‹ Histoire des réfugiés huguenots en Amérique [microforme]Chapitre 15 sur 79 · LES ANTILLES · texte numérisé non relu

LES ANTILLES

Dès la première partie du dix-septième siècle, l'archipel situé entre les deux continents américains entra dans le mouvement du commerce français : et les protestants de France y trouvèrent, particulièrement dans les îles de Saint-Christophe, de la Guadeloupe et de la Martinique, une retraite comparativement sûre, pendant les cinquante années qui précédèrent la révocation de l'édit de Nantes. Il est singulier que ce fait ait échappé à l’attention des auteurs qui ont retracé les voyages des exilés huguenots (1). Nous verrons pourtant qu'il a exercé une influence importante sur l’histoire de leur émigration dans l’ Amérique du Nord.

Les géographes français limitent le nom d’Antilles (2)

(1) Le précieux ouvrage de M. Charles Weiss (Histoire des réfugiés protestants de France) ne fait aucune mention de cette émigration, ni de la déportation subséquente des protestants français aux Antilles.

J'ai été mis sur la voie de cet épisode de l’histoire du Refuge par une mention accidentelle, dans la correspondance du marquis de Denonville, gouverneur du Canada, le 16 nov. 1686, avec le ministre des colonies, de l’arrivée à Manat (New-York) de cinquante ou soixante huguenots des îles de Saint-Christophe et Martinique (Documents relative to the Colcnial History of the State of New-York, vol. IX, p. 309).

(2) Histoire naturelle et morale des îles Antilles de l'Amérique,

aux îles Caraïbes ou au groupe qui s'étend en ligne courbe entre les Grandes-Antilles et la côte de l’'Amérique du Sud, formant la limite orientale de la mer Caraïbe.

Ces îles, au nombre de vingt-huit, avaient été négligées comme insignifiantes, depuis que Christophe Colomb les avait découvertes en 1493. Mais, en 1625, deux navigateurs , débarquant, le même jour, sur deux points opposés de l’île de Saint-Christophe, en prirent possession, au nom de leurs souverains respectifs, les rois de France et d'Angleterre. Les deux nations poursuivaient le même but. Elles voulaient s'assurer un ancrage sûr et des stations de ravitaillement commodes pour les navires marchands trafiquant avec l’Amérique du Sud, et se fortifier contre leur ennemi commun, l'Espagnol. Aucun des deux commandants ne perdit de temps pour mettre son projet à exécution. Une compagnie fut organisée dans chaque pays, avec concession royale de privilèges et autorisation d'occuper et de s'établir à Saint-Christophe, de même que dans les îles voisines (1).

Les petites Antilles sont, comme les grandes, d’origine volcanique; elles présentent des traits semblables de beauté et de grandeur dans leur riche végétation tropicale et dans leurs lignes hardies de pics et de montagnes. Saint-Christophe, sans être la plus grande des

ar Charles de Rochefort. Rotterdam, M.DC.LVIII, De Rocheort considère que ces îles sont ainsi nommées « parce qu'elles sont comme une barrière au-devant des grandes îles. » — Manuel de la nar'gation dans la mer des Antilles et dans le golfe du Mexique, par U'h.-P. de Kerhallet. Paris, 1853, [, 19.

(1) Histoire nat. et mor. des îles Antilles, p. 268 et 269. — The history civil and commercial of the British Colonies in the Wesl Indies, par Bryan Edwards, esqt. London, MDCC.XCIII. tome [, p. 422.

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