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LE PORT

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la cité qui venait d'épouser la cause protestante. On montrait encore la maison de Guiton, le maire héroïque du siège de 1628. Chaque demeure devait avoir ses légendes d'héroïsme et de souffrances liées à ce siège mémorable, où vingt-cinq mille habitants, sur une population de trente mille, périrent de faim; où, sous ces porches sombres, les morts gisaient en monceaux, pendant que les vivants, tellement amaigris qu'ils étaient méconnaissables, marchaient dans un silence lugubre. Les murs de la ville, qui avaient été si bravement défendus, avaient disparu depuis longtemps; mais leur tracé était encore visible. Ici était l'emplacement du fameux bastion de l'Evangile, qui avait repoussé tant d’assauts, pendant le premier siège, qu’à la fin les troupes royales refusaient de s’en approcher. Là était l'endroit où, du haut du rempart, qui avait été depuis rasé jusqu’au sol, les femmes et les enfants versaient sur les assaillants de grands « encensoirs » de poix bouillante.

Beaucoup de ces lieux d’un intérêt historique étaient aussi associés à l’histoire personnelle et domestique de nos huguenots. Une des maisons que possédait Pierre Jay au moment de son évasion de France était située au pied de la tour de la Lanterne. La maison d’Esther Le Roy, femme de Gabriel Bernon, faisait face au chàteau royal, autrefois la maison de ville des Rochelais, aux jours de leur liberté et de leur prospérité ; la proprièté qu’elle apporta en dot à son mari était auprès du Pré de Maubec, où les calvinistes se réunissaient pour le culte dans les premiers temps du protestantisme, lorsqu'ils furent chassés de la ville.

Le champ connu sous le nom de Pré de Maubec était alors enfermé dans les limites de la ville, et compris dans le quartier de la ville neuve. C’est là qu'était

le prêche huguenot, ou maison de réunion, détruit peu avant la révocation. Ce bâtiment, bien moins imposant que le « Grand Temple » était cependant spacieux, et il avait été pendant cinquante ans « la porte des cieux » pour les pieux religionnaires de La Rochelle. Le principal, si ce n’est le seul ornement extérieur de ce lieu de culte était une pierre finement sculptée, au-dessus de l’entrée principale, portant les armes des rois de France et de Navarre. Intérieurement, séparés des bancs ordinaires destinés au reste des fidèles, étaient de hauts sièges, réservés aux magistrats de la ville, aux ministres et aux membres du consistoire. Sur le mur, auprès de la chaire, se voyait un tableau qui fit sans doute l'admiration de nos réfugiés américains dans leur enfance, portant les Dix Commandements de la Loi de Dieu, inscrits en lettres d’or sur un fond d'azur. Une grosse cloche convoquait les assembl£2s le dimanche et les autres jours de fête : privilège dont jouissaient à cette époque très peu de congrégations réformées de France.

Parmi les plus notables des fidèles qui, à l’époque de la révocation, fréquentaient les réunions huguenotes du Prè de Maubec, étaient André Bernon et Pierre Jay. Le premier appartenait à une famille de grande antiquité, originaire de Bourgogne, qui faisait remonter sa race jusqu'aux premiers siècles de la monarchie française. La famille Bernon revendiquait l'honneur d’être une branche cadette de la maison des comtes de Bourgogne, appuyant ses prétentions sur la ressemblance de ses armoiries (1) avec celles de ces

(1) Les armes des Bernons sont « d’azur à un chevron d'argent » surmonté d’un croissant de même, accompagné en chef de deux

Le Temple de 1a Rochelle bâti l'an 1630; & démolile Jeudi 1" de. Mars

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comtes et sur le fait que leur nom avait été porté par plusieurs princes de cette maison. Mais les Bernon de La Rochelle avaient un titre de noblesse plus certain, et qui leur était personnel; ils avaient fourni plusieurs maires à la ville, et, conformément à la déclaration de Charles V en date du 8 janvier 1372, cette charge

» étoiles d'or, et en pointe d’un ours passant de même » (Filleau).

« Le nom de Bernon se trouve dès l’an 1191 dans la liste » des familles représentées aux croisades. Transplantée dans » diverses provinces de l’ouest de la France, la famille était ori- » ginaire de Bourgogne. Elle se considère même comme une » branche puinée de a maison des comtes de Bourgogne, fon- » dant cette opinion sur le nom porté par plusieurs de ces princes » à partir de l’an 895 et sur la conformité de ses armoiries avec » celles que portaient anciennement les comtes de Mâcon. A par- » tir du quatorzième siècle et de Raoul de Bernon, la maison » de Bernon possède tous les documents nécessaires pour établir » Sa filiation.

» La maison de Bernon a formé des alliances avec quelques- » unes des familles les plus illustres du royaume ; elle a rendu » des services militaires qui n’ont pas été sans distinction, et elle » compte parmi ses membres des officiers supérieurs du plus » grand mérite, tant dans l’armée que dans la marine. Elle a eu » plusieurs chevaliers de l'Ordre de Saint-Louis. » (Livre d’or de la noblesse de France).

me ti la généalogie établie par M. Henri Filleau (Dictionnaire historique et généalogique dis familles de l’ancien Poiue Raoul Bernon, « qui servit avec distinction dans les guerres de son temps, » épousa Charlotte de Talmont, et eut un fils, Nicolas, élu maire de La Rochelle en 1357. Jean, fils de Nicolas, fut élu maire en 1398. Jean-Thomas, fils de Jean, fonda les deux gentilhommières de la Bernonière et de Bernonville, la première auprès de Pouzauges , en Poitou, et la seconde dans l’île de Ré. Jean- Thomas laissa un fils, André, lequel eut deux fils : Pierre, sieur de la Bernonière et de l’Isleau, et Jean. Ce dernier eut un fils, André. M. Filleau n’a pas suivi la filiation de cette branche plus loin, mais M. Crassous, notaire royal, l'indique comme suit : André Bernon épousa Catherine Du Bouché en 1545. Leur fils Léonard épousa Françoise Carré en 1578 et eut deux fils : Jean, sieur de Bernonville, et André. Le plus jeune, André, épousa Jeanne Lescour, et Marie Papin en 160$, et eut c'ux fils : Léonard, sieur de Bernonville, et André, dont il ést par. dans le texte, et qui était le père de Gabriel Bernon, le réfugié (Généalogie de la on Bernon, à La Rochelle, dressée par M. Joseph Crassous, 1782).

conférait à perpétuité la noblesse à celui qui l’occupait et à ses descendants. « J'aurais pu rester en France, » écrivait dans sa vieillesse Gabriel Bernon, le réfugié, « et garder mes biens, ma qualité et mes titres, si J'avais voulu sacrifier mes convictions. » Pendant bien des générations la famille avait été prospère et influente. Au seizième siècle, on la voit contribuer à la rançon des fils de François I, gardés en otages par l'Espagne après la bataille de Pavie, puis envoyer une somme d'argent à Henri IV, par les mains de Duplessis-Mornay, pour l'aider à conquérir sa couronne. Les Bernon de La Rochelle furent des premiers qui embrassèrent la religion réformée dans cette ville (1).

