‹ Histoire des progrès des sciences naturelles depuis 1789 jusqu'à ce jour (volume 3)Chapitre 3 sur 8 · BUFFON. COMPLÉM. T, IV · texte numérisé non relu

BUFFON. COMPLÉM. T, IV

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public peut d ailleurs recourir à Touvrage impriùié, nous rappellerons seulement 1 amputation du bras dans son articulation supérieure, lun des principaux titres de la gloire chirurgicale de lauteur par la sûreté qu'il y a apportée , au moyen d un procédé particulier aussi simple qu expéditif, et par une constance très remarquable dans le succès, puisqu'il a toujours sauvé quatre-vingt-dix malades sur cent. •

Les deux dernières parties du Traité général des poisons de M. Orfila, jeune médecin espagnol, ont été présentées à Flnstitut avant d être livrées à la presse. Lauteur y traite, avec son attention et sa sagacité ordinaires, des poisons végétaux et animaux qu'il divise, avec M. Fodéré, en poisons acres, narcotiques^ narcotiques acres, et septiques. Les premiers produisent une vive inflammation , mais une partie d'entre eux se borne à exercer une action sympathique sur le. cerveau, qui est la cause principale de la mort; d autres au contraire sont absorbés , et agissent directement sur le cerveau. L'opium n'est ni un excitant ni un narcotique, mais son action est toute particulière. Il commence par stupéfier, et développe ensuite des douleurs aiguës^et des Convulsions horribles. L'auteur prouve, contre Fontaria, que l'eau distillée de laurier-cerise injectée dans les veines est mortelle, même à petite dose.

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Les solanums font peu de mal dans nos climats, et c est probablement pour les avoir confondus avec la belladone qu'on a cru le contraire. Les expériences les plus précises ont prouvé à lauteur que les acides, Teau, et les boissons mucila(][ineuses, em* ployés contre les narcotiques, accélèrent la mort, mais que Feau acidulée est très utile quand le poison a été rejeté par 1 emétique. L'infusion de café et la saignée le sont également.

Parmi les narcotique^ acres se trouvent Fupas , le camphre, Féther, etc. Le camphre avalé ou injecté agit sur le cerveau et sur la moelle, et produit immédiatement Fasphyxie. En petits morceaux il ulcère d abord Festomac, et cause une mort plus lente. L'introduction de Fair dans les poumons est bonne contre tous ces poisons qui occasionent Fasphyxie.

L'auteur termine son ouvrage en décrivant les maladies spontanées que l'on pourroit confondre avec l'empoisonnement, telles que l'indigestion , le choléra-morbus , etc. , et en donnant les moyens de reconnoître la nature d'une substapce vénéneuse introduite dans les intestins, msdgré les altérations qu'elle peut y avoir subies ; problème le plus important de la médecine légale, et de la juste solution duquel peuvent dépendre la vie de bien des innocents et la punition de bien des coupables.

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Un article entièrement neuf est celui qui a pour objet de distinguer si le poison a été introduit pendant la vie ou après la mort ; car il est arrivé quelquefois que des scélérats ont eu recours à ce dernier moyen pour livrer au tribunaux des innocents^ objets de leur haine*.

L'auteur, après avoir employé trois années entières aux pénibles expériences qui ont servi de base à son livre, se propose, en retournant dans son pays natal, d'en faire de semblables sur les plantes vénéneuses du midi de TEurope. On ne peut que s'attendre encore à d'importants résultats de la part d'un observateur si habile et si zélé ; et rinstitut, à qui il promet de continuer la communication de ses recherches , s'est empressé de l'inscrire parmi ses correspondants.

Si l'ignorance en médecine est souvent dange^ reuse, elle n'est peut-être jamais plus terrible que dans les cas où, appelée à éclairer la justice, elle l'égaré par des rapports inconsidérés et qui peuvent attirer sur Tinnocence le supplice et la honte réservés au crime. Aussi l'ouvrage que M. Chaussier a entrepris sur la médecine légale , et qui a pour objet de faire concourir les lumières acquises par l'anatomie , la chimie , et la physiologie , à déterminer

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les causes de mort d après Tinspection des cadavres , est-il d'un intérêt vraiment social. Aux régies générales qu'il prescrit il ajoute comme exemples plu-* sieuts rapports faits en justice sur des cas remarquables, et y joint ses remarques sur les omissions, les erreurs , les obscurités , les vices de raisonnement, qui ne se rencontrent que trop souvent dans ces pièces importantes.

Toute cette partie répond complètement à l'épigraphe du livre : *

Sontibus inde tremor; civibus inde salus;

mais lauteur ne s est pas borné à ce que promet son titre. Il a fait aussi remarquer des vices dans la manière ordinaire d'ouvrir les cadavres pour la simple anatomie pathologique , vices qui ont souvent conduit à de fausses conclusions touchant la nature et le siège des maladies : enfin la physiologie générale elle-même profitera d'une infinité de remarques délicates sur des fonctions peu étudiées, que communique en passant ce savant physiologiste.

M. Moreau de Jonnès, qui a observé avec tant de soin la géologie des Antilles, ne s'est pas occupé avec moins de zèle de leur climat , de ses funestes effets sur la santé des Européens , et des moyens de prévenir ou de guérir une partie des maux qu'il occasione. Il a sur-tout recherché par quelles règles

dliy^ène il scroit possible d eo présenrer les troupes. Les précautions qull indique pour le débar- "quement, le log;ement, la nourriture, les marches des soldats , sont dictées par une sage théorie mé— dicale, et la plupart ont déjà été confirmées par Texpérience. Son ouvrage a été envoyé dans les colonies par ordre des ministres de la guerre et de la marine.

