‹ Histoire des progrès des science naturelles, depuis 1789 jusqu'a ce jour (volume 2)Chapitre 5 sur 10 · ET GÉOLOGIE. IS · texte numérisé non relu

ET GÉOLOGIE. IS

thode particulière , et de trouver des signes de reconnoissance dans ce que la surface et le tissu des tiges , la distribution des nervures des feuilles et d'autres particularités d'organisation offirent de plus constant et de plus décisif. Appliquant cette méthode aux objets que les couches du globe lui ont fournis , il a commencé à publier un ouvrage ou il doit classer et décrire plus de 5oo espèces de végétaux fossiles , et faire connoître toutes les circonstances de leur gisement. H a présenté à Facadémie un résumé de ses recherches, dans lequel il étabUt que dans un certain nombre de formations successives, des végétaux appartenants aux mêmes genres , aux mêmes familles , se retrouvent souvent avec peu de changements , et que même les rapports numériques des grandes classes y restent à peu près constants , tandis que dans d'autres successions de formations , une partie des genres et des familles changent subitement, et les rapports des clas* ses deviennent très différents. Les points où il a reconnu ces mutations rapides, lui ont fourni ses épo. ques géologiques végétales, si l'on peut s'exprimer ainsi , et il a lixé ainsi quatre périodes pendant chacune desquelles la végétation n'a présenté que des variations peu remarquables, mais dont le passage de l'une à l'autre a, au contraire, été marqué par de grands changements.

La première comprend les terrains de transition et le terrain houiller ; la deuxième , le grès bigarré ; la troisième s'étend depuis la partie supérieure du cal-

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calcaire conchylîen jusqu'à la craie inférieure ; la qiiatrièfiie correîçoud aux terrains tertiaires.

Ces groupes de formations sont séparés Vuti de r«iiÉre par des groujies qui ne renferment pas ou presque pas de Tégétaux t^resires ; ainsi le grès rougé, el le cakaûre dit alpn , se trouvent entre le premier el le second ) le muschelkalk entre le deuxième et le trabième^ et la craie entre Je troisième et le quatrième. Les eàra^tères de h végétation pendant ces quatre périodea aent^ pour la première ^ la prédoitiinaiiee manérique des fougères et la grande taille de ces Tégétaux ; pour h seconde ^ l'égalité numérique de» fougères , des monocotylédones et des eôiûR^es ^ mais une moindre taille des premières ; pour la troisième^ la prédcnnQânaticedescyeadées. L'absence die dîootjrlédeneÉ paroît commune à ces trois premièfes périodes* La quatrième edt remarquable pa^ la prédbmiitaiice des dicotylédones , et par la similitude de sa flore arec celle qui subsiste aujourd'hui à h SHirfaee ; et , ici comme dans le règne animal , étt d»erve i^dque rap)>ort entre chacune de ces succès^ skins, ce l'état de la végétation dans les diliërehtes aenes du globe actuel. La flore de la première période se rapproche de la végétatioû des petites tles si* tuées entre les tr(^iques et loin des continents ^ ce qui fait penser à l'auteur qu'à cette époque la température étoit plus élevée , et qu'il n'existoit pas de grands continents^ mais seulement des iles éparses éand un vaste océan , conséqu^oice qui s'accorde du

BT GEOLOGIE. l3l

reste mec la disposition des terrains bonillers , et à Jaquelle Delue et d'autres géologîstes étoi^it déjà ar-» tïvé» par d autres ^oied. Les flores de la decnièine et de la troîsièine période ont quelques-uns des cafactères àe la végétation des gmndes iles et des oâte»« Eitfin f celle de la qiiâtriènte période ou des terrains tertfaîreft est anak^ue à k tégétatîon des continenls tempérée , et surtout des grandes forêts de llSurope et du nord de l'Amérique.

Ges générations végétales ont pris leur développe^ ment beaucoup plus tôt que les génératîoBs animales, 11 se montre des végétaux terrestres, et en grande quantité, bien avant qu'il apparaisse des traces d'animaux h respiration aérienne ; plus tard , on n aper* tmt deees animaux qtie des classes à sang froid, et ce n'est que vers le nnlieu de la qtiatrièBùte période^ que le» animaux à sang chaud se montrant en grand nombre. Leur apparition coïncide d'une manière très remarquable avec la multiplication des végétaux dicotylédones.

Témoin par la pensée de vicissitudes si étonnantes, notre jeune aruteur n'a point rési&té à la lentatÎQn d'i« ttiàginer des eauses capables de les av€«r produite ^ et il a cru les apercevoir dans l'acdon même des vé** gétaax et dans les changements que ki composttioni de l'atmosphère a dû en éprouver. Il suppose que le carbone , aujourd'hui employé dans la vie organique^ étoit d'abord , sous forme d'acide carbonique , une l^artie intégrante de Fatmospli^re , et que c'est I9'

i3a minéhalogie

végétation qui l'en a extrait ; car, d'après les expérien* ces très précises de M. Théodore de Saussure, les v.égétaux peuvent vivre et grandir sans tirer leur carbone d ailleurs que de l'atmosphère. Surchargée de cet acide, l'atmosphère étoît, dit M. Adolphe Brongniart, aussi favorable à l'accroissement rapide des plantes que contraire à l'existence des animaux à sang chaud ; et c'est lorsque ces animaux ne se montroient pas en-core, qu'il s'accumuloit ces immenses débris végétaux transformés ensuite en houillères. Les animaux à sang froid, qui n'ont pas besoin d'un air aussi pur , ont paru les premiers lorsque déjà beaucoup, de carbone avoit été absorbé, et les animaux à sang chaud n'ont pu commencer à exister que lorsque lair a été encore plus complètement purifié par l'action long-temps continuée de la végétation, et surtout d'une végétation composée de grandes forêts répandues sur des continents étendus.

ANNÉB 1839.

Lorsqu'une science fait des progrès aussi rapides que le sont aujourd'hui ceux de la géologie, il est bon que de temps, en temps on présente une sorte d'état de ses acquisitions , et que l'on marque ainsi le point où elle est parvenue , et il est heureux que cette tâche soit entreprise par les hommes qui, eux-mêmes, ont le plus contribué à l'avancer. Déjà nous, avons eu à parler de plusieurs résumés semblables faits par

MM. de Humboldt, Buklaud, Labèche et autres hâbi'* les géologistes. Le plus récent et le plus complet est : celui que vient de publier M. Brongniart , sous le • titre de Tableau des terrains qui composent /*ccorce du globe. Déjà il a voit triaité un sujet intimement lié à celui-ci dans sa Classification et No" • menclature des roches j mais il montre par de ^ bonnes raisons que cette classification et cette nomenclature , très nécessaires pour distinguer par ' elle-même chaque sorte de roches,' ne sont. plus applicables quand il s'agit de faire connoître les terrains successifs et l'ordre de leurs successions, attendu que la même roche considérée minéralogiquement peut se remontrer dans les terrains d'âges . diffirents , et que réciproquement les terrains ap- partenant au même âge , peuvent se composer de • roches très diverses.

Quant aux terrains eux-mêmes, c'est par les plus > nouveaux qu'il en commence l'histoire , et il divise cette histoire en deux périodes , qu'il suppose exprinaées dans l'ancienne mythologie par les règnes de Jupiter et de Sàtume; la plus récente est celle ou ' nous vivons, et qui a succédé à la dernière des grandes catastrophes auxquelles la surface de notre globe a été en proie. Les mutations y sont peu considérables, et se réduisent à quelques volcans, aux alluvions transportées par les eaux et à quelques dépôts formés par ' elles de substances qu'auparavant elles avoient dissoutes. L'autre est cette période tourmentée , où

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Abb formations f^ SDOcédoient , se culbutoient ; oit Ut vîe pnraiiiQÎt et s'anéanfàssoit alternativemeot SUHU& SérfmtM poinis ; 0A h globe , i!omme Saturae, déiM»*

Cette pénod», qui n'a pcHoi^u d'hommes pour té- BMims , fermi MMS&lidlfraxiieai le #ufeC des ainjectora» ot des systènu^ des géologues 9 oiaia ce qui q a nea decoBJeeluml, <saÉ( fa salure et la poisitioa relatîve 4ss tarraii» qui en ocrt été les produits, «t celle des étras orgainaés deot ik Meèlecit fes dépouilles. M. Bran** ^art y dbtin^iè aussi des terrains de traosporto^ des espèces dalluvians^ des teirai&sde sédimeats ^'il dâ^ise «a supérieurs., moycos et iufériews; les iufërieiins étsut tMJouos las plus audeus «t les ptus fjéa^^ement éleiikdus. Saus eusi, et par ûfm^ aéqiseet £swaiés aire»t eux ^ Mut les terraius dits de transition , et plus inférieurs , plus ancîeas eocofie lei ÈÊfnsmB prinMrdiaux ifim <oet préeédé l'apparitisift de b <vîe.

Tans oes terrains sent ^tnattfiés, <et c'e^parlmr 0|grati&e»lioa uiéiiAe que roa piteuse qu'ils oat (été fiwmés sttficesfii'^mesLt ; mais 41 on est dont la et^m€ maa divisée en «eouéhes , seuiUe teair encore fka iaftimeaifiat au aôyau de la terre el -en être pear aâa^i duie sortie par soulèwpfteat ; et d'autres qui eu «pt 'éié vomis à l'état liquide , et se sont répandus k àivies^ms ^^poques à la surface des coucke^ ; ils a'^^ parlâouneiDfl m 4 l'époque de Jupiter , ni à cette de &M:urae.; ies uns les ont précédées ^utes les deui^

]m 9Utrè» s& sont montrés ûrréguBArtnasiit pMda&l leur du^ ; et M. Brongniait )ies iptit mus l'mv^eatîao c}e Typhon, el; l^s |Miitiige finive PIhIM el Vi;!^ ciiîa , £elon qu'ils forinenl; des grandw pmsâm cooM} lesqueUefi les auxtrm tBnraias ^appuiot^t^ ^ dtts djln JQClÂQ0i3 ei^travasées et apaatifans «ur eet autiw ter»

Indépemdamment d0 «60 princ^M métlioéiqmg et 4^ loette Domendatufe , aa trouve <f ailleim éBXUi cfit, ouvrage beaucoup d'obseryatioBS aouvdileg et {ho* pre^ à Tauteur ; telles que 4e8 cooadératioQS sur ks t^raîos qui peuvent se foimer actosUeoieat ; sur is^ graviers .coquilliers d'une multitude de lieuS: ; sur W dépojts de fer en grains ; sur la véritaMe pOMtioii dg§ lignites de la Suisse. Il donne une tkéoiif des tap^ijii^ qui , d'après les cocpnlles xpi^ils renlem^ent , Qfti 4uétns formés dans des laes d'eai^ douee^ et qui, éitanl i^ecouverts par des coudbes nsaiines, ieolUeat pi^ÇM^ver plusieurs retours assez rappi^hés de la aaer d^WP certaines contrées. 11 répond aux objeotiMis 4^ oçjt jéjbç faites contre ces retours , et ftit voir que les hypothèses que l'on a cherché à «;É>stittter àetiJHftB'JIfc^ picéeei^Lt^et des diffîciités hqen pius ^aades. |Presq^ç tom les exemples qu'iLsapporte r^oaeat sur les çbsepn^litkiais laites dai^ssûs voyages, et il proui^que 4efwis la Scandinavie jusqu'aux Pynénées, eux A^ies et 0UX Apennins, il a étudié avec l'âUentieiB le plua suivie tous les points .ou l'^conoe dn ^obe ^^'^est anse à 4éQftUv^t lors de .ses .déAinjunents. Èià^

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peu en voyons^nous ; k peine sa surface est-elle effleurée ; si Ton compare, dit M. Brongniart, la profondeur à laquelle nous sommes parvenus , avec la longueur du rayon de la terre, on trouvera qu'une rayure d'épingle sur le vernis qui enduit les globes artificiels de dimensions ordinaires, est plus profonde que les couches les plus basses que nous ayons atteintes; ajoutons que les plus hautes montagnes ont à peine en élévation la trois millième partie du diamètre de la terre ; qu'en supposant qu'elles aient été couvertes par les eaux , l'àf&issement égal des fonds des mers a suffi pour les mettre à sec, aussi bien que toutes les collines et les plaines inférieures , et que l'on juge de la liberté où l'on est d'imaginer des agents suffisants pour produire les changements qu'a éprouvés cette légère pellicule. Cette pellicule cependant, c'est e core M. Brongniart qui parle , a fourni à l'observateur des multitudes de faits variés , pleins d'intérêt , propres à exciter aux plus hautes conceptions, et son étude a procuré aux hommes les matériaux les plus importants aux arts utiles, aux sciences et à tous les agréments de la vie.

Depuis long-temps la plupart des géologistes regardent , avec Desaussure et Deluc , les couches indinées qui forment une grande partie dei montagnes , comme produites par une rupture et un mouvement de bascule; car il tst difficile de concevoir que des couches qui contiennent divers corps très mobiles , des coquillages , des cailloux roulés, etc. , n'aient pas été

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nécessairement d'abord dans une situation horiixmtale. Cette rupture peut avoir eu lieu , ou parce que des couches qui n'étoient pas suffisamment soutenues dans toute leur étendue , se sont affaissées du côté où il se trouvoit des vides au-<les$ous d'elles , ou bien parce qu une partie des terrains inférieurs s*est soulevée et les a brisées dans les endroits où elle s'est fait jour ; mais quelqu opinion que Ion se fasse à cet égard, il est hors de doute que des couches horizontales qui s'appuient contre des montagnes à couches incUnées, ont été déposées après la rupture, car autrement elles auroient dû y participer. Jusqu'à présent , le plus grand nombre des géologistes ont adopté l'hypothèse de la rupture par affaissement ; mais il y a aussi des raisons assez fortes de donner la préférence à l'hypothèse contraire, surtout depuis que M. de Buch a cru voir des marques de production ignée et de soulèvement dans plusieurs montagnes porphy riques , qui avoient été long-temps considérées comme d'origine aqueuse.

M. £Ue de Beaumont, admettant cette production des montagnes par soulèvement, et examinant avec soin , dans chaque système de montagne , la nature des couches qui y sont incHnées , et de celles qui y sont demeurées horizontales, a conçu l'idée hardie de fixer l'ancienneté relative des diverses montagnes , et est arrivé à ce résultat inattendu , que ce ne sont pas les plus élevées qui ont été soulevées les premières , et même que ce né sont pas toujours ceUesdont le

l38 MltfBKALÛGIE

oojfBtt fis (ûompo66 des phia anciens to^raiofi. Mmi Im muntagiiiss composées de granit , de gaeiss et d'ftttlnas roelb^ que Ion nomme primordiales , et qm brmwi, les chaiaes peu élevées de TErzelurge tm Sfl«e I 4^Ues de la Bourgogne et du Fonês , n ont sur feum ^liQfi 9 dans une position oMique , que des coudtuiii de la nature de œ^s que Ton nomme jurassîquas i Ifis terrains crétacés n'ont pas été compris dans kur mouyement , car on les voit en couches horis^atakis sur leura côtés , et même eu recouvrement sur im/e partie de leurs sommets ; ces montagnes ont donc paru avant que la craie ne se déport* M. de Boaumont napporte k la même lépoque un grand nombD9 d'autres dbtaînes qui suivent la même dii^ctâon ou da^ dÎMetîona parallèles.

he» Pyràiéos , les Apennins , au contraire , ont fiur lejiirs fliSMiQS des couches de terrains cétacés fortemeiit redrQSséas • mais d'ailleurs senablahles et par leuit na^ tuw «( par las fossiles qu elles contiei^ineint aux craien; horizontales ; ainsi ces montagnes ne se sont so^leyém 4f(^ après que la .craie a .été déposé^ ; dles sont dwie , im teujt qvie montagnes , plus jeunes que les préoédeotes ; m^ oe qui est le plus cmeux , ce q/iâ snupfi^se les m<jHiv€iments les plus extraordinaires , jies plus gigantesques , c est que les Alpes «^ se serioilent 9âulevé^ iq^ les dernières , et après que n<pn-^eu)eittanila oraie, m^Âs des terj:ains de beaucoup postérieHBSÀ la craie , aaroieQt été «déposés. La pire^ve qi^e M. ida S^wn^opt m «^ppoivlie , c est qu^ des Mjts ^

£T aÈOhOGllË. i39

Ciicme grossît coquillier , s'y v(»»it en coudies ohM* qiM^f et y soot redressés à plus de trois miilç métrai d'élévation. Ce n'est pas la mer elle-mêmfi, c'iest-» àwlire tout l'Océan élevé de cette prodigieuse quantité <jpii Wâ déposés ainsi sur le sommet des Alpes; maia oe «oaunet, seloo M* de Beaumont, est pard , poi» ainsi àk^^ du fond des eaux, et comme coûfooaé des Jfits du calcaire grossier , il les a lenleTés et portés jusque dans la région des nuages et des neiges per^ pétuelles. Us y sont arrivés presque intacts dans oer« taines parties , naaîs plus souvent luîsés , eonloinmés et noircis, comme ^ la dialenr qui a du causer ou même acpompagner une â violente ïévcdution avoit «barlionné les matières oi^ganîques abondantes dooi; ils iéteient pénétrés.

M* de Beaunaont va plus Idn ; il asôgne aux Alpes deux %es diâérents ; la chaîne principale des Alpes 3 celle qui s'étend depuis le Valais juscpi'^a Aulncbe , est encore plus récente que les Alpes ocddeiatales. £Ue ne s'est soulevée que pendaat que se dépOisoient les .da:'niers de tous nos terrains ^ ceux ^e r<on appelle d'atterrissement , <le tras^ort et d'alluirion.

Ainsi les plus hautes montagnes de notre Ëwope snooiesEt les plus jeunes de toutes , et même âlyeu ajunoit dsum le mxmkre qui n'auroient oppani que lo«isqiMe déjà les éléphants , les mastodtMites antédiht- VÎCMS aur<]âent pu étne téâieôiis de si edË^oyaides bènes. Mais ce deraiier soulèvement n'est pae

l4o MINÉRALOGIE

le dernier des événements qui ont concouru à modifier la forme extérieure et la structure de Técorce du globe.

Les lits immenses composés de débris et de cailloux roulés , qui recouvi^ent en beaucoup d'endroits les terrains tertiaires, des blocs isolés et anguleux déposés à la surface de ces terrains , sans jamais pénétrer dans leur intérieur , paroissent à M. de Beaumont les témoins d'une dernière révolution qui a dû suivre, et peut-être après un assez long intervalle, le redressement des Alpes , et précéder letat de repos qui caractérise l'époque actuelle.

M. Guvier a montré que la surface du globe a éprouvé des révolutions subites , accompagnées de changements dans les races vivantes qui la peuploient ; M. Adolphe Brongniart a aperçu des changements correspondants dans la nature de la végétation. M. de Bûcha fait connoître des diflférences nettes et tranchées entre les divers systèmes de montagnes qui parcourent la surface de l'Europe. M. de Beaumont a cherché à mettre en rapport ces divers ordres d'idées ; il a montré par des exemples que la dislocation ' de certaines portions de la croûte extérieure du globe à formé une partie essentielle de chacun de ces changements. A la vérité toute la série de ses idées repose sur l'hypothèse du soulèvement des noyaux des chaînes ; peut-être ne seroit-il pas impossible de l'adapter aussi à l'hypothèse des affaissements, mais on n'y ti'ouveroit pas alors l'avantage de se passer

ET GÉOLOGIE, l^î

d'une élévation de l'Océan, qui a fait jusqu'à ce jour une. des grandes . difScuItés de la géologie.

Au reste, comme M, de Beaumont n'arrive à ces résultats que par la combinaison d'une foule d'observations et d'un détail infini de faits bien constatés , et qui seront toujours précieux à la science, indépendamment des conclusions que l'auteur en tire ; ces conclusions, quelque jugement que l'on en porte, ne seront point confondues avec ces conceptions fantastiques excitées par quelques aperçus isolés, qui ont trop long-temps donné à la géologie une apparence romanesque. Un des faits les plus remarquables et sur lequel M. de Beaumont appuie avec raison, £ontime ajoutant à toutes les probabilités de son système, c'est que les chaînes qui, d'après le nombre des couches obliques quelles supportent, doivent être à peu près du même âge , suivent aussi en général des . directions parallèles , à quelque distance qu'elles se trouvent d'ailleurs l'une de l'autre.

M. de Buch, quia tant enrichi la géologie positive, vient de la gratifier encore d'une carte des terrains qui entourent le lac Majeur depuis le lac d'Orta jusqu'à celui de Lugano, ei qui ont un grand intérêt pour, ce célèbre géologiste , parce qu'il j voit des preuves du soulèvement de ces masses de porphyre pyrqxigénique ou mélaphyre de M. Brongniart , qui, selon lui , a produit la plupart des grandes chaînes. Déjà un autre de nos correspondants, M, Fleuriau de Bellevue , . avoit soutenu, contre l'avis du P. Pini ,

t43 MINERALOGIE

que les roches qui enveloppent les pechsteins de cêft environs, ne pouvoient résulter d'un dépôt ou d'un sédiment. M. de Buch attribue au soulèvement de ce mékphyi^ les dolomies située» tomt le long de la grande route , et qui vont jusqu'au pied de» gneÎM et des nûcascliistes des Alpes ; il attribue aussi à son influence l'albite et le spatb fluor qui se rencontrent dans les granités de Baveno, le spatb pesant des ûr Ions du tuf de Garona et de GrantcJa, et quelque» Autres substances métalliaues de ces environs, eAt las roches attenantes à ce mékphjre sont toujour» abondantes en filons métalliques , et ces filous dimî*nuent ou disparoissent succes^vement k mesure que l'on s'éloigne de cet agent si essentiel dans ce» té^ volutions des couches les plus profondes demi nous ajona connoissance.

MM. Guvier et Brongniart^ dans^ lettr Description gé<)k)gique des environs de Paris , ont fait connoitrè un terrain très compliqué , où des couches calcaire» ou sableuses de diverses sortes, mais contenant seulement des coquilles de mer, alternent avec des couches gjp* seuses et des couches calcaires ou siliceuses , qiti ne contiennent que des coquilles d'eau douce ; ils y ont distingué en conséquence un terrain marin kifi^ieur aux terrains d'eau douce , et un supérieur , mtêl qui appartiennent l'un et l'autre , ainsi que le tefnûii d'eau douce interposé entre eux , aux terrains tertiaâreâè Un calcaire supérieur, que M. Marcel de Serre âvoit observé dans le midi de la France , et dont il cfoy^t

ET GÉOLO&IE. 143

pouvoir faire une formation particulière sous le nom de calcaire mo(3llon , avoit été reconnu comme correspondant aux terrains marins supérieurs des environs de Paris. Aujourd'hui M. Reboul^ corl*espondant de ¥ académie à Béziers, publie un écrit intitulé: Détermination géognostique du terrain ifiarin tertiaire , où il cherche à établir que les terrains marins supérieurs et inférieurs, y compris même le calcaire moellon de M. Marcel de Serre, n'en font réellement qu'un ^ qui dans le Midi se montre dans toute sa simplicité , tandis que dans les envi-" rons de Paris, des couches accidentelles et locales s'y sont intercalées } il s'appuie principalement sut la comparaison des fossiles des couches supéHeures et inférieures , tels que les font connoltre les tttàyûvoL de M. Defrance sur les environs de Paris, et ceui de M. Marcel de Serre sur les départements méridionaux : M. Reboul rapporte à la craie cette pottioo des terrains inférieurs qui s'en rapproche le plus paf sa position , et qui abonde en nummulites ; 6t k eraie elle-même, malgré son immense étendue, cist aussi à ses yeux une formation accidentelle du terrain tertiaire, car il considère comme appartenant à c« terrain certains calcaires des environs de Caen , qttl &at été jugés inférieurs à la craie.

