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cordent par les organes de première classe ; ils sabdivisent ensuite d'après ceux de seconde, et ainsi du reste.
C'est ce calcul de l'importance des organes , et son application aux divers végétaux , qui ont guidé de Jussieu dans la formation de ses cent familles primitives , et qui le guident encore aujourd'hui , ainsi que ceux qui travaillent , d'après ses vues , à perfectionner ce bel édifice.
L'ordre admirable qu'il a en quelque sorte introduit dans le règne végétal a en effet changé en grande partie la marche de la botanique. Nos plus habiles botanistes français adoptent la méthode naturelle dans leurs écrits et travaillent à l'étendre. Une partie des ouvrages descriptifs dont nous avons parlé plus haut sont disposés selon ses principes : Ventenat l'a suivie dans son Tableau du règne végétal (1), et Desfontaines dans la plantation du jardin do Muséum et dans l'arrangement de ses herbiers. Jaume Saint-Hilaire l'a appuyée de dessins des principales évolutions des graines (2). Elle a moins pénétré à l'étranger, faute d'un catalogue complet des espèces disposé d'après elle ; et c'est à quoi remédiera sans contredit le StfSiema naturœ , dont la publication serait si importante dans Tëtat actuel de la science.
Déjà l'on s'attache à examiner en détail chaque famille , et h mettre de l'ordre dans les genres qui la composent , d'après les principes qui ont présidé] à la distribution de l'ensemble. De Jussieu en donne l'exemple dans plusieurs mémoires récents sur les passiflores , les verbénacées. les laurinées (3), etc. Gorrea de Serra, en s'occupant de celle des orangers , a donné de belles vues générales sur les raisons qui , liant ensemble certains organes , limitent nécessairement chaque famille dans des bornes déterminées (4). Ventenat a établi une famille nouvelle, celle des ophiospermes, qui est voisine des sapotilliers. Decandolle a circonscrit celle des valérianes, et distribué d'une manière nouvelle celle des algues (5); et parmi les étrangers Smith a travaillé dans le même genre sur les fougères et sur les myrtes. Ceux même des botanistes français qui ont encore conservé le système sexuel dans la distribution de leurs
filantes , comme Desfontaines et la Billardière, ont soin d'indiquer a place que chacune d'elles doit occuper dans la méthode naturelle, et font pour cela des recherches qui contribuent à la perfectionner. La méthode naturelle est d'autant plus importante en botanique qu'elle est le guide le plus sûr pour annoncer les vertus et les pro-
(l)Ttbleau du règne -végétal , selon la méthode de Jussieu ; Paria , an vu, 4 vol. in-8*.
(2) Eiposilion des familles naturelles et de la germination des plantes , Paris , 1805, 4 vol. in-8*.
(3) Dans différants \olumes des Annales du Muséum.
(*() Bulletin des sciences , prairial an ix.
priétés des plantes. Ces propriétés en effet dépendent de la composition des sucs et des autres produits végétaux, laquelle dépend à son tour des formes des organes sécrétoires. Aussi Linnœus lui-même avait-il aperçu la constance de ce rapport entre Tensemble des formes des plantes et leurs propriétés de tous les genres. Decandolle vient de la développer dans un ouvrage où il fixe avec beaucoup de sagacité les précautions à prendre pour en faire l'application (l).
On voit par ce que nous avons dit ci-dessus, que cette subordination établie parmi les caractères botaniques , et fondement de toute méthode naturelle parmi les plantes , repose presque uniquement sur Tobservatiori de la constance de ces caractères. C'est en effet à cela que nous réduisent l'obscurité qui règne encore dans Téconomie végétale , et Tignorance où nous sommes de ce qui résulte de telle ou telle modification d'organe : aussi est-on heureux chaque fois qu'il s'introduit dans les principes de la classification des plantes quelque chose de rationnel.