La branche de la famille à laquelle appartenait André était connue sous le nom de Bernon de Bernonville, nom que portait son frère aîné Léonard. Une autre branche, connue sous le nom de Bernon de la Bernonière, seigneurs de l’'Isleau, était aussi attachée à la foi protestante.

Les ancêtres de Pierre Jay étaient venus à La Rochelle de la province du Poitou. Ils appartenaient probablement à la famille des seigneurs de Montonneau, dont c'était le nom patronymique, et qui résidaient à

(1) Leur fidélité à cette foi continua His les temps de persécution qui précédèrent et suivirent la révocation. « Cette famille, dont on retrouve des traces fort anciennes à La Rochelle, y a souvent rempli des charges municipales. Non seulement elle était restée fidèle à son culte, mais elle fut, pendant le dixhuitième siècle, le noyau du protestantisme. C’est dans sa maison que se réunissaient les réformés pour célébrer les cérémonies religieuses. Ces réunions n'étaient pas avouées , mais elles étaient connues et généralement tolérées. Elles s’enveloppaient d'un plus Fc e secret quand de nouveaux ordres apportaient des recru-

escences de persécution; mais elles n’ont jamais cessé tant que le culte n’a pas joui d’une liberté reconnue par la loi. » (Feu M. L. Delayant, bibliothécaire de la bibliothèque de La Rochelle, lettre à l’auteur, du 18 octobre 1878.)

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Chäâteau-Garnier, auprès de Civray, dans le haut Poitou. Dès l'année 1565 cependant, Jehan Jay, qui avait embrassé la foi protestante, résidait à La Rochelle.

Gabriel Manigault, le père de Pierre et de Gabriel (1), qui s’établirent dans la Caroline du Sud, descendait d'un des premiers convertis au protestantisme dans l’Aunis. Parmi les premiers baptèmes effectués par un ministre protestant à La Rochelle était celui de Sara, fille de Jean Manigault et de Louise de Foix, son épouse. Jean était déjà l’un des « anciens » de la nouvelle église, et sa maison était une de celles où se tenaient en secret les réunions de culte dans cette première période. Un siècle plus tard, Isaac Manigault figurait comme parrain au baptême d’Auguste Jay (29 mars 1665).

La famille Baudouin, de La Rochelle, dont le nom, dans le Massachusetts, s’est changé en Bowdoin, était une des plus anciennes et des plus importantes de cette ville (2). Ses différentes branches étaient connues sous le nom des nombreuses seigneuries qu’elles possédaient. Elles descendaient de Pierre Baudouin, écuyer, sieur de La Laigne, qui épousa la fille de Jean Bureau, maire de La Rochelle en 1448. Les Baudouins furent des premiers disciples de la foi réformée dans cette ville. Plusieurs membres de cette famille se distinguèrent par les services qu'ils rendirent à la cause protestante pendant les guerres civiles. A la période de la révocation, une de ces branches chercha un refuge

(1) « Pierre Manigaud, Gabriel Manigaud frères, fils de Gabriel » Manigaud et de Marie Manigaud , natifs de La Rochelle, païs » d'Onis. » (Liste des François et Suisses réfugiez en Caroline, qui souhaittent d'être naturalizés Anglois).

(2) France protestante, 2" édition.

232 Histoire des réfugiés huguenots en A mérique.

en Prusse, une autre s'enfuit aux Pays-Bas, et une troisième se réfugia en Angleterre. On ne sait pas à laquelle de ces branches appartenait Pierre, de Boston.

Une autre ancienne famille, qui s'était longtemps identifiée avec la cause huguenote, et qui, du reste, est restée jusqu’à cé jour fidèle à cette cause, était celle d’Allaire (1). Cette maison était représentée dans l'Eglise réformée, telle qu’elle existait au moment de la révocation, par plusieurs membres éminents. Antoine, sieur du Bugnon ; Jean, secrétaire du Roi, et Henri, conseiller et lieutenant général de l’amirauté, étaient frères. Pierre Allaire, dont le fils Alexandre vint s’établir en Amérique, descendait d’une branche cadette de la même famille.

Benjamin Faneuil, négociant huguenot de La Rochelle, avait épousé la fille d'André Bernon, Marie. Son frère Pierre fut le père de Benjamin, de Jean et d’André Faneuil, qui émigrèrent en Amérique après la révocation. Une branche de cette famille, qui s'était établie à Saintes, se réfugia, après la révocation, en Angleterre (2).

La famille Sigourney portait le nom d’une localité de la province du Poitou, d’où elle était probablement ori-

1) France protestante, 2° édition.

2) Benjamin Faneuil, né en 1593, épousa Suzanne de L’Espine en 1616, et mourut en 1677. Son fils Pierre, né en 1618, épousa Marie Cousseau en 1640 et en eut deux fils : Benjamin, qui épousa Marie Bernon, et Pierre, qui épousa Marie Depont. Ces derniers eurent trois fils, Benjamin, Jean et André, et deux filles, Suzanne, qui épousa Abraham de la Croix, et Jeanne, qui épousa Pierre

ossart. (Bibliothèque de La Rochelle.)

Benjamin Faneuil épousa Anne Bureau le 28 juillet 1699 , et mourut à New-York le 31 mars 1719, âgé de cinquante ans et huit mois. Jean Faneuil mourut à La Rochelle le 24 juin 1737. André (Andrew) Faneuil mourut à Boston le 13 février 1737.