M. Robert a découvert un gîte d'ossements , sih: lequel M. Cordier a fait un rapport à l'académie, et qui r^iferme des os analogues à ceux dcmt fourmillent nos couchés gypseudes , dans un terrain un ]peu inférieur ,

l44 MINÉRALOGIE

dans le calcaire grossier près de Nanterre. Il s'y est trouvé des os de lophiodon et d'un petit anoplotherium. Gîfait , remarquable par sa rareté , puisqu'il n'avoit point encore été observé aux environs de Paris , prouve que les quadrupèdes de cet ancien temps existoient déjà dans nos cantons à l'époque où la mer en couvroit encore une partie , et y déposoit encore du calcaire coquOlier ; mais il n en reste pas moins établi que les terrains gypseux, où les restes de ces animaux abondent bien davantage , et où , sur un espace immense, il ne se mêle avec eux que des coquilles terrestres ou d'eau douce, ont dû être déposés dans des eaux différentes de celles de la mer.

MM, Brongniart et de Bonnard ont présenté à l'académie une dent d'hippopotame, trouvée dans les grottes d'Ait:is.

Chaque jour l'on apprend que des os de ce genre , dont on avoit autrefois nié lexistence parmi les fossiles , y sont au contrah'e très communa. Sans parler de tous ceux que l'on a trouvés dans différentes couches meubles , et dans les cavernes qui servoient de repaires à des tigres et à des hyènes , il vient encore de s'en découvrir une multitude dans les cavernes des environs de Palerme , qui ont été adressés au cabinet du roi, par M. le comte de Ratti-Men-^ ton, gérant du consulat de France en Sicile.

Nous avons parlé, dans notre analyse de l'année dernière, des deux ouvrages que MM. Lecoq et Bouil- Jet , d'upe. part, MM. Jobert et Groiset de l'autre.

ET GÉOLOGIE. l45

publient sur les os fossiles de la montagae de Perrier et de Boulade , près dlssoire ; les uns et les autres ont donné des coupes du terrain qui contient ces os , et de ceux qui le supportent et le surmontent ; mais MM. Lecoq et Bouillet ont soumis à l'académie un travail plus général , et qui embrasse les principales formations du département du Puy-de-Dôme , ainsi que les roches qui les composent. Des échantillons des roches elles-mêmes , au nombre de deux cents 9 et choisis sur soixante-quinze points différents, accompagneront quelques exemplaires de ce livre où le gisement des assises qui les ont fournis sera indiqué sur des coupes coloriées , en sorte que rien ne manquera au lecteur pour se faire une idée précise de ce pajs si célèbre parmi les géologues , surtout à cause des bouleversements volcaniques de diverses époques, dont il offre des preuves plus démonstratives qu'aucune autre contrée.

MM. Jobert et Croiset, parmi les nombreux ossements de leur montagne, dont ils font incessamment la recherche , ont découvert récemment une mâchoire d'un quadrupède du genre nommé par M. Cuvier antracotherium , mais d'une espèce particulière ; la description qu'ils en ont présentée à l'académie offre le caractère singulier d'une apophyse au bord latéral , avec laquelle le seul hippopotame montre quelque rapport éloigné.

' On a prouvé , dans ces derniers temps , par un grand nombre d'exemples, que les ossements in-

lO

146 MINÉRALOGIB

crustés dans les couches anciennes des terrains tei> tiaires , et dans celles des terrains secondaires , diffèrent assez de ceux des animaux qui vivent aujour*d'hui, pour que, d'après les règles de la zoologie actuelle, on puisse les regarder conuné apparte^ nant à des espèces et même souvent à des genres inconnus ; ainsi les anoplotheriuns ne paroissent ressembler , même de loin , à aucun de nos quadru*pèdes, les ichtyosaurus , les plesiosatunis b aucun de nos reptiles, bien que les uns aient appartenu, sans aucun doute , à la première de ces classes , et les autres à la seconde.

M. Geofl^y Saint-Hilaire pense toutefois qu'il y auroit quelque témérité à affirmer que ces animaux des anciennes époques n$ fussent point liés , à titre d! ancêtres ( ce sont ses termes ) , à ceux qui vivent présentement, et cette idée lui semble même répugner aux lumières de la raison naturelle autant qu aux spéculations plus réfléchies des sciences physiques. Il engage les naturali^ies à être plus confiants en eux«*mêmes , et leur rappelle que le droit dn géfiie est de tenir comme existant véritablement ce qu'il a jugé de\^oir être.

Or, partant de ce point , M. Geoffipoy aperçoit une réelle parenté entre les espèces perdues et les animaux actuels , puisque ces derniers sont entrés sans difficulté dans les cadres des nouvelles classifications , et qu'ils ne semblent que des modifications d'un môme être , de cet être abstrait qu'il est tou^

ET GÉOLOGIE. IJ^n

jouw possible de désigner par un même hôm , et que présentement on appelle animal vertébré; du reste , à considétei* les dlfiërences d'un point de vue élevé , on n'a point à en être surpris , puîs<ju'il n*eiSt toujours question que dWgànes analogues , et susceptibles d'un même ordre de modifications , et que ces modificatiotis ne sont pds aussi considérables que celles que nous fait Voir la monstruosité. Pensant donc que les temps d'un savoir véritablement satisfaisant en géologie lie sont point encore venus, il antionce qu'avec Un sentiment plus profond et plus vrai des rapports toologiqueS on pourra essayer une sorte de chronologie dont il indique la série pro* gteÊêm.

C'est au profit de cette géologie antédiluvienne, et pour vérifier les vues de feu M. de Lamarct, sur les changements graduels des espèces , que M. Geoffroy avoit entrépris des expériences sur des œufs où 11 cherchoit, comme il dit, à entraîner l'organisation dmis d^s voies insoUtes , et dont il d donné une idée duns son écrit intitulé : Déi>iationi organiques propoquèëê et ohÈérvées danà un établissement tP incubations aHificielleS . D assure qu'y opérant sur des masses , il a toujours obtenu le produit cherché , qu'il y a fait des monstres à Volonté , et de Ifl quahté qu'il vouloit et qu'il prévoyôit.

A ce sujet , M. Geofiroy est conduit naturellement b s'occuper de la fameuse question de la préexistence des germes; il ne la résout point encore, mais il

1^8 MINÉRALOGIK

croit le moment venu où la conciliation est possible entre les deux systèmes opposés : il suffira pour cela , selon lui , de revoir sous une face nouvelle et dune manière plus satisfaisante les premiers développements de Fétre ; il se propose de courir la chance de cette entreprise.

Certainement les géologistes et les physiologistes doivent également désirer de connoitre les résultats qu'il obtiendra de ses recherches ; la théorie de la génération , la théorie de la terre, y ont un égal intérêt : la géologie en particulier , s'il parvient seulement à modifier une espèce , sera elle-même fortement modifiée dans une de ses bases principales.

Il a été question à plusieurs reprises d'ossements humains trouvés dans des cavernes et dans certaines couches meubles , et , à ce que pensent quelquesuns de ceux qui les ont observés, avec des ossements d'espèces aujourd'hui perdues et teDement rapprochés, ou même mêlés, qu'on les a jugés de la même époque et déposés en même temps. Une commission a été chargée d'examiner cet ordre de faits , et elle n'attend, pour en rendre compte à l'académie, que le moment où quelques-uns des naturalistes qui lui en ont fait part auront adressé les pièces sur lesquelles ils les appuient.

M. Héricart de Thury a publié un ouvrage intéressant sur un sujet qui touche de près à la géologie, sur les puits connus sous le nom de forés et d'artésiens , dans lesquels l'eau ne se montre qu'après que

£T GÉOLOGIE. I^g

ron a percé certaines couches plus ou moins profon«> des qui la retenoient , mais où , lorsque ces couches sont percées, elle monte souvent avec une rapidité surprenante , et de manière non-seulement à arriver jusqu'auprès de la surface du sol, mais à jaillir quelquefois assez haut au-dessus. U faut souvent pénétrer à plusieurs centaines de pieds avant d arriver à des eaux disposées à s'élever ainsi ; et , lorsque Ton réussit, on se procure des l'essources d'une utilité infinie. Tout fait croire que ce sont des nappes d'eau descendues de collines ou de montagnes plus ou moins éloignées, et sur lesquelles pèsent des colonnes de la hauteur nécessaire pour les élever au niveau où elles parviennent, mais que des couches de glaise ou de pierre empêchent d'arriver à ce niveau. On a depuis long-temps l'usage de se procurer ainsi de l'eau dans quelques provinces de France, d'Angleterre , d'Italie et d'Allemagne , et l'on ne peut trop désirer que cette pratique se répande de plus en plus. Les essais heureux que l'on a faits depuis quelque temps aux environs de Paris , et plus que tout, l'ouvrage de M.deThury,y contribueront sans doute. Ce savant écrivain y fait connoître toutes les règles à suivre dans cette opération, les indices d'après lesquels on peut se guider , les instruments dont on doit se servir ; il recommande surtout la persévérance à ceux qui font de ces sortes d'entreprises , car ce n'est bien souvent qu'après être parvenu à des profondeurs extraordinaires , et lorsque l'on désespéroil

l5o MlIfiRALQGIB

du succès , que l'on a vu Teau jaillir subitement , et inéme en telle abondance, que loa en a été embais rasséf D'api^s le^ nombreux essais que son livre a ûccasiounés , Fauteur se croit autorisé et penser que Y ou réussira dans toute ei^pèce d@ terrain secondaire, qui ne sera pas trop po^'eux. Le sol primordial senl ne rqfu^ à ce genre de procédés 9 et l'on en a fait

derpiàremept k I(yon une f4cheu«<i oipédence.

M. Rosetf ingénieur«-géographe attaché à l'état* major de Texpéditlûn d'Alger , a eu occasion d'étudier 9 aous le point de vue géologique, tout le pays qui a été parcouru par les troupes françoises. Yoiâ lea principauic résultats de ses reconnoissances.

Les montagnea peu élevées qui , k partir de Sidi^

^Ferruch , bordent la côte d'Alger, et sur le pen<-

ebant desquelles cette ville est bâtie , sont composées

de roches primordiales, gneiss, schistes micacés.

Schistes talqueux et calcaire blano ou gris, sacca«-

roïde, dont lea couches plongent de 10 à i5 degrés vers le sud.

Sur cette petite chaîne sont des lantibeaux d'un

terrain tertiwe hori^^ontali formé degrés diverse*

ment colorés, depoudinguea ferrugineux, de marnes

^ablonneu^s et d'un calcaire grossier marin peu an«f

cien , dans lequel on observe quelques coquilles d'eau

douce ou terrestrejs. L'analogie de cette demiàif

ET GÉOLOGIE. l5l

espèce de roche avec celles de même nature qui existent dans les parties basses de nos départe* ments de TAude et de THérault^ est très frappante et très remarquable.

Le terrain tertiaire s'étend au sud, dans une partie de la grande plaine de la Métidjah.

Le reste de la plaine ^ jusqu'au pied du petit Atlas, est composé d'alluvions andennes, argiles Hmoneuseï^, graviers et galets.

La chaîne du petit Atlas atteint sa plus grande hau« teur à la latitude de Bleida. Dans cette partie, les principaux sommets s'élérent d'environ i , aoo mètres au*<le86us de la Méditerranée ; les crêtes sont décbu^ pées, les yafléea profondes et étroites, et les pentes offi^nt un grand nombre de déchirures escarpées. Les rodbes que les torrents amènent de cette partie delà ûbaine vers Bleïda sont des schistes talqueux ou {ÀyUaitiens, des calcaires gris lamellaires et quelques fragments de gneiss.

M. Bozet n'a point pénétré dans cette partie des montagnes* L'expédition dont il faisoit partie a franchi la chaîne en suivant une direction qui est de plus de trois lieues à l'ouest.

Dans cette traversée, on ne rencontre que des roches bien moins anciennes que les précédentes. M. Ro- «et les rapporte à la formation connue en Europe sous le nom de bas ou calcaire à gryphites; Ce sont des calcaires compactes noirâtres , des argiles scbisteuiSd et de» marner feuilletées , qui ne renferment

l5a MINÉRALOGIE

d'autres restes organiques que quelques peignes, quelques huîtres, et de petites bivalves analogues aux possidonies. Les couches en sont rompues et déplacées ; elles plongent en général vers le sud , et rarement vers le nord. Les inclinaisons varient de i o à 70 d^és.

Au pied du revers méridional du petit Atlas est un pays inégal, beaucoup plus élevé au-dessus de la Méditerranée que ne lest la plaine de la Métidjah , et dont la largeur , jusqu'à la chaîne du grand Atlas , est de près de quarante lieues. L'expédition Françoise ne s'est avancée que jusqu'à Média , c'est-à-dire à environ trois lieues vers le sud. La petite portion traversée a présenté un terrain tertiaire analogue à cdui des environs d'Alger, et dont les couches se montrent horizontales ou faiblement inclinées. Les matériaux dominants sont des grès et des sables ferrugineux. Les coquilles fossiles les plus abondantes sont des pétoncles, des peignes, des huîtres à grand talon, des espèces de bucardes, et surtout de grands murex iden- * tiques avec ceux qui caractérisent les calcaires grossiers de la Provence. M. Rozet estime que ce terrain s'étend jusqu'au pied du revers septentrional de la chaîne du grand Atlas.

On sait que les bancs de pierre calcaire , qui appartiennent à la formation appelée y wra^^/çrwe par les géologistes , recèlent les os de beaucoup de grands animaux de la classe des reptiles, et notamment plusieurs espèces de la famille des crocodiles. On en

ET GÉOLOGIE. l53

a découvert entre autres depuis long-temps deux espèces à long museau dans les environs de Honfleur, et les carrières de pierre blanche des environs de Caen en ont fourni plus récemment une autre. M. Cuvier , dans son grand ouvrage sur les ossements fossiles, a fait connoitre ces animaux, autant que cela lui étoit possible, d'après ce quil avoit de leurs firagments à sa disposition. Pour celui de Caen en particulier, quoiqu'il n'en possédât que la moitié d'un crâne, quelques vertèbres et des empreintes de^ écailles , il a fait remarquer que ses arrières^narines sont fort différentes de celles des crocodiles ordinaires, beaucoup plus ouvertes , et ouvertes beaucoup plus en avant, et que Vos ptérygoïdien n'y approche pas du développement qu'il a dans les crocodiles, où il termine en arrière et sous la base du crâne le long tube nasal. Il a annoncé aussi que les écailles y sont imbriquées , c'est-à-dire que le bord postérieur de chacune recouvre la base de celle qui la suit. Enfin, il a fait voir que les corps de ses vertèbres ne s'ar^ ticulent point comme dans les crocodiles vivants par des faces convexes et concaves , et ses figurer montraient la direction particulière des dents qui ne paroissent pas aussi verticales que dans les crocodiles ordinaires , mais se dirigent plus ou moins sur les côtés.

M. Deslongchamps , professeur d'histoire naturelle à Caen , qui avoit concouru à la première découverte de ces os , ayant suivi cette recherche, et plusieurs

l54 MINÉRALOGIE

autres amateurs d'histoire naturelle de cette ville s'en étant aussi occupés , on a recueilli un nombre de pièces beaucoup plus considérable, et M« Geoffroy Saint^Iikire, a'étant rendu sur les lieux, en a fait un objet particulier d'études, et a présenté à Taca-* demie les résultats do ses observatîona.

Dès i8a5, ainsi que nous l'avons dit dans notrd analyse de cette année-là , il avoit conclu de cettd diffîrence des arrière-^narines , qu'il convenoit de faire de cet animal de Caen un genre particulier qu'U avoit appelé Teleo^saurus (parfait lézard), parce que cette circonstance d'organisation le rapproche un peu d'animaux |dus parfaits , des mammifères. Gogh jectnrant que les arrière<*narines dévoient avoir quel* que chose de semblable dans les crocodiles d'Hon^ fleur, il en a fait également un genre à part, nommé Steneo^saurûs»

Dès lors aussi il étoit allé phis loin. Considérant que les conditions physiques et matérielles du globe, et particuHèrement la composition de l'atmosphère , c»nt dû éprouver de grands changements aux époques des révolutions géologiques , et que ces chan~ gememts ont dû affecter de préférence les premières voies de la respiration , il en avoit conclu qu'il est très possible que les gavials ou crocodiles à long museau d'aujourd'hui ne soient que les anciefis téiéosaurus, dont l'organisation aura été modifiée cojnfornaément à ces modifications du globe lui-même. C'est k doetâike qu^ a généraUsée dans un mémoii^

■T OiOLOOIB. l55

da l'annéû dernière, dont nous avons aussi rendu c(«npte.

Getta année, appuyé sur le grand nomln^ de pièces découTartes ii Caen , il est revenu sur le sojel des tâéoiaurua*

Parmi ces pièces se sont trouvées quidqu^ paîw tiea des membres, et Tarmure robuste dont osa té- ]éosaur^s sont revêtus. Les écaittes du dessous de leur oorpa ne sont pas seulement eomées et ûeti^ blés coqune dans ks cnooodiles orduuâres, mais dures et pierraudes ; en sorte qu elles forment ensemble un plastron presque infleaîble* GoQes du dos <mt une force proportionnée , et fournissent des band^ transversales encore plus épaisses et plus dures que les écailles du ventre. L'animal étoit ainsi enveloppé cotre deux puissantes pièces de ouirasse.

On n'a encore rien de Inen complet sur les extré mités , et Ton attend à cet égard les résultats des fouilka que Von fait avec une grande ardeur.

ISéanmoins > d'après cet empiétement des écailles lea unes sur les autres , que M. Geofifroy juge être un caractère de poissons, il ne s'attend point , dit^l, à voir sortir de cas carrièrea un pied armé de grifies comme celui du crocodile , mais il caroit que ce sera une sorte de nageoire analogue à calka des iebtby«« imurus et des plesiosaurus.

Nous devons ajouter que, dans un ncniveau voyage fait à Caai depuis peu, M. Geoffroy a reconnu qu'il ««Site d^n» h^ ca^riièrei de oa canton deu4 espèces

l56 MIHÉRALOGIB

distinctes de tâéosaurus ; il s'est assuré aussi que des os trouvés à quelques lieues plus haut , et attribués à ce même reptile , appartiennent au genre voisin des steneosaurus , lequel lui paroit intermédiaire entre les téléosaurus et les crocodiles , et dont il existe aussi, dit-il, un grand nombre d'espèces.

Dans un mémoire tout récent où il examine la position géologique de ces divers animaux ^ il les présente comme d'un âge intermédiaire entre celui des ichthyosaurus et celui des crocodiles, comme ajant commencé à exister cependant, avant l'anéantissement des premiers, avec lesquels on les trouve quelquefois, ce qui, dit-il, n'a pas lieu pour les crocodiles.

M. Geoffroy trouve plus de ressemblance entre l'arrière-crâne du téléosaurus et du crocodile qu'entre' les arrière-narines, et c'est ici qu'il reproduit son ancienne opinion sur l'os du rocher , qu'il suppose placé au-dessus de l'arrière-crâne , et se soudant avec son correspondant et avec l'occipital supérieur, qui sert, dit-il, aux deux rochers de muraille extérieure ; les deux oreilles forment ainsi , selon lui , un bandeau transversal passant par-dessus le cerveau; et il assure avoir vu dans une monstruosité une disposition semblable, avec cette différence essentielle, cependant, que c'étoit par-dessous et non par-dessus que les oreilles se joignoient.

M. Cuvier n'admet point cette position du rocher, et il a rappelé k ce sujet à l'académie qu'ayant examiné

ET GÉOLOGIE. iS^

Toreille ioterne du crocodile , il s'est assuré que leur labyrinthe, ainsi que celui des oiseaux et de la plupart des reptiles , est entouré de trois os, l'occipital latéral, l'occipital supérieur, et un trcHsième dans lequel il croit voir le vrai rocher ; que la fenêtre ronde est tout entière dans l'occipital latéral; que la fenêtre ovale est une échancrure du rocher complétée par le bord de cet occipital latéral. Cette position profonde du rocher du crocodile, sa petitesse et la manière compliquée dont il s'entrelace avec les os voisins, lui paroissent avoir empêché M. GeofÈcoj de le distinguer et de lui assigner son véritable nom.

tammm

l58 PRTSIOLOGIK Té^iTALE

*sams

M. DûTftôcHET a confirmé ses teclierclies sur cette force 5 ^î , selon lui , est le principal agent de la vie, et qu'il dérive de l'électricité. On a vu , par nos analyses précédentes , que lorsque deux liquides de densité ou de nature chimique diflFérente sont séparés par une cloison mince et perméable , il s'établit au travers de cette cloison deux courants dirigés en sens inverse, et inégaux en force < Il en résulte que la masse liquide s'accumule de plus en plus dans la partie vers laquelle est dirigé le courant le plus fort. Ces deux courants existent dans les organes creux qui composent les tissus organiques , et c'est là que M. Dutrochet les a désignés sous les noms d'endosmose pour le courant d'introduction, et d' exosmose pour le courant d'expulsion. Ses expériences lui ont prouvé que ce phénomène n'est pas produit exclu-

1 Cet article fait suite à celui qui porte le même titre, tome III, p. I — j5i.

ET BOTANIQTJE. iSg

sivement par les membranes organiques. Les plaques poreuses inorganiques , très minces , le produi* sent également ; mais une extrême minceur de la cloison perméable est une condition nécessaire du phénomène. Si la cloison perméable a quatre millimètres d'épaisseur ^ par exemple, il ne se manifeste point ; mais il a lieu si elle n'est épaisse que d'un milUmëtre, quoique l'action capillaire des plaques poreuses soit égale dans l'une et l'autre cit'odnstances • d'où il résulte , selon M. Dutrochet , que le pHénômène ne dépend point de la seule capillarité.

Un autre fait qui lui paroît démonstratif en faveur de sa manière de voir, c'est qu'il existe au travers de la cloison deux courants opposés et iné* gaux en force , ce qu une diffërence de capillarité entre les deux fluides ne pourroit pas produire.

