'une
(4) JL'autear de cette dénomioation parait avoir pris des moules de Pholadomyes pour des moules de Buccardes. 2) Liv. Vil , § Lxix.
•326 NOftD DE Lil FRANCE.
elle profondeur de vues, qu'écrites aajoard'hoi eDes se troinFeraient simplement lu niveau de la science.
« Ces pierres, dit Buffon, ont été primitivement formées du déCri- H» ment des coquilles, des madrépores, des coraux, et de toutes les » autres substances qui ont servi d'enveloppe ou de domicile à ces n animaux infiniment nombreux qui sont pourvus des organes « nécessaires pour cette reproduction de matière pierreuse ; je dis que « le nombre de ces animaux est immense, infini, car rimagiDatkm » même serait épouvantée de leur quantité, si nos yeux ne nous en
• assuraient pas, en nous démontrant leurs débris réunis en grandes » masses, et formant des collines, des monugnes ou des terrains
• de plusieurs lieues d'étendue (1). »
Ne croirait-on pas que le grand naturaliste du xvm* siècle écrivit ce passage au retour d'une promenade sur les coteaux qui donnilient Montbard au nord et au nord-est ? En eiïet, la colline allongée à laquelle est adossée à Test une partie de la ville, et qui repose sor les marnes du lias au fond de la vallée, est, comme le monticolc isolé qui porte le château, formée vers le bas de calcaires presque exclusivement composés de débris d'Âpiocrinites. Au-dessus, à la limite des vignes et de la portion inculte du plateau, un calcaire jaune, marneux, tendre, se désagrégeant facilement, est rempli d'une multitude de fossiles parmi lesquels nous avons recueilli les suivailts (2): Pholadomya Murchisoni, Sow., an P. media^ Ag.?, Mactromya mactroides, Ag., Amphidesma decurtatunty Phill., A. voisine de VA, securifotmisy id., Lucina lyrata^ Phill., var. tran»* versa, d'Arch. , Venus? l/nio abductus^ Phill. ( Gress/ya id., Ag.), U. liasinus, Schubl. , var. minor, Mytilm Hillanus an ctmeatus^ Sow.?, Ostrea ampuHa^ d'Arch., Terebratula caririata, Lam. , T. globùta^ Sow., de formes très variables, T. obsoieta^ id., T. spinosa, Smith, 7f varians, Schloth. , Turritella an Chemnitzia ? (Moule dont les tours sont très allongés), Belemnites canaliculatuSy Schloth. 7, Ammonites Garrantianus , d'Orb. , A, (fragment peut-être de VA. Bakeriœ, Sow.).
La coupe de la colline située au nord est un peu diffi^enie de celle-ci, et montre, à partir des marues du lias, des calcaires gris blanchâtre, à oolithes très fiiies, exploités an bas de la montée, puis
(4 ) Histoire naturelle des minéraux. De la pierre calcaire, vol. YI, p. 473.
(2) D'Archiac, Notes inédites^ 4 855.
CROUPS OOLmUQOI INFÉRIEUR. 337
ime assise de calcaire nodulo-schistoide, gris, à cassure compactet avec des fossiles assez nombreux* mais peu détermiuables, el au* dessus le véritable calcaire à Ëntroques, blanc, lamellaire, surmonté d*on calcaire blanchâtre plus ou moins marneux, se délitaul eu petites dalles ou en plaquettes jusqu'au sommet, et renfermant l' Unio abducius, Pbill., une Modiole qui rappelle la M. ellipsoideSf Buv.» et une Plioladomya peu différente de la P, earinaia, Gold.
Le plateau qui s'étend de la vallée de TArmançon au N.-£. jus^ qu'k celle de la 31euse, et qui, faiblement incliné à TO., est coupé dans cette direction par les vallées de la Brenne et de ses affluents, la lioze et le Lozerain, puis par celles de la Seine, de l'Oorce, de l'Aube, de TAojon, de la Marne et de quelques autres cours d'eau moins imporunts, presque tous parallèles, ce plateau, disons-nous, office, sur les flancs de ces dépressions, les preuves d'une composa tion assez uniforme dans toute cette étendue (1). En se prolongeant vers le S. , ce massif constitue la Gôte-d'Or, mais nous n'étudierons ici que le versant occidental de la ligne de partage des eaux de la Seine et de la Saône, et seulement quelques points principaux qui suffiront pour donner une idée de Tensemble.
Les trois sources qui forment la Seine à son origine, dans le valion de VHuis de Seine, près de la ferme d'Évergereaux, sur la commune de Sainl-Germain-la-Feuillée, à 471 mètres d'altitude, sortent des assises les plus élevées du troisième groupe, et coulent d'abord sur les marnes à Ostrea acuminata (fuller's earth). Le cal-r caire blanc jaunâtre de Chanceaux, premier village qu'arrose la Seine, est surmonté du calcaire oolithique qui forme le sol du pla^ teau doucement incliné, depuis le faite de la Côte-d'Or vers Ancy* ie^Franc et Châtillon-sur-Seine. A une lieue à l'ouest de cette dernière ville, on l'a vu disparaître sous les talus marneux de l'Oxford-clay.
Des assises marneuses, que l'on observe vers la partie supérieure de ce calcaire, ont été assimilées au forcstmarbie et au cornbrash, et elles ressemblent surtout au calcaire à polypiers du Calvados (grande oolithe}, de même que le calcaire blanc jaunâtre supérieur rappelle le calcaire de Caen (cakaire de Stonesfieid). Mais d'après ce qu'on a vu, même en Angleterre, nous sommes porté à regarder le forest-marble et le cornbrash comme des étages beaucoup plus
(4) Élie de Beaumont, Explication^ etc., vol. Il, p. 384*
S38 NORD DK Là PRANCI.
restreints que les autres, et surtout moins bien caraaérisés par leurs fossiles que la grande oolithe et les calcaires de StonesGeld.
Les bords de la vallée de TOurce offrent une disposition analogue à ceux de la vallée de la Seine, et la marne à 0$trea acumi-nataivk fuller*s-earth y surmonte également le calcaire à Entroques. M «y. Raulin a publié une Coupe géologique du terrain jurassique du département de la Côte^'Or^ de Vannage à Dijon (1), et dont la plus grande partie traverse par conséquent le versant occidental de la chaîne, ou mieux le grand plan incliné à TO. ; mais, comme en réalité ce travail se rattache plus particulièrement au relief du sol et aux accidents qui Tont produit, nous en parierons, ainsi que de plusieurs autres mémoires, lorsque nous traiterons de la partie centrale et orientale de la Côte-d*Or et des phénomènes de diiilocations et de soulèvement qui s*y sont produits. M. J. Beandouin (2)» après une étude spéciale de l'arrondissement de Ghâtil* lon-sur-Seine, a constaté et admis les caractères et les rapports généraux des étages que nous venons d'indiquer, tout en se tenant dans une réserve parfaitement motivée quant aux parallélismes de détail que Ton serait tenté d'établir des assises comprises entre les marnes rapportées au fuller*s-eat'th et Tétage d'Oxford avec les étages bien déterminés qui, en Angleterre, séparent ces deux horizons.
M. Guillebot de Nerville (3) a également adopté quatre divisions dans l'ensemble des couches qui composent notre troisième groupe. Il les désigne sous les noms de combrash, de forest-marble et grande oolithe^ de terre à foulon et calcaire blanc jaunâtre marneux et de calcaire à Entroques. Ces divisions s'accordent avec les précédentes, et justifient ainsi celles qu'avait établies depuis longtemps M. de Bonnard. Les coupes géologiques si intéressantes qui accompagnent la carte de M. de Nerville, en jetant une vive lumière sur ia constitution de la chaîne de la Gôte-d'Or, montrent avec une grande netteté les relations stratigraphiques des quatre étages dont nous parlons, et celle de ces coupes que nous avons reproduite (voy. pi. II, fig. 1) est destinée à compléter sous ce rapport ce que notre texte pourrait laisser de douteux dans l'esprit du lecteur.
(h) Bull., 2« série, vol. VIII. p. 64 3, pi. 10, 4 854. y\ Jb., yohXll p. 747, 4 865.
3) Carte géologique du département de la Céte-d'Or à réchelle de 4/80,000% 4852.
ORODPfi OOLITHIQOE iNPilRIBUH. 32ft
Les pentes des vallées supérieures de l'Aube, de TAujon et de la wpwrteraeoi Marne, offrent la même composition que celles des vallées de la Haate-uame Seine et de FOurce. La dernière cependant entame non-seulement le calcaire à Entroques, mais encore les marnes du lias, rappelant par ce caractère la vallée de la Brenne. En outre, les étages les plus élevés manquant à la surfiace des plateaux, celui de Langres n'offre pas d'assise plus récente que le calcaire à Entroques (1).
Sur la route de Longeau à Langres, un peu après Bourg, ce calcaire succède au lias supérieur. Il se prolonge ensuite sans interruption par Sain t-Geomes jusqu'au promontoire qu'occupe la ville de Langres, et qu'il constitue en entier, à une altitude de 473 mètres. Les bancs affectent des caractères assez différents suivant les points où on les observe. Celui qui forme le sol même de la ville est un calcaire oolithique ordinairement en plaques minces. Un banc de polypiers (Astrées, Ltthodendron, Caryophyllies, etc., avec des crinoîdes, Pecten iextorius^ Osirea Marshii^ Trigonies , Astartes, etc.) se remarque surtout à' la source de Blanche-Fontaine, dans le coteau de Brevoine, et, soit qu'on descende du plateau vers la vallée de la Bonnelle ou bien vers celle de la Marne, il se montre constamment au-dessus du lias.
