‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 29 sur 96 · l^mans · texte numérisé non relu

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Sur Tadjonction de Romans au colloque de Viennois, voyez l'article Châteaudouble.

Les commissaires exécuteurs de Fédit de Nantes publièrent solennellement cet édit à .Romans le 1 7 nov. 1 699 dans « rhôtel commun de la ville », et en jfirent jurer l'observation tant aux catholiques qu'aux protestants. Ces derniers furent représentés par Jean Magnac et Pierre Escoffier. Ils ordonnèrent ensuite que Texercice de la. religion réformée se ferait à Pizançon , hameau de Romans ^ comme second lieu du

bailliage de Viennois ", et qu'on y établirait un cimetière-, que l'hôpital serait administré par des recteurs catholiques et des députés protestants; qu'on recevrait au collège les enfants réformés , mais « sans toucher à l'exercice de la religion, ni les forcer à se départir d'icelle »; que le conseil général de la ville choisirait à son gré ses consuls dans l'une ou l'autre* religion ; que le conseil particulier serait composé de 9 catholiques et de 3 protestants , le conseil général de 34 des premiers et de 6 des seconds , les péréquateurs des tailles de gens des deux religions, et que les protestants seraient exempts de l'abbaye de Maugouvert et des charivaris. Les commissaires de 1607 confirmèrent cette décision en ce qui touchait Pizançon comme second lieu du bailliage (i5 juin), et le synode de Montélimar de la même année acquiesça à leur ordonnance.

Il paraît qu'il avait été permis aux réformés de Romans, à une époque que nous ne connaissons point, de faire leur exercice au ^Bourg-de-Péage, faubourg de Romans , dans lequel ils possédaient un cimetière, rue Tileprin*, mais que, par des raisons que nous ignorons également , cet exercice n'avait pu y être établi. C'est ce qui détermina le synode d'Embrun de 1610 à prendre la délibération suivante : « Vu l'incommodité que c'est à l'église de Romans d'aller ouïr le prêche à Pizançon et y porter les enfants au baptême, quoi-

(i) EuBtache Piedmont dit qUe les commissaires choisirent Pizançon parce que le château de cette localité appartenait à Lesdiguières.

(2) Arch. du dép. de la Drdme, E. 62. — Il existe encore aujourd'hui au Bourg-de-Péage une impaue du temple, — M. Ulysse Chevalier dit dans le Bulletin de la Soc. d'archéologie de la Drdme (t. ix, p. 252) que les protestants de Romans , après avoir restitué l'église des Cordeliers aux catholiques, établirent en 1564 leur temple au quartier de la Villeneuve; mais que, ce local étant incommode, ils obtinrent, pour la construction d'un nouveau temple, un emplacement communal , situé aux vieux fossés des Terreaux, près de la place Jacquemart.

qu*il leur eût été permis de faire l'exercice de la religion réformée au Péage et faubourg de la ville de Romans , a été trouvé bon de charger les mémoires des députés à M. le maréchal pour le supplier de faire jouir ladite église de ce bénéiSce. » Il est peu vraisemblable que la démarche du synode ait abouti. Quoi qu'il en soit , les commissaires de 1614 permirent le 14 avril aux réformés de continuer leur exercice à Pizançon et d'y construire un temple.

Les catholiques demandèrent aux commissaires de 1664 de supprimer cet exercice , mais ces derniers s'accordèrent à le maintenir. A la révocation de l'édit de Nantes le temple de Pizançon fut converti en église, et il existe encore aujourd'hui comme tel, mais après avoir subi divers changements.

Il y eut une dispute religieuse en 1684 au château de Triors , situé dans les environs de Romans, entre le pasteur Pierre Agard, demeurant à La Jonchères, et le Jésuite Julien Bouclier".

Pasteurs : Adrien Chamier 1 1 56o-i 56 1 , Siméon Lacombe i56i-i562, Séverin Borrel i562, Jonathas Varnier i562, Jean Thiersand i562, Ennemond de Lacombe iSyô, Pierre Agard 1584-1604, Quinson 1604-1605, David Agard 1^609-1610, Jean Félix 1611-1626, Pierre Murât i63o- 1648, Galland 1660, François Saurin 1682, Jean Truc

6, — Saint'Marcellin.