M. Dutrochet ajoute que si l'endosmose et l'exosmose étoient des phénomènes dus à la capillarité , il devroit exister un rapport constant entre là hau*» teur à laquelle les différents liquides s'élèvent dàni nin même tube éapillaîre , et la manière dont ils se' comportent par rapport à l'endosmose et à l'exos* mose. Or, il a observé qu'à la vérité, lorsque l'eatt pure est séparée par une cloison membraneuse d'un liquide dont l'ascension dans les tubes capillaires est moindre , on voit l'accumulation s'efectuer du côté où se trouve le liquide le moins ascendant ; mais que si l'expérience a lieu entre de l'huile d'olive , par exemple, et de l'huile de lavande, c'est du côté de

l62 PHTS|OLOG)S YÉÇIÈTÂLE

jnent 4a e^tte Rouble action électrique qup irésul|;pQt les deu]^ courants opposés et ipég^^ux a^i ^itensité qiji ^^Ypr^nt }£) cloison. Ce qu'il y a de certain , £*p$t que pe pl^énomène cq^sa d'avoir lieu lorsque ]e3 ^^x faces opposées dq la cloison ne sont plus an PQiit£|ç( immédiîtt qu'avec un seul des deux liquidas* \}n twba de Yari*e, inuni d'qn évasement terminal, |îpuçj[é par ^ftfi plaque d'argile blanche cuite, fut ren^pU a|i psir(ie ^vep yi^e solution aqueuse de gonime ^rahiqv^a, et plongé ensuite dans l'eau au-dessus de laqueOé la partie vide du tube s'élevoit verticalement, ]u'endo§nips§ ent lieu , et le liquide gomnieux s'éleva l^r^duellamant dans Iç tube. Quelques heures £iprès, Tsiscensiioi^ s'arrêta et l^ieptôt le liquide commença à de^endre^ Ayant retiré l'appareil de l'eau , M. Dur tçœh^t s'aperçut que la plaque d'ai*gile étoit enduite en ^ehor^ par le j^iquide goni^meux , qui avoit transsudé 4u ded^si t çhfissé par l'exosmose ; il essuya la surfaçp eitéçieura à& cette pL^que, et replaça l'^pp^ib reil dans l'eç^- Pas ce moment, l'endosmosç se 9^ ç^fes^ dç Ppuve^n par l'ascension d^ liquide dai^^ k tviba.

J^ double pl^^omène de l'endosmose et de Yej^o%r* Eoose ppU)\99,t^ ê^r§ produit avec des l^mes minées de cpçp^ iporgan^ues perniéables au^^ liquides , çqjpçffpj^ il l'est avec des membranes organiques, ca p,'est point exclusivement un pl^nomène organiqua i c^pexidA^ il .se trouve appartenir exelusivemant dui& corps organisé? , p*ux?a que ce n'est que chea aux q«^

BT BOTANIQUE. |63

esQSte des Uquidea hétéragènes séparée pkt des dbi^ sonfc minces et perméables. C'est le point ]Mir léqudl )a phjBÎque des corps Titahts se confond ateft It pbysique dès corps inorganiques; et M. Datorodiet (îense^ avec beaucoup de phyiÂdiogistes 4 que jillii on ayancera dans la eonnmssance de la phj^lo^ | plus on aura de motifs^ pour cesser de croire que lès phénomènes de la vie sont essentiellement dîlfêrenis dés phénomènes de là physique générales

M. de Mirbel s'est -appliqué à démontrer que ks

couches du liber des arbres et des arbrisseaux à éëm

cotylédons conservent chacune, pendant une 0otte

d'années plus ou moins considérable, la projeté do

végéter et de croître ; que la croissance du Bber se

manifeste par l'élargissement ou la multipHcatiOn

des mailles de son réseau^ et par l'augmentation d4

)a masse de son tissu cellulaire ; que , lorsque le Hber

se porte en avant , ce n'est pas , QonmoLO on le croil

êommunément, parce que les nouvelles productions

qi» s'interposent chaque année entre le bois et l'é*^

coree te chassent devant elles , mais parce qu'il q&^

quiert plus d'ampleur par l'effet de sa propre erOifi»

sance , et que, par conséquent, il se sépare ût s'éCarte

de Ifti-méme du cône ligneux sur lequel il étoit ap^

phqué ; que si ^ dans cette circonstance, on nV

perçoit pas de lacune entre le bois 6t le liber f cela

]^o^î«[it de ce que la plaée abandonnée par te IMber

est occupée imniédiatém^EKt par le camlûfini^ Il bh&f^

elle à prouver, en outre, ^ue les caliaux aévetii ^

méats de M. Tréviranus, qui, selon cet auteur , sont les interstices' que laissent entre elles des utricules , d'abord séparées complètement les unes des autres , puis soudées incomplètement ensemble , ne sont en réalité que des fentes produites par le dessèchement tardif de la substance interne des parois épaisses du tissu cellulaire originairement mucilagineux et continu dans tous, ses points ; que l'on ne sauroit voir dans les tubes criblés des couches hgneuses, que des cellules plus larges et plus longues que celles du tissu cellulaire allongé qui constitue la partie la plus compacte du bois; que les parois des tubes criblés sont en même temps les parois des cellules allongées contiguës à ces mêmes tubes ; et qu'ainsi , sans qu'il soit nécessaire d'alléguer d'autres faits , on peut déjà affirmer , contre le sentiment de plusieurs auteurs , qu'il existe des cellules criblées, comme M. de Mirbel l'a annoncé autrefois.

M. Du Petit-Thouars , ayant voulu faire connoître quelques particularités de la végétation des conifères importantes pour leur culture, a crû devoir faire précéder leur exposition par des recherches de bibUographie historique ; il s'est arrêté principalement à faire connoître le premier ouvrage spécial qui ait été publié sur ce sujet : c'est le traité de Arborihus coniferis , de Belon.

Il fait voir que cet excellent observateur avoit déjà signalé plusieurs singularités de ces* arbres. Ainsi il annonçoit que l'on peut dé loin distinguer les espè-

ET BOTANIQUE. l65

ces par la forme déterminée de chacune d'elles ou par leur port ; il citoit entre autres le cèdre du Lilwui et le pin pignon; les prenant dès leur. naissance, il remarquoit , entre autres dans le sapin , que les premières feuilles ( ou les cotylédons ) sont verticillées. Cet arbre se distingue aussi des autres , dit-il , parce que ses rameaux sont de même verticillés quatre à quatre, et disposés, ce sont ses termes, comme les feuilles de la garance. Il faisoit pareillement observer que dans les pins , surtout le silvestre , les premières feuilles sont simples et aiguës comme celles du genévrier, tandis que les autres sortent deux à deux. Ce nétoit pas seulement dans le cours de ses voyages qu'il observoit ces arbres, il cherchoit à les niulitijjier sur fous les points de la France, en recueillant partout des graines : il les semoit, soit à Paris dans les jardins de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, soit au Mans, dans ceux de l'évéque du Bellai. Il y avait vu germer le cèdre du Liban, des cônes qu'il avoit rapportés du Levant : ils étoient déjà assez . forts lorsqu'ils lui furent volés, et ce qui le désola, c'est que c'étoit par des ignorants qui les laissèrent périr. Il constatoit qu'à cette époque on avoit déjà introduit en France un arbre non .moins magnifique, mais, qui ne devoit pas encore y prospérer. Examinailt à Fontainebleau le Thuia occidentalis y on. lui fit voir un autre arbre qu'on disoit avoir . été rapporté avec ce thuia du Canada, et que l'on confondoit avec lui sous le même nom d'arbre de vie y Belou

iM PHTSieLOGIS TÉoAtàLE

mat ^pe l'on m tronipoit , et 3 lui semMa que e*étfÂt 1» pin eemhro des Alpes. G était Selon qui étoH ààu» iWeur , cta il avait sûrement sous les jeux de jeDQes plaiits du pin qui n a reparu en Europe qa% deux sîàctes après , sous le nom de iord fVeimauth , UMi on s*y tromperoit encore aujourd'hui en iFoyanl les deuBi arbros sans froctificatioB.

Oit ouvrage doit donc ôtre regardé comme le pve« Buer d\m genre qui ne sW multiplié que loiig^ tempe après, celui des descriptions particulièreB de l^enres que ¥on nomme monographies, et 3 &ttt armer» jusqu^à ces derniers temps pour en trouver qi^ \p surpassent pour le fond. H suffit pour pla* eev BeloB aux premiers rangs parmi les botanistes â^soia temps, tandis que, cfons Fouvnige intitrii Miêmûm^ances sur te d^aut de ta^ur^ il se mootre le euitî?atear le pkis zélé pour la prospérité die son paye; §i Ton eut suivi ses conseik , il n'y aureil pas tA espace vide qui ne fût recouvert de végétaticiD.

C'est par F^esamen des racines que M. du Ihtàdb' TlieujSfff^ rentpe dans son sujet ; il commene^ par ftire u» téstavaé de sa manière df envisager cett» pav* tie essentielle des v^étaux : naais ce qui kù parolt le plu& knportaicrt à déeouwir , ce sont les pbaett de la végélatio» des ratines, e est-à-^^e, Vépoq«i9 àt kur première apparilion et celle de leur arrêt' oo tesminaison. .

Les KliaGées, ou les plantes à oignons, nous^ io*- Aquent, suivant hù, déjà quelque chose de rema»-

ET BOTANIQUE. îQ'J

(fdèihh ; c'est qirô sur les bùlbés eiïftrttte, lés ifti(àïie8 disparoîssent , eu même tdttîps que leé feuille , èi €fùe les unes et les ântrèig JefrÉli'ôissëht k k ttièttië épôqtte.

Les eônifères semblent àkt^hêëÉ k UGiiÈ édaifdtt sur titi autre point ; c'est qtté , ' âànê Ëês âthrèà , lés racines ont un momeù'f âSseï; prëôis pour côrh-i ftiéncer lettf . élongatioiï. Si 1 on décôtiVfe les râéiiiéâ d'ttri pin pendant Fhiver , on troKvé que leur etfférttité est simple, c'est-à-dîre fortn^e d'urï cylitidfô ^tis ramifications, de trois à quatre porucèS de lofig i il paroît sec et d'une couleur fauve ; sort bout èèl renflé^ et des espèces d'écaiBes M donnent Fàppa* rence d'un bourgeon. Ponrfr plus dé ôaûforttiité, ttiiè élongation paroît se faire? jcfitr à trâfters lés ^âiBé^ ; elle s'allonge insensiblement jusqu'à 6e qti'éHe ait Si6^ tjùk k peu i^ès la longtfeirr def ht préùécîenté ; rtiais ^le è'eû distingue jmr Sa cottleui' tïàncJie^ et sM àppférrence succulente, et p*f tftt diartilèfÉré à péri ptèi donble. B etï sort horiïctotaIem€fnit des tubserttdéS bknes disposés distiqùtemfent , qui fouritiissi^t des ri*^ cinés latérales, lesquelles, sotrf eti côWséqueÉicêr tdiii^ géès cotome les dents d'uA peigne ; éllefe sotrt Se tmkiê pkts petites dans letfr diïtfétoSion que h tét- WÎHfife , et parviennent à peu! près en même tienfps^ i lëùt mskximmn. Alors la couleur Matncbé se ternit, étt i*)i*me temp^ l'épaisseur dfeïiftîitié, et, versîé ririBé* de l'été , elles se trouvent recouvertes é'tùï ^rfidérmfé see et faûfve. L'extrémité de l'élongafion se déchire

l68 PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE

loDgitudinalement en lanières étroites qui prennent laspect d'écaillés et recouvrent le bout, qui seul conserve son diamètre primitif et sa couleur blanche ; de là vient l'apparence de bourgeons de cette par* tie. Le bout reste stationnaire jusqu'au printemps suivant. Alors une partie seulement des racines latérales font léUr évolution; les autres disparoissent. Un nouvel épiderme se reforme sous Tancien ; celui-ci est obligé de se déchirer en lambeaux pour lui faire place, et d'années en années il s'accumule. Ces faits sont analogues à ce qui se passe sdUs l'écorce extérieure, c'est-à-dire sur celle du tronc et des branches ; mais il y a des modiâcations qui dérivent de leur position respective. M. du Petit-Thouars regarde leur examen comme un des points capitaux qui lui restent à étudier.

M. de Mirbel a présenté à l'académie des recherches sur la distribution géographique des végétaux phanérogames de l'ancien monde, depuis l'équateur jusqu'au pôle arctique. H seroit impossible de donner une courte analyse d'un mémoire aussi étendu , et qui renferme de nombreux aperçus sur la géographie physique, le climat et la végétation des contrées que l'auteur passe en revue. Nous nous bornerons donc à donner en peu de mots les idées fondamentales auxqtielles il rattache tous les faits particuliers , et le plan qu'il a suivi dans l'exécution de son travail.

Quand on suit les mêmes méridiens des pôles à

BT BOTANIQUE. 169

féquateur , et que Ton fait abstraction des accidents locaux qui contrarient de temps en temps la marche normale des phénomènes , on voit que les richesses végétales se multipUent en raison de Télévation croissante de la température annuelle et de la plus Ion-» gue durée de la période des développements- On peut donc établir une progression numérique des espèces, croissante ou décroissante, selon que l'on descend les latitudes ou qu'on les remonte.

On compte cent cinquante à cent soixante familles de plantes phanérogames dans l'ancien monde. Toutes, sans exception , figurent entre les tropiques. Par delà ces limites, un grand nombre d'entre elles s'éteignent successivement. Dans les contrées boréales , sous le 48* degré , il n y en a guère que la moitié qui soit représentée ; il n'y en a pas quarante sous le ôS* degré ; il n'y en a que dix-sept au voisinage des glaces polaires.

L'auteur pense que , s'il étoit permis de se former une opinion d'après des notions très positives , mais qui sont loin d'être complètes , on pourroit dire qu'entre les tropiques le nombre des espèces ligneuses, arbres , arbrisseaux et sous^rbrisseaux , égale , s'il ne surpasse, celui des espèces herbacées annuelles , bisannuelles et vivaces. Le rapport des espèces ligneuses aux espèces herbacées annuelles, bisannuelles et vivaces , décroît de l'équateur au pôle ; mais , par une sorte de compensation , le rapport des herbes vivaces aux herbes annuelles et bisannuelles va croissant.

f^O PHYSIOLOOIIK irÉÛÉTALE

Vtèâ au Uftïne d« k végémiion , tt é«t dd ttwiû§

C0tl6 éclicâki végétale, avec dé^ cireonatânci^ ûntt* logo^ f a été obeervée égakmetit êattî^ les montâ'gfied. Les pldine» êitoéé^ à leur pied utmt ponr elleé œ que ioiît le» i<égiofi» équertoriale» îpour le» deui bénrlsphèfeg^^ Le lionikr«> des espèce» et deâf faonille» i le f appofrf de» espèci^ ligueuse» ati:t espèces berliaH cées, le ftfpp^et des espèce» annocites atix espèèeé tiva^es , dimiAoeM de k base au êomtMt de» montagne» , et ekâkjue »t»tton ofire mtë tégétatîoti qai kî e»C propre. Ici, comme darm ki^ plaines, k teiiipéri8(l»fe tpaee le» Ëgne» d arrêt. Plus on s^élè^e %u*à669m do niveau de la mer , ïhoïd» est eiiande êl iMigue k période des^ développemeltls , et par eolf^ •éqtteM plu» est fiiaid» et prolof^ée k période du Mpùé. Que 1<0» eirasf!» ipii détermnent le décrois sèment progressif de la tempéralnte^ fmëM ûmtfëê qn'à ht »tÊr£3K?^pkine et basse de ki letra; qu'efi ï^se emffpagne h refroidissement maftlve beaticoup plu» vite^ daram 1» j^éni&âe in repos qoe^ è&fAnt k pé^ lâoàe ai» détdopp^Kïettl»' ; que^ Mt' le» fiaoi:ita^]ie» îl sok un peu pk» ac^D^éf é d«iran<( b période des déveldppeiiMiifs qM^ d&rsMif ^e dà repos ,^ Facrteuf M^ pi^Biise p»» que t^ inirfiie k i^ompara'ft^dii , si tes pésisAMs générmsiE de^ k végé«ati^ sont ks iêè^ Me» , «t si k» dââl^eâ^ei» ^'e^j^j^t^eût ^une mà^^e MiÎB&îsePifle-, siDÎf psM^* la g^aduatkaf pavtkuMère^ de kte»a^aitfre, »€»it pi»* des ei^oâs^smce» elim^-*

ffiqaeii qm hai aont éteangèiMy iott enfin par les qu-i Êtes dÎTerBes du mL

M. de Mirbid est à frappé dd h ressembUnice dos résultats , qu'il nliésite pas k oamparer les deaoc hé* mitplières de notre globe à dem énofme» motilagnes réunies base à base^ portant sur lairs knfes flaoes one ionondiraUe quantité de ipégétaux , et dbargées àleur sommet êhm ^iset muste diapeati de nflîges pernianentes.

Les botsoûstei, ponr exposer avee méthode et darté k suoeessiosi des irégétau sur les pente» des Pjrénées, des Alpes, des Andes, eie«, se sont appliqués à déterminer ki baotcor des fi^es d'arrêt des espèce» qai caradéiiseA le vàaa hss dÊvetses siatiemf et, par 9 moyen, ils ont partagé horî* zontalement la surface des masses pnoénin^ites ^ globe en grandes» bandes on régioiia végétales. Le naéme procédé a été emplo'jié pour les» deon bénâ* splièm», mats* non pas avec aotantdc susses- s lea diffieuMs sont incompairableinent plus grandes^

|>e h fasse au soimaiet des meirta^es-^ la tenqiéM fMSure poinrsnit sanai interinitltneo tine MBftbe de»*> cendamte pènsou «9111» rapide>, sekon ks hanteus «Iss- stations :- il n'e» est pas ainsi dons Isa piaiiHSk A h irériaé, le refreidÎBBaaBent progresstf coamléfé dm» Ifensemble im pàénocnèiiea est detMto éiicknee; mais qnaiid on* -nefoi ans bkê particoibirs, eot reeotmo^ que sowfent des- eireiMSlanoes local» précipitent ou retardent la marche de la tienapérafr

l'j:k PHYSIOLOGIE yiGBTALE

ture , bu même quelquefois lui font prendre une direction rétrograde. Tantôt ce sont les espèces du nord qui s'enfoncent vers le tropique ; tantôt celles du midi qui remontent vers le nord ; et quelquefois des groupes appartenant à ces races distinctes font échange de patrie, se croisent, et, chacun de leur côté , s'en yont établir des colonies dans des stations privilégiées , au miHeu de populations végétales auxquelles ils ne sont pas moins étrangers par la physionomie que par le tempérament.

Ces difficultés n'ont point rebuté M. de Mirbel ; il distingue dans Tancien continent , depuis Véquateur jusqu'au pôle arctique , cinq régions végétales savoir : la zone équatoriale, la zone de transition tempérée , la zone tempérée , la zone de transition glaciale et la zone glaciale.

Partout où aucune limite accidentelle n'arrête ces zones dans leurs expansions naturelles, on peut les comparer aux couleurs du prisme, qui se fondent les unes dans les autres par leurs bords ; de sorte que l'œil ne sauroit les séparer, alors même qu'il les distingue parfaitement. Pour marquer le terme des différentes zones , le moyen le plus sûr est de prendre pour limite de chacune d'elles les points d'arrêt des espèces qui , caractérisant le mieux sa flore particulière, cessent de se propager sitôt que des changements notables et généraux dans les températures annuelles amènent sur la scène une flore nouvelle.

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M. de Mirbel avoue qu'il lui a été impossible de faire l'application de ce procédé h la zone équatoriale , parce que des sables et des chaînes de montagnes y contrarient trop souvent Texpansion normale de la végétation : il a été plus heureux en remontant vers le nord. La zone de transition équatoriale trouve une limite naturelle dans la ligne d'arrêt de l'olivier; la zone tempérée, dans la ligne d'arrêt du chêne commun ; la zone de transition glaciale , dans la hgne d'arrêt du pin sylvestre, en Occident, et du mélèze en Orient. Quant à la zone glaciale , l'auteur la divise en deux bandes ; l'inférieure ou méridionale , la supérieure ou septentrionale : l'une et l'autre n'oflS^nt aucun arbre; la première nourrit encore beaucoup d'arbrisseaux ou arbustes , et finit où ils s'arrêtent ; la seconde ne nourrit guère que de petites herbes vivaces , et finit où commencent les neiges permanentes. Les espèces de la zone glaciale ne forment qu'une seule et même flore en Asie , en Europe et en Amérique.

L'auteur joint à ce mémoire un tableau de la végétation des contrées les plus connues des quatre zones septentrionales , et il indique dans un appendice les lignes d arrêt méridionales et septentrionales d^un grand nombre d'arbres.

M. de Mirbel a publié en même temps que ce travail la description de neuf espèces nouvelles d'arbres de la famille des amentacées. Nous ne connoissîons jusqu'ici que trois espèces de hêtres : il a porté

Ï«j4 PHTSIOLOOIB YÉGiTALE

ce Bôinbre à sejpt ; deux des quatre espaces ^*il ][>ublie croissent au Chili ^ et les deux autres au détruit de Magdlan.

L'ouvrage de M. Adolphe Brongniart ^ fils de Tuit de nos confrères » sur k fécondation des végétatis ^ qui a obtenu Vannée dernière une distinclâon énn* pwte, a été publié*

'D'après les observations de l'auteur, le poUai forme d'abord une masse qui n'adhère point aux parois de la loge qui le renferme ^ et qui se divise bientôt en cellules contenant les grains ; nciais ehàque grain de pollen mûr contient- lui-même dans sa membrane un certain nombre de grains plus petits , ou de granules enveloppés aussi dans une tunique maoubraneuse mince.

M* Anùci avoit cd)servé que lorsque le grain de pollen tombe sur le stigmate , il en sort un filet plus ou moins long , qui paroit une production de la membrane interne» dans lequel une partie des granules se porte et exerce des mouvements* Ce filet » été vu et dessiné par M. Adolphe Broaigniart dans un grand nombre d'espèces. Il s'introduit dans 1 epiderme du stygmate , s'y unit en quelque sorte , et paroit être un organe important pbur la fécondation* C'est aux granules qu'il contient et qu'il transportu d^ns k st;)Fgmate , cpie notre jeune auteur attribue surtout cette fonction. Il les compare aux anœoaal'* cules spermaûques » dont ils semblent avoir les mov^ vements* Dans quelque» espèces même, t^es qjoe

»T BÔTAJïIQUB. 175

G^rtsânes n|^}vacée9 9 îk «'agittot vmibleiAent ^ et m cQ^fb^nt comme des vibrion».

