‹ Histoire des progrès des science naturelles, depuis 1789 jusqu'a ce jour (volume 2)Chapitre 6 sur 10 · T. JI · texte numérisé non relu

T. JI

a58 ANATOMIE BT FHTilOLOGIB ANIMALES,

Cet appareil producteur de l'épine est inaplanté dans unegraiide poche ovale fermée, remplie de graisse, et il y a à Tun de ses côtés deux cavités plus petites qui eemmuniquent l'une avec l'autre , et dont la plus superficielle verse dans la cavité de la tunique ei^ térieure une matière séhacée et odorante , dpnt l'objet est sans doute de lubrifier la peau ! oe sont des oi^anes analogues aux follicules graisseux de la peau de l'honmie, et qui n'ont que des rapports aoddenteb avec les épines et leur formation.

Ce détail, comparé avec celui que nous avons donné l'année dernière, d'après le même auteur, sur la formation des plumes , démontre la plus grande analogie entre ces deux genres d'organes.

Les poils grands et roides que le porc-^c a entre ses épines , les pioustaches cornées des phoques naia^ sent dans des appareils exactement semblaUes ; ils ne diflèrent des épines que par leur minceur et leur fleiibiHté , et tout annonce que ce mode de production est en général celui des poils de toute espèce , et de ceux même que leur fiinesse n'a pas permis d'observer sous ce rapport.

IVL Yelpeau a présenté un inémoire sur l'oeuf humain , et particulièrement sur sa membrane la plus extérieure , celle qui a reçu le nom de caduque. Elle est visible sur un grand nombre d'œufs avortés ; on la trouve tapissant la cavité de la matrice dans toutes les femmes qui meurent enceintes , et il en subsiste oncora des lambeaux queknies iours anrès la rxn&st dans

st dODtoiïiË. iïSg

hà feitimes qui étoient récénmtent âccotiiîhîéi^. La plupart des auteurs pensent qu'elle 86 forme pAt une eorte d'elhalatioii de matière dOdgulablë. Suitant M. Yelpéau , cette matière se ddticrète éti une èÉpksè d ampoule ou de sac Sans ouverture ^ de sorte que Fc^- Tule fécondé , après avoir traversé \à trompe , pousse devant lui la portion de cette membrane qui lui ferme le passage , et se glisse entre elle et Tiitérus ; inais , après qu'il s'est attaché à l'utérus et lorsqu'il prend de faccroissement , la membrane 9 ainsi détenue double , l'embrasse et l'enveloppe partout , bord le point par lequel il adhère à la matrice : la lame externe de cette membratie tapisse alors l'utérus, et sa kiiie interne 6u sa partie réfléchie recouvre le chorion. Elle est disposée par rapport à l'utérus et h l'ovule eomilie !â plèvre par rapport à la poitrine et ati poumon.

M. Yelpeau a bien constaté que la tnenlbrane caduque n'a point d'ouverture, que soii intérieur est fempH d'une humeut limpide, rosée, filante, qui l'oppose à l'oblitération de sa cavité , et qui fait qu'à Tépoqufe même de l'accouchement elle peut encore se diviser en deux feuillets.

M^ Velpeau n'adopte pas l'opinion des atitetrrS qui Ont Cru voir des vaisseaux dans la membrane caduque ; il la croit, avec Haller, formée par simple concrétion, et propose de la nommer anhistêy c'est-à-dire Sans têJttUre. Il la regarde comme destinée à forcer Yùéuî de s'implanter sur un point donné de la matrice , et à r^oipéchèr dé se porter vers la partie là plus dédive.

a6o ANATOMIB ET PHYSIOLOGIE ANIMALES,*'

M. Geofiroy Saint-Hilaire a continué ses reclierclies sur la physiologie des monstres.

Depuis long-temps il pense que , lorsque des viscères se montrent au dehors de la cavité qui devroit les contenir , c'est parce qu'ils ont contracté , pendant que l'individu étoit à l'état d'embryon , quelque adhérence avec les membranes extérieures , et que les téguments qui dévoient les recouvrir, n'ayant pu les embrasser, sont demeurés incomplets et ouverts.