A l'ouest et au nord de Langres, continue M. Élie de Beaumont (p. 396), les marnes à Ostrea acuminata représentant le fuller'seartb reposent toujours sur le calcaire à Entroques, et au-dessus viennent des marnes et un calcaire jaune ou taché de brun qui non» semble occuper la place des calcaires de StonesGeld, une oolithe blanche qui représenterait la grande oolithe et des calcaires compactes, le Bradford-clay. Plus au nord, d'après M. A. Duhamel, se rencontreraient les équivalents du forest-marble et du cornbrash. Dans la vallée de la Marne, le lias supérieur cesse de paraître à 2 lieues au nord de Langres. A l'ouest, lorsqu'on suit le cours de la Suize, on voit se succéder la série ascendante que. nous connaissons déjà sur tant de points.
Près de Cbaumont, li Marne, dont la source, située à 5 kilomètres au sud de Langres et à 380 mètres d'altitude, sort du pied d'un escarpement de calcaire compacte reposant sur le lias, est encore encaissée dans des calcaires appartenant à l'étage de la grande oolithe et exploités à la Maladière. Vers Darmanne viennent successivement, au-dessus des calcaires compactes, des marnes jaunes,
{\) Élie de Beaumont, Explication, etc., vol. Il, p. 393.
S30 HOU) Dl U PiUNCI.
puis de nouTelles assises oolithiqoes représentant celles des enTîrens de ChâtiUon-sur-Seine et de Ghftteaa-Vilaîn que recouvre à Tooest l'étage d*Oxford. La même série s'observe encore à Barthenay, dans la vallée de la Marne, où un calcaire supérieur aux précédents a été assimilé au cornbrasb^ rapprochement qui, comme beaucoup d'autres, manque encore de preuves assez positives. C'est ainsi que dans la Coupe du terrains qui composent le sol du département de la Haute-Mame (1) donnée par M. £. Royer, et dans les explications qui l'accompagnent, on ne voit pas pourquoi les diri-' sions comprises sous les dénominations de grande oolithe, de forestmarble et de cornbrash, ne représenteraient pas aussi bien les calcaires de StonesAeld et le Bradford-clay séparés par la grande oolitfae. Nous préférons de beaucoup la réserve des auteurs de la Carte géologique de la France qui emploient des expressions locales ou simplement pétrograpbiques toutes les fois que le synchronisme avec des dépôts d'autres pays ne leur est pas sufi&samment démontré.
Dcpartement Les coupes donuées par M. Élie de Beaumont (p. 402 et A OS), vos'^ges. et sur lesquelles nous aurons occasion de revenir, montrent que la zone ooHthique inférieure, en s'avançant ao N. -E. , conserve des caractères comparables k ceux que nous lui avons vus an S.-E* Cependant les étages les plus élevés, moins distincts on moins importants, nous feront porter particulièrement notre attention sur les plus anciens, et, dans le département des Vosges comme dans celui de la Meurthe, il nous sera plus commode d'adopter, excep- . tionnellement, pour la description l'ordre de bas en haut suivi par les auteurs eux-mêmes, ordre qui a ici l'avantage de partir d'une base constante bien connue et bien déterminée, les marnes du lias. Dans la seconde des coupes que nous venons de rappeler, celle de Longchamp-sous-Cbâtenay à la côte de Mont et passant par Neufchâteau, les calcaires du groupe ooUthique inférieur recouvrent les marnes à Posidonomyes du lias. Les premiers bancs calcaires ferrugineux et argileux avec des parties spathiques, des Bélemnites, des Limes, des Pinnigènes, etc. , représentant la base de l'oolitbe inférieure, sont surmontés d'un second calcaire rempli de polypiers {Agaricia granulata^MnnA., Astrœa Burgundiœ^ Blainv., A,ex^ pianotât Gold.), qui alterne avec une marne rouge, verdâtre, puid avec un calcaire compacte jaunâtre, verdâtre ou rougeâtre, le tout
(4) fuU., r série, vd. U, p. 659, pL %0, fig. 44, 4845. .
GROdPB OOLITHIQUl INFittlBUR. fSSl
coosti tuant Tétage de Foolithe inférieure et s'abaissant vers Neufchâteau, c. Les plateaux qui environnent cette Tille (p. 405) sont » formés par un calcaire oolithique qui a de grands rapports avec » le calcaire à polypiers du département du Calvados et avec h • grande oolithe d'Angleterre ; il est quelquefois en couches assez 4 épaisses, et est alors exploité comme pierre de taille ; d*autres >• fois, il se divise en plaques extrêmement minces qu'on exploite » sous forme de laves ponr couvrir les maisons. »
M. de Billy (1), à qui nous empruntons la coupe ci-après (pi. If, fig. 2), place encore au-dessus de ces calcaires une assise qui les sépare de FOxford-clay, et qu'il compare ao Bradford-clay, divisant ainsi en trois étages le groupe inférieur du département des Vosges. Le savant ingénieur fait remarquer ensuite (2) que les bancs d*oolithes ferrugineuses, qui ont été réunis au lias dans le département de la Meurthe, viennent se terminer dans celui-ci aux minières de Maconcourt où leur épaisseur est réduite à 4 mètres. Ils reparaissent moins développés encore sur les limites du département de la Haute-Marne, et le niveau d'eau du pays est marqué par celui des marnes du lias. On vient de voir quels étaient les caractères des antres assises de Toolithe inférieure qui se termine par un calcaire avec de grosses oolithes peu régulières, et dans lequel M. de Billy signale le Clypeus patella et VOstrea Marshii. Le fuller's-earth, qni n'existe que sur un ou deux points, n'a pti être marqué sur sa carte.
L'étage de la grande oolithe, dirigé du S.-O. au N.-E. en passant par Neufchâtcau, incline très faiblement au N.-O., etl'auteur réunit, sous la désignation de Bradford-clay et de forest-marble, une assise argileuse avec Osirea acuminata. Cette coquille continue à se montrer dans les calcaires placés au-dessus et qni passent à une lumachelle. Enfin le groupe se terminerait par des couches jaunâtresy terreuses, remplies de coquilles brisées dont quelques-unes annoncent le voisinage de l'Oxiord-clay sous lequel disparaît le groupe aux environs de Liffol. Peut-être s'étonnera-t-on de soir VOstrea acuminata, partout si caractéristique du fuller's-earth dans cette partie orientale du bassin, passer ici au-dessus de la grande oolithe 7
(1) Carte géologique du département des Vosges y 4 feuilles à Téchellede 4/80,000% avec coupes, 4848.
(2) Esquisse géologique du département des Vosges [Ann, *9titf, d'émulation des Vosges^ vol. YII» )• cahier, 4950).
Mpartement
de U MearUie.
Remirqaet
•ur
la limilfl
de l'oolUbe
iaférieartt
et du lUf.
C*est une anomalie qne des recherches ultérieures devront expliquer ou confirmer.
On doit à M. Monnier (1) d'intéressantes obserTaiious sur la constitution géologique des environs de Nancy, observations dans lesquelles les caractères et la distribution du lias et de l'oolithe inférieure ont été bien tracés. Peu après, M. Guibal a donné un Mémoire sur le terrain jurassique du département de la Meurthe (2), une Notice géologique sur le même département (3], et une carte géologique {jx). Dans cette dernière, une seule teinte comprend exactement toutes les assises de notre troisième groupe, et celle qui est consacrée au lias comprend ses marnes. Les recherches de M. Guibal, citées souvent par M. Élie de Beaumont, seront aussi rappelées dans Tanalyse que nous allons donner des Uavaux de ce dernier savant, et il en sera de même de celles qu'a publiées récemment M. Levallois.
Eu se prolongeant au N.-E., le groupe oolithique inférieur pénètre dans le bassin de la Moselle, où les coteaux qu'il constitue forment un des accidents orographiques les plus remarquables da pays (5). Le mont Gurel à 453 mètres d'altitude, la côte de Pulnay à 524, et surtout celle de Vaudémont ou mont de Sion à 545, sont des tertres ou massifs isolés, placés en avant des coteaux oolilhiques, et se détachant nettement par leur relief au-dessus de la surface du calcaire à Gryphées arquées. IlsoA-ent ainsi des coupes géologiques naturelles, précieuses pour la connaissance des collines environnantes. La base de ces tertres est formée par les dernières assises du lias supérieur, et le sommet par les premières du ti*oisième groupe oolithique. Gette disposition est, comme on le voit, tout à fait comparable à ceHe que nous avons signalée dans les comtés de Northampton, de Ruthland, d'Oxford, de Warwick, etc. (on/è, p. 80), sur la côte nord-ouest opposée de la mer jurassique.
Ici commence un ordre de faits dont nous avions bien vu quelques traces dans le département des Vosges, mais qui ne se déve* loppent tout à lait que dans le département de la Meurthe, pour
(O Mém. Soc. roy, des se, lettres et arts de Nancy y 4 839, p. 66. m Ib,, 4844, p. 9, et pi. de fossiles.
(3) Statistique da département de la Meurthe^ par M. Lepage, iD-8, Nancy, 4843.
(4) Carte géologique du département de la Meurthe ^ 4 feuille^ 4844 (fait partie de Touvrage précédent).
(5) Ëlie de Baaumont, Explication, etc., vol. II, p. 405.
