BUFFON. COMPLÉM. T. III. S
principale part dans le développement du bois, et par conséquent dans le grossissemeiat du tronc.
M. Féburier, eultivateur à Versailles, a essayé de recueillir séparément ces deux sèves; pour cet effet il a pratiqué une entaille profonde à un tronc d'arbre, et adapte une vessie contre la paroi inférioure , de manière qu'il ne pût y entrer que le liquide (jui TÎendroit des parties de larbre situées dif-dessous ;^ il a fait une autre entaille , et il a placé la vessie à la paroi supérieure , en sorte qu elle ne pou voit recevoir que des sucs venus d^au*dessus.
M. Fcburier considère la sève recueillie dans la vessie inférieure comme de la sève montante;' et Fautre comme de la sève descendante, et donne des observations nombreuses sur les proportions de Fane et de l'autre en diverses circonstances. Voulant ensuite s'assurer du chemin que chaque sève par-* court dans l'intérieur du végétal, il a plongé alter^ nativement , par les deux bouts , des branches d'arbres dans des teintures colorées. Dans les deux cas, ces teintures lui ont paru suivre les fibres ligneuses de l'étui médullaire, ce qui lui fait attribuer la même marche aux deux sèves, en quoi il se ren*eontre avec le résuhat d'autres expériences faites par MttsteK
M. Féburier pense d'ailleurs que la sève ascendante contribue principalement au développement
de& brattchcs ; la descendante , à celui des i^cînes : mais it croit qvké le ccnnbium, ou cette humeur qui trafns^ude horizontalement du tronc, et que Von regarde comme la matière qui donne à Farbre sont accroissement en épaisseur, résulte , ainsi que les sucs propres, du mélange des deux sèves.
La présence des feuilles nécessaires pour produire la sféve descendante l'est en conséquence aussi pour laccroissenicnt en épaisseur ; mais les bourgeons, à qui M. du Petit -Thouars lait jouer un grand rôle dans cette opération, n'y ont aucune part, selon M. Féburier, car elle a lieu, dit-il, tant que les feuilles existent, et elle cessé aussitôt qu'on les enleTè , soit qu'on laisse les bourgeons ou non.
Quant à ce qt»i regarde les fleurs et les fruits, M. Féburier assure avoir observé que la sève ascendante, lorsqu'elle prédomine, tend à déterminer la production des fleurs simples et le développement complet des germes; que la sève descendante au contraire, lorsquelte est surabondante, opère la multiplication des fleurs et des pétales , et le grossissement des péricarpes , et par conséquent de la partie charnue deà fruits : principes d'où il seroit &cile de déduire beaucoup de pratiques utiles à la culture, et qui expliqueroient aussi plusieurs des pratiques déjà indiquées par l'expérience.
Selon M. Féburier, l'âiibier m^ k nt?, mais ga-
ranti du contact de l'air, est en état de reproduire, par le moyen du cambium, le liber et lecorce nécessaires pour le recouvrir, comme l ecorce produit habituellement, et même lorsqu'on l'a en partie écartée de son tronc , du liber et de l'aubier. En ce point il a pour antagoniste notre collègue, M. Palisot de Beauvois , qui s'est occupé de ces questions toujours difficiles, de la marche de la sève et de la formation du bois. Selon ce botaniste, ce suintement d'une humeur glaireuse, que quelques physiologistes supposent émaner de l'aubier ancien, et qui contribueroit à la formation du liber, n'est pas fondé sur des expériences probantes. Au contraire, quand on a enlevé une portion d'écorce à un arbre, et qu'on a bien frotté la plaie , de manière à n'y laisser ni liber ni cambium, ni l'aubier ni le bois ne reproduisent rien; mais les bords de la solution de continuité faite à Técorce s'étendent, recouvrent le bois restée nu , et produisent alors du liber et de l'aubier incontestablement émanés de cette écorce, M. de Beauvois annonce qu'il mettra bientôt dans tout son jou r cette proposition , qu'il n'a énoncée que par occasion dans un mémoire sur la moelle des végétaux.
L'opinion des physiologistes a été jusqu'à présent très partagée sur l'utilité et les fonctions de la moelle des végétaux. Suivant les uns, cet organe est néces-
saire à la vie des plantes durant toute leur existence ; suivant d'autres, elle ne leur est utile que dans les premières années , et tout le temps seulement qu elle est verte, succulente, et lorsqu'elle peut encore être aisément confondue avec le tissu cellulaire. M. de Beau vois a fait, à ce sujet, des observations qui tendent à établir que la moelle exerce, pendant toute la vie des plantes, des fonctions sinon d'une nécessité absolue pour leur existence, du moins très importantes pour leurs progrès, et les développements de leurs branches, de leurs feuilles, et sur-tout des organes nécessaires à leur reproduction.
Il a remarqué que l'étui médullaire, c est-à-dire la couche circulaire de fibres qui entourent immédiatement la masse de la moelle, a toujours une forme correspondante à l'arrangement et à la disposition des branches , des rameaux , et des feuilles ; que, dans les végétaux à rameaux et à feuilles verticillées , par exemple, la coupe horizontale de letui médullaire montre autant d'angles qu'il y a de rameaux à chaque étage et à chaque verticille.
Ainsi l'étui médullaire du laurier rose offre un triangle équilatéral si la branche au-dessous des verticilles est à trois rameaux et à trois feuilles ; mais si on le coupe en dessous du verticille le plus inférieur, dont souvent un rameau et une feuille avortent, il n'aura que deux angles et le vestige d'un
troisième également avorté. Cette loi s est trouvée constante, même dans le$ plantes h^rbacéeç. .
M. de 3eauvois a commencé des observations semblables sur les plantes à feuilles opposées, al-* ternes, distiques, en spirales répétées, ^t (Composées de quatre, cinq, et un plus granc} nombre de feuilles et de rameaux. Il regarde comme probable qu'il y trouvera les mêmes rapports ^ntre la form^ de Tétui médullaire et la disposition des branche des rameaux, et des feuilles. Par exemple 1^ feuilles opposées semblent nécessiter un étui médullaiiie rond , et qui devient ovale , ayant les e^trémiliés da plus en plus aiguës 9 plus il se rapproche du point de Tinsertion des rameaux et des feuilles.
Lorsque les feuilles sont alternes, le cierçle est moins parfait, les extrémités s amincissent égale^ ment, mais alternativement, et chacune du côté où doit paroître le rameau.
Lorsque les feuilles sont en spirale, le nombre des angles de Tétui médullaire est égal à celui des feuilles dont se composent les spirales. C e^t ain$i que Fétui médullaire du tilleul a a que quatrq angles; celui du chêne, du châtaigiiier, de la ronce, du poirier, de presque tous les arbres fruitiers, etc. , est à cinq angles plus ou moins réguliers , parceque les spirales se multiplient et se succèdent constamment d« cinq en cinq. •
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Gr^sw et Bonnet paroisseiït avoir été seuls sur la voie de ces observations. Le premier avoit observé des formes très variées dans Tétui médullaire , surtout dans celui des raeines pivotantes des pLautes potagènes ; aiais il n a point saisi les rapports de ces formes av«c des dispositions des rameaux et des feoilles. Le seoojad s'est attaché à tUsti^ygaer les vél^laux à feuiUes opposées^ verticillées, alternes, en spirales, mais n^a pas fait le rapprochement de ces dispositions avec la forme de letui médullaire.
M. de Mlrbel a continué ses rocberches sur la structure des organes de la fructification dans les végétaux, où il a été secoadé, av>ec un zèle et une mtelligeskce qu'il se plaît à reconnoitre, par M. Schubert, que le g^uver/nement du grand -duché de Varsovie a eavoyé en France pour se perfectionner dans la botanique, qu il doit bientôt enseigner en Pologne,
Oes deux botanistes ont examiné tous les genres de la famille des arbres à aiguilles ou conifères, Tune des plus importantes à connoitre à cause de la sin* gularité de son organisation, de la grandeur des espèces qu'elle i^nferme, et de l'utilité de ses produits. Il n*-e$t personne qui ne distingue très bien^ au premief coup d'oeil, le cédne , le mélèsce , le pin , le sapin , le thuya , le cyprès., Tif , le genévrie*'; mais, quoiqae les boitanistes aient étudié avec une atten<-
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tion particulière les org[anes de la reproduction de ces végétaux , ils ne sont point d'accord sur les caractères de la fleur femelle, ou pour mieux dire la plupart conviennent que le stigmate du pin , du sapin , du cèdre, et du mélèze, est encore à trouver. On pourroit donc dire que ces arbres sont, à cet égard , des espèces de ci'yptogames. MM. de Mirbel et Schubert vont plus loin : ils assurent que I9 fleur femelle de Tif, du genévrier, du thuya, du cyprès, etc., n'est pas mieux connue, et que, sans exception, tous les genres de la famille des conifères ont un caractère commun, qui jusqu'à présenta trompé les observateurs, et qui consiste dans lexistence d'une cupule, non pas telle que celle de la fleur du chêne , qui ne couvre que la base de l'ovaire, mais beaucoup plus creuse, cachant entièrement l'ovaire , et i^sserrée en manière de goulot à son orifice. La fleur femelle, renfermée dans cette enveloppe, a échappée l'observation . Dans le thuya, l'if, le genévrier, le cyprès , etc. , la cupule est redressée; et, par une erreur qu'explique l'extrême petitesse des organes, on a pris de tout temps l'orifice de cette cupule pTour le stigmate. Dans le cèdre, le mélèze, le pin, et le sapin, la cupule est renversée, et son orifice est très difficile à apercevoir. C'est seulement dans ces dernières années qu'elle a été observée, en Angleterre par M. Salisbury, en France
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par MM. Poiteaii, de Mirbel, et Schubert. Ces botanistes n^orit pas hésité à la considérer comme le stigmate; et cela étoit naturel, puisqu'on s'accor* doit à placer le stigmate de l'if, du thuya , du cyprès, etc. , à l'orifice de la cupule. Mais des recherches ultérieures ont détrompé MM. de Mirbel et Schubert. Par le moyen d'une anatomie délicate, ils ont reconnu que ce que l'on prend généralement pour la fleur femelle dans les conifères n'est autre chose que la cupule, dont la forme imite assez bien celle d'un pistil, et qui recèle dans sa cavité la véritable fleur, laquelle est pourvue d'un calice membraneux adhérent à l'ovaire, et d'un stigmate sessile dans tous les genres, excepté dans Vephedra.
