MINISTÈRE DES PASTEURS LAFONT ET ROLLAND
Deux ans après, en 1746, le pasteur Lafont dit Fontenelle , qui avait fait ses études à ses frais au séminaire de Lausanne, d'avril 1745 à juillet 1746, s'établit en Provence , où , par son zèle , furent dressées les églises suivantes : Cabrières , La Motte-d'Aigues, Peypin-d'Aigues , Saint-Martin-de-la-Brasque (ces quatre églises formant une population protestante de douze cents âmes), Lourmarin, Lacoste, Sivergues (15 familles), Mérindol et la Roque-d' Antheron (15 familles). Lafont, qui résidait habituellement à Lourmarin, paraît avoir exercé son ministère en Provence jusqu'en 1754. A cette époque, il desservait les églises du Poitou , et en 1774 celle du bas Languedoc. En 1750, il fit une courte apparition dans le Dauphiné.
En mars 1747, Etienne Rolland, qui avait évangélisé le Dauphiné de 1729 à 1747, soit comme proposant, soit comme pasteur, visita les églises de Provence en vertu de la décision du synode de 1744, mentionné plus haut, et son ministère fut abondamment béni dans cette province. « Il fait des merveilles, » écrivait à Court, le 29 juillet 1747, son collègue dauphinois, le pasteur Daniel Vouland, « tant par des mariages et des baptêmes que par des assemblées , quoique [sous] la croix, mais sans être inquiété ; et des marchands , qui sont venus de là-bas , nous ont dit qu'on ne voulait pas le laisser revenir, et lui s'y plaît aussi beaucoup. Je lui ai pourtant écrit qu'il eût la bonté de revenir pour prendre nos
de cette décision synodale furent : Etienne Rolland , 1747 ; Dusserre , entre 1747 et 1749 ; Jean Encontre, entre 1754 et 175,9 ; François Saussine , idem; Jean Guizot, 1758; Pierre Puget, 1 760-1 76 1 ; Noë, 176^-1766.
LE DÉSERT. j f)
arrangements, afin que, s'il veut adopter ces églises, nous sachions à quoi nous en tenir. 0
Vouland écrivait encore au môme Court , quelques mois plus tard (20 octobre 1747) : « Notre M. Rolland est toujours en Provence, où il fait des merveilles. Il y a fait un grand nombre de baptêmes. Dans le mois de juillet, il écrivit à M. La Place (Pierre Rozan, pasteur en Dauphiné) , qu'en arrivant il avait béni seize baptêmes , que depuis il en avait fait cinquante-quatre. Quoiqu'il ne parle pas des mariages, il est certain qu'il en a fait également. On y est fort content de lui et on ne veut pas le laisser revenir. Presque tous les protestants bourgeois et autres vont à ses assemblées. Nous lui avions écrit de venir à présent pour ranger ses affaires, mais il n'est pas encore venu. » Rolland, qui s'établit définitivement en Provence et résidait habituellement à Cabrières-d' Aiguës , exerça son ministère dans cette province jusqu'en 1762. A cette date nous le perdons complètement de vue (1).