‹ Histoire des progrès des sciences naturelles depuis 1789 jusqu'à ce jour (volume 3)Chapitre 4 sur 8 · ANN^E · texte numérisé non relu

ANN^E

Nos lecteurs^ se doutent bien que l'étude de la fièvre jaune,n a pas diminué d'intérêt à une époque où ce fléau terrible semble nous menacer de plus près. Aussi TAcadémie a-t-elle entendu plusieurs nouveaux, mémoires sur cet important sujet.

M. Moreau de Jonnès a publié un écrit sur les phénomènes de sa propagation, et sur son principe contagieux, soit qu'il se manifeste par l'importation de terre ou de mer, ou par les communications des hommes entre eux dans les maisons et .dans les Ueux publics. Des faits nombreux qu'il a accumulés da^s §es précédents ouvrages , et de ceux qu'il a recueillis dans les rapports plus récents des divers observateurs , il conclut que jamais cette maladie ne s'est montrée pour la première fois dans un pays sans y avoir été apportée par les personnes ou les choses infectées de son principe contagieux ; qu elle n'est js^inais praduite spontanément par auimne cause Iqcale, mais qu'elle ne s'étend pas indéfini|nent, et qu'un certain degré de chaleur et d'humidité est .nécessaire à sa propagation ; en sorte quelle s'éloigne peu du rivage de la mer ou des grands flojiiy^, qu'elle^ s*éteint da^s les lieux élevés , et qu'elle est d'autamt moins menaçante que

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la saison ou le climat sont plus froids. Les émanations morbifiques sont plus ou moins dangereuses, selon le degré d'énergie qu elles ont acquis du degré même du mal, et selon la quantité qui s en est accumulée; et c'est ainsi que s'expliquent les ano* malies qui ont donné lieu à de si violentes contestations ; c'est ainsi que la fièvre jaune est plus contagieuse que la peste dans la chambre resserrée d'un malade, et qu'elle cesse de l'être sur une montagne, sur un rocher insulaire, ou dans un lazaret exposé à une ventilation forte et soutenue.

M. Desmoulins a pensé que la coloration de la peau en jaune ne vient point de la bile ni d'une lésion du foie, mais qu'elle n'est que le produit d'une congestion du sang sur la peau et les membranes muqueuses des intestins, qui produit et le vomissement noir et les ecchymoses, et enfin la coloration universelle qui vient à leur suite.

Une autre de ces affreuses coiitagions qui détruisent quelquefois des populations entières, le cholera-morbus de llnde, a aqssi été décrite par M. Moreau de Jonnès. Elle fut apportée pour la première fois en 1 8 1 9 de Calcutta à Tlle-de-France par une frégate angloise , et y fit périr en six semaines plus de six miUe Nègres ; car, au contraire

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de la fièvre jaune, c*est sur les Nègres que le cfaoleramorbus sévit avec plus de fureur.

La cupidité ayant introduit à Bourbon , malgré les défenses du gouvernement, quelques Nègres atteints de cette maladie , elle s'établit bientôt au lieu où ils étoient débarqués ; mais un cordon v^ gilant et des quarantaines sévères parvinrent à Fy concentrer. Elle s'est étendue sur presque toutlln^ dostan , sur la Chine méridionale , sur les Philippines, et a causé des pertes ^normes dans tousx^s pay$.

On dit que Thuile d'ohve , prise intérieurement avec de lether et du camphre, est jusqu'à présent le seul remède qui ait agi contre ce mel avec une efficacité sensible.

Nous avons rendu compte Tannée dernière de la découverte fiiite par MM. Pelletier et Gaventou, des principes qui donnent au quinquina sa vertu fébrifuge, et que ces chimistes ont reconnu être de nouvelles espèces d alcalis. Il s agissoit de constata les effets de ces principes appliqués dans leur état d'isolement au traitement des^ fièvres intermitten-^* tes , et d'exam iner si leur emploi n'en traînerait point d'inconvénient particulier. M. Pétros et M. Chomel , docteurs en médecine , se sont occupés de cette re* cherche. Il résulte de leurs expériences que l'em-

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pioi des sulfates de quinine et de cinchonine, tout aussi avantageux que celui du quinquina en nature, en ce qui concerne la cure des fièvres, est beaucoup moins susceptible dlnconvénients, à raison de la très petite dose nécessaire ^ et parcequ ils ne fatiguent point Festomac comme le fait le quinquina en nature, par cette quantité de matière ligneuse et indigeste quïl contient. Les nouveaux remèdes ont«ur-tout été utiles dans des circonstances où letat d'irritation de lestomac rendoit Tusage du quinquina impossible.

M. Bertin, fils d'un anatomiste célèbre que FAcadémie a compté autrefois parmi ses membres les plus distingués , et qui cultive lui-même avec zèle et avec succès la partie de lanatomie relative aux lésions des organes, a commencé dès 1 8 1 1 à présenter à FAçadémie des observations précieuses sur Jes maladies du cœur. Il avoit reconnu dès-lors diverses altérations du cœur, tenant à 1 epaississement de ses parois a^^c ou sans rétrécisscmentde ses cavités, avec ou sans endurcissement, avec ou sans ramollissement dans son tissu ; altérations auxquelles les anfitomistes pathologiques avoient donné trop peu d^attention. Il a cpntinuéises recherches sur cette espèce de nutrition surabondante ou d'hypertrophie. Elle se porte tantôt sur Fun, tantôt sur Fautre

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ventricule, et quelquefois sur tous les deux; elle peut en affecter plus ou moins les diverses parties. Ce ne sont là ni des anévrismes ni des dilatations actives , et l'énergie des parois, loin d'être augmentée, est quelquefois très afïoiblie. M. Bertin prouve la réalité de toutes ces variétés par des ouvertures de cadavre bien décrites , auxquelles il a cherché à donner encore plus d'utilité en y rattachant les symptômes observés sur les malades.