GROUPE OOLITHiQOK IMFiRlSOR. 33S.
prendre ensaité plus d'extension encore dans celai de la Moselle et an delà. Ils doivent fixer particalièrement notre attention à cause de rétendue sur laquelle ils ont été observés et des opinions diverses qu'ils ont fait naître. Pour motiver celle à laquelle nous nous sommes arrêté, nous rappellerons d'abord qu'en Angleterre, sur une étendue de plus de 100 lieues, de l'embouchure de la Tees (Yorkshire) jusque sur la côte du Dorsetsbire, l'étage des marnes supérieures du lias {upper lias shales) nous a présenté l'horiion géologique le mieux caractérisé» le plus constant, sauf en un point où il paraît manquer, et le plus nettement séparé des dépôts qui lui ont succédé. Partout V Ammonites bifrons, la Nucula ovum^ etc., l'accompagnent, et nulle part nous n'avons éprouvé d'incertitude sur sa distinction d'avec l'étage de l'oolitbe inférieure qu'il supporte. Mais ce dernier, très variable dans son épaisseur, dans ses éléments constituants et dans sa faune, simple ou très complexe, quelquefois est réduit à moins de 1 mètre, ou même manque tout ï fait. Dans son état normal, on peut y établir deux sons-étages : l'un, supérieur plus ou moins calcaire ; l'autre, inférieur sableux. Tous deux sont plus ou moins ferrugineux. En outre, sur un des points où sa composition est le plus compliquée, et où les fossiles pré* sentent à divers niveaux des associations différentes, nous avons signalé, dans ses couches les plus basses ou les plus voisines des marnes du lias, des corps organisés qui annoncent un horizon par^ ticulier et en même temps une sorte de liaison avec ces mêmes marnes {antè, p. 92). Ce fait n'est donc jusqu'à présent qu'une circonstance particulière de l'oolitbe inférieure de l'Angleterre. De ce côté du détroit, nous l'avons vue se reproduire d'une manière encore très limitée dans les départements de la Manche et du Calvados de même que dans celui de la Sarthe.
Mous dirons actuellement, par avance, que dans le nord-ouest, comme dans le centre et le sud de l'Allemagne, et dans les régions des bords du Rhin qui y sont contiguês, la plupart des géologues paraissent être d'accord pour placer la séparation du lias et de l'oolitbe inférieure comme nous venons de l'indiquer des deux côtés de la Manche. Or, une si Imposante majorité pour réunir à l'oolitbe inférieure les couches qui renferment les Ammonites pri^ mordialis, torulosus, la Trigonia navis, etc., et pour ne commencer le lias qu'avec les couches à Ammonites bifrons, devait être d'un grand poids pour nous, et nous nous sommes rallié à cette manière de voir pour l'appliquer à la France. Dans ce dernier pays, au nord comme au sud, à l'est comme à
33ft: Non» DC LA PEAMCB.
l'ouest, les marnes supérieures da lias soot également el conetMh ment caractérisées par cette même Ammonites bifrans^ des Bélemnites, des Posidonomyes, etc. , pais an-dessns, dans certaines localités seutaoeot, apparaissent ces dépôts ^ Ammoniie$ primordtalis^ Trùjonia naviê, etc., plos on moins espacés, qui, par leur dis* pontion limitée, discontinue, nous représentent les premiers sédiments d'une période. Us sont venus combler en quelque sorte les petites dépressions laissées à la surface des marnes du lias, dont la eonstance et la généralité des caractères accusent, an contraire, une ère bien définie, un Téritable horizon géologique. On peut donc ne voir dans les couches en question qu'une dépendance do sous-étage des sables de l'oolilhe inférieure du sud-ouest de l'Angleterre, et regarder certaines espèces qu'on y trouve, et qui avaient aussi vécu avec V Ammonites bifrons^ comme ces chaînons dont nous avons parlé, qui ont probablement rattaché toujours la foune qui finit ^ celle qui commence.
Cet exposé suflBt pour faire comprendre notre pensée ; les preuves à l'appui viendront à mesure que nous poursuivrons ces deex termes consécutifs de la série sur les divers points de TEurope où ils ont été signalés.
Ce sous-étage de l'oolithe inférieure en Lorraine n'est pas seulement caractérisé par certains fossiles ; il l'est encore par la présence de minerais de fer oolithique souvent exploités, et qui lui donnent une importance réelle. Ces minerais, avec les corps organisés qui les accompagnent, ont été souvent rapportés au lias. Les auteurs de la Carte géologique de la France les ont réunis aux marnes supérieures placées à la base de leur troisième étage. Conformément à ce que nous venons de dire, nous les séparerons de ces marnes pour en faire la base du troisième groupe oolithique, ainsi que l'ont fait depuis longtemps la plupart des géologues d'au delà du Rhin, k l'exemple de L. de Buch.
Dans la région où nous pénétrons, l'étage de l'oolithe inféin^learâ. ricure offre souvent deux divisions principales ou sous-étages. Le premier, ferrugineux, plus ou moins arénacé ; le supérieur, calcaire et représentant le calcaire à £ntroques de la Bourgogne. Aux environs de Nancy, on voit, recouvrant les marnes du lias, un grès jaunâtre ou rouge brique, peu solide, comparé au marly sandstone des anciens géologues anglais (1). Il est quelquefois très dur, par
(4 ) Cette expression, ou celle de marlstone^ qui n'en est qae la •OBlraolioi, employée par W. Smith, a donné lieu à l'erreur partagée
6R0CPI 00L1THIQUI tHTtelEUR. 335
suite du ciment ferrogioeux qui en relie les éléments. 8a puissance est rarement de 1 mètre ; quelquefois il manque tout ^ fait, ainsi qu'une oolithe ferrugineuse qui le recouvre sur certains points. Cette dernière est composée de grains sphéroîdaux, enveloppés dans un ciment argilo-calcaire, ocrenx, jaune rougeAtre. Elle existe fré-quemment entre les marnes du lias et les premiers bancs de cal* caire blanc. On y trouve subordonnée une roche bleu verdâtre avec fw silicate, équivalent d'un des minerais que nous verrons exploité à Moyeuvre et à Hayange (Moselle). Des lits d'aigle la divisent quel* quefois en plusieurs bancs.
M. Guibal (1), qui place comme nous ce petit système découches i la base de l'oolithe inférieure, cite dans l'oolithe ferrugineuse Pholadomya clathrata, P, fidicula, Lutraria Alduini, Pinna Hartnumniy Ostrea calceola, Trochus eiangatus, Belemnites corn" pretsus , des vertèbres d* Ichthyosaurus , etc. M. Levallois (2) a fait aussi de cette contrée une étude spéciale et comprend ces grès srgileux sous la dénomination de marnes supraliasiques supé^ neutres en y réunissant les couches de fer hydraté ou minerais oolithiques et des marnes grises ou bleues qui les surmontent. Nous reviendrons plus loin sur les motifs dont ce savant a appuyé son opinion pour ce classement.
« Ces couches sont surmontées par les calcaires blancs bordés » d'escarpements souvent abruptes, qui terminent les plaines de la • Lorraine par un rempart analogue à celui qui, de Lucy-le-Bois à » Rome-Château, circonscrit la plaine de i'Âuxois. Ces escarpements
par M. LoDsdale, mais que n'avaient point suivie MM. H. -T. de la Bêche, Murchison, Phillips, etc. Les travaux du Geological Smvcy ont d'ailleurs parfaitemeut expliqué la maDÎèrede voir de W. Smith, qui était exacte par rapport aux environs de Bath, où manquent les marnes supérieures, et où l'oolithe inférieure recouvre en effet, mais par une exception locale, le marlstone. Une anomalie mal interprétée 6st ainsi devenue une loi fausse qui s'est particulièrement accréditée en France, où, jusque dans des publications très récentes, on voit placer Véquivalent du marlstone immédiatement sous Toolithe inférieure, lorsque, en réalité, ce sont ces couches ferrugineuses dont DOQs parlons, et qui en sont séparées par tout l'étage des marnes supérieures du lias [upper lias shales)^
(4) Mém. sur le terrain jurassique du département de la Meur^ Me, p. 4 9.
(2) Aperçu de la constitution géologique du département de la Meurthê {Jnn. des mines, !• série, vol. XX, p. «35, 1854).
336 NORD DE tk FRANGI.
B sont U tranche d'an large plateau qui, des «ivirons de NenfeU- » teau, s'étend versToni et Pont-à-Moussoa(l). »
Des lambeaux déiacbés de ces calcaires, taillés à pic sur leurs bords, couronnent de petits plateaux, plusieurs des proéminences isolées que nous avons déjà indiquées, et d'autres telles que la cdte d'Ainance, le Pain-de-Sucre, près d'Agincourt, la côte de Delme et celle de Tincry. « Ce sont probablement les restes d'un plateau » autrefois plus étendu, en partie démantelé par des dénudatioas » dont les sillons où coulent la Moselle et la Meurthe sont les moins » larges et les plus réguliers. •
« Lorsqu'on descend le cours de la Meurthe à partir de Nancy, « et celui de la Moselle à partir de Pont-Saint-Vincent, on est » frappé, dit Al. Levallois (2), par l'aspect de rochers blaifcs, à pic, • apparaissant comme des murailles qui couronnent les coteaux à » travers lesquels ces vallées ont été ouvertes. Ces rochers sont en » général formés de calcaire saccharolde rempli de polypiers, d'où ■ le nom de calcaire à polypiers qu*\l a reçu, » sans qu'il existe pour cela aucun rapport avec les couches désignées de même dans le Calvados, et qui, placées plus haut dans la série, représentent, comme on l'a vu, la grande oolithe.