Gn conçoit que cette structure, si différente de ce qu'on avoit imaginé jusqu'ici, amène de grands changements dans l'exposition des caractères de la famille et des genres.
Selon M. de Mirbel, la fleur femelle des plantes de la famille du cycas a une organisation analogue à celle des conifères; ce qui viendrait à l'appui du sentiment de M. Richard, qui place ces deux familles l'une à côté de l'autre parmi les dicotylédons ; mais M. de Mirbel pense que, tant que les caractères de la végétation serviront de base aux deux grandes divisions des végétaux à fleurs visibles , les cycadées ne pourront être éloignées des palmiers.
L or^aisatioa de la fleur mâle des mousses a été ausai le sujet des recherches de MM. de Mirbel et Schubert. Après Hedwig il eût été difficile de découvrir quelques faits neufs sur cette Baatière. Maïs la rupture des anthères et 1 emissiondu pollen ëtoient des phénomènes que plusieurs botanistes révo* quoient en doute. Nos deux botanistes assurent qu'ils se sont offerts de la manière la moins éq^ii^ voque à leurs regards. Ljes organes <iu*Hedwig ap^ pelle mâles, dans le pofytrichum commune, placés sur r«au , se sont fendus en bec à leur sommet, et ont lancé une liqueur oléagineuse , qui «est étendue comme un léger nuage à la surface du liquide. MM. de Mirbel et Schubert ont alors soumis comparativement à lobservation le pollen d'un grand nombre de plantes phanérogames, et ils ont vu qu'il se comportoit tout*à-fait de même que les parties mâles des mousses ; ce qui les porte à croire que ces parties^ désignées sous le nom d'anthères par Hedwig, pourroient bien n'être que de simples grains de pollen nu , d'une forme particulière.
M. de Mirbel en particulier a continué ses recherches sur la germination: Il remtarque, contre l'opi* nion assez ;généralement répandue^ que la radicule Re perce pas toujours la première. Par exemple dans beaucoup de cypéracées c'est constamment la plumule qui paroit d'abord.
Le miêine boianUtea reproduit sous \xu nouveau jour, et avec des modifications et des additions im* portantes^ ses opinions sur Forganisation des tiges , sur leur développement, et sur la structure, tant interne qu'externe , des organes de la fécondation des plantes.
M. Henri deCassini, fils de lun de nos confrères, et dont le nom est si célèbre en astronomie, a présenté à rinstitut un mémoire qui fait bien augurer de ses succès dans une autre science. Il a examiné avec un soin particulier le style et le stigmate cJhqs toute une fiimille de plantes bien connues soiis le^ noms décomposées, de syngénésies, ondfsSynanthérées ; et des organes si peu considérables lui ont offert une foule de différences curieuses , qui lui ont suffi pour proposer une division de ces plantes , uniquement fondée sur les modifications de ces deux parties du pistil.
Nous regrettons de ne pouvoir suivie cet habile observateur dans les détails où il est entré, et qu'il a décrits et dessinés avec une netteté singulière ; on ne doute point qu'ils ne servent beaucoup un jour à perfectionna la classification de cette famille si nombreuse et si naturelle , et dont la subdivision doit être en conséquence plus difficile qu'aucune autre.
Il est peu de familles de vi^étaux aussi directer
ment utiles à lliotnine que celle des g[raminëes , où l'on compte le blé, le seigle, le riz, le maïs, le sorgho, la canne à sucre, 1 orge, lavoine, le mil ou millet, le roseau, le sparte, etc.
Nommer ces plantes c'est assez faire sentir l'importance d'un ouvrage qui apprendroit à les connottre avec certitude.
TjCS caractères dont on s'est servi jusqu'à présent sont généralement regardés comme insuffisants. A chaque pas l'observateur se trouve arrêté; il lui est difficile, souvent même impossible, de trouver le véritable genre de la plante qu'il examine ; souvent aussi les caractères adoptés ne conviennent qu'à quelques espèces, et ne se retrouvent plus dans le reste du genre.
M. Palisot de Beauvois a entrepris sur cette famille un travail général, qu'il vient de publier sous le titre d'Essai dJgrostographie. Il s'est attaché à écarter toute espèce de confusion, et à donner à chaque genre des signes constants et faciles à saisir, de manière que l'observateur ne puisse plus être égaré.
Pour cet effet il a été obligé d'adopter de nouvelles bases , qu'il a déjà annoncées dans sa Flore dOware et de Bénin, et qui tiennent principalement à la séparation ou à la réunion des sexes , à la composition de la fleur, et au nombre de ses enveloppes.
Vingt-cinq planches, dans lesquelles tous ces caractères sont représentés, facilitent 1 étude de ces plantes, qui intéressent tous les ordres de la société, et les personnes même qui ne font pas leur occupation essentielle de la botanique.
M. de Beauvois continue sa Fhre dOware et de Bénin, dont la treizième livraison est publiée, etson Histoire des iiisectes recueillis en Afrique et en Amérique, dont la huitième livraison a paru.
M. de La Kllardière a continué et termine le Recueil de ses plantes rares de Syrie et du Liban, par les quatrième et cinquième livraisons.
Le même naturaliste a communiqué à llnstitut plusieurs observations particulières et intéressantes d'histoire natu relie, q u'il a voit (ai tesdans son voya{];e au Levant, dont la publication a été interrompue par le voyage plus looget plus dangereux qu*il a fait depuis avec d*Entrecasteaux, et dont le public a la relation depuis plusieurs années.
M. Gouan, correspondant de Tlnstitut à Montpellier, a publié une description des caractères génériques du ginko biloba, arbre singulier du Japon, que Ton possédoit depuis long-temps en Europe, mais qui nV ayant point encore fleuri navoit pu être mis à sa place dans le système des végétaux.
Il est. une famille de plantes bien moins importantes que les graminées par ses usages, mais beau-
saison de la végétation , ses feuilles conservent leur adhérence.
On sait que plusieurs fleurs s ouvrent et se ferment à des heures déterminées , et que la chaleur et rhumidité ont une grande influence sur ce phénomène ; M. Desvaux , botaniste à Paris , a fait à cet égard des observations sur les mésembrianthémums, plantes où ces mouvements alternatifs sont si re* marquables qu on en a tiré leur nom générique, et il a trouvé que la cause en réside, non pas dans la corolle, comme on le croyoit, mais dans le calice, qui en se fermant force la corolle à obéir à ses contractions , au point que si on retranche le calice la corolle reste épanouie la nuit comme le jour.
M. de Mirbel , notre confrère , nous a présenté cette année deux séries de recherches; la première sur la graine et sur les membranes qui la revêtent ; la seconde sur le péricarpe y c'est-à-dire sur le réceptacle où la graine est logée. Il a d abord examiné jusqu a quel point l'on peut regarder comme exacte l'analogie établie par Malpighi entre les tuniques qui revêtent dans la matrice le fœtus des animaux, et celles qui enveloppent la graine des plantes. L'embryon composé de la plumule et de la radicule étant considéré comme un fœtus, Malpighi crut reconnoître dans le testa, ou tunique extérieure, le représentant du chorion, et dans le tegmen , ou tu-
nique intérieure, celui de Vamnios; le périsperme lui parut représenter la liqueur qui remplit lamnies , et dans laquelle le fœtus nage. M. de Mirbel trouve au contraire que, dans les premiers temps, la ^aine n est qu un tissu cellulaire mucilagineux et continu , dont une partie devient d'abord l'embryon , et dont le reste forme ensuite le périsperme et les tuniques séminales, sans qu a aucune époque on puisse dire que Fembryon nage dans une liqueur. L'état mucilagineux de ce tissu et sa transparence auront donné lieu , à ce qu'il croit , à la comparaison peu juste de Malpighi.
M. de Mirbel passant à 1 examen du péricarpe est parvenu à en ramener les formes à une loi générale, qui, déterminant ce qu'il y a d'essentiel dans cette partie du végétal , réduit presque à rien les anomalies qu'elles sembloient offrir dans certaines familles. Le type général de toute capsule péricarpienne lui a paru pouvoir se représenter par une petite boite aplatie par les côtés , et composée de deux valves dont l'union forme deux bords ou deux sutures, une plus courte et l'autre plus droite; à cette dernière suture adhèrentles petites graines, soit du corps de la plante , soit du style ou de l'organe qui leur transmet l'action fécondante. Cette disposition est sensible dans les gousses des légumineuses, telles que les haricots, les pois, etc. On
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laperçoit encore fort bien dans les noyaux des amandes , des pêches , des cerises , etc. , où lun des côtés a toujours un sillon et quelquefois un canal qui indifiue le passage des vaisseaux. M. de Mirbel donne le nom de camare à une telle capsule simple. Les plantes que nous venons de citer- n'en ont qu'une par fleur. Quand il y en a plusieurs leurs sutures séminifères ou vasculaires sont toujours du côté de Taxe idéal du fruit , et si on se les représente soudées ensemble elles forqient une seule boite péricarpienne divisée en plusieurs loges , et portant les graines le long de son axe central.
Cest ainsi que dans une même famille les camares sont tantôt distinctes , tantôt réunies selon les genres, comme on le voit dans les renonculacées , les rutacées ; c est encore ainsi que certaines camares , soudées d abord , se séparent à l'époque de la maturité, comme dans la rose trémière, l'euphorbe, le hura crepiiansy etc.
Une fois ces idées admises l'on trouve que les péricarpes, très différents au premier coup d'œil, ne sont cependant que des modifications assez légères d'un dessein commun ; mais , comme il arrive aussi de là que des familles très éloignées ont des péricarpes très semblables , on ne peut tirer que rarement de cette partie des caractères propres à bien grouper les plantes.
ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 5l
il n en est pas ainsi de la structure intérieure des graines, qui diffère beaucoupd un groupe à l'autre, et fort peu dans Fintérieur du même groupe; et c est en partie ce qui a décidé M. de Mirbel à diviser la famille des orangers de M, de Jussieu en quatre familles; savoir, les aurantiacées , déjà fort Lien circonscrites par M. Corréa; les olacinées, qui comprennent Yolax, lefissilia, le heisteria^ et le ximenia; les théacées, où se placent le thé et le camélia; et les temstrœmiées t qui renferment le ternstrœmia, et le fresiera.
Dans la famille des olacinées n est point compris le ximenia œgyptiaca, dont M. Delile a fuit avec raison un nouveau genre sous le nom de balaniies. Ce végétal , qu on ne sait encore où classer, a présenté à M. de Mirbel un caractère qui est peut-être unique dans toute la végétation. On connoit ce corps glanduleux qui est placé sous le pistil de beaucoup de fleurs, et auquel les botanistes ont donné le nom de disque ou de nectaire; il existe dans le balaniie sous la forme d'une bourse à jetons ; le pistil y est d abord renfermé tout entier et ne paroit point; mais en grossissant il écarte les bords de la bourse, et se montre au jour.
M. Henri de Gassini , dont nous avons annoncé Tannée dernière une suite considérable d observations sur le style et le stigmate de la grande famille
de plantes connues sous les noms de composées, de ^ngénésées, et de synanthérées^ pénétré du principe développé par les naturalistes philosophes, qu'une classificaton, pour donner des idées justes des êtres, doit reposer sur l'ensemble de leurs caractères , a porté cette année ses recherches sur les étamines de la même famille, où il a découvert plusieurs particularités ignorées des botanistes. Aucun d'eux par exemple n'a voit remarqué l'articulation qui partage le filet dans le voisinage de l'anthère , caractère que M. de Cassini a trouvé beaucoup plus constant que celui de l'union des anthères entre elles. Il nous promet incessamment ses observations sur la corolle, l'ovaire, le péricarpe, et la graine; et, comme on ne peut douter qu'il n'ait mis à ses recherches la même attention qu'à celles qu'il a déjà communiquées, nulle famille de plantes ne sera aussi bien connue. La botanique aura tout à attendre d'un aussi habile observateur, lorsqu'après avoir ainsi étudié une famille si naturelle, que l'on peut presque la regarder comme un grand genre , il exercera sa sagacité sur ces familles équivoques dont les caractères variés rendent les limites incertaines.
La physiologie végétale, comme toutes les autres sciences , offre de ces questions difficiles dont la nature ne fournit pas de solution évidente, et qui
feront encore long-temps lobjet des discussions dès savants.
Telle est entre autres celle de lexistence des sexes dans les plantes connues sous le nom de cryptogames. Bien des botanistes, rebutés par la difficulté d'en découvrir les organes , en sont venus à penser que ces végétaux pourroient se passer de sexes , et se propager par des bulbes ou par de simples bourgeons, aussi bien que certains animaux, tels que les polypes, *où la reproduction se fait incontestablement ainsi. D'autres au contraire , frappés de la complication de 1 appareil de reproduction dans les fougères , dans les mousses , etc. , ne peuvent croire qu un genre de propagation aussi simple que celui des bourgeons ait pu rendre nécessaires des organes si multipliés et si variés. Ils cherchent donc à re-r trouver les étamines , le pollen , le pistil , les graines , les embryons, et tous ces agents de fécondation si reconnoissables dans les plantes ordinaires; mais, comme lanalogie de forme les abandonne , quoiqu'ils se réunissent sur le principe, ils divergent dans les applications : ce que les uns prennent pour le pollen, d'autres le regardent comme la semence, ou réciproquement; de sorte que ces sexualistes, comme ils se nomment, n ont guère moins de contestations entre eux qu'avec leurs adversaires communs ou les agamistes.
Nous avons déjà rendu compte dans nos rapports précédents de plusieurs de ces discussions. Cette année en a vu renaître une partie à propos d'un grand travail de M. Desvaux sur la famille des lycopodes. On sait que ces plantes , récemment séparées des autres mousses par les botanistes , portent dans de petites capsules une poussière jaunâtre fort combustible, qui est bien connue sous le nom de poudre de lycopode, et dont on fait plusieurs usages. Sa ressemblance avec les anthères la fort considérer par M. de Beauvois conmie un véritable pollen. Cependant, selon quelques observateurs, elle ne crève pas dans leau comme le pollen ; et, de l'aveu de tous , quand on la répand sur la terre , elle lève, et donne dçs lycopodes. Mais la première propriété n'est pas d'une nature essentielle, et M. de Beauvois attribue la seconde à de petits globules qu'il a distingués parmi cette poussière, et qu'il regarde comme de petits bulbes ou bourgeons ; en sorte que, selon lui , ce ne seroit pas la poussière jaune qui léveroit , mais quelques uns de ces bourgeons que l'on n'auroit pu en séparer. Quant aux véritables semences que le pollen seroit destiné à féconder, M. de Beau vois les trouve dans d autres capsules placées tantôt entre , tantôt au-dessous des premières , et ne contenant que des petits grains ronds, transparents , et plus gros que ceux de la poudre
jaune. Mais ces capsules particulières ne se sont encore trouvées que dans un tiers environ des espèces de lycopodes , et on les a vainement cherchées dans les autres.
M. Desvaux , à-peu-près d accord sur les faits avec M. de Beauvois , en conteste les conséquences : il ne voit dans la poussière jaune que des bulbes ou bourgeons , ou , comme il les appelle, des propagules, lesquelles n'ont pas besoin de fécondation pour germer. Les autres grains observés par M. de Beau* vois ne sont probablement, dit-il, à en juger par leur petit nombre, leur transparence , et leur figure variée et irrégulière, que des propagules avortées.
M. de Beauvois répond en faisant voir que toutes les définitions que les plus savants botanistes ont données de la graine sont applicables à ces globules ; et partant du principe que Texistence d'une graine suppose celle du sexe féminin , et que l'existence d'un sexe suppose celle de l'autre, il se maintient dans ses premières idées.
Son adversaire réplique qu'une définition nominale formée d'après les idées reçues ne peut décider un procès où ces idées mêmes sont mises en contestation , et que les caractères visibles de structure , reconnus dans toutes les graines , sont loin de pouvoir être vérifiés ici , à cause de la petitesse de l'objet.
On voit que la discussion commence à devenir métaphysique. Le seul moyen de la juger aux yeux des physiologistes difficiles seroit d'opérer la fécondation de ce quon regarde comme des pistils, par le moyen de ce qu'on regarde comme du pollen ; mais qui pourroit se flatter de faire sur des organes si déUés lexpérience qui a si bien démontré Yexistence des sexes dans les plantes ordinaires?
M. Desvaux a dqnné d ailleurs une distribution méthodique de tous les lycopodes connus , en ajoutant quelques subdivisions à celles qu'avoit étabUes M. de Beauvois dans un travail précédent sur la même famille , et en prenant pour bases principales lexistence des deux sortes de capsules et la division des capsules en loges plus ou moins, nombreuses.
M. DecandoUe , correspondant de Tlnstitut et professeur à MontpelUer, a fait connoître des champignons parasites d un nouveau genre, qu'il nomme rhiwctoneSy ou mort des racines^ parcequ'ils s'attachent aux racines des plantes, et les font périr assez rapidement. M. Persoon avoit réuni sous le nom de sclerotium les fongosités charnues à l'intérieur comme des truffes , mais dépourvues de ces veines qui donnent à la chair des truffes une apparence marbrée. Hedvi^ig en avoit séparé les érysiphes, qui vivent à la surface des feuilles ; mais on pouvoit en-
core observer dans ceux qui restoient des caractères suffisants pour en faire deux genres : les uns , qui ne sont pas essentiellement parasites, et naissent dans les fumiers et les plantes décomposées, n ont à leur surface ni fibres ni racines ; les autres , et ce sont les rhizoctones , émettent des filaments simples ou branchus, vivent sur les racines des plantes vivantes , les attaquent par lextérieur, et les épuisent en absorbant leur nourriture. Us se mul-* tiplient avec rapidité au moyen de ces filaments qui les propagent d'une plante à Tautre, et causent ainsi des maladies contagieuses dont plusieurs de nos cultures ont beaucoup à souffrir. On u en con-^ noissoit bien qu'une espèce, qui produit la maladie trop fameuse en Gâtinois , sous le nom de mort du safran. Une autre, que M. DecandoUe décrit pour la première fois, exerce ses ravages sur la luzerne, dont ses filets, d'une belle couleur de laque, em-r brassent étroitement les racines : les pieds attaqués se fanent, jaunissent, et meurent promptement; et, comme le champignon se propage en rayon-' nant , Ion voit bientôt dans les champs de luzerne des espaces circulaires assez larges ainsi décolorés. L'auteur conseille de creuser tout autour des endroits infectés des fossés assez profonds pour que les filaments cramoisis ne puissent aller plus loin, en observant de rej<îter la terre du fossé en dedans
du cercle , afin de ne pas étendre le mal en voulant le guérir.
L'une des plus grandes difficultés de la botanique consiste à bien fixer les limites des espèces, et à ne point regarder comme telles les variétés produites par le sol et le climat; et le principal moyen .d'éviter ce genre d'erreurs est de ne point admettre parmi les caractères des espèces les particularités d'organisation dont on a constaté par le fait la mutabilité. M. Desvaux ayant appliqué cette méthode aux rosiers , et s étant aperçu que plusieurs de leurs prétendues espèces ne diffèrent entre elles que par des caractères qui varient souvent sur le même individu , est parvenu à réduire de beaucoup les espèces nominales de ce genre. Il a fait voir par exemple que Ja rose sauvage la plus commune (rosa canina) offre jusqu'à vingt-une variétés , dont les différences pourroient être exprimées par des descriptions, mais qui passent insensiblement les unes dans les autres , et que treize de ces variétés ont été indûment élevées au rang d'espèces par certains auteurs: six autres prétendues espèces sont également déchues de ce rang, et ramenées à la rose des Alpes; cinq à la rose des haies, etc. La même sévérité portée dans toute l'histoire natiirelle la simplifieroit et l'éclaircifoit beaucoup; mais il faudroit pour cela que les naturalistes s'exerçassent aux recherches
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critiques , et renonçassent au vain honneur d augmenter sans cesse la liste des espèces connues. Dans Fétat actuel de la science il y auroit certainement plus de peine, plus d utilité, et plus de gloire, à diminuer cette liste.