Une observation bien curieuse du même médecin est celle d'une femme qui n'a pas laissé que de vivre cinquante-sept ans , bien qu'elle eût dès sa naissance un vice d'organisation qui sembloit mortel. IjCs valvules de son artère pulmonaire , unies ensemble, ne laissoient qu'une ouverture d'une ligne de diamètre; en sorte que la plus grande partie du sang ne pouvant traverser le poumon retournoit de l'oreillette droite dans la gauche par le trou de botal qui étoit demeuré ouvert, et que le ventricule droit avoit sa cavité fort rétrécie et ses parois épaissies à proportion. Dans un pareil état de la circulation le sang ne pouvoit prendre à un degré suffisant les qualités artérielles ; aussi cette femme àvoit-elle eu dès son enfance les lèvres colorées en bleu, et lorsqu'elle faisoit quelque chose avec action son visage entier se teignoit de cette couleur; avec l'âge cette difformité étoit arrivée à

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un tel point que cette malheureuse n*osoit plus se montrer. Morte à la suite d'une hémiplégie, on trouva dans son cerveau deux amas d un fluide purulent.

M. Cruvelhier, docteur en médecine , a présenté un travail intéressant sur trois maladies trop souvent funestes au premier âgé, le croup, Thydropisie aiguè des ventricules du cerveau, et la perforation spontanée de lestomac.

Relativement au croup , il parott convaincu de cette vérité consolante, qu'il est toujours possible d arrêter les progrès de cette cruelle maladie quand on s'y prend à temps. Des saignées locales, répétées jusqua la décoloration complète de la face, et les révulsifs les plus énergiques, sont les moyens dont Icxpérience garantit le succès.

L'hydropisie du cerveau est bien plus difficile à reconnoître, et ses effets plus difficiles à prévenir; l'inégalité de la respiration, l'irrégularité du pouls, jointes à l'afïbiblissement des sensations internes et externes, en ont paru à l'auteur les symptômes les plus marqués, dans ces commencements où il importe si fort de la signaler. Attristé du peu de succès des saignées ordinaires contre ce mal terrible, il a essayé d'en pratiquer à la membrane pituitaire des arrière-narines, au moy<en d*un instrument iait exprès.

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Mais la partie des recliercbes de ce médecin qui a le plus frappe l'attention c'est ce qui cbncerne une désorganisation de la membrane de l'estomac et des intestins, qui en convertit les tuniques en certains endroits en une substance gélatineuse, et

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Deux jeunes médecins, MM. Parent et Martinet, ont présenté à TAcadémie un travail remarquable par son exactitude et la précision avec laquelle on a tiré d'un grand nombre d'observations tous les résultats qu elles pouvoient offrir.

Il a pour objet cette maladie terrible de Finflammation de la membrane araclmoïde , Tune de celles qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière.

Les auteurs, dans de nombreux tableaux, ont considéré ce mal par rapport à ses causes extérieures, aux âges, aux sexes de ceux qui en sont atteints, à sa durée plus ou moins longue, aux symptômes qu'il présente à ses diverses époques, et sur-tout à celle de son invasion , la seule où l'on puisse espérer de lattaquer avec quelque succès, et cependant celle où il est le plus difficile de le reconnoître ; enfin par rapport aux traces qu'il laisse après la mort, soit dans l'organe primitivement affecté , soit dans ceux qui ne l'ont été que sympatbiquement.

M. Portai a lu un mémoire sur des fièvres typhoïdes ou pernicieuses, rémittentes ou intermittentes y survenues contre toute attente, pendant ou après plusieurs maladies, et qui ont été guéries par le quinquina en substance; pour ajouter à l'histoire

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siège immédiat est toujours dans la moelle alongée ou daas la partie supérieure de la moelle épinière; 3"" qu au défaut des signes qui indiquent la nature de ces lésions organiques immédiates on doit, pour traiter cette maladie avec succès, prendre en considération les causes éloignées pour prescrire son vrai traitement. L'auteur prouve les avantages de cette méthode par les succès qu'il en a obtenus et dont il expose les résultats. Ce n'est, dit-il, que lorsque nous ne pouvons nous conduire ainsi qu'il est permis de se livrer à un empirisme plus souvent funeste qu'utile.

M. Pinel , fils du célèbre médecin que l'Académie a l'avantage de posséder, et qui se livre lui-même avec succès à l'art qui a dû tant de progrès à son père, a présenté à l'Académie un mémoire sur une altération du cerveau, dans laquelle la matière médullaire de ce viscère perd sa mollesse et ses autres caractères physiques pour devenir dure, élastique, fibreuse, et pour prendre enfin à-peuprès l'apparence du blanc d'œuf durci par la chaleur.

L'auteur a observé pour la première fois cette altération sur une fille idiote de naissance, paralysée du bras et de la jambe gauches, tellement bornée dans ses facultés qu'elle ne comprenoitque les questions relatives à ses besoins animaux , et qu'à

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par cette altération , et les affections mentales qu*ëprouvoient les individus dans lesquels il Tobservera.

Nous avons entretenu nos lecteurs , dans notre analyse de 1820, des nouveaux alcalis extraits du quinquina , et dans lesquels il y avoit lieu de croire que résidoit la vertu fébrifuge de cette écorce; et dans celle de 1821 nous avons rendu compte des essais pratiques sur l'emploi de ces alcalis, combinés avec lacide sulfurique.

Ces médicaments et tous ceux que la chimie a découverts dans ces dernières années, en enseignant Fart dextraire des végétaux leurs véritables principes médicinaux dans l'état de pureté , récla* moient un formulaire qui pût guider sûrement dans leur emploi et dans leur préparation. M. M agendie s est acquitté de cette tâche en faisant usage de tout ce que les médecins ont constaté de plus exact à cet égard dans leur pratique, et en indiquant les procédés que les chimistes ont reconnus comme les plus sûrs et les plus directs.