Mf BroQgpiart croit que lea granules poUiniques ne ae sont pa& formé» dan» l'intérieur du grain de pollen, maïs qu'ils ont été absorbés par des pores 1x03 visibles h sa surface dans certaines espèces. C'est au travers du parencb3rme du styguiate , et non par des vaisseaux particuliers , qu'il les fait arriver aux ovulas, n suppose que le liquide dont le stygmate est couvert à sa surface aide à les transporter à l'in^ térieur par le mouvement naturel qu'il prend dans cette direction. La graine future , ou l'ovule , com* posée dé deux enveloppes et d'une amande paren-* cbymateuse , reçoit ses vaisseaux nourriciers par son point d'adhérence 9 qui se nomme bile ou ebalaze , mais a constamment ses téguments ouverts en un autre point qui est le micropîle » et même dans les ovules où l'amande est soudée aun téguments ^ die % un mamelon qui fait saillie au travers de cette ouverture. C'est en face de ce point que se termine aensibleai€»t le tissu du stjzgmate ^ qui sert à k transmission des granules , sans toutefois s'y uniar ; et de cet endroit ouvert il règne dans l'intérieur de l'ovule un tube particulier jusqu'au sac embrjonnaiare j ee tuba sort marne quelquefois de l'ovule sous fonmi as filet ^ etk M. Brongniart orc»roit vokffitiers qu'il pjpoïid toiyoura eotte e&tension «1 saornent de la fécondation.

La marche des grawdfis ^ defnaîs la surface, du

I>j6 PHTSI0L06TV VÉGJStALÈ

stygmate jusque dans l'ovule , est assez lente ; et l'auteur assure avoir remarqué que dans les cucurbit^cées elle exige au moins huit jours. Dans le sac embryonnaire est une petite vésicule destinée à devenir ou à renfermer l'embryon. M. Brongniart la " compare à la cicatricule de l'œuf des oiseaux. H a cru y voir dans certaines plantes , au milieu d'une petite masse parenchymateuse , un grain qu'il soupçonne d'être un granule provenu du pollen , qui y auroit pénétré , et il suppose que l'embryon formé d'un ou de plusieurs de ces granules du pollen , et de plusieiu^ autres granules fournis par l'ovule , se confond avec cette vésicule , qui devient son épiderme.

M. Turpin, qui a fait tant de recherches microscopiques sur le tissu intime des végétaux , les a portées cette année sur la truffe, et a fait ses efforts pour en découvrir l'organisation et le mode d'accroissement et de propagation.

Cette production singulière, dépourvue de feuiUes et de racines , ne se nourrit que par l'absorption de sa surface, et n'a de moyens de se reproduke que dans son intérieur.

Sa masse ne se compose que de deux sortes d'organes élémentaires, des vésicules globuleuses destinées à la reproduction , et que M. Turpin compare au tissu cellulaire des autres végétaux et des filaments courts et stériles qu'il nomme t/gellules , les comparant aux tiges des végétaux ordinaires et aux vaisseaux que ces tiges renferment.

BT BOTANIQUE. t'J'j

Le tout forme une chair blanche d'abord, et qui, en avançant en âge , devient brune , à l'exception de certaines parties qui imitent les veines blanches d'un marbre. Ce changement de couleur est dû, selon M. Turpin , à Tappandon des corps reproducteurs qu'il nomme truffinelles , et dont il explique la formation et le développement de la manière suivante : Chaque vésicule globuleuse est disposée de façon à donner naissance de ses parois à une multitude de corps reproducteurs ; mais il n'y en a qu'un petit nombre qui rempUsse réellement cette destination ; et celles-là , après s'être dilatées , font voir dans leur intérieur des vésicules plus petites, dont quelquesunes grossissent , brunissent , se hérissent extérieurement de petites pointes, et se remplissent encore d'autres vésicules qui s'entre-greffent bientôt. Ce sont ces petites masses ainsi formées , ou les truffinelles , qui deviendront des truffes après que celle dans l'intérieur de laquelle elles ont été conçues aura elle-même péri. Micheli et BulUard avoient reconnu une partie de ces faits ; mais M. Turpin les a mieux constatés , les a débarrassés d'hypothèses gratuites, et les a représentés par de très beaux, dessins.

Mais comment ces petites truffes , qui ne jouissent d'aucun mouvement progressif, peuvent-elles quitter le point où elles sont nées , et se propager à distance ? C'est un problème dont M. Turpin ne s'est point occupé, et digne d'exercer toute la sagacité d'un

l^S PHTStOLOGlB VÉGÉTALE

obBetrateur qui habiteroit les lieux où la truffe croît abondamment.

Les laminaires, genre de la grande classe des hydrophytes , sont sujettes à de grandes variations , d'après Tâge où on les observe, et ces variations a voient donné lieu à en admettre jusqu'à quinze espèces sur nos côtes de Normandie. Des observations faites sur ces plantes dans leur lieu natal , et qui ont porté dur toutes les modifications que leurs formes , leurs grandeurs, leurs couleurs et leurs consistances éprouvent, soit successivement dans le même individu , soit simultanément dans un grand nombre , ont démontré à M. Despréaux que ces quinze espèces doivent se réduire à cinq.

Les ouvrages de botanique proprement dite, les recueils de descriptions et de figures si précieux pour la science des végétaux , mais si difficiles à analyser dans un travail tel que le nôtre , ont été nombreux tctte année.

La Flore brésilienne de M. Auguste de Saint- Hilaire « continué de paroître , et MM. Adrien de Jussieu et Cambessèdes se sont associés à ce savant fet télé botaniste, pour en accélérer la publication.

Les plantes recueillies lors du voyage de M. Freydnet sont décrites par M. Gaudichaud , et forment une partie importante du bel ouvrage où sont consignés les riches résultats de cette savante circumnavigation. M. Delillea fait imprimer le travail sur

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VIsoëtes , dont nous avons déjà rendu compté dans notre analyse de 1824- Le même. botaniste a publié une centurie de plantes recueillies par M. Caillaud en Nubie , et le long des rives de cette branche du Nil , que l'on a nommée le Fleuve blanc : ce sont surtout des végétaux de Tantique Méroë, cette source de la civilisation égyptienne , autrefois si fameuse et si respectée , maintenant livrée à la même désolation que le reste de TAfrique. M. Jaume-Salnt-Hilaire annonce une Flore et une Pomone françoise ^ qui fera suite k la Flore françoîse qu^il a fait paroltre depuis quelques années. M. DecandoUe a donné un traité sur les plantes de la famille des mélastomées. Parmi les genres et lés espèces si nombreuses dont la botanique a été ainsi enrichie , nous ferons remarquer le joliffia^ cucurbitacée vivace à tiges sarmenteuses et ligneuses , à rameaux grimpants , qui croissent à cinquante et cent pieds de longueur, à fruit charnu, anguleux , long de deux et trois pieds sur huit pouces de diamètre, et dont les grains fournissent une bonne huile. Cette plante est originaire de la côte orientale de l'Afrique, et s'est propagée à l'Ile-de-France , où on la nomme liane joliff ^ d'après le nom du capitaine qui l'y a apportée le premier. On n'y possédoit d'abord que des pieds femelles ; mais l'espèce a été complétée par M. Bojer, botaniste anglois, qui Fa recueillie dans une expédition &ite à Madagascar et à Zanquebar; les nègres de

cette côte la connoissent sous le nom de kouémé.

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C'est de M. Delille que lacadémie a reçu Vbistoire de ce végétal intéressant.

M. Auguste de Saint-Hilaire , ainsi que nous Favons déjà fait connoitre p]us d'une ibis, ne s'est pas borné à la simple description des plantes qu'il a recueillies ; et cette année il a présenté , dans un mémoire par^ ticulier , des considérations nouvelles sur les rapports qui unissent entre elles les différentes familles de plantes de la classe des polypétales. H prouve , par de nouveaux exemples tirés de ses découvertes, ce que déjà les recherches de tous les naturalistes ont fait apercevoir ; c'est que l'établissement d'une série linéaire complète des genres et des familles seroit un problème insoluble; que l'on ne pourroit essayer de la former sans sacrifier des rapports importants pour en ménager d'autres, et qu'enfin il ne seroit pas impossible de composer plusieurs séries qui , différant sur un certain nombre de points, seroient pourtant également bonnes. Les exemples qu'il allègue à l'appui de son assertion paroissent incontestables , mais ne sont pas de nature à être rapportés ici.

La découverte de l'endosmose ou de cette propriété qui fait que de deux liquides de densité ou de nature différente , séparés par une lame mince et poreuse , J'un traverse la lame de préférence à l'autre, et avec assez de force pour élever celui-ci fort au-dessus

ET BOTANIQUE l8t

du niveau auquel il demeuroit en vertu des lois de Téquilibre, a été considérée comme si nouvelle et si importante, que l'académie a cru devoir décerner à fauteur, M. Dutrochet , le prix de physiologie fondé par M. de Monthyon.

M. Dutrochet a mis tous ses soins à constater la vi* tesseet la force de cette nouvelle puissance , ainsi que toutes les circonstances qui la &vorisent ou qui là combattent , et il en fait surtout les applications les plus heureuses à des questions de physiologie végétale, qui , depuis long-temps , faisoient le désespoir des physiciens.

Il a imaginé un instrument très simple, qu il nomme endosmomètre , et qui consiste dans un tube élargi par un l)Out , que Ton ferme au moyen d'une vessie ou dune autre lame mince; on remplit ce tube d'un liquide, et on plonge le bout ainsi fermé dans un vase rempli du hquide, dont on veut examiner l'action sur le premier.

En général , quand le liquide du vase est de l'eau, et que celui du tube est plus dense que l'eau , on voit le hquide s'élever dans le tube , parce que l'eau y monte , et cette ascension se porte à plusieurs pieds : c'est ce que l'on nomme endosmose. Si les liquides changeoient de position , le mouvement auroit lieu en sens inverse, l'eau du tube descendroit vers le liquide plus dense du vase; ce seroit l'exosmose. Il y a même, à proprement parler, deux courants en sens inverse; Fendosmose et l'exosmose ont lieu à la fois ; mais l'un

ifty PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE

des deux remporte généralement. Quand les deux fliii% des sont hétérogènes , il y en a un moins asœndant » et M masse s'augmente aux dépens de celui qui Test daraotage. Cependant on observe à cet égard des variétés , selon la nature des liquides et celle de la lame qui les sépare.

Ainsi les liquides alcooliques , quoique moins denses tfde Teau , se comportent comme les liquides plus denses : l'endosmose a lieu à leur égard , de la part de Teau ambiante*

L'acide sulfurique, au contraire, bien plus dense que l'eau , non-seulement ne provoque pas Tendosmose» mais son accession l'arrête relativement aux liquides où elle auroit lieu s'il n'y étoit pas mélé^ I) en est de même de l'hydrogène sulfuré , et c'est sa pré** aeneequi, d'après les expériences de M. Dutrochet» donne la même propriété aux liquides animaux , quand île m putréfient, et aux matières fécales.

Certaines natures de lames sont également eiiqe* mies dé l'endosmose: la chaux carbonatée, quelque poreuse , quelque mince qu'on l'emploie , ne la permet jamais; le grès mince ne la détruit pas tout-à-fait.; les substances minérales qui lui sont le plus favorables eont les matières alumineuses*

£a général» les liquides organiques, par exemple, les solutions de gomme , de sucre , les émulsions , etc^, provoquent l'endosmose sans discontinuité , tant qu'ils SB subissent aucune altération ; mais les liquides cbi* miqpiicsont deux actipos distinaes; l'une, primitive

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et directe , par laquelle ils la produisent ; l'autre , consécutiye et indirecte, par laquelle ils la diminuept et l'abolissent.

La vitesse de lendosmose est proportionnelle k l^excès de densité du liquide intérieur ( cqIuî du tube) sur l'extérieur (celui du vase). Sa force est tpès grande. Pour la mesurer, on courbe deux fois le tube vers sa base , on remplit une des courbures de mercure , qui y est d'abord en équilibre; introduisant ensuite I0 liquide dense depuis un des côtés du mercure jusqu'à la vessie , on plonge dans l'eau , et l'on voit de combien une des colonnes de mercure est souteni^e an* dessus de l'autre. C'est une expérience analogue à celle de Haies , sur la force d'ascension de la sève ; M. Dutrochet a vu ain^i l'endosmose soulevé? qaatpe atmosphères.

On juge combien cet ordre de phéqomèi^es peut concourir à expliquer les mouvements d'ascension des fluide» végétaux ; mais son influience n'est pai^nooins grande dans ce que l'on a appelé l'irrilabilité v^gétale^

On sait , par exemple , que le^ valves de la €ap^ ;siilie de la balsamine tendent avec force à se courber en dedans , et que, pour peu que le lien qui les unit s'afiobiblisse • elles se courbent en eSet ainsi avec autaiat

de force que de rapidité ; c'est que leurs odlules exté*rieures , plus grandes que celles de la face interne , se nmiplissent beaucoup plus d'eau , et que leur gcmfle-r ment tend à rendre convexe la face extérieure. Aussi cette ââsticitë des valves diminuie-1>«lle beaucoup quand

l84 PHYSIOLOGI£ VÉGÉTALE

oo les laisse ilétrir par leTaporation partielle de leur liquide intérieur , et se régénère-t-elle quand on les plonge dans Teau ; mais si on laisse entièrement dessécher , on a beau les plonger dans leau , elles n'y reprennent point leur disposition à se courber. C'est ^ selon M. Dutrochet , qu'après une évaporation in-* complète, elles contiennent encore un liquide dense, et exercent l'endosmose , et qu'après le dessèchement complet , l'eau n'effectue plus qu'une imbibition ordinaire.

Si l'on plonge ces mêmes valves de balsamine dans un liquide plus dense que celui qu'elles contiennent, dans un sirop de sucre , par exemple c'est Texosmose qui a heu ; elles ne tardent point à perdre leur ten* dance à se courber en dedans , et bientôt même elles se roulent en dehors , parce que leurs vésicules exté* rieures plus grandes perdent plus de leur liquide que les intérieures.

Ce que l'on observe sur les valves de la balsamine se reproduit plus ou moins dans tous les tissus végétaux ; toute portion , toute lame de ce tissu qui a les vésicules d'une face plus grandes que celles de l'autre , deviendra, si on la plonge dans l'eau , plus convexe du côté des grandes cellules, et plus concave du côté des petites , et ce sera le contraire dans un liquide plus dense que l'eau, de Teàu gommée ou du sirop , par exemple. Bien n'est plus curieux que de faire ainsi à volonté se courber en sens contraire, et en peu de secondes , un brin détaché longitudinale*

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ment cl*un côté de la tige ou de la racine d'une même plante ; mais il faut se rappeler ici que Tiné* galité des vésicules est en sens inverse dans la tige et dans la racine d'une plante naissante. Dans la tige la méduUe centrale l'emporte en volume sur la mé« dulle corticale; c'est le contraire dans la racine , où il est même souvent difficile d'apercevoir la médulle centrale; or, d'après des observations propres à M. Du* trochet, dans la médulle corticale, les vésicules grandes en dehors vont en décroissant de diamètre vers le dedans, et dans la méduUe centrale, les vésicules petites en dehors vont en augmentant de diamètre vers le centre. Ainsi , une lanière du système cor** tical , jJongée dans l'eau , doit tendre k se courber en dedans , et une lanière du système central , à se courber en dehors ; et lorsque c'est le système central qui do* mine, comme dans la tige, la tendance totale doit être de se courber en dehors ; elle doit être de se courber en dedans quand c'est le cortical , comme dans la racine : aussi arrive-t-il constamment que l'eau, qui fait courber en dehors une lame longitudinale de la tige, fait courber en dedans une lame semblable de la racine ; et le sirop ou l'eau gommée produisent sur chacune de ces parties l'effet tout contraire. C'est ce que chacun peut vérifier aisément dans les pissenlits. Le lecteur doit déjà apercevoir avec quelle faciUté on devoit être conduit par ce fait à l'explication de la direction constante de la tigelle et de la radicule des semences qui germent, et même de la tendance

ld8 PHYSÎOLOGIS VÉGÉTALE

lementi et quand ils sont parvenus au maximum de dilatation qu'ils peuvent atteindre, ils se resserrent et se ferment. Dans un grand nombre d'espè* ces y ce maximum de dilatation , par rapport à la grosseur de l'ovule , est si considérable , que , pour en donner une idée juste, Fauteur le compare à Téva* sèment d'un gobelet ou d'une coupe. On conçoit qu'alors il n'est nuUement besoin d'avoir recours à l'anatomie pour reconnoître l'existence des deux envek)ppes. M. de Mirbel affirme que souvent elles se sont présentées à lui sous la forme de deux larges godets, dont Tun contenoit l'autre sans le cacher entièrement ; et il ajoute que la masse cellulaire centrale , fixée par sa base au fond de l'enveloppe interne , se prolongeoit au dehors comme un long cône. D'autres fois, il a vu les deux enveloppes figurant assez bien les tubes d'une lunette d'approche.

Tous les ovules d'un même ovaire ne sont pas également développés au même moment. Par exemple , dans le Cucumis leucantha , des filets musculaires partent du centre , et portent chacun 4 ou 5 ovules, disposés en série. Ces ovules sont d'autant moins développés, qu'ils sont plus élo'gnés de l'axe de Fovaire. Ainsi , l'époque de l'émiss'ron du pollen corre^ond , dans chaque fleur femelle du Cucumis leucantha , à divers degrés de développement.

Dans beaucoup d'espèces , la masse cellulaire centrale se dilate en un sac tout-à-fait clos , puis se soude à la seconde enveloppe, et disparoit. Dans

d'autres espèces , cette même masse cellulaire a une plus longue durée, soit sous sa forme rudimentaire, soit sous sa forme plus parfaite de troisième enye«loppe. Quelquefois, une quatrième enveloppe se détache de la superficie interne de la troisième.

Enfin, beaucoup d'espèces offrent cette poche, que Ma]pighi a nommée Yamnios* Son développement n'est complet que lorsqu'il a heu dans un ovule rempli de tissu cellulaire. Sa première ébauche est une sorte de boyau délié , qui tient par un bout au commet de Tovule, et par l'autre bout à sa base. Le boyau ne tarde pas à se renfler , et à refouler de tout coté le tissu qui l'environne. Un fil à peine perceptible descend du sommet de l'ovule dans cette cinquième et dernière enveloppe, et y tient suspendu un globule , qui est l'embryon naissant.

M. Auguste Saint-Hilaire pense que. chaque ovule est attaché à l'ovaire par deux cordons vasculaires , l'un destiné à la transmission des sucs nourriciers , et l'autre à la transmission de la matière fécondante. Mais M. R. Brovrn assure que ce second cordon n'existe que très rarement , et que ce n'est qu'après les premiers développements de l'ovule qu'il se soude à son orifice. Cette dernière opinion est adoptée par M. de Mirbel , qui s'attache à démontrer par des dissections très délicates, que c'est ainsi que les choses se passent dans les plombaginées et les euphorbes.

Gomme l'auteur a pris l'ovule dès sa naissauce , et

tgO PHTSIOLOGIC VÉGÉTALE

la sairi dans tous ses dévtloppemeiùU ^ il a été à même de constater les changements qu'il éprouve dans sa position et sa forme extérieure* Ces observations Font conduit à diviser les graines en trois classes t les orthotropes, les anatropes , et les cam^ puUtropes.

Les orthotropes conservent, en se développant, la direction qui est propre à tout ovule naissant , c est*à-dire que leur base reste diamétralem^it opposée à leur sommet.

Les anatropes proviennent d'ovules qui se renver^ sent de telle sorte , que leur sommet prend la place de leur base, et vice versa. Ces graines se soudent au funicule dans leur longueur.

Les campulitropes se courbent sur elles-mêmes , en arc ou en cercle, et rapprochent leur sommet tle leur base.

£h général, ces diverses formes sont constantes dans les groupes les plus naturels. Cependant, l'an?teur reconnoit qu'ici , comme dans beaucoup d'autres cas , il y a quelquefois des nuances qui rendent les caractères ambigus.

M. dé Miiiiel avoit fait remarquer très ancienne«ment, qu'en général, dans les tiges carrées à feuiUtts opposées , il existe sous l'écorce quatre faisceaux vasculaîres et ligneux, lesquels correspondent dbacunà - l'un des quatre angles , et qu'à la hauteur des p^nts d'attache de chaque paire de feuilles , ces âdsceaux communiquent entre eux par des ramificattons kté-

KT BOTANIQUE. igi

raies, qui forment un bourrelet annulaire autour des tiges.

La tige unique d'un vieux Galycanthus floridus ^ arraché en 1827 au potager royal de VersaîDes, a fourni à l'auteur , a?ec une nouvelle confinnation du fait qu'il avoit annoncé, un phénomène extrêmentient curieux. Les quatre faisceaux vasculaires des angles de ce calycanthus ont grossi avec la tige , qui a deux à trois pouces de diamètre ; et ils forment à sa superficie quatre saillies , imitant des cordes de la grosseur du petit doigt. Chacun d'eux offre une enveloppe corticale qui lui est propre, des couches ligneuses superposées les unes aux autres, de gros vaisseaux distribués en séries circulaires dans le bois, des rayons qui s'allongent du centre à la circonférence, et un canal médullaire. Ainsi , l'organisation des quatre faisceaux , et , par conséquent , leur croissance , sont semblables à celle des tiges ligneuses des cotylédones. Ce fait inattendu a paru si étrange à plusieurs personnes, qu'elles ont imaginé d'abord que les faisceaux n'étoient autre chose que des branches greffées par approche sur le tronc. Mais un ex4ltsmn de quelques minutes les a détrompées.

Sdon l'auteur , cet accroissement remarquable des quatre faisceaux du calfcanthtLS ne doit être considéré ,.ni comme une monstruosité dans l'individu, ni comme un phénomène constant dans l'espèce. C'est le résultat de la culture , qui a supprimé par la taille toutes les branches , à l'exception d'une seule ,

iga PHTSIOLOGIB fÉGÉTALE

dont Tépaisseur s'est accrue , et dont la durée s'est prolongée bien au delà du terme ordinaire.

M. Du Petit-Thouars, observant des fleurs de pavots sauvages, fut frappé de la disposition de leurs étamines , qui étoit telle que , malgré leur grand nombre , il ne s'en trouvoit pas deux qui se touchassent , en sorte que toutes les anthères étoient parfaitement isolées les unes des autres , et à des distances égales entre elles, parce que les filaments s'écartoient en hgne droite comme autant de rayons d'une sphère ; il se trouva porté naturellement à chercher jusqu'à quel point cette disposition se trouveroit dans d'autres plantes, et trouva que, dans toutes, les anthères cherchent à s'isoler les unes des autres, mais avec quelques variétés. Il propose de désigner ce phénomène par le mot àiéparpillement ^ et présume qu'il tient à la même cause qui , suivant lui , fait que les feuilles et leurs supports, lorsqu'elles sont parvenues à leur parfait développement , . s'écartent de manière à ne pas se toucher , ce qui toutefois exige un temps calme et serein. H en est de même de l'éparpillement ; un rien suffit pour le déranger.

