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vainement la grande saphène au voisinage du pli de l'aine, ces rameaux anastomotiques y entretiendraient la circulation.
D'ailleurs , quand les malades invoquent les secours de la Chirurgie, l'engorgement œdémateux et inflammatoire du membre se joint le plus souvent à la dilatation des veines, et ne ferait qu'augmenter par l'effet de la compression. Pour échapper à ces inconvéniens , on a proposé de lier la veine principale ; mais cette opération ne faisant point cesser la communication anastomotique , a échoué le plus souvent ; enfin l'extirpation des veines malades, comme la faisaient les anciens , et comme la subit Marins ( i ), l'extirpation est, à coup sûr,
(i) « S'étant mis entre les mahis des chirurgiens, » car il avoit les cuisses et les jambes pleines de grosses >» veines eslargies, et s'en fascliant, pour ce que c'estoit M chose laide à voir , il résolut de se mettre entre les » mains des médecins pour se faire penser j li baille )) l'une de ses jambes au chirurgien pour y besogner, » sans Touloir y estre lié comme on a accoutumé de » faire en cas semblable , et endura patiemment toutes » les extrêmes angoisses de douleur qu'il estoit forcé » qu'il sentisse quand on l'incisoit, sans remuer, gé-
DE LÀ CHIRURGIE. ty.-j
un procédé eflicace, mais horriblement douloureux par les dissections auxquelles il oblige. Depuis long-temps j'y ai substitué, avec un grand avantage , la simple incision des veines dilatées. Longuement divisés, les vaisseaux variqueux sont vidés du. sang en partie coagulé qui les remplit ; la plaie est pansée a plat , de la charpie est placée dans l'incision, toujours longue de plusieurs pouces ; la suppuration s'établit, les veines incisées s'enflamment et s'efi'acent sans que l'irritation se propage au loin comme on le voit trop fréquemment à la suite de la ligature ou même d'une simple piqûre ; et les malades guérissent, ne conservant de leur infirmité qu'une cicatrice linéaire et solide. J'ai montré à l'Académie une malade traitée et guérie , par le procédé de l'incision, d'énormes varices de la jambe et
» mir ni soupirer, avec un visage constaTit et asseuré, » saus jamais dire un seul mot : mais quant le chirur- » gien , ayant faict à la première cuisse , voulut aller « à l'autre , il ne la luy voulut pas bailler , disant i/e » fois que l'amendement ne faut pas la douleur qu'il » enfaust endurer. »
de la cuisse gauche. La douleur qu'occasionne l'incision des veines variqueuses est moins vive qu'on ne pourrait le craindre. L'un de no* plus illustres collègues, M. le professeur Bojer, cet excellent praticien qui, dans l'exercice de la Chirurgie, joint au talent la probité sans laquelle notre art n'est plus qu'un affreux brigandage , nous disait naguère que la cure palliative des varices, au moyen de la compression qu'exerce un bas de peau de chien ou une guêtre lacée, lui semblait préférable à leur cure radicale achetée par d'atroces douleurs. Cette opinion serait fondée si l'on opérait la desti^uction des varices par une incision lente et pénible, telle que l'exigerait l'extirpation des veines malades. Mais une simple incisioa sur le trajet des vaisseaux dilatés, quelle que soit sa longueur, ne produit jamais qu'une souffrance instantanée dont le trait est aussi rapide que celui de la douleur qu'occasionnerait l'incision la moins étendue. Enfin quel malade asservi à de pénibles travaux ne préférerait une méthode de guérison aussi sûre qu'expéditive à la compression habituelle des veines variqueuses, aux inflammations
ilironiques, ainsi qu'aux ulcérations, qui , si souvent, le forcent d'interrompre ses occupîitions habituelles?