M. Double, habile médecin de Paris, qui l'un des premiers a constaté la vertu éminemment fébrifuge du sulfate de quinine, l'a employé aussi avec un succès marqué dans les fièvres continues rémittentes et dans les rhumatismes aigus, où les douleurs s'exaspèrent par intervalles plus ou moins

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réguliers. Combiné avec le proto-chlorure de mercure, ce sel s'est montré utile dans des engorgemeats lymphatiques, et il a même fait quelque bien à une personne attaquée d'une maladie fort sîngu-

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conclusion contraire. Lesauteurs ne prennent point encore sur eux de donner uye décision. Us se bornent à exposer avec candeur tout ce qui peut y conduire ; mais il semble que dans leur ouvrage ce seroit lopinion de la non-contagion qui seroit le plus près d obtenir gain de cause.

M. Moreau de Jonnès a recueilli , dans les documents officiels , les principales circonstances de lapparition de la fièvre jaune, à bord des navires mouillés dans le port de Pomègue, et par suite dans le lazaret de Marseille. I^es faits établissent que la maladie fut apportée de Barcelone; qu'elle se communiqua d'un navire à lautre, mais quelle ne se propagea point dans le lazaret, où plusieurs malades furent transportés.

Les anatomistes ont appelé trompe cfEustacne, d après celui qui la découvert, un petit canal qui établit une communication entre larrière-bouche et cette partie de loreille que l'on nomme la caisse du tympan. Sans que Ton sache bien en quoi cette communication peut être nécessaire à lexerciceau sens de louïe, il est certain que plusieurs surdités ne sont dues qu'à son obstruction ou à celle de la caisse dans laquelle elle donne; et quand cette obstruction est produite par des substances qui p^' vent se dissoudre ou se délayer, on réussit qudq"^'

fois à y porter remède, en injectant daas la trompe quelque liqueur convenable. Ou prétend que c'est un maître de poste de Versailles, nommé Guvot.

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un petit emporte-pièce à ressort, qui produit d'iin seul coup Forifice désiré. Les commissaires de FAcadémie ont vu une petite fille de neuf ans , sourde et muette depuis l'âge de treize mois, qui immédiatement après la perforation du tympan de loreille droite a entendu avec une sorte d'extase l'air d'une tabatière à serinette, et a répété les sons non articulés qu'on a fait retentir doucement à son oreille. On lui a aussi débouché et injecté la trompe du même côté, et l'on a été étonné de la quantité de matières diversement épaissies et colorées que les injections ont fait sortir par l'ouverture artificielle du tympan. Je n'ai pas besoin de dire qu'aucun de ces moyens ne réussîroit dans les cas où la surdité viendroit de la paralysie du nerf de l'ouïe; car alors elle est incurable : mais on a des moyens de savoir si elle provient de cette cause , et l'on épargne alors les opérations au malade.

M. Ducamp a présenté à l'Académie un traité fort étendu sur les rétrécissements de l'urètre , maladie funeste et malheureusement trop commune aujourd'hui. Après en avoir exposé la nature, le siège , les effets , et avoir rendu compte des moyens curatifs employés jusqu'à lui, il fait connoître une méthode nouvelle qui a paru aux hommes de l'art ingénieuse et propre à produire de meilleurs effets

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que les précédenles , en même temps qu'elle n'aura pas leurs inconvéoients.

Il emploie divers procédés, et principalement une bougie enduite de cire, pour acquérir une notion précise de la position de l'obstacle, de son

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Les nombreuses guérisons obtenues par Fauteur ont confirmé les espérances que donnoient la nature de ses procédés et les raisonnements ingénieux d'après lesquels il les avoit conçus.

Il a été rendu à l'Académie un compte avantageux des planches lithographiées où M. Maingault, chirurgien , dont nous avons déjà eu plusieurs fois occasion de parler, a fait représenter en grand et fort exactement les diverses amputations des membres avec le manuel propre à chacune d elles. Rien ne seroit plus capable d eclaircir, pour les commençants, les doctrines chirurgicales que ces figures, qui les rendent sensibles à lœil, et sont plus claires pour l'esprit que toutes les descriptions.

Un militaire qui, par suite dune plaie ipéné^ trante , faite par la lame d'un sabre, qui l'avoit traversé de part en part, avec lésion du poumon et d'une artère intercostale, avoit un énorme épanchement sanguin dans la cavité de la poîtriae, a été soumis à l'opération de lempyéme parJVI. le baron Larrey. Le succès a passé toute attente, mais les résultats ont été très dignes d'attention. Le côté blessé est réduit de plus de moitié dans ses diroeD* sions ; les côtes ont perdu une grande partie de leur

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courbure , et se sont mises en contact de manière à s'entre-toucher; l'épaule s'est abaissée, le cœur a passé sous le sternum , et lait maintenant sentir les battements du côté droit; le diapbraf>rae est re-

de dégager le cristallin des adhérences qu'il peut avoir contractées ; on pourra remployer aussi pour former une pupille artificielle.

M. Gabriel Pelletan , fils de l'un de nos confrères , pour appliquer le nitrate d'argent , ou pierre infernale, à des surfaces très limitées où Ton veut restreindre la cautérisation, comme à de petites fistules , de petits kistes , a imaginé de plonger l'extrémité d'un fil ou d'un stylet d'argent dans l'acide nitrique, et de se procurer sur-le-champ par-là une petite masse de nitrate proportionnée à l'espace sur lequel il veut opérer, et qui ne soit pas susceptible de se casser, et de demeurer ainsi plus long-temps qu'on ne le voudroit dans la cavité où on Tauroit insérée. Il propose, pour le même objet, de plonger la pointe d'un stylet d or ou de platine dans du nitrate d'argent fondu , et de la revêtir d'un enduit de cette substance.

