‹ Histoire des protestants de Provence, du comtat Venaissin et de la principauté d'OrangeChapitre 29 sur 93 · LES EXÉCUTEURS DE L'ARRÊT · texte numérisé non relu

LES EXÉCUTEURS DE L'ARRÊT

Au moment de décrire le traitement effroyable infligé aux Vaudois de Mérindol , Cabrières du Comtat et autres lieux , il est bon de faire connaître les hommes qui, dans cette circonstance, trempèrent leurs mains dans le sang innocent, tache profonde que le temps

n'a pu encore effacer et qui demeure attachée comme une honte à leur mémoire.

Le premier à mentionner, parce que ce fut le plus coupable et le plus cruel , est Jean Maynier, seigneur d'Oppède , au Comtat. C'était le fils de Guillaume Maynier, privé de ses états et offices de président au Parlement d'Aix à cause de ses rapines, et qui dépensa presque tout son bien pour sauver sa vie. Jean , « vrai successeur de l'ambition et mauvaise conscience de son père, » dit de Bèze , « besogna si bien que premièrement il fut fait viguier du pape en la ville de Cavaillon , au Comté de Venisse. » Il devint ensuite , grâce à la souplesse de son caractère , conseiller au Parlement d'Aix en 1522, second président en 1542 et premier en 1543. H avait l'esprit vif et bouillant, était très versé dans le droit et le palais et ne manquait pas d'une certaine fermeté dans l'administration de la justice ; mais il était cupide , dur et cruel, et il refit sa fortune aux dépens de ses vassaux. « Voyant que son père, » dit Crespin , « ne lui avait laissé pour tout bien que le titre de la seigneurie d'Oppède , qui , pour lors , était bien petit cas , il s'avisa de faire accuser par subtil moyen quelques riches laboureurs d'Oppède comme hérétiques et luthériens. Il les tint bien longtemps en extrêmes misères de prison et se saisit de leurs biens -meubles et immeubles sans en laisser aucune part ni à leurs femmes ni à leurs enfants , lesquels , abandonnant tout , se retirèrent à Cabrières , distant d'Oppède d'environ une lieue. » Et comme ces derniers, réduits à la plus grande misère, se croyaient en droit de venir chaque année, à l'époque de la moisson et des vendanges , recueillir une partie des fruits de leurs anciennes terres , d'Oppède avait conçu contre eux une haine mortelle et désirait avec ardeur trouver l'occasion de se venger.

A côté de lui se place Antoine Escalin des Aimars , baron de la Garde, dit le capitaine Poulin (i), homme de mœurs dissolues , dur et « de si basse lignée , » dit de Bèze, « qu'à grand'peine sut-on son père ni sa mère et encore plus bas de cœur. » Le Laboureur (2) ajoute qu'il « acheta, quand il fut élevé, la baronnie de La Garde, où il était né. » Ce fut le 28 juillet 1543, et le comte de Grignan lui donna l'investiture. Sa maxime favorite était qu'on ne doit pas garder la foi aux hérétiques, et il la pratiqua à diverses reprises , comme on le verra par la suite. Il se montra d'autant plus cruel dans l'expédition de Mérindol et de Cabrières qu'il avait à se purger d'une accusation de mahométisme dirigée contre lui. Il était général des galères du roi depuis une année, mais ses malversations le mirent en danger plusieurs fois de perdre sa charge , qui lui fut enfin retirée.

On a l'habitude de joindre à d'Oppède et à La Garde l'avocat général au Parlement de Provence, Guillaume Guérin , qui -, par ses plaintes continuelles contre les Vaudois et ses requêtes réitérées, contribua pour beaucoup à animer l'esprit du roi contre ces derniers ; mais il ressort d'une pièce catholique du temps, insérée dans Crespin , que , pour une raison qui n'est pas connue , il se tint à l'écart le plus qu'il put pendant l'expédition. De là vient que plus tard il ne fut pas tout d'abord décrété d'arrestation. iMais c'était un homme vénal , plusieurs fois convaincu de faux , de concussion et de péculat.

