‹ Histoire des progrès des sciences naturelles: depuis 1789 jusqu'à ce jourChapitre 16 sur 31 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

France, de recueillir le miel sans détruire les abeilles commence à se répandre, et aura de Tinfluence sur cette branche importante d*économie.

En tout genre , les connaissances plus exactes sur la manière de conduire chaque espèce, et sur la quantité et la qualité des produits de chaque variété, sont au moins aussi précieuses a acquérir que des espèces ou des races entièrement nouvelles. La comparaison des différentes céréales par Tessier, celle des diverses variétés de vignes , de leurs rapportsavec les terrains et Fexposition, et de leur influence sur la qualité du vin, par Bosc(l), mentent donc un rang distingué parmi les travaux utiles de cette période.

Mais la partie la plus transcendante de l'agriculture consiste à trouver la combinaison et la succession d'espèces la plus avantageuse ; à déterminer avec précision, dans chaque circonstance, quelle partie de terrain doit être consacrée à chaque culture , et la proportion relative des animaux et des grains que Ton doit chercher à obtenir. C'est dans cette proportion que consiste le problème des assolements et des prairies artificielles; problème dont la solution, pour être parfaite, exige, pour ainsi dire, la réunion de toutes les sciences naturelles : aussi est-ce sur ce point que l'agriculture a fait, dans cette période, les progrès les plus marqués. L ouvrage de Gilbert (2) avait déjà montré, avant le commencement de notre époque, l'avantage d'étendre la culture des prairies artificielles; et dès- lors les expériences ont été multipliées; des hommes habiles ont réussi à faire entrer ces prairies dans l'ordre de leurs récoltes successives, et l'art des assolements a fait un grand pas vers sa perfection. Les bons exemples de ce genre ont été particulièrement donnés par Yvart^ Mallet , Pictet, Barbançois, Fremin , Jumilhac , Rosnay , Devilliers , Fera-Rouville, Sageret, etc. Les principes de cet art ont été établis dans un ouvrage que Yvart (3) a publié sur ce sujet, après avoir obtenu l'approbation de la classe ; et les résultats heureux de ces découvertes se sont principalement répandus parle zèle des sociétés d'agriculture.

Les jachères ont diminué partout , les bestiaux se sont multipliés ; l'art des engrais s'est perfectionné, la poudrette en a fourni un nouveau; leplâtre a été mieux employé aux amendements; et l'usage si utile d'enfouir des végétaux vivants , semésà cet efFet, commence à être adopté dans plusieurs cantons.

Nous devons mettre au premier rang des travaux utiles qui ont contribué à répandre le goût et les connaissances positives de l'agriculture , les cours publics d'économie rurale qui ont été faits dans cette période, et pour la première fois en France, par Silvestre et

(1)PlaQ pour la détermination et la classification des diverses variétés de la vign&, cultivée en France, 1 vol. in-8«, 1808.

(2) Traités des prairies artificielles, 1 vol. in-8«, 1789.

(3) £ssai sur les assolements.

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Coquebert-Montbret , et celui que Yvart professe depuis deux années à l'école vétérinaire d'Alfort,

Ce serait en vain que nous essaierions dénommer tous les hommes zélés qui ont contribué par leurs écrits et par leurs exemples à disséminer rinstruction ag^ricole dans notre pays; encore moins ceux qui ont rendu des services semblables aux paysétranjjers. Qu'il nous suffisede citerici lesMémoires de la société d'agriculture de Paris(l) , composés d'observations inléressantessur toutes les partiesde l'agronomie, et dans lesquels Silvestre, secrétaire de cette société , en exposant chaque année l'état des progrès de l'agriculture française , leur a donné encore une nouvelle impulsion; la partie d'agriculture de la Bibliothèque britannique, rédigée par C. Pictet , de Genève , et les Annales de l'agriculture française de Tessier, comme les recueils qui ont le plus contribué à cette œuvre si utile dans la partie deragriculture. Les instructions populaires sur divers sujets spéciaux, publiées par ordre du gouvernement, et rédigées par Parmentier, Cels, Gilbert, Huzard , Tessier , Vilmorin, Yvart , Chabert, Nysten : l'Instruction pour les bergers de Daubenton (2) , celle de Huzard sur les haras (3) ; l'ouvrage de Silvestre sur les moyens de perfectionner les arts économiques ; les écrits de Lasteyne sur les moutons (4) , les constructions rurales (5) , le cotonnier (6) ; ceux de Dumont-Courset, sur le jardinage (7); de Maurice sur les engrais ; les Voyages agronomiques de François deNeufchâteau (8) ; ceux de Depère (9); Pouvrage sur les dessèchements, de Ghassiron (10); les Traités des bois et des irrigations, par de Perthuis (11); la partie d'agriculture de l'Encyclopédie méthodique ; la nouvelle édition du Dictionnaire de Rozier , et celle du Théâtre d'agriculture d'Olivier de Serres: voilà les ouvrages qui se présentent le plus avantageusement à notre mémoire.

Mais de dire positivement, comme nous l'avonsfait pour lessciences théoriques, ce que chacun de ces auteurs a fourni de nouveau à rag^riculture, c'est ce qui nous serait impossible. Ici, comme en chirurgie, les procédés se propagent lentement ; leur utilité se constate plus lentement encore : ce n'est point par sa nouveauté qu'une découverte se recommande : faire passer une pratique d'un canton

(1)11 vol. in-8«.

(2) Troisième édition , 1 vol. in-8<*, an x.

(3) On Tolume in-8', an x.

(4) Histoire de l'introduction des moutons â laine fine d'Espagne, 1 toI. in-8^ ao xi. (!5) Traduction du traité de constructions rurales publié par le bureau d'agriculture de

Londres, 1 vol. in-S®, an x.

(6) Du cotonnier et de sa culture , 1 vol. in-8<^, 1808.

(7) Le Botaniste cultivateur, 4 vol. mS^, 1802.

(8) Un vol. in-40, 1806.

(9) Manuel d'agriculture protique, 1680.

(10) Lettre aux cultivateurs français sur les dessèchements, an ix.

(11) Traité de l'aménagement et de la restauration des bois et des forêts de la France , an XI. Mémoire sur l'amélioration des prairies artificielles et sur leur irrigation , 1806.

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