M. Boyer a donné un mémoire précieux sur une maladie cruelle dont il a le premier découvert les moyens de cûration. Il sagit de certaines fissures qui surviennent à lanus, et qui, accompagnées d*un état spasmodique de cette partie , occasioneut des douleurs inouïes et des angoisses insupportables. Uneincision.au sphincter pratiquée avec soin les fait cesser constamment et pour ainsi dire subitement.

M. Larrey est Tun des chirurgiens qui ont exercé leur art sur les théâtres les plus vastes et les plus variés ; attaché aux armées françoîses pendant vingt-cinq campagnes, il les a suivies dans les quatre parties du monde, et a dirigé en chef le service chi' Turgical en Egypte et en Russie , aussi bien que dans tous les climats internîédiaires , aux époques des victoires les plus brillantes et de la plus gi^nde prospérité , comme à celles des défaites les plus affreuses et du dénuement le plus absolu. Aucune

occasioQ ne lui a donc manqué , et il a profité de toutes.

Aux résultats de son expéri«ice, déjà coosi^és dans ses ouvrages publics, il a joint cette année des

concentre plus exclusivement sur certains objets. Qu'un homme devienne maniaque, qu'il tombe dans une fureur que rien ne peut calmer, ou daas une imbécillité qui le ravale au-dessous des animaux , nous ne voyons qu'une affection générale du cerveau qui rend cet instrument de Tame inhabile à ses fonctions ; mais quun homme, sain d'ailleurs de corps et d'esprit , jouissant de sa raison , conservant ses habitudes , s'imagine éprouver des sensations que rien d'extérieur n'occasione, qu'il croie voir des spectacles enchanteurs ou affreux , entendre des discours , de la musique , respirer des odeurs déterminées ; que , convaincu de la réalité des ob - ' jets qu'il aperçoit, il applique les régies ordinaires du bon sens aux actions auxquelles cette conviction le détermine , c'est ce qui semble à peine possible à ceux qui n'en ont pas été les témoins. Cependant c'est un genre de maladie qui n'est pas rare, qui ne l'a jamais été , et dont la connoissance peut expliquer une multitude de traits souvent bien impor- • tants de l'histoire morale du genre humain.

M. Esquirol, qui réserve à cette i^ranche particulièredes maladies del'espritle nom d'hallucination, a présenté à l'Académie un mémoire où il établit qu'elles suivent une marche tantôt aiguë, tantôt chronique , et qu'on y observe , comme dans toutes les autres maladies, des progrès, des paroxismes,

un déclin , souveut une tçrminaison heureuse. De grands changementsdansl'esisteace des personnes, oudesévénementspropresàfrappervivementrimagination, multiplient ce^enre d'accident, etaucune

aberrations en formant 4 avance le jugement de la jeunesse par une instruction solide:

Nous avons parlé dans notre histoire de 1 8 1 3 des expériences de M. Magendie , qui tendoient à prouver que la cause directe du vomissement n'est pas une contraction immédiate de lestomac luimême, mais que ce mouvement désordonné vient d'une contraction des muscles qui entourent le ventre, et principalement du diaphragme, laquelle agit média tement sur Festomac ; on a voit dès-ldrs indiqué lœsophage comme y participant peutêtre autant que l.es muscles extérieurs ; et il paroît en effet que dans de nouvelles expériences faites par M. Maignant le vomissement a eu lieu , quoique Ion eût coupé aux animaux sur lesquels on opéroit les muscles du diaphragme, qu'on eût détaché les ailes de cette cloison, et que Ton eût fendu transversalement les muscles^ du bas-ventre.

M. Portai , dans un mémoire sur le vomissement, qu'il a lu cette année à rAcadémie, après avoir rappelé d'anciennes expériences qui lui sont propres, et dans lesquelles, après avoir coupé les muscles du bas-ventre , on avoit vu lestomac se dilater et se contracter avec force, pendant que le diaphragme étoît refoulé dans la poitrine , a exposé

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la manière dont il conçoit que s'opère la rejection des aliments.

En conservant à l'estomac la vertu cootracdle

détruit les deux causes de dépression, restomac reprit ses mouvements naturels , et les vomissements cessèrent.

M. Girard , directeur et professeur d'anatomie de l'école vétérinaire d'Alfort, a présenté un mémoire sur le vomissement considéré dans les divers animaux domestiques. En général plus Tinsertion de Fœsophage dans le cardia se fait vers Icxtrémité gauche, plus elle est évasée, plus les fibres charnues qui lentourent sont foibles , plus le grand culde-sac est effacé, plus le pylore est resserré, plus le voile du palais est mobile et raccourci , et plus le vomissement est facile. Il lest donc beaucoup dans les carnivores , dont lestomac nest presque qu'une dilatation un peu oblique du canal intestinal ; il est déjà pénible dans leVochôn, où le cul-de-sac de gauche fait presque la moitié de tout le viscère, et où lœsophage est fort rétréci et garni d'une couche charnue épaisse. Dans le cheval où l'estomac éloigné des muscles du bas- ventre, peu fixé au diaphragme, à cause du prolongement de l'œsophage dans l'abdomen , a de plus le cardia très rapproché du pylore, traversant les parois obliquement et fortement entouré de lames charnues, le vomissement n'a pas lieu dans l'état naturel. Il est plus rare ^core, s'il est possible, dans les rumi-

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nante, à cause de la compHcatiob de leurs quatre estomacs, delamantère singulière dont l'œsophage y aboutit, et des faisceaux musculaires qui en garnissent rentrée. Toutefois il peut se manifester

OU parcequ'elle s*en est pénétrée, ou parcequelle s'en est recouverte à l'extérieur, ou parceque de fausses membranes ont tapissé ses cavités, soit par dedans, soit par dehors, ou parceque les vaisseaux se sont gorgés de sang, ou enfin parcequ'il s'y est formé des infiltrations séreuses ou purulentes, ou même des hydatîdes.

