‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 18 sur 96 · I. - HISTOIRE DE LA DOCTRINE · texte numérisé non relu

I. - HISTOIRE DE LA DOCTRINE

Fidélité des églises du Dauphiné à la doctrine orthodoxe. Affaire du pasteur Balcet.

Les églises du Dauphiné se firent remarquer pendant toute la période de Tédit de Nantes, comme du reste avant et après , par leur attachement à la foi évangélique y telle qu'elle avait été oflSciellement formulée dans les divers synodes nationaux, notamment dans le synode de La Rochelle (1571), qui donna son nom à la confession de foi des églises réformées.

Diverses décisions des synodes provinciaux du Dauphiné en font foi. Ainsi quand Piscator, théologien strasbourgeois, se mit à enseigner que Tobéissance passive du Fils de Dieu était seule imputée aux hommes à justice, parce que, comme tous les hommes, le Christ avait dû accomplir pour son propre compte la loi divine par son obéissance active et la sainteté de sa vie, le synode de Montélimar de 1607 s'empressa d'adhérer aux canons du synode général de La Rochelle, réuni la même année, qui condamnait cette doctrine. « Suivant l'ordonnance du synode national en dernier lieu tenu à La Rochelle, lit-on dans ses aaes, les sieurs de Comps , Perrin , La G^lombière et La Combe , députés de la part de cette province audit synode , ont requis que tous les pasteurs assistants en cette compagnie fassent profession solennelle devant Dieu qu'ils croient que nous sommes jus-

— i65 — tifiés devant Dieu par l'imputation de la très-parfaite obéissance que Notre Seigneur Jésus-Christ a rendue à Dieu son Père en sa vie et en sa mort , et qu'ils veulent vivre et mourir en cette foi , sans adhérer aux doctrines contraires : ce qui a été £3iit, avec promesse d'enseigner cette doctrine clairement chacun en Téglise de laquelle il a charge. I.a même protestation a été faite par M. Sharp, ci-devant

nommé*. »

Le synode d'Orpierre de 1 608, craignant que les étudiants en théologie qui avaient fait leurs études en dehors de la province, n'y apportassent la doctrine de Piscator, prit l'arrêté suivant : « Les élèves qui ont étudié aux académies dressées hors le royaume , venant se présenter en cette province, seront tenus de jurer qu'ils croient la doctrine de la justification , conformément à la confession de foi des églises de France. »

La province du Dauphiné déploya le même zèle contre les doctrines d'Arminius , théologien hollandais , qui enseignait, contrairement à Calvin, que l'élection et la réprobation sont conditionnelles et dépendent de la persévérance , prévue de Dieu , des uns dans le bien et des autres dans le mal. Dès 161 7 le synode de Nyons chargea ses députés au synode général de Vitré, assemblé la même année, « de proposer audit synode qu'il sera bien utile et séant de penser aux moyens propres de remédier autant qu'il sera possible aux discordes que l'opinion d'Arminius a enfantées dans les états des Pays-Bas ; et , pour empêcher que ces nouveautés ne se glissent en nos églises , défenses soient faites aux écoliers en théologie d'aller étudier aux académies et écoles desdits états durant le temps de telles confusions ».

(i) Cest donc gratuitement que le pasteur apostat Josué Barbier dit, dans sa Ministrographie huguenote (Lyon, 1618), que le savant professeur de l'académie d« Die penchait vers les idées de Piscator.

Le synode d'Embrun de l'année suivante alla plus loin encore. « Sur la proposition faite, lit-on dans ses actes, comme on doit se conduire pour empêcher que Topinion d'Arminius ne suscite des troubles et schismes parmi nos églises , dit a été que quelques pasteurs soient députés pour se préparer sur cette affaire et en faire rapport au synode prochain ; et cependant défenses seront faites à tous pasteurs de dogmatiser sur une telle doctrine, comme aussi aux écoliers en théologie de s^adonner à la lecture de tels livres , à peine d^être déclarés incapables de pouvoir parvenir au saint ministère auquel ils aspirent , et ont été nommés les sieurs Rossel père, de La Colombière, Félix et Bouteroue. »

