‹ Histoire des progrès récens de la chirugieChapitre 8 sur 32 · FISTULES SALIVAIRES · texte numérisé non relu

FISTULES SALIVAIRES

Produites et entretenues par la perforation du canal excréteur de la glande parotide , les fistules salivaires de la joue ne guérissent jamais d'une manière plus prompte et plus sûre que par l'établissement d'une fistule interne, véritable conduit artificiel, entretenu par la présence d'un corps étranger dilatant. Ce moyen de dilatation est conservé pendant tout le temps nécessaire pour qu'une membrane muqueuse s'organise dans toute la longueur

du nouveau conduit, dont elle empêchera dé-i sonnais l'oblitération. Deux de nos confrères, MM. Déguise père et Béclard, ont soumis à l'examen des membres de l'Académie, plusieurs malades qu'ils ont traités et guéris suivant cette méthode ancienne , par eux modifiée au moyen de l'addition d'un procédé aussi nouveau qu'ingénieux. Au lieu de conserver la plaie extérieure , nos confrères percent obliquement la joue avec un petit trois-quarts à hydrocèle , qu'ils retirent pour introduire un fil de plomb , au moyen duquel ils forment une anse en le nouant sur lui-même. Cette anse, laissée au dedans de la bouche, reste appliquée contre la face interne de la joue. Ce procédé, analogue à celui de Monro, en diffère essentiellement en ce que l'anse de plomb ne parait nullement en dehors, et par conséquent ne s'oppose point à la cicatrisation de la plaie extérieure, qui se ferme de suite, et long-temps avant le complet établissement de la fistule interne. Dans un cas particulier, M. le professeur Béclard a sondé le canal de Sténon , et introduit dans son orifice buccal un long stylet d'argent flexible, très mince k

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l'uue de ses extrémités , et semblable h ceux dont on fait usage pour pénétrer dans les conduits lacrymaux ; tandis que l'autre extrémité, plus volumineuse , était taraudée , pour qu'on pût y visser le fil de plomb. Celui-ci fut ainsi conduit jusque vers la fistule , puis ramené 'dans la bouche au moyen du trou fait à la joue dans cet endroit , et noué sur lui-même de manière à former une anse intérieure qui ne s'opposât point à la prompte cicatrisation de la fistule.

§ VH.

STAPllYI.LORAPHIK.

Certains individus naissent le voile du palais fendu dans le milieu de sa largeur. Ce vice de conformation , dans lequel la luette est bifide, se voit moins communément que la difformité congéniale appelée bec-de-lièvre : il n'est pas néanmoins fort rare. A l'époque où l'observation attentive des défectuosités de ce genre révélait aux physiologistes l'une des lois les plus importantes de l'économie , l'un des membres de cette Académie enseignait à les

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corriger au moyen d'une opération ingénieuse : heureuse coïncidence dans laquelle l'avantage reste à la Chirurgie de toute la différence qui existe entre le curieux et l'utile.

Les derniers travaux des physiologistes ont appris que la machine animale , au lieu d'être constituée, pour ainsi dire, d'un seul jet, se forme progressivement et s'organise en quelque sorte pièce à pièce. Les viscères existent avant les parois des cavités destinées à les renfermer; le développement commence par les parties latérales , et finit par la ligne médiane, les deux moitiés du corps s'unissant au moment où l'organisation s'achève. Aussi la plupart des difformités congéniales existent-elles sur ce point et dépendent-elles d'un développement incomplet. C'est ainsi que la lèvre supérieure, là voûte palatine, le voile du palais, la luette, restent souvent divisés, et que l'art est appelé à terminer l'œuvre imparfait de la nature. C'est principalement dans la vue de rendre aux malades la faculté d'articuler des sons distincts qu'il devient nécessaire de remédier à la division con géniale du voile du palais. La déglutition des alimens solides ou même liquides;,

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quoique laborieuse, est encore possible , mais l'individu ne profère que des sons inarticulés et inintelligibles, il est réduit à la condition des brutes. Pour restituer la parole, INI. le professeur Grœfe a imaginé, en 1816, de rendre saignans les bords de la division , puis de les rapprocher et de les maintenir en contact pendant le temps que la nature emploie à leur réunion; et, pour ces trois temps de l'opération, il a inventé des instrumens commodes, qu'a imités, sans Je savoir sans doute en i8ig (i), et fait comiaître en France, M. le professeur Roux , Chirurgien en second de Thôpital de la Charité.

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