‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 30 sur 96 · VAlbenc · texte numérisé non relu

VAlbenc

Cette église, attribuée au colloque du Grésivaudan en 1602, fut peu après incorporée à celui du Viennois, qui avait besoin d'être renforcé. Unie à Saint-Marcellin jusqu'en 1606, elle eut un pasteur en propre à cette date. « L'an de Notre-Seigneur 1606, le i5* d'avril, lit-on dans le Livre du consistoire, étant assemblés en corps d'église... pour nous pourvoir de pasteur ordinaire habitant en notre lieu de L'Albenc, ayant été jusques lors assisté du ministère des pasteurs circonvoisins pour un quart, reconnaissant que bien nous était nécessaire la présence d'un pasteur pour la conduite et conservation de notre église et pour l'instruction et l'édification d'un chacun membre d'icelle, nous avons député unanimement le sieur Denis Tondart, diacre de notre église, pour assister de notre part au synode convoqué à Saint-Marcellin au 26* d'avril 1606, et y demander M. Abraham Boquin, lors ministre à Saint-Marcellin, pour exercer son ministère entre nous tant seulement. »

Boquin fut accordé par le synode, et le consistoire de L'Âlbenc s'engagea à lui faire un traitement annuel de 1 00 écus et à lui fournir une maison pour se loger. Le synode national de Privas de 161 2 accorda dans ce but un secours à l'église.

Le 17 octobre 161 1, de PoUenière, seigneur de L'Albenc, défendit aux réformés de faire prêcher dans cette localité et d'y construire un temple, défense qui leur fut renouvelée dès le lendemain par le parlement de Grenoble. Le consistoire en appela à Lesdiguières et à la chambre de l'édit de

(i) Livre du consistoire de Téglise réformée de L'Albenc en Dauphiné , 1 606-1 681 (Mns.).

Grenoble, ma^s ce furent les commissaires exécuteurs de redit de Nantes de i6i5 qui leur firent droit.

Le 6 miai 1 6 1 5 ils déterminèrent remplacement du temple, qui fut commencé le 3 août et terminé le 6 du même mois de Tannée suivante. Le presb)rtère attenait au temple et possédait un jardin. En 1641 le presbytère et le temple furent réparés, et la cloche, qui se cassa en 1654, fut remplacée par une autre plus forte achetée à Grenoble.

En 1664, Nicou, chanoine et syndic du clergé du diocèse de Grenoble, demanda la suppression de Texercice de la religion réformée à L'Albenc, en déclarant fausse l'ordonnance des commissaires de 1 6 1 5 . Celle-ci fut montrée à Tintendant, qui en reconnut au contraire Tauthenticité, et le 22 août de la même année les commissaires de Tédit, saisis de la question, rendirent un jugement de partage, autorisant toutefois la continuation de l'exercice jusqu'à ce que le conseil du roi eût rendu son verdict. Informé de cette décision , le consistoire fit lire au temple la note qui suit ( 7 septembre) : « Puisqu'il a plu au bon Dieu, en exauçant nos vœux et les prières que nous lui avons adressées depuis longtemps , de nous avoir depuis quelques jours maintenus par le jugement rendu à Valence le 22® du passé;... tous les particuliers qui composent le troupeau sont exhortés d'en rendre grâces à Dieu solennellement et d'en faire le principal chef de leur réjouissance, disant avec le prophète : « Dieu d'Israël, tu es celui qui est de ton peuple l'appui; gloire te soit rendue; le bras de l'Éternel a fait choses grandes. » Et parce que ce bénéfice est un des plus grands et des plus avantageux qui pourraient nous arriver, et que nos péchés ne seraient que trop capables de nous en faire déchoir; attendu aussi nos faiblesses, la haine de Satan et du monde, qui augmente tous les jours, vous êtes puissamment exhortés de mener une vie conforme à la vocation sainte et céleste dont il a plu à Dieu de vous honorer; et chaque père

de famille est exhorté d^én demander à Dieu la continuation^

non-seulement dans le saint temple et dans la compagnie des fidèles , mais aussi dans les prières particulières qu'il fait dans sa maison soir et matin en présence de ses enfants et de ses domestiques; vous y ferez les réflexions nécessaires. »

Le procès- verbal de partage du 22 août 1664 ne fut examiné que le i*' septembre 1681 par le conseil du roi, qui consentit à maintenir l'exercice de la religion réformée à L'Albenc. Le 14 du même mois le consistoire chargea le pasteur Lanfrey de donner « avis à rassemblée de cette bonne nouvelle, avec exhortation à tous les particuliers qui composent ce troupeau d'en rendre solennellement grâces à Dieu et de lui demander la continuation de ce grand bénéfice, non-seulement dans nos prières publiques, mais notamment dans celles que nous devons tous ùlrt dans nos familles d.

L'église de L'Albenc était peu nombreuse. En i635 on y compte sept décès, en i636 deux seulement, en 1637 trois, en i638 cinq.

Les annexes étaient : Chasselay (canton de Vinay) et Vatillieu (canton de TuUins). Les commissaires de 1664 se divisèrent sur le maintien de l'exercice dans ces deux localités, et le conseil du roi , statuant sur leur partage, prononça, par arrêt du 5 janvier 1682, la suppression de Texercice dans la première annexe.

Pasteurs : Joachim Massot 1567, Abraham Boquin 1606- 1628, Pierre Pifîard 1628- 1 65 1, Salomon Piffard du Rif 1651-1670, Isaac Lanfirey 1673-1682.

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