Nonobstant ces précautions , TArminianisme pénétra en Dauphiné. Jean Balcet, natif de Pragela, élève de l'académie de Die, reçu au saint ministère en 1610, successivement pasteur à Chorges et à Pragela , se fit le défenseur de cette doctrine et refusa de signer les articles du synode de Dordrecht, qui la condamnaient. C'était un esprit très-délié et opiniâtre, qui occupa de lui deux synodes provinciaux. Dénoncé pour la première fois au synode de Die de 1621, cette compagnie chargea le colloque de Valcluson ,* auquel il ressortissait , d'examiner son affaire, en s'ad joignant les pasteurs Vulson de La Colombière, de Gap, et Conel, d^Embrun , et de le suspendre de ses fonctions jusqu'au synode suivant , s'il ne voulait signer les articles de Dordrecht après le mois de réflexion qu'il avait demandé. Nous trouvons dans les actes du synode du Pont-en-Royans de 16-22 le récit de la procédure de ces deux pasteurs : « Ayant été sur les lieux, disent-ils, ils ont travaillé conjointement avec ledit colloque pour le porter à son devoir, tant par remontrances à diverses fois réitérées que conférences avec icelui et toutes autres voies les plus douces qu'ils ont jugées à propos. A quoi ledit Balcet ayant opposé une extrême pertinacité et obstination , sans se vouloir ranger à donner gloire à Dieu

et, quittant ses faux préjugés, adhérer et se conformer à la croyance des églises réformées de ce royaume touchant iesdits points , ils ont été contraints de le suspendre du saint ministère jusques au présent synode, selon l'arrêté du précédent. » Les actes du synode du Pont-en-Royans ajoutent : « Ce qui a été entièrement approuvé par la compagnie , comme aussi la procédure tenue depuis par ledit colloque de Valcluson contre ledit Balcet, l'ayant déposé pour sa rébellion, impénitence et séduction. »

Le pasteur de Pragela en avait appelé à ce même synode du Pont-en-Royans de la décision du colloque de Valcluson précitée; mais comme il n'était point venu. défendre en personne son appel , ce dernier fut « déclaré désert ». La décision du synode provincial du Dauphiné reçut la confirmation du synode national de Charenton de 1623. Pour ce qui est de Balcet, il se convertit au catholicisme, entra dans les ordres et se mit à écrire contre ses anciens coreligionnaires'. Pour le récompenser de sa « révolte », le roi lui accorda, comme toujours , une pension.

j Le synode du Pont-en-Royans jura et signa de nouveau

les articles du synode de Dordrecht , et « ayant demandé de i quels moyens on doit se servir envers ceux qui se trouveront

infectés de Terreur d'Arminius et de quelles censures on doit les poursuivre , la compagnie , exhortant tous les pasteurs ^^consistoires de travailler puissamment à ce que cette mauy^ise ivraie ne pullule aucunement en nos églises, leur a très- expressément enjoint d'observer l'art. 3i de la discipline ^w chapitre du consistoire* ».

^'^ ^oy. notre Notice hist. et bibL sur les controv. relig. en Dauphiné,

*' "^vinsi conçu : « Si un ou plusieurs du peuple émeuvent débat pour '^ Tunîon de Téglise sur quelque point de doctrine,... le consistoire

Livres et questions théologiques soumis à r examen des synodes du Dauphiné.

La discipline des églises réformées portait qu'aucun livre ne pouvait être publié dans l'église sans l'approbation des autorités ecclésiastiques. Cette mesure avait pour but d'empêcher les opinions erronées , ou simplement hasardées , de se faire jour et de troubler la paix des troupeaux. Les livres les plus importants étaient soumis à l'examen des synodes nationaux , qui déléguaient leurs pouvoirs aux synodes provinciaux. Et comme ceux- ci n'avaient pas un temps suffisant durant leurs sessions pour prendre connaissance des manuscrits qui leur étaient communiqués, ils en renvoyaient l'examen aux colloques.

