ET GÉ0L061K
OÙ se formoient les terrains primordidux le liquide déposoit quelquefois encore, à deux et trois reprises, les mêmes substances qu'il avoit déposées d'abord. Le$ irr^ularités, les répétitions desroches, deviennent plus fréquentes à la seeonde époque, lorsqu'il se dépose aussi des bancs composés des débris des roches primitives , et lorsque les roches qui domineront à 1 époque troisième commencent à se montrer. A mesure qu'on avance vers les temps récents les roches deviennent moins caractérisées, ou plutôt les minéralogistes, donnant moins d^at<* tention à leurs différences, ne les distinguent plus dune manière aussi claire. Il arrive enfin une quatrième époque où il ne se forme plus de ces couches générales qui embrassent presque tout le globe, mais seulement de« dépôts partiels qui scm* blent s'être précipités dans des. bassins séparés les uns des autres.
M. de Bonnard fait connoitre les roches qui apr partiennent à chacune de ces grandes classes, non plus par ordre de formation, parceque Us retours, les répétitions, lui auroient donné trop ie difficultés, mais d'après leur nature minéralogique , ce qui s'écarte peut-être un peu de son plan pri* mitif : mais la géognosie en est là ; le temps seul et 1^ efforts d'observateurs doués de géçiie peuvent découvrir des loi& qui permettront à la mé^
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thode de descendre jusqu'aux lits les plus particu-* liers. '
M. Brongniart a montré par un exemple curieux qu'eu effet les mêmes lits, contenant des fossiles de même nature^ se trouvent quelquefois sur les points de la terre les plus éloignés avec des circon-» stances dont la similitude va jusqu'à la minutie.
M« Hozack, médecin et naturaliste américain^ avoit adressé à FAcadémie une empreinte de cette espèce singulière de crustacé inconnue aujourd'hui dan$ les mers, et qui se rencontre assez fréquemment pétrifiée , à laquelle on a donné le nom de trilobite.
M. Brongniart, qui avoit fait depuis long-temps une étude particulière de ce genre de fossiles , avoit montré que tous les terrains où il existe appar^ tiennent à la classe dite des terrains de sédiments anciens, et que les diSiérences spécifiques qu'il pré'» sente sont en rapport avec le plus ou moins d'an-^ cienneté des dépôts qui composent ces terrains.
Ce que l'on a observé sur les trilobites d'Amérique est en accord par&it avec le résultat des observations faites dans l'ancien monde.
M. RigoUot, membre de l'académie d'Amiens, a adressé des observations sur un genre de fossile
ET K^ÉpiiOC^IE* 337
plus commun^ sjxt des dents d'éléphants et de rbi^ npcé^os déterrées à la porte d'Amiens dans de§ couches de gravier. La vallée de la Somme, comme beaucoup d'autres, est remplie de ces sortes de débris organiques ; et déjà plusieurs fois nous avons eu occasion d'eu parler d'après les recherebes de M. Traullé,corresppndantde TlnsJiitutàAbbevUle.
* Nous devons à M. Brochant un traité élémentaire sur la cristaltisation, que Fauteur a inséré dans Te Pktionnaire des Sciences naturelles. Tous les faits que cette partie importante de Ihistoire des minéraux doit aux longues et savantes recherches de M. Hatiy sixi les formes des cristaux et sur la manière dont c6Ues de chaque espèce peuvent être ramenées à une formé ppmitive constante sont exposés dans cet ouvrage avec méthode et clarté. L'auteur y a joint les résultats des .nouvelles expériences de M. BeudsmtQiur les causes extérieures et intérieures qui peyvent déterminer dans chaque espèce la production d'uue formé secondaire plutôt que d'unç autre. . ' .
f M. Sage, accablé par des infirmités cruelles et nombreuses, ne cesse cependant de doiyaer au pu* blic quelques produits de sa plume.
L'Académie a reçu de lui cette année une bro-
B17FFON. GOMPLBM. T. II. a a
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chure sur ^ed découvertes ininéralogiqué$, et un ouvrage <{u^il a intitulé : Mélanges hisêariques et physiques.
M. CSordier, dans un mémoire dont nous avons rendu compte T^née dernière ^ nous a appris que la pierre d alun compacte ne se trouve pas seulement à la Tolfa et dans quelques endroits de lltalie et de la Hongrie , mais qu on la rencontre dans plu* sieurd volcans brûlants , et dans les volcans éteints de TAuvergne ; il a de plus établi cette pierre comme une- espèce minéralogique caractérisée. Cette tinnée le même minéralogiste en a décrit les cristaux d'après de beai» échantillons de la Tofia qui lui ont été communiqués par M. le chevalier de Parga, conseiller d^état du roi d^Espagae.