M. Delile, membre de Tlnstitut d'Egypte, a lu à llnstitut une histoire bien intéressante des plantes cultivées et sauvages de ce pays fameux. Il la destine à&ire partiedu grand ouvrage su rTÉgypte, auquel tant de talents ont concouru , et qui se publie avec une magnificenc proportionnée à la grandeur d'une entreprise dont il sera le monument le plus durable. L auteur distingue les plantes propres à l'Egypte de celles qu'y apportent les inondations du Nil et les vents du désert, et de celles qui lui sont communes avec des pays voisins ou éloignésç il fixe les limites assignées à chaque espèce dans cette longue et étroite vallée, par les latitudes, par la qualité plus ou moins saline, plus ou moins sablonneuse du sol ; il fait connoître les variations produites par chaque sol sur les plantes qui croissent dans plusieurs, et il expose avec soin les espèces f^ultivées et les attentions que chacune exige en raison de la constitution toute particulière à cette contrée peut-être unique dans, son genre sur le globe.
Nous regrettons beaucoup qu'un ouvrage essen-
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tiellement composé de détails ne se prête point à une analyse aussi abrégée que l'exigent les bornes qui nous sont prescrites.
M. Decandolle a publié une Théorie élémentaire de la botanique, où il explique toutes les variétés de forme et de combinaisons des organes , ainsi que les termes qui les expriment, où il établit les régies de toute nomenclature raisonnable , et où il donne une théorie générale des méthodes de distribution, et particulièrement de celle que Ion nomme naturelle, parcequ elle est fondée sur les rapports essentiels des végétaux entre eux. Il entre à ce sujet dans plusieurs considérations qui lui sont propres sur la valeur de ces rapports et sur les organes et les conformations d'organes où ils doivent être puisés ; il propoie des vues nouvelles sur les différences en apparence très considérables entre certains végétaux , et qui ne tiennent cependant qu'à l'avortement ou à la soudure de quelques uns de leurs organes. Partant des espèces où cet avortement et cette soudure sont manifestes pour les moins claii> voyants, il conduit habilement à d'autres espèces où Ton peut encore les apercevoir, quoique rnoin^ aisément, et il n'a qu'un pas à faire pour arriver à des avortements ou à des soudures que l'analogie indique lorsque la vue ne peut plus les saisir, et dont l'admission ressemble à ces hypothèses auxquelles
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les physiciens sont obligés de recourir , quand les faits les abandonnent, pour ne point laisser de lacunes dans l'ensemble de leurs développements. C'est un moyen qui pourroit être dangereux en des mains moins adroites que celles de M. DecandoUe, mais dont il a fait en général un emploi aussi modéré qu'ingénieux ; son ouvrage ne peut que rendre de grands services en introduisant de plus en plus l'esprit philosophique dans une partie de l'histoire naturelle trop livrée à la routine , et qui , malgré tous les progrès que lui ont récemment fait faire les grands maîtres , compte encore parmi ceux qui la cultivent un trop grand nombre d'imitateurs sei^ viles.
M. de La Peyrouse , correspondant et professeur à Toulouse, a publié une Histoire abrégée des Plantes des Pyrénées, en un volume in-8**. Cet ouvrage, qui manquoit à la botanique , est principalement dû aux nombreux voyages faits par l'auteur dans cette chaîne intéressante , et comprend les descriptions abrégées de toutes les espèces qui y ont été observées soit par lui , soit par ses prédécessurs, rangées selon le système de Linnaeus , avec l'indication des lieux où elles croissent , et les meilleures figures que l'on en possède. C'est un complément important à la Flore Jranœise y et un guide utile pour ceux qui voudront visiter ces montagnes.
M. de Humboldt, dans un mémoire sur la végé^ tation des iles Canaries, s est élevé à des considérations générales sur la géographie des plantes ; et en combinant les résultats de 1 observation avec la double influence que la latitude et la bauteur dans Tatmospbère exercent sur la température, il a fixé, pour un certain nombre de points, les limites des neiges perpétuelles, la température moyenne de lair à cette limite, prise pendant toute Tannée, ainsi que la température particulière des mois d'hiver et des mois d'été ; et il a montré que l'on peut déduire de ces différentes données la distance habituelle entre cette limite et celle des hauteurs où se portent les arbres et les céréales ; et même que les variétés en apparence bizarres , que les mêmes espèces d'arbres présentent en différents climats, peuvent s'expliquer quand on joint à ces données la considération des époques de l'année où chaque arbre prend son développement.
On savoit depuis long-temps que le nombre des stigmates n'est pas constant dans la famille des cypacérées; et l'on ne croyoit pas même que ces variations fussent assez importantes pour servir de base à des distinctions de genres.
M. Schkuhr, botaniste allemand , remarqua le
premier que, dans le genre des carex ou laiches , il existe des espèces à deux et à trois stigmates , et que le nombre de ces organes est toujours le même que celui des angles du fruit.
Notre confrère , M. le baron de Beauvois , vient de généraliser cette observation à toutes les plantes de la famille; il en a sur- tout remarqué quelques unes qui ont quatre stigmates, et où le fruit est manifestement quadrangulaire , au moins dans quelqu'une de ses parties; tels sont particulièrement le schcenus mariscuSy le gahnia psittacorum de M. de La Billardière , et un nouveau genre très remarquable , rapporté du Cap par M. du Petit- Thouars, et que M. de Beauvois nomme tetraria, à cause de la répétition du nombre quartenaire dans les diverses parties de sa fleur.
M. de Beauvois conclut de ses observations que le nombre des stigmates a une importance plus que suffisante pour fournir des caractères génériques, qui seront d autant plus avantageux que quelques genres de cypéracées sont très nombreux en espèces, et fort difficiles à débrouiller.
M. de Beauvois a fait aussi de nouvelles observations qu'il juge devoir confirmer de plus en plus Ibpinion qu'il a depuis long- temps conçue et soutenue, sur la fructification des mousses ; savoir, que la poussière verte qui remplit les urnes , et qu'Hed-
wig regarde comme la semence , n'est autre chose que le pollen , et que la véritable semence est contenue dans ce que les botanistes appellent la columelle de l'urne.
M. de Beauvois a en effet remarqué que la poussière verte n'est d'abord , comme le pollen , qu'une masse compacte, informe, qui ptend successivement de la consistance , et finit par se diviser en poussière, dont les grains sont liés par de petits filaments , et formés chacun de deux ou trois petites loges pleines d'une humeur comparable à Yaurase^ minalis du pollen ordinaire, et entremêlés d'autres grains plus petits, opaques, et ovoïdes. Cette division successive a lieu également pour la poussièrp contenue dans les corps réniformes des lycopodes, et dans l'intérieur des champignons appelés lycoperdons ou vesses de loup. Le petit corps central , regardé jusqu'à présent comme une columelle qui varie de forme d'un genre à l'autre, mais conserve à-peu-près la même forme dans le même genre, et auquel dans aucun cas la poussière verte n'est attachée, se termine par un appendice qui se prolonge dans l'opercule de l'urne, et qui tombe avec cette opercule ; en sorte qu'alors la prétendue columelle est ouverte, sans doute pour faciliter la sortie des petits grains que M. de Beauvois y a observés,- et qu'il considère comme des semences.
Ce savant botaniste a observé enfin que dans les poly tries et dans d autres mousses les petits filaments que Hedwig regarde comme des anthères sont encore dans leur intégrité à une époque où la poussière de lurne a acquis son plein développement. Or le contraire devroit avoir lieu si ces filaments étoient des organes mâles ; ils devroient avoir rempli leur rôle, et être vidés avant que la poussière verte , qui seroit la semence , eût atteint toute sa maturité ; d'où M. de Beauvois conclut que les filaments en question seroient plutôt des organes femelles. Les mousses seroient alors ce qu'on appelle polygames; car M. de Beauvois montre d'ailleurs que ces petits grains opaques, qu'il a vus dans la columelle, ont aussi été vus et même représentés par Hedwig, au moins dans le brjum striatum; ainsi les urnes des mousses sont incontestablement, selon M. de Beauvois, des fleurs hermaphrodites.
M. du Petit-Thouars a fait connoitre à llnstitut quelques observations intéressantes de physique végétale. Il y en a une entre autres qui montre assez bien la liaison des feuilles avec la couche ligneuse de la même année. Quand une feuille tombe on voit à la base de son pédicule un nombre de points variable selon la forme de la feuille et le nombre de folioles qui la composent. Ce sont les coupes d'autant de filets qui sont les vaisseaux, ou
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plutôt les faisceaux des fibres de la feuille : si on observe sur Técorce la cicatrice d'où la feuille s'est détachée, les mêmes points s y montrent, et Ton peut suivre les filets jusque dans Tintérieur du bois; mais si Ion &it la même observation au printemps sur une feuille nouvellement développée , les filets ne vont que jusqua k surface du bois. Ce nest qu après deux ou trois mois qu'une nouvelle couche de bois venant à se former les enchâsse dans son épaisseur.
Le même botaniste a fait des remarques curieuses sur le rapport du nombre des étamines avec celui des autres parties de la fleur, et a trouvé que dans plusieurs genres, comme les polygonum , les rheu in , etc. , où ce rapport sembloi t fort irrégulier et fort inconstant, le nombre des étamines est égal à la somme des divisions du calice et des pistils pris ensemble. C'est un fait singulier, dont la liaison avec la structure générale de la fleur n'est pas aisée à apercevoir.
