FIN DES GUERRES DE RELIGION EN PROVENCE ( I
La chute de Seyne et de La Bréole marque le terme des guerres de religion proprement dites en Provence et l'anéantissement du parti huguenot en tant que puissance militaire et politique. Les luttes vont, sans doute, continuer dans cette province plus sanglantes que jamais jusqu'à la paix de Vervins, conclue le 2 mai 1 598 entre Henri IV et Philippe II d'Espagne , mais on ne trouve désormais en présence que le parti royaliste , composé des catholiques politiques ou modérés , débris des anciens rasats et bigarrais, et de quelques gentilshommes protestants, et le parti de la Ligue, qui se déclare l'ennemi, non seulement de toute tolérance religieuse, mais encore du pouvoir royal représenté par Henri III et Henri IV. On voit la cour souveraine de Provence se scinder en deux camps, et deux parlements siéger l'un en face de l'autre : le Parlement royaliste et le Parlement ligueur ; ce dernier appeler à son aide le duc de Savoie, qui .entre en Provence et s'y comporte en maître : ce qui provoque un schisme dans la Ligue ellemême et donne naissance à la ligue savoyarde et à la ligue provençale. — Quand les deux partis se sont enfin réconciliés sous Henri IV, le duc d'Epernon, qui a soutenu jusque-là le parti royaliste, continue la guerre pour son propre compte, se rend coupable de violences inouïes et rêve de fonder un gouvernement indépendant , qui n'a d'autre but que de faire acheter sa soumission à beaux deniers comptants. — Enfin, on contemple, comme conséquence de ces guerres néfastes, la misère du peuple, la ruine de la noblesse, la dépopulation des campagnes , l'anéantissement du commerce et de l'industrie, les châteaux brûlés, les fermes
détruites, les champs en friche, le pays criblé. de dettes et écrasé d'impôts (i).