Les cœurs dilatés et épaissis par un vice stéatomateux sont quelquefois recouverts d'excroissances fongueuses en forme de végétation! On reconnoît quelquefois ce genre d'altération lorsque les symp* tomes généraux des maladies du cœur sont accompagnés d'engorgements au cou et d'autres lignes des scrofules ; les antiscrofuleux sont indiqués alors et n'ont pas toujours manqué leur effet. Dans les hydropisies qu'occasione la dilatation du cœur par la pléthore de.ses vaisseaux, la saignée est souvent utile , et elle l'est toujours contre cette pléthore quand on la reconnoit par les circonstances dans lesquelles les palpitations s'exaspèrent. Enfin quand des infiltrations gonflent les parois du coeur, dans les personnes atteintes d'hydropisie, les remèdes généraux contre cette dernière maladie sont aussi appropriés à la maladie du cœur.

M. Portai expose un grand nombre de faits tirés de sa pratique, et qui viennent tous à lappui de sa doctrine.

Le même savant médecia a lu un autre mémoire, dans lequel il présente des doutes nombreux touchant la théorie que les médecins modernes paroissent s être faite sur Finflammatioii du péritoine; il a observé, dans certains sujets, Finflammation de cette membrane la mieux caractérisée, sans qu elle ait été annoncée par aucun des symptômes que Ton croit lui être essentiels ; et lorsque ces symptômes avoient eu lieu , il a toujours trouvé quelqu'un des viscères du bas-ventre atteint d'inflammation ; si le péritoine étoit enflammé en même temps, c'étoit toujours dans la partie voisine d un ou de plusieurs organes eux-mêmes enflammés; doù il conclut que la péritonite n*est pas une maladie plus distincte de Finflammation des viscères abdominaux , que la frénésie ne lest de Finflammation du cerveau , ni la pleurésie de celle du poumon, ou de ce qu'on nomme vulgairement fluxion de poitrine.

De toutes les articulations de notre langue, lH est la plus difficile pour nos organes, et la dernière que les enfants apprennent à bien prononcer ; il est même des individus qui n'y parviennent jamais , et Fon n'en sera point étonné lorsqu'on saura que cette lettre exige de la part des muscles, du larynx, du voile du palais, de la langue, de la mâchoire inférieure, et des lèvres, jusqu'à vingt-six mouve-

ments distincts, et qui ont tous été caractérisés par les physiologistes. ]\I. Fournier a lu à FAcadémie un mémoire sur ce vice de langage, communément appelé grasseyement, et sur un moyen de le corriger lorsqu'il vient d une paresse des organes, ou d'une mauvaise habitude , moyen dont il doit l'idée à M. Talma. Il consiste à exercer les individus qui grasseyent à substituer à la lettre R, dans les mots où elle est nécessaire, les deux consonnes muettes T, D, jusqu'à ce qu'ils soient habitués à les prononcer assez vite pour les unir en quelque «orte^n une seule. M. Fournier assure que cet exercice prépare si bien les muscles que la lettre R leur devient ensuite très facile à rendre , et il en a fait l'expérience sur plusieurs individus; ce moyenne reste impuissant que chez ceux où le grasseyement tient à une foiblesse intrinsèque et insurmontable.

Le rétrécissement de l'urètre, maladie cruelle et devenue trop fréquente ^ se traite d'après la méthode de John Hunter et de sir Éyerard Homç , son neveu, par la pierre infernale que l'on fixe à l'extrémité d'une bougie emplas tique, et que l'on fait pénétrer ainsi dans le canal jusqu'aux carnosités et autres embarras qu'elle doit faire disparoîti^. M. Petit, jeune chirurgien, qui a reconnu les avantages de ce procédé , a trouvé cependant , à là manière dont

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Où l'a pratiqué jusqu'à présent, quelques inconvénients auxquels il a cherché à remédier. Au lieu d*une bougie sujette à se ramollir, il emploie une sonde de gomme élastique, et de peur que le morceau de nitrate d'argent ne se détache et ne reste'

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ties de Tos, des gouttes sereines, des épilepsies avec idiotisme, et d autres affections chroniques et rebelles.

Les commissaires qui ont suivi pendant plusieurs mois ses opérations en ont rendu le compte le plus satisfaisant. Us ont parlé avec le même éloffe d'une pommade cm|)loyée par ce médecin pour imiter à volonté tous les degrés de Faction du feu. Elle se compose de doses égales de graisse de mouton et d'ammoniaque. On fond la graisse au bain-marie, et Ton y verse petit à petit lammoniaque en agitant jusqu'au refroidissement. Ce savon ammoniacal, suivant le temps quW lui accorde, produit lexcitation, la rubéfaction; et va jusqu'à remplacer le vésicatoire et même le cautère actuel, effets d'autant plus utiles qu ils sont très prompts, qu'on les arrête à volonté , et qu'ils n'ont en aucun cas les inconvénients des cantharides.

