‹ Histoire des réