MÉDECINE ET CHIRURGIE
M. Desessarts a lu à Tlnstitut l'histoire d'une maladie épidémique qui a régné en même temps dans trois villages voisins. Quoique dépendante généralement de Fintempérie des saisons et de la mauvaise qualité des fruits, cette épidémie présenta une variété sensible dans la nature et dans l'intensité des symptômes, ce qui nécessita des modifications essentielles dans le traitement. L'auteur fait voir que ces différences dépendoient de l'exposition particulière à chacun de ces villages, de la qualité de leur terrain respectif, de leuris productions et du genre de vie de leurs habitants.
M. Sage a présenté à l'Institut des réflexions sur les moyens de remédier à la piqûre faîte par l'aiguillon de la vive, et une description des effets du venin de la tarentule, avec l'exposé des moyélis employés en Espagne pour y remédier. L'un et l'autre de ces moyens consiste à fiiire usage de l'alcali volatil intérieurement et extérieurement.
M. Tenon continue d'enrichir la chirurgie des observations de sa pratique. Il a communiqué à
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rinstitut trois mémoires, l'un sur Vexfoliation deç os, le second sur un trépan au crâne, et le troisième sur quelques hernies. Dans le premier il re: cherche si les os des grandes extrémités du corps s^exfôlient à la suite de lamputation, et il résulte de ses nombreuses expériences sur des chiens , des lapins, et des moutons, qu a la suite de toutes les amputations Textrémité dénudée des os longs s^exfolie, ainsi qu'il arrive aux os plats dénudés, avapt qu'ils soient revêtus d'une cicatrice. Dans le second il donne la description de tous les phénomènes qui se sont passés dans la guérison d'une plaie à la tête, à la suite de laquelle le trépan fut appliqué, et qui exigea cent cinquante-un jours de traitement.
Dans le troisième il décrit un moyen ingénieu.\ qu'il a mis en usage pour la réduction de deux hernies crurales, et fait des observations sur l'opération d'une hernie inguinale. Pour parvenir à la réduction de ces deux hernies crurales, <c je fis «monter, dit M. Tenon, sur le lit le chirurgien <* herniaire , le fis placer entre les genoux du ma- «lade, les lui fis élever le plus haut qu'il put; lef « oreillers étant retirés, j'employai une autre per- « sonne à tenir la jamhe et les pieds du côté de la « hernie étendue, et à déverser le gros orteil forte- « ment en dedans, ainsi que le genou et la cuisse.» Quand les choses furent arrivées à cet état, M. Te^
non parvint par degrés à faire rentrer dans le ventre les intestins ; de sorte que le malade fut dispensé dé supporter l'opération , et M. Tenon de la faire.
M. Pelletan nous a feit part d'intéressantes observations sur les anévrismes et les opérations chirurgicales que ces maladies exigent.
M. Larrey a soumis à llnstitut un mémoire sur lequel il a été fait un rapport, et qui a pour objet la nécessité , dans les plaies d armes à feu suivies de gangrène des me^^ibres , de ne pas attendre que la gangrène soit bornée pour faire l'opération.
Dès la plus haute antiquité les blessures à Faine ont été regardées comme mortelles; c'est presque toujours à l'aine qu'Homère fait frapper les guerriers qu'il veut faire périr, et Pompée, à la bataille de Pharsale, ordonnoit à ses soldats deviser à cette partie du corps. Le danger de ces' blessures , comme de celles de l'aisselle et du jarret, tient kux gros vaisseaux, et sur-tout aux artères qui sont presque immédiatement sous la peau dans cet endroit ; mais aujourd'hui la chirurgie est assez hardie pour ne pas toujours redouter ces sortes de lésions ; elle va chercher ces artères, et même de plus profondes, pour les lier et arrêter les hémorrhagies mortelles que leur rupture occasione. M. Percy nous a
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donné, dans un mémoire à ce sujet, Thistoire de plusieurs opérations de ce genre , qu'il a pratiquées dans les dernières campagnes, et dont la plupart
M. Pelleta n vient de publier trois volumes sur tous les points de lart chirurgical, auxquels son expérience et ses observations ont pu ajouter des perfectionnements. Tous les faits qu'il rapporte ont été observés par lui ; et les réflexions auxquelles ils ont donné lieu ont cette empreinte originale qui appartient à toutes celles que la nature suggère. Il y traite de la bronchotomie, de lanévrisme externe et interne, des maladies syphilitiques, des hémorrhagies, des vices de conformation du cœur, de lamputation, des épanchements , etc.; et il parle aussi de quelques parties de la médecine légale , et de la physiolo{][ic. Cet ouvrage, qui est dédié à rinstitut, est le fruit de quarante années dexpé* riences dans un homme qui a occupé toutes les places qui peuvent fournir Toccasion d en faire, et qui a nécessairement dû être appelé à toutes les consultations remarquables de la capitale ; c'est assez dirie combien il est riche et digne dattîter Tatteotion des gens du métier. On y trouve plusieurs des mémoires dont nous avons rendu compte dans nos analyses précédentes.