Il a observé cette année un nouvel exemple de la puissance de cette cause. Un poulet naissant s'est trouvé avoir la tête repliée contre l'abdomen et hors d'état de se redresser; des adhérences l'avoient attachée au vitellus ; et , à mesure que le jaune pénétroit dans le ventre , il l'en rapprochoit davantage. Une peau rougeàtre, de forme cylindrique, servoit de lien, et cette peau, remplie par le cerveau, n'étoit autre que la dure-mère : les lobes cérébraux et optiques , entraînés par les adhérences , sortoient hors du crâne , dont les os supérieurs , demeurés très petits , entouroient comme un anneau l'ouverture par laquelle ces lobes sortoient ; le cervel'^t étoit demeuré en place. Dans une autre circonstance il a trouvé , à la vérité , le cerveau sorti du crâne et toutefois recouvert par les téguments extérieurs, la peau et même les plumes : mais il pense que , dans ce cas , l'adhérence qui avoit empêché le crâne de se fermer avoit cessé assez tôt pour que la peau eût le temps de prendre son développement ordinaire.

C'est par cette supposition que M. Geofiroy r»-

mène ce cas particulier à une règle à laquelle il sembloit d'abord fort contraire.

Le même auteur a présenté un mémoire spécial sur un genre de monstruosité observé dans quelques chenaux, dont le pied se divise en plusieurs doigts, et qu'il nomme chiropodes. Une monstruosité de ce genre se voit dans le cabinet de M. Brédin , directeur de l'école royale vétérinaire de Lyon. Ces doigts, multiples seulement aux pieds de devant, y sont au nombre de trois à droite, et de quatre à gauche; et Tun des doigts, à chaque pied, est imparfait, et pourvu d'uu seul osselet phalangien, et de son ongle, qui est grêle et allongé. Un autre pied de cheval polydactyle fait partie du muséum anatomique de l'école vétérinaire d'Alfort. On y voit deux doigts seulement; l'externe, de la grandeur ordinaire , étoit employé seul au mouvement progessif , et l'interne, de moitié moins gros et assez court, ne touchoit pas à terre. Suétone , Pline et Plutarque rapportent qu'il étoit né , dans les haras de Jules-César, im' cheval dont les pieds de devant étoient divisés en manière de doigts , et que les aruspices annoncèrent qu'il promettoit à son maître l'empire du monde; c'étoit probablement quelque conformation analogue à celles-là.

11 est donc , ajoute M. Geoffroy Saînt-Hilaire , des cas où les faits de monstruosité rentrent dans la règle suivie dans le reste de la famille à laquelle l'animal appartient, car c'est une disposition générale des mammifères , que tout pied soit terminé par un nom-

j^6^ ANATOMIË ET PHT^IOLOG|£ ANIMALBS,

bre quelconque de doigts. Le cheval forme seul uue exception. H na qu'un doigt parfait, et 9 pour lui e^ trouver deux autres imparlaits sous la peau , il ^ fallu les inductions de la science et des otiservations ansite?iniques. Cestà rendre une existence entière à ces deim doigts ou ^ Tup des deui^ que ^'est e^iployée Tacûan 4q I9 monstruosité considéré^ dans c;et artide ; 1^ ch^v^l y renonce $(mx caractères de son e^pèc^ , pour repf e()drç cpi^ des ^Mtres apuni^UY 4e ^ cl^siQ , 1m fermes multidigitales das mamiin^fères.

M. I^mbur , wédecin h Ingrapde , «1 envoyé l(i ^iti

éruption 4'ua enfimt ^ douWe corps , âgé d «n imwki ^t

qui étQit encQr^ vivant lorsque le wédecin Tohservwt,

C'est 1? genx^ de mowtTttosité que M. Geoffroy pornow A«kâ>a«(e(pA6i lies 4em^ individus étaient m^l^ ft plaqéft ventre ^ ventre ' le prii^cipal con^plet dans tmt/f^ ses parties, et de la grosseur ordicsôçe ^ son %e; r^iitre de moitié plus petit et ^ns tétç. Los membres

9^p^ieurs de ce deriûer étaient rédMits à de très CQWts

moignons : le droÂt plus court que le g*^cbe , et t^miné p^r un seul doigt ; le gauche en evoit deux f^iUement «ttachéfi. Son mv^ étoit imperforé ; mm il evoit acMP^ appareil windire distinct , d où l'unie çaukât

continuellement et goutte à goutte. Ses tégmiiiats

étoien t pl^W > m ehaleui* se^i.l:demeat moindre qu*ë son feère; on w lui lientpit point de pouls: uneplwswï^ venue spontanér^ient k mn genou a résisté ^ tond les essais de méditation , et il ne paroissoit dopnei^ «^Qtul ^ne de ^^n^iMlté* Cet enfant ^t n^ort peu d«i temps