Au nord de Nancy, sur la rive droite de la Meurthe, ces roches constituent le plateau de Saint-Max et de Maizéville où de nombreuses carrières sont ouvertes. Elles y offrent deux assises distinctes (3) : l'une, inférieure, rougeâtre (pierre rouge des ouvriers), de 3 mètres d'épaisseur, est une variété ordinaire du calcaire à Entroques ; elle renferme du fer hydraté disséminé, et forme des bancs légèrement tuberculeux, séparés par des lits de calcaire gris, schisloïde, ou jaune d'ocre et peu solide. L'autre, supérieure (pierre grise), de 5 mètres d'épaisseur, est un calcaire oolithique assez semblable à celui qui recouvre le plateau. Ce dernier est oolithique, grisâtre, à lamelles spathiques avec des bancs de gros polypiers, et
(4) Elle de Beaumont, Explication^ etc., vol. Il, p. 442.
(2) Aperçu de la constitution géologique du département de la Meurthe (Ann. des mines, 4* série, vol. XX, p. 635, 4861). — Re-marques sur VOstrea costata et l'O. acuminata, etc. (Bull, 2« sér., Yol. YIII, p. 327, 4854). L'auteur y indique, par un diagramme très clair, la disposition relative des groupes oolithiques moyen et inférieur de cette partie de la France et la composition de chacun d'eux.
(3) Ëlie de Beaumont, Explication^ etc., vol. H, p. 445.
GROUPE OOLITHIQUE INFÉRIEUR. 337
il se délite en dalles [laves). Ces divers calcaires sont encore exploités sur beaucoup de points aux environs (1).
Au-dessus vient une assise {balin des ouvriers) rapportée à la grande oolitbe; mais Fargile à Ostrea acuminata (fuller's-earth) étant très peu développée, la limite du calcaire }k Entroques et de la grande oolitbe manque ici de précision. Cette assise, exploitée au delà de la côte de Toul, dans le bois de Maxéville, etc., est surmontée par la grande oolitbe proprement dite que caractérisent ses grains spbériques miliaires, presque contigus, réunis par un ciment calcaire peu abondant. M. Guibal y cite la Pholadomya ambigua^ VOstrea actxminata^ la Terebraiula Thurmanni (2) et la Serpula iocialis. Cet étage forme une large zone qui traverse le département dn S. an N. , et qui est la continuation de l'afSeureroent des couches déjà signalées sur les plateaux que coupent la Marne au-dessus de Ghaumont et la Meuse au-dessus de Neufcbâteau (3).
Sur la limite occidentale du groupe, le plateau qu'il forme est occupé par nne assise argileuse jaunâtre, rarement bleue^ renfermant quelquefois un calcaire compacte, jaune, qui représenterait le Bradibrd-clay (Crezilles et Moutrot, sur Tancieune voie romaine de Langres à Metz, Cbaudenay, Gondreville, Rouvron, Essey, etc.). M, Guibal y mentionne VOstrea castcUa, la Terebraiula spinosa, la T. varions? le Pecten interstinctus^ le P. vagans et la Lima
A Tbiaucourt, sur la limite nord du département de la Meurtbe, M. Levallois {U) a observé une argile avec Ostrea acuminata reposant sur la grande oolitbe, et qu'on ne peut par conséquent assimiler an fuller's-eartb ; mais ce dernier existerait à Rogéville, à 3 lieues à Touest-sud-ouest de Pont-à-Mousson, recouvrant les calcaires avec polypiers de roolitbe inférieure, et surmonté par la grande oolitbe avec Clypeasterpatella. C'est aussi une argile bleuâtre qui forme lecieldes carrières de Noroy et de Jezainville, près de Pont-à-Mousson. VOstrea acumituxta s'y montre d'ailleurs accidentellement, de même qu'au-dessus de son principal borizon jusque dans le corn-
(4) D'Archiac, Notes inédites, 4836. — Guibal, loc, cit., p. 4i, 45, 48. — Monnet, Descript, miner, de la France, p. 486.
(2) Nous avons vu, en effet, la T. Thurmanni, Voitz, ou variansy Schloth., descendre souvent au-dessous de son niveau principal, l'Oxford- clay.
Élie de Beaumont, Explication, vol. II, p. 420. Bull., «•série, vol. VIII, p. 337, 4864. VI. 22
5IC NORD DK Là FRANCK.
btwtki. M. LeTRlNn pense en outre que les distinctious de fforest* marble et de corubrash ne sont pas applicaUes à la Lorr^in^. Knt ênvirôufi de TOul, ces étages seraient seulement représentés par des Calcaires fragmentaires, des marnes ocreuses recouvertes de calcaire^ blanc Jaunâtre auxquels succède TOxford-clay. Il y mentionne it fïingia arbidîtes, le Oypeus patelin, le Petten mgam, et quel* quet Ottreû mtMa et oceimtmi/a.
Dtfpartcmrat U fé^ ocoupée ptr le groupe oolithique inférieur qnf nouR 1. mm«ii«. npM A décrire, et qui tt'étend de la côte de Delme (Meurthe) aux aflttents supérieurs de t^Oise, n'est plus en mpport immédiat de glaementavec les pentes des Vosges, mais avec celles du Rundsrttck il dt l'Ardeime (1). Les platéauk calcaires de ce groupe forment, dit li« Élie de Beaumoni, par la manière tJkmt Ils se terminettl, TaccMeM topographique le plus prononcé de toute la ROMe jurM^ sique du bassin de la Seine, et même de tout le terrain Mcoodaire feitué en dehors des Vosges (2).
Entre la Seille et l'Oise, comme entre la Meuse et la Heille, c«^ flatAauK présentent des escarpements brusquement terminés vers les montagnes qui les circonscrivent. I^ur crête, dans la partie septentrionale, atteint sa plus grande élévation aui environs de Longwy oé •lie est è 44S mètres. Après avoir cité les altitudes matimnm de ces plateaux, M. Élie de Beaumoni fait remarquer encore qu'elles se trouvent toutes à peu de distance de leur bord extérieur, et qia'à partir de la ligne de plus grande élévation que ces points déterminent* les plateaux s'abaissent invariablement vers le centre du bftnin» La oomposition de cette vRste nappe est aussi uniforme que M disposilion est simple* et les assises qui constituent les escerpe- BMMs se préaentent avec les mêmes câractètes génénux qu'en Boargogne et aux environs de Nancy. Noos allons retronver, «a effet* dans le département de la Moselle* le prolongement des dernières assisos du groupe représentant le combrash et le foresttearble, et celèesqui ont été assimilées au Bradfbrd*-day* à li gnmde eolitfae* an fulier's^arth et qur sous-étages de l'oolitbe inlédeare. Nous reprendrons en même temps Tordre habituel de description, eu de haut en bas.
Entre l^nguyonet Marville* à l'extrémité ocoideotiiedu département, des calcaires, dont l'épailseur totale varie de 19 à 20 mètres,
(4) Élie de Beaumooti lot:, cit., p. 422. (2) Loc.'cit., p. 445.
GHOUPË OOLITUtQUB INFÉRIEUR. 339
re|iosent sur l'argile rapportée au Bradford-K^lay, vi sont recouverts an sud de Faiily par i'étage d'Oxroid(i). On peut donc } toir quelque représentant des étages supérieur du troisième gtoupe. La roche en est grenue, un peu cristalline, gris clair, légèrement jaunâtre et oolitbique, et les fossiles y sont rares.
A Gorze, aux Génifeaux, à Tichemont, elc. , des mames argi- I^BSes, de 10 à 15 mètres d'épaisseur, bleuâtres vers le bieis, gris jantïâUre à la partie supérieure , renferment des bancs calcaires subordonnés quelquefois assez épais. Ceut-ci sont cristallins, tr^ dtirs, difficiles è briser, bruns, tachés de bien et très ferruginent. Les manies ont été rappoitées au Bradford-clay par M. T. Slmeii (2) qui y cite de nombreux fossiles non déterminés, à Texcep* tien dtt Belemnites giganteus qui est une espèce de l'oolithe inférieure et de VOstrea Knorri qui est douteuse. La montée du poilt des Gétiifeaox à Gravelotte, Siir la grande route de Metz à Paris, émAe une bonne cou|)e de te sons-étage qui, â Corse et à Briey, repose sur les calcaires oolithiques (3). A Totiest, d<lns la partie qtti avoisme le département de la Meuse, les argiles sont partictilièrement développées, et retiennent les eaux à la surface du soi eta donnant lieu â un assez grand nombre d'étangs.
M. Levallois {h), qui a de nou?eau étudié cette localité des Géniféaux, y signale VAmcufn echinata, la Lima gibhosa, VOMt^ea eteuminata, les Terebtaiula omiîhocephala, bisuffmrinetiâ ^i peret^ts, et conclttt des relations de gisement que les marnes argKleoses précitées pourraient bien être subordonnées à deux assises de la grande oolithe. Plusieurs des espèces que nous Venons d'indiquer se trouvent, en effet, ordinairement plus bas que le niveau imqoel on les rapporte ici, et les listes de fossiles t)nbliées pir M. Terquem (5) nous font présumer Jiussi qu'en voulant tl*ottver la
(t) B. Jacquet, Esquisse géoh^f^tte tin dépaf-terhfttt tie (n Moselle, p. 82, in-6, avec carte et coupes, Meti, 4854.
(2) Aperça de la géohfiie du département de la MoseUes 5* session du Congrès scientifique de France, 4 838.
(3) Descjiplion de la partie delà formation onlithique qui existe àam Iv déparrehient de la Moselle (Mém. Jcad, des se. nat. de Metz, voL XIV, 4833-34). —VInstitut, 4^' juin. 4836. — Èliede Beaumont, Explication^ etc., vol. 11, p. 460. — E. Jacquot, Esquisse géol, et miner., etc., p. 80.
[i) BulL, 2- série, vol. Mil, p. 332, 185*. (5) Paléontologie du département de la Moseiie (extrait de la statistique de ce <k^>artement, Metz, 4855).