L'ouvrage important de M. Sabatier, qui traite de la médecine opératoire , a paru pour la première fois en 1 796 ; l'édition s'épuisa promptement, et l'on en a fait deux contrefeçons. Vingt ans de guerre ont dû multiplier les connoissances chirur^
gjcales^ et faciliter les travaux des nouveaux chirurgiens, et cepeadant personne n'a pu éclipser le mérite de cet occellent livre. Conçu par un homme qui a profondément médité son sujet, il ne contient rien d'inutile, et semble ne laisser rien de
ne fut qu'en donnant ainsi au mal la forme qui le soumettoit eh quelque sorte à ce remède que Ton en obtint la guérison.
M. Chaussier, correspondant et professeur à la faculté de médecine, a communiqué un mémoire sur cette maladie si dangereuse pour les femmes en couches , que 1 on connoit sous le nom àe fièvre puerpérale y ou de péritonite. Long-temps les médecins ont éru qu'elle étoit due à un épanchement laiteux , parceque Ion trouve dans l'abdomen des personnes qui en sont mortes un fluide séreux mêlé de flocons semblables à de la substance caséeuse ; mais M. Chaussier fait voir que ces matières n ont de commun avec le lait que des apparences fausses : il cite des exemples d une maladie toute semblable qui attaque des hommes et des jeunes filles ; il montre que c'est une maladie catarrhale; il explique, d'après les changements de constitution qu'entraînent la grossesse et l'accouchement, pourquoi les femmes en couches y sont plu» exposées que les autres individus ; et , ce qui est encore plu» important, il annonce avoir obtenu, dans beaucoup de cas , contre la fièvre puerpérale , les succès les plus marqués , de l'emploi des bains de vapeurs et des fi'ictions de pommade mercurielle sur le bas-
ne peut pénétrer dans cette partie de loreille y et que Ton ne connoit point encore de remède interne qui puisse y exercer sûrement son action.
Les deux autres parties de Forgane de Fouie sont heureusement moins inaccessibles. La plus extérieure, nommée méat auditif, communique avec le dehors , et le chirurgien peut aisément y enlever les excroissances et la cire endurcie qui ont queU quefois empêché dWtendre. Enfin la partie inter» médiaire de Foreille qui se compose de la caisse du tympan et de la trompe ctEuUache communique par cette trompe avec Far rière* bouche, mais elle est séparée du méat auditif par la membrane du tympan. La caisse renferme un appareil compliqué d'osselets dont Fusage , quoique incertain , est pro^ faablement relatif à 1 exercice de Fouïe, et Fon conçoit que si elle est obstruée , le sens peut en être alntéré ou même détruit; Fon sait aussi par expérience qu'une communication libre de la caisse avec la bouche, par le canal de la trompe, est nécessaire pour bien entendre , quoique Fon n'ait aucune no<tion positive sur les causes de cette nécessité.
On rapporte un exemple d'un homme qui s'étoit guéri d'une surdité en faisant pénétrer des injections dans la caisse au travers de la trompe; mais cette voie doit être très embarrassée.
Long-temps on a hésité à aa ouvrir une plus di-^
recte eu perçant la membrane du tympan , parceque Ton croyoit l'intégrité de cette membrane nécessaire à roui(e. Cependant le tour de certains charlatans qui font sortir de la fumée de tabac de leur bouche par l'oreille prouvoit le contraire ; et en effet , dans ces derniers temps , M. Astley-Cowper, chirurgien de Londres , a , dit-on , pratiqué la perforation du tympan sur quelques sourds avec succès , et son exemple a été suivi par quelques chirurgiens allemands; mais comme on ne peut savoir d avance si la cause de la surdité est dans la caisse ou dans le labyrinthe, il est arrivé souvent que cette perforation na rien changé à Fétat du malade.
