FRACTURE DE LA ROTULE
Lorsque la rotule se casse en travers , direction transversale qu'affectent en général les fractures de cet os , il suffit de disposer obliquement le plan sur lequel le membre malade repose, de telle manière que sa partie la plus élevée réponde au talon. Dans cette situation, la jambe est étendue sur la cuisse, et celle-ci à demi fléchie sur le bassin; le membre entier est soutenu par le plan sur lequel il repose ; un lacs transversal ,
placé au devant et autour de la partie inférieure de la cuisse , comme dans les fractures du col du fémur traitées par le double plan incliné , le maintient immobile dans cette situation , où rien ne provoque les muscles extenseurs de la jambe à se contracter. Lors même qu'ils entreraient en action « comme la position de la jambe est celle-là même qu'ils tendent a hii donner quand ils se contractent , et que , par l'état de relâchement dans lequel ils se trouvent, il y a, en quelque manière , saturation , ils sont incapables de porter plus loin l'extension de la partie» Cette extension est à son maximum ; ils ne peuvent , par conséquent , élever le fragment supérieur de l'os en l'éloignant du fragment inférieur. La résistance du plan de sustentation empêche , ce qui est bien plus à craindre , que la jambe , en venant à se fléchir , n'entraîne ce dernier fragment et n'alonge la substance fibreuse , qui , en s épaississant , doit établir entre lui et le fragment d'eti haut une union solide. Les fractures de la rotule , comme celles du col du fémur , sont donc soumises aux règles de traitement les plus naturelles et les plus simples, car tout se réduit au repos, joint à une situation convenable du membre. Il en est de même des fractures au col de l'humérus.
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FRACTURE DU COL DE l'hUMÉRUS.
Le procède de Paul d'Egine , déjà conseillé par Hippocrate, adopté par Àmbroise Paré , et suivi par Ledran , est préférable à ceux qu'on a imaginés depuis. Il suffit , pour le perfectionner , qu'on ne se borne pas à fixer le bras contre tes parties latérales du tronc servant d'attelle , mais qu'on donne au membre une situation telle qu'elle s'oppose à l'action des causes de
DE LA CHIRURGIE. g5 déplacement. Le fragment supérieur sur lequel il est impossible d'agir immédiatement , car il n'offre pas de prise , le fragment supérieur est dirigé en dehors par suite du mouvement de rotation que lui font exécuter , sur la cavité glénoïde de l'omoplate , les muscles qui s'attachent à la grosse tubérosité de l'humérus (sus, sous-épineux et petit rond). L'extrémité supérieure du fragment inférieur est au contraire tirée en dedans par les muscles grand dorsal , grand pectoral et grand rond. Si l'on porte le coude en dedans et en avant de manière que la main du côté malade, l'avant-bras étant plus qu'à demi fléchi , s'applique au devant de l'épaule du coté opposé , le tronc sert d'attelle ; l'extrémité supérieure du fragment inférieur , dirigée en arrière et en dehors , se porte , pour ainsi dire , à la rencontre du fragment supérieur. Les muscles mis dans un état de relâchement n'exercent aucune action nuisible ; une simple compresse , placée sous l'aisselle , en absorbe les humidités sans exercer la compression douloureuse que produirait l'épais tampon au moyen duquel Desault proposait de faire exécuter . au fragment inférieur un mouvement de bascule : quelques tours de bande , dont l'action s'exerce principalement sur le coude , suffisent pour assurer l'immobilité du membre malade dans cette situation favorable, et obtenir une consolidation régulière dans l'espace de vingt-cinq à trente joursl J'ai obtenu de nombreux succès de cette méthode de traitement , clairement exposée dans une thèse soutenue à la Faculté de Médecine de Paris, au mois d'août i8*3. Dans l'argumentation publique à laquelle cette dissertation fut soumise, le chirurgien d'un grand hôpital fut réduit , pour établir l'utilité du coussin auxiliaire , de supposer Le cas impossible d'une fracture en lopg , dans laquelle l'humérus se trouverait fendu longituchnalement dans sa partie supérieure et par son milieu, de telle sorte qu'un fragment se trouverait tiré en dedans par
le grand pectoral et par le grand dorsal , tandis que l'autre fragment serait entraîné en dehors par le deltoïde.
Plusieurs fractures , et précisément celles pour lesquelles ont été imaginés les appareils en apparence les plus ingénieux, et certainement les plus compliqués , guérissent donc comme d'elles-mêmes , et sans autres secours que ceux qu'une personne étrangère à l'art pourrait administrer. Si cette erreur dure encore , suivant laquelle d'ignorans renoueurs sont regardés comme plus heureux , dans le traitement des maladies des os, que les chirurgiens les plus éclairés, cela tient à la fois, n'en doutez point, à ce que, d'une part, il leur arrive souvent de traiter des fractures qui n'existent pas , et que d'autres fois ils rencontrent des fractures du col du fémur , de la rotule , etc., n'exigeant d'autres soins que l'immobilité jointe à une situation convenable du membre malade. Malheureusement , pour I hon- • neur de notre profession , il est des chirurgiens , et des plus renommés , habiles , comme les renoueurs , à traiter des fractures imaginaires et à les guérir en quelques semaines sans qu'il en reste la moindre trace, pas même le plus léger gonflement dans le lieu où la solution de continuité devait exister.
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