M. Desvaux a présenté un mémoire sur une famille déplantes à fructification cachée, connue sous le nom d'algues, et qui comprend entre autres toutes les plantes marines, appelées/uccis^ varecs ou goémons. lia proposé d'y établir plusieurs nouveaux genres; et a &it des expériences pour s'assurer si les filets par lesquels les fucus adhèrent aux roches et
au fond de la mer sont ou non de véritables racines. Pour cet efFet, après en avoir détaché quelques pieds de leurs adhérences naturelles, il les a fixés sur des pierres par des cordes ou d autres moyens artificiels, et les a replongés dans la mer; les ayant visités quelque temps après, il y a constaté un accroissement très sensihle. On savait dailleurs depuis long-temps que plusieurs espèces, telles que le fucus natanSy vivent et croissent très hien sans être aucunement attachées.
M.Lamouroux, professeur à Caen, a adressé successivement à rinstitut plusieurs mémoires sur les mêmes plantes, que le voisinage où il est de la mer k met plus que personne à portée d observer, et auxquelles il donne le nom commun de thalassiophytes. Après avoir indiqué toutes les divisions dont elles sont susceptibles, il les a considérées sous le rapport de leurs usages pour la nourriture de rhonune et des animaux , pour l'économie rurale et domestique, et pour les arts nécessaires ou dagréaient. On est étonné dapprendre combien de partis utiles ou agréables les diverses nations tirent de végétaux si peu remarqués : les uns se mangent immédiatement, ou donnent une gelée sapide et nourrissante; d autres sont une ressource importante pour les bestiaux dans les climats glacés du
nord; tous peuvent donner de la soude ou des en-
grais, et ce sont là leurs emplois d'une véritable importance. Quelques uns fournissent du sucre, d autres des teintures. Il y en a dont on fait des nattes, des vases à boire, et jusqu'à des instruments de musique. Celui qu on appelle mousse de Ciorse est un remède précieux, etc.
M. Auguste de Saint -Hilaire, dont nous avons déjà cité plusieurs travaux considérables sur la botanique, en a fait un cette année sur plusieurs familles de plantes où le placenta, c est-à-dire la partie du fruit à laquelle adhèrent les graines, est simple et placé au milieu de ce fruit comme une colonne ou comme un axe.
Lorsque le sommet de cette colonne est libre , la voie par où les influences du pollen sont transmises du pistil aux semences paroitdevoir être assez compliquée, et se faire par des vaisseaux qui rampent le long des parois mêmes du fruit pour pénétrer dans le placenta par sa base, et se rendre aux semences côte à côte des vaisseaux nourriciers. Telle est en effet la marche de ces vaisseaux dans les amarantacéeSy selon M. de Saint Hilaire ; mais cet observateur a remarqué que, dans la plupart des plantes de la catégorie qu'il étudie , et nommément dans les primulacéeSy les portulacéeSy les caryophy liées , la fécondation s'opère par une voie plus directe, et qu'il y existe pour cela, dans les premiers moments,
des vaisseaux très tenus, allant de la base du style au somniet du placenta . Ces filets se détruisent après la fécondation , et c'est alors seulement que le sommet du placenta devient libre.
M. de Saint- Hilaire adopte aussi, comme constante , 1 existence d^un point ou d'un pore différent de lonibilic, par lequel les vaisseaux fécondants arrivent à la graine , et auquel M. Turpin , comme nous lavons dit dans un de nos précédents rapports, a donné le nom de micropile.
La partie purement botanique du mémoire de M. de Saint-Hilaire offre beaucoup d'observations de détails, malheureusement peu susceptibles d analyse, sur les caractères particuliers de certaines plantes, des familles qu'il a examinées, dont les unes lui paroissent devoir servir de types à de nouveaux genres, et les autres devoir passer dans des familles différentes de celles où des observations incomplètes les a voient fait placer jusqu a présent.
Le pisang bananier, ou figuier d'Adam , est une plante herbacée, de la hauteur d'un arbre , très remarquable par l'énorme étendue de ses feuilles, et célèbre par Futilité de ses fruits, qui fournissent aux habitants de la zone torride l'un des principaux articles de leur nourriture. La culture en a multiphé les variétés , au point quïl y en a peut-être au-
tant de sortes que jnous en possédons de poires ou de pommes, et qu'il est assez difficile de distinguer parmi elles les espèces primitives qui pourroient s y trouver; aussi les botanistes diffèrent -ils beaucoup dans leurs énumérations des espèces, et dans les caractères qu'ils leur assignent.
M. Desvaux, qui a recueilli tout ce que les observateurs disent des divers bananiers, des différences de leurs fruits et de leurs usages, a cru pouvoir compter quarante-quatre variétés dans lespécc commune, ou musa paradisiaca de hinnaeus^ et trois espèces distinctes de celle-là : savoir, le musa sapientum deLinnaeus, le musa coccinea, aujourd'hui assez répandu dans nos serres, et (enseté, décrit par Bruce dans son Voyage aux sources du Nil.
Un arbre dont le fruit a éprouvé encore plus de modifications de la part de la culture que celui du bananier, c'est le figuier. M. le marquis de SufFren, qui habite la Provence, cette contrée si anciennement célèbre par l'excellence de ses figues, s'étant aperçu que les cultivateurs et les propriétaires sont fort éloignés de connoître exactement toutes les bonnes variétés qui peuvent convenir à chaque sol et à chaque exposition , et qu'ils ne tirent point de cet arbre précieux tout le parti qu'il offre à la province, a entrepris d'examiner et de décrire avec attention les diverses figues cultivées sur les côtes de
là Méditerranée, depuis Gênes jusqu a Perpignan. Il a déjà recueilli les fig[ures coloriées, les descriptions exactes et la concordance de la nomenclature de cent soixante-douze variétés , et sa revue générale nest pas encore terminée, car il na pas épuisé la Provence, et il n a point encore visité le littoral du Languedoc.
La partie de ce travail qui a été communiquée à rinstitut annonce un ouvrage qui deviendra fort utile à nos départements méridionaux, sur-tout si Fauteur y ajoute les détails convenables sur les feuilles et sur les bourgeons , et sll perfectionne ses caractères par des rapprochements et des comparaisons immédiates.
M. Thiébaut de Berneaux, qui se propose de donner une traduction en François des œuvres de Théophraste, et qui, pour reconnoître plus sûrement les végétaux dont ce célèbre successeur d'Aristote a parlé, a entrepris et en partie exécuté des voyage» dans le pays où ces végétaux croissent, a présenté à llnstitut quelques uns des résultats qu'il a déjà obtenus nou seulement sur les espèces indiquées par Théophraste y mais encore sur celles dont il est question dans les autres auteurs grecs et latins.
Ainsi le ckara^ que les soldats de César découvri* rent si heureusement sous les murs de Dytrachium,
et dont la racine les préserva de la famine , méritoit bien d'être retrouvé. On donne aujourd'hui ce nom à une petite herbe aquatique, qui certainement ne peut nourrir personne ; et il y a sur le cAara de César presque autant d opinions qu'il y a de botanistes qui s*en sont occupés.
M. de Berneaux , après avoir examiné et éliminé successivement toutes ces opinions , en élève une dont Clusius seulement avait eu quelque soupçon : il montre que le chara devait se rapprocher des choux, et pense que c'était la plante connue aujourd'hui sous le nom de crambe tataria. En eflfet cette plante croît abondamment dans les environs de Dyrrachium, et dans toute la Hongrie et la Turquie; elle a des racines très longues et très grosses, fermes, et de bon goût, que l'on mange crues ou cuites dans tous les pays dont nous venons de parler, et qui y rendent encore de grands services dans les temps de disette.
Plusieurs Latins désignent sous le nom d'ulva différentes plantes de marais ; mais ils en indiquent spécialement sous ce nom une quidonnoit, disentils, un fourrage excellent pour les moutons. Comme il n'y a guère parmi les plantes aquatiques que l'herbe à la manne (feslucajluitans) qui soit recherchée par les bêtes à laine, et comme ce gramen couvre une grande partie des marais d'Italie , M. de
Berneaux croit y retrouver cette espèce particulière à'ulva; il montre que tous les passages où il en est question se rapportent très bien aufestuca, et il fait voir que c est précisément aussi ce gramen que Théophraste et les Grecs ont désigné par le nom detypha.
Les anciens vantent beaucoup les propriétés utiles du cytise, mais ils ne le décrivent que très imparfaitement, et les modernes ont beaucoup varié sur la plante qui doit porter ce nom. Quelques uns ont pensé que c est la luzerne en arbre ( medicago arborea, L.) M. de Berneaux, qui a fait à ce sujet de très longues recherches , croit que c'est plutôt notre faux ébénier {cytisuslabumum,h. ). Mais comme Pline parle clairement de ce dernier arbre sous le nom de labumum, et qu'il le regarde comme différent du cytise; comme d'un autre côté quelques traits de la description que Dioscoride donne du cytise ne lui conviennent poin( entièrement, il a paru que lopinion de M. de Berneaux à ce sujet souffroit encore quelques difficultés. Ce qui en mettra toujours beaucoup dans les discussions de ce genre c'est que ni Pline ni la plupart des naturalistes anciens n'avoient assez de critique pour que, dans les compilations qu'ils nous ont laissées, ils ne parlassent pas quelquefois, sans s'en apercevoir, de la même plante sous des noms diffé»
rents, ou de plantes différentes sous le même nom.
M. deLaBiIIardière,quiadéja publié un ouvrage si intéressant sur les plantes qu'il a recueillies à la Nouvelle-Hollande Jorsqu il faisoit partie de lexpédition de feu d'Ëntrecasteaux , a commencé à entretenir l'Académie de celles que lui a fournies dans ce même voyage la Nouvelle-Calédonie. Cette île escarpée, inculte, habitée par de malheureux anthropophages, produit un grand nombre de beaux végétaux. M. de f^ Billard ière y a trouvé en peu de jours vingt-neuf espèces de fougères, dont douze sont entièrement nouvelles pour les botanistes, et n ont point été trouvées ailleurs, le reste croît aussi dans d autres îles de la mer du Sud, et M. deLaBillardière en donne la liste pour servir à la géographie botanique. Il range ces fougères d après la méthode de Smith , en y faisant quelques corrections. Les figures très exactes dont ses descriptions sont accompagnées donneront aux botanistes une idée complète de ces importants accroissements de leur science.