Cependant M. Itard, pensant que les obstructions de la caisse et de la trompe doivent être des causes assez fréquentes de surdité, bien assuré d'ailr leurs qu'il ne risquoit rien à faire des essais sur des sourds avérés qu'aucun autre moyen navoit pu guérir, a aussi essayé de perforer le tympan d'un jeune sourd-muet , et lui a fait dans la caisse, par cette voie, des injections d eau tiède qui ont rendu en peu de temps louïe à cet intéressant jeune homme. Le bonheur qu'il a éprouvé en retrouvant è-la-fois un sens de plus , et un moyen nouveau d'exprimer ses idées , les manières diverses dont il a témoigné ce bonheur^ forment dans le mémoire
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de M. Itard un tableau touchant^ et bien fait pour exciter Tintérèt de toutes les classes de lecteurs.
Parmi les nombreuses opérations que les événements si communs à la {][uerre nécessitent de la part du chirurgien militaire, il en est peu de plus hasardeuses , de plus rarement couronnées par le succès , que l'amputation du bras dans son articulation avec Tépaule; et, parmi les accidents qui viennent souvent troubler lespoir du chirurgien , il n'en est point de plus cruel que le tétanos , ou cette roideur convulsive qui s empare , dans certaines circonstances , du corps des blessés , et les conduit à une mort d^autant plus affreuse quelle n'affecte nullement les facultés intellectuelles.
M. le baron Larrey, dont l'expérience dans la chirurgie militaire est proportionnée aux guerres meurtrières qui la lui ont fournie, et aux théâtres aussi divers qu'éloignés où il a été successivement transporté avec les armées françoises , a présenté à l'Institut des mémoires sur ces deux sujets.
Dans le premier il cite quatorze excmfdes d'amputations heureuses du bras dans l'article , et dans le second il rapporte les effets presque miraculeux qu'il a obtenus du feu contre le tétanos, en l'appliquant aux points où il jugeoit que devoit se trou ver le centre de Firritation nerveuse. L'aspersion d'èau froide , fort recommandée par des médecins anglois
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et allemands , ne lui a au contraire jamais donné de résultats satisBiisants.
Une autre maladie, qui Qu'ajoute que trop souvent ses ravages à ceux de la guerre , c'est cette-sorte de fièvre putride qui naît dans lieux où des hommes
Tannée dernière ; la deuxième édition du Traité des maladies organiques du cœur, de M. le baron Corvi- «art; les discours, iq^moires, et observations de miédecine de £eu M. Desessarts ; le grand Traité des hernies, de M. Searpa, professeur à Pavie; et le Manuel de médecine pratique de M« Odier, professeur à Grenève.
Apd^s douse ans d expériences faites dans tous les pays civilisés depuis la découverte de la vaccine, nostitat a pensé qu'il étoit utile de rassembler les résultats de Tobservation SMr un objet si important pour rhumanité» Un autre motif rendoit ce travail -nécessaire. Des objections et des doutes avoient été élevés par des hompaes instruits, et dont le témoîgnoi^ étoit fait pour avenir de linfluence sur lopinion publique. On a même été jusquà mettre en question, si Finoculatkm de )a petîte^véroie , oonsi^ dérée et comme préservatif , ei , dans quelques cas ^ comme remède de diverses maladies, netoit pas encore préférable a celle de la vaccine , ou ne méritoit pas au moins d être conservée conjointement avec elle.
MM. Bertholiet, Percy, Halle , commissaires , se sont occupés des recherches nécessaires pour sar tisfaire aux intentions de lacompa^ie, et ont pré^
sente, par l'organe deM. Halle, un rapport étendu dont l'Institut a ordonné l'impression. Ils y raraé^ nent lesdivers points de la discussion à six questions principales. Sous leursdififêrents titres ils réunissent
puisée par un mouvement comparable à celui qui résuite de Tinoculation ; que les éruptions qui se sont jointes quelquefois, lors des premières vaccinations, aux effets ordinaires de la vaccine, étoient dues non pas au virus lui-même, mais à des circonstances le plus souvent connues et déterminablés au milieu desquelles ces vaccinations s'étoient faites ;
Que les événements malheureux observés dans quelques cas ont tenu évidemment à des causes étrangères qui se sont développées pendant le cours de la vaccine , ou qui, déjà existantes, ont acquis une intensité due non pas, comme on la dit, à laccession du vii*us vacciu, mais à Fétat particulier des sujets;
Que les désordres consécutifs, quand ils ne se rapportoient pas à des maladies préexistantes , ont évidemment été des cas très particuliers tenant à dés circonstances individuelles, et que leur nombre nayant aucune proportion avec la somme immense des observations exemptes de suites £1cheuses,ils ne peuvent donner lieu à aucune conséquence générale ;
Que ces observations malheureuses, en les sup* posant incontestables, sont plus que compensées par les nombreux exemples de maladies chroniques et rebelles qu? ont complètement et inopiné-
ment cessé à la suite des vaccinations; exemples qui, comparés à ceux d'effets semblables de Tinoculation ordinaire, et sur-tout si Ton met en ligne de compte la ditlerence d'intensité et de danger des deux maladies, donnent toute supériorité au virus vaccin ;
Enfin que la vertu préservative de la vaccine, quand le virus a été pris dans les circonstances aujourd'hui bien déterminées qui en assurent la pureté, et que son développement a été complet, est pour le moins aussi assurée que celle de la petitevérole elle-même, et que la vaccine jouit de plus de lavantage immense pour la société de circonscrire les épidémies varioliques, et peut faire raisonnablement espérer, si sa pratique continue d'être encouragée, que l'on verra enfin disparoitre l'un des plus déplorables fléaux; dont l'humanité ait eu à gémir,
M. Portai a donné encore une nouvelle édition de son Traité sur les asphyxies^ ouvrage imprimé et répandu par ordre du gouvernement pour l'instruction du peuple, et qui a probablement sauvé la vie à des milliers de citoyens depuis qu'il circule en France , et par les nombreuses traductions qu'on en a faites dans tout le reste de l'Europe.
M. Dumas, correspondant et doyen de la faculté de médecine de Montpellier, a publié un ouvrage
considérable intitulé Doctrine générale des maladies chroniques, où il embrasse en effet ce sujet important sous les points de vue les plus généraux et les plus élevés. Ne se bornant point aux formes extérieures de ces maladies, il remonte aux principes de leurs phénomènes , en déterminant par l'analyse les affections simples dont elles se composent, et qui peuvent être considérées comme leurs éléments. Une comparaison suivie des maladies aiguës et des maladies chroniques lui fait conclure qu'il n'y a point de caractère assez constant pour sépai'er d une manière absolue ces deux genres d'affections. Dans le tableau des maladies chroniques il fait voir, entre autres considérations, que le défaut de nutrition et l'amaigriss^nent sont amenés plus promp^ temeut par celles dont le siège est fixé sur les organes delà respiration que par celles qtti aflBectent les organes de la digestion; il fait connoitre des rapports constants entre certaines formes extérieures et les dispositions à diverses maladies chroni-» ques, d'où il déduit le caractère propre à chacune d'elles.
L'étude des révolutions naturelles à ces maladies lui a fait reeonnoître une période dHmminei^e où il est encore possible de prévenir leur formation ; différents genres de crises qui peuvent y sui'venir, et ce qui peut rendre ces crises^ avantageuses ou
nuisibles ; enfin les diflfiérentes métamorphoses des maladies aiguës et chroniques^ et réciproquement , ainsi que les causes et les effets de ces variations.
La détermination des affections simples dont ces maladies se composent, ou^ en d'autres termes, de leurs éléments pathologiques, lui a paru delà plus grande importance, puisqu'elle donne^eo qudque sorte les moyens de les simplifier en attaquant les éléments l'un après l'autre^ à commencer par les plus influents. C'est ce point de vue fondamental qui lui a servi pour expliquer leur formatioByet poui* déterminer d'une manière solideles principes de leur traitement ; mois pour cet effet il a dû s'at^ tacher sur-tout à tracer une ligne de démarcation précise entreles affections élémentaires essentielles», et celles qui n'existent que comme symptômes.
Il s'est ainsi élevé par degrés aux phénomènes généraux, et est parvenu à les déduire d'un petit nombre d'affections primitives. Sa théorie de la formation des^ maladies chroniques se réduit donc aux rapports de leurs affections élémentaires entre elles, et à ceux que ces mêmes affections oM avec les systèmes d'organes qu'elles oecupeût.