M. Portai a consigné, dans un ouvrage ex pro-fesso sur l'hydropisie, en 2 vol. in-8*, les résultats de sa longue pratique et de ses observations cliniques et anatomiques. Il y rejette bien loin ces méthodes curatives qui prétendent traiter par des moyens semblables une affection qui peut être due

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à des causes non seulement très diverses, mais souvent entièrement opposées. L'analyse de ces diverses causes, les signes auxquels on peut les reconnoître, les remèdes qu'elles réclament, sont exposés dans son livre avec autant d ordre que de clarté , et la doctrine y est sans cesse appuyée sur les faits. Après une histoire étendue de Thydropisie générale, Fauteur passe aux hydropisies particulières , qu'il considère successivement d'après les organes qu elles afïectent ou les cavités qu'elles remplissent, depuis l'hydrocéphalç , Thydro thorax et l'ascite^ jusqu'à celles de chaque viscère et à celles des artictilations.

Ce travail fait en conscience, et par un médecia dont la sagacité et la justesse des aperçus ne sont pas moins célèbres que sa carrière a été heureuse , ne pouvoit qu'être accueilli avec reconnoissance par ses jeunes émules.

IjCS médecins ne cessent pas de s'occuper de la fièvre jaune. M. Audouart, lun de ceux qui ont mis tant de courage à aller l'observer et la soigner à Barcelonne, a imaginé sur son origine une hypothèse toute nouvelle. Il croit que les navires employés à la traite des Nègres en ont été les foyers primitifs; que la maladie créée en quelque sorte par ce commerce inhumaici s'est propagée en Amérique ; que ses irruptions sur différents points du

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globe se sont multipliées en raison de Tactivité de ce trafic , et que ce sont en particulier des vaisseaux qui venoient de servir à la traite qui ont produit les épidémies observées en Espagne dans ces derniers temps.

M. Moreau de Jonnès a communiqué les détails d'un fait qui prouveroit d'une manière presque démonstrative la nature contagieuse de la fiéyre jaune.

Le sloop de guerre le Bann, étant en relâche à Sierra-Leoiie, envoya des matelots au navire marchand la Caroline, pour Feutrer dans le port, et suppléer à son équipage, qui, à l'exception de trois hommes, avoit entièrement succombé à la mer par les ravages de la fièvre jaune.

Le Bann ayant appareillé pour l'Ascension , ^ maladie dont étoit infecté le navire avec lequel il avoit communiqué éclata à son bord pendant la traversée , et fit périr treize homtnes en vingt-huit jours. Elle en tua encore vingt quand il fut mouilla dans l'île, et se répandit à terre parmi les militaires de la garnison. Sur vingt-huit hommes treize périrent; mais un poste de ces hommes , placé dans une autre partie de l'Ascension, et n'ayant pc»n^ de communication ave« ce poste principal , ne fut point atteint par la maladie.

Il r^ulte de Texamea de ces faits :

I ° Que la fièvre jaune a été portée en 1 823 , par la communication maritime, au-delà de lequateur dans rhémisphère austral, et dans la route du cap de Bonne-Espérance et de& contrées orientales ;

2® Quelle a été communiquée par un navire à un autre navire, et à la garnison de l'île de l'Ascension , où elle a paru pour la première fois ;

3** Qu'elle ne s'est point transmise dans cette île au-delà de la sphère des communications, et que les hommes qui se sont trouvés séquestrés naturellement n'en ont point été atteints ;

4** Enfin qu en éclatant avec violence au mois de mai par une température modérée , sur un rocher nu , isolé , battu par les vents, où il n'existe ni bois, ni marais, ni population autre qu'un foible poste militaire, elle a montré qu elle peut être quelquefois indépendante des conditions considérées comme nécessaires à sa propagation ; et qu'il suffit , dans certains cas , que son germe soit importé dans un lieu quelconque pour qu'il produise en se développant les effets les plus meurtriers , et fasse périr le tiers, la moitié, même les trois quarts de ceux qu'il peut atteindre.

Toujours occupé de nous mettre en garde contré les maladies pestilentielles qui peuvent se propager

par la contagion , M. Moreau de Jonnès a lu à FAcadémie un travail sur Fitinéraire que suit, depuis quelques années, le choiera -morbus de Flnde; ce mal effrayant qui a causé tant de ravages dans les régions orientales , et qui semble aujourd'hui sapprocher de FEurope par plusieurs côtés.

Dans Fespace de sept ans, de 1817 à i823, H s*est répandu de proche en proche , depuis les Moluques jusqu'au rivage de la Syrie , et depuis les tles de France et de Bourbon jusqu'aux côtes de la mer Capienne, et à Fembouchure du Volga: ce qui place les points extrêmes de ses ravages à une distance de treize cent quarante lieues, dans la direction du nord au sud , et de dix-neuf cents lieues dans celle de Test à Fouest.

Cette maladie ne dépend, selon M. de JonnèST d'aucune prédisposition individuelle ni d'aucune situation particulière; elle a attaqué également tous les âges, tous les sexes, tous les tempéraments, toutes les races , FIndou , le Chinois , le Malais , Tirabe , le Nègre , le Turc , et l'Européen.

Elle ne dépend pas non plus des extréntes de la température atmosphérique; ses ravages ont eu lieu dans toutes les saisons de l'année : lorsque le thermomètre s'élevoit au 32® et même au 87* degré centésimal , et lorsque dans les montagnes de Yl^àe le mercure descendoit au i o*" degré et même au 4'*

Elle n'est point Teflet de rhumidité de lieux bas et inondés , tels que ceux qui avoisinent les embouchures du Gange et de llndus, puisquelle s*est établie avec une égale violence dans les hautes montagnes du Népaul , dans les mornes élevés de File de France, dans les sables de TArabie, et quelle a traversé des déserts du Diarbékir et les steppes de la Tartarie.