Chacun connoît au moins de vue la lentille d'eau que les botanistes appellent lemna , ce végétal mobile et nageant qui couvre de ses tapis verts les
eaux dormantes dans presque tous les pays ; mais ce que Ton n'a point examiné d assez près ce sont les fleurs et les fruits de cette petite et singulière plante.
M. le baron de Beau vois a été le premier botaniste assez heureux pour en recueillir des graines mûres, et pour les faire germer. Il a suivi dans tous leurs développements les lemnas ainsi obtenus , et en a complété l'histoire que Micheli et MM. Ehrhardt et Wolf n avoient fait qu ébaucher.
Il résulte des observations de M. de Beauvois que la fleur des lentilles deau est hermaphrodite à enveloppe d'une seule pièce, à deux étamines qui se développent successivement, à style unique, à ovaire supère devenant une capsule uniloculaire, se déchirant circulairenient àsa base, et contenant d une à quatre semences, lesquelles germent à la manière des monocotylédones, mais avec des circonstances fort particulières, dont la plus remarquable est que les parties que Ton peut regarder comme la radicule et la plumule se détachent de la première feuille quelles ont produite, et la laissent pousser à elle seule des racines et d\iutres feuilles.
Une autre sorte d êtres organisés, qui couvrent et remplissent souvent les eaux dormantes, ce sont les conferves ou ces amas de fllaments verts sem* blables quelquefois à une sorte de feutre, et que certains naturalistes ont voulu revendiquer pour
le rég[ne animal. Leur propagation est assez diverse, et il s en trouve dans le nombre dont les filaments d abord tout d'une venue se renflent d'espace en espace, et produisent ainsi des nœuds d où paroissent naître des filaments nouveaux ; ce qui a fait donner à ces espèces le nom de prolifères par M. Vaucher ; mais ce botaniste avertit qu'il ne faut pas confondre avec ces filets, naissant de la plante même, certainés conferves parasites qui viennent s attacher sur d'autres conferves, et qui présentent le même aspect.
M. Leclerc de Laval, membre de la chambre des députés, et observateur très assidu, a présenté à l'Académie un mémoire d'après lequel il paroitroit qu'il n'y a point d'autres filets accessoires que de ces parasites, et que la propagation des conferves, •mal-à-propos nommées prolifères, se fait, comme celle des conferves dites conjuguées, par la concentration de la matière verte contenue dans chaque intervalle de deux cloisons, en un globule isolé qui sort de la plante à une certaine époque, et va se fixer au premier corps qu'il rencontre en tombant, et, après avoir jeté autour de lui quelques filets comme pour s'attacher, se développe en une longue série de cloisons.
L'auteur voudroit donner à ce genre le nom d'autarcite, au lieu de celui de prolifère, qui, d'à-
près son observation, deviendroit impropre; mais comme M. Desvaux, d'après d autres considérations, Tavoit appelé cyrtinus dans un mémoire présenté il y a plus d un an , Ion a jugé qu'il n etoit pas nécessaire d'introduire encore un nouveau changement de dénomination.
M. Henri de Gassini avoit présenté à TAcadémie, en 1 8 1 2 , un mémoire sur le style et le stigmate des synanthéréesou de ce qu'on appelle communément plantes à fleurs composées, et un autre sur leurs étamines. Vers la fin de 1 8 1 4 il en a présenté un troisième dont nous n avons pu rendre compte dans notre dernière analyse, parceque le rapport n'en avoit pas été fait, et qui a pour objet la corolle de cette même famille de plantes.
Dans ce dernier mémoire l'auteur établit que toute corolle de synanthérée qui n'est point accompagnée des étamines est monstrueuse ou défigurée, au point de ne pouvoir offrir aucun caractère pour la définition de sa famille ni de ses tribus. Il en résulte que les demi-fleurons des semi-flosculeuses et ceux des radiées n'ont qu'une analogie apparente, et qui ne supporte pas un sévère examen.
Il assigne à la corolle des synanthérées trois caractères principaux, dont l'un est extrêmement remarquable : c'est que chacun des cinq pétales dont il suppose la corolle composée est muni de deux
nervures très simples qui le bordent d'un bout à Tautre des deux côtés , et confluent par conséquent au sommet; et il attacbe à ce caractère une telle importance qu'il propose de désigner la famille par le nom de névramphipétales. M. Robert Brown a décrit cette structure dans un livre anglois publié à Londres en 1 8 1 4 • tuais M. Cassini la voit indiquée avant lui en termes non équivoques dans le second des mémoires que nous venons de rappeler.
Combinant ses observations sur la corolle avec celles qu'il a faites précédemment sur le style et le stigmate et sur les étamines, Tauteur divise la famille des synaathérées en dix-sept tribus naturelles, qui sont les lactucées^ les labiatiflores, qu'il n'admet qu^avec doute, les carduacées, les carlinées, les xéranthémées, les échinopsidéeSy les arctotidées, les calendulacées, les hélianthées, les ambrosiacées, les anthémidées, les inulées, les astérées, les sénécionéeSy les tussilaginées, les eupatoriées, les vemoniées; et il dispose ces dixsept tribus non en ligne droite, mais en série circulaire qui rapproche les vernoniées des lactucées.
Un résultat inattendu et très curieux de cet intéressant mémoire c'est que sur linspection d'un seul fleuron on peut, dans presque tous les cas, déterminer à quelle tribu, à quel genre appartient l'espèce qui l'a produit.
U est à souhaiter quç M. Henri de Gassjini ne
tarde pas à publier ses recherches sur lovaire des synanthérées : ce sera le complément du travail le plus profond et le plus original auquel cette grande famille ait jamais donné lieu.
M. le baron de La Peyrouse, professeur de botanique et correspondant de Flnstitut à Toulouse , a donné un mémoire sur quatre plantes des Pyrénées qui appartiennent au genre orobuSy lun de ceux de la £imille des papilionacées. La première de ces espèces avoit été recueillie par Tournefort, et nommée par lui orobus pyrenàicus lalifolius nervosus : elle na pu être retrouvée vivante, et on ne la connoit que par les herbiers de Tournefort et les botanistes de son temps. La seconde, gravée sous le même nom dans Plukenet, mais très différente, a toujours été confondue avec celle de Tournefort : elle est réellement assez commune dans les Pyrénées. Après avoir nettement distingué ces deux espèces par des descriptions comparatives , M. de La Peyrouse en décrit deux autres toutes nouvelles qull a trouvées dans les mêmes montagnes.
M. Desvaux a cherché à subdiviser les genres de plantes connus sous les noms de cerastium et à^arenaria, qui commencent à devenir nombreux en espèces. Cest principalement dans le plus ou moins de profondeur des divisions de la capsule ^ dans le plus ou moins de dilatation des bases
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des filets, et dans quelques autres circonstances analogues, qu'il croit avoir trouvé des caractères suffisants pour fonder les dispositions qu'il pro* pose.
Un travail plus général du même botaniste a eu pour objet la grande classe des plantes à fleurs en croix j ou crucifères,, si remarquables par l'uniformité de leur structure et par les services que nous rendent un grand nombre de leurs espèces. Dans la seule division des crucifères à sîlique courte , ou siliculeuses, il a déjà établi jusqu'à douze genres nouveaux.
M. Kunth, botaniste prussien, a encore entrepris une nouvelle classification des gramens, après les travaux récents de MM. de Beauvois et Robert Brovrn sur cette matière. Il en fait dix tribus, fondées chacune sur beaucoup de caractères, tels que le nombre des styles, celui des étamines, la disposition des épillets, le nombre des fleurs de cbacun d'eux , la consistance et la structure des glumes et des paillettes.
On sait aisément que ces sortes de travaux veulent être étudiés dans les ouvrages mêmes, et que l'analyse la plus étendue n'en donneroit qu'une idée imparfaite : nous nous contenterons donc de les avoir indiqués.
Depuis assez long-temps les cultivateurs préten*
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dent avoir remarqué que le voisinage de Fépinevinette nuit au blé, et lui donne, ou £ivorise du moins, cette espèce de maladie quon appelle la rouille; et depuis le même temps les savants se moquent de la prétention des cultivateurs.
M. Tvard, notre confrère, qui est à-la-fois cultivateur et savant, a mieux aime s assurer du fait par Texpérience que de prendre aveuglément Tun ou lautre parti; et ses essais, sans être encore décisifs, lui ont paru plus conformes à Ibpinion que l'on ctoit le plus porté à regarder comme un préjugé. Le blé planté autour d'un buisson d épine -vinette a été rouillé, tandis que celui du reste du même enclos est demeuré intact; et il ne paroit pas à M. Yvard qu'il y ait eu d'autre cause de cet accident que l'arbuste qu'on en accuse.
Malheureusement on peut objecter qu'il existe des cantons entiers sans épine-vinette, et qui ne sont pas pour cela exempts de la rouille.
Une autre fôcheuse maladie des céréales c'est Yergoty ou cette prod\iction alongée et pointue qui remplace souvent les grains du seigle et d'autres graminées. M. Decandolle a présenté à l'Académie un mémoire où il cherche à prouver que l'ergot est un champignon parasite du genre des scle^ rotium, qui prend à-peu-près la forme du grain, parceque dans sa jeunesse il s'est moulé dans l'en*
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veloppe de ce grain: sa substance est analogue à celle des autres sclerotiums; son développement, comme celui de tous les champignons,. est favorisé par rhumidité; sa nature chimique est plus semblable à celle des champignons qu^à celle des graines de graminées; enfin son odeur, sa saveur, et ses propriétés vénéneuses , sont d'accord avec sa nature fongueuse. On sait que le pain fait avec du seigle ergoté occasione des maladies graves, et on lui attribue entre autres la gangrène sèche si commune en Sologne. M. DecandoUe, sentant l'importance de détruire une production si dangereuse , ou de diminuer du moins sa propagation , croit que l'on y parviendroit si , dans les pays sujets à l'ergot, on obligeoit les propriétaires à en fournir chaque année une mesure convenue que l'on brûleroit sur-le-champ.