Parmi les livres nombreux soumis au jugement des synodes provinciaux par les synodes nationaux , nous n'avons trouvé que VElenchus novœ doctrince, du célèbre Jean de Serre , pasteur à Orange , qui ait été adressé à la province du Dauphiné. Le synode national de Gergeau de 1601 , en le chargeant de l'examiner, lui donna l'autorisation de le faire paraître avec une préface, s'il le trouvait « orthodoxe ». Le s3mode de Grenoble de 1602 en réclama une copie à Montpellier, et le synode d'Embrun de l'année suivante en confia l'examen à Chamier et à Vinay, pasteurs du colloque du Valentinois. Ces deux pasteurs n'avaient pas encore fait leur rapport en i6o5 : ce qui donnerait à entendre qu'ils hésitaient à l'approuver. Du reste l'auteur était mort depuis

du lieu tâchera promptement de résoudre et apaiser le tout sans bruit... Et si les contredisants ne veulent acquiescer, le consistoire du lieu priera le colloque de s'assembler. »

plusieurs années , et il était devenu impossible de conférer avec lui sur les modifications à apporter à son œuvre.

Pour ce qui est des livres de moindre importance soumis directement au synode provincial du Dauphiné par les auteurs ressortissant à sa juridiction, ils sont fort nombreux et nous ne pouvons les énumérer ici. Ils comprennent toute la littérature protestante dauphinoise. On trouvera la liste des ouvrages dans la France protestante de Haag, à la suite des noms d^auteurs dauphinois cités par ce recueil, puis dans la Biographie du Dauphiné, de Rochas, et dans la Biographie succincte des pasteurs du Dauphiné, que nous donnons plus loin.

Le s)aiode provincial du Dauphiné eut à se prononcer officieusement sur la querelle théologique de Pierre Dumoulin, pasteur à Charenton , et de Daniel Tilenus , professeur de théologie à Sedan. Les deux champions, en le choisissant pour arbitre, lui avaient envoyé leurs écrits, qui, selon toute vraisemblance, sont les suivants : Examen dogmatis P. Molinœi de duabus in Christo naturarum unionis hypostaticœ effectis (par Tilenus), i6i 2; Copie de la lettre écrite contre Tilenus aux ministres de France (par Dumoulin), Paris, 161 3. Le débat, on le voit par les titres, roulait sur la question difficile de Tunion hypostatique des deux natures en Jésus-Christ. On pouvait reprocher à Dumoulin « quelques termes et façons de parler rudes et impropres », mais nullement le suspecter « d'Eutychianisme, de Nestorianisme, Samosatisme et Ubiquitisme' ». La querelle était donc sans objet. Cest pourquoi les pasteurs nommés par le synode du Dauphiné (Die 161 3) « pour voir l'écrit de M. Dumoulin, pasteur de Téglise de Paris, et le livre de M. Tilenus, professeur en l'académie de Sedan, ayant fait leur

(i) AnioN, t. II, p. 37.

■ rapport , la compagnie a commis les sieurs La Colombière et Sharp pour répondre à Tun et à l'autre en son nom et les exhorter au silence et à la concorde. »

Tolémique avec réglise romaine.

Pendant une grande partie de la période de Tédit de Nantes, les luttes théologiques entre les protestants et les catholiques furent très-vives en Dauphiné , comme dans les autres provinces du royaume. Dès 1600, le synode de Serres s'opposait à la publication des décrets du concile de Trente. « Sur l'avertissement, lit-on dans ses actes, qu'on a reçu des poursuites du pape pour l'introduction et réception du concile de Trente en ce royaume, au grand préjudice de l'église de Dieu, a été trouvé bon députer homme'exprès qui se joigne aux députés des églises qui sont en France pour prendre les expédients qui seront proposés pour empêcher l'exécution de ce dessein , et pour ce faire on a trouvé bon que l'élection du député sera faite au conseil des églises de Grenoble et selon les bons advis de Mgr des Diguières ». Le synode d'Embrun de i6o3 fut dans les mêmes dispositions et demaada au synode national de Gap , qui se réunit cette même année , d'empêcher autant qu'il serait en son pouvoir la publication des mêmes décrets , « puisque , disait-il , elle emporte expressément la condamnation , voire l'anathématisation de tous ceux qui font profession de la vérité ».