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ginaire (1). Elle était représentée à cette époque par André Sigourney, parvenu déjà à l'âge mûr, et qui, d'après la tradition de sa famille, était installé dans d'excellentes conditions à La Rochelle ou dans les environs lorsque l’Edit de Nantes fut révoqué.

André Laurent, ancêtre d’une famille notable de la Caroline du Sud, vivait alors dans la paroisse de Saint- Sauveur avec sa mère, Elisabeth Menigaut (Manigault ?) veuve de Jean Laurent , qui avait été un des négociants de la ville. Marie Lucas, jeune fille huguenote qui devait unir son sort au sien, avant de chercher une demeure dans le nouveau monde, était également native de La Rochelle. Elle était fille de Daniel Lucas, négociant (2).

Jean et Josué David représentaient une des meilleures familles de La Rochelle : une famille, selon la France protestante, non moins distinguée par les charges que ses membres ont remplies qu'éminente par les

(1) Sigournais est un village de huit cents habitants, dans le département de la Vendée, à sept kilomètres de Chantonay. Auprès se trouve le château du mème nom.

(2) « Elizabeth Laurens, veuve, » de la paroisse Saint-Sauveur, est notée comme s'étant enfuie en Angleterre en 1682. (Liste des familles de la religion prétendüe réformée qui sont sorties du pays d’Aulnix, Isles, et costes de Xaintonge pour aller dans lesdits pays estrangers depuis l’année 1681, jusques à la fin de may 1685. Archives nationales TT, n° 259.)

Le même document ajoute que « le sieur Daniel Lucas, marchand , sa femme et quatre enfants » se sont réfugiés la mème année en Angleterre. « Il a une borderie à Périgny, dont son père jouit. » Daniel Lucas, Mary, Augustus, James et Peter, enfants, furent naturalisés en Angleterre, le 8 mars 1682 (Listes de naturalisations, dans Protestant exiles from France in the reign of Louis XIV, by the Rev. David C. A. Agnew. London, 1874, vol. III, p. 33). « André Laurent, natif de La Rochelle, fils de feu Jean Laurent et Elisabeth Menigaut, et Marie Lucas, aussi native de La Rochelle, fille de Daniel Lucas, et feu Jeanne Marchand, furent mariés à Londres le 22 février 1688 » (Registres de l’église française de Threadneedle Street, Londres).

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services qu’elle avait rendus. En 1572, Jean David, « pair du corps de ville, » fut désigné avec deux de ses collègues pour visiter l'Angleterre, avec la mission de solliciter l’aide de la reine Elisabeth et de presser le départ de Montgomery avec la flotte promise pour secourir la ville assiègée. En 1628, Jacques David, qui avait été deux fois maire, fut envoyé avec Philippe Vincent pour une ambassade semblable auprès de Charles IT, et réussit à persuader au roi de signer un traité avec les protestants. Jean et Josué David vinrent à New-York après la révocation.

Parmi les membres de la noblesse d’Aunis qui restèrent fidèles à la cause huguenote dans ces jours de persécution croissante, il s’en trouvait plusieurs qui firent plus tard partie de l’émigration dans la Caroline du Sud. Paul Bruneau de Rivedoux, écuyer (1), fils d’Arnaud Bruneau, sieur de la Chabossière (2); Henri Bruneau, écuyer, fils de Henri Bruneau de la Chabossière; Henri Auguste Chastaignier, écuyer, seigneur de Cramahé (3), et Alexandre-Thésée Chastaignier, écuyer, seigneur de l'Isle, étaient tous nés à La Rochelle. Paul Bruneau était petit-fils de Jean Bruneau, conseiller, citoyen éminent, dont la famille obtint des lettres de noblesse au milieu du dix-septième siècle (4). Il fut accompagné dans sa fuite en Amérique

(1) Rivedoux, petit port de l’île de Ré, à la pointe la plus rapprochée du continent. « Le fils aîné du sieur Rivedoux, écuyer, son frère et deux sœurs » sont mentionnés sur la liste des familles de la R. P. R. « Année de leur départ : 1682. Lieu de leur retraite : Angleterre ou Danemark. » ;

(2) Le château de la Chaboissière est près de La Villedieu, à quatre lieues de Poitiers.

(3) Le château de Cramahé est à deux lieues environ au sudest de La Rochelle.

(4) Filleau, op. cit., I, 509. France protestante, 2° édit., II,

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par son neveu Henri, fils de son frère défunt Arnaud. Henri et Alexandre Chastaignier étaient fils de Roch Chastaignier, écuyer. Ils appartenaient à une maison ancienne et distinguée, dont la filiation remontait sans interruption jusqu’au onzième siècle (1). Elle fut de bonne heure honorablement identifiée avec la cause protestante dans la France occidentale (2). Philippe Chasteigner, abbesse d’un cloître en Poitou, entra en correspondance avec Calvin, en 1549, avec le projet d’abandonner le cloître et de professer la foi évangélique ; projet qu’elle accomplit en 1557 avec huit de ses nonnes, n’en laissant qu’une dans le couvent (3). Les Chastaignier qui émigrèrent à la Caroline du Sud descendaient d’une branche de cette famille établie à La Rochelle, et dont trois des membres remplirent la charge de maire de la ville (4).

1) Filleau, I, 612.

2) France protestante, ibid.

(3) Lièvre, Histoire des protestants et des églises réformées du Poilou, I, 49.

(4) Filleau, op. cit., I, p. 623.

La « liste des François et Suisses refugiez en Caroline qui » souhaittent d'être naturalizés Anglois » vers l’an 169$, contient les noms suivants : « Paul Bruneau de Revidoux, Ecuyer, fils de défunt Arnaud Bruneau de la Chabossière, Ecuyer et de — de la Chabossière, natif de la Rochelle, province d'Onis. Henry Bruneau, fils de défunt Henry de Bruneau de la Chabossière, Ecuyer et de Marie de la Chabossière, né à la Rochelle, province d'Onis. Henry Auguste Chatagner, Ecuyer, Alexandre Thésée Chatagner, fils de défunt Roch Chatagner, Ecuyer, et de Jeanne de Chatagner, nez à la Rochelle, province d'Onis. Elizabeth Chatagner, femme du susdit Mesendre Thésée Chatagner, fille de Pierre Buretel et d'Elizabeth Buretel. Alexandre Chatagner, Elizabeth Madeleine Chatagner, enfans des susdits, nez en Caroline. (Habitants de Gite) »

Paul et Henry Bruneau et Henry Augustus Chastaigner de Cramahé avaient déjà obtenu en Angleterre des lettres de naturalisation, ) 20 mars 1686 et le 15 avril 1687 (Agnew, op. cit., III, PP: 41, 42).