Il arrive quelquefois qu'il se forme au cou une tumeur remplie d'eau, mais d'ailleurs semblable à un goîtrç. Les chirurgiens qui ont anciennement eu occasion de traiter cette maladie avoient soin d'en extraire petit à petit le liquide, afin de donner aux parois le temps de revenir peu à peu sur ellesmêmes, et de prévenir la gangrène qu'apiénent d'ordinaire une évacuation trop prompte, et sur-

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tout Taccès de lair dans la cavité. M. Maunoir de Genève, qui a décrit de nouveau ce genre de tumeur, et lui a donné le nom d'hydrocéle du cou, en fait la ponction avec un trois-quart, et le traverse ensuite par des sétons, pour empêcher un nouvel épanchement et favoriser le recollement des parois. Il n'emploie point d'injections qu'il seroit difficile de rendre telles qu'elles n'eussent pas d'inconvénients dans un sen$ ou dans un autre. Sa

doctrine coïncide, à beaucoup d'égards, avec celle quenseignoitjilya bien des années, feu M. Tenon, et avec la pratique de nos plus habiles chirurgiens , nommément de M. Percy, qui a fait à l'Académie le rapport du mémoire de M. Maunoir.

Quand le chirurgien est obligé de retrancher une main fracassée, gangrenée ou cariée, il la détache d'ordinaire entre l'avant-bras et le poignet, parceque la simplicité de cette articulation la rend facile à diviser, et que la plaie, peu étendue, guérit aisément. Mais dans quelques occasions rares le poignet pourroit n'être point attaqué. M. Troccon s'est occupé de la méthode que Ton auroit à suivre pour enlever le corps de la main, c'est-à-dire le métacarpe , en laissant le poignet adhérer à l'avant* bras. L'opération devient plus difficile , à cause des inflexions de la ligne que l'instrument doit suivre ,

et de retendue de la plaie , et peut-être cette difficulté n'est-elle point compensée par les avantages que peut procurer ce petit reste de main; tout au plus pourroit-il servir à attacher plus commodément une main artificielle de carton, ou d autre composition immobile : mais si cette main artificielle devoit être disposée pour quelque mécanisme qui la rendit capable d'imiter en partie les mouvements naturels, on pense qu elle trouveroit dans lavant-bras un point d^appui plus solide.

M. Sédillot a présenté un mémoire étendu sur un genre d accident dont il s est occupé depuis bien long-temps , et qu'il a étudié plus, à fond qu aucun de ses confrères; cest la rupture des muscles. Il arrive quelquefois que, dans un mouvement inopiné et purement d'instinct , dans un faux pas, dans une chute, lorsque, pour ainsi dire, à Tinsu de la volonté, les muscles se contractent brusquement, irrégulièrement , et que toutes leurs fibres ne peuvent prendre une part égale à Faction, il arrive , disons-nous , que celles qui en supportent l'excès viennent à se rompre. Cet accident s annonce d'ordinaire par un sentiment de déchirure, par du «ang extravasé. M. Sédillot en rapporte un grand nombre d'exemples ; il en fait bien connoître les symptômes; il rend raison des phénomènes près-

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que toujours singuliers qui les ont accompagnés et suivis, et il montre qu'une compression douce, uniforme et constante , en est le vrai remède. Si on la néglige , et que Ton perde le temps en cataplasmes et en fomentations, la partie ne manque guère de rester faible et émaciée ; le meilleur moyen compressif , pour les membres qui en sont susceptibles, est le bas de peau de chien lacé. M. Sédillot s'en déclare le partisan. Il n emploie guère de topiques que dans les cas où aucun bandage nest applicable.

M. Rigaud , de Lille , a communiqué des recherches sur le mauvais air des contrées marécageuses , et particulièrement sur la nature de cette cause maladive que les^ Italiens désignent sous le nom d^Aria-cattiva. 11 paroîtroit en résulter qu'aucune des raisons que Ton assigne communément aux maladies si communes dans certains cantons , tels que les environs de Rome , ni la transpiration interceptée , ni le défaut de plantations ou de population , ne sont de nature à produire les effets funestes qu'on leur attribue , mais qu'il se forme réellement dans l'air, et dans les vapeurs qui le remplissent , un principe délétère d'une nature particulière.

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La membrane pupillaire est un voile celluleux et vasculaire qui ferme la prunelle dans le fœtus , et qui se déchire et disparoit d'ordinaire vers Fépoque de la naissance. M. Portai a présenté quelques observations sur ce voile, qu'il croit occasioner, en quelques cas , des cécités de naissance lorsqu'il ne se déchire pas , cécités qu'on pourroit guérir par une opération facile* M. Portai pense que Fenfant naissant est dépourvu d'ouïe et d'odorat aussi bien que de vue , parceque les narines et la cavité de son tympan sont remplis de mucosités , dont il faut qu'il se débarrasse pour jouir de ces organes. Il arrive aussi quelquefois des surdités de naissance, parceque la cavité du tympan ne s'est pas dégorgée.

M. Portai, dont nous avons analysé Tannée dernière le travail sur les grossissements du cœur sans dilatation de ses cavités , en a lu un cette année sûr les anévrismes de cet organe.