Sur la question, fort agitée à cette époque, de l'Antéchrist, le synode de Grenoble de 1602, devançant la décision du synode national de Gap , qui proclama que le pape était ce même Antéchrist, prit la délibération suivante : « Nous, pasteurs et anciens des églises du Dauphiné assemblés, ayant vu, lu et dûment considéré les thèses proposées à Nîmes sur le premier chapitre de l'épître de saint Paul aux

Romains, avec les parergues y ajoutés, donnons témoignage que nous n'y avons trouvé aucune chose touchant la doctrine qui ne soit orthodoxe, tant en ce qui concerne les vices de celle qui se nomme Téglise romaine qu'en ce qui attouche le pape, chef d'icelle. Car, non-seulement il est vrai qu'au lieu même où était jadis cette tant belle église de Rome louée par Tapôtre , se trouve aujourd'hui la synagogue du diable , y étant entièrement falsifiée la doctrine chrétienne et corrompues les bonnes mœurs; mais aussi celui qui, à cause de révêché de Rome , se nomme pape universel ou œcuménique, a en soi toutes les marques que T Écriture sainte donne à celui que particulièrement elle nomme Antéchrist -, laquelle doctrine nous maintenons et maintiendrons pour vraie et de plus nécessaire contre les abus de ce temps. »

Le synode de Die de 1604 approuva sans réserve la décision du synode général de Gap ; mais comme elle avait causé un déplaisir extrême à Henri IV ', la vénérable compagnie décida que l'impression de l'article incriminé serait différée jusqu'au plus prochain synode national. Deux ans après, le synode de Saint- Marcellin (1606) se sentit fort offensé d'un passage de l'histoire de France de Matthieu, qui critiquait vivement la décision du synode de Gap. « L'assemblée étant avertie, lit-on dans ses actes, qu'un certain Matthieu, avocat de Lyon et historiographe, a vomi des puantes calomnies contre le synode national tenu à Gap en une histoire qu'il a fait imprimer depuis naguère , il a été dit que M. Charnier la verra et que s'il juge qu'il y ait chose qui doive être relevée par les églises , celles de cette province, en laquelle ledit synode se tint, poursuivraient devant la chambre de l'édit la condamnation de cette partie

{i) Mémoires de Maximilien Béthune , duc de Sully; Genève, 1752, p. 57-59.

de ladite histoire et du calomniateur même, et ce par le procureur général. »

La polémique entre protestants et catholiques prit souvent en Dauphiné la forme de disputes publiques, qui furent ordinairement suivies de la publication de comptesrendus composés par les champions des deux partis. Des ouvrages de controverse, indépendaiits de ces conférences , virent aussi le jour dans la province. Le plus important de ces derniers est la Panstratia ", que le célèbre Charnier, pasteur de Montélimar, publia à la demande réitérée des synodes de la province. « M. Chamier est prié, lit-on dans les actes du synode de Montélimar de 1607, de mettre sous presse, le plus tôt qu'il sera possible, les deux tomes de ses controverses contre Bellarmin, afin que les églises jouissent de ce fruit, et lui a été fait un présent, pour les labeurs qu'il a faits pour les églises à diverses fois et en considération desdits deux tomes, de la somme de 3oo livres, et d'abondant la compagnie promet sa libéralité envers ledit sieur Chamier pour les autres tomes, quand ils seront mis en lumière, et sa recommandation envers le synode national. » A.U synode d'Orpierre de 1608 on adressa à Chamier la même requête, et lorsqu'il put présenter au synode de Saint- Paul-trois-Châteaux de l'année suivante les manuscrits de ses deux premiers tomes, on le pria instamment de continuer son oeuvre. Il acquiesça à ce désir, mais à la condition qu'on le déchargerait à l'avenir de toute députation , pour qu'il eût plus de loisirs à consacrer à ses travaux.