Ce savant botaniste, qui a déjà tiré un si grand parti de l'étude des aberrations des formes ordinaires pour éclairer la théorie de la botanique , s'est occupé , sous ce point de vue , Ae ces brillantes mon-^ struosités que nous appelons des fleurs doubles. On attribue d'ordinaire leur production à la transformation des étamines en pétales ; mais M. DecandoUe montre que la transformation ou la multiplication de plusieurs autres parties de la fleur peuvent également y contribuer. Les pistils se changent par
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exemple en pétales dans certaines variétés d anéinones; les étamînes elles-mêmes peuvent se transformer, ou par leur filet, ou par leur anthère seulement, etcestainsiquelancolie donne aux fleuristes deaxsoites de fleurs doubles toutes différentes; et comme ces deux manières de doubler n^ont lieu que dans les fleuri qui ont elles-mêmes dans Tétat naturel deux sortes de pétales, lauteur en tire une nouvelle preuve de son assertion que les pétales des plantes ne sont pas des organes spéciaux , mais seulement un certain état des étamines. Il fait remarquer une autœ sorte de fleurs doubles qui vient de ce que les organes se transforment non pas en pétales planes, mais en faisceaux de pétales, ce qui arrive plus souvent dans les familles où les corolles présentent déjà dans letat naturel des indices de duplicature , comme dans les oeillets. Il porte ensuite Fattention sur les fleurs où Tavortement des organes sexuels n occasione pas de transformation, mais augmente outre mesure le volume de certaines parties colorées , comme il arrive dans Fhortensia et la boule de neige; enfin, appliquant à ces diverses métamorphoses une méthode de désignation analogue à celle dont se sert M. Haùy pour les variétés des cristaux, il parvient à les ramener, malgré leur irrégularité apparente , à des lois certaines et à une nomenclature précise.
M. de Beauvois, désirant prévenir les acddents funestes que cause si souvent rig[norance du peuple sur les qualités des divers champig[nons^ a composé un Manuel à [usage des amateun de champignons, où il décrit, dans un langag[e à la portée de tout le monde, les espèces de ces véjjétaux dont on peut se nourrir sans danger, et où il indique les précautions à prendre, même avec ces espèces innocentes, pour ne pas s'exposer à en souffrir. La plus sûre de toutes sera cependant toujours de ne manger que des champignons de couche, et de nen point trop manger.
M. de Mirbel a publié des Éléments de physiolo^ gie végétale et de botanique, en deux volumes, avec un volume de planches. Tout ce qui peut se dire d'important sur lanatomie des végétaux, sur la marche de leurs fonctions, sur leurs produits, et sur la variété de structure de leurs diverses parties, y est exposé avec clarté et rendu par un très grand nombre de belles figures dessinées par l'auteur lui-même avec le talent qu'on lui connoit. L'immense terminologie de la botanique y est expliquée, et les applications appuyées sur des exemples; on y trouve aussi une histoire intéressante de la science et des hommes qui lui ont fait faire le plus de progrès. Enfin l'ouvrage est terminé par des tableaux des principaux systèmes, et sur- tout
par une nouvelle exposition des caractères des familles naturelles des plantes.
Une des considérations les plus élevées de la bor tanique, et qui lie plus qu aucune autre cette partie de rhistoire naturelle au grand ensemble des scien-^ ces physiques , c'est la géographie végétale , ou la science des loiâ de la distribution des plantes selon la hauteur du pôle , lelévation du sol , la tempéra^ ture et le degré d^humidité ou de sécheresse du climat.
M. de Humboldt, dont les voyages ont fait faire à cet ordre de connoissances comme à tant d autres des progrès si remarquables, vient d'en donner en quelque sorte un traité complet sous le titre de Prolegomena de distributione geographicâ plantarum secundiim cœli temperiem et altitudinem montium^j ouvrage où il offre en même temps des recherches profondes sur la distribution de la chaleur, soit relativement aux positions des lieux , soit relativement aux saisons de Tannée ; car non seulement les lignes sous lesquelles régne la même chaleur annuelle moyenne sont loin d'être parallèles à Téquateur, mais les lieux qui ont au total une chaleur moyenne égale sont loin d!avoir des étés et des hi-r
' Paris, 1817; un volume in-S*^.
ver» semblables : cette chaleur moyenne peut être plus ou moins inég[alement répartie sur la totalité de Tannée , et Ion conçoit que toutes ces différences doivent influer fortement sur la propagation, des plantes. L auteur passe ensuite aux différences qui résultent des élévations, et qui elles-mêmes ne sout pas semblables ou ne suivent pas les mêmes lois dans tous les lieux. Enfin M. de Humboldt arrive à une considération toute nouvelle, sur laquelle il a aussi donné une dissertation en François ; c'est celle des lois de la distribution des formes végétales» En comparant, dans chaque pays , le nombre des plantes de certaines familles bien déterminées avec le nombre total des végétaux on découvre des rap^ ports numériques d une régularité frappante. Certaines formes deviennent plus communes à mesure qu on avance vers le pôle; d'autres au cointraire augmentent vçrs Féquateur; d autres enfin attdgnent leur maximum dans la zone tempérée et diminuent également par le trop de chaleur et le trop de froid; et, ce qui est bien remarquable, cette distribution reste la même tout autour du globe en suivant, non pas les parallèles géographiques, mais ce que M. de Humboldt appelle les parallèles isothermes , cestrànlire les lignes de même chaleur moyenne. Ces lois sont si constantes que , si Ion connoit dans un pays le nombre desespéces d'une
de ces femilles dont M. de Humboldt a donné la table , on peut presque en conclure le nombre total des végétaux et celui des espèces de chacune des autres fiiinilles.
Les prolégomènes dont nous venons de parler sont placés en tète du grand ouvrage que M. de Humboldt publie en ce moment avec MM. Bon^r pland et Runth , sur les plantes nouvelles qu'il a découvertes dans TAmérique équinoxiale. Cette augmentation, la plus riche et la plus brillante peut-être que la botanique ait reçue en une seule fois , sera exposée en six volumes in-4° qui contiendront six cents planches , et les descriptions de plus de quatre mille espèces. Le premier volume, renfermant toutes les monocotylédones , a paru cette année ; on y trouve trente^trois nouveaux genres , et parmi les seuls palmiers vingt*trois espèces nouvelles. MM. de Humboldt et Bonpland ont fait paroitre en même temps la fin de leur description des niéiastomes, travail d'un extérieur plus magnifique, mais qui n^auroit pu être imité pour la totalité des végétaux sans entraîner à des dépenses et à des longueurs préjudiciables à, la science autant qua ceux qui la cultivent.
En recueillant ainsi sans interruption les produits immenses de la grande et pénible entreprise de cet illustre voyageur, les amis des sciences sont en doute
s'ils doivent plus de reconnoissance au courage qui Fa souteuu parmi tant de traverses et de fatigues, ou à. la constance qu'il met à leur faire partager ses jouissances. Non seulement il a fait par ses seuls moyens plus que bien des hommes envoyés et spécialement entretenus par des souverains, mais il a eu sur-tout le mérite unique de ne pas imiter la plupart des gouvernements qui , après avoir conr sacré des sommes immenses à une expédition , négligent presque toujours d'en faire publier les résultats d'une manière un peu complète.
En ce moment même M. de Huniboldt fait paroître à Londres , avec M. Hooker, un volume in-4** qui offrira trois cents espèces de mousses, de lichens, et d'autres cryptogames. Il en a présenté une planche à l'Académie.
M. de Beau vois, dont on doit également louer h persévérance à publier les plantes et les insectes recueillis dans ses voyages , a donné cette année les quatorzième et quinzième livraisons de sa Flore ctOware et de Bmin; et , non content de ses anciennes récoltes , il a profité de l'humidité extraordinaire et si fâcheuse de cette année pour suivre son étude des plantes de ht classe des champignons. Les pluies contint^elles en ont tant développé qu'il s'en est montré plusieurs qui ^voient écbappé aux botanistes précédents , même les plus heureux dans ces
sortes de découvertes. Telles ont été une variété de sclerotium , qui a diminué de près des deux tiers la récolte des haricots non rames, sur lesquels elle s*est propagée ; une nouvelle espèce de sphéria , qui a détruit prodigieusement d'ognons ; une nouvelle espèce d'urédo, qui leur a été encore plus pernicieuse; enfin, ce qui est très remarquable et offre peu d^exemples dans le règne végétal, un nouveau genre de plantes parasites qui croit sur une autre parasite, et nuit considérablement au végétal obligé de les nourrir toutes deux. C'est une espèce de tubercule qui se fixe au-dessus de la racine de Torobanche rameuse que Ion sait être la parasite du chanvre. Ce tubercule présente des ca-. ractères qui le rapprochent des truffes et des scle«rotium, mais avec des différences qui le constituent genre nouveau et intermédiaire. Se proposant de répéter ses observations Tannée prochaine sur cette plante très remarquable,. M. de Beauvois a remis à cette époque à lui assigner un nom, après avoir mieux reconnu sa manière de croître et tous les détails de son organisation.