Elle ne dépend pas du mauvais air, des eaux stagnantes, des miasmes des marais, ou d autres causes de cette nature , puisqu elle régne dans une multitude de lieux où il n^existoît rien de sem-* blable.

Elle ne dépend point d'une constitution viciée de 1 atmosphère, puisqu'elle s*est montrée avec la même malignité aux extrémités opposées de l'Asie et pendant une période de sept ans.

Elle n'est point le résultat d'une nourriture nuisible, telle qu'une espèce de poisson du Gange , ou le riz de l'Inde , auquel on l'a attribuée, puisqu'elle sévit également sur des populations dont le régime alimentaire n'est pas le même.

Elle n'est pas propagée par les venta, comme on l'a supposé , car souvent elle n'envahit point des lieux intermédiaires aux lieux infectés; eHe s'étend dans une direction opposée aux courants dominants ; elle atteint des îles situées à mille lieues du

lit des moussons qu on prétend en être les agents; et ce qui est tout-à-fait incompatible avec la rapidité de ces moteurs, il lui a fallu une année pour traverser la péninsule de llnde, trois ans pour envahir les archipels de locéan Indien , quatre pour gagner Feutrée du golfe Persique , et sept pour atteindre les bords de la Méditerranée.

Ces exclusions conduisent M. de Jonnès à croire que cette maladie n est point identique avec celle dont elle a reçu le nom, attendu que le choleramorbus ordinaire est sporadique, indi^duel, dépendant des saisons , des aliments , des constitutions; tandis que le fléau désigné premièrement au Bengale par cette appellation seroit une maladie pestilentielle , indépendante de ces agents , qui se propage d'une manière analogue à celle des contagions, et se reproduit sans doute par une véritable assimilation , mais en suivant des lois particulières dont la connoissance est imparfaite.

Enfin , dit l'auteur, cette maladie formidable setend de proche en proche par les communications, remontant les fleuves, et pénétrant dans les provinces les plus reculées au moyen de la navigation intérieure; suivant les armées dans leurs marches, les Indiens dans leurs pèlerinages , les bâtini^^ de guerre et du commerce dans Jeurs expéditions, et traversant les mers avec les navigateurs, les de-

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serts avec les caravanes , et les cbataes de montagnes avec les voyageurs ou les fuyards.

Une maladie encore plus menaçante , selon

neuf Vont eue dune manière cruelle el dangereuse, et vingt-trois ont succombé.

Elle ne peut donc qu'exciter de plus en plus à la propagation de ce bienfait admirable de la vaccine.

Une des découvertes les plus précieuses dont la chirurgie se soit enrichie depuis bien des années paroit être la méthode imaginée par M. Civialepour limer la pierre dans la vessie, la réduire en poussière , et la faire sortir avec les urines , sans aucune opération douloureuse.

Après tant d'essais infructueux pour la dissoudre, et lorsque les méthodes les plus parfaites pour l'extraire sont encore accompagnées de tant de douleurs et de dangers , on n'osoit pas s attendre à des procédés si simples et sujets à si peu d'inconvénients. Une sonde droite et creuse que l'opérateur apprend à introduire sans autant àe difficultés que la direction flexueuse de l'urètre pouvoit le faire craindre, contient une autre sonde creuse aussi , et dont Fextrémité se divise en trois branches courbes et élastiques. Une fois la première sonde dans la vessie, on en fait saillir le bout delà seconde; ces branches devenues libres s'écartent par l'effet de leur élasticité. On cherche à saisir entreelles le calcul que l'on veut détruire^ et quand on s'aperçoit qu'il y est pris, on l'y fixe en retirant

un peu cette sonde intérieure; alors on fait avancer un stylet qui est dans Taxe des deux sondes, et dont le bout est en forme de lime ou de scie circulaire, ou comme une petite couronne de trépan ; et, le faisant tourner avec un archet, on réduit ainsi en 4eux ou trois reprises la pierre en poussière. Une injection 4'^au tiède débarrasse chaque fois la vessie des parcelles et du détritus que Topération a dé^ tachés. On entend le bruit de Tinstrument qui agit sur la pierre. Le patient éprouve plus de gène que de douleur. Après qu'il est délivré, quelques bains de siège, quelques sangsues au périnée, Tusage dune boisson douce et détersive, sont les seuls auxiliaires qUe Ton ait jugé utile d employer. Les commissaires de FAcadémie ont vu délivrer ainsi en trois séances d'un mal cruel un homme que ces opérations fatiguoient si peu qu'il yenoit à pied chez le chirurgien pour les faire reprendre. Plusieurs autres cures non moins heureuses ont eu lieu sous leurs yeux. Sans doute des pierres enkistées, c'està-dire enchâssées dans le tissu de la vessie, des pierres trop grosses pour être saisies par la petite pince à trois branches que la sonde doit introduire , échapperont encore à cette méthode; peut-être même quelque fragment que Ton n'auroit pas fait sortir deviendra-t-il le noyau d^un autre calcul ; mais ces exceptions peu nombreuses n'empêche-

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ront pas la découverte de M. Cîviale de }X>rtér du soulagement à une infinité de malheureux.

M. Proust , à l'occasion d'un énorme calcul du poids de douze onces, extrait dernièrement à une femme par la taille latérale , s'est livré à des recherches qui lui ont suggéré des idées nouvelles sur l'une des causes qui peuvent amener cette terrible concrétion.

Les urines de cette malheureuse , s'écoulant par une fistule qui lui est encore restée , déposent une matière ahondante et cristalline , qui enduit les parties voisines , et qui consiste principalement en phosphate de chaux et en urate d'ammoniaque; soumises à l'examen , elles se sont trouvées spécifiquement beaucoup plus légères que celles d'une personne de même sexe et de même âge à l'état sain; l'agitation les rend laiteuses ; leur odeur est ammo' niacale , et elles donnent à la distillation beaucoup de carbonate d'ammoniaque ; les acides en séparent un mucilage animal très abondant , produit par un catarrhe dont la vessie est afFectée. Enfin, ce qui est bien notable, elle ne contient point d'urée, quoiqu'il y en ait d'ordinaire dans l'urine des fei»" mes plus que dans celle des hommes. C'est à la présence de l'ammoniaque que M. Proust attribue cette disparition de l'urée pour former lu rate d'anu»^

niaqtiequi se précipite avec le phosphate de chaux ; dbù il conclut que rien n'est plus propre à occasioner le calcul que ce qui peut contribuer à introduire des alkalis dans Turine. Aussi fait-il remarquer que , malgré la présence du carbonate de soude dans le sang , la nature a soin de ne pas le laisser arriver dans les urines , où Ton n'en rencontre jamais.

Des plaies pénétrantes , des hernies étranglées , et d'autres accidents , peuvent ouvrir Fintestin en même tem[>s que l'abdomen ; et il arrive quelquefois que les bords de l'ouverture intestinale contractent de l'adhérence avecceu^^ de la plaie extérieure: c'est un bonheur pour le malade, qui autrement auroit infailliblement succombé; mais c'est un bonheur chèrement acheté.

L'orifice qui se forme ainsi est ce qu'on nomme un anus accidentel ou contre nature ; et comme il n'a pas le moyen de se tenir fermé , les matières fécales s'écoulent sans cesse, et cet écoulement devient un tourment affreux et continuel. La portion d'intestin placée en arrière de la plaie ne servant plus se rétrécit par degrés ; celle qui est en avant se dilate au contraire, parcequ'elle doit remplir les fonctions du canal tout entier ; il se fait entre elles

un repu saillant vers Fintérieur, une espèce de crête ou d^éperon qui empêche les matières de passer Tune à lautre , et les dirige vers le dehors ; quelquefois mêmç le bout de Fintestin supérieur se renverse en dehors comme un doigt de gant retourné. Depuis long-temps on a cherché à rétablir Fétat naturel en essayant de dilater la partie postérieure du canal , d efiReicer Féperon qui en ferme Feutrée, et de fermer Forifice extérieur ; et Fon y a quelquefois réussi, quoique bien rarement.

M. Dupuytren , par une longue étqde de ce mal , et par des essais répétés , est parvenu à imaginer une méthode curative plus sûre que celles de ses prédécesseurs.

Elle consiste essentiellement dans la destruction faite avec art de la crête qui sépare les deux portions du tube intestiual , afin de faire une route libre de la portion supérieure vers l'inférieure.

A cet effet M. Dupuytren a inventé un instrument qu il nomme entérotome, composé de deux branches d acier qui saisissent cette bride , et la compriment assez pour y détruire la vie, mais non pour la diviser immédiatement.

11 a décrit cet instrument avec beaucoup de soin , et donne les plus grands détails sur les procédés à suivre dans son application; deux guérisons très complètes danus contre nature que la chirurgie,

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dansTétatoù elle étoit, aiiroit incontestablement ;abandonnés à eux-mêmes, et dont M. Dupuytren a donné l'histoire^ ont prouvé lefficacité supérieure de cette méthode nouvelle.

Elle a été démontrée encore par ce résultat, que sur quarante-un malades, là plupart réputés incurables , M. Dupuytren , ou 4 autres chirurgiens qui ont suivi sa méthode, sont parvenus à en guérir complètement vingt-neuf.

Nous avons parlé dans notre analyse de 1822 des procédés par lesquels M. Deleau, soit en injectant la trompe dEustache, soit en perforant le tympan , jest parvenu à débarrasser la caisse de loreille des matières qui lobstruoient , et a^uéri ainsi certaines surdités.

Ce médecin a présenté à TAcadémie un jeune sourd-muet de naissance qui n entendoit pas les sons les plus violents , et qui a complètement recouvré Touïe par cette méthode ; mais pour avoir acquis la faculté de percevoir des sons, cet enfant étoit bien loin encore de jouir de tous les avantages que le sens- de loii'je nous procure. Il lui a fallu une longue éducation pour apprendre à distinguer entre eux les divers sons , à savoir le sens qu'on y attache , et sur-tout à les imiter. Né de parents peu aisés, il navoit malheureusement pas même reçu

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rinstruction dont il étoit susceptible , en sorte que le peu de développement de son intelligence augmentoit les difficultés. Après trois mois il navoit encore appris que quelques mots simples, et lorsqu'il vouloit en reproduire de plus compliqués il faisoit une multitude defibrts, et remuoit longtemps sans succès ses lèvres, sa langue, et son gosier, à-peu-près comme un homme qui apprends danser n exécute d abord que des mou vements disgracieux. Il réussit mieux quand on lui eut appris à épeler , et l'on observa que ses organes suivoient plus régulièrement les signes visuels, auxquels il avoit une fois attaché de certains sons , que les sons eux-mêmes prononcés devaàt lui. Encore aujourd'hui, semblable aux personnes qui appremient une langue , et qui la lisent et l'écrivent long-temps avant de pouvoir s en servir dans la conversation, il lit des yeux et écrit infiniment mieux qu'il ne parle» Ce qui est aussi très remarquable c'est que»

loin d'avoir abandonné son ancien langage, celui des signes, il la au contraire perfectionné, sans doute à cause des nouvelles idées que cette langue nouvelle , dont il n'aime point encore à faire usage , n'a pas laissé de lui jBeiire acquérir.