Vers le même temps, sur l'observation feite au synode national de Saint -Maixent de 1609 « qu'il serait expédient de nommer quelques-uns dans les provinces qui eussent

(i) Panstratiœ catholicce, controversiarum de religione advenus pontiflcios corpus,.. Genevae, 1626,4 vol. in-fol.

chaîne de se préparer sur toutes les controverses, mais spécialement sur quelques-unes dans chaque province », la province du Dauphiné reçut la mission de s^appliquer à rétude des controverses touchant la justification et les bonnes œuvres en général et en particulier ^

Pour ce qui est des conférences ou disputes publiques entre les docteurs des deux religions, elles furent nombreuses, quelquefois solennelles. Lesdiguières et d'autres grands personnages du Dauphiné assistèrent à quelquesunes, et la plupart d^entre elles, comme nous Pavons dit plus haut, se terminèrent par la publication d'opuscules, qui prirent les titres divers de Conférence, Actes, Discours, Apologie, Victoire, Triomphe, Lettres, Réfutation^ Réponse, etc. Nous avons retrouvé la trace de quarante environ de ces disputes et de près de quatre-vingts livres ou livrets imprimés à leur occasion. Les controversistes les plus en évidence du côté des protestants furent les pasteurs ou professeurs Ghamier, de Vinay, Sharp, Crégut, de Bouteroue, Martin, Eustache, Martinet, RoUin, Murât, etc.; et du côté des catholiques, les Jésuites Coton, Coyssard, Gautier, Arnoux, Isnard, Fichet, Bizot et Galemard; Tolosany, abbé de Saint- Antoine; Fenouillet, théologal de Gap 2 puis prédicateur du roi et évêque de Montpellier; Rambaud, juge mage à Die; Pétriny, Carme et prédicateur du roi; Martin, abbé de Clausonne; Gilles le Féron, prédicateur de la maison de la propagation de la foi, etc.

Les synodes provinciaux du Dauphiné n'encouragèrent pas beaucoup au début ces controverses , à Tissue desquelles chaque parti s'attribuait la victoire. Celui de Serres, tenu en 1600, décida qu'elles n'auraient lieu que par écrit et avec Tautorisation des consistoires. Celui de Nyons, de l'année

(0 De jwtificatione bonis operibut et meritis in génère et specie.

suivante, ne se montra pas si rigoureux et permit les disputes verbales , qui étaient tout à fait , du reste , dans les mœurs du temps et répondaient à un véritable besoin ' .

Aux approches de la révocation de Tédit de Nantes, quelques pasteurs du Dauphiné se relâchèrent de leur rigueur à l'endroit du catholicisme, notamment Alexandre Vigne, pasteur à Grenoble et ancien professeur de philosophie à Tacadémie de Die, qui finit par changer de religion, et Alexandre d'Yze, professeur de théologie à la même académie, qui écrivit, dans le but de rapprocher les deux cultes, ses Propositions et moyens pour parvenir à la réunion des deux religions en France (Paris), 1677, in-4**. Lejsynode du Dauphiné le déposa de sa charge de professeur pour la publication de ce livre, qui contenta si peu du reste les catholiques qu'ils en firent disparaître tous les exemplaires et faillirent £siire un mauvais parti à son auteur ^.

Tendance favorable des églises du Dauphiné au rapprochement des Luthériens

et des Calvinistes.

La province du Dauphiné, qui était animée du mdlleur esprit, se montra pleine de zèle pour la réunion des deux grandes familles du protestantisme : les Luthériens et les réformés. « Sur la proposition des frères du Dauphiné, disent les actes du synode national de Gap de i6o3, qui désirent qu'on cherche le moyen d'entrer en conférence et union avec les églises d'Allemagne (qu'on appelle luthériennes), pour

(i) Pour plus de détails, voy. notre Notice hitt. et bibliogr, sur les controv. relig. en Dauphiné.

(2) Voy. notre Hist, de Vacad, protest, de Die en Dauphiné, p. 86.

ôter le schisme qui est entre elles et nous, la compagnie,

souhaitant de voir TefFet d'une si louable ouverture , écrira

tant aux universités orthodoxes d'Allemagne, d'Angleterre,

d'Ecosse, de Genève et de Sedan qu'à MM. de Gourdon

et La Fontaine, en Angleterre, pour les prier de travailler

avec nous à rétablissement de cette union, en disposant

ïnême les princes à y employer leur autorité; et, pour cet

effet, à s'unir plus étroitement avec nous par la confession

d'une même doctrine. »

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