BT ZOOLOOIB. 2l63

après avoir été décrit, et ses parents n'ont pas perm» que l'on en fit lanatomie. Sa niort précoce a enlpéché aussi que Ton ne s'occupât de savoir s'il auroit été pos** sible d'enlever ces parties sumuméraires ; ce qui « dans l'idée de M. Geofiroy, qui a fait le rapport de cette monstruosité à l'académie, n'auroit probablement paa offert beaucoup plus de diificultés que la résecticm d*uÊk membre superflu*

M. Yinc^at Portai , médecin à Montmirail ^ a eôm-« mum^é & racadémi0 dea obiervationa sur troîa dé Ct» monstruosités par dtfant , que M. Geù&oj mmati/a uneneiphahâ , c'est«^k-^re dépourvue» de ôerveau f et qui ont entre elles, malgré quelque» difiK^renecs iâévitàUes, une simiblude aitigulièfé : la boité du crAtie y est ouverte, éi ses pièces atrojAiiées et rejetées sur âéf ootés ; les vertèbres du cou y sont aussi ouvertes ea arrière ; mais , dès le baut du tborax , tout rentré dma l'état ordinaire* Une podae péndoit bors de cette idiutîoii de continuité ccmtre nature , et cependant il tua parott pas qu'il soit resté trace des adbérenoes qui rat dû produite cette déviation de l'organisatic»!.

Un« aïKMnalie mm moins étosnanle que toutes ceQés dont nous venona de parler, s'esl oflferte à M« Bo* b«rt, médecin du kzaret de Marseille : c'est une itMtio» qui , outre ses mamelles ordiitàirea , eâk portt vaoà k la cuisse,, sî pwrfaitaoaeiit organisée^ qu'ira a aarti à nourrir plusieurs enfants*

Oa trouve^ au inoss de septembre^ le» branfibiës «teraes des sM>ides d'étangs ou aiiodénSeSy e^cêOm

^64 ÀNATOMIE ET PHTSIOLOÛIE ANIMALES,

des mulètes, remplies d'une quantité prodigieuse de petits bivalves vivants ; et Leuwenhoek , qui en a fait le premier l'observation, les regarda comme la progéniture de ces testacés. Il devoit s'y croire d'autant plus autorisé , qu'à une époque antérieure on trouve , au lieu de bivalves , des œufs qui bientôt laissent voirie petit bivalve dans leur intérieur, et qu'en les observant encore plus tôt, on découvre ces œufs, non pas dans les branchies, mais dans l'ovaire situé vers le dos de Fanimal : aussi son opinion a-t-elle été généralement adoptée, sauf quelques légères modifications, jusqu'à ces derniers temps où quelques natualistes du Nord ont cru devoir la combattre.

L'un d'eux, M. Ratlike, a pensé que ces petits bivalves sont des animaux parasites, dont il a même cru devoir faire un genre sous la nom de cyclidium. M. Jacobson, savant anatomiste de Copenhague, a adressé à l'académie un mémoire à l'appui de cette manière de voir. Il y montre que la forme des petites coquilles n'est pas la même que celle des grandes, dont les branchies les recèlent: en effet, leur forme approche delà triangulaire, et leurs valves ont chacune un petit crochet mobile et denté; entre ces crochets sort un petit faisceau de filets très irritables , qui tient à l'abdomen. Il fait remarquer qu'elles sont de même grandeur et de même forme dans les diverses espèces, quelle que soit la taille de ces dernières; que leur développement n'e^t en rapport ni avec la saison , ni avec l'âge de l'individu où elles sont contenues; que

ET ZOOLOOIE. 36S

leur quantité semble énorme en proportion du nombre existant des animaux dont ou croit qù'dles sont les petits. Il ajoute enfin qu'il est bien difficile de concevoir comment des organes aussi délicats que lesbran* chies ont pu être destinés naturellement à remplir la fonction d'oviductes , et même d'utérus.