Tant que les étamines sont très nombreuses, comme dans les pavots , on ne peut distinguer que leur isolement ; mais , à mesure qu'elles s'éclaircissent , on remarque une autre sorte de régularité , qui consiste en ce qu'elles se disposent dans l'espace , de manière à y tracer des figures rectilignes , et l'on reconnoît que cela provient de deux causes : i<> le point de

£T BOTANIQUE. Ig3

départ des étamînes, ou l'insertion; 2^ Finégalité en longueur des filaments. Pour démontrer cette proposition, l'auteur se borne à un pçtit nombre d'exemples pris dans les rosacées, comme le pêcher, le prunier et le fraisier. De ces trois plantes, c'est le.fraisier dontla fleur aie moins d'étamines. Elles y sont bornées à 20 ; le prunier en a 3o , et le pêcher 40 . .Ces nombres sont en rapport avec cinq, qui est celui, de leurs pétales; mais ils sont quelquefois altérés ; il y a des fleurs de fraisier où l'on trouve 2^ ou 28 étamines; et c'est lorsqu'il est survenu un pétale de plus dans le premier cas , et deux dans le second ; chaque pétale a donc toujours quatre étamines qui lui cojçrespondent. H en est de même de la potentille ; et la tonnentille , qui n'a que 4 pétales j n'a que 1 6 étamines.

L'auteur entre dans de grands détails sur la position mutuelle de ces étamines , et sur les polygones circonscrits les uns aux autres aux angles desquels elles sont placées , mais il ne nous seroit pas possible de faire entendre ces détails sans figures; qu'il nous suffise de répéter , d'après M. Du Petit-Thouars^ que, malgré quelques anomalies, les étamines conservent -toujours dans leur arrangement assez de régularité pour prouver que cette disposition n'est point l'efifet du hasard. Elle démontre pleinement une assertion de Grew , que r arithmétique de la nature est toujours d'accord avec sa géométrie.

Ces observations intéressent particulièrement RI. Du

194 PHYâlOLOaiE VÉGÉTALE

Petit-Thouars , paix^e qu'elles lui foumiMont Tooeasioii de présenter sous un nouveau jour les preu^fta dont il appuie la seconde des deux bases de son système, ou cette proposition , que la fleur ri est nuire chose qu'une transformation de lafemUe^ proposition depuis long-temp exposée par Linnœus , mais que notre académicien a cru conipléter en y ajoutant 5 que Cest une transformation de la feuille et di^ bourgeon qui en dépend; la feUille donne les étamines y le calice et la corolle quand il y en a ^ et lé bourgeon donne le fruit , et par suite la graine.

De cette proposition en est sortie une nouvelle: Le plus grand nombre des fleurs est formé de quatre verticilleSj dont les trois inférieurs (du moins dans les dicotylédones ) sont le plue souvent composés de cinq feuilles ; le quatrième , qui est en même temps le plus élevée offre fré^ quemment un moindre nombre de parties.

U est constant en efifet que le nombre cipq est plus fréquent que les autres dans les fleurs, et M. Du Petit-Thouars a établi qu'on Tobserve dans lea oeuf dixièmes des dicotylédones , tandis qqe dans les 99 centièmes des monocotylédones, c'est le nombre troiii qui se reproduit. U croit, ainsi que nous Favans dit en 1822, pouvoir trouver Forigine de la pluagraode fréquence de ces deux nombres dans la manière àw% les faisceaux se divisent en sortant du sdon pour entres dans la feuille , et cela paroit en effet évident d9ns

ET 60TAWIQTJE. ig3

certaines monocotylédones i sur d'autres il faut soulever quelques voiles qui masquent le nombre pvir mordial; mais l'auteur cotivient de bonne foi que poui? beaucoup de dicotylédones, on ne peut que former dèà don jectures peu solides.

D'après une autre considération, cest danâ \i position relative des fetiilleâ que l'on trouve là raison du nombre cinq. Lorsqu'elles alternent^ en les régai^» dànt selon Taxe du rameau, on les voit former une spirale qui ramène la sixième feuille au-dessuS de la première , et la onzième encore au-dessus de la sixième, ce qui se continue sur une grande lôngeur. Que ces feuilles se rapprochent de cinq en dnq, elles formeront les verticilles fondamentaux. Mais les feuilles qui au lieu d'alterner sont opposées OU disposées par spirale ternaire (et elles sont encore âsse^ nombreuses ), ne peuvent reproduire le nornbi*é cinq; celui de quatre devrait même appartenir k toutes les plantes à feuilles opposées , et cependant le nombre cinq y est le plus fréquent , comme dans eeUes à feuilles alternes.

Quant aux monocotylédones , il est dertain que les feuilles très-rapprochées deiâ espèces arborescentes) y paraissent souvent disposées en spirale ternaire J mais il y en a aussi où la spirale est quinaire , et entref autres l'asperge.

M. Du Petit-Thouars rappelle, au reste, que la remarque du nombre cinq, plus fréquent que lêi autres dans les fleurs , et se trouvant dans k pdsitiôll

spirale des feuilles , a été publié en i656 , par Thomas Brown, dans un traité singulier, où il cherche à prouver que le nombre cinq est celui de tous que la nature emploie le plus volontiers.

Nous avons donné dans notre précédente analyse un résumé sommaire des observations de M. Adolphe Brongniart sur le pollen des végétaux, qui n'est pas une simple poussière, mais dont chaque grain est une vésicule organisée, et, selon ce jeune bota*niste, rempUe de corpuscules eux-mêmes oi^anisés; nous avons fait connoître ses idées sur la fécondation des germes, qu'il suppose opérée par les corpuscules dont les grains de pollen sont remplis, lesquels, portés dans l'intérieur du stygmate par un tube qui se développe au moment où le pollen vient à toucher cet organe, pénètrent dans son tissu par un mouvement qui leur est propre, et descendent ainsi jusqu'à l'ovule, où, en se combinant avec des molécules qu'il contient , ils produisent le germe ; en un mot, selon M. Adolphe Brongniart, les corpuscules de l'intérieur du pollen sont comparables , sous tous les rapports , aux animalcules spermatiques ; car c'est aussi à ces animalcules que , d'après d'autres expériences faites avec M. Dumas, il attribue la plus grande part dans la reproduction des animaux.

Un naturaliste exercé aux observations microscopiques, M. Raspail, dans un mémoire présenté à l'académie , mais dont le rapport n'a pas été fait , attendu que ce ménaoire a été imprimé, a soutenu au contraire

que ces corpuscules , variables en forme et en grandeur dans le pollen , ne se meuvent que par des causes extérieures , telles que la capillarité , l'agitation de lair , l'évaporation de Teau , celle des substances volatiles dont ils peuvei^t être imprégnés; enfin, que ce ne^ sont que des gouttelettes de résine ou d'huile qui se dissolvent entièrement dans l'alcool.

D'un autre côté, M. Robert Brown, célèbre botaniste anglais , correspondant de cette académie , qui a fait des expériences sur le même sujet, bien que, sur d'autres points , il n'adopte pas les vues de M. Brongniart , s'est convaincu , comme lui , que les granules intérieurs du pollen sont doués d'un mouvement qui leur est propre ; mais il a constaté des phénomènes semblables dans des granules de plantes desséchées depuis long-temps , dans les molécules que l'on obtient en broyant dans l'eau les divers tissus organiques morts ou vivants, soit végétaux, soit animaux, et même dans les poudres de toute sorte de substances inorganiques, en sorte que ces phénomènes ne seraient rien moins que propres au pollen.

M. Adolphe Brongûiart a défendu ses opinions par un nouveau mémoire ; les corpuscules de l'intérieur du pollen ont toujours , selon lui , une forme constante , mais ils se trouvent souvent mêlés, et c'est ce qui a fait illusion, de corps étrangers d'une nature très différente; et , pour prouver que le mouvement des premiers n'est point dû à des causes extérieures, il répète ses expériences en faisant crever les grains de

ig6 PHYSIOLOGIE VÉGÉT * ''

spirale des feuilles , a été pubV ' f^"' «°« P**^*^

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/ à tel point qu ayec de^ circonstances en apparence tout'

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■ ont offert, tantôt des mouvements très sensibles |

: tantôt une parfaite immobilité.

I Au surplus , la question du inouvement spontané

/ et celle de la fécondation ne sont paa absolument liée&|

/ et pourroient être affirmées ou niées indépendanuiieni

f Tune de 1 autre.

M. Moreau de Jonnès a communiqué à lacadéroici

des recherches sur le maïs, la synonymie de cett^

céréale dans les langues américaines , son pays çr^gi-

fiT BOTANIQlîÇ. .1(^1

*iairë , retendue de sa culture et sdn âhtiquité chez les euples aborigènes du Nouveau-Monde*

Dans ce méitioire étendu 4 Tâuteur commence par examiner si le mais étoit bonnu des peuples de lantiquité, et il montre, par le témoignage d'autorités nombreuses » que c'est en le confondant avec une céréale africaine, le sorgho du grand millet, qu'on a été conduit à croire qu'il existoit, avant la découverte dé l'Amérique , dans plusieurs contrées de l'Europe et de l'Orient.

Rassemblant ensuite dans les histoires oontempo»' raines de la conquête du Nouteau*Monde ) et dans let vû^ageursqui, les premiers, ont parcouru ses vastes contrées I les faits qui forment l'histoire du maïs» M* de Jcmnès, après avoir constaté l'origine améri** caine de cistte plante , a recherché quels peuples aborigènes de l'héipisphère occidental en tiroient leur principale subsistance ; quelles limites sa culture avoit reçues de la puissance du climat et des communica*tions des hommes ; qudle étoit l'étendue de cette cul*^ ture, comparativement à celle du manioc; quelles lignes itinéraires semble avoir suivies sa translation géographique , et quelles contrées des deux Amériques paroissent avoir été son habitation primordiale.

D'après l'examen approfondi de ces questions | l'auteur se croit fondé à conclure que le maïs a pria naissance exclusivement dans les régions du I^ou« veau-Monde 9 comme le riz dans celles de l'Asie, le fnillet en Afrique , et le fronient dans les contrées sep-

300 PHYSIOLOGIE VÊCÉTAIiB

tentrionaks dé l'Asie , ou peut-être de TEurope. Cette céréale étoit séquestrée par l'Océan dans les deux Amériques , ainsi que l'étoient , dans T Ancien-Monde, ces trois autres plantes alimentaires, dont aucune n'existoit dans l'hémisphère américain antérieurement aux navigations de Christophe Colomb. Il n'y a point eu de création multiple de ces végétaux , puisque leur propagation a été soumise à la condition nécessaire de la contiguité des territoires , et qu'on ne les a point retrouvés partout où cette condition a manqué complètement , comme en Amérique , en Australasie , et à la Nouvelle-Zélande. Leur translation géographique ne s'est point opérée , comme celle des plantes inutiles ou nuisibles , par les agents naturels , tels que les cou* rants pélagiques , les vents ou les animaux , puisque aucune céréale ne croît spontanément , et n'a pu franchir les mers par le secours de ces agents , dont l'action dure cependant depuis le commencement des choses. La séparation des régimes des deux hémisphères , par l'Océan , est évidemment antérieure à la propagation des céréales, puisque, sans cette barrière, la contiguité des territoires auroit permis aux plantes de l'Ancien-Monde de se répandre dans le nouveau , et çice versa. La distribution géographique du maïs, comme des autres céréales , n'ayant eu lieu , ni par une création multiple , ni par l'action des agents naturels, sa translation d'une contrée à une autre n'a pu s'eflfectuer que par les hommes , soit dans leurs communications partielles, soit dans les grandes transmigrations de

leurs diverses races; et, en effet, les témoignages de l'histoire établissent que c'est au moyen de ces transactions que les plantes alimentaires se sont propagées de proche en proche dans les diverses contrées du globe. C'est sans doute ainsi que le maïs a été porté d'un pays à l'autre , dans la vaste étendue des deux Amériques; car, lors de l'arrivée des Européens, il existoit , de temps inmiémorial , chez tous les peuples aborigènes, et il ny avoit d'autres limites à sa culture que celles qui lui sont imposées par le climat. Mais , excepté l'existence du maïs sur chacun des cinq grands plateaux du Nouveau-Monde, et la culture de cette céréale avec ceUe des quatre autres plantes alimentaires ou usuelles , il ne rèstoit aucun témoignage de cet ordre de choses, qui semble remonter à la plus haute antiquité. Les peuples de chacune de ces cinq régions, qui cultivoient en conunun le maïs, étoient, au 1 5' siècle , entièrement étrangers les uns aux autres , ils n'avoient entre eux aucune conununication , et plusieurs ignoroieut même mutuellement leur existence. Leur séparation datoit de si loin, que, quoiqu'ils eussent les mênies opérations de culture , et les mêmes procédés pour faire avec le maïs des aliments divers ou des breuvages, ils lui donnoient des appellations différentes. Les habitants de chacune des régions élevées du Nouveau-Monde avoient une série de noms spéciaux pour désigner le maïs , ses variétés et ses préparations; dans l'ensemble de ces séries, telles que M* de Jonnés les rapporte , il n'y avoit point de noms

207 PHYSIOLOGIE VÉaiTALE

qui fussent semblables ou seulement analogues; Oti ne peut expliquer cette diversité , qu eii supposant ^Ul^ la culture du maïs est contemporaiiie dé la naissance des sociétés américaines, et de la formation de leurs langues ; et quand on considère que , quoique isolée , cbacune de ces sociétés possédait de toute antiquité eette utile céréale, on est porté à ctoire que» dans dés temps plus reculés encore , la propagation en atoit m lieu d'une extrémité du continent à lautre, par de^ communications entre les peuples aborigène^; L'une des grandes catastrophes dont les traces se rëttouvent sur toute la surface du globe, paroît avbir rompu ées relations , et replongé les hommes du Nouveau-Monde dans les ténèbres de l'ignorance et de là barbarie.

Le Theligonum cynocrambe est une plante an^* nuelle de la famille des chénopodes, à fêuillea un peii charnues , et dont la tige se ramiSé et s'étale tiaba les crevasses des rochers , b l'abri des gelées , de ^el«ques cantons du midi de la France. Ses sexes aoiit dans des fleurs séparées, mais sur U même planté { et par conséquent, dans le système sexuel, on li place dans la monœcie. La structure de sa fleur et de son fruit étoit presque ignorée des botanistes ; et M. Delille, qui l'a observée dans les envitonà de MontpelKer , a décrit l'un et Vautre avec beaucoup de détailst Ce qu'elle a de pluJ remarquable^ c'est que le fruit, qui est une drUpe et qui se conàehfe seç de lui-même, se dépouille sur la terre humide de son épiderme et de 9a pulpe » et reste ^uélqiil

%T BOTANIQ01B. 2|q3

temps touvbrt d'une jjpoussière blanche » d'un aspeot à peu près semblable à l'amiapte i et qui résiste beau** coup plus à 1^ décompositioo qu Un tis^u végétal. C^tte pQUSsière consiste dans une prodigieuse quantité de cristaux en aiguilled , acérés à leurd deux ei^tt'étnitési épais^^ (lu tniliéu ^ et partant d'un côté sur ce ijoilie^ imç facette plat^ ^ ce qui ne peut $û voir qu'aU mir <}rpscope. Ces cri^taun t plu^ gi^os que ceui^ de la plu*part dea autres végétaux t sont agglomérés par fhi^ c^ux , et de Aianière à faire parùiire ridée li surfaee du fruit des^cbé. Il ne seroit pas . sén^ intérêt d en avoir une analyse chimique ; et la quantité que Ton peut aisément en recueillir seroit suffisante pour y procéder.

Les grands ti'avaux de botanique descriptive contihuent toujours avec la xiléme perse vérailoe* . M. Deeandolia a publié une ifaobographie dol erct^suhcées ; M. Auguste Saint-Hilaire ett a donné nue USA poljgalées i M. Kunth annonce un ouvrage général sur les graminées y qui sera renipli d'obser^ étions de la plus haute importance. Le même faë« tanifite a présenté uhe histoire spédâle de la baba 9 mine des jardinii. M. Cambessèdes a présenté sur les iernstromiaeées et sur les guîtiférées un niétnoirt détaillé ^ eu il propose jplusieurs genres nouveaux \ et détache de ces familles quelques genres qui n'y appartiennent point. Les agames et les cryptogaines ^ reeueîUiâ pendant le voyage de la Coquille autour du iPQndç ) sont décrites en détail dans la partie

botanique de ce voyage, par M. Bory de Saint-Vinrcent. M. Guillemin a donné, un recueil de figures des plantes rares de TAustralasie ; M. Descourtils , tout en continuant sa Flore médicale des Antilles , a publié un traité populaire sur les champignons comestibles et vénéneux; M. le chevalier Smith a conduit jusqu'au FV* volume sa Flore d'Angleterre. Malheureusement, ces divers écrits, tout importants qu'ils sont pour la science des végétaux, sont peu susceptibles d'extraits ; ou , pour en donner des extraits utiles , il faudroit un espace plus étendu que celui dont nous pouvons disposer.

M. Du Petit-Thouars , demeurant toujours attaché à la théorie de la végétation , dont il a posé les bases en 1 8o5 , se trouve depuis cette époque engagé dans des discussions polémiques pour la soutenir ; il a dû la défendre contre des attaques nominatives et directes ; mais il a eu plus souvent occasion de réclamer contre le dédain avec lequel le plus grand nombre des auteurs qui ont écrit depuis son apparition l'ont traitée , en la passant sous silence. Cependant il croit qu'il eût été plus avantageux pour la science qu'on l'eût soumise à une discussion franche , en la réduisant d'abord k ces deux propositions : V \e bourgeon est une nouvelle plante ; 2** ses racines composent les nouvelles couches ligneuses et

corticales. Voici un extrait donné par lui-même de son travail.

Sa première proposition ne pouvoit donner lieu qu'à une dispute de mots , car elle dépend du sens atr taché à ce mot boui^eon. Rai le premier, sous le nom de gemma , le regarda comme une nouvelle plante. G'étoit une grande vérité ; mais il gâta cette belle idée en plaçant l'essence du bourgeon dans les écailles qui le recouvrent- ordinairement. Ses successeurs, laissant de côté la vérité , n'adoptèrent que l'erreur ; en sorte qu'elle a régné seule jusque dans ces derniers temps; mais dans un ouvrage publié en 1837 ' ^^ ^^ ^^ ^^^^ )» sidère le bourgeon que comme un organe accessoire ; y> on donne ce nom à l'ensemble des écailles ou tunir » ques qui entourent la jeune pousse ; ainsi cette jeune » pousse est nue ou sans bourgeon quand elle n'a » aucun tégument. » Ici , selon M. Du Petit-Thouars , la vérité est positivement rejetée et l'erreur maintenue, mais l'une et l'autre sont pour ainsi dire masquées dans cette autre définition qui se trouve dans le même ouvrage : « Toute feuille porte un bourgeon ; » et tout bourgeon est le rudiment d'une nouvelle » branche. »

Notre auteur croit qu'il démçntroit la vérité de sa deuxième proposition en faisant voir la parfaite cour tinuité que les fibres ont depuis la base des bourgeons jusqu'à l'extrémité inférieure, quoiqu'il n'eût pas -encore reconnu ces fibres pour de véritables rar ânes. C'est donc plus tard qu'il les a déclarées telles,

spirale des feuilles , a été publié en 1 656 , par Thomas Brown, dans un traité singulier, où il cherche à prouver que le nombre cinq est celui de tous que la nature emploie le plus volontiers.

Nous avons donné dans notre précédente analyse un résumé sommaire des observations de M. Adolphe ' Brongniart sur le pollen des végétaux, qui n'est pas une simple poussière, mais dont chaque grain est une vésicule organisée, et, selon ce jeune bota*niste, remphe de corpuscules eux-mêmes organisés; nous avons fait connoitre ses idées sur la fécondation des germes, qu'il suppose opérée par les corpuscules dont les grains de pollen sont remphs, lesquels, portés dans l'intérieur du stygmate par un tube qui se développe au moment où le pollen vient à toucher cet organe, pénètrent dans son tissu par un mouvement qui leur est propre, et descendent ainsi jusqu'à l'ovule, où, en se combinant avec des molécules qu'il contiep*^ ils produisent le germe; en un mot, selon M. Adolphe Brongniart, les corpuscules de l'intérieur du pollen sont comparables , sous tous les rapports , aux animalcules spermatiques ; car c'est aussi à ces animalcules que , d'après d'autres expériences faites avec M. Dumas, il attribue la plus grande part dans la reproduction des animaux.

Un naturaliste exercé aux observations microscopiques, M. Raspail, dans un mémoire présenté à l'académie , mais dont le rapport n'a pas été fait , attendu que ce ménaoire a été imprimé , a soutenu au contraire

ET ï^ti^.

que ces corpuscules , variabV& ç,^ o dans le pollen, ne senieuveut^^^vr^^^^^^xi^ térieures, telles que la capillarité, Vj^gi^^ ^^^»»e% Févaporation de l'eau , ceDe des s^ibstauc^ ^'^^^ » dont ils peuvei^t être imprégnés ; enfin , q^ ^^^^e» sont que des gouttelettes de résine ou d\vule «^^^ dissolvent entièrement dans Talcool. ^

D'un autre côté, M. Robert Brown, célèbre lx>ia niste anglais , correspondant de cette académie , q^^ a fait des expériences sur le même sujet, bien que sur d'autres points , il n'adopte pas les vues de M. Brongniart , s'est convaincu , conmie lui , que les granules intérieurs du pollen sont doués d'un mouvement qui leur est propre ; mais il a constaté des phénomènes semblables dans des granules de plantes desséchées depuis long-temps, dans les molécules que l'on obtient en broyant dans l'eau les divers tissus organiques morts ou vivants, soit végétaux, soit animaux, et même dans les poudres de toute sorte de substances inorganiques , en sorte que ces phénomènes ne seraient rien moins que propres au poUen.

M. Adolphe Brongniart a défendu ses opinions par un nouveau mémoire ; les corpuscules de l'intérieur du pollen ont toujours , selon lui , une forme constante , mais ils se trouvent souvent mêlés, et c'est ce qui a fait illusion, de corps étrangers d'une nature très , différente; et , pour prouver que le mouvement des premiers n'est point dû à des causes extérieures, il répète ses expériences en faisant crever les grains de

1^8 PHYSIOLOGIE YÉGëTALE

pollçQ dans une goutte d'eau remplissant une petite capsule de verre , recouverte d'une lame de mica.

De nouvelles observations sur les prêles et les cham lui ont montré , dans les organes qu Hedwig considère comme les anthères de ces végétaux, des granuleç semblables à ceux des plantes ordinaires et doués de la même faculté de se mouvoir.

Les plantes qui fleurissent en serre chaude pendant rhiver, et qui ne fructifient presque jamais, nont dans leur pollen que de la matière mucilagineqse.