(1) Ce surnom lui fut donne dans sa jeunesse à cause de la fougue de son caractère ; mais on l'appelait plus souvent Paulin par corruption du mot Poulin.

(2) Additions aux Mémoires de Messire Michel de Castelnau; éd. de Bruxelles, 1711, 3 vol. in-fol., t. II, p. 5. Voyez aussi Brantôme, Œuvres complètes, éd. Buchon, Paris, 1848, t. I. p. 599 à 400.

EXÉCUTION DE l' ARRÊT DE CONTUMACE (i $4$).

Les lettres patentes du ier janvier 1545 portant ordre d'exécution de l'arrêt de contumace furent expédiées à d'Oppède ce même mois par l'huissier Courtin.

11 les garda cachées jusqu'au 12 avril suivant parce qu'il attendait le départ du comte de Grignan pour la diète de Worms ; départ qui , suivant l'usage du royaume , devait lui conférer les pouvoirs de lieutenant du roi en Provence pendant l'absence du titulaire. Sa nomination fut signée le 26 février et enregistrée à Aix le 1 2 mars suivant. D'Oppède attendit encore un mois pour donner le temps d'arriver aux troupes de Piémont qui devaient s'embarquer à Marseille à destination de Boulogne pour faire la guerre aux Anglais. Lorsqu'elles furent sous sa main, il convoqua le Parlement (c'était le dimanche,

12 avril) et lui communiqua les lettres du roi. La Cour, sans désemparer, les entérina et , requise par l'avocat général Guérin de procéder « à l'exécution des arrêts donnés contre ceux de Mérindol, et à leur totale extirpation, » elle nomma, comme commissaires exécuteurs, François de Lafond , second président au Parlement , Honoré de Tributiis , sieur de Sainte-Marguerite , et Bernard de Badet , conseillers , et Guérin en remplacement du procureur général , Thomas de Piollenc , absent. D'Oppède fut également requis, en sa qualité de lieutenant du roi, de prendre le commandement des troupes.

Ces formalités une fois remplies , le nouveau lieutenant du roi fit publier dans toute la Provence que « tout homme de qualité prît les armes pour faire escorte à ladite exécution. » Il s'adjoignit ensuite comme aides de camp ses deux gendres , le sieur de Lauris et de

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Pourrières , et donna le commandement général des troupes à Lagarde, arrivé à Marseille depuis le 6 avril.

Le 1 3 avril les commissaires se mirent en route , mais, au lieu d'aller droit à Mérindol, ils se rendirent à Pertuis , où le capitaine de Vaugines, depuis un mois déjà, sur l'ordre de d'Oppède, pillait le bétail et les biens de quelques hameaux des environs de Pertuis, où habitaient, disait-il, des luthériens.

Le 14 ils étaient à Cadenet, où ils rejoignirent Lagarde, qui avait sous ses ordres six régiments d'infanterie et une cornette de cavalerie. Le lendemain ils tinrent un conseil de guerre, où il fut décidé qu'on incendierait Cabrières-d'Aigues , La Motte-d'Aigues et Lourmarin, bien que leurs habitants ne fussent pas compris dans l'arrêt de contumace et qu'ils n'eussent été ni entendus ni condamnés. Tributiis n'avait pas voulu assister à ce conseil pour dégager sa responsabilité et , à dater de ce moment, il se retira de l'expédition.

Quant à d'Oppède, il partit d'Aix seulement le 15. Il sortit à la tête de ses gens d'armes et de quatre cents pionniers et, divisant sa troupe en deux bandes, il fit prendre à l'une la gauche à destination de Cadenet, et à l'autre la droite à destination de Pertuis. Il prit luimême cette dernière direction et poussa par Pertuis jusqu'à Cadenet, où il présida le conseil de guerre dont nous venons de parler.