Il y établit qu'ils sont très communs; qu'ils consistent toujours en une ampliation plus ou moins grande d une ou de plusieurs de ses quatre cavités, soit que leurs parois soient amincies, soit qu'elles aient acquis plus d'épaisseur, ce qui arrive souvent; que dans tous les gis c'est le sang qui produit ce surcroît d ampliation seul ou concurremment avec

d'autres causes, dans une ou plusieurs des cavités du cœur, en distendant leurs parois toujours trop foibles relativement à son impulsion , soit parceque le sang est généralement en trop grande quantité dans tout le système de sa circulation , soit parceque, trouvant des obstacles pour sortir du cœur, il y est retenu en trop grande quantité , d où il résulte qu il distend toujours ses parois; que les contractions des parois du cœur, bien loin d'être plus fortes lorsque ces parois sont plus épaisses , sont au contraire plus foibles , si elles sont désorganisées par quelque vice , comme elles le sont presque toujours alors; et que s'il arrivoit que, le cœur étant sain, ses parois eussent un peu plus d'épaisseur que dans l'état naturel, elles se contracteroient alors sans doute avec plus de force , mais aussi qu'elles seroient dans une disposition contraire à celle où elles se trouvent quand l'anévrisme se forme. Alors, poussant le sang avec, trop de violence dans les artères pulmonaires et dans l'aorte^ elles pourroient y produire des anévrismes, mais jamais dans la cavité du cœur, d'où ce sang proviendroit.

M. Portai conclut de ces observations, en faveur de plusieurs illustres médecins, que les anéVrismes sont toujours passifs par rapport à la force dés pa» rois du cœur, absolue ou relative à laction du sang.

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contre ces mêmes parois; que les signes indicatifs <}es anévrismes , exposés par ces savants médecins , sont les plus certains, et que leur pratique relativement à la saignée est la mieux éprouvée et la plus efficace.

M. le baron Percy a communiqué à TAcadémie des recherches historiques curieuses sur le méricisme, sorte d'indisposition assez dégoûtante, et qui consiste à faire revenir à la bouche les aliments à demi digérés pour les avaler une seconde fois. C'est une espèce de rumination , qui a fait avancer bien des opinions extravagantes aux médecins qui en ont parlé. M. Percy réduit toutes ces opinions à leur juste valeur.

Diverses maladies de la poitrine , en altérant les rapports du vide avec le plein dans cette cavité, ou en réduisant en tout ou en partie la faculté qu'a le poumon de se dilater ou de se contracter, produisent des changements dans le son que rendent les parois de la poitrine lorsqu'on les frappe ; changements qui donnent, en certains cas, des indications utiles sur les causes auxquelles ils sont dus.

C'est de là qu'est né l'art de reconnoître les affections de la poitripe par la percussion , dont Auenbrugger, médecin de Vienne, a publié un traité qui a été traduit et étendu par M. Gorvisart. Mais on peut faire encore sur l'état de la poitrine (Jes obser-

distingue les variétés, et fait connoltre les, indications qui en résultent par rapport aux ulcères du poumon, et à la consistance de la matière quils renferment.

Cet instrument fait aussi entendre d'une manière distincte les mouvements de la respiration et les battements du cœur, en sorte que Ton juge facilement de leur plus ou moins de régularité; ce qui ne peut manquer de donner aussi des indications utiles pour les vices de ces deux fonctions.

L emploi de For en médecine, long-temps vanté par les alchimistes, sembloit oublié dans les derniers temps , lorsque M. Chrétien , célèbre médecin de Montpellier, annonça qu'il avoit reconnu à ce métal, même dans son état de pureté, des propriétés médicamenteuses très efficaces , et qull en avoit tiré grand parti contre des affections scro* fuleuses et syphilitiques. Il a adressé à TAcadémie un travail volumineux qui contient Fbistoire des principales maladies qu'il a traitées, et le détail des précautions avec lesquelles il a fait usage de ce nouveau remède. Les commissaires de la compagnie ont fait à leur tour, et d'après les méthodes indiquées, des expériences nombreuses pour être en état d'en apprécier les vertus. Au^ moyen de frictions dor ou de muriate triple d'or et de soude, faites sur la langue, ils sont parvenus à cicatriser

des ulcères scrofuleus , à résoudre des engot^ements sypliilitiques, à détruire en partie desexostoses, à arrêter des caries, à mettre fin à des

porté ce genre d ouvrage , légua il y a deux ans une somme à l'Académie pour être décernée à celui qui découvriroit les moyens de préserver les doreurs sur bronze des funestes effets de la vapeur du mercure qui les fait presque tous périr de bonne heure après des souffrances cruelles.

Ce prix a été remporté par M. Darcet qui non seulement a donné la solution complète du problème de M. Bavrio, mais qui a inséré dans son mémoire tant de vues utiles pour rendre plus faciles^ plus efficaces, et moins malsaines les diverses opérations dont se compose lart du doreur, que son ouvrage est devenu un traité complet de cet art, aujourd'hui si important pour la France.

Le moyen imaginé par M. Darcet consiste en un fourneau de rappel dont un tuyau monte dans la cheminée du doreur; il y produit un tel courant ascensionnel de lair qu'aucune parcelle de mercure ne manque den être entraînée; et même en adaptant à la cheminée un autre tuyau qui se recourbe* sur un vase rempli d eau on recueille utilement la plus grande partie de ce mercure vaporisé.