Arneau Bruneau, le père de Paul et d'Henry, vint probablement

David et Elie Papin appartenaient à une ancienne famille huguenote de La Rochelle. Un des membres de cette famille était diacre en 1561 : un autre était ministre de l’église en 1612 (1); et plus récemment, « le sieur Papin » (sans que l’on sache si c’est David ou Elie), avait officié comme lecteur public dans les services du temple de la ville neuve (2). Tous deux devinrent des membres éminents de l'Eglise française de New-York.

Daniel Robert laissa La Rochelle, au moment de la révocation, pour se rendre à l’île de la Martinique avec sa femme Suzanne La Tour. Vers la fin du dix-septième siècle, il vint à New-York, où sa postérité a depuis habité. Il avait laissé en France des biens considérablés ; et on rapporte que, pendant plusieurs années après son arrivée en Amérique, il recevait de temps en temps une sommation légale de paraître à la porte de certaine église et de produire les raisons qu’il pourrait invoquer pour s'opposer à ce que certains bâtiments ou terrains

dans la Caroline avec ses enfants et y mourut peu après. On trouve dans le Secretary of State’s office , Charlesion, un contrat passé à Londres le 25 février 1686, entre Arnold Bruneau, seineur de Chaboissière, et Paul Bruneau, seigneur de Ruedoux Rivedoux|, d’une part, et Josias Marylan, seigneur de la Forcet, d’autre part, ou construction d’un moulin dans la Caroline du sud, ledit moulin devant être élevé sur le terrain de l’une des ee sans préjudice pour les intérêts de l’autre. (George Howe,

D., History of the Presbyterian Church in South Carolina, vol [, p. 101.

(1) F. S. Callot, La Rochelle protestante. La Rochelle, 1863,

F0 « Le Sr Papin, ci-devant lecteur au prêche, » habitant de la paroisse Saint-Sauveur, à La Rochelle, s'enfuit en 1681, avec sa femme et quatre petits enfants, laissant une maison dans la ville, et se réfugia dans l’île de Guernesey. (Liste des familles de la R. P. R., etc. Archives nationales TT, n° 259). David Papin, marchand, est mentionné parmi les fugitifs de La Rochelle, 4 octobre 168. (L. Delmas, L'Eglise réformée de la Rochelle, étude historique, p. 394. Toulouse, 1870). Archives de la Charente-Inférieure, série C.

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qu’il possédait à La Rochelle ou dans son voisinage ne fussent pas confisqués au profit du roi, ou donnés à d'autres membres de la famille Robert demeurés dans cette ville. Feu Cristopher R. Robert, de New-York, connu pour ses magnifiques libéralités, et particulièrement pour la fondation du « Robert College » à Constantinople, descendait de ce réfugié à la quatrième génération.

Il y avait encore dans le prêche protestant de La Rochelle, avant la révocation, d’autres fidèles, dont les noms sont devenus familiers aux Etats-Unis d'Amérique. Il sera bon d'en faire mention ici en passant, réservant les renseignements plus circonstanciés pour les chapitres de cet ouvrage qui se rapporteront aux lieux où les émigrants rochelais en Amérique s’établirent définitivement.

Parmi les fugitifs de La Rochelle qui vinrent au Massachusetts étaient Louis Allaire (1), Pierre Baudouin, Gabriel Bernon, François Bureau, Gabriel et Jacques Depont (2), André et Benjamin Faneuil, Henri Guionneau, Jacob Peloquin et André Sigourney. Un plus grand nombre s’établirent dans la province de New-York. Les personnes suivantes se fixèrent dans la ville même de New-York : Jean Auboyneau (3), Daniel

(1) Fils de Jean Allaire et de Jeanne Bernon, de La Rochelle (Généalogie Allaire).

(2) Neveux de Gabriel Bernon, dont la sœur Suzanne avait épousé Paul de Pont, de La Rochelle {Papiers et généalogie Bernon).

(3) Nom d’une famille de La Rochelle qui fut des premières à embrasser les principes de la Réforme (France protestante, I, 553). Louis , marié en 1573, eut un fils, Louis, pasteur de diverses églises , et entre autres de celle de La Rochelle (1607-1610). II mourut en 1668, laissant plusieurs fils, dont l’un, Pierre, eut un fils Pierre, né en 1672 et un autre fils, Jean, né en 1674 ({bid.) Jean Auboyneau était à New-York en 1697.

Bernardeau (1), Marie Billard, veuve d'Etienne Jamain (2), Jeanne Boisselet, femme de Jean Carouge (3), Pierre et Samuel Bourdet (4), Pierre Chaigneau (5), Jean et Josué David, Benjamin d'Harriette (6), Etienne Doucinet (7), Auguste et Marie Grasset (8), Marie-

(1) Famille rochelaise, Daniel Bernardeau et Marie Monier, sa femme, étaient à New-York en 1701.

(2) « Marie Billard, veufue d'Estienne Jamain de la Rochelle, » mourut à New-York le $ mai 1689.

(3) Etat des biens trouvés dans la maison de John Carrouge, décédé le $ avril 1689 (Testaments, a re office, New-York, n° 14, pp. 167-168), « Enterrement, 6 avril 1689, de Jeanne Boisselet, femme du sieur Carrouge , native de laroll' [La Rochelle} en le royaume de France » (Registres de l'église réformée française de New-York).

(4) Pierre et Samuel Bourdet étaient membres de l'église française de New-York dès l'année 1689; Samuel était alors époux de Judith Piaud, de La Rochelle (Voir plus bas) Comp. Estienne Bourdet, l'un des fugitifs de La Rochelle en 1685.

(5) Pierre Chaigneau {liste des religionnaires fugitifs de La Rochelle dont les biens ont été saisis en 1684-1688 ; cité par Delmas, LEglise réformée de la Rochelle, p. 395). Peter Chaigneau, naturalisé en Angleterre le 21 mars 1688 (Agnew, LIT, 49). Il fut fait bourgeois de la ville de New-York le 29 mai 1691, « Pieter Chaigneaig , van Rochel, » épousa Aeltje Smit, dans l'église hollandaise de New-York, le 13 mai 1693.

(6) Famille de fervents protestants rochelais (France proleslante, 1, p. 724). Benjamin d'Harriette était fils de Susanne Papin par son premier mari, Benjamin d'Harriette, de La Rochelle. Elle épousa à Londres le 9 novembre 1686, Elie Boudinot, veuf. (Liste des mariages de l'église françoise de la Savoye) avec lequel elle vint à New-York accompagnée de son fils, qui fut fait bourgeois de la ville en 1700.

(7) « Le nommé Doucinet » et sa femme, de la paroisse Saint- Sauveur, à La Rochelle, s'enfuirent en Angleterre en 1682 (Liste des familles de la R. P. R. Archives nalionales TT., n° 259). Stephen Doussiner, Susan sa femme, Mary et Marianne ses enfants, furent naturalisés en Angleterre, le 8 mars 1682. (Agnew, IT, 31. Is étaient à New-York le 4 novembre 1688,

(8) Augustus et Mary Grasset, naturalisés en Angleterre Île 8 mars 1682, vinrent dès 1689 à New-York, où Grasset devint un des principaux négociants et fonctionnaire du gouvernement. I] fut un des « chefs de famille » de l'Eglise française. Il fut tué dans l'insurrection nègre, le 7 avril 1712. Marianne Grasset, « van Rochel » fut mariée à l'église hollandaise de New-York, le 30 avril 1692, avec Henri de Money, « met attestatie van de Fransche Kercke. »

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Anne Guichard (1), René Het (2), Guillaume Huertin (3), François Hulin (4), Auguste Lucas, Auguste Jay, Gabriel Le Boiteux (5), Etienne Jamain (6), François Louraux (7), Jacques Merie (8), Paul Mer-

(1) Marie Guichard et sa sœur, de la paroisse Saint-Barthélemy , à La Rochelle, s'enfuirent en 1684 en Angleterre (Arch. nat. Tr.). Marie-Anne Guichard, église française de New-York, 6 mars 1706.

(2) Fils de Josué et de Sarah Het, de La Rochelle, [l était négociant à New-York et agent dans cette ville, avec André Fresneau, de la Compagnie royale des Indes occidentales de France. Docteur E. B. O'Callaghan, dans le Historical Magaz ne, nouvelle série, vol. IV, p. 266.

(3) « Guilleaume Huertin, maistre de navire, demeurant à pre- » sant en cette ville, et cy-devant à la Rochelle, » fut marié à Bristol, Angleterre, par M. Descairac , le 2 janvier 1698, avec Elisabeth Bertrand, veuve de Jean Bertrand, marin. Il était fils du « sieur Guilleaume Huertin, de la Rochelle, maistre de navire » du roy, décédé eu ung voiage des Indes, » et de Suzanne Croiset son épouse (Registres de l'Eglise française protestante épiscopale de Bristol; Registres non paroissiaux, etc. Eglises étranve Somerset House, Londres). Guillaume Huertin vint à

ew-York avec son fils Guillaume, né à Bristol le 12 novembre 1699. et y mourut en 1718.

(4) François Huslin et sa femme, de la paroisse Saint- Barthélemy, de La Rochelle, s'enfuirent en Angleterre en 1683 (Arch. nat. Tr.). Il y fut naturalisé le 2 juillet 1684, et devint bourgeois de la ville de New-York le 29 mai 1691. Sa femme Elisabeth mourut le 23 décembre 1694. Lui-même mourut en septembre 1702.

(5) Gabriel Le Boiteux, naturalisé le $ janvier 1688, bourgeois de la ville de New-York le 3 août de la même année, était peutêtre frère de Paul et de Pierre Le Boiteux, fugitifs de La Rochelle, dont les biens furent saisis le 4 février 168$, et qui s'établirent comme négociants à Amsterdam. Gabriel devint un des plus grands négociants de New-York et fut un des premiers anciens de l'Eglise française (en 1688).

(6) Etienne, Arnaud, Nicolas, et peut-être Elie, fils d’Etienne Jamain, marchand de La Rochelle, étaient de bonne heure à New- York. Etienne était haut-constable en 170$; Elie en 1710. Nicolas était en 1704, l’un des « chefs de famille » de l'Eglise française,

(7) « François Louraux, natif de La Rochelle, décédé le 22 juin 1689, » fut enterré dans le cimetière de l’église française à New-York.

(8) Jacques Merie, ou De Maree, « van Rochel, » fut marié le 27 novembre 1692, à l'église hollandaise de New-York, avec Cornelia Ross, veuve de Elias Provoost.

240 Histoire des réfugiés huguenols en Amérique.

lin (1), Pierre Morin (ancêtre de John Morin Scott) (2), Elie Nezereau (3), David et Elie Papin, Etienne Perdriau (4), Gédéon, fils d'Alexandre Petit (5); Jeanne Piaud, veuve de Siméon Soumain, Judith Piaud, épouse de Samuel Bourdet (6), Daniel Robert et Jean Sevenhoven (7).

Les colons de New-Rochelle, dans le comté de Westchester (New-York), étaient probablement en

(1) Paul Merlin, né à La Rochelle, fut naturalisé à New-York le 27 septembre 1687. Il était probablement petit-fils du pasteur Jacques Merlin. (Trad.) |

(2) « Pierre Morin, natif de La Rochelle, France, fils de Pierre » Morin , marchand audit lieu, » épousa Marie Jamain le 12 juin 1692, dans l'église française de New-York. Il avait été naturalisé en Angleterre, le 10 octobre 1688, avec sa première femme Françoise , et fait citoyen de New-York le 11 juin 1691. [ls eurent trois fils et quatre filles baptisés dans l’église française.

(3) Né à La Rochelle [1639]; mort à New-York le 28 mars 1719, à l'âge de quatre-vingts ans (Inscription sur son tombeau dans le cimetière de la Trinité, à New-York). Il fut naturalisé en Angleterre le 20 mars 1686 et traversa l'Océan sur le navire Robert avec le pasteur Peiret, en octobre 1687. Il fut fait citoyen de New-York le $ décembre 1687. Il trafiqua dans les Indes occidentales et laissa par testament cinquante livres aux anciens de la congrégation protestante réformée française de New-York, pour le soulagement des pauvres. Un testament antérieur mentionnait ses neveux Jacques, Martin et Louis, son cousin Elias Nezereau, et sa nièce décédée, Jane Barbauld, de Londres.

(4) Daniel Perdriau, de La Rochelle, était réfugié à Cork, en Irlande, en 1695 (Registre du temple de Soho, Somerset House, Londres). Etienne, Elisabeth et Marie Perdriau étaient membres de l'Eglise française de New-York , 1689-1699. Stephen, marin, fut fait citoyen en 1702.

(s) Testament homologué à New-York le 20 mars 1688.

(6) « La veuve Piaud, ses 3 filles et un neveu, de la paroisse de Saint-Sauveur, à La Rochelle, » s’enfuirent en Angleterre en 1681 (Arch. nat. TT.). Jeanne , probablement une des filles, était mariée à Siméon Soumain avant de venir en Amérique; leur fils Simon fut baptisé à l'église française de Threadneedle Street à Londres, le 10 juin 168$. Judith, probablement une autre fille, était mariée à Samuel Bourdet,

(7) Jean Sevenhoven, « van Rochel, » fut marié à Marie Lescuye [L’Escuier] dans l’église hollandaise de New-York, le 22 sentembre 1693.

La Révocalion. — Aunis. 241

yrande majorité rochelais. Le principal membre de la colonie était Alexandre Allaire, dont mention a déjà cté faite. Il avait pour compagnons Louis Bonneau (1), Jean Bouteiller (2), Jacques Flandreau (3), Daniel Gombaud (4), Jean Hastier ($), Barthélemy et Isaac Mercier (6), Daniel Rayneau (7), Ambroise Si-

(1) Famille rochelaise (France protestante). Il n'est pas prouvé que Louis fût parent d'Antoine, de La Rochelle, qui passa dans la Caroline du Sud (voir plus loin). Mais le nom de baptème, Louis, était très usité dans la famille restée en France (Callot, La Rochelle proleslante, p. 105).

(2) Né à « Rochell » (Acte de naturalisation, New-York, 27 septembre 1687), Bouteiller fut un des fondateurs de l'établissement de New-Rochelle ; mais il partit de là pour l'ile de Saint- Christophe, en septembre 1690, et y mourut l'année suivante, laissant les terres qu'il possédait dans la colonie à sa filleule Jeanne, fille d'Alexandre Allaire (Registres de la ville de New- Rochelle).

(3) Jacque Flandreaux, de La Rochelle, épousa à Londres, le 15 décembre 169$, « Madeleine Mesnard, de la ville de Saintes (Registre des baptèmes et mariages dans l’église de Glass House Street et de Leicesterfields. Somerset House). Il était à New-Rochelle en 1698.

(4) Daniel Gombaud, né à « Rochell » (Acte de naturalisation, New-York, 27 septembre 1687). Il s'établit à New-Rochelle avant 1693. Comme son homonyme, peut-être son parent, Moïse Gombeau (voir plus haut, page 190, note), il avait résidé à la Guadeloupe avant de venir en Amérique. Il fut accompagné à New-York par Agnès Constance Le Brun, née à la Guadeloupe, qui plus tard devint la seconde femme de Gabriel Le Boiteux.

(5) John Hastier, né à « Rochell » (Acte de naturalisation). Lui, ou un autre Jean Hastier, avait résidé dans l'ile de Saint- Christophe. Il fut l'un des premiers colons de New-Rochelle, mais se rendit à New-York en 1694 ou 169$, et fut fait citoyen de cette ville le 26 août 1695. Il mourut vers 1698.

(6) Isaac Mercier, né à « Rochell, » fut naturalisé à New- York le 27 septembre 1687. Il avait reçu les petites lettres de naturalisation l'année précédente, le 3 septembre 1686 (Acte de naturalisation). [1 devint membre important de la colonie de New- Rochelle. Barthélemy, peut-être son frère, arriva dans la province deux ans plus tôt, venant de Boston « pour s'établir dans la ville de New-York. »

(7) Daniel Rayneau, ancêtre de la famille Renaud d'Amérique, tait, croit-on, émigré de La Rocheile (History of Weslchester County, N.-Y., par le Rev. Robert Bolion. Edition revue, t. 11, p. 757). Il se rendit d’abord à Bristol, en Angleterre. Une Bible

242 Histoire des réfugiés huguenots en Amérique. card (1), André et Peter Thauvet (2), Jacob Theroulde (3).

Parmi les émigrants établis dans le comté d’Ulster (New-York), Jean et Etienne Gascherie (4) et Jean Thévenin étaient de La Rochelle. Plusieurs membres de la famille huguenote de L'Hommedieu s’enfuirent de La Rochelle après la révocation. Pierre et Osée, ou Hosea, étaient fils de Pierre L'Hommedieu et de Marthe Peron son épouse. Le mari mourut avant l’année 1085. Marthe accompagna ses enfants en Angleterre, et vint en Amérique avec Pierre, qui s'établit à Kings-

que possède un de ses descendants porte cette mention : « Mémoire du jour que nous avons parti de Bristol, ce fut le sixième d'avril 1693. »

(1) Ambroise Sicard était un réfugié de La Rochelle (History of Westchester County, IT, 758), qui vint en Amérique avec ses trois fils, Ambroise, Daniel et Jacques. Les registres de l'église française de New-York commencent par l'inscription du baptème de Madeleine, fille d'Ambroise Sicard [junior] et de Jeanne Perron son épouse, le 24 novembre 1688. Les Sicard s’établirent à New- Rochelle dès l’année 1692.

(2) Andrew Thauvet , né à La Rochelle, fut naturalisé à New- York le 27 septembre 1687 (Acte de naiuralisation). Il fut des

remiers qui achetèrent des terres à New-Rochelle, le 12 novem- Pr 1688, Il en acheta encore mille arpents avec Peter Thauvet le 31 mai 1690. Il fut nommé juge de paix le 14 décembre 1680. Peter Thauvet, marchand, fut fait citoyen de la ville de New-York le 24 juin 1701. [l épousa le 29 mai 1700 Suzanne Vergereau, et mourut en 1704.