Dès le lendemain, 16 avril, le pillage, l'incendie et la tuerie commencèrent. Lagarde , à la tête de ses vieilles bandes du Piémont, mit le feu à Cabrières-d'Aigues, Peypin-d' Aiguës , La Motte-d'Aigues et Saint- Martin-de-la-Brasque. Ces quatre villages appartenaient au jeune Jean-Louis-Nicolas de Bouliers , sieur de Cental , qui était encore sous la tutelle de sa mère, veuve, Françoise de Bouliers , dame ou baronne de La

Tour-cT Aiguës. La belle ferme de cette dernière, qui avait trois cents cannes de long , ses fours et ses moulins furent aussi détruits, malgré les remontrances delà baronne, qui demandait des juges et non des soldats (i). « La plupart des pauvres laboureurs , sans résistance , » dit un témoin oculaire catholique cité par Crespin , « furent tués et meurtris , femmes et filles violées, femmes grosses et petits enfants nés et à naître tués et meurtris ; les mamelles à plusieurs femmes coupées. On voyait les petits enfants mourant de faim auprès des mamelles de leurs mères qui étaient mortes. Tout y fut brûlé et saccagé et ne furent sauvés que ceux que Poulin choisit pour ses galères. »

D'Oppède , de son côté , à la tête des troupes provinciales, fit brûler, le 18, Lourmarin , Villelaure et Très-Emines, dont tous les habitants s'étaient enfuis à son approche. Pendant ce temps , La Roque-d'Antheron et Saint-Estève-de-Janson , sur la rive gauche de la Durance , étaient incendiés par le sieur de La Roque, parent de d'Oppède, assisté de plusieurs personnes d'Arles. Les habitants de ces villages s'étaient également enfuis.

Blanche de Lévis, mère de François d'Agoult, comte de Sault , et dame de Lourmarin , et Gaspard de Forbin-Janson, seigneur de Villelaure, Trés-Emines et La Roque-d'Antheron , qui s'étaient réfugiés à Cadenet quand ils avaient vu la désertion en masse de leurs vassaux, ayant eu connaissance des desseins de d'Oppède, s'étaient rendus auprès des fugitifs pour leur persuader

(1) Certains historiens assurent que d'Oppède lui en voulait parce qu'elle avait refusé sa main ; mais le témoin catholique bien informé que cite Crespin dit qu'il s'agissait non pas de la baronne, mais de sa fille, qu'elle avait refusée à un parent du président. Elle-même confirme le fait dans la plainte qu'elle déposa après les événements (Voyez plus loin).

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de regagner leurs demeures; mais ils n'avaient pas été écoutés, et ils revinrent à Cadenet, où défense fut faite à Forbin-Janson de laisser rentrer ses vassaux dans ses terres, sous peine de voir celles-ci confisquées | i).

Ce même jour, 18 avril, d'Oppède, faisant sa jonction à Lauris avec Lagarde et précédé d'une colonne d'éclaireurs, commandée par de Vaugines et Redortier, se dirigea sur Ménndol. où il ne trouva qu'un « jeune garçon , nommé Maurice Blanc , » dit de Bèze , « homme fort simple, lequel s'étant rendu prisonnier à un soldat avec promesse de deux écus pour sa rançon, d'Oppède ne trouvant aucun autre sur lequel il pût exécuter sa rage , paya ces deux écus au soldat et. l'ayant fait attacher à un arbre , le fit tuer à coups d'arquebuse. » Les dernières paroles de ce malheureux sont à rappeler. « Seigneur Dieu, » dit-il, « les hommes m'ôtent cette vie pleine de misères, mais tu me bailleras celle qui est éternelle par le moyen de mon Seigneur Jésus- Christ , auquel soit gloire! » Mérindol, comme les autres lieux , fut également pillé et incendié. Il comptait deux cents maisons.

Quand Maynier eut accompli son œuvre de destruction en Provence , il entra sur le territoire du comtat Venaissin à la tête de l'armée. Il avait préalablement donné avis de son expédition et rendez-vous au légat du pape Antonio Trivulcio , qui réunit mille fantassins et trois canons doubles sous le commandement du capitaine de Miolans et se mit en route le 19 avril. Dès le lendemain, il faisait sa jonction avec d'Oppède sous les murs de Cabrières.

Ce village , qui était entouré de murailles et dont les

1) Octale Teissier, CjJcnct historique, p. 15-17.

habitants n'avaient pas fui, fut canonné les 20 et 21 avril jusqu'à 7 heures du matin. Soixante paysans, commandés par le trop célèbre Marron , défendaient seuls la place , aidés de trente femmes qui les servaient. Ils avaient pratiqué des meurtrières dans les murailles et tiraient sur l'armée , mais sans lui faire grand mal. Les autres habitants s'étaient réfugiés dans les caves du château et les femmes et les enfants dans l'église. Une brèche suffisante ayant -été faite aux remparts, le seigneur du lieu , qui suivait l'armée, parlementa avec ses vassaux, qui répondirent qu'ils étaient prêts à ouvrir leurs portes pourvu qu'on leur permît de se retirer sains et saufs en Allemagne ou bien qu'on leur donnât des juges. Ils consentaient, du reste, à ne rien emporter de ce qui pouvait leur appartenir. Ledit seigneur, d'Oppède, l'évêque de Cavaillon et Lagarde acceptèrent la seconde proposition , et leur assurèrent qu'on examinerait leur cause en justice et qu'on n'exercerait contre eux aucune violence.

Là-dessus , Marron , ses compagnons et les femmes qui les servaient, sortirent sans méfiance et sans armes, mais, quand ils furent à une certaine distance de la place, d'Oppède, ses deux gendres et d'autres gens de sa suite se précipitèrent sur eux, et en prirent dix-huit (1), qu'ils menèrent dans un pré voisin, où ils les massacrèrent sans pitié. Le premier coup fut porté par de Pourrières. On conduisit leurs compagnons à Avignon , à Aix ou aux galères de Marseille. Marron, dirigé sur la première de ces villes, y fut brûlé vif avec le pasteur Guillaume Serre et plusieurs de ses compatriotes. Quant aux femmes, on les enferma, sur l'ordre d'Oppède, dans un grenier à foin, où Ton mit le feu. Quelques-unes d'elles, voulant

(1) Selon d'autres trente.

s'échapper par les fenêtres, furent reçues sur des pertuisanes , mises à mort et leurs têtes portées en triomphe.

Pendant que s'accomplissaient ces horreurs, les soldats comtadins entrèrent dans la place pour la piller, et mirent à mort tous les hommes qu'ils rencontrèrent, suivant le jugement rendu à Avignon , portant que tous les habitants de Cabrières seraient exterminés. Pour ce qui est des femmes, filles et enfants, qui s'étaient réfugiés dans l'église, leur sort fut épouvantable. Plusieurs personnes du sexe furent déshonorées dans l'église même; d'autres, qui étaient enceintes, éventrées ; d'autres, précipitées du haut du clocher ; toutes massacrées au nombre de quatre à cinq cents , à l'exception de quelques jeunes filles et de quelques enfants que l'on vendit à Lisle. Cette affreuse tuerie fut ordonnée par d'Oppède. Le capitaine Jean de Gaye, qui reçut la mission de l'accomplir, avait hasardé quelques observations, mais il fut menacé par le président d'être traité comme rebelle au roi- s'il refusait d'obéir. Huit ou neuf cents habitants , hommes , femmes ou enfants périrent ainsi à Cabrières. On vendit les survivants aux particuliers et les plus robustes aux capitaines des galères. Le village fut démantelé, rasé et on éleva sur ses ruines une colonne où l'on inscrivit « l'an et jour que Cabrières»fut prise et ruinée par Jean Maynier, seigneur d'Oppède et premier président au Parlement de Provence. »

Cette expédition des troupes papales dans le Comtat fut suivie de plusieurs autres, ayant le même but, et durèrent plusieurs mois. « Chaque jour, écrivait Calvin à Bullinger, à la date du 24 juillet (1), du comté d'Avignon sont faites des expéditions contre ceux qui ont survécu. »

(1) Cahini opcra, vol. XII, n° 664.

En rentrant en Provence, d'Oppède donna ordre aux commissaires de l'exécution, aux capitaines et aux soldats , sujets du roi, qui avaient charge et commission, tant de lui que d'autres, de « dévaliser , ruiner et saisir les personnes et les biens des sectes vaudoise et luthérienne et leurs complices atteints dudit crime. » Il excepta toutefois de l'exécution son parent, le sieur de Faucon , qui était luthérien , mais qui avait promis de livrer à la justice ses vassaux suspects.