Uif autre changement important fait par M. Darcet est d'avoir substitué le nitrate de mercure à l'acide nitrique pour l'opération du décapage qui nuisoit aussi beaucoup à la poitrine des ouvriers, lorsqu'elle se faisoit avec de l'acide pur.

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Les procédés que M. Darcet avoit depuis longtemps introduits à la Moniipie se sont répandus dans plusieurs ateliers de doreurs, et M. le préfet de police ne permet plus à aucun doreur de s'établir ni de transporter son atelier sans le disposer de ma-

ser valions remarquables sur Femploi du feu en médecine^ s'est aussi occupé des ventouses. Il fait observer que Teffet qu'elles produisent est souvent bien supérieur à ce que Ton pourroit attendre de la petite quantité de liquides dont elles procurent Fextraction. Des sangsues, en tirant plus de sang, n ont souvent pas le même succès à beaucoup près ; et d'ailleurs les ventouses sèches produisent en bien des cas autant d'effet que des ventouses scarifiées. Ce remède s^est montré salutaire dans beaucoup de congestions locales, avec irritation et douleur fixe, et en générpl dans les phlegmasies ou inflammations partielles, soit aiguës, sort chroniques. Appliqué convenablement, il a calmé les symptômes d'une dentition orageuse; il a fait disparoître des palpitations du cœur, et, arrêté des hémorragies utérines.

L'une des opérations les plus surprenantes et les plus honorables de la chirurgie est sans contredit celle que M. Richerand a exécutée en enlevant une partie des côtes et de la plèvre. Le malade étoit luimiême un homme de 1 art qui n'ignoroit pas le dan* ger du remède auquel il recouroit, mais qui savoit aussi que son mal étoit incurable autrement. Il étoit attaqué d'un cancer à la face interne des côtes et à la plèvre, qui reproduisoit sans cesse d'énormes fongosités , que le fer et le feu a voient attaquées

inutilement. Il fallut mettre les côtes à no, en scier deux, les détacber de la plévi-e, et enlever toute la partie cancéreuse de cette dernière membrane. A peine y eut-on fait une ouverture que l'air, s'engouffrant dans la poitrine, donna lieu dans la

péricarde et en y faisant des injections convenables on parviendroit à guérir une maladie toujours mortelle jusqu'à présent, Fhydropisie de cette cavité.

La cataracte est une cécité qui provient de ce que le cristallin de Fœil a perdu sa transparence; et depuis la plus haute antiquité on a connu lart de la guérir, soit en extrayant le cristallin vicié par une ouverture que Ton fait à la cornée, soit en déplaçant cette lentille au moyen d'une aiguille qui pénétre dansTœil, et en laissant ainsi une libre entrée aux rayons de lumière au travers de la pupille. On a long-temps disputé sur les avantages de chacune de ces méthodes, et Tune ou l'autre a été alternativement plus en usage : encore aujourd'hui les oculistes sont partagés sur leur mérite , et préfèrent l'une ou l'autre , selon l'idée qu'ils s'en font et l'habitude qu'ils en ont prise. Ce qui en avoit prévenu quelques uns contre l'opération par déplacement ou abaissement c'étoit l'incertitude de ce que devenoit le cristallin, et la crainte qu'il ne reprit sa place, et n'obstruât de nouveau la pupille. Mais on sait aujourd'hui, par les expériences de M. Scarpa, qu'il ne tarde point à être dissous ou absorbé dans les humeurs de l'œil, et qu'il n'en reste bientôt aucune trace.

M. Roux a lu à TAcadémie un mémoire sur ces

deux méthodes, et sur leurs avantages mutuels : il préfère lextraction; mais il convient qu'elle nest point applicable dans tous les cas, et cest alors seulement qu il voudroit que Ton pratiquât rabaissement.

M. Percy a communiqué une série intéressante d'observations sur les plaies dans lesquelles il s est manifesté de la phosphorescence. Chacun sait que les matières organiques qui commencent à se corrompre , le bois , le poisson , la chair, sont sujettes * à répandre de la lumière ; la même chose arrive quelquefois aux plaies ; et peut-être en auroit-on recueilli un plus grand nombre d'exemples si la nature des choses permettoit que les pansements se fissent dans l'obscurité. Mais M. Percy, qui pendant vingt-cinq ans de guerres , tantôt heureuses , tantôt malheureuses , a eu plus d un million de blessés à traiter, ne s'est vu que trop souvent obligé de les soigner sans lumière. C'est ainsi qu'il a observé sur un jeune soldat de Paris une plaie légèi*e à la jambe qui donna une lueur assez vive pendant plus de quinze jours. Ce jeune homme, j>our se soulager, avoit d'abord humecté ses compresses avec son urine , en sorte que l'on pouvoit attribuer la phosphorescence à cette cause ; mais quelque

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temps après , au siège de Manhdm , une lueur non moins vive , un véritable £eu follet , se montra pendant plus de six jours sur un officier dont la blessure n'a voit été pansée quavec des compresses humectées d eau pure.

M. Percy a vu depuis plusieurs autres exemples de ce singulier phénomène , et même il en a observé un sur une plaie provenant d'une engelure.