M. Dumas traite, d'une manière qui pai^oit lui être propre, tout ce qui regarde la disposition générale aux maladies chroniques ; il étal^lit une différence entre la constitution «t le tempérament qui
sont quelquefois apposés l'un à lautre , et dont l'opposition est la cause la plus directe d^une tendance à letat chronique. Il évalue Hniluence des âges par ses rapports avec les affections élémentaires, d où résultent une disposition de chaque âge à diverses sortes de maladies, des modifications dans les maladies communes à tous les âges , et des changements^vantageux ou nuisibles dans la marche de chaque maladie.
Il traite des passions d après des vues analogues. Chacune d'elles peut se décomposer en un certain nombi*e d'affections simples que l'analyse métaphysique reconnoit et énumère.
Enfin M. Dumas, arrivé à sa dernière partie, qui est celle du traitement , y donne la confirmation de la justesse de sa doctrine, en faisant voir que toutes les grandes méthodes éprouvées de traitement se laissent aisément ramener aux principes qu'il a établis; il termine par des considérations intéressantes sur les maladies héréditaires et sur les maladies incurables.
Dans un appendice M. Dumas dotme plusieurs exemples de la manière «dont il croit que pourroient être faites les histoires particulières et détaillées des affections élémentaires, lîn second ouvrage qu'il nous jH^omet établira et éclaircira, par des exem" pks tirés de sa pratique, tout ce que cette doctrine
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générale, par sa nature même, peut encore avoir de difficile et d abstrait.
M. Chambon a aussi lu un mémoire sur les dangers que courent les anatomistes dans leurs dissections , et sur les moyens de les prévenir et d'y remédier ; ils sont quelquefois effrayants ; mais heureusement ils sont rares , et leurs remèdes aussi bien que leurs préservatifs rentrent dans la classe de ceux que la médecine recommande contre la contagion et les plaies envenimées.
M. Orfila, jeune médecin espagnol , a présenté ' un grand ouvrage sur les poisons considérés sous le rapport de la médecine et de la jurisprudence. L'Institut n'en a encore vu que le premier volume, qui traite des poisons tirés du mercure, de l'arsenic, de l'antimoine, et du cuivre. L'auteur a fait beaucoup d'expériences sur les différences que la présence des aliments occasione dans la manière dont les poisons se comportent avec les réactifs, différences qui peuvent en certains cas en masquer les propriétés et empêcher de les reconnoître : il a ndiqué toutes les précautions à prendre par les experts pour répondre avec fidélité à la justice lorsqu'elle les consulte. Il a cherché sur-tout avec le plus grand soin à vérifier tous les moyens connus
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d^arrêter les effets délétères de ces potsoBS, et à trouver de nouveaux remèdes quand le$ anciens ne remplissoient pas son attente. Ainsi Fantidote du sublimé corrosif est , selon M. Orfila, 1 albumine ou blanc dœuf délayé dans leau; et celui du vert-degris , le sucre ordinaire en morceaux , résultat heureux auquel la théorie n auroit sans doute pas conduit.
M. Pictet, fidèle au devoir qu'il s est feit d'instruire rinstitut de ce que sa vaste correspondance offre de plus cnrieux sur les sciences que nous cultivons, a communiqué cette année des observations intérfôsantes de médecine et de chirurgie; l'une d'elle auroit assurément passé pour miraculeuse dans ces temps où une pieuse crédulité se plaisoit à voir dans chaque événement une intervention particulière et immédiate de la divinité : c'est la guérison d'un homme dont la poitrine avoit été traversée en totalité par un brancard de cabriolet. Une autre est d'un grand intérêt, en ce qu'elle donne l'espoir d'arriver à un traitement heureux de la rage, cette maladie la plus désespérante peutêtre pour l'art et pour l'humanité; un hydrophobe bien constaté a été guéri dans l'Inde par des saignées faites jusqu'à défaillance, et répétées chaque fois qu'il y avoit récidivé. Le bonheur d'une telle découverte a été d'autant plus vivement senti que,
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peu de jours auparavant, M. le baron Percy avoit lu à rinstitut la relation de Taffireux événement arrivé au mois d'octobre de Tannée dernière à Barsur-Ornain , où , dans une seule matinée , un loup enragé donna à près de vingt personnes les germes d'une mort cruelle. Une troisième observation faite à Genève, et communictuée par M. Pictet, na pas été si heureuse. Un soldat qui présentoit toutes les apparences du éroup éprouva sans. succès lopération de la trachéotomie.