A ce moment, le sieur de Lacoste, également parent de d'Oppède , le supplia d'épargner le village de Lacoste, moyennant quoi il démolirait des remparts de la place toute l'étendue qu'il pourrait désirer, désarmerait lui-même les habitants et ferait conduire à Aix ceux d'entre eux que le président lui désignerait. D'Oppède promit , les remparts furent démolis , mais il donna ordre , sous main , à trois enseignes de soldats d'aller se saisir du village. Elles « pillèrent, » dit de Bèze, « ce que bon leur sembla, brûlèrent une partie du village, violèrent femmes et filles et y tuèrent quelques paysans sans y avoir trouvé aucune résistance. » Aubery ajoute que des mères , au milieu de ces scènes affreuses , donnèrent des couteaux à leurs filles pour qu'elles se tuassent plutôt que d'être déshonorées ; que celles-ci criaient qfc'on les mît à mort, et qu'une malheureuse, qui s'était précipitée du haut des remparts pour échapper au dernier outrage, le subit quand même à demi morte. D'Oppède , il est vrai , décréta d'arrestation les capitaines Beaudoin et Labbé qui avaient laissé consommer ces horreurs , mais ce ne fut que pour la forme , et le premier reçut même plus tard de l'avancement (i).

(i) C'est vraisemblablement à la suite de ces faits que d'Oppède publia une ordonnance pour « défendre aux soudards en garnison en Provence de

A Murs de sanglants excès furent commis. Vingt-cinq femmes ou enfants s'étant réfugiés dans une caverne pour sauver leurs vies, une compagnie comtadine , qui avait pénétré en Provence, essaya de faire sortir ces malheureux à coups d'arquebuse et, n'ayant pu y réussir, les asphyxia en allumant des broussailles à l'entrée de la grotte.

D'Oppède et ses complices n'étaient pas seuls à être animés de la soif du pillage. Les catholiques, voisins des villages vaudois maltraités, voulant avoir aussi part à la curée générale, se mirent à courir le pays et ne respectèrent pas même les églises. Cloches, croix, calices et autres ornements furent volés. Les seigneurs d'Ansouis et de Cucuron se signalèrent dans ce pillage, étrange pour des catholiques , ainsi que les paysans de Cucuron et de Pertuis. Des coureurs, sortis de la Bastide-des- Jourdans et conduits par le capitaine Pierre Martin, dévalisèrent l'église de Peypin-d'Aigues , et des paysans de Saint-Zacharie celle de La Motte-d'Aigues. Ils emportèrent jusqu'aux tuiles des maisons et aux clôtures des champs. Une autre bande , partie de Grainbois , Montjustin et Montfaron, se rendit coupable des mêmes excès.

A ce moment, douze ou treize villages étaient incendiés ou ruinés. Les hommes valides qu'on avait pu saisir furent conduits aux galères par bandes de trente , cinquante et deux cents, et les fuyards exposés à mourir de faim, car, le 24 avril . d'Oppède avait fait défendre . sous peine de confiscation de corps et de biens , de donner des vivres, munitions, aide ou asile aux ha-

courir sus aux sujets de Sa Majesté et de les trousser, piller et maltraiter , sous prétexte qu'ils sont suspects d'hérésie » (21 avril 1545): mais on verra plus loin qu elle n'arrêta pas les excès (Arch. des Bouch.-du-Rhône, B, 225).

bitants de Mérindol et autres lieux, convaincus ou suspects d'hérésie (i).

Le commissaire Lafond et le grand sénéchal de Provence avaient fait faire les mêmes criées. Cette mesure barbare causa la mort d'un grand nombre de femmes , vieillards et enfants, qui périrent dans les champs ou le long des chemins. Près du château de la Tour-d'Aigues, il en mourut une si grande quantité que les cadavres engendrèrent une sorte de peste, dont furent victimes plus de cent cinquante habitants. On trouva dans un pré un homme mort qui avait rongé l'herbe autour de lui.

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