• A ces arguments, M. de Blainville, qui a fait le rapport sur l'ouvrage de M. Jacobson, en a opposé d'autres qui ne lui paroissent pas moins concluants. On voit dans l'ovaire des œufs tout semblables à ceux qui, à une certaine époque , remplissent les branchies externes. On peut suivre leur route depuis leur premier séjour jusqu'au second : avant que l'ovaire se débarrasse , la branchie se remplit d'une liqueur laiteuse, comme pour se préparer à recevoir le dépôt qui va lui être confié ; un animal parasite iroît-il déposer ses œufs au fond de cette cavité regardée comme l'ovaire? leis déposeroit-il même en si grande abondance dans les branchies, et seulement dans les branchies externes , sans qu'il s'en répandît ailleurs ? Les anodontes , les mulètes , ne marqueroient-elles pas quelque soufïrance lorsqu'elles seroient ainsi surchargées de parasites? Au contraire, on ne voit jamais à leurs branchies des traces de désorganisation. Pour mieux établir son opinion, M. de Blainville a observé, de concert avec M. de Roissy , des mulètes et de anodontes dans la saison où leurs branchies se remplissent. Ils les ont vus pondre et déposer des grains, qu'ils ont regardés comme des œufs, par séries assez régulières

366 ANATOMIE ET PHTilOLOOIE ANIMALES,

et en petites mass^ inégales ; mais ils n'ont pu en voir sortir de petits animaux : observation qui seroit asses peu d accord avec celles d'après lesquelles les petits éclo* roient dans le corps même de la mère , ce qui seroit nécessaire si les êtres sur lesquels on est en doute étoient les petits eux-mêmes ; car bien certainement ceux-ci se développent dans le corps de la aioule. BIM. Évererd Hooie et Baiier ont vu le» ceofa bien Sanaéê dans lovaire le lo août; ik le» ont vus pMMr dans finlérieur de la brandiie ^ers le do » mus ofireiàt déjà le petit bivalve au travers de leurs peroia. Lm»* que les petite animaux a appi^èteot à quitter cette de* meure I U se forme un canal qui entoure &bl partie le pied de la moule, et par lequel ils sortent , ee qui a lieu en octobre et en novembre. A la fin de novemb^ tous ces pedta animaux sont sortis , et Ton trouve déjà dans lovaire de jeunes ceufs préparés pour l'année suivante^

Les organes de la circulation dea crustacéa ont été l'objet de recherches suivies, et de |Nréparationa ana« tomiques très saignées de la part de MM« Audouin et Milne £dvfards« On savoit, par les leçon» d'analomie comparée de M* Cuvier^ que, dans ces animaujt, comme dans les mollusques gastéropodeel et acé^tdes^ le cœur musculaire est placé à l'inverse despoisaMia^ c'est-à^îre sur le dos , où il reçoit le sang des buan^^ cbies , qu'il transmet par les artère» dans les diverses paftieB du coa^ps , tandia que le sang du. «orpa, réuni daM w ou{J«i^^etv» tfwç» ^eînew qi» régnent le

^ ST Z0ÛI.06IS. 267

loDg du ventre , se distribue aux brancliies sans appa* reil musculaire ; d'où il résulte que le cœur des crush tacés représente les cavités gauchesducœur deriiomme, tandis que celui des poissons en représente les cavités drqites. Mf^is des ouvrages postérieurs avoient jeté du doute sur cette doctrine. MM. Audouin et Milmi £)dwftrdf , ayant injecté les vaisseaux de plusieurs gran** 4e& espèces d'écreviases et de crabes^ ont naa-«eulf« mml reconnu que telle est la marche du fluid0 dans ce) apimi^ux ; mais ils wX ^^icore décrit et représenté dani I9 plus grand détai) la distribution de leurs vaisseaux « la structure de leurs branchies , en uq mot , tout 0^ qui ^ rappoFte k leur angiologiç. L'ouvragQ de ces naturalistes , accompagné de belles planches hthogra*«i pbiées , forme une monographie complète de cette pais tie importante du sjstèo^ vasculair^; il a été im*^ primé dans lea Annales des sciences naturelles s rçoueil qui devient de jour en jour plus intéressant par la richesse des Mémoires dont il se compose.

Un grand vaisseau de chaque côté va des branchies auçcsur; des valvules placées à Ventrée du viscère sop^ posent à la rétrogradation du sang ; six artères pria* dpales sortent du cœur ; trois en avant pour les yeux 1 les antennes et les parties voisines; deux moyennes pour le foie ; enfin une sixième plus considérable 1 qui descend vers la poitrine , et se distribue dans Tabdomen, dans les parties postérieures du trono et dans leS( men(ibres% Les veines sont d une ténuité extrême ; l^ur Punique ne ^mUe qu'une membrane liée îmû^

mement au tissu des parties qu'elles traversent. Elles aboutissent à un ou à deux sînus ou réservoirs pratiqués dans Tépaisseur des pièces écailleuses qui composent le thorax, et elles forment, sous leur protection, des espèces de cellules communiquant ensemble, et d'où se détachent les vaisseaux qui s'introduisent sur la face externe des branchies par leur base. Après que le sang a été subdivisé presque à l'infini sur les parois des lames ou des houppes branchiales, c'est par des vaisseaux de leur face interne qu'il retourne dans les deux grands tropcs qui aboutissent au cœur.