Les commissaires exécuteurs de l'édit de Nantes publièrent solennellement cet édit à Saint-Marcellin le 18 novembre 1599, dans « l'auditoire royal », assistés de de

(0 Voy. notre Notice sur les controv. relig. en Dauphiné, p, 9 et 10.

Basset et de Granet , conseillers au parlement^ et de de Rue et de Barsac, maîtres auditeurs à la cour des comptes, en présence de noble Théodore de Frise , substitut du procureur général du roi à Saint-Marcellin , et ils le firent jurer aux habitants tant de Tune que de l'autre religion. Les protestants étaient représentés par Guillaume Rebut. Ils ordonnèrent ensuite que Texercice de la religion réformée serait établi au faubourg dit de Romans, comme premier lieu du bailliage de Viennois , selon ce qui avait été décidé à Grenoble le 7 du même mois , et que les protestants pourraient y construire un temple , mais en dehors du grand chemin ; que le conseil général , composé de 6 catholiques et de 2 protestants , nommerait 2 consuls à son gré dans Tune ou l'autre religion \ que le conseil particulier aurait i conseiller protestant sur 4; que les commissaires des comptes seraient pris dans les deux religions et qu'on laisserait aux protes-^ tants le cimetière qui leur avait été précédemment alloué. Les commissaires donnèrent trois mois à ces derniers pour bâtir leur temple. Jusque-là il leur était permis de se réunir dans la maison du faubourg de Romans , qui devait servir d^emplacement à ce temple. Eustache Piedmont ajoute qu'il fut bientôt bâti et se trouvait à plus de 40 pas de la route.

En 160 1 Saint-Marcellin fut attribué au colloque de Valentinois, en 1602 à celui de Grésivaudan et un peu plus tard et d'une manière définitive à celui de Viennois, En 1 60 1 cette église n'avait pas de pasteur, et Barthélémy Durand fut prié par le synode de Beaurepaire , réuni cette même année, de lui « donner une exhortation à la cène le lundi ou mardi après Pâques ». Le i" juin 1660 elle envoya un député à Genève pour recueillir des fonds en vue de la construction d'un temple ; ce qui donnerait à entendre que l'ancien temple était hors d'usage.

Les catholiques de Saint-Marcellin demandèrent aux comAiissaires exécuteurs de 1664 de supprimer Pei^erçice de

la religion réformée dans cette localité, mais ceux-ci s^accordèrent à Ty maintenir.

Il y eut une dispute religieuse à Saint-Marcellin en iSgS entre Caille, pasteur de Grenoble, et Tolosany, abbé de Saint-Antoine, et une autre en 1606 entre le célèbre Charnier et le même âbbé * .

Saint-Marcellin avait pour annexes en 1600 L^Albenc (canton de Vinay) et Saint-Antoine.

UAlbenc ayant été érigée en église particulière en 1606, nous renvoyons le lecteur à Tarticle qui la concerne.

Quant à Saint- Antoine , les commissaires exécuteurs de 1614 ordonnèrent, le i5 avril, qu'on vérifierait « dans six semaines pour tout délai, tant par actes que témoins, » si l'exercice y avait été fait publiquement jusqu'au 1 7 septembre 1577. Comme nous ne retrouvons plus de traces de cette église, nous sommes porté à croire que le résultat de l'enquête fut négatif.

Il y avait aussi des protestants à Chevrieres et à Beauvoir, mais Texercice ne paraît pas y avoir été autorisé par Us commissaires exécuteurs.

Pasteurs. Saint - Antoine : André Omo i56i -i 567, Pierre de La Haye i575 , Raphanel 1 676.

Beauvoir : Jean Blanchard 1596.

Saint-Marcellin : Siméon de Lacombe 1572, Abraham Boquin 1602- i6o5, Josué Barbier 1606- 161 2, Jacques Barbier 1614- 1626, Daniel Maillefaud 1637-1659, Élie Qûon 1660, J. Bec 1684.

(0 Voy. notre Notice tur les contnwt religiêutes en Dauphiné, p. io->

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