SdO NOED DE LA FRANCE.
série toujours complète, on a placé irop haut les étages qu*ii désigne sous les noms de cornln*ash, de fuller^s-earth et de bradfordieiL De nouvelles éludes comparées, faites sur une plus grande échelle, nous paraissent nécessaires pour décider de ce parallélisme de détail dans un groupe aussi complexe et aussi polymorphe que celui qui nous occupe.
Les calcaires rapportés à l'étage de la grande oolithe proprement dite sont blancs ou jaunâtres ; les ooliibes, très fines, sont mélangées de calcaire spatbique qui forme quelquefois le ciment de la roche dont la dureté est variable, comme son épaisseur totale, que M. Jacquot (1) croit ne pas dépasser ordinairement 30 mètres. Cet étage est représenté, sur les plateaux jurassiques, par une bande continue dirigée N. S. , entre la lisière de la Meurthe et la frontière du Luxembourg, et qui s'infléchit ensuite brusquement à TO. comme la falaise à laquelle elle reste parallèle. !\l. Terquem (2) a donné une liste des espèces de cet étage à laquelle nous renvoyons le lecteur comme pour les suivantes.
Les marnes à Ostrea acuminata, dit M. Élie de Beaumont (3), s'observent aux environs de Briey. Ce sont des marnes grises avec des bancs marneux subordonnés. Entre cette commune et Auboué, leur épaisseur est de A mètres. Elles sont brun jaunâtre, et alternent avec des calcaires ferrugineux très durs. Au-dessus est one série de calcaires passant ù la lumachelle, puis de calcaires gris saccharoîdes, de calcaires plus compactes, de calcaire jaunâtre à grain un, et de calcaire jaune égaleraient à grain un, tacheté d'une multitude de points noirs. Ces diverses couches, quelquefois de 6 à 10 mètres d'épaisseur totale, sont souvent très réduites, mais ne manquent jamais complètement, d'après M. Jacquot (U) qui cite an grand nombre de localités où on peut les observer. Leurs fossiles présentent des associations assez variables, mais l'abondance et la constance de VOstrea acuminata peut suppléer aux variations de la faune et des caractères pétrographiques de cet horizon.
Sous l'assise précédente rapportée an fuller's-earth vient, dans le département de la Moselle, une autre série de calcaires qui, désignés sous le nom collectif A' oolithe infériewe, ont été comparés à
(1) Loc. cit.y p. 79.
(2) Loc, cit., p. 30.
!3J Explication^ etc., vol. II, p. 458.
4) Loc. cit., p. 78. — Terquem, loc, cit., p. 29.
GROUPE OOLITHIQUE INFÉRIEUB. 3/|i
cet étage en Angleterre; mais la comparaison n'est complète qu'autant qu'on ajoute à ces couches les marnes, les minerais de fer hydroxydés et les bancs arénacés sous-jacents placés par les géologues qui ont décrit ce pays à la partie supérieure du lias. Nous esquisserons rapidement les caractères des deux sous-élages de Toollthe inférieure tels que nous les avons signalés dans le département de la Meurthe, et en adoptant les petites divisions suivantes établies par MM. Jacquot et Terquem qui distinguent 6 assises également réparties dans nos deux sous-étages. Nous mettrons ensuite en regard la composition de Foolithe inférieure du doucestershire, pour montrer l'analogie du développement de l'étage dans cette partie de l'Angleterre et en Lorraine.
/ .„ à Calcaire sub-compacte.
de 1 ° f Calcaire ferrugmeux.
roolithe j a, i Marnes grises micacées, inférieure, f ^ | Minerai de fer oolithique. ;^sous^tage.|^^^^ brun micacé.
Le calcaire subcompacte paraît avoir des relations assez complexes i avec l'assise du calcaire à polypiers, tantôt superposé à ce dernier (Rozériealles), tantôt subordonné (/6t(/.), tantôt parallèle (Lessy, Géniveaux). M. Terquem y signale particulièrement le Belemnites giganteust Schloth., qui atteint jusqu'à 0",50 de long dans les carrières de Lessy, et qui, bien que se montrant aussi au-dessus et audessous de ce niveau, n'est jamais aussi abondant ni d'aussi grande taille, puis V Ammonites Blagdeni^ Sow., Trigonia cosiata, Park., Avicuia digitata, Desl., Pecten demissus^ Phill., Ostrea Marshii^ Sow., 0. acuminata, id.
1^ calcaire à polypiers signalé par M. Y. Simon (1), parfaitement décrit par M. Elle de Beaumont (2) qui le rapproche de celui de la Bourgogne (Beaume, près Pouilly) où il fait partie du calcaire à Enlroques, est ordinairement saccharoîde, quelquefois lamellaire, par suite de la grande quantité de débris de radiaires qu*il renferme. 11 est gris, accidentellement rose ou bleu foncé. Les bancs sont épais »
(4) Jpercu de la néologie du département de la Meuse (5* session du Congrès scientifique de France, 4838). — Description de la partie de la jormation oolithique qui existe dans le département de la Moselle {Mém, Àcad. de Metz, vol. XIV, 4832-34).
(i) Explication^ etc., vol. II, p. 454.
I«t foiM-éUge.
3&2 NOftD DB LA FRANCS.
mais le plus ordinairement irréguliers, et séparés par des lits minces 4e marnes grises ou verdâires. Celte roche, très résistante, dit M. Jacquot (1), est remplie de polypiers, et forme des saillies iq lommet des coteaux qui terminent la grande falaise jurassique (environs de Longwy, d*Ottanges, de PierreviilerSt de Norroy-lez- Yarennes, etc.). Elle figure des récifs» ajoute M. Terquem (2), el renferme des coquilles dont les genres sont ceux qoi vivent encore 9i^nrd'hui au milieu des bancs de coraux. M. J. Haime (3) a (ait remarquer que sur 9 espèces de polypiers provenant dr cette assise, près de Metz, tous appartiennent à Toolithe inférieure d* Angleterre^ ^ l'exception du Cyathophora lucienm qui se représente dans la grande oolithe.
Les calcaires ferrugineux et grenus, brun jaunâtre, sableux, en bancs minces, aiirmontéa d'autres bancs remplis d*ooliihes ferrugineuses et brillantes, alternent avec des marnes sableuses, égalemeot oolilhiqnes, puis viennent des calcaires grenus à lamelles spathiques, gris ou jaunâtres, en couches |)eu épaisses, et do|it l'une, caractérisée par ÏAvicula braamburiensis, est assea constante au-dessous du calcaire à polypiers (6). Cette assise, d'après M. Terquem (5), renferme d'antam phis de fossiles qu'elle est moins dévebppée. Ainsi au sommet du mont Saint-Quentin et dans le fond de la vallée de Mouféaux oà elle n*a que 5 à 6 mètres, les corps organisés M>nt beaucoup plus nombreux que près de Novéant et dans la vallée do Rnpt-de- Mad où elle occupe toute la pente des coteaux.
Ici se termine, pœr les géologues dont nous exposons les recherches, Télage de l'oolithe inférieure ; mais par les motKs déjli exposés, el cpie nous développerons encore plus loin, nous y réunfssoas les trois assises suivantes qoi constituent notre second sous-étage. t*Mas-écage. I-€S calcaircs précédents recouvrent, sur les haotenrs de Corny, de Jouy, etc., des marnes grises, micacées, sans fossiles, formant un niveao d'ean assez caractérisé dans la vallée de la Moselle. Elles
n) Esquisse f^éolog. et minéral, du^ département de la Moselle^ p. 77, in-8, 4 845. — Quelques observations géologiques sur la dii' position des masses minérales dans le département de la Moselle (extrait deg procès- verbaux des assises scientifiques tenues à Mets en juillet 4 854). in-8, Metz, 4 854.
(2) Paléontologie du département de la Moselle y p. 26.
\^) Bull., 2« série, vol. IX. p. 595, 4 852.
(4) Jacquot, Iqc. cit., p. 76.
(5) Lac cit., p. 24.
GROUPE OOUTBIQUK INmiBUR. $^
^mit uès pett ^ifWPj», et repocitiu sur le iwi«rai 4^ for» oa tA 90» 9b9em% sur le grà» bruQ« iors de l^ renias de U Soc^té i^kir gique i JHeu (1), qq avait enoore p(acé ce» omim i iîi bf»so df Jl'oolitbe inférieure, en y «ignalaut, k Plap|>eïiUe^lez-MeUi« TAsIarâe £9€avaia^ Sow., ïrtgania $(riafa^ Ag*. 0«/r€a n^^a« dH)r(>,, Afcnilivaultia decipitm^ Miliv» Edw. et J. Baiwe» foi96ile« qoe Ji. Terquem pe luenUoone plua qiie daa^ Vàmne des «alcahr<)6 ierrugiueux.