Les commissaires de l'académie ont unaniiifeipçint reconnu que les caqses extérieures n'exercent auci^mç influence sur les mouvements observés par M. Brown et M* Brongniart; il leur a été démontré aussi quf des niouveniçnts trèa-semblables à ceux des grapul^ d^ pollen ont lieu dans beaucoup de corpuscules dif^ férents de ceux-là ; ils ont rem^^rqué en même tepip^ que là manifestation du phénon^ène est très varia|)le| à tel point qu'ayec de^ circonstances en apparence tQutf* à-fait parei}le$i f les granules d'une même plante \e\\^ ont offert, tantôt des mouvçp^çnts très sensibles | tantôt une parfaite immobilité.

Au surplus, la question du mouvement spontan^ et celle de la fécondation ne sont paa absolument Uée&| et pourroient être aflirmées» ou piées indépendanuiiç];^^ Tune de l'autre.

M. Moreau de Jonnès a conmiuniqué à l'acadéioii^ des recherches sur le maïs, la synonymie de CQttQ céréale dans les langues américaines , son pays çrîgi*-

m BOTANIQDS. .199

nsiiré , retendue de sa culture et son àhtiquité ohez le« peuples aborigènes du Nouveau-Moude*

Dans ce méitioire étendu i Tiiuteur conunente par examiner si le mais étoit tonnu des peuples de l'an** tîquité) et il montre, par le témoignage d'autorités nombreuses » que c'est en le confondant avec une cé-> réale africaine, le sorgho du grand millet, qu'on a été conduit à croire qu'il existoit, avant la découverte dé l'Amérique , dans plusieurs contrées de l'Europe et deTOrient.

Rassemblant ensuite dans les histoires oontempQ<^ raines de la conquête du Nouteau-Monde ) et dans leè Tûj^ageurs qui, les premiers, ont parcouru ses vastes contrées , les faits qui forment l'histoire du maïs , M. de Jonnès, après avoir constaté l'origine américaine de cette plante , a recherché quels peuples abo** rigènes de l'hémisphère occidental en tiroient leur principale sid)sistance ; quelles limites sa culture avoit reçues de la puissance du climat et des communica*lions des honunes ; quelle étoit l'étendue de cette cul*ture, comparativement à celle du manioc; quelles lignes itinéraires semble avoir suivies sa translation géographique , et quelles contrées des deux Amériques paroissent avoir été son habitation primordiale.

D'après l'examen approfondi de ces questions ^ l'auteur ^ croit fondé à conclure que le maïs a pria naissance exclusivement dans les régions du Nou<p vean-Monde, comme le riz dans celles de l'Asie, le imllet en Afrique , et le froment dans les contrées sep-

300 PHYSIOLOGIB VÉGÉTALE

tentrîonales dé F Asie , ou peut-être de l'Europe. Cette céréale étoit séquestrée par TOcéan dans les deux Amériques, ainsi que l'étoieut, dans T Ancien-Monde, ces trois autres plantes alimentaires, dont aucune n'existoit dans l'hémisphère américain antérieurement aux navigations de Christophe Colomb. Il n'y a point eu de création multiple de ces végétaux , puisque leur propagation a été soumise à la condition nécessaire de la contiguité des territoires , et qu'on ne les a point retrouvés partout où cette condition a manqué complètement, comme en Amérique, en Australasie , et à la Nouvelle-Zélande. Leur translation géographique ne s'est point opérée , comme celle des plantes inutiles ou nuisibles , par les agents naturels , tels que les cou* rants pélagiques , les vents ou les animaux , puisque aucune céréale ne croît spontanément , et n'a pu franchir les mers par le secours de ces agents , dont l'action dure cependant depuis le commencement des choses. La séparation des régimes des deux hémisphères , par l'Océan , est évidemment antérieure à la propagation des céréales, puisque, sans cette barrière, la contiguité des territoires auroit permis aux plantes de l'Ancien-Monde de se répandre dans le nouveau , et çice versa. La distribution géographique du maïs, comme des autres céréales , n'ayant eu lieu , ni par une création multiple , ni par l'action des agents naturels , sa translation d'une contrée à une autre n'a pu s'eflfectuer que par les hommes , soit dans leurs communications partielles, soit dans les grandes transmigrations de

leurs diverses races; et, en effet, les témoignages de l'histoire établissent que c'est au moyen de ces transactions que les plantes alimentaires se sont propagées de proche en proche dans les diverses contrées du globe. C'est sans doute ainsi que le maïs a été porté d'un pays à l'autre , dans la vaste étendue des deux Amériques; car, lors de l'arrivée des Européens, il existoit , de temps immémorial , chez tous les peuples aborigènes , et il n y avoit d'autres limites à sa culture que celles qui lui sont imposées par le climat. Mais, excepté l'existence du maïs sur chacun des cinq grands plateaux du Nouveau-Monde, et la culture de cette céréale avec celle des quatre autres plantes alimentaires ou usuelles , il ne rèstoit aucun témoignage de cet ordre de choses, qui semble remonter à la plus haute antiquité. Les peuples de chacune de ces cinq régions, qui cultivoient en commun le mais, étoient, au 1 5" siècle , entièrement étrangers les uns aux autres , ils n'avoient entre eux aucune conununication , et plusieurs ignoroient même mutuellement leur existence. Leur séparation datoit de si loin, que, quoiqu'ils eussent les mêmes opérations de culture , et les mêmes procédés pour faire avec le mais des aliments divers ou des breuvages, ils lui donnoient des appellations différentes. Les habitants de chacune des régions élevées du Nouveau-Monde avoient une série de noms spéciaux pour désigner le maïs , ses variétés et ses préparations; dans l'ensemble de ces séries, telles que M. de Jonnès les rapporte , il n'y avoit point de noms

tication leur a appris que cela provenoit de ce que les deux couches d'écorce et de bois s'étoient formées à Tordinaire., mais que, parvenues à l'anneau incisé, elles D^avoient pu s'y prolonger. Tout paroissoit donc hors de doute ; mais un nouvel expérimentateur annonce que, dans ses essais, il a trouvé le même nombre de couches au-dessus de la section qu'au-dessous; mais que la couche du haut, mieux nourrie, est plus épaisse, et celle d'en bas plus mince et plus maigre; il croit pouvoir conclure de là que les couches ligneuses se développent par la formation de fibres qui ne viennent pas des bourgeons ; néanmoins l'auteur avoue que cette expérience n'a pas peut-être été faite avec tout le soin désirable , et comme elle lui paroît décisiv^e, il engage M. Du Petit-Thouars lui-même à la répéter; Celui-ci , pour répondre à cette marque de confiance , s'est borné à déposer entre les mains de son adversaire la moitié d'un tronçon de thuia , qui avoit survécu dix ans à, l'enlèvement complet d'u^ anneau d'écorce , qui par conséquent présentoit sur sa tranche supérieure dix couches de plus que sur l'inférieure. Mais il n'avoit pas besoin de nouveaux matériaux pour répondre à la difficulté qui étoit présentée : il avoit été au devant depuis longrtemps ; ainsi , quoiqu'il eût prononcé que par suite de la circoncision il y a augmentation en diamètre au-dessus de la plaie , et point au-dessous, il disoit cependant ; S'il s'y trouve un bourgeon , il se développera, et déterminera une augmentation , qui , œnirae dans la branche taillée^ contournera le

ET BOTANIQUE. ai3

ti'Oûc. Qua rimitation de Haies et de Duhamel, on enlève plusieurs anneaux l'un au-dessus dei l^autré , de nianière à laisser d'espace en espace des anneaux d'écorce isolés ; ceux de ces derniers anneaux qui n'auront pas de bourgeons ne présenteront aucune augjnentàtioii , tandis qu'il y en aura lorsqu'il s'y trouvera des bourgeons ; il faut remarquer ici qu'il y a presque toujours un bourrelet à la partie inférieure , niais pour l'ordinaire peu remarquable (c'est ce qui, selon M. Du Petit- Thouars , aura trompé l'observateur cité plus haut); mais sur quelques arbres , tels que l'orme et le marronnier d'Inde , il sort de ce bourrelet des tubercules qui grossissent jpetit à petit , et qui deviennent de véritables bourgeons, de ces bourgeons que l'on nommé adventifs : alors il y a de l'augmentation. Il paroît donc évident que ce sont les bourgeons qui déterminent les fibres ; mais que deviennent celles-ci ? Si l'on adapte au-dessous de la circoncision un vase quelconque , dans lequel on mette de la terre ou toute autre substance qu'on maintienne constamment humide , même de l'eau pure , on voit sortir du bourrelet des mamelons qui s'allongent et deviennent de véritables racines ; c'est ce qu'on nomme marcotte. On la fait plus simplement, en couchant une branche dans la terre , en y pratiquant la circoncision ; mais elle réussit souvent sans cela. De quelque manière qu'on agisse, au bout d'un certain temps on aperçoit que la partie qui sort de terre est plus grosse que celle par laquelle elle entre. Le contraire avoit lieu lorsqu'on

.ai4 PHYSIOLOGIE TEGÉTALE

a cotnmencé 1 opération. Si on l'arrache, on aperçoit un grand nombre de racines. En décortiquant cette marcotte, on voit que ces racines sont composées de fibres continues , dont on ne trouve Textrémité supé*lieure que soùs chacun des nouyeaux bourgeons. De plus , on sait qu'il est un grand nombre de plantes , desquelles on peut prendre une portion de branches pour en former ce qu'on nomme une bouture. Au bout d'un certain temps , les bourgeons se développent comme s'ils tenoient à l'arbre , tandis qu'il Èort des racines de la partie enfouie , et l'on se trouve ainsi avoir de nouveaux individus. Quelquefois il n'y a pas de bourgeons apparents I soit naturellement, soit parce qu'on les a ôtés en les éborgnant. Cependant elles réussissent également; tels sont les saules. M. Du Petit- Thouars a fait voir qu'il y avoit des bourgeons moins apparents , qu'il nomme supplémentaires , il les a^tribuoit d'abord aux stipules , mais il a reconnu depuis * qu'ils appartenoient aux deux seules écailles qui reii^ ferment le bourgeon dans ces arbres. Dans des cas plus rares , ce sont les bourgeons qu'il nomme adventifs qui se manifestent.

Ainsi , il est évident que dans tous ces exemples la formation des couches est déterminée par la partie supérieure , qu'elle part des bourgeons , et qu elle yb se terminer au chevelu de la racine. Tout l'espace qui se trouve entre ces deux extrémités paroît indifférent à la nature , puisqu'il peut être racourd à vo^ lotité par l'homme.

ET BOTANIQUB. 2lS

De cette suite de phénomènes et d'expériences, il résulte manifestement que le cambium est, aussi bien que la sève , dont il est une émanation directe , une matière indifférente, qui ne prend de consis«tance qu'autant qu'elle est employée , et c'est lehioupgeon qui seul peut la mettre en œuvre, en déterminant les fibres corticales et ligneuses qui doivent établir sa communication avec la terre ou le réser^voir de l'humidité ; ce sont donc ses racines.

U résulte encore des même» faits qu'il y a deux substances dans les végétaux : le ligneux et le parenchymateux.

C'est par cette suite d'observations, rendues ici à peu près dans ses propres termes , que M. Du Petit«Thouars croit répondre à toutes les attaques dirigées contre sa théorie , ou du moins contre l'une de ses deux papties, la reproduction par*bourgeons. Hl'a dévoloppée dans ses essais sur la végétation , mais il n'en est pas de même de la reproduction par graine ; jusqu'à pr^ sent il a seulement fait pressentir sa manière de renvîsager comme une suite de la première. La fleur n'est qu'une transformation de la feuille et du bourgeon qui en dépend.

Ce ne sera que dans le cours complet de phytologie , dont il a renouvelé l'annonce cette année , qu'il pourra donner le développement de cette proposition*

Dans un mémoire lu à l'académie par M- de Mirbel en 1828 , il avoit indiqué plutôt qu'exposé ses découvertes sur Tcsuf végétal , mais il annonçoit nu ^upplë-

:2l6 PHYSlQfcOGIS VKGKTALE

ment & ce premier txavail. Son nouveau mémoire offre , dans un ordre méthodique , Tensemble de ses observations. Cest l'bistoire , telle qu'il la conçoit ,' de Torganisation et des développements des ovules.

Quand ces petits corps ont atteint le terme de leur croissance , c'est«à-<lire quand ils sont arrivés à letat de graine, on peut en général les classer d'après leurs formes , dans l'une des trois divisions suivantes : les orthotropes , les anatropes y elles campuUtropes.

Les graines orthotropes sont fixées à l'ovaire par leur base ; leur forme est parfaitement réguhère ; leur axe est rectiligne. Les graines campulitropes sont également ûxées à Tovaire par leur base , mais elles sont irréguUères , et leur axe est courbé de telle sorte , que ses deux bouts se joignent. Les graines anatropes ont , comme les orthotropes, l'axe rectiligne , mais elles sont renversées sur leur funicule, elles y adhèrent longitudinalement, et elles tiennent à l'ovaire au moyen de ce cordon , par un point très voisin de leur sommet. Nous exphquerons tout à l'heure comment ces trois formes se produisent ; mais , avant d'aller plus loin , il est indispensable pour la clarté de cette analyse de dire quelques mots des diverses parties qui constituent l'ovule.

La primine (testa de MM. R. Brown et Ad. Brongniart), c'est-à-dire Tenveloppe extérieure, reçoit le funicule. Le point où le faisceau vasculaire de ce cordon traverse la primine, pour s'attacher à la seconde enveloppe ou secondine (membrane iaterne de M<^ R*

Brown, tegmen de M. Ad, Bronguiart)^ est lâcha-* laze, que M; Mirbel considère comme la base orga* nique de Foyule. La portion dufunicule, soudée le long de la primine dans les anatropes ^st le raphé. Les vaisseaux qui partent de la chalaze pour se répandre dans l'épaisseur de la pai*oi du sac priminien , sont les nourriciers. Une ouverture, lexostome {foramen de Grew et de M. R. Brown , micropjrle de M. Turpin) , indique le sommet de la primine , et par conséquent de l'ovule.

La secondine est un sac dont la paroi, dépourvue de vaisseaux, est totalement formée de tissu cellulaire. £Ue adhère par sa base à la chalaze , et elle a à son sommet une ouverture , l'endostome {foramen de M. R. Brown), qui correspond à l'ouverture de la primine.

La troisième enveloppe, ou tercine («wc/eu^ de M. R. Brown, amande de M. Ad. Brongniart), sac qui n'a aucune ouverture visible , est fixée au fond de la la secondine. Cette troisième enveloppe en renferme une quatrième , la quartine, qui paroît être attachée au sommet de sa cavité; et la quartine contient la quintine (^membrane additionnelle de M. R. Brown, sac embryonnaire àe M. Ad. Brongniart), dernière enveloppe qui adhère à la fois au sommet et à la base. C'est à la partie supérieure delà quintine que paroît l'embryon; il est soutenu par un fil grêle, qui prend le nom de suspenseur.

Toutes ces parties n'existent pas , ou du moins ne $ont pas visibles ^ans tous les ovules; et dan^ ceux:

ai8 PHY«IOtOGlE VÉGÉTALE

même où on peut les observer toutes , elles ne se mon trent que successivement. Quand les premières commencent à paroitre , on n'aperçoit encore aucun rudiment des dernières, et quand celles-ci se sont développées les autres sont souvent devenues méconnoissables. Il résulte des nombreuses observations de M. de Mirbel , que cette série de développements offre cinq périodes distinctes. Dans la première, Tœuf végétal est à l'état naissant : cW une excroissance pulpeuse , conique, sans ouverture. Dans la seconde, Texostome et Tendostome s'ouvrent , on les voit se dilater insensiblement jusqu'à ce qu'ils aient atteint le maximum de leur amplitude : l'existence de la primîne et de la secondine , dont ces deux ouvertures sont les orifices , est manifeste. Celle de la tercine ne l'est pas moins, mais elle n'est alors qu'une masse celluleuse, arrondie ou conique dont le sommet fait saillie hors de la secondine , au fond de laquelle sa base est fixée. Dans la troisième période, la primine et la secondine, soudées ensemble , prennent un accroissement considérable , ferment leur double orifice , et cachent par conséquent la tercine, qui souvent devient un sac membraneux. Dans la quatrième période, la quàrtîne naît de toute la surface de la paroi interne de l'ovule ; la quintine s'allonge en un boyau qui tient par son extrémité inférieure au point correspondant à la cha^ laze , et, par son extrémité supérieure, au point correspondant à Tendostome. C'est dans cette partie de k quintine que se montre , sous la formé d'un ^obulè

BT BOTANIQVB. '^l^

Suspendu par un fil très délié , la première ébauche

de l'embryon. On peut considérer cette période comme

ïépoque où l'oyule passe à Tétat de graine. Dans là

cinquième période , H quintine s'élargit, l'embryon

développe ses cotylédons , ainsi que sa radicule , et nti-

tmnt sa grandeur naturelle ; la matière du périsperme

«e forme, soit dfina les cellules de la quintine, soit

dans celles de la quartine ou de la tercine. Alors il n'est

plus possible de reconnoître les diverses enveloppes

de l'ovule. Les soudures, les productions adventives,

lés ftltérations qui résultent du dessèchement et de la

compres^n , mettent dans la nécessité de donner aut

enveloppe» de la graine d'autres nomi^ que ceux qui

désignent les enveloppes ovulaires*

Pasaant aux changements de forme et de position qu'éprouve lovule , depuis sa naissance jusqu'à sa transformation en graine , M. Mirbel nomme statique des déi^loppements \r force de croissance , ou d'inertie, Qu de rétraction des diverses partie», et il feit voir comment, dans lovule, ces causes, agissant tantôt de concert , tantôt isolément , altèrent ou conservent la régularité de la forme primitive. Ce n'est , selon lui^ que l'application d'une loi générale de l'organisation à un fait particulier. Tout ovule, en naissant, a une forme régulière , et l'on conçoit qu un développement égale dans toui» ses points devra maintenir sa régula^ nté , mais que, si la force de développement est plus •énergique d'un côté que d'un autre, il ^'ensuivra une irrégularité quelcoi^u^- U y a équilifaie de £mc<s

;220 PtiYSlOLOGIJS YÉÔÉTAtE

dans le développement de& ovules qui passent à Félat de graines orthotropes, puisqu'ils naissent et deitieu* rent réguliers. Il nen est pas de même de ceux qui deviennent des graines angtropes ou campulitropes ^ car la force des développements y est inégalement ré*partie dans les côtés opposés. Quand un ovule tend à l'anatropie , la chalaze ^ qui n'est que le bout antérieur du funiçule , se porte en avant 9 dans une direction un peu oblique, et fait tourner Tovule sur luimême , de manière que sa base va prendre la place de son sommet , et réciproquement. Cette espèce de culbute s'exécute en assez peu de temps , et , par une série d'observations habilement combinées, on peut en suivre tous les progrès. G>mme la chalaze n'est que le bout du funiçule , l'évolution ne sauroit avoir lieu sans un allongement de ce cordon égal au moins à la longueur de Taxe de l'ovule ; aussi , dans les anatropes, une portion du funiçule (cette portion que les botanistes nomment le raphé), soudée latéralement à la primine, s'étend depuis l'exostome jusqu'à la chalaze. Trois caractères distinguent tout ovule destiné à offrir dans sa maturité le type de la campulitropie , savoir : i"" l'union indissoluble du hile et de la chalaze; a!" la grande force de développement de l'un des côtés de l'ovule ; et 3** l'inertie ou même la rétractiox^ du côté opposé. Ce dernier demeure stationnaire ou bien se rapetisse, tandis que l'autre s'allonge. Si celui-d étoit libre dans son développement , sans doute il s'allongerdit en hgne droite; majs il est contrarié

par la force d'inertie ou de rétractioii de son antagoniste , et ne peut croître qu en tournant autour du centre de résistance : de là cette forme annulaire que prennent la plupart des campulitropes.

A ne considérer les graines qu'en général , on seroit tenté de croire qu'elles pourroient toutes se partager entre les trois classes des orthotropes , anatropes , et campulitropes; mais, en y regardant de plus près, on reconnoît que les caractères d'une classe se combinent quelquefois avec ceux d'une autre; que dans certaines espèces les mêmes résultats naissent de causes difierentes ; qu'il n'est pas sans exemple que les développements s'arrêtent avant d'avoir atteint la perfection du tyipe qu'ils semblent destinés à reproduire; ou bien que, se poursuivant au-delà de la limite ordinaire, ils donnent naissance à des formes anomales. Sous ce point de vue , le champ de l'observation devient immense , puisque les graines sont différentes dans les iîivers groupes naturels. M. de Mirbela remarqué déjà beaucoup de modifications curieuses. Nous nous bornerons à en citer deux ou trois.

Selon la loi commune, dàus le quercus y le cor/luSyValnus, etc., l'oviile très jeune est orthotrope. Il grandit sans changer de position. A la vérité , toute la partie supérieure ne prend aucun accroissement sensible; mais sa partie inférieure acquiert beaucoup d'ampleur , s'allonge par en bas , et entraîne avec elle la chalaze , qui se sépare du hile resté stationnaire à très peu de distance du point culminant de l'ovule: la

22ia PHYSlOtOi^IE YjfiOJ^TALE

s^ration du hile et de la chalasse ne peut s*opérer sans qu il y ait eo même temps production d'un raphé latéraL Voilà doac tous les caractères de Van^tropie , et cependant Tovule a conservé la position qu il a?oît originairement*

. jNul doute que la présence d'un raphé ne soit une altération du type campulitrope. Cette anomalie pix^ vient de ce que les premiers développements de lovule sont absolument semblables à ceux des ovules ane* tropes. Dans le Pisum sutwum^ le jeune ovule se renverse tout d'une pièce i son sommet va rejoindre le bile, sa base prend la place de son sommet i él depuis le hile jusqu'à là chalaze^ qui est diamétrale* ment opposée à l'exostome , s'allonge un raphé laté^ rai. Si les dévieloppements étoient ternnnés , la gruine du Pisum sativum seroit anatrope; mais il n'y a que le côté où est placé le raphé qui devienne stationnaire{ l'autre continue de croître, et la forme campulitrc^ prévaut bientôt sur la forme anatrope. La graine du Pisum offre donc la combinaison de deux types ; fSit est amphitrope.

Nous citerons un dernier exemple , et ce n'etf pas le moins remarquable. £n général , il est de règle que la radicule soit tournée vers l'exostome , et que l'autre extrémité de l'embryon regarde la chakze. lia posi^ tipn est pourtant différente dans l'ovule campulitrope des primulacées et des plantaginées. Cette anomalie jtésulte encore de l'inégalité des développements* TJà. l^riiAine , par l'ejQfet de la croisss^ce ea^lraordinair e de

Et BOTANIQtB. 333

son côté extensible et de la rétraction graduelle de ion autre côté, porte iûoessanmient son eïostome vers la chalaze , et ces deux bouts de Tovule ne tatdent pas à se confondre. Mais le côté extensible delà secondme, ainsi que celui delà terdne, cessant de croître avant le côté correspondant de la primine , il s'ensuit que l'embryon , qui ne sépare jamais sa radicule du 8om-> met des enveloppes internes , devient stationnaire avee Tendostome , tandis que l'ezostome poursuit sa route et ne s'arrête que quand il a atteint la basé de l'ovule. M. de Mirbel conclut de ses nombreuses observations que le développement des ovules est ordinai^ rèment le même dans les diverses espèces qui constituent chaque groupe naturel. Ainsi, selon Fauteur, des recherches de ce genre ne sont pas seulement uti^ les aux progrès de lanatomie et de la physiologie végétales, elles fournissent encore à la botanique philosophique des caractères d autant plus importants qu'ils donnent à la classification la sanction de la {)hyâolôgie.