M. Pictet nous a encore fait part d'une relation intéressante de la peste qui a régné dans le port russe d'Odessa, par M* Charles Pictet, son neveu, dont le dévouement a efficacement contribué à en arrêter les ravages,
M. Portai a publié un ouvrage important &ur la nature et le traitement des maladies du foie, où il a consigné le résultat de sa longue expérience sur les affections d'un organe dont la grande influence en santé et en maladie est si bien exprimée dans l'épigraphe choisie par l'auteur : Quanto magis ad sanitatem prodesty tanto et deterius in morbis afjicitur.
Notre respectable confrère M. Tenon , qui, malgré un tempérament déUaat et une jeunesse qui ne lui promettoit pas de longs jours, a conservé à force de soins les facultés de son corps et de sa tête si loin au-delà du tei^me acco^-dé au grand nombre
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des hommes, a voulu nous laisser les secrets qu il a heureusement éprouvés sur lui-même: son Offrande aux vieillards de quelques moyens pour prolonger leur vie est un code de longévité, dicté par la science et l'expérience; mais pour en tirer le même parti que l'auteur il faut y joindre comme lui une situation ti^nquillc, les douces occupations de l'esprit, et le calme d'une ame bienfaisante et pure.
M. Delpech , professeur de chirurgie à Montpellier, a adressé à l'Institut un mémoire sur la pourriture d'hôpital, espèce de gangrène qui survient aux plaies quand les blessés sont trop accumulés. Il s'est assuré que cette maladie funeste, et dont peu de praticiens ont parlé, est essentiellement le produit d'une contagion locale; elle se propage par le linge, par la charpie, et par les instruments. Elle prend une marche plus lente quand on peut déplacer les blessés ou les exposer à un courant d'air; les soins les plus minutieux de propreté sont nécessaires pour l'empêcher de se répandre; mais le seul vrai remède, selon M. Delpech, est de détraire la vie par le caut^e actuel dans les parties qui en sont affectées.
Il y a quelques années que M. Maunoir, chirurgien de Genève, fit parvenir un mémoire sur les
avantages de la méthode d amputation inventée en Angleterre, et qui consiste à couper la peau plus bas que los et les muscles, et de manière à en conserver assez pour recouvrir le moignon en la rapprochant immédiatement.
M. Roux, chirurgien de Paris, en a présenté un sur le même sujet, où il fait voir, d'après son expérience , que cette méthode diminue les souffrances du blessé, quelle prévient les hémorragies et la suppuration , qu elle accélère beaucoup la guérison de la plaie , et qu elle laisse le moignon dans un état plus commode et sujet à moins d'accidents. Il indique les précautions nécessaires pour éviter quelques inconvénients que lui reprochoient ceux qui la pratiquoient mal, et sur- tout pour ménager au sang et au pus, s'il s'en produit, une issue suffisante. M. Percy, notre confrère, qui l'emploie depuis sa jeunesse, et qui , comme il le dit lui-même, a eu le triste avantage de faire ou d'aider à faire plus d'amputations que peut-être aucun chirur« gien qui ait existé, exprime hautement dans son rapport le vœu que le travail de M. Roux puisse bientôt rendre général un procédé si utile.
Deu3^ jeunes chirull^ens de Paris, MM. Lisfranc et Gham penne, ont fait connoitre une méthode qu'ils on( imaginée pour l'amputation du bras dans son articulation supérieure, l-une des opérations
les plus difficiles de leur art : en faisant pénétrer Finstrument sous les deux proéminences de lomoplate, nommées acromion et apophyse coracoïde, ils arrivent immédiatement dans la capsule articulaire, et terminent l'opération plus vite que par aucun des procédés employés avant eux.
M. de Saissy, chirurgien à Lyon, a obtenu des succès contre plusieurs surdités, en faisant des injections dans la caisse du tympan par la trompe dEustache : il a envoyé à Flnstitut la description de sa méthode, et l'histoire des cures qu'il a opérées.
Le Traité sur les poisons de M. Or fila, dont nous avons annoncé le premier Yolume dans notre rapport de 1 année dernière, a été continué, et le second volume en a été soumis à Tlnstituten manuscrit. Il traite des effets délétères des préparations de Tétain, du zinc, de l'argent, de l'or, ainsi que des acides minéraux concentrés, des alcalis caustiques, du phosphore, des cantharides, du plomb, et de l'iode, et contient un appendice sur les contre poisons du sublimé corrosif , et de Tarsenic. Fj auteur y expose avec soin , et d'après des expériences neuves et exactes , l'effet ph^ologiqne de ces substances , soit avalées , soit injectées dans les veines.