(3) « Jacob Theroulde, né à Rochell, Sarah sa femme, Marianne et Dorothy leurs filles, nées dans l’île de Saint-Christophe, » furent naturalisés à New-York le 27 septembre 1687 (Acte de natural.). Theroulde avait obtenu les petites lettres de naturalisation à New-York, avec liberté de négocier ou trafiquer, l’année précédente, le 14 juin 1686. Il acheta des terres à New-York dès 1690 ; mais en 1701, il les vendit et retourna à Saint-Christophe. Sa femme Sarah était fille de Gérard et d’Allette Douw, de cette île.

(4) Plusieurs personnes de ce nom sont mentionnées parmi les fugitifs de La Rochelle. John et Stephen, fils de Judith Gascherie, furent naturalisés en Angleterre le 1$ avril 1687, et vinrent à Kingston (N.-Y.), dès l’année 1696.

La Révocation. — Aunis. 243

ton, Ulster-County (New-York) (1). Benjamin et John L'Homimedieu, « born at Rochell, » furent naturalisés à New-York le 27 septembre 1687. Benjamin avait obtenu les petites lettres de naturalisation quelques mois auparavant. Il s'établit à l'extrémité orientale de Long- {sland, dans le village de Southold, et épousa la fille de Nathanael Silvester, de Shelter-Island (2). Plusieurs des colons de Staten-Island étaient natifs de La Rochelle. Entre autres Etienne Mahault (qui avait habité quelque temps à Saint-Christophe et qui mourut à Staten-Island en 1703); Pierre et Moïse Chaillé (3),

(1) Marthe Péron, veuve de Pierre L'Hommedieu, 29 septembre 168$. Osée L'Hommedieu ; 4 février 168$ (Liste des religionnaires fugitifs de La Rochelle dont les biens ont été saisis ; 168$- 1688). Osée, orfèvre, fils de Pierre et Marthe L'Hommedieu, était à Londres en 1702. Le testament de Pieter L'Hommedieu, auparavant de Kingstown, Ulster County (New-York), signé 10 février 1691-2, et homologué le 30 mars 1692, mentionne sa mère Martha (Testaments, Surrogate’s office, New-York, n° IV, Fi 181). 11 laisse des biens en garde « jusqu’à ce que M. Auguste

ea [Jay] revienne. » Auguste Jay, son associé, était alors en France.

(2) Hosea L’Hommedieu s'enfuit de La Rochelle plusieurs mois avant la fuite de son frère Pierre et de leur mère Marthe. Il fut peut-être accompagné de Benjamin et de Jean, qui peuvent avoir été ses frères. La tradition intéressante qui a cours parmi les descendants de Benjamin Lhommedieu concorde parfaitement avec ces faits. « Benjamin et un de ses frères quittèrent la France ensemble. Leur mère, veuve, alla avec eux jusqu'à la côte de La Rochelle et confia à l’un comme cadeau d’adieu une Bible, et à l’autre une montre d'argent. Ils s'enfuirent en Hollande, et de là vinrent en Amérique. La montre est maintenant aux mains du professeur Eben Norton Horsford, de Harvard University » (Communiqué par le Rév. A. S. Gardiner, descendant de Benjamin Lhommedieu).

Un monument a été récemment érigé en mémoire de Nathanael Sylvester sur Shelter Island , par les filles du professeur Horsford, descendants de Benjamin Lhommedieu et de Patience Sylvester son épouse. |

(3) Ce nom apparaît parmi les « persécutés en Aunis » en 1681, sous l’intendant Demrin (Benoist, V, 1021). La France prolestante mentionne la famille de Challais, de La Rochelle, en 1679. La tradition de la famille Chaïllé en Amérique est que Pierre

du Maryland, Antoine Duché (1), de Pensylvanie, Antoine Pintard (2), de New-Jersey, Jean L’O-

Chaillé s'échappa de La Rochelle sur un navire anglais, et se réfugia en Angleterre (où il fut naturalisé le 9 septembre 1698), qu'il fut l'organe choisi par ses compagnons de refuge pour refuser un message que Louis XIV leur adressa, les invitant à rentrer en France; qu'il entra dans la marine anglaise ; qu'il épousa en Angleterre une dame d'origine huguenote, nommée Margaret Brown, et qu'il se rendit ensuite en Amérique, s'établissant d’abord à Boston. Son fils, Moses Chaïllé, habitait dès 1710 dans le Maryland, où on peut encore à présent trouver de ses descendants (Communiqué par le professeur Stanford E. Chaillé, M. D., de l’université de Louisiane).

p) « Jacques Duché, paroisse de Saint-Sauveur, La Rochelle, » s'enfuit en Angleterre en 1682, avec sa femme et huit enfants et son gen(re, [l avait une maison dans la ville (Arch. nat.). Il fut naturalist en Angleterre le 8 mars 1682 , avec sa femme Mary et ses fils Arnold et Anthony.

(2) D'a: rès la tradition de la famille, Antoine Pintard venait de La Rochelle. Sa pétition pour obtenir la naturalisation, adressée en 1691 au gouverneur et au conseil de New-York, « montre

ue, natif du royaume de France, il avait été obligé, par la sévérité de son prince envers ceux des Eglises réformées, de quitter ce royaume. » Depuis ce temps, c’est-à-dire pendant quatre ans, il avait habité le gouvernement de New-York (Historical manuscripts au bureau du secrétaire d'Etat, Albany (N.-Y.), vol. XX XVII, p. 80). Pintard s'établit d'abord à at (New-Jersey), alors compris dans la juridiction de la province de New-York, Là sa maison prit feu, et il perdit tout ce qu’il possédait. Il s’en alla da. la ville de New-York, et recommença la vie comme marchand. Il fut ancien de l’église française de New-York, et, en 1729, résigna « à cause de son grand âge, » ses fonctions de « receveur des deniers des pauvres, » qu’il avait exercées jusque-là. Il mourut vers 1732 (Testament d’Anthony Pintard senior, précédemment de Shrewsbury , mais maintenant de la ville de New-York : daté du 4 février 1729, homologué le 1r mai 1732. Secrétariat du State’s office, Trenton, New-Jersey).

