‹ Histoire des progrès récens de la chirugieChapitre 6 sur 32 · PERFORATION DU TYMPAN · texte numérisé non relu

PERFORATION DU TYMPAN

Les causes d'où la surdité peut dépendre étant aussi nombreuses qu'obscures, l'art est le plus souvent réduit , dans le traitement de cette maladie, à l'emploi des remèdes généraux, comme la saignée générale ou locale, les évacuans, les épispastiques. L'usage de ces moyens est rarement efficace ,* on ne saurait donc trop multiplier les tentatives de guérison contre un mal presque toujours incurable. Sous ce rapport, la perforation de la membrane du tympan , opération imaginée par sir Astley Cowper, est une invention pré-

cieuse. Malheureusement elle doit réussir seulement dans les cas où la perte de l'ouïe dépend de l'épaississement de la membrane du tympan ou de Tobslruction de la trompe d'Eustache. La membrane, épaissie par suite de fluxions rëpéte'es, devient par là moins vibratile et moins capable de recevoir et de transmettre les ébranlemens sonores : d'un autre côté, la trompe d'Eustache étant oblitérée, l'air dont la caisse est naturellement remplie, manque faute d'être renouvelé; les vibrations ne peuvent être transmises, au travers du vide, du conduit auditif à l'oreille interne ; la surdité devient donc la suite nécessaire de ces deux étals, ordinairement produits par des causes analogues , et dont les catarrhes fréquens de la gorge et de l'oreille peuvent faire soupçonner l'existence. On perce, à l'aide d'un petit trois-quarts, la partie inférieure de la membrane du tympan : l'accès est rendu à l'air extérieur ; le son alors se propage avec facilité au travers de la caisse , et l'ouïe est recouvrée au moyen d'une opération facile, et qui s'exécute sans danger comme sans douleur. Elle échoue, il est vrai , dans le plus grand nombre

des cas, parce qu'on s'est trompé sur la ve'ritable cause à laquelle la surdité doit être attribuée; mais, ne fùt-elle heureuse que sur le cinquantième des malades, il faut, dans toutes les occasions où Ton soupçonne que la perte <le louïe peut dépendre soit de l'epaississement de la membrane du tympan, soit de l'oblitération des conduits gutturaux de l'oreille, tenter une opération qui ne peut avoir d'autres inconvéniens que son inutilité.

BHYMNOPT,ASTlQUF.

Les progrès de la Thérapeutique chirurgicale ne sont pas toujours dus aux méditations du génie , la nécessité quelquefois y conduit. C'est ainsi que l'art s'est récemment enrichi d'un procédé curieux pour réparer la perte du nez. L'ablation de cette partie du visage est, comme on sait, un supplice usité dans l'Indostan; en sorte que dans ces contrées on rencontre aussi souvent des individus privés de leur nez, qu'en Europe , au seizième siècle, il était or-

dinaire de voir des personnes ainsi mutilées par suite des ravages de la syphilis. A cette e'poque, Taillacot, chirurgien de Bologne ,' imagina de procurer la réunion des bords de l'ouverture rendus saignans, à une plaie faite par incision sur la partie antérieure de l'avant-bras. La réunion étant opérée dans cette sorte de greffe animale, Taillacot excisait les chairs de l'avantbras, et fabriquait à leurs dépens un nez toujours informe; car le moignon , composé de peau, de tissu adipeux et de chairs musculaires, devait offrir une masse irrégulière, non moins hideuse que la difformité primitive. Au rapport du docteur Carpue, les Indiens corrigent cette difformité par un procédé plus ingénieux et plus efficace. Après avoir rendu saignant le contour de l'ouverture nasale, ils rabattent sur elle un lambeau triangulaire, taillé sur la partie moyenne du front. Ce lambeau de parties molles a sa base tournée en haut, tandis que son sommet est en bas, correspondant à la racine du nez. En rabattant le lambeau, on retourne sur lui-même ce sommet tronqué, en sorte que la base du lambeau ainsi renversé vient former le contour

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