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et beaucoup de combustible et de main-d'œuvre. L'économie s'élèverait à 70 pour cent de la dépense que le fabricant de verre fait maintenant pour se procurer la soude pure , et la diminution de prix qui en résulterait pour le verre de vitre , irait à 30 pour cent; mais le sulfate de soude peut aisément être converti en sel marin au moyen de muriate de cbaux , et il s*agissait encore de savoir si l'impôt sur le sel ne rendrait pas cette conversion plus lucrative que remploi du sulfate dans la verrerie.
Les calculs de Thénard et Barcet ont prouvé que le profit serait trop peu considérable pour tenter les fabricants , tandis que la permission accordée depuis long-temps aux fabricants de soude d'exporter le sulfate donnait aux verriers étrangers ud grand avantage sur les nôtres. Le seul moyen avantageux de fraude aurait été que les fabricants de soude eussent livré au commerce du sulfate de soude qui aurait contenu encore une quantité notable de sel marin en nature. Mais il est aisé de constater ce fiaiit en décomposant jusqu'à une certaine proportion le sulfate de soude par le muvîate de cbaux , et en essayant le résidu par le sulfate de baryte. Les commissaires de l'Académie ont indiqué des moyens précis de s'assurer qu'il n'y reste pas un dixième de sel , proportion dans laquelle la fraude ne serait plus profitable.
Sur ce rapport le gouvernement a accordé aux £sd)rîcants de verre des facilités que Ton réclamait pour eux.
Une troisième question de cbimie, qui intéressait beaucoup le commerce dans ses rapports avec le fisc , était de déterminer , par des moyens sûrs , les proportions respectives de laine et de fil , de coton ou de soie , qui entrent dans les étoffes mêlées de ces substances ; le motif de cet intérêt est pris de la loi des douanes qui accorde des primes très différentes à l'exportation des tissus de laine pure ou mélangés des autres substances.
S'il ne s'agissait que d'étoffes blanches et composées d'une part de laine , et de l'autre de fil ou de coton , l'ébullition prolongée dans la soude caustique en dissolvant toute la laine donnerait un moyen sim{de de résoudre le problème,- mais la soie, matière animale, se dissout comme la laine dans les alcalis caustiques , et le coton ou le fil deviennent solubles lorsqu'ils ont été teints par certains procédés.
On n'a donc point encore découvert de procédé qui réponde i tous les cas.
Lors de la reconstruction du théâtre de TOdéon, après son dernier incendie, l'administration exigea, pour retarder ou amoindrir ks effets d'un nouvel accident, que le théâtre fût séparé de la salle par un gros mur qui n'aurait d'ouverture que oeUe de la scène; et Ion avait proposé de compléter cette mesure au moyen d'un rideau de tôle que l'on pourrait baisser au moment où soit le théâtre, soit la
salle, prendrait feu. L'on espérait de pouvoir préserver ainsi Tune des deux moitiés du bâtiment ; mais Darcetfit observer que ce rideau prendrait bientôt une chaleur rouge, qu'il deviendrait ainsi luimême un moyen de propager l'incendie , qu'en même temps il empêcherait de jeter de l'eau de la partie intacte de l'édifice dans la partie emflammée ; enfin , et surtout , qu'il empêcherait un courant d'air qui se manifeste d'ordinaire quand c'est le théâtre qui prend feu de la salle vers le théâtre , et qui en refoulant les flammes du côté où elles ont commencé, est très favorable soit à la sortie des spectateurs, soit même à la préservation de la salle. Il proposa d'y substituer un rideau de toile métallique qui , sans avoir aucun de ces inconvénients , suffirait pour empêcher les flammèches et les débris enflammés de tomber d'une partie de l'édifice dans l'autre. Cette mesure , adoptée en partie dans le temps è l'Odéon , vient de l'être complètement au théâtre de la Nouveauté, et il est à désirer qu'elle le soit bientôt dans toutes les salles de spectacle. Dans le cas où un incendie éclaterait de manière à ce que l'on désespérât de sauver la partie incendiée, Darcel recommande d'y ouvrir A l'air autant d'issues qu'il sera possible , afin de déterminer plus puissamment le courant dont il attend un effet si favorable pour la partie opposée.