M. Dunal, correspondant de l'académie à Mont* pellier , a publié deux dissertations sur certains or» ganes de la fleur, qui , ne rentrant clairement ni dans ceux qui composent d'ordinaire le calice ou la corolle , ni dans les oignes de la reproduction , ont été con-^ sidérés comme anomaux , et sont devenus pour les botanistes le sujet de discussions nombreuses. Sur la base des lanières du calice , ou des sépales , il voit d'abord dans beaucoup àe fleurs des orgaties glan«

duleux de formes variées, qu'il nomme lépàlesj parce que le plus souvent ils représentent de petites écailles ; plus intérieurement il distingue trois cercles d'organes qui ont entre eux des rapports intimes , les pétales qui alternent avec les sépales , et des étamines de deux ordres , dont les unes répondent aux pétales, et les autres alternent avec eux, ou, en d'autres termes , répondent aux sépales. Très souvent les étamines ont à leur base une écaille diversement située , qui se soude paifois à leur filet ou s'y unit intimement ; d'un autre côté, l'anthère est , dans certaines fleurs , privée en tout ou en partie de pollen , ou remplacée par une glande , et alors l'écaillé staminale se développe davantage , en sorte que le pétale lui-même n'est pour M. Dunal qu'une étamine d'un rang plus extérieur et privée d'anthère, et les écailles, les pétales , les corps glanduleux , les étamines stériles ou fertiles, ne sont que des états différents d'un même organe.

Ces organes peuvent s'unir latéralement , et de là viennent les corolles monopétales, celles qui portent des anthères , et beaucoup d'autres combinaisons que l'auteur énumère, en faisant connottre tous les modes d'adhérence et toutes les métamorphoses de ces écailles ou lépales de diverses sortes ; ce qui laide à ramener à une théorie commune des structures en apparence fort hétéroclites. Dans les passiflores , par exemple , les deux cercles ou couronnes de filaments sont des cercles extérieurs d'étamines rudimentaires ^

mais moltipliées par le dédoublement, ou ce que l'auteur appelle choristées, et il y a un troisième cercle intérieur de cinq étamines fécondes. Mais le plus souvent ce sont les cercles intérieurs qui prennent la forme rudimentaire , et forment alors autour de ïovaire des anneaux de diverses formes.

L'auteur se représente en quelque sorte une fleur idéale , dans laquelle seroient réunis tous les organes qui s'observent séparés dans telle ou telle fleur , mais dont il manque toujours quelqu'un dans chaque fleur particulière ; elle lui paroît formée de trois systèmes distincts , chacun composé lui-même de plusieurs cercles ou verticilles d'organes de nature semblable.

Le plus extérieur de ces trois systèmes est celui du calice y dont le calice proprement dit est le cercle intérieur; les învolucres, ou calices extérieurs des ]x»tanistes, sont les deux autres.

Le système intermédiaire , ou celui des organes de la fécondation , comprend les pétales , les étamines et leurs écailles ou lépales ; et l'auteur y distingue deux séries qu'il nomme androcées : la première comprend un verticille externe, formé des pétales et des étamines qui leur sont opposées , et un interne, des étamines qui alternent avec les pétales. L'androcée intérieure forme de même deux verticilles, l'un opposé , l'autre alterne aux pétales , et c'est celui-ci qui demeure le plus, souvent imparfait.

Vient enfin le troisième système, ou celui des organes de la reproduction , des organes femelles ,

326 PHYSÎOLOaiB VÉGÉTALE

ûu le gynécée, comme l'autetir le nomme ; il se compose de deux verticilles.

Les organes anomaux placés entre le calice et le fruit, quels que soient leurs formes , leurs textures et leurs autres caractères , font partie des verticilles du système mâle ; chacun d'eux remplace ou une anthère , ou une étamine , ou une partie quelconque d'un de ces verticilles ; libres ou réunis par les côtés ils constituent des verticilles rudimentaires , tantôt situés entre le fruit et Vandrocée fertile , tantôt entre cette dernière et le calice. Nous ne pouvons suivre M. Dunal dans les nombreuses analyses de fleurs qu'il présente à l'appui de sa manière de voir ; mais nous dirons qu'il reconnoît que dès 1790 M. Goethe envisageoit ces organes anomaux à peu près comme lui , et que sa dissertation ne fait qu'appuyer sur des observations plus nombreuses la théorie de ce célèbre poëte.

Dans sa seconde dissertation , M. Dunal cherche, à établir que les organes colorés et les organes glanduleux de, la fleur, pendant leur développement, changent le gaz oxygène en acide carbonique, comme la graine pendant sa germination ; qu'ils produisent également de la chaleur , au moins en certains cas ; que ces deux effets sont en raison directe de leur matière glanduleuse et en raison inverse de leur matière verte ; qu'il en suinte un liquide sucré formé aux dépens de la fécule qu'ils renferment, ce qui est encore semblable à ce qui se passe dans la ger-

ÏT BOTAÏÏÎQtE. 227

mination ; enfin , que tous ces phénomènes acqùièreat leur maximum d'intensité à l'époque de la plus grande activité des fonctions sexuelles , d'où il conclut que leur destination est de fournir Talimetit aui: organes sexuels , comme celle de la graine est d'en fournir à la plumule.

La famille des sapindacées , ainsi nommée du sa-pindus y arbre des Indes qui lui appartient , et dont le fruit a une enveloppe charnue que l'on emploie dans ce pays en guise de savon , a été bien déterminée par M. de Jussieu, en 1789, dans son Gênera plantarum, et, en 181 1 , ce célèbre botaniste Va soumise à un nouvel examen, et y a reporté plusieurs genres , auxquels MM. Decandolle et Kunth en ont réuni récemment deux nouveaux.

M. Cambessèdes vient d'en reprendre l'étude , à Foccasion des plantes rapportées du Brésil par M. Auguste Saint-Hilaire : il la caractérise comme contenant des arbres et arbrisseaux souvent sarment»ux , et nn petit nombre d'herbes ; comme ayant des feuilles alternes , pennées pu trifoliées , rarement simples ; des fleurs polygames disposées en grappes , un calice à cinq feuilles , tantôt libres , tantôt soudées ; une corolle à cinq pétales hypogynes , alternes avec les divisions du calice , des étamines au nombre de cinq à dix , et seulement dans un genre , les prostea , de vingt , insérées à un disque très variable ; l'ovaire supère , à trois loges , rarement à deux ou à quatre, dtont chacune contient d'un à trois ovules ; un fruit

:^Za PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE

nombre des graines que le fruit contient , et de la nature du péricarpe; mais il nous est impossible de le suivre dans ce détail, non plus que dans la répar* tition géographique qu'il fait de ces différentes tribus ; la partie la plus considérable de son travail , la plus importante , celle qui lui a coûté le plus de peine et de travail , la description de ses genres , n'est même pa» susceptible d'analyse.

Un ^lotif semblable nous prive aussi de l'avantage d'insérer dans notre ouvrage une notice suffisante de l'immense travail auquel M. Henri de Cassini s'est livré suf les plantes à fleurs composées , dites sjrnan-^ thérées, famille dans laquelle il admet jusqu'à 'jij^ genres, dont 824 ont été créés par lui, et reposent sur les observations délicates dont nous avons eu quelquefois à rendre compte , et qui portent sur toutes les parties de la fructification. Les genres sont répartis en 20 tribus , dont on peut prendre au moins quelqu'idée générale d'après les noms que l'auteur leur a imposés, et qui sont dérivés de ceux des genres les plus connus de chacune; ce sont :

les laçtucées ; les anthémidées ;

les centauriées ; les astérées ;

les carlinées ; les nassaunées ;

les çarduinées ; les tussilaginéçs ;

les échinopodées ; ]e& eupatçriées ;

les calenduléesi les arctotidée$ ;

les héliantéesi les tagétinées ;

MX MQTAmqVM. ^Si

' les amhrosiées ; lea mutisiées ; les inulées ; les adenostjrlées ;

les sénécionées ; çt les çemoniées^

Ou trouvera lencmcé des caractères les plus géné^ raux de ces tribus , et le catalogue des genres qui les composent , dans le tome XVII des Annales des sciences naturelles , Tun des recueils périodiques dont les rédacteurs sont les plus soigneux de publier promptement tout ce qui peut concourir fiux progrès dç Tbistoire de la nature,

Ces progrès étonnants dans tous les règnes , quant au nombre des espèces , et à ces variétés de leur conformation qui donnent lieu à créer des genres, nQ I^ sont nulle part autant qu'en botanique ; ce que nous venons de dire des familles étudiées par M. de Cassini , par M. Richard , il faut le dire aussi de cell«s dont M. Decandolle a traité cette année, dans la suite de ses Mémoires pour servir à Fhistoire du règne végétal ; les onagraires , les paron/chiées , les cactées et les ombellifèreSf II subdivise la première en dnq tribus , en détache le genre t râpa y que M* Dimr cpasidère comme une famille à part ( les hjdrochariées). Jjà seconde, celle à^& paronjchiées ^ a sept tribus; les cactées n'en ont que deux , inais aussi sont^elles réduites à l'ancien genre cactus de Linné , qui maintenant e^ forme sept. Quant à l'immense famille des ombellilères , il les divise en 3 sous- ordres et en iÇ tribys. Le» genrçs y sont au pombre d« i48 1 do»t 5S

j3a PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE

ne renferment chacun qu'une espèce. Le nombre total des espèces , qui , dans les derniers ouvrages de Linnaeus, en 1764, n'étoit que 199, s'élève aujourd'hui à 983. Dans chacun de ces mémoires, M. DecandoUe ajoute des genres nouveaux , et fait connoître de nombreuses espèces inédites ; mais , pour donner une idée de ces prodigieuses énumérations, il faudroit presque les copier.

Ceux qui ne peuvent consulter l'ouvrage lui-même en trouveront des extraits fort bien faits dans le Bulletin universel de M. de Férussac, partie des sciences naturelles , t. XVII , XVIH et XIX.

La même richesse se remarque dans les grands ouvrages de botanique qui se continuent heureusement : la Flore du Brésil méridional, commencée par M. Auguste Saint-Hilaire , nouvellement nommé membre de l'académie , mais dans la rédaction de laquelle le mauvais état de sa santé l'oblige de se faire supléer pat M. Cambessèdes ; la Flore médicale des Antilles , de M. Descourtils ; la grande Flore de ces mêmes lies , par M. de Tussac ; l'édition que MM. Poiteau et Turpin donnent des arbres fruitiers de Duhamel, et tant d^autres ouvrages de botanique , où le talent du peintre seconde si heureusement la science du naturahste.

M. Desfontaines a publié une nouvelle édition de son catalogue des plantes du Jardin du roi , où il consigne périodiquement les acquisitions que les voyages scientifiques et les contributions de tous les jardins analogues procurent à ce vaste établissement : on

ET BOTANIQUE. :i33

comprend que ce genre de travail n'est point susceptible d'extrait , mais il n'en est pas moins pénible , ni moins digne de la reconnoissance de tous les aniis de la botanique.

M. Fée, pharmacien , qui a fait un sujet particulier d'étude des cryptogames parasites qui se rencontrent sur les différentes écorces usitées en médecine, a présenté une monographie du genre chiodecton^ une des divisions établies par Acharius parmi les lichens, mais dont ce botaniste suédois n'a décrit que deux espèces. M. Fée y en ajoute sept. Il a étudié avec soin le développement de ces plantes : à leur première origine elles ont la forme de byssus ; on en voit naître des thalles crustacés qui donnent naissance à des organes en forme de fruits , et leurs tubercules se développent à la longue en organes de reproduction.

Un moyen nouveau d'apprendre à connoître les parties des végétaux diflSciles à conserver , et qui seroit très avantageux s'il étoit plus à portée des étudiants , ce sont les plantes artificielles que M. Robillard d'Argentelles est parvenu à exécuter pendant un séjour de 24 ans à l'Ile-de-France. Elles ont été soumises à l'académie par M. le baron Humbert du Molard , et les commissaires chargés de les examiner y ont vu les productions végétales les plus intéressantes de la zone torrides, représentées , avec la fidélité la plus scrupuleuse, en relief et de couleur naturelle. Ce serait une acquisition digne d'un cabinet public.

L'académie a vu aussi des empreintes de feuiUes

obtenues immédiatement au moyen d'une encre d'imprimeur et de la presse, par M. Gautheron des Anches. Ce procédé , qui n'est pas nouveau , et que M. Du Petit-Thouars propose de nommer ect/page , a l'avantage de montrer, avec la plus parfaite exactitude, toutes les nervures des feuilles, objet d'études qui mériteroit bien autant l'attention des botanistes que b^ucoup d'autres détails de l'organisation végétale.

On n'a pas jugé aussi favorablement des figures de plantes exécutées par une méthode dite homo-graphie^ et qui consiste à imprimer ainsi toute la plante , en suppléant ensuite les tiges et les autres parties que leur reUef empêcheroit de soiimettre au procédé de l'ectypage. Ce supplément n'auroit plus le même caractère , et d'ailleurs l'impossibilité de con-^ server la perspective rendroit ces sortes d'empreintes fort imparfaites.

La structure et les fonctions des feuilles ont fait depuis long-temps l'objet des travaux des botanistes, et les avis étoient partagés à la fois sur les organes qui entrent dans leur composition et sur l'usage de ces organes, lorsque M. Amici, à l'aide d'instruments d'optique perfectionnés, répandit un nouveau jour sur ce sujet. L'épiderme, selon lui, est une couche de cellules transparentes distincte du parenchyme spus^ jacent) avec Içquel elle n'a aucune adhérence/ La

ET BOTANIQUE 2iS

forme des cellules de cette enveloppe est yariable, mais diffbe toujours de celle des ceUules du pareu-. chyme. Les petites aires elliptiques, quon nomme stomates , ont constamment une fente qui s'étend dans la direction de leur grand diamètre ; deux petites ceUules , allongées en bourrelet et remplies de matière verte , garnissent intérieurement , Tune à droite^ l'autre à gauche , les bords de cette fejate , et , par un effet hygrométrique, la forcent à s'ouvrir ou 4 se fermer selon que l'atmosphère est sèche ou humide. Ce petit appareil correspond toujours aux lacunes situées immédiatement sous l'épiderme , de sorte qu'on peut le considérer comme Forifiœ de ces cavités , qui ne contiennent que de l'air.

Le parenchyme est composé de cellules cylindriques parallèles les unes aux autres , placées dans une direction perpendiculaire au plan de l'épiderme, et laissant de distance en distance des vides entre elles, ou de cellules unies bout à bout , qui forment une sorte de réseau dont les mailles sont des lacunes. Les cellules contiennent de la matière verte.

M. Amici attribue aux stomates la fonction de rejeter l'oxygène pendant le jour.

M. Adolphe Brongniart , dans un mémoke sur le xaême sujet , a, pour tout ce qui se rapporte à l'organisation de l'épiderme , des stomates et du parenchyme des feuilles aériennes , confirmé , par de bonnes observa lions et des dessins exacts, les assertions de M. Amici. On lui doit aussi la connoissance de quel-

ques faits de détail qui n'avoient pas été aperçus par celui-ci. n montre , par exemple , que l'épiderme est formé , dans certaines espèces , non pas seulement d'une , mais de plusieurs couches de cellules : le laurier-rose présente ce phénomène d'organisation fort curieux , qu'on ne trouve pas de stomates sur ses feuilles, et qu'ils y sont remplacés par des cavités ouvertes à l'extérieur, garnies de poils , et dont le fond va gagner le parenchyme au travers d'un épiderme fort épais.

M. Brongniart n'est pas d'accord avec M. Amici sur lés fonctions ; il croit que les stomates , suivant les circonstances, absorbent ou rejettent de l'air, ou pompent de l'humidité. L'organisation des plantes immei^ées lui fournit des arguments en faveur de cette doctrine.

Les feuilles aériennes, selon M. Brongniart, ont besoin d'une enveloppe qui garantisse leur parenchyme du dessèchement , et toutefois il faut que l'ajir les pénètre pour que le phénomène de la respiration s'accomplisse. Leur épiderme , peu perméable , remplit le premier objet; leurs stomates et les lacunes qui communiquent avec ces petites bouches remplissent le second. Mais les feuilles immergées ne sont pas exposées à perdre leur humidité , et des stomates communiquant avec des lacunes n'y facihteroient que foiblement l'introduction de l'eau , véhicule de l'air, sans lequel il n'y auroit point de respiration. Une organisation spéciale étoit donc nécessaire. L'épiderme, les

Stomates et les lacunes sous-jacentes manquent ; les poumons sont à nu, si l'on peut ainsi parler ; les feuilles pompent Teau et expirent les gaz par toute leur surface.

A la suite de ces faits, M. Brongniart a exposé d'une manière ingénieuse la comparaison qui s'ofiroit naturellement de ces feuilles aquatiques avec les organes respiratoires des poissons , et des feuilles aériennes avec les organes respiratoires des animaux qui vivent dans Tair.

M. Schultz , professeur à l'université de Berlin , qui a passé quelque temps l'année dernière à Paris, a soumis à l'examen de l'académie des recherches sur Fanatomie et la physiologie végétales, qui tendroient à prouver l'existence d'une véritable circulation dans les plantes phanérogames.

Corti, Fontana, Amici, ont successivement observé dans quelques espèces de chara , et dans le naya, une sorte de circulation que M. Schultz, après l'avoir également observée dans le valisneria, croit commune à toute cette classe. Dans ces plantes, toutes celluleuses , on remarque un tournoiement , un mouvement rotatoire du suc dans chaque cellule : si les cellules sont arrondies, le suc se meut comme une roue autour de son axe ; si elles sont allongées en manière de tube , il monte d'un côté et descend de l'autre pour remonter ensuite , précisément conune la chaîne d'un tournebrcche.

Mais la structure des plantes monocotylédones et

:23b PHTSIOLOGÏÈ TÉGÈTALE

dicofy)édDiie& est phis compliquée. M. Schuha y re- Gontiott trois éléments organiques, le tissu cellulaire, tes conduits ^raux ou trachées , et les vaisseaux vitaux. Chacun de ces organes a des fonctions qui kd sont propres. L'ahsorption , le mouvement de la lymphe et Tassimilation se font par des conduits spiraux, soit qu'ils aient conservé leur forme primitive , ou que , changés en tubes ligneux, ils constituent le bois.

Les vaisseaux vitaux servent à la circulation : ce BODt des tubes grêles à paroi entière | mince et transparente. Ils communiquent entre eux par des anastomoses , et sont souvent en contact immédiat avec les conduits spiraux. La lymphe , par des voies inconnues ) passe de ces derniers dans les vaisseaux vitaux ; c'est alors qu elle change de nature et qu'elle devient le suc vital ou latex. Celui-ci , qu'on a souvent confondu avec les sucs propres, renferme peu d'oxigène , mais beaucoup de ca]jx>nne et d'hydrogène. Tantôt il est incolore et tantôt coloré. Celui de la chélidoine est jaune; celui du figuier, de l'euphorbe, de l'asdepias est blanc. En examinant la liqueur avec attention , on y voit nager des corpuscules nombreux. Ils ont une organisation particulière , et jouissent d'une mobilité bien difiS§rente du mouvement de circulation qui les entraîne. Ce latex circule non en tournoyant dans une même <aivité comme celui des plantes celluleuses, mais en passant successivement par des vaisseaux qui €(H3[iiiiuniqaent les uns avec les autres , et en reniant

ET BOTANÎQCE. ^89

dans ceux d'où il est parti pour recommencer la même révolution. Enfin , le tissu cellulaire organe de la nutrition et des sécrétions reçoit la liqueur : Ik un dernier travail a lieu. Des huiles , des résines et autres sucs propres se déposent dans certaines cavités du tissu , où ils restent stagnants, et le cambium, qui est le commencement de toutes les nouvelles productions végétales, se développe.

La disposition des conduits spiraux et des vaisseaux vitaux , et par conséquent la distribution de la lymphe et du latex , ne sont pas les mêmes dans les tiges des monocotylédones et des dicotylédones. Les conduits spiraux des premières forment des filets grêles, épars dans le tissu cellulaire , et ils sont entourés par les vaisseaux vitaux. Les conduits spiraux des secondes forment les couches ligneuses , et les vaisseaux vitaux sont logés 4ans l'écorce.

Les nervures, les veines, les veinules des feuilles, des stipules, des bractées , des sépales, des pétales , offrent la réunion des conduits spiraux et des vaisseaux vitaux ; elles sont donc les indicateurs certains de la route que suivent la lymphe et le latex dans ces expansions végétales.

Telle est la théorie de M. Schultz réduite h sa plus simple expression : sans être d'accord avec lui sur quelques points de détail , les commissaires de l'académie ont reconnu l'exactitude des principaux faits sur lesquels il s'appuie. M. Schultz leur a fait étudier les mouvements du suc vital , d'abord dans une por-

a^O PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE

tion de la stipule du Ficus elastica , dépouillée de son épidémie , puis à travers Vépiderme d'une feuille entière de chélidoine encore attachée à sa tige. Us ont vu très distinctement au naicroscope l'appareil vasculaire destiné k la circulation. La plupart des vaisseaux vitaux entouroient les conduits spiraux, et fornioient avec eux des faisceaux allongés, distincts, parallèles, communiquant entre eux par l'intermédiaire d'un réseau irrégulier et lâche de vaisseaux vitaux qui s'étendoient d'un faisceau à l'autre ; et le suc , avec ses corpuscules opaques , parcourait en petits torrents capillaires les routes diverses tracées par les vaisseaux. Les courants étoient d'autant plus rapides, que le tissu végétal étoit en meilleur état ; après plusieurs minutes tout mouvement cessoit. Enfin les commissaires de l'académie ont cru pouvoir déclarer qu'ils regardoient comme incontestable la découverte d'une circulation du suc vital dans les plantes cotylédonées.

Nous devons ajouter cependant que M. Dutrochet, dans un écrit récent dont nous n'aurons à rendre compte que l'année prochaine , a contesté l'exactitude de ces observations , et en a attribué une partie à des illusioils optiques.

Il se forme dans l'intérieur de certaines plantes des cristalhsations sur lesquelles on ne possédoit encore qu'un petit nombre de faits. On n'avo.t vu ces cristaux que séparés les uns des autres , très menus et d'upe apparence filiforme.