Telle est la belle observation de Desfontaines , que nous avons citée précédemment , sur la manière opposée dont se développent les fibres ligneuses dans les plantes à cotylédons simples et doubles. Une différence aussi marquée dans le tissu intime du végétal justifie en quelque sorte , en l'expliquant , cette grande division du règne.
Les plantes n'ayant d'organes ni pour le mouvement ni pour le sentiment, il faut descendre jusqu'aux parties de la fructification pour trouver des caractères importants : et c'est en effet sur ces parties que se fondent les familles et les genres ; encore, une fois que l'on quitte la composition de la graine , a-t-on bien de la peine à donner des raisons à priori de la constance qu'on observe.
De Jussieu lui-même , voulant mettre quelque ordre dans la distribution de ses familles, en les répartissant dans certaines classes, a éprouvé de l'embarras ; et ses classes , fondées sur la position réciprocpiedes organes sexuels et sur la structure de la corolle, sont beaucoup moins évidentes que ses familles mêmes.
La composition du fruit et de la graine , indépendamment de l'intérêt général qu'elle partage aveC toute connaissance positive , est donc de première importance pour perfectionner la méthode naturelle des plantes ; c'est la vraie pierre de touche de la «^stesse des rapprochements indiqués par les autres organes ; et de Jussieu s'est trouvé puissamment secondé pour ses travaux ultérieurs par l'ouvrage de Gsertner . qui a paru la même année que le sien. Ce livre porte l'empreinte du dévouement de près de cinquante années que son auteur a consacrées à le rendre digne du public , s'en occupant uniquement dans la retraite la plus profonde , sans désir d'une
(l) Essai sur les propriétés médicales des plantes, comparées a^ec leurs formes eitérieures ; Paris , 1804, în-S^*.
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réputatioB prématurée, et donnant ainii du exemple ausM précieux que pare aux hommes qui recherchent k Vérité (l).
Méthode naturelle dés animaux.
Les animaux offraient plus de facilité que les végpétaux pour une méthode naturelle fondée sur le raisonnement : les ressemblances y sont plus frappantes, et leurs causes plus faciles à trouver. Arislole en avait déjà fort bien saisi les principales classes; et ces classes, introduites depuis dans presque toutes les divisions zoologiques, les rendant moins choquantes , et rappelant moins la nécessité d'une méthode naturelle , en avaient toujours fait négliger la recherche. Il était résulté de là que les classes des animaux vertébrés , assez naturelles en elles-mêmes , étaient subdivisées de la manière la plus bizarre^ et que celles des animaux sans vertèbres avaient fini par se trouver beaucoup plus mal établies dans Linti^ens que dans Arislote.
Cuvier, en étudiant la physiologie de ces classes naturelles des animaux vertébrés, a trouvé dans la quantité respective de leur respiration la raison de leur quantité de mouvements, et par conséquent de l'espèce de ces mouvements. Celle-ci motive les formes de leurs squelettes et de leurs muscles : l'énergie de leurs sens et la force de leur digestion sont en rapport nécessaire avec elle. Ainsi une division qui n'avait été jusque-là établie , comme celle des végétaux , que par l'observation , s'est trouvée reposer sur des causes appréciables et applicables à d'autres cas (2). En efiFet, Cuvier ayant examiné les modifications qu'éprouvent dans les animaux sans vertèbres les organes de la circulation, de la respiration , et des sensations, et ayant calculé les résultats nécessaires de ces modifications, en a déduit une division nouvelle, où ces animaux sont rangés suivant leurs véritables rapports (3). La classe des mollusques surtout , que Linnaeus et ses successeurs confondaient , sous le nom commun de vers ^ avec les zoophytes et autres animaux les plus simples, est distinguée et reportée à la tête des animaux sans vertèbres , qu'elle surpasse tous par une organisation beaucoup plus complète, et spécialement par l'existence d'un cœur et d'un cerveau plus ou moins compliqués. Cuvier a également reconnu du sang rouge et une circulation particulière dans une classe entière que Linnsus confon-
(1) Lt Garpologie , déjà citée.