. !> quoerai de (er ooUdûqiie, placé eotre les onarne» et Içt grte Jturuii aoos->j9cent, dont il n'est qu'une luodiftcatiou locale, est yc^, 44tts encore que dans le départemeut d^ la Meurtke, d'uue 9m^ jSraude impcMPtauce iudustrielle. Il (orme iaotOt uue ^ule couche, tantôt plusieurs, composées de petits grains hruos d'hydroxyde de fer très brillants i la surface, de la grosseur d'une t^e d'épi^gl^, et agglutiné^ par un cimeut calcaire ou argileux, le tout colecéep brun ou en rouge par de l'oxyde de fer, Uet^ silicate»^ de fer, tikuâtrès ou verdâtres, y sont disséminés sous la forme de mas%ÊS di0^ continues à la partie inféirieure, et des veinules d^hénviUtes tra\ef> sent à la fois ces couches et le grès sous jacent Les explorations auxquelles te minerai a donné lieu ont pernûs de le suivre sur tout le pourtour de la foiaise qui termine le plateau jurassique, depuis ,Noévaut, i la limite du département de la Meurthe, jusqu'à Cbarency-Teiùn, près de celle du département de la Meuse, sur une étendue de plus de 25 lieues. Partout i| repose siur le grès brun^ «t e$t recouvert par les marnes grises micacées. U puissance de cette assise est d'ailleurs très variable : de 2 mètres sevUem^nt aux environs de Metï, à i^loyeuvre elle est déj^ plus épaisse» et h Hayaugi^ elle le devient encore davantage. A Ottange, deux couches principales de minerai, de 6 ^ 5 mètres d'épaisseur chacune, sont séparées par 25 mètres de couches sableuses ou calcaires, toujours fof' rugineuses, mais point assez riches pour être exploitées. Lorsqu'op se dirige à l'O., en suivant l'escarpement jurassique, on trouve qu'à Vezîn l'assise n'a plus que 2 mètres, de sorte qu'elle forme une lentille ferrugineuse très déprimée, dont la plus grande épaÎASetu* est située à l'extrémité nord-est du plateau.
Les caractère? mifiéralojiques et chimiques de ce minen^ ont été étudiés par MM. Langlois et Jacquot (2), qui en ont dis-
(4) Bull.^ ?• série, vei; IXvP MVpI. «, fi»^ <, <««• {î) Ann. des miim^ 4; série, vol. IÇS,^ ^. 1 00, 4 *54 . '
Zkh NORD DE LA FBAMCB.
tiogoé le minerai en rognons, constituant un carbonate de protozfde de fer associé à Fargile supérieure du lias que nous décrirons pins toin. Celui dont nous parlons, exploité par des travaux souterriins (Ars, MoyeoTre, -Rosselange, Hayange, etc.) ou par des tranchées à ciel ouvert (Ottange, Russange, Saint-Jacques, etc.), présente quatre variétés qui diffèrent par leur composition et leurs propriétés physiques. Ce sont les minerais brun, bleu, vert et bigarré. Ce dernier contient des mélanges des trois autres en toutes proportions. Le minerai bleu de la mine d*Hayange (Bertbiérite de Beadant) est très magnétique et constitue un mélange d*bydrate de protoxyde et d'un silicate particulier de protoxyde de fer. Le muterai vert de la même localité offre une composition un peu différente et n'est pas magnétique.
M. Élie de Beaumont (1), qui a observé et décrit ces gisements avec le plus grand soin, a été frappé de leur ressemblance avec les coaches d'oolithes ferrugineuses du département dn Calvados et de Oundry, près Bristol, et il les a suivis jusqu'à Musson, dans le duché de Luxembourg, où ils avaient été aussi mentionnés par Engelspach Larrivière (2). Les fossiles, très nombreux dans le minerai de fer oolithique étant les mêmes que ceux du grès brun sousjacent, nous n*en parlerons qu'après avoir décrit celui-ci.
Ce grès brun, confondu k tort avec le marlstone on marly scmd»tone d'Angleterre, qui est sous les marnes supérieures du lias, et non dessus, comme nous l'avons déjà fait observer {aniè, p. 336» nota), forme ici, pour nous, la base du troisième groupe oolithique, et en même temps celle de Toolithe inférieure. Il est brunâtre, micacé, à grains très fins, réunis par un ciment ocreux on argileux, généralement peu solide, et passe vers le bas aux marnes supérieures du lias, qui deviennent elles-mêmes plus sableuses vers leur sommet Cette liaison des deux étages, assez générale en Lorraine, n'aura pas peu contribué sans doute à les faire réunir dans le même groupe, et comme le minerai n'est, en quelque sorte, qu'une modification du grès, on a été naturellement conduit à mettre le tout avec le lias au détriment de l'oolithe inférieure. Mais ces circonstances locales ne peuvent prévaloir contre les bits plus généraux sur lesquels nous nous appuyons.
[4) Explication, etc., vol. II, p. 444.
(2) Descript, géognost. du graniMuché de Luxembourg [Mém. couronné par l* A cad, de Bruxelles, p. 88, 4f '^*
GROUPE OULITHIQUE INFÉRIEDH. ZUS
M. LeYallois (1), avec une connaissance parfaite de la géologie de ce pays, a très bien reconnu et décrit aussi la position du minerai oolithique relativement au grès brun et aux marnes grises micacées, mais, convaincu que ce grès représentait le maristone d'Angleterre, il en a déduit également que le minerai devait faire partie du lias; aussi, en en signalant les principaux fossiles, leur attribue-t-il une plus grande ressemblance avec la faune du lias qu'avec celle de l'oolithe inférieure.
Si nous prenons dans les listes de fossiles bien établies stratigrapbiquement par M. l'erquem les espèces dont le gisement a été constaté dans d'autres pays, nous trouverons que les suivantes ont été observées dans les assises les plus basses de l'oolithe inférieure d'Angleterre, lesquelles recouvrent les marnes supérieures do lias (upper lias shales)^ et non le maristone qui est sous ces dernières : Belemnites tripartitus^ Ammonites insignis^ radians^ opalinus [primordialis) j Murchisonœ^ jurensis^ variabilis, Pholodomya fidicula, P, obtusa. Isocardia concentrica, Gervillia Harlmanni, Gryphœa gigantea^ Trigonia tuberculoia^ Ceromya striala (2). D'autres espèces remontent plus haut dans la série jurassique de ce pays; ce sont : Belemnites abbreviatus, Pholadomya lyrata, Pecten angustatus, P. demisstis, P. personaius, tandis que les suivantes ont été observées plus bas dans le lias : Nautilus inomatus , Belemnites compressus et acuarius , Cardium inornûtum, Trigonia litterata.
Ao delà du Rhin, nous trouverons sur ce même horizon, c'est-àdire à la base du jura brun : Belemnites tripartituSy Ammonites primordialis et Murchisonœ, Gervillia Hartmanni, Trigonia norvis^ NuculaHammeri, Pecten demissus, Gervillia tortuosa^ Trigu-nia striata, Astarte lurida Les Ammonites jurensis, insignisei radians, que nous avons cités avec les espèces précédentes à la base de l'oolithe inférieure d'Angleterre sont, dans le Wurtemberg, placés plus bas ou dans l'assise qui termine le lias.
Il y aurait donc lieu de regarder comme synchroniqucs ces couches de l'Angleterre et de l'Allemagne, et ensuite plus de motifs pour les rattacher à l'oolithe inférieure qu'au lias. Cette classifica-
[\) Notice sur la minière de Flora nge^ etc. [Ann. des mines, 4« série, 1849).
(2) Plusieurs de ces espèces remontent plus haut encore dans la ^0 oolithique.
:3&6 NOViD DB LA FRANCK.
tion nous parait d'autant plus exacte pour la Lorraine, que oons y trouverons également bien représenté, au-dessous de ces ooUthes ferrugineuses et des grès dont elles font partie, réquivaleal cwsf plet de Vupfier lias shqles et celui du véritable marly $ttndsione, placé dessous. De cette manière le parallélisme des sou^-diviâoiis de Tooliihe inférieure et du lias supérieur en Angleterre» dans l'est .du bassin dont noua nous occupons, cQuame au deb du flbii^ devient on ne peut plus frappant On verra dans )e& cha|iitrcs suivants quels sont les fossiles qui se trouvent eitcore. «u même niveau, sur la rive gauche du Ithia, dans le Jura etdan^ie HAd-^^it de la France, Dncbë Les contours assez sinueux des frontières de la France et de b
Lnxemboarg. Belgique comprennent, dans ce dernier pays, le loog des Ardeoaes, quelques portions du groupe ooliihique inférieur déjà décrites par P. Boblaye (1). M. d'Omalius d'Halloy (2) les réunit dan^ ce qu'il nomme étage bathonien^ et y distingue : 1** ïoolithede Montméd^, calcaire ooUthique jaunâtre sur lequel sont bâiien les villes de Montmédy, de Loagwy, etc.; 2" Xoolithe ferrugineuse^ exploitée comme minerai de fer au sud de Mussou ; V la xnwme d'Anélimont, ou marne argileuse, bleu foncé, grasse, renfermant des rognons géodiques de calcaire compacte gris, des cristaux de gypK, mélangée de llgnites , et exploitée autour d'Amblimont pour l'amendement des terres. Pe son côté, îU. ^. Oumont (S) admettait dans le môme temps ces trois divisions, mais avec les dénonmations différentes de calcaire de Longwy^ à'oolithe ferrugineuse et de ma^^ne de Grandcour, plus tard, le n^ême savant {k) a placé le calcaire de Longwy dans son système batkonieu^ et les noiarnesde Grandcour dans le lias. Il a conservé ce classement sur sa belle Carte géologique de la Belgique (5), en mettant toutefois Tooiitbe ferrugineuse de Mont Saint- Martin à la base de son système bathonien, représentant de notre troisième groupe. Cet arrangement stratigraphique est aussi conforme à celui qu'ont adopté MM. F. C|m-
. (4) Mémoire sur la lormatiou jiuassiqtte dmis le nord de U France {Am^ des se. uat., vol. XVIÏ, p. 35, pi. 4, K^%i).
(2) Coup d'œil sur la géologie de la Belgique, p. 65, in-8, avec carte, Bruxelles, 184t.
(3) Nouveaujç Mém de VJcad. de Bruxelles^ vol. 31Y, 4841.
(4) Bull, de VAcad. de Belgique, vol. XVI, <0 i|«^. 4849,
, (5) Carte géolo^qm de la Belgique exceptée f^ar ordre dagêU" vernementy 9 feuilles (sans date ni lieu de publication).