Ces cellules veineuses, qui envoient le sang aux branchies, ont, selon MM. Audouin c^t Milne Edwards, deTanalogie avec ce que, dans les céphalopodes, on a nommé les cœurs latéraux. Elles représentent , en effet , les cavités droites , seulement elles ne paroissent pas musculaires.

Nous ne pouvons qu'indiquer ici un travail considérable de M. Chabrier, sur les mouvements progressifs de Thomme et des animaux , travail qui ofire des détails précieux sur les organes par lesquels ce mouvement s'exécute , et qui en donne une théorie que l'auteur juge nouvelle, mais qui n'a paru différer que parles termes de celle qui est leplusgénéralementreçue.

M. Bory Saint- Vincent a publié une histoire naturelle de l'homme, extraite du Dictionnaire classique d'histoire naturelle , et conçue d'après des idées entièrement propres à l'auteur. Selon lui, le genre hu-

BT ZOOLOGIE. 269

main, non-seulement ne scroit pas réduit à une seule espèce, mais il se composeroit d'espèces plus nombreuses qu il n'en a été admis jusqu'à ce jour par les écrivains qui les ont le plus multipliées. Le commun des Européens, les Arabes , .les Indous, les Tartares, les Chinois , les petits hommes qui habitent le Nord des deux continents, et que l'on connoît sous les noms de Lapons , de Samoyèdes et d'ELsquimaux , les habitants des lies de la mer du Sud , ceux de la Nouvelle- Hollande, seroient des espèces distinctes aussi bien que les Nègres , les Cafres et les Hottentots. L'Amérique auroit trois espèces qui lui seroient propres; celle qui occupe les pays situés entre la baie d'Hudson et le fleuve des Amazones, celle qui habite au sud de ce fleuve, et celle qui est confinée à la pointe méridionale , ou ce que l'on appelle les Patagons : mais les Mexicains et les Péruviens seroient descendus de l'espèce des îles de la mer du Sud. M. Bory donne des noms à ces quinze espèces , et cherche à leur assigner des caractères distincdfs ; il les subdivise en races et en variétés. Ainsi , l'espèce japétique ou européenne se divise en race caucasique , race pelage , race celtique, race germanique, qui elle-même comprend une variété teutone et une variété slavone.

Les personnes qui se sont occupées d'ethnographie, et se sont fait quelqu'idée des caractères des peuples, concevront facilement sur quelles bases reposent ces distinctions, et en rechercheront sans doute avec intérêt le détail dans l'ouvrage de. M. iBory,

9^0 ANATOMIB BT FftTftfOLÔdlE ANIMALKS,

La girafe donnée au rai par k pacha d'Egypte, et qui 08 Toit aujourd'hui à la ménagerie du Jardin du roi , étant le premier individu de cette espèce qui ait été tu vivant en France, a donné fied k plusieurs écrits concernant son histoire naturelle^

M. Mongez a rassemblé les passages des auteurs anciens où il en est question , et ceux des auteurs du moyen âge , qui parlent des girafes vues en Burope à diverses époques.

Aristote ne paroit pas avoir connu ce singulier animal : Ptolomée Philadelphe fut le premier qui en montra une dans la célèbre fête dont Athénée nous a conservé le détail. L'espèce a été décrite p0r Agatharchide et par Artémidore. César en fit paroitfe une à Rome , dans les jeux du cirque , quaranltf-dnq ans avant Jésus^hrist. H y m a une rprésentéei^d^ exactement sur la mosaïque de Palestrine , monument que Ton croit de fépoque d'Adrien. A la fin du premier millénaire de Rome, Fan de J^us*£hrist st49, Tempereur Pliilippe fit voir, entre autres animaux extraordinaires, jusqu'à dix girafes à la fois; et il en parut encore plusieurs au triomphe d'Aurâien ,

en a84-

Il en est question ensuite dans nombre d'auteurs. Cosmas, Philostorge, Héïiodore, Marcellin, Cassianus Bassus , Pachimère , en parlent plus ou moins exactement; et l'on juge, par ce que ces écritains en disent, qu'il avoit dû en être amené plus d'une fois , aoit à Alexandrie , soit à Constantinople.

Page 1