Il a été lu à TAcadémie des mémoires sur plu* sieurs maladies qui appartiennent à des climats éloignés. M. Devilie a décrit lafFreuse épidémie de cholera-morbus , qui a ravagé en 1 8 1 8 le Bengale et une grande partie de Tlndostan ; M. Moreau de Jonnès a donné une Monographie de la fiéore jaune telle qu^elle se manifeste aux Antilles , et a fait connottre les maladies qui régnent le plus générale* ment dans ces lies.

Un mémoire intéressant de M. le baron Larrey a roulé sur les procédés ingénieux par lesquels ce célèbre chirurgien a extirpé une tumeur squir^ reuse d*un volume énorme qui tenoit au cou et à la mâchoire inférieure , et se trouvoit ainsi placée entre des vaisseaux nombreux qu'il étoit aussi difficile d'épargner que dangereux d'ouvrir.

M. Faure, médecin qui s'attache particulièrement aux maladies des yeux , a présenté à l'Acàdé»

Hiie un mémoire sur la pupille artificidUe, et sur une méthode nouvelle d opérer la cataracte , imaginée par le docteur Buôhorn de Magdebourg , qui la nomme ketalonixis. 'Elle consiste à faire passer laiguiUe par le moyen de lacpielle on abaisse le cristallin, non pas comme on la voit fait jusqu'ici , par quelque point de la sclérotique, mais au travers de la cornée transparente. Cette méthode a très bien réussi à M. Faure , dont ]e métaoire est remarquable d'ailleurs perr uâ exposé fort ^xact de dîf£érents ^ces qui nécessitent une pupille crrtificielle, et par une analyse judicieuse d^s procédés opératoires qui conviennent à chacun d'eux

La fiévi'e jaune , ce fléiinie nos lies à sucre, n'est pas moins terrible que la peste du Levant; d après une notice sur la mortalité qu'elle a occasionée elle a isnlevé le quart, quelquefdis le tiers et davantage de la populâ|ton des villes où elle s'est introduite. Long-terùps confiirée dans les contrées chaudes <lu nouveau continent, elfe semblé au}ourd%ui menacer toute l'EuVope, Quatre fois depuis vingt ans elle a ravage Cadix ; plus 4e vingt-cinq mille âmes dans ce seul port ont succombé à ses atteintes. Elle s'est mohtfèe non moins cruelle en d'autres ports de la

péninsule et jusque Livourne. Il n'est donc pas

étonnant que Jk» gouvernements aient cherché à feire mifu^i étudier cett^ maladie , et se soient enquis âvec.*5Kéle -des meiyelOs d'en ppéserver leurs peuples,^ ni qUeles hommes de Tan qui ont eu Foccasion de lobseryer da^s les lieux où elle est plus fi^quothte se soient empressés d offrir le tribut de leurs luniières.-

Le Qdmbte dfe$ ouvmges et des bans ouvrages qut traitait de ta fièvre jaune a' donc été fort considérable; mats , ctnmnevmr taAt-.d'âutrés-matièiies les pkc^importanteè de la pAédecini^ , iU'en faut de boaucoup'^qiie tam^desoittace et d^s observations si multipliées , faites avec tnitt de loin- e^ dis courage , aient conduit à des résultats certains.

La question principale elle-même , celle qui ii^téresse sur-totlt Fadmijustration, est loin encore d'être décidée. La:&irvr<vJ£(uti^se{wropage7t-ellepar c^nt^ibii d'bosEiiyi^à homme; les malhaurejHJc qui en sont une lois tnfectésia •portènt-ils par^tont ai^ec eux?

Des mesures sanitaires aftal^gues à celles que Ton prend contre ia peste sont-eile$ nécessaires pour Féloigner de nousePsoat-eiles. suffisantes?

Ou bien celte calamité i^iit-dUe seulement de Faction combinée de Fair,- du sol , de la température, et des^émonations malsaines et piitrid«s, en sorte que d une part les barrières extériçinres se-

ET CHIRURGIE. agS

roient des obstacles-im puissants contre elle, pour les lieux soumis à l'influence de ces causes ; mais que d'une autre part les malades ne la portèroient point dans les lieux où ces causes n'agisseut pas , et

scieDtifique rigoureuse, ils u0verroieDt de tous côtés que de la perplexité et des embarras.

M. Devèze, par exemple, qui a vu et traité la fièvre jaune à Saint-Domingue, et lors de ses plus grandes irruptions à Philadelphie , s'est déclaré depuis iQng-temps contre la contagion, et vient de reproduire sa doctrine dans un ouvrage présenté cette année à TAcadénûe, et qui a été publié.

Il a vu la maladie aux Antilles , régnant sporadiquement; il Fy a vue attaquer vivement les étrangers , moissonner des armées entières arrivant d'Europe , et jamais il n aperçut que lapproche des malades ajoutât au danger pour les individus sains. Le climat exerce ses fureurs sur les individus habîtués à une autre température; mais le climat seul agit: les Créoles, qui d ordinaire sont moins susr ceptibles detre attaqués de ce lual que les Européens , y deviennent tout aussi sujets que ceux-ci lorsqu'ils ont passé quelques années dans des pays tempérés. A Philadelphie, selon M. Devèze, la fièvre jaune est née de la chaleur combinée avec les émanations putrides des canaux et des rues mal nettoyées; mais elle ne subsiste, elle ne se répand que dans les lieux où subsistent les causes qui Font produite : ceux-là seulement en sont atteints qui sexposent aux foyers d'infection ; elle ne s'étend pas aux champs aérés , aux collines , aux lieux éle*