GHOUPK OOLtTHIQDB 1NFBRIBUH. Ikl
pois et G. Dewalque (1), en rapporiani à l'étage de roolHhe iaférieare le calcaire de Loiigwy aussi bien que Toolilhe ferrugipeuse sûusjacente.
Dans l'Eifel, des hk>cs de calcaire blanc avec Terebraiula laeu^ ttûsa, r. concinna, Inoceramus, Peignes, etc. , ont été regardés par il. F. Holle (3) comme pro\enanl d'anciennes constructions, et par conséquent sans aucun rapport avec le tuf sous-jacent du lac de Laach Péj^ signalés par MM. d'Oeynbausen et Beyricb, ce sont, pour M. de Deeben (S), des fragments très arrondis provenant ^ couches peu épaisses, dont on retrouverait aussi les analogues dansi le tuf volcanique. On n'y remarque d'ailleurs aucune trace du tra^ vail de l'homme.
La partie orientale du département de la Meuse est bordée par Dëportamant les couches les plus récentes du groupe oolithique ipférieur» dont UBJusa. les plus anciennes ne se montrent que dans sa partie nord, à la limite de la Belgique et du département des Ardeunes. Les unes et les autres sont certainement la continuation moins bien caractérisée de celles que nous venons de voir dans le départetnent de la Moselle, maisnons éprouvons quelques diflicuUés a les raccorder avec la description qu'en a donnée M. Gaulard (4). Ce géologue y dis* tingue un calcaire qui représenterait le cornbrash ou la dalle nacrée do Jura, un calcaire roux, sableux et marneux (forest-marble et Bradford-clay), la grande ooliihc, des marnes^ Ostrea acuminatck (fuUer's earth), une oolithe sub-compacte, une oolithe ferrugineux et un grès super-Iiasique. Ces trois dernières assises correspondraieti^l assez bien à l'ooliihe inférieure, au minerai de fer oolithique et au grès brun de la >]oselle, mais, d'après la description beaucoup plii^s détaillée qu'a donnée !M. A. Buvignier, les rapports nous semblent encore moins faciles à établir.
Ainsi, ce géologue (5) divise son éiaffe jurassique inférieur en
(4) Description des jossiles du tvrrain secondaire de la province de Luxembourg^ p. 9-17, in-4, avec 38 pi., Bruxelles, 4 853.
{%) Neu. Jahrb.,nbO, p. 60Î.
h) Ib , 4851. p. 60.
. (4) Mém. pour servir à une descripi. ^roi. du département de Uk MeuAc, in-8, Verdun, 4 836. — Voyez aussi Januaire dç la Meuse^
(5) Statist gêol.y minéralog,^ minéralurg, et paléont, du'dépariement de la Meuse^ p. t77, in-8, atlas in-folio avec carte réduite, ioupeael i9 planehasde foatiiea jntaasiqnefl, Verdun, 4 911. Carte |jMq||û|ue ^ 6i feuille^. 4 ^(g.
trois groupes, désignés sous les noms de calcaires grisoolithiques, marnes du Bradford-clay et oolithe inférieure.
Les calcaires gris blanchâtre ou bleuâtre, oolithiques, grenus ou terreux, coquilliers, et passant à une lumacbelle très dure, sont sonvent fendillés à la surface. Ils sont très développés entre Chauvency et Étenay. Leur épaisseur est de 60 mètres, et de /iO aux environs d*Étain. Les fossiles, peu nombreux, sont peu déterminables. Ces concbes nous paraissent correspondre à celles que nous avons vues placées entre le Bradford-clay et l'étage d*Oxford, et que l'on a regardées, avec plus ou moins de raison, comme tenant la place du forest-roarble et du cornbrash.
Le Bradford-clay, que l'auteur nomme ici (p. \^^)mames hradfordiennes, comprend des assises marneuses et calcaires de diverses teintes, alternant sans régularité. Les bancs calcaires sont marneux, gris ou bleuâlres, terreux et à grain fin, quelquefois sublamellaires ou bien oolithiques. Ceux-ci sont en lits minces, subordonnés anx argiles, ceux-là en bancs plus épais. Les couches argileuses ou marneuses sont grisâtres, bleues ou jaunâtres, avec des oolitbes ferrugineuses (la Tour-en-liVoèvre, Hadouvllle, Lachaussée). Le Fungia orhulites, Lam. , y est très répandu avec une Avicule [A. ornatà) et une Térébralule (7'. varians?). Aux environs de Sorbey, des blocs et des cailloux siliceux, rougeâtres, gris, compactes, très durs, semblent appartenir aux couches marneuses, on en provenir. L'épaisseur de l'étage ainsi composé serait de 70 à 80 mètres. Le sondage exécuté à Étain, et qui avait traversé les assises précédentes sur une hauteur dé 39*", 50, a pénétré de 56 mètres dans celles-ci.
Les fossiles qui proviennent de cet ensemble de couches, comparés à ceux d(^s listes données par Al. Terquem pour le cornbrash et le forest-marble, le Bradford-clay et la grande oolithe du département de la .Moselle, ne nous apprennent rien de plus que les caractères pétrographiques, et la plupart d'entre eux se retrouvent dans les troLr listes, sans aucun groupement particulier qui permette de les réunir plutôt à l'un qu'à l'autre. Les corps organisés de ces divisions, assez distincts dans la Moselle, se mélangent-ils sur leurs limites occidentales en même temps que les caractères stratigraphiques perdent de leur netteté? c'est ce que nous ne déciderons pas.
M. Bavignier admet trois assises dans l'oolitbe inférieure. La première, composée de calcaires terreox, jaunes, à grain très fin.
GROUPE OOLITHIQUE INFBRIEUB. 3/i9
oolithiques ou à lamelles spalhiques, de durelé variable, d*une épaisseur de 5 à 6 mètres, fréquemment divisés par des fissures {Mrallèles entre elles et obliques à la stratification, présente aussi, Ters le haut, des calcaires jaunes, subspathiques et coquilliers, passant à une lumachelle très compacte et très dure. Exploitée sur un grand nombre de points, cette assise renferme les mêmes fossiles que les suivantes, mais le Pentacrinus Buvtgnieri, d*Orb., VAviaUa omata, Gold. et la Serpula socialis, id. , y sont particulièrement répaudus.
Dans la seconde assise se trouvent rangés des calcaires d'épaisseur, de texture et de couleurs variables, séparés çà et là par quelques lits de marnes jaunâtres ou grises, quelquefois brunes. Ces divers calcaires terreux, à oolltbes brunes ou compactes, subcristallins, jaunâtres, avec des oolithes blanches ou jaunes, coquilliers, ou lumacbelles avec lamelles spathiques, ou bien encore gris bleuâtre, etc., n'affectent aucun ordre de superposition relative, et changent de caractère pour ainsi dire à chaque pas. Les fossiles, très nombreux, s*y rencontrent aussi à des états très différents.
£nfîn rassise la plus basse que M. Buvignier place dans cet étage comprend des calcaires terreux, blanchâtres ou jaunâtres, peu solides, renfermant une grande quantité de polypiers à Tétat spathique {Astrœa^ Agaricia), Les roches où c^s fossiles sont si nombreux qu'ils en constituent la plus grande partie, sont particulièrement développées aux environs de AJontmédy, de Thonnelle et d' Avioth. Comme le fait remarquer Tauteur, cette assise correspond au calcaire à polypiei-s du département de la JHoselle, mais nous ne retrouvons pas ici le calcaire ferrugineux sur lequel il repose dans ce dernier département, et les assises 1 et !2 qui le surmontent devraient représenter le calcaire subcompacte et le fuller*s-earth, de sorte que la grande oolithe resterait toujours sans équivalent, ou bien se trouverait confondue avec les marnes du Bradford'Clay de M. Buvignier. Il y aurait par conséquent à faire ici sur place un travail de raccordement entre les parties contigu^ des départements de la Meuse et de la Moselle.
Les marnes supérieures du lias succédant sans intermédiaire au calcaire à polypiers de Toolithe inférieure; tout le second sous-étage que nous avons vu si développé sur les limites mêmes du Luxembourg et du département de la Moselle manquerait complètement dans la partie adjacente de celui de la Meuse, et, comme nous allons le voir, dans celui des Ârdennes également contigu. Cependant,
SftO NOKD DE LA rilANCE.
d'après ce qu'a écrit Boblay« (1), et les vue9d*ensembiesinetletiieiit exprimées par M. Étiede Beaumfmi (2), il n*eu sérail pas tout &fak attisi. Ce dernier savant meuiioniie, en effet, en montant à la cfaapellt de âaint-Valfroy, au nord-oueside Montinédy, au-dessus des argiles ioiret supérieures du lias, un calcaire compacte plus ou moins ferrugineux, traversé de veines fei rogineuses, et accohipagné de câK taire rempli d'oolitbes brunes, semblables à certaine variété du département de la ^loselle (Harange, Moyeuvre, mont Saint-Martin, etc.). Le haut de la colline est formé par un calcaire analogue I celui du mont Saint -Quentin, près de Mett, et qui s'enfonce nous Toolithe blanche dans laquelle est creusée la vallée de la Meuse à Stenay.