M. Moreau de Jonnès a continué à suivre dans sa marche menaçante le cholera*morbus , ce ûéàU

dont la puissance meurtrière n avok pas eu , diton, d'exemple sur le globe, et qui a enlevé en sept ans plus de six millions d*hommes en Asie. Il suit cette maladie pas à pas depuis Bombay jusqu'à Bassora et Bender-Abassi , et de là au travers de la Perse et de la^ésopotamie jusque sur les côtes de la Méditerranée et sur celles de la mer Caspienne. Il donne pour chacun des lieux qu'elle a ravagés la date précise de son irruption, sa durée, la mortalité absolue ou relative qu'elle a produite, et l'énoncé des circonstances qui ont semblé favoriser ou atténuer son pouvoir. Le gouvernement russe et celui d'Egypte, menacés l'un et l'autre, ont eu communication de ce travail, et ont pris sans doute en conséquence des mesures^ propres à préserver l'Europe du danger que , selon M. de Jonnès , elle couroit sans presque sans douter.

Le même officier, toujours occupé avec ardeur de prévenir l'irruption des maladies contagieuses , a publié une note sur les enquêtes officielles qui constatent cette qualité dans la peste et dans la fièvre jaune. On ne peut pas soutenir cetle opinion plus vivement qu'il le Êiit, et cependant toutes les preuves qu'il a rassemblées n'ont point convaincu tous les hommes de l'art. Nous aurons occasion de dire par la suite que pendant une grande partie de

Tannée présente on a encore présenté à TAcadémie des mémoires où Ton cherche à établir l'opinion contraire.

Dans cette perplexité le gouvernement a embrassé le parti le plus sûr : c'est de continuer les mesures sanitaires ordonnées par les lois; et cest aussi à quoi il a été exhorté dans un rapport très approfondi, fait au nom de la section de médecine par M. Dupuytren, et dont FAcadémie a ordonné rimpression.

M. Moreau de Jonnès a communiqué à FAcadémie la notice des irruptions de la fièvre jaune qui ont eu lieu cette année aux Antilles.

Cette maladie a paru à la Basse-Terre de la Guadeloupe dès les premiers jours du printemps , avant que la chaleur ait cessé d'être modérée , et après plusieurs mois d'une température singulièrement froide. Elle a feit périr plusieurs personnes le quatrième jour de Tinvasion , et le douzième seulement après leur arrivée dans Fîle. Elle n*a pas même épargné quelques uns de ceux qu'un s^our de six ans aux Antilles sembloit avoir acclimatés. La ville où elle a ainsi exercé ses ravages glt sur une berni6 de rochers volcaniques, loin de tout marécage et de ce qu'on a désigné sous le nom de foyer d'iniection*

Un mois après son apparition, elle navoit pas encore gagné la ville de la Pointe-à-Pitre qui, d après ridée qu'on s'est faite des causes de la maladie , sembleroit devoir y être bien autrement exposée que la Basse-Terre, puisqu'elle est environnée de palétuviers, dont les bois couvrent des vases noires, profondes et fétides.

Ce n'est qu'à la fin de septembre que la fièvre jaune s'est montrée à la Martinique dans les hôpitaux. Ses ravages ont été rapides et meurtriers , mais d'une très courte durée. L'abaissement de la température les a fait cesser promptement.

Le même auteur, toujours occupé des maladies contagieuses, a communiqué des faits importants sur cette maladie éruptive que l'on a désignée récemment sous le nom de varioloïde , et qui est d'autant plus fâcheuse que la vaccine et même la petite-vérole, soit inoculée, soit naturelle, n'en garantissent pas. Cependant la vaccine en adoucit constamment les effets bien fins sûrement que la petite-vérole ; et Ton a remarqué à Nev^r-York et ailleurs que les individus vaccinés attaqués de la varioloïde n'en meurent point , tandis qu elle est très souvent funeste à ceux qui n'ont pas employé ce préservatif, même lorsqu'ils ont eu la petite-vé-r rôle naturelle.

BUFPON. COMPLÉM. T. IV. 32

La varioloïde diffihiî de la petite- vérole par la forme tuberculeuse plus prononcée de.ses pustules; par un liquide ordinairement limpide au lieu de passer à Télat de pus ; par une odeur moins caractérisée, par des croûtes qui ne se réduisent pas en poussière entre les doigts; par des marques plus petites et moins profondes.

Son début est plus constamment accompagné de nausées et <le vomissement; elle a* plus de disposition à affecter les poumons, et il se montre moins souvent de la fièvre à la fin de cette maladie que dans la petite-vérole ordinaire.

G est à la varioloïde que M. Moreau de Jonnès attrib^ie le renouvellement d-éruptîons variolrques <jui a eu 4ieu depuis quelques années dans FEurope occidentale ; il ftiit observer que c'est sur-tout dans les pays qui sont en comratmîcation fréquente a^nec les Indes que cette maladie s*est montrée pltis active; il rappelle que déjà le docteur Mead a parle 4i ««^espèce patticulière'de petite-vérole venue des Indes qu'il ïiommoit variote-sîliqueuse , et qac les liV4*eB saorésdes Indows en décrivent de neuf sortes. Les ïnédecins chinois seroient bien plu« ricbes encore , s'il est vrai , comme on la dit , qu'ils efl «omplént jusqia'à quarante , <lans le nombre desquelles fa vaccine elle-même est tx)m'prise dep«*^ long-temps. Aussi M. de Jonnès rapporte-t-îldes t^^

moignages effrayants sur les ravages que causent en Asie quelques unes de ces maladies éruptives.

L auteur tii^ de tous ces faits la conclusion que la vaccine, loin de cesser d'être utile, est devenue d'une nécessité plus pressante que janïais, et que les gouvernements ne sauroient apporter trop de soin à la répandre.