(2) Leçong d'anatonmie comparée , t. IV^ leçon xxit.
(3) Cette diflribatioB des aaimaux sans vertèbres , proposée pour la première fois A la Société d'histoire naturelle de Paris , le 21 floréal an 3, dans un mémoire imprimé dans la Décade philosophique , perfectionnée dans le Tableau élémentaire et dans les Leçons A'anatomie comparée de 1 auteur , reparaîtra bientôt sons un nouveau jour , et appuyée <le grands développements, dans le Traité anatomique des animaux sans vertèbres, qui ctt lous presse, avec beaucoup de planches.
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dait avec les vers en général , et en particulier avec ceux des intestins (1). Ce fait justifie le titre di animaux sans vertèbres proposé par De La Marck pour cette immense partie du règne animal, au lieu de celui ^animaux à sang blanc^ qu'on leur donnait auparavant. Cuvier pense que les insectes n'ont pas de circulation , et que c'est pour cela que leurs trachées leur portent l'air par tout le corps (2). En général la quantité de respiration produit sur le mouvement le même effet dans les animaux sans vertèbres que dans les autres. Les zoophytes n'ont ni cœur , ni vaisseaux , ni poumons , ni nerfe , ni cerveau. Cuvier l'a montré en détail : il ne reste quelque embarras que pour les oursins . les astéries , et les holothuries.
De La Marck (3), qui a fait un ouvrage sur les animaux sans vertèbres . où il en étend immensément la connaissance , surtout par une distribution toute nouvelle des mollusques à coquilles, a adopté, à quelques modifications et additions près, les classes de Cuvier. Duméril (4) , Roissy (5) , et plusieurs autres , qui traitent de cette portion importante du règne animal , s'y conforment également en grande partie. Il n'y a pas de doute que la méthode naturelle ne l'emporte bientôt sur toutes les autres, en zoologie comme en botanique.
La zoologie est si immense que chaque classe est en quelque sorte le partage d'écrivains particuliers , et toutes ont éprouvé de grandes améliorations dans cette période.
Geoffroy et Cuvier (6) ont établi une distribution nouvelle parmi les quadrupèdes , dont les principaux motifs avaient été pressentis et employés avec habileté par Storr (7) : l'anatomie la confirme et la perfectionne journellement, et elle va bientôt trouver des caractères très précis dans les observations de Frédéric Cuvier (8) sur les dents mAchelières.
De Lacépède , considérant cette classe sous d'autres rapports , en a fait une division qui a surtout l'avantage d'être très régulière et très rigoureuse (9). Il en a donné une sur les oiseaux, fondée sur des principes analogues , et également régulière (10). Bechstehi, dans son Histoire des oiseaux d'Allemagne (11), a fait quelques modifications à la méthode de Latham ; mais la classe des oiseaux , en général , paraît peu susceptible d'être soumise à descaractères rigoureux.
(1) Bulletin des sciences , messidor an x.
(2) Mëm. de la Soc. d'hist. natur. de Paris ; Paris, an tiii, in-4®, p. 34.
(3) Système des animaux sans vertèbres ; Paris, 1801 , in-S**.
(4) Traité élémentaire d'histoire naturelle , et Zoologie analytique.
(5) Hist. natur. des moUusq., faisant suite au Buffon de Duffart, t. V.
(B) Tableau élémentaire de l'histoire naturelle des animaux ; Paris, an vi, in-8*.
(7) Prodromuê tnethodimammalium; Tubingen, 1786, in-4*.
(8) Annales du Muséum d'hist. natur., t. X, p. 105; t. XU et suiv.
(9) Mémoires de Tlnstitut, t. III, p. 469.
(10)/frtW.,p. 454.
(11) En allemand , t. I, in-8^