Le lait, suivant M. Orfila, est le contre^poison du muriate d'étain; le sel marin, du nitrate d'ar*
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gent ou pierre infernale; la magnésie calcinée, des acides, pourvu qu'on lem ploie très promptement; les sulfates de soude et de magnésie ou sel de glauber et d epsom , quand on les prend en grande quantité et à plusieurs reprises, arrêtent leffet des sels de plomb et de baryte, et Vacide acétique est le remède à Faction des alcalis.
M. Orfila prouve que le charbon qui avoit été recommandé contre le sublimé et l'arsenic n'y peut faire aucun bien : c'est gagner beaucoup que de connottre l'inefficacité d'un remède contre des maux où l'on n'a le temps d'en employer aucun d'inutile.
Il y a plus d'un demi-siècle que le chirni^ien Garcngeot prétendit avoir vu reprendre un nez qui , dans une querelle, avoit été entièrement arra-»ché avec les dents, jeté dans la boue, et refroidi. On ne témoigna d'abord pas même de la surprise; mais bientôt le miracle fut révoqué en doute : on se moqua presque généralement du narrateur, et per^ sonne ne tenta d^imiter la prétendue opération. Cependant on vient d'attester juridiquement un Êiit non moins extraordinaire arrivé en Ecosse. Un doigt entièrement ddaché a repris en peu de jours, en perdant seulement l'ongle. Il parottroit même, d'à-
près divers auteurs du XVI* siècle, que Ion parvenoit quelquefois à réparer un nez perdu en y rattachant un morceau de la chair du bras.
M. Percy, qui auroit eu plus d occasion que personne de pratiquer ces greffes animales, et qui les a essayées plus d'une fois, qui en a tenté même sur des chiens dont les plaies guérissent si aisément, na jamais pu réussir. Il a vu reprendre des membres ou des parties de chair coupées qui ne tenoient plus que par un petit lambeau ; mais ce lambeau a toujours été pour lui une condition nécessaire. Il ne prétend pas cependant que d autres ne puissent être plus heureux ; au contraire il engage les chirurgiens à tout essayer pour rendre enfin vulgaire, si cela est possible, une opération qui au premier coup d'œil semble contrarier toutes les idées que nous nous faisons de l'économie animale dans les espèces d'ordre supérieur.
Les chirurgiens ont reconnu depuis long-temps que dans le cas où l'extrémité antérieure du pied est seule affectée de carie ou de gangrène, il vaut mieux la retrancher partiellement que d'enlever le pied entier, ou de couper même l'extrémité de la jambe; car ce qui reste du. pied est encore fort utile pour la marche: cependant l'on a pendant bien des années entièrement négligé de faire ainsi l'opération, et ce n'est guère que depuis 1789 que
MM. Pcrcy et Chopart Font remise en pratique, mais entre des os différents. Il y a quelque difficulté à trouver promptement les lignes d'articulation des os , et MM. Richerand , Dupuytren , Roux , et Villermé , ont indiqué différents points de repère pour se guider dans cette recherche. M. Lisfranc- Saint-Martin , dans un mémoire lu à Flnâtitut, en a indiqué encore quelques autres : mais un inconvénient 'général dont il parle c'est J'entrainement en arrière, ou lextension forcée de ce reste de pied, que produitsouvent l'action des muscles du mollet, quand elle n'est plus contre-balancée par celle des muscles antérieurs de la jambe, sur-tout quand on ne conserve pas le premier cunéiforme auquel s'insère le plus puissant de ces derniers muscles. L auteur recommande particulièrement ce point à l'attention des opérateurs.
M. Léveillé, médecin, de Paris, a présenté plusieurs faits intéressants et classés avec méthode sur les maladies dont le cours est interrompu par l'intervention d'autres mdadies, et qui le reprennent lorsque ces dernières sont guéries.
M. Larrey, inspecteur du service de santé militaire, a rappelé l'attention sur plusieurs idées contenues dans l'ouvrage qu'il a publié en 1812, sous le titre de Mémoires de chirurgie militaire ,, etc. Ne pouvant entrer dans ces détails pour lesquels le