Département K^ pénétrant datts le département des Àrdennes, en retrouve lô ▲rdt?De>. "to^ calcaires dans les carrières de JDoni4e-Ménil, près de Hiie, et les couches les pins basses |)reBqu'au contact des marnes de FUie, reuimnenl des ooUthes ferrugineuses comme I 8alnt - ValfVoy. • filles rappellent les minerais de fer de la Moselle et les onlitlies « ferrugineuses du Calvados et de Dnndry^Hiil, en Angleterre, qui k paraissent se trouver à la même hauteur géologique. » Ce rapprochement, que fait encore ici M. Éliede Beaumont, prouve d'abord que cet horizon, si nettement caractérisé dans les départements des Vosges, de la Meurthe et de la Moselle, au^essus des marnes do lias, se prolonge au même niveau dans le nord du département de la Meufie, dans les parties adjacentes du Luxembourg et le département des Ardennes, et ensuite justifie son classement à In hnse de l'oolithe inférieure.
Cela posé, suivons MM. Sauvage et Buvignier (8) dans leur deseription du groupe oolithique inférieur des Ardennes. Ces géologues le divisent en cakaires yris d oolithes blanche$, grtmdt tmlithe, mamei inférieures et ooiithe infêrievre.
Les calcaires ï oolithes blanches et I pâte grise vers le bas
eorrespottdroient è la fois, suivant eux, au Kelloway-rock, au
oemhnBh^ au forctt^lnarble et au Bradford-day. f^eur épaissear
totale est d'environ 30 mètres. Ils y citent un grand nombre de
(4) Mém. .sur la jôrmation jurassiqat du ntpnt fie ia Finance {Antt. des se. natur,, vol. XVII, p. 68, 4 8Î9).
(2) Explication, etc., vol. II, p. 464.
(3) xStatistitjue miner, ^ g^'*^", ô^c., du département des Ardennes^ p. t7§, in-<<, avec carte réduite et coupes, Mèrîères, t84î. Carte M € lmllea,.M omipesau 4/80,000V
GROCPK OOLtrHI<}(J)£ iNfÈRISUR. S51
bryoïOQiretf. des Serputes, \t /*wfe« fibrosus, Sow., VOstrea co^- Mq, kL , VO. Marshiî\ id. , les Terebratuia toùrctatdr^ Park. , et wariûns^ Schloih.
La grande oolithe comprend, vers le haut, des calcaires blancs ooli^ Uiiqiies, et des calcaires bknts, ci*ayeuï, stibcompactes, aiiernants 00 enchevêtrés, puis, vers le bas, des calcaires oolilhiques remplis de fragmêtils de Coquilles, des calcaires gris, schisteux, ooHthiques ou sableux. Tes fossiles de ces couches sont pariiculièremehi : Alecto diehotoma^ Milû. Kdw., Fumjin Iwvis, OoW., Thamnastrœù\ PhÀadomya temenirita, Gold., Trigonia ct)siata, Park., T. angulûta, Sow. , AviK^h ûnintn, Gold., Ostvea costata, Sow., 0. ûcuminatû^ id., Terebratuia concinna, id., F. decorata, Schloth., r. pectuncnlmdesy id., T, plicateila, Sow., T. varions, Schloth., f. peromlis, Sow., T, btditxta, id. (1), etc., et un grand nombre de gastéropodes, mais très peu de céphalopodes.
Les marges inférieures ou fbller*s-earth (p. 270) n*ont que 2 à % «tètnee tu plu« d'épaisseur. Tontes les espèces fossiles qui y sont indiquées ite retrouvent dans Tooliihe inférieure , mais rÔ^reb «eumtnd^a, Sow.» VAmcnla tegtUaia, Gold., et VA. trmmburiensii, Phill. , y doniinenl.
L'eolitbe inférieure se compose, vem le haut, de calcaires tnarnenx jaunes, avec des ooliihes niUiaires et des lamelles spathiqués plus ou mcius afoonëautes, puis de calcaires jaunâtres, coqùilliers, lUiMfMitliiqttM vers le bas et de plusieurs variétés de calcaires passant sii8ordr« les unes aux autres. La série de ces couches se voit partitottèreodent sur la route de MéEières à Reihel, & partir du bois de Prii^
L*affl«ttrement général des conches est, comme toute la zone, dMgéS.-S.-E., O.-N.-O. Au aord-«si, lorsqu'on se rapproche du liât o« du tM'rain de transition, l'inclinaison devient très forte. La (MiiflBance dn groupe, qui serait de 180 naètres dans la partie orientale du département, diminue au nord-ouest où elle se réduit à §0. Les fossite y «ont très inégalement répandus. Les polypiers et les bryozoaires ne se niontreiit que le long des anciens rivages dont les dép6l8 ont échappé à la grande dénudation dont la vallée qui court ttHbme les couches du N.-O. an S.-E. est le résultat. La liste des
(4) Si ces déterminations sont exactes, cet étage renfermerait à la ibis des Xérébratules du coral-rag, de 1 Oxford^clay, de k grande oolitbe et de Toolithe inférieure; mais ces dernières y domineraient.
fossiles nombreux que MM. Sauvage et Buviguier donnent du dernier étage que nous venons de décrire s'accorde bien avec la position qu'ils lui assignent, et renferme les espèces les plus habituelles de cet horizon.
DtftMHflOMiit £nûn, si nous continuons k suivre le groupe vers le N.-O., noos riSmt '^ voyons se rétrécir de plus en plus pour se terminer tout ^ fait en pointe, dans le département de I Aisne, à Hirson, sur les bords du Gland et de l'Oise où il recouvre les schistes de transition, et sur ceux du Thon où il disparaît sous le gault {ontè, vol. IV, p. 260).
M. Thorent (1), ayant cru reconnaître dans les calcaires à Nérinées des environs d'Aubenton un représentant de l'étage du coralrag, il est résulté de cette fausse appréciation une erreur qui s'est propagée à toutes les autres couches oolithiques, et a rendu inadmissibles les rapprochements auxquels il a été conduit ensuite pour les autres divisions de ce pays.
Nous avons fait voir (2) que, tout en répartissant naturellemrat ces couches dans cinq divisions ou sous-étages, distincts par leurs caractères pétrographiques comme par leurs fossiles, il n'était guère possible d'y reconnaître précisément tel ou tel étage du groupe oolithique inférieur sur les points où il est bien développé. Noos raccorderons d'ailleurs facilement ces divisions avec celles do dépar tement des Ardennes ; ce sont de haut en bas :
!•* Les calcaires marneux grisâtres ou jaunâtres, peu solides, quelquefois oolithiques, ou composés de débris de coquilles agglutinés, k texture terreuse, à structure peu régulière, commençant k sortir de dessous les couches crétacées entre Éparcy et la Hérie, sur les bords du Thon, pour se prolonger vers Rumigny et Bossus (Ardennes), où ils font suite aux calcaires gris que nous venons d'y signaler. Leur épaisseur ne dépasse pas 8 mètres. Les polypiers et les bryozoaires y sont de même très répandus, entre autres le Fungia lœvis, Gold. (Anabacia orbulites, d'Orb.), puis des Échinides, des Pholadomyes, la Mactra gibbosa, Sow. , les Ostrea costata et acuminata, id., une grande variété de Térébratules, mais très peu d'Ammonites.
(41 Mém. Soc. gêoi. de France, 4" sér., vol. IIl, p. 248, 483«.
(2) D* Archiac, Description géologique du département de i'JisnCy in-4, avec carte géologique au 1/160.000^, 4 planches de coupes et 7 planches de fossiles jurassiques [Mém. Soc, géoL de France^ 4« série, yol. V, p. 339, et pi. 23, fig. 4, 2, 3, 4, 5, 7, et pi. 24» 4843).
CnOLTE OOLITHIQUE INFÉBIEUR. 553
2* Les calcaires blaiic jaunâtre qui viennent au-dessous, caractérisés par une grande (|uanlité de Terebratula decorata^ Schloth., de formes très diverses, sont encore nooins épais que les précédents, mais ils s*en distinguent bien par leurs fossiles. On peut les suivre de roémc sur les rives du Thon, depuis Éparcy jusqu'à Rumigny. Ils sont marneux, à cassure terreuse, assez durs, tantôt ootithiques, tantôt sub-compactes, et prenant une teinte grise. Ils se délitent facilement à Tair, et affeclent souvent une structure scbistoîde. Cette assise, moins découpée que la première, s*étend on peu plus au N. sans dépasser toutefois la route de Mézières. Nous y avons signalé l'abondance des Nérinées {N. acicula, d'Arch., A^. Voltzii^ id., N. subbruntrulana, d'Orb., N. Archiaciana, id. , elc), des Natices (TV. Verneuili, d'Arch., N. Michelini, id.), plusieurs variétés très remarquables de Terebratula decorata, le Pecten vagans, Sow., le Cordium pes-bovis, d'Arcb., le C. Beaumonti^ id., le C. striatulum, Sow., le C, cognatum, PhiW. , h Lucina lyrata, var., id., la L. Orbignyana, d'Arch., la Corbis Lajoyei, id. , et d*assez nombreux polypiers. Ces calcaires correspondraient à la partie supérieure de la grande oolithe telle que !liM. Sauvage et Buvîgnier Font comprise dans les Ardennes.
3** Les calcaires blancs et les calcaires noduleux qui leur succèdent renferment peu de fossiles, mais sont très reconnaissables par leurs caractères pétrographiques. Ils sont en général d*un blanc pur, tachant et d*un aspect un peu crayeux. Leur texture est variable. Les bancs nombreux, assez réguliers, ont une épaisseur totale de 18 à 20 mètres. Les ooliihes sont de diverses grosseurs, irrégulières et noduleuses. On a ouvert, dans ces bancs, de nombreuses carrières sur le plateau que parcourt la route de Mézières à Hirson, à Haut et Bas-Val la-Caure, etc. Les plus considérables, celles dites do Hautquient, au nord-ouest d*Aubenton, nous ont présenté la coupe suivante :