vës; les malades qui Tont contractée dans la ville se dispersent dans les compagnes, ils vont y mourir sans y porter le mal; on peut en approcher et les soigner impunément : c'est presque toujours par des suppositions gratuites que l'on en a attri-

freux attaqua les Européens dès le second voyage de Colomb ; qu il les moissonna toutes les fois qu^ils vécurent long-temps avec les naturels; qu'il n a été porté en Europe et aux États-Unis qu a des époques rares , déterminées ; que jamais il n'y a été sporadique ; que dans des occasions bien constatées il a été manifestement transmis par communication ; tandis qu'en d'autres occasions non moins certaines on s'en est garanti par une séquestration complète. D où il conclut que si le mal ne se répand pas audelà de certaines limites, que s'il n'attaque pas tous ceux qui approchent des malades, c'est que sa communication exige certaines conditions qui heureusement ne se rencontrent pas toujours ni par-tout ; qu'en un mot ce n'est point une maladie indéfiniment contagieuse; que peut-être ce n'est pas même une maladie qui exige un contact immédiat ; mais qu'exclusivement originaire de certains lieux, ceux qui en sont atteints peuvent la transmettre en d'autres lieux , lorsque le sol et le climat s'y prêtent à son développement, lieux où cependant toutes ces circonstances ne l'eussent pas produite si ce nouveau ferment n'étoit pas survenu.

Une opinion combinée en quelque sorte des deux autres a été développée dans un mémoire spécial par M. Girardin , qui a observé la fièvre jaune à la Louisiane.

Selon lui cette maladie est ordinairement sporadiqueet non contagieuse; mais à certaines époques elle régne épidétniquement, elle devient alors

Les gouvernements, sans s'inquiéter aknrs des systèmes et des distinctions sur les virus, les contarions j et les infections , n en seroient pas moins tenus de prendre des précautions sérieuses; on ne peut même contester que dans le doute il ne soit de leur devoir d'embrasser Topinion la plus sûre.

De tous temps les médecins habiles ont reconnu que, pour traiter avec succès une maladie, il ne faut pas s en tenir à ce quWnoncent les symptômes les plus apparents , ni supposer que la cause du mal soit précisément au point où se manifestent la douleur et Imflammation.

M. Portai, depuis bien des années, a fait des applications de cette théorie aux maladies qui tirent leur origine du foie, mais dont les symptômes ou les effets so'nt tels qu on pourroit être tenté d*en placer le^siége dans Festomac ou dans les intestins. Il la reproduite dans un mémoire important qu'il a lu cette année à TAcadémie sur les entérites ou inflammations des intestins qui surviennent à la suite des maladies du foie ; les rapports nombreux de ce viscère avec le canal intestinal , soit par leur situation mutuelle, soit par les nerfs et les vaisseaux qui se rendent de Tun à Tautre, soit enfin par leur communication directe au moyen du canal de la

bile, sont en efFet si nombreux qu'il est bien diffi* cile que le foie soit affecté sans que FafFection se communique aux intestins, et M. Portai a montré qu^en plusieurs cas Ton commet des erreurs funestes aux malades, en traitant ces entérites symptoma^ tiques commç des maladies primitives, et en négligeant d^examiner Fétat du foie et de la bile.

La bile altérée occasione très souvent des inflammations violentes et des érosions dans le canal alimentaire, et il y a des exemples de personnes que Ton a crues empoisonnées à cause de ces signes équivoques. Le cholera-morbus et la passion iliaque ont eu plus d'une fois leur cause primitive dans le foie, selon M. Portai. L auteur rapporte à Tappui de sa doctrine des exemples nombreux et intéressants tirés de sa pratique, et où des maladies graves de ce genre ont été promptement guéries, lorsque Ion s'est attaché à les poursuivre dans leur véritable siège.

M. Percy a lait voir le modèle en plâtre d'un bras où s'étoit manifesté un éléphantiasis d'un volume monstrueux ; le malade en est mort vingt-deux jours après l'amputation , et à Fâge de vingt-deux ans.

M. Desmoulins, docteur en médecine, a présenté un mémoire sur le volume et la masse du système

3oO MÉDECINE

nerveux dans les marasmes occasionés par diverses maladies. Ayant toujours trouvé le cerveau et les nerfs des personnes mortes dans cet état aussi volumineux à proportion que dans les personnes sai* nés, il pense que Fexcès d'irritabilité qui s'observe d'ordinaire dans ce marasme tient précisément à cette conservation du système nerveux , au milieu de la déperdition qu'éprouvent les autres organes , et au défaut d'équilibre qui en résulte.

M. le docteur Chomel a présenté à rAcadémie une observation faite sur une jeune personne sujette à des accès d'bystérie, qui fut atteinte d'une, toux périodique très violente. La belladone transforma cette toux en véritables attaques d'hystérie qui cédèrent ensuite facilement au quinquina.

M. le docteur Fournier- Pescay a lu l'année dernière à l'Académie un grand travail sur Faction de la musique sur notre système nerveux et sur les effets médicaux qui en résultent quelquefois ; il en rapporte des exemples vraiment surprenants. Ce travail, dont nous aurions dû rendre compte dans notre précédente analyse, et qui s'est Jrouvé oublié par une erreur de bureau , ayant été imprimé depuis dans le Dictionnaire des sciences médicales, nous nous bornerons à y renvoyer les lecteurs.

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