‹ Histoire des progrès récens de la chirugieChapitre 9 sur 32 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

BRO>'CHOTOMIE.

L'extractiou des corps étrangers introduits dans la trachée-artère, est devenue une opération facile et sans danger depuis qu'on a substitué à l'incision pénible de la trachée-artère vers la partie inférieure du col , la section du cartilage cricoïde jointe à celle des deux

(1) Vojez les notes, page 332.

ou trois premiers anneaux du canal aérien . La bronchotomie étant pratiquée suivant ce procédé, il est toujours aisé de déterminer le lieu précis où la pointe du bistouri doit être plongée : c'est l'endroit placé au-dessous du nœud de la gorge , expression vulgaire usitée pour indiquer la saillie du larynx vers la partie moyenne et antérieure du col. A quelques ligues au-dessous du point le plus saillant de cette proéminence , on reconnaît l'intervalle ihyro-cricoidien au défaut de résistance et à la dépression qu'éprouve la membrane cricothjroïdienne , lorsqu'on appuie sur elle l'extrémilé du doigt indicateur. Cette exploration est facile , même sur les personnes qui ont le plus d'embonpoint. La pointe de l'instrument, dont le tranchant est dirigé en bas et en avant, pénètre de trois à quatre lignes dans le canal, que l'on fend ainsi longitudinalement et de haut en bas dans une étendue d'environ quinze lignes. Cette ouverture est suffisante pour laisser sortir une fève de haricot ou tout autre corps étranger d'un pareil volume; et comme elle n intéresse que la peau , la membrane cricoihy roïdienne, le cartilage cricoïde et les quatre

ou cinq premiers anneaux de la trachée-artère, la plaie est peu profonde; elle correspond exactement à la ligne médiane celluleuse qui sépare les deux moitiés symétriques du col, et par conséquent ne divise le corps thyroïde que dans l'isthme étroit et mince qui en unit les deuK lobes, portions de la glande où n'existent que de très petites artérioles, au moyen desquelles les artères thyroïdiennes d'un côté communiquent avec celles du côté opposé. Or, l'Anatomie apprend que les anastomoses des vaisseaux thyroïdiens dans le parenchyme glandulaire n'ont lieu qu'entre leurs dernières ramifications. La bronchotomie , pratiquée suivant ce procédé^ est à peine une opération sanglante. En eflet, comme on ne prolonge pas l'incision beaucoup au-dessous de la partie moyenne du col , l'instrument n'atteint pas le plexus des veines thyroïdiennes, qui sort de la partie inférieure de la glande, et descend au devant de la trachée-artère. Comme on l'a dit ailleurs (i), ce

(i) Richerand, Nosographle chirurgicale ^ Paris, i8o5.

sont ces vaisseaux qui faisaient de la trachéotomie une opération laborieuse. Le sang s'en écoule en grande quantité, et, s'insinuantdans la trachée-artère , détermine une toux sufFocative d'autant plus dangereuse que , faute de point d'appui , on ne peut exercer la compression sur les veines incisées; ajoutons que le sang ne viendra point d'en haut , si , après avoir incisé les tégumens sur la ligne médiane du col, on a la précaution de porter l'extrémité du doigt indicateur dans l'angle supérieur de la plaie , afin de s'assurer quelle est précisément la ligne transversale qu'occupe l'arcade renversée, résultant de l'anastomose des artères thyroïdiennes supérieures au devant de l'espace thyro-cricoïdien. C'est exactement au-dessous de la ligne où le vaisseau fait sentir ses battemens qu'il importe de plonger la pointe du bistouri, pour pénétrer dans le larynx au travers de la membrane.

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