Anthony Pintard laissa trois fils : Anthony, John et Samuel; et six filles : Magdala, Catharine, Margaret, Isabella, Florinda.et Anna Frances. Magdala épousa ‘ames Hutchins (Le 30 juin 1728, jour de l’Ascension, Jacques, fils de Jacques et de Magd. Hutchins, né à Shrewsbury (New-Jersey), en 1727, fut baptisé dans l’église française de New-York). Catharine épousa d'abord John Searle et en secondes noces le Rev. Robert Jenney. Margaret épousa Joseph Leonard; Isabella, Isaac van Dam; Florinda, George Spencer ; Anna Frances, Moses Gombaud (voir plus haut, p. 190).

L'autorisation de mariage d’Anthony Pintard (junior ?) et de

La Révocation. — Aunis. 245

range (1), et George de Rochelle (2), dont les descendants s’établirent en Virginie ; tandis que parmi les huguenots de la Caroline du Sud, Jeanne Berchaud (3), épouse de Jean Boyd; Antoine Bonneau (4), Henri et Paul Bruneau, Pierre Buretel ($), Alexandre et Henri

Katharine Staleboth, de Neversink dans East-Jersey, est datée du 4 mai 1692 (Testaments, Surrogale's office, New-York, n° IV,

. 184). | ; (1) La veuve du sieur Lorange, de la paroisse de Saint-Sauveur, La Rochelle, s'enfuit en Angleterre en 1682, laissant quelque bien en Poitou (Arch. nat.). La veuve Lorange et Jean Vilas L'Orange habitaient à Manakinhown (Virginie) en 1701 ; ils y étaient encore en 1714.

(2) George de Rochelle, de La Rochelle ou de ses environs, s'enfuit sous le règne de Louis XIV aux Provinces-Unies, et de là vint en Amérique (Tradition). George Rupell était dans la Caroline du Sud vers le commencement du dix-huitième siècle. Un fils ou petit-fils de ce dernier alla se fixer à Albemarle (Virginie). On trouve encore des descendants de cet émigrant dans plusieurs Etats du Sud.

(3) Jeanne, femme de Jean Boyd , fille d’Elie Berchaud, de La Rochelle, habitait à Santee, 1696 (Liste des François et Suisses réfugiez en Caroline, qui souhaittent d’être naturalizés Anglais).

(4) Antoine Bonnaud, tonnelier, et sa femme, de la paroisse de Saint-Barthélemy, La Rochelle, s'enfuirent en 168$. Antoine Bonneau, né à La Rochelle, fils de Jean Bonneau et de Catherine Roi, et Catherine du Bliss, sa femme, demandèrent, en 1696, à être naturalisés avec Antoine et Jean-Henri, leurs enfants nés en France. Jacob, leur fils né en Caroline (Liste des François réfugiez en Caroline, etc.), Anthony Bonneau senior, tonnelier, obtint des seigneurs , propriétaires de la Caroline du Sud, «le droit de bourgeoisie de cette partie de la province, » le 10 mars 1697. (Acte octroyant aux étrangers la bourgeoisie dans cette partie de la province, et accordant la liberté de conscience à tous les protestants, Laws of South Carolina, par Trott, p. 61).

(s) Charles Burtel, fugitif du département de La Rochelle Arch. nat.). Ses biens furent saisis le 4 mai 1688. Le sieur Pierre Burtel, sa femme et sa fille, s'enfuirent en Hollande en 1684 (Arch. nat.). Il fut naturalisé en Angleterre le 14 avril 1687. Pierre Buretel , né à La Rochelle, fils de Charles Buretel et de Sara Bouhier. Elisabeth Chiutrier, sa femme (Liste des François et Suisses réfugiez en Caroline, etc.). Peter Buretel, chirurgien, obtint le droit de bourgeoisie à New-York, le 11 juin 1708. Marie Chintrier, veuve de Saviott Broussard, alias Deschamps, qui obtint les petites lettres de naturalisation le 12 mars 1696, et

Chasteignier, Jérémie Cothonneau (1), César Mauzé (2), Henri Peronneau(3)et Pierre Videaul (4) venaient aussi de La Rochelle.

A peu de distance de la ville, et aussi dans le territoire d’Aunis, se trouvaient quelques petites localités habitées par des familles qui s'enfuirent plus tard en Amérique. A cinq lieues au nord-est était la ville de Marans, fameuse lors des guerres de la Ligue. Complètement entourée d’eau ou de marais-salants, elle formait une île pittoresque, accessible du sud-est seulement par une chaussée. Pris par les forces du duc de Guise en 1588, Marans fut repris par Henri de Navarre, après la bataille de Coutras. Lorsque l’armée huguenote fut sur le point de s’avancer pour donner l'assaut à cette place, les troupes s’agenouillèrent, suivant leur coutume, pour la prière. Les soldats catholiques voyant cette action,

Françoise Chentrier, veuve d'André Stuckey, 1707, étaient peutêtre de la même famille que la femme de Buretel (Patentes, Albany, N.-Y., vol. VIT, p. 9. Registres de l’église française de New-York).

(1) « Jérémie Cothonneau, né à La Rochelle, fils de Germain » Cothonneau et d’Elizabeth Nombret; Marie Billon, sa femme, » Germain, Pierre, leurs enfans, nez à la Rochelle, Ester Marthe, » leur fille, née en Caroline » (Liste des François et Suisses réfugiez en Caroline, etc.).

(2) Elie Mauzé, 1682, et la veuve Mauzé, 1684, s'enfuirent tous deux de La Rochelle en Angleterre (Arch. nat.), où Elias fut naturalisé l’année même de son arrivée, et Cæsar Mozé le 15 avril 1687. Cæsar Mozé était la même année dans la Caroline du Sud.

(3) Henri Peronneau, né à La Rochelle, fils de Samuel Peronneau et de Jeanne Collin (Liste des François et Suisses réfugiez en Caroline, etc.).

(4) Pierre Videaul, « né à La Rochelle, fils de Pierre Videaul » et de Magdeleine Burgaud, » était au nombre des habitants de Santee qui demandèrent, vers l’année 1696, à être naturalisés; avec sa femme Jeanne-Elisabeth et leur fille Jeanne-Elisabeth, née à Londres, et leurs autres enfants Pierre-Nicholas, Marianne, Marthe Ester, Judith, Jeanne et Madelaine , nés dans la Caroline (Liste des François et Suisses réfugiez en Caroline, etc.).

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