ET BOTANIQUE. a4l

M. Turpin en a observé dans un cierge du Pérou , mort dernièrement au Jardin des plantes^ après y avoir vécu i3o ans. D a trouvé des cristaux dans l'intérieur des vésicules , où ils sont solidement rassemblés en paquets : ce ne sont plus de longues et fines aiguilles, mais de véritables cristaux épais et assez courts, offrant à Taide du microscope des faces et des angles nettement déterminés.

A Tœil nu , le tissu cellulaire de la moelle et de Técorce de ce cierge paroissoit comme farci d'un sablon fin , blanc et brillant , qui , examiné au microscope composé , a fourni les faits suivants : '

Les cristaux qui le constituent sont blancs, ou plutôt transparents , prismatiques, tétragones, rectangulaires, terminés au sommet par une pyramide tétraèdre.

Rarement isolés , on les trouve ordinairement réunis en groupes arrondis et rayonnants, dont le diamètre égale environ un sixième de millimètre.

MAI. Lebaillif etDelafosse, qui ont fait l'analyse chimique de ces cristaux, les ont reconnus pour de l'oxalate de chaux.

L'académie a reçu de M. Adrien de Jussieu un mémoire très étendu sur le groupe naturel de plantes connu sous le titre de méliacées.

L'auteur a suivi avec beaucoup de sagacité et de succès, pour les divisions de sa monographie, k méthode généralement adoptée aujourd'hui , et qui consiste à considérer les familles naturelles sous tous les rapports dont la science exige l'appréciation, c'est-à-dire

21^3 PHYStOLOGie VÉGÉTALE

SBUâ séparer^ comme on le faisoit autrefois , la botanique proprement dite ou descriptive , de la physiologie et de la statique végétales.

Des recherches auxquelles il s'est livré sur la distribution géographique de ces plantes, il résulte: i* que les méliacées deviennent de plus en plus fréquentes à mesure qu'on se rapproche des tropiques , et qu'elles occupent , outre la zone équatoriale, celle que M. Mîr^ bel a nommée zone de transition tempérée.

^'^ Qu'il existe un accord frappant entre les affinités des genres et leur habitation.

Il n'est pas de notre sujet de suivre l'auteur dans la description très détaillée qu'il donne de tous les caractères propres à la famille des méliacées. C'est sur la présence ou l'absence du périsperme autour de l'enn* bryon , qui paroît se lier ici à quelques autres différences, que M. de Jussieu se croit autorisé à fonder sa division des méliacées en deux tribus , nommées méliées et trichiliées; le périsperme existant dans la première et non dans la seconde. II se livre à un exiH men attentif et à une critique sévère des genres qui doivent composer chacune de ces tribus*

D s'occupe ensuite de la famille des cédrélacées , qu'il regarde comme distincte , quoique formant avec la précédente un même groupe naturel. Les cédrélacées sont dignes d'intérêt , en ce qu'elles offrent de grands arbres dont le bois, odorant , d'un tissu serré, d^une belle coloration , et peu altérable , est éminemment propre aux ouvrages d'ébénisteriet.

fif BOfAI^lQtJfi. «143

Nous marquerons en peu de mots les principales diflférences que Fauteur signale entre les deux familles;

L'inflorescence des mélîacées est plus souvent axillaire que terminale. C'est tout le contraire dans les Sédrélacées. Les pétales des cédrélacées , au lieu d*êtr6 larges à leur base , s'y rétrécissent souvent en un court onglet, et leur préflorâîson est souvent tordue.

Les ëtamines de beaucoup de cédrélacées sont parfaitement distinctes entre elles*; dans les* mëliacées les filets des étamines sont soudés en un tube ; mais c'est dans la nature du fruit ^ dans sa déhiscéncé , dans là disposition relative de ses valves, de ses cloisons et de ses graines , dans le nombre , la forme fît la structure de celles-ci , que l'auteur trouve les caractères de premier ordre distinguant les cédrélacées des méliacées.

M. dé Jussieu divise là famille des cédrélacées en deux tribus ; la première , celle des swiéténiées , est placée à la suite dés méliacées , auxquelles elle se lie intimement par son tube antbérîfère ; la deuxième , celle des cédrélées , s'en éloigne davantage par ses étamines libres.

Considérant ensuite les deux familles comme formant par leur réunion un seul groupe naturel , l'auteur recherche soigneusement leurs af&nités avec quelques autres groupes , et il conclut de cet examen que le gr<inupe dont il s'agit n'a que fort peu d'analogie avec les viniferes ; qu'il a , au contraire , une aflînitë f éelle avec les aurantiées , qu'il en a beaucoup moins avec les rutacées ; qu'enfin il oflfre des rapports M*

:i44 PHTSIOLOGIK VÉGÉTALE

dents, soit avec les sapindacées, soit avec les téré-

bintliacées.

Cette partie du mémoire se termine par un article cmicemant les propriétés et les usages des plantes qui en sont l'objet. On sait que M. Decandolle a le premier insisté sur l'accord qui existe le plus souvent entre les propriétés médicales des plantes et leurs affinités organiques. M. Adrien de Jussieu trouve dans l'application de ce principe , comme il l'avoit trouvée dans les considérations géographiques, une confirmation de sa division du groupe en deux famiUes distinctes.

A cet égard , il fait observer que les cédrélacées sont remarquables par l'amertume et l'astringence de plusieurs de leurs parties , propriétés auxquelles se joint assez souvent un principe aromatique; et qu'il en résulte des qualités fébrifuges généralement connues et employées dans la patrie de ces plantes.

Dans les vraies méliacées se trouvent aussi , quoique moins fréquemment et à un moindre degré , des principes amers , astringents et toniques ; mais . les principes excitants s'y montrent très développés , et souvent assez énei^ques pour qu'il y ait du danger à s'en servir.

Les deux dernières parties du mémoire , consacrées à des descriptions techniques et détaillées des genres et des espèces, ne sont point susceptibles d'analyse.

M. Cambessèdes a décrit avec exactitude , et expliqué d'une manière ingénieuse , les diverses altérations

KT BOTANIQUE. " azjS

et métamorplioses qui s'observent dans les fleurs de plusieurs capparidées, dont lés unes sont régulières, tandis que dans d'autres les étamines et le pistil sont déjetés d'un seul côté , et qu'entre ces organes on trouve deux appendices glanduleux. A l'aide d'une analyse attentive des diflférents genres , et notamment d'une espèce nouvelle du Sénégal , il a reconnu que ces appendices glanduleux ne sont que des faisceaux d'étanunes avortés. D'après ces nouvelles observations , il expose ainsi qu'il suit les caractères de la fleur des capparidées.

Galice à 4 feuilles ou à 4 divisions, disque calicinal; 4 pétales alternant avec les folioles du calice, insérés sur le réceptacle,, sur le disque ou même au calice ; un ou plusieurs rangs d'étamines hypogynes , dont une partie avorte quelquefois ; un pistil central ou déjeté de côté.

M. Cambiessèdes fait remarquer , dans le cours de son mémoire , que le Mœrua angolensis présente le fait encore assez rare , de pétales périgynes et d'étamines bypogynes dans une même fleur.

M. Achille Richard a soumis à un nouvel examen les faniilles de plantes à trophospermes pariétaux, c'est-à-dire celles où les follicules qui composent la boîte pistiUenne étant soudés bord à bord pour former une cavité unique , le petit corps particulier formé de vaisseaux nourriciers, où s'attachent les ovules, est appliqué sur la paroi interne de l'ovaire , et ne constitue pas un axe central.

946 PHTSIOLQÇ^IK ViGBTALfi

L'auteur examine d'abord les txois familles des oro'^ banchéeSf des gesnériées et des cjrrtandracées , et il démontre qu'elles doivent ae réunir en une seule et jaéme famille.

Pes observations très délicates et une saine critique }e conduisent à la même conclusion , relativement aux deux familles des flacourtianées et des bixinées.

n classe dans les fanûUes h trophospermes pariétaux pEiHe des marcgrwiacées^ en démontrant que la plupart des botanistes avoient à tort attribué plusieurs loges à Tovaire et au fruit. Une étude attentive lui ^ fait voir également que les marcgraviacées sont réellement polype taies.

L'auteur combat la division que RL Decandolle avoit formée delà famille des podoph/llées en deux tribus, les hjdropeltidées et les podophjrllées vraies : il s'applique à prouver que les premières sont monoçoty lédones , et les secondes dicotylédones « et il annonce , ce qq'avoit d'aiDeurs pressenti M. Jussieu le père > que le genre podophyllum doit se placer dans les papa<» véracées.

Enfin M« Richard démontre par ses observations que la famille des cistinées ne doit pas être rangée ^ comme on l'a fait , parmi celles à trophospermes pariétaux, et que rpvaire de ces plantes est formé dans sat jeunesse de troiëi loges bien distinctes.

Les dissertations de M. Richard sur chacune de ces familles sont accompagnées d'un(& critique exacte des genres dont elles se composent; il rectifie les dassifi-

BT BOTÀMQVS. d47

cations vicieuses qu on en a faites , et complète la description de certaines espèces encore mal connues- Nous regi*ettons de ne pouvoir le suivre dans tous les détails qui servent de base à ses décisions. Qu'il nous suffise de dire que partout il substitue des faits vrais à des aperçus incomplets ou erronés*

M. Fée a présenté à l'académie une monographit du genre de plantes agames fondé par Acharius , sous le nom de trjrpethelium , mais ou ce savant suédois n avoit réuni que huit espèces , tandis que le travail de M. Fée en faitconnoître vingt-^deux^ toutes étrangères à TEurope»

Gomme tous les lichens , les trypethelium se com« posent de deux parties, savoir ; le thalle j qui repré* sente la tige des végétaux d'ordre supérieur, et len apothèces , qui en représentent fappareil de repro^ duction.

Le thalle des trjpetheUum est une croûte de forme indéterminée, membranacée, cartilagineuse, étalée sur l'écorce des arbres , à laquelle elle adhère ; lisse , jaunâtre, souvent épaisse; formée de deux couches, dont l'une , dite corticale , est colorée , et l'autre , dite médullaire, est très blanche.

Vapothèce des trypethelium est composé et multiple ; considéré dans son ensemble , il se' présente ex-* térieurement sous la forme d'une verrue arrondie, large, aplatie, souvent irrégulière «

Une analyse exacte fait distinguer dans ce petit corps un périthèce général ou cmumun, un sarco^

348 PHYSIOLOGIE VEGETALE

thèce^ plusieurs thalames^ ofirant chacun un périthèce propre, un ostiole, un nucleum^ qui contient des thèques , lesquelles contiennent elles-mêmes des gon^ gyles ou corpuscules reproducteurs.

Le périthèce général est la partie la plus extérieure de l'apothèce: il diffère peu du thalle par sa substance. Sa surface est colorée et criblée de petits trous formés par les ostioles des périthèces propres qui traversent cette enveloppe.

Le sarcothèce est une substance charnue, blanchâtre, située immédiatement au-dessous du périthèce général , et dans laquelle sont plongés les tha^ lames. ' .

Ceux-ci , dont le nombre varie de quatre à cinq et plus , pénètrent plus ou moins dans Fécorce même qui sert de support au thalle. Suivant leur profondeur, ib sont arrondis, ou ovoïdes, ou pyriformes.

Chacun de ces thalames a une enveloppe ou péri-^ thèce propre , dont la partie supérieure s'amincit et une petite bouche ou ostiole, qui traverse le sarcothèce et s'élève au-dessus du périthèce général, en offrant au dehors l'aspect d'un petit mamelon noirâtre , percé' d'un pore au centre.

Chaque périthèce propre est rempli d'une substance blanche, molle, celluleuse, qui constitue le nucleum.

Les thèques y nichées entre les mailles du nucleum, sont des étuis à peu près cylindriques , offrant des cellules dans lesquelles sont enfermés les gongyles ou corpuscules reproducteurs , disposés en anneau.

Eï BOtANÏQtfE. Ji^d

Après avoir exposé avec soin la structure propre au genre trypetheliûm , M. Fée entre dans le détail de sa classification et des descriptions des espèces.

Ainsi que l'ont fait remarquer les commissaires de l'académie, le travail de M. Fée est au nombre de ceux qui n^offirent rien de brillant , mais qui n'en sont pas moins utiles aux progrès des sciences , parce que ce sont des recueils de faits , d'observations exactes , méthodiquement classées , sans aucun mélange d'opi* nions systématiques.

De pareils travaux , aussi modestes que pénibles , n'attirent guèi^ l'attention du public; c'est une raison de plus pour que les sociétés savatites se fassent un devoir de les encourager constamment.

Les botanistes connoissent , sous le nom de charbon^ une maladie commune à plusieurs graminées , et qui détruit les organes de la reproduction avec leurs enver loppes, de manière qu'il ne reste à leur place qu'une poussière noirâtre granuleuse, assez semblable à du charbon pulvérisé. M. Adolphe Brongniart a tenté d'éclaircir ce que l'histoire de cette maladie présentoit encore d'obscur, et, de ses observations faites sur des épis d'orge parvenus à des degrés différents de développement , il conclut que les organes de la fructification, au lieu d'être transformés en matière charbonneuse , sont , dans un état rudimentàiré , attachés au sommet d'une masse charnue occupée par le charbon, et que ce charbon ne se développe primitivement ni dans l'ovaire ni daps les parties envi*

a5o PHYSIOLQ&IE YÉOliTALS

Tonnantes, comme on lavoit cru jusqualors> mais dans le pédoncule de la fleur , dont il cause Tdocroissèment en une masse qui , d'abord charnue, devient plus tard pulyérulente,

n restoit à savoir si le charbon devoit être considéré comme une altération du tissu » ou s'il provenoit d une cause étrangère. L'axe qui supporte les organes de la fleur des gramens est composé d'un tissu à cellules de différentes formes et grandeurs , de fibres vascu* laires, de trachées et de fausses trachées. L'auteur n'a rien remarqué de semblable dans le renflement charnu occupé par le charbon, à quelque époque qu'il l'ait observé. Il n'y a vu qu'une masse de tissu cellulaire présentant des cavités à peu près quadrilatères, remplies de granules sphériques très fins, verdâtres ; -un peu adhérents les uns aux autres dans les épis peu développés; libres et agglomérés dans des épis plus avancés; enfin, à une époque plus avancée encore , les cloisons celluleuses avoient dispani, et toute la masse étoit changée en globules noirs , entièrement semblables à des cryptogames de l'ordre des champignons, ainsi que ladmettoient tous les botanistes , depuis les travaux de Bulliard sur ce sujet.

Il résulte ainsi, des observations de M. Adolphe Brongniart , que les altérations produites dans les organes de la fructification par le charbon difièreot de celles de la carie du froment , qui , dès son principe, attaque particuHèrement le grain.

M. de Humboldt avoit remis à l'académie une

£T BOTANIQUB. dSl

boite renfermant des feuilles et des fleurs de deux espèces de jalaps, qui lui ont été envoyées d'Orizaba par M. Ledanois , pharmacien , établi dans cette yilla depuis plusieurs années. L'une de ces plantes ^ cQnnue dans le pays sous le nom de jalap mâle , est, selon M, Ledanois, un très bon purgatif, qui n'a pas l'àcreté du jalap ordinaire.

Ces deux jalaps appartiennent au genre liseron* Mais les échantillons qui ont été remis sont trop incomplets pour qu'on puisse savoir si ces deux plantes sont connues , ou si elles n'ont pas déjà été décrites. Toutefois , on peut assurer qu'elles difièrent du jalap commun.

M. Léon de Laborde , qui , fidèle à des traditions de famille , s'intéresse à toutes les branches des connoissances humaines , a recueilli sur le mont Sinaï , ou dans le désert qui l'environne , environ quatre* vingts plantes qu'il a rapportées en France avec les autres richesses scientifiques, historiques, archéologiques et littéraires, fruits de son intéressant voyage.

Il a confié ces plantes à l'examen de M. Delille, correspondant de l'académie. La plupart étoient déjà connues; mais plusieurs étoient fort rares dans les herbiers; d'autres laissoient à désirer des renseignements sur leur origine, leur habitation, leurs usages ; quelques espèces enfin étoient tout-à-fait nouvelles. M. Delille les a nommées , classées et décrites avec le soin que l'on devoit attendre d'un botaniste %u§si exact et aussi instruit. '

a5a PHYSIOLOGIE TÉGÉTALB ET BOTANIQUE.

M. de Theis , auteur d'un glossaire de botanique pubké en 1810, a soumis au jugement de Facademie une seconde éditibn de cet ouvrage, quil se propose de faire imprimer prochainement. L'auteur , plus érudit encore que botaniste^ paroît avoir mis beaucoup de soins à ne donner que des étymologies exactes , non hasardées, et puisées aux meilleures sources. Son livre peut être utile aux botanistes^ et surtout aux élèves, presque toujours effiirouchés par une nomenclature accablante pour la mémoire et stérile pour la pensée, tant qu'une idée ne se rattache pas à chaque mot.

^54 ANATOMI6 £T PHYSIOLOGIE ANIMALES,

les produits de la génératioii. Une grande cavité percée de cette ouverture reçoit le rectum et un large canal qui y arrive de la vessie, et que M. GeoflBroy nomme urétro-sexueL C'est dans ce canal qu'aboutissent, d'une part , les uretères ; de l'autre , et plus près de la vessie , dans le mâle , les canaux déférents , et dans la femelle , les canaux qui descendent des ovaires et qui se divisent en deux parties: une plus voisine de l'ovaire, plus mince , que M. GeoflSroy , d'après les dénominations qu'il a appliquées aux oiseaux , appelle trompe de Fallope ; l'autre , plus voisine du canal , plus large , à parois plus épaisses , qu'il nomme ad uterum. L'auteur a découvert, à l'entrée de l'ad uterum, dans le canal urétro-sexuel , une petite bride qui divise cette entrée en deux orifices. La grande cavité terminale, qui existe aussi dans les oiseaux et les reptiles, a été nommée communément cloaque , parce qu'elle reçoit les orifices par lesquels passent les produits du canal intestinal et des reins , aussi bien que* ceux qui transmettent les produits de la génération. £t toutefois c'est mal à propos ^ selon l'auteur, qu'on lui a donné cette dénomination : aucun excrément n'y fait son séjoui:, on peut dire même qu'aucun n'y passe ; mais l'animal la renverse au besoin , de manière que la terminaison du rectum, qui étoit percée dans son fond , se trouve portée à l'extérieur ; et il en est de même , pour d'autres besoins, de celle du méat urétrosexuel : c'est pourquoi il aime mieux l'appeler avec M. Home le vestibule commun» Au total » oetto disff^

fiition des organes s'éloigneroît peti de ce que l'on voit dans les reptiles, dans les tortues, par exemple; maïs une circonstance particulière à l'ornithorinque , et que M. Geoflfroy nomme , à cause de cela , une circonstance toute monotrémique ^ c'est que les orifices des organes de la génération, soit les canaux déférents , soit les ad uterum , débouchent dans le canal Tirétro-sexuel , plus près de la vessie que ceux des oi^ ganes urinaires. M. Geoffroy compare la double ouverture par laquelle se fait l'entrée de l'ad uterum dans le canal urétro-sexuel à ce canal en forme d'anse que possèdent tous les marsupiaux de chaque côté de leur vagin , et qui établit une communication un peu détournée , mais la seule qui existe , entre ce vagin et l'utérus. Le pénis et le clitoris , attachés comme à l'ordinaire au pubis par leur racine , sont, dans l'état de repos , cachés dans une poche de la paroi inférieure du vestibule commun. Ils se terminent par un double gland, ce qui forme un nouveau rapport avec certains marsupiaux , les didelphes. Le pénis n'est pas , ainsi qu'on Tavoit cru, simplement creusé d'un sillon, comme dans les oiseaux , mais il est perforé d'un canal qui n'est cependant point un urètre , car il ne conduit pas l'urine ) mais seulement la semence. M* Geoffroy cherche à expUquer ces différentes terminaisons de trois ordres d'organes dans les diverses classes , par les nécessités que leur imposoit la forme du bassin. Il ne paroît pas éloigné de penser que ce même développement de la peau , qui produit la bourse dand les didel-

phesy les kanguroos, y est déterminé par quelque mouvement des os particuliers qui s'attachent sur les pubis de ces animaux , et que c'est cette même expansion membraneuse qui , rentrée à Imtérieur dans les monotrèmes et les animaux ovipares , y forme le vestibule commun.

De tous ces détails d'organisation et du fait , qu'il regarde comme très vraisemblable, que les monotrèmes sont ovipares et manquent de mamelles, M. GeojBroy conclut que l'on doit en former une classe distincte à la fois et des mammifères et des oiseux et des reptiles»

M. Frédéric Cuvier a lu un mémoire sur les épines du porc-épic , dont la grandeur lui a paru propre à éclairer sur la structure et le développement des poils ; ces dernières productions n'étant en quelque sorte que des épines plus grêles et plus flexibles.

Les épines du porc-épic sont toujours disposées par séries transversales de sept , neuf ou onze , ordinairement placées les unes au^evant des autres. Malgré leurs variétés de grandeur, de forme et de couleur, elles sont toutes composées d'une enveloppe dure et cornée, striée en longueur à l'extérieur, et produisant à l'intérieur autant de cannelures saillantes qu'elle a de stries au dehors; tout le vide laissé par ces cannelures est rempli d'une substance spongieuse.

L'organe producteur de l'épine se compose d'un bulbe gélatineux , élastique , et rempli de beaucoup

de vaisseaux, et de deux tuniques membraneuses, dont l'externe s'unit plus ou moins à la peau, et dont l'interne, qui enveloppe immédiatement le buibe, se termine. et se confond avec Tépine à sa partie inférieure. Le bulbe a des stries profondes, dans lesquelles entrent des lames saillantes de la tunique; et ces lames se continuent avec les cannelures internes de l'épine, comme la tunique elle-même avec son enveloppe cornée : l'épine croît par en bas , et, par le développement et le durcissement graduel de sa partie inférieure , sa croissance dure aussi longtemps que le bulbe et la tunique qui l'enveloppe conservent leur activité ; mais lorsque l'épine s'acbève et prend une racine , ces deux organes s'oblitèrent : c'est le bulbe qui dépose la matière spongieuse de l'épine , et c'est la tunique interne qui donne l'enveloppe cornée et ses cannelures intérieures.

Il arrive, en certains cas, que le bulbe s'oblitère avant la tunique interne , et il se forme alors des portions de tubes cornés sans matière spongieuse : c*èst ainsi que naissent entre autres les épines creuses de la queue , dont la pointe finit par se casser, et qui ne présentent plpsr alors que l'apparence de tubes ouverts et suspendus \àes pédicules.

Ces pédicuW eux-mêmes , et en général les racines de toutes les épines , sont les dernières productions de la tunique, lorsque déjà il n'y a plus de bulbe qui puisse écarter les parois cornées de l'épine, ni en remplir le vide par de la substance spongieuse.

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