Ces cristaux n excédent pas trois millimètres. Leur forme primitive est un rhomboèdre de 89** et de gt"" d'angles, en sorte qu'à Tceil on la eonfou* droit avec un cube. 11 est sous-diviiible dans le sens d'un plan perpendiculaire à l'axe. Outre la forme primitive on en cohnott une variété tronquée par les sommets, et dont la troncature peut aller jusqu'à convertir le cristal ea une lame besagone. Leur pesanteur spécifique est de 2,7 5 1 7 ; leur analyse a donné :
Bt GÉOLOGIE. 3%
Àciik ^tfurique. ...» ; 35,263
Alumine .....;..... 39,533
Potasse ^^JJ
Eau 14^827
M. Betidant, qui a examiné sur place en Hongrie des roches de la même nàttu^, les a vues au milieu dautres roches auxquelles dies passent îasensihle^ ment, et qui lui ont para résulter de la décomposi* tion des pieiTes ponces , et d'une nouvelle combinaison de leurs éléments. Elles renferment souyent des débris organiques.
Les roches appelées ^rpenêines ou gahbro des italiens, et dans les.deroîers tem^s ifpkiolitheSy et ces autres roches que les Italiens nomment graniisne et auxquelles on vient de donner le nom à^euphotides, forment, soit chacune à |>art, soit asso* eiées Tune à lautre, de»étendiïes cwsidérables d^ telrrain, et les géologistes les plus habiles avoient pensé jusqi^ présent quelles senfonçoiéift toujours sous les rocheâ csdcairés qui les ^voîsinen^,'el appartenoient en conséqu^noe à des formations plus anciennes; on 1^ rapportoit sinon aux terrains pruni^rdiaux^du mdinsaux premiers terrainà de transition. •
M. Brongniart , qui a beaucoup étudié la position de ces roches dans son dernier voyage dltahe, croit
34o MINÉRALOGIE
en avoir reconnu df s couche^ bien postérieures à tous les terrains de transitijon.
Il les a vues distinctement en trois lieux différents de la crêt£ des Apennins; savoir, au-dessus de la Spezzia, au-dessus de Prato, et entre Florence et Bologne , reposant sur des jaspes et sur des bancs de différents calcairesde sédiment otd agrégation, tels que le calcaire compacte^ à grain fin gris brun, traversé de veines spâtbiques, qui forme en certain^ endroits une grande partie de la ma«se des Apennins; le calcaire solide, d apparence grenue et micacée d'un C^*^ Weuâtre, appelé pilera serena par les Florentins; et cet autre calcaire grenu et micacé, de texture*sjcbisteuse, nommé macignooxx bardellone.
On voit quelquefois entre les lits. de ces pierres des noyaux de silex , toujours étrangers aux anciens términs de transition ; mais ils ne renferment point comme ces derniers des métaux ni des antràcites; si.on tes compare au coiftraire avec ceux qu on appelle alpins, et qui sontcertaineinent plus modernes que les terrains de transition ; on trouve i|tt'ils ont avec eux la plus grande ressegdblance; ainsiles couches d opbiolitbes placées sur les pierr^ d^i^natipre alpine sont eljes-mèmes nécessairement plus modernes queles-terrains de transition.
A la vérité M. Brongniart a remarqué eq quel-
ET GEOLOGIE. 34l
qnes endroits, notamment au Monte-Ramc^^po, audessus de Gènes , que lophiolithe y repose immédiatement sur des terrains talqueux et schisteux anciens, mais il pense qi/en ces endroits Jes caleaires qui devroient s'interposer sont venus à man- <faev.
D a observé en ce même lieu que le niàrbre cér lébre dans les arts sous le nom de vert de mer^ et qui s^e eompose de calcaire et de serpentine , appartient aux terrains ophiolithiques.
L auteur nous fait aussi çonnottre dans le cours de sou mémoire que les émanations au gaz hydrogène qui entretient les feux si célèbres de Pietra- Mala, entre Florence et Bologne , et ceux de Éarigazzo^ entre Pistoia et Modéne , sortent du calcaire arénacé; mais les autres vapeurs, non moins remarquables, d'une chaleur excessive, et qui portent l'acide boracique dans les petits lacs des environs de Volterre , traversent le calcaire compacte.
. Quant à l'opinion qui fait le principal objet de $on travail, elle est tellement HifFérente de celle de tous les. géologistes qui ont jusqu'à présent visité lYtalie que M. Brongniàrt se demande s'il n'y aurbit pas en capays deux formations ophiolithiques. Il est«ur-tout porté à le penser d'après ùite description très explicite donnée par M. Brocc^i du^ promontoire d*Âr|[enthro près d'Orbitello,.oùil paroi-