La gravelle la plus commune, qui produit un sable blanchâtre, est due au phosphate de chaux ; Fusage des alcalis et un régime végétal ex) sont des remèdes assez sûrs; il en est une autre espèce de couleur rouge, celle durée, qui tient aussi à un r^ime trop animal et trop succulent; mais M. Magendie vient den découvrir une troisième sorte qui se composoit d*oxalate de chaux, et qui étoit provenue de l'habitude que le malade avoit prise depuis quelque temps, dans l'idée de se rafraîchir, de manger chaque matin un plat d'oseille. L'abandon de cet aUment fît promptement cesser le mal. M. Magendie montre par ces observations combien il importe d'analyser soit les grains de gravelle que l'on rend , soit même les piepres que l'on se fait extraire , afin de régler en conséquence son régime intérieur, faute de quoi l'on s'expose à de promptes récidives. Une gravelle très ûngulière que M. Magendie a observée, mais sans s'en expliquer la cause,

étoit d'une texture lâcbe et mêlée d'une quantité prodigieuse de filets semblables à des poils. C'est ce qu'il nomme gravelle pileuse. Lanalyse faite par M. Pelletier y a découvert du phosphate de chaux, mêle d une petite partie de phosphate de magnésie et d acide urique. Le traitement ordinaire de lagra* velle blanche a été employé avec succès contre la fjravelle pileuse.

M. Chaussier a communiqué lobservation rare d une rupture transversale du sternum dans une femme de vingt-cinq ans, produite dans les efforts de Taccouchement par la contraction simultanée des muscles sterno-pubiens ou droits du bas-ventre et des sterno-mastoïdiens. Elle a succombé après quinze jours à cet accident , dont Fauteur n a vu que deux exemples depuis plus de vingt ansqu" est médecin de la Maternité.

M. le baron Portai a pi^blié un traité sur la na* ture et le traitement de lepilepsie, où tout ce qui* rapport à cette cruelle maladie, à ses comp»^^' tions, à son siège, à-ses causes, aux effets quelle produit, et aux différentes méthodes employa contre elle avec plus ou moins de succès , est exposa d après les observations les plus sûres des graou praticiens , et sur-tout d après celles de lauteur*

Pour donner une idée complète d un ouvrage aussi rempli de faits il faudroit en quelque sorte le co^ pier. M. Portai y présente les observations cadavériques , selon que lepileptique s est trouvé avoir des altérations dans le cerveau , ou dans la moelie de Pépine et le% nerfs qui en émanent, ou dans les parties du corps différentes des centres du système nerveux; enfin celles où Ton na pu découvrir aucune altération apparente dans les organes ; mais il pense que les observations de cette dernière sorte ont tenu à Timperfection des moyens d'investigation. Il fixe le vrai siège de la maladie dans le cerveau , et principalement dans sa partie médullaire. Il en expose les symptômes et les diverses causes , et en divise les variétés en neuf séries, suivant que 1 on peut les atteindre par le même traitement. Il énuinère enfin et il apprécie les nombreux remèdes qui ont été proposés contre cette terrible affection. Cet ouvrage, en un volume in-8**, est digne detre placé à côté de tous ceux dont ce célèbre médecin a enrichi son art.

M. le baron Boyer a fait paroi tre les volumes X et XI de son grand Traité des maladies chirurgicales, et des traitements qui leur conviennent.

On sait que dans cet ouvrage , commencé avant que l'auteur appartint à TAcadémie, et qui occupe

un rang principal parmi les titres nombreux quii avoit depuis long-temps à y être appelé , il traite des maladies et des vices de conformation , d après les parties du corps qui en sont les sièges. Son X* volume comprend tout ce qui concerne Tanus et les parties génitales ; le Xr a rapport aux extrémités et à leur amputation. Il y parle aussi des remèdes çénéraux y tels que la saignée et les différents cautères et vésicatoires.

M. le baron Dupuytren a décrit une opération heureuse par laquelle il a délivré un individu d un énorme ostéosarcome qui afFectoit sa mâchoire inférieure , au moyen de la résection d'une partie de cet os. Nous espérons pouvoir rendre un compte détaillé de son mémoire dans notre prochaine ana* lyse.

M. Magendie a essayé un nouveau moyen de traiter lamaurose, cette maladie si rebelle et si triste. Comme il avoit constaté Tannée dernière par des expériences positives que le concours des nerft de la cinquième paire n*est pas moins nécessaire à la vision que celui des ner& optiques , il soupçonna qu'il pouvoit exister desamauroses produites par la paralysie des premiers de ces ner£i , et qu'en portant sur eux iiqe excitation énergique on auroU

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lieu d'espérer quelques effets avantageux. Après s être assuré que Ion peut piquer ces ner& avec des aiguilles sans amener des suites fâcheuses^ après avoir remarqué que la pupille se resserroit cJbaque fois qu'il piquoit Tune ou l'autre des branches orbitaires de la cinquième paire , il enfonça uUie aiguille dans le nerf frontal et une autre dans le majcillaire supérieur, et il les mit en communication avec les deux pôles d'une pile voltaïque. U a qbtenu des résultats très sensibles : la pupille s'est généralement contractée. Dans une amaurose qui ne frappoit que la moitié externe de la rétine, et qui étoit accompagnée de la paralysie de la paupière supérieure et d'une partie des muscles de Tceil , il a eu la satisfaction de voir, dans Fespacç de trois mois, tous les accidents disparoître ^ et la rétine ainsi que les muscles de l'œil reprendre leur fonction.

Les animaux sQpt, comme les hommes, sujets à des hernies de plusieurs sortes. Celles de l'aîoe, quoique moins fréquentes dans les quadrupèdes que chez nous , à cause de la position horizontale , ne sont pas cependant sans exemple ; et il en arrive même quelquefois à des chevaux hongres , parceque l'anneau inguinal n'est pas détruit parla castration. M. Girard , directeur de l'école vétérinaire d'Alfort, a décrit un assez grand nombre de ces hernies dans

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