On sait que les plantes de la famille des dipsacées , telles que les scabieuses , sont assez voisines des composées par plusieurs des caractères de leurs fruits : la marque la plus apparente qui les en (distingue est que les anthères sont entièrement libres.
go BOTANIQUE
liCS botanistes ont découvert quelques, plantes à fleurs également formées de plusieurs fleurs plus petites , dont les anthères sont réunies par leur partie inférieure seulement. On doutoit de la place qu il falloit leur donner : M. Henri de Gassini , qui les a examinées à la suite de son grand travail sur la famille des synanthérées oa composées , dont nous avons eu plusieurs fois occasion de parler, a trouvé qu'elles diffèrent des synanthérées parceque leurs anthères n ont point d appendices au sommet ; parceque leur style et leur stigmate ont une autre conformation^ parceque la graine est suspendue au sommet de la cavité de Tovaire , et contient un albumen épais et charnu. Elles diffèrent des dispacées par les anthères réunies infSérieu rement, par leurs feuilles alternes ; mais la plupart de leurs autres caractères leur sont communs avec ces deux familles. En conséquence M. de Gassini croit qu on peut en faire une famille distincte qui servira de lien aux deux autres , et qu^il désigne par le nom de boopidées. Elle comprendra les genres calycera de Gavanilles, boopis, et acicarpha de M. de Jussieu. Nous avons annoncé Tannée dernière lopinion de M. DecandoUe sur cette substance nuisible que Ton appelle ergot, et qui se montre dans les épis du seigle et de quelques autres céréales, sur-tout dans les pays et par les temps hunaddes. l/année 1 8 1 6 en
« malheureusement beaucoup produit , et M* Virey a iail sur ce sujet quelques recherches qui le portent à regarder lergot, ainsi qu'on le faisoit autre* fois, comme une dégénérescence du grain, et non pas comme un champignon du genre sclerotium^ ainsi que le croyoit M. DecandoUe. Il dit avoir observé des grains ergotes qui non seulement avoient conservé leur forme naturelle, mais où Ton voyoit encore des débris de stigmates ; et il rappelle lassertion de M. Tessier, que Ion observe sur beaucoup d'épis des grains qui ne sont ergotes qu a moitié, et tantôt vers le sommet, tantôt vers la base.
M. Vauquelin a feit à cette occasion une analyse eomparative du seigle sain , de lergot du seigle , et d'un sclerotium bien reconnu pour tel.
On ne trouve dans l'ergot ni l'amidon ni le gluten dans leur état naturel, quoiqu'il y ait une matière muqueuse et une matière végéto^nimale abondante et disposée à la putréfaction. 11 contient une huile fixe toute développée. Les principes du scle^ rotium sont fort différents. Sans être décisives ces expériences ont porté quelques personnes à douter^ comme M; Virey, que l'ergot soit un champignon.
M.Gail, membre de l'Académie des Belles-Liettres, nous a communiqué quelques i^cberches critiques sur les plantes dont parle Théocrita^Elles ont moîns pour objet de déterminer autrement l'espèce de ces
plantes que d'expliquer comment Théocrite a pu leur donner certaines éptthétes ou en tirer certaines comparaisons : elles rentrent donc autant dans la philologie que dans la botanique, et le public les connoitra plus en détail par lanalyse des travaux de FAcadémie à laquelle appartient ce célèbre helléniste.
Les botanistes suivent aujourd'hui, par rapport aux fougères , les idées de M. Smith , qui , en 1 791 , les a divisées en vingt -quatre genres répartis en deux sections, selon que les petites capsules qui contiennent leurs semences sont ou non munies d'un anneau élastique, et distingués entre eux da- ' près l'arrangement des capsules, l'absence ou la présence de la rnembrane qui les recouvre avant la maturité, d'après la manière dont un des bords de cette capsule se détache de la feuille, d'après le nombre de leurs loges, enfin d'après la manière dont elles s'ouvrent, soit en deux valves, soit par des fentes longitudinales ou par des pores.
MM. Svi^artz, WilldenoM^, Robert Brown, et autres, ont encore ajouté de nouveaux genres à ceux de M. Smith , au point que leur nombre s'élève à plus de cinquante.
M. Desyaux, directeur du jardin botanique de
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Poitiers, a poursuivi ces recherches; et dans un mémoire adressé à TAcadémie, où il décrit beaucoup de nouvelles espèces, et où il ajoute huit g[enres à ceux qui avoient été établis avant lui , il divise les fougères en quatre sections ; savoir :
Les polypodiacées y dont les capsules, réunies en groupes ou disposées en lignes, sont entourées d un anneau articulé, et s ouvrent transversalementdans le plan de cet anneau ;
Les osmondacées y dont les capsules, striées en étoile à leur sommet, sont dépouvues d'anneaux;
hes gléicliéniacées, dont les capsules, entourées d'un anneau strié non articulé, s'ouvrent longitudinalement dans le sens opposé à cet anneau ;
Enfin celles dont les capsules solitaires, nues,
non striées, à plusieurs loges, s'ouvrent par une
fente ou par un pore.
■ Ce mémoire présente aussi des considérations
sur les lycopodes, sorte de cryptogames intermédiaires, à certains égards, entre les mousses et les fougères. L'auteur les divise en trois sections: les stachidées à capsules d'une seule loge, disposées en épi ; les psylolées à capsules de deux ou trois loges ; enfin les opliioglossées à capsules d'une seule loge s'ouvra nt transversalement en deux valves : mais d'habiles botanistes pensent que cette dernière sec-
tion appartient aux vraies fougères plutôt qu'aux lycopodes.
M. Richard a publié un mémoire latin sur les orchidées, famille de plantes célèbres depuis longtemps par la structure particulière des diverses parties de leurs fleurs , dont les formes bizarres dé- <;orent abondamment nos prairies et nos bois. La singularité de leur organisation ne pouvoit être •clairement rendue qu en adoptant quelques termes nouveaux , et c'est ce que l'auteur engage les bota-^ nistes à faire. Les racines , par exemple , il les divise, suivant leurs formes, en bitubéreuses, fibreuses, rameuses, bulbeuses, et parasites. Aucun genre ne réunit deux de ces sortes de racines. Ce n*est qu a certains genres parasites qu'appartiennent des feuil*les articulées à leurs pédicules. Quelques espèces offrent des individus dont les fleurs sont toutes stériles, par l'imperfection de l'ovaire ; d'autres où elles sont toutes fertiles; d'autres enfin où quelques fertiles sont mêlées irrégulièrement à un grand nombre de stériles. La présence ou labsencede pédicelle «ous l'ovaire fournit pour les genres des moyens faciles de distinction.
La structure du labelle, autrefois la base essentielle des caractères génériques , n'y joue plusqu*nn rôle secondaire. T/existenee et le manque d'éperon
ET PHTSIOi^OGIE VÉGÉTALE. 96
continuent d'indiquer une différence générique. Cest une chose digne de remarque que parmi les nombreuses orchidées parasites découvertes en Amérique il ne s en trouve pas une seule éperonnée, tandis que TAsie et l'Afrique en produisent un assez grand nombre pourvues d'un éperon, qui quelquefois est d'une longueur inconnue dans les terrestres. Cest à tort qu'on a confondu avec Téperon une sorte de petit sac, formé par la connexion et le prolongement des.bases de deux divisions extérieures, du calice. Ce petit sac, que M. Richard distingue par le nom de pérule y établit une diversité de genre.
fje corps multiforme, résultant de la soudure des deux sexes, et désigné jusqu'ici par le nom insignifiant de coUmnCy prend maintenant celui de gynostème mieux approprié à sa nature. Cette soudure s'opère.par l'intermède des matières filamen taire et stylaire, dont l'une est terminée par l'anthère et l'autre par le stigmate : ces deux organes ne sont donc pas, comme on l'a avancé, unis immédiatement ou portés l'un par l'autre.
Une cavité, pratiquée au sommet du gynostème pour recevoir l'anthère , tire de cette destination son nom de clinandre.
L'aréole visqueuse, regardée par les botanistes comme constituant seule le stigmate , et que M. Ri-
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chard nomme gynise, est ordinairement surmontée par un processus appelé rostelle. Tantôt celui-ci est terminé par une bursicule, tantôt il porte une prascolle ou glande glutineuse, à laquelle sattache le pollen sortant de lanthère.
L anthère, considérée quant à son mode d'insertion, est dite i** continue y 2^stipitéey 3^sessite. Le point d'origine de la première n est pas distinct du reste de la matière filamentaire ; la seconde a un petit support propre ; la troisième est immédiatetement fixée par un point plus étroit que sa base. Chacune d'elles non seulement indique une diversité générique, mais elle prouve aussi Taffînité des genres dans lesquels elle se trouve. Toujours biJoculaires, ses loges sont le plus souvent subdivisées en plusieurs locelles par des septules: ceux-ci, étant d^une substance rétractile dans la plupart des genres, s'oblitèrent au moment même de la déhiscence de l'anthère.
Le pollen contenu dans chaque loge forme une masse pollinique rarement simple, et le plus souvent composée de deux ou quatre masseties. Sous le rapport de leur tissu ces masses ou massettes sont 1° sectiles, 2® granuleuses, 3^ solides. liCS premières sont fendues par leur face externe en un grand nombre de corpuscules réunis par leurs bases sur un seul plan. La caudicule résultant du prolonge-
ment filamentiforme qui les réunit est ordinairement terminée par un rétinacle visqueux , qui est d'abord niché dans la bursicule stigmatique ou fixé au bout du rostelle. Comme pulvéracées au premier aspect , les secondes sont composées d'innombrables particules, amoncelées avec plus ou moins de cohérence , quelquefois aussi elles sont baignées par une humeur qui les rend comme pultacées. Les troisièmes sont des corps.d'un tissu uniformément continu.
Deux appendices, ordinairement existants aux côtés de l'anthère ou du clinandre, et nommés staminodes, semblent indiquer que la substance fîlamentaire est formée de trois filets monadelphes, dont Fintermédiaire est seul anthérifère.
Le tégument propre des graines étant d'un tissu celluleux susceptible de subir, dans son accroissement, une dilatation extraordinaire, a été mal-àpropos pris pour un arille. Sa surface et sa forme , jointes à celle de l'amande, donnent un moyen très facile de distinguer les graines en réticulaires et/uûformes: les premières indiquent les orchidées terrestres , et les secondes celles qui croissent sur d'autres végétaux.
L embryon constitue toute l'amande, et n'est pas renfermé dans un endosperme, comme on l'a dit d'après Gaertner.
BnPFON. COMPUEM. T. III.~
Après avoir exposé fort en détail tous ces principes fondamentaux de lorchidcolog^ie, M. Richard trace, comme exemples de leur application , les caractères génériques des orchidées d'Europe. Avec des espèces mal agrégées à certains genres, il en établit plusieurs nouveaux.
Voici la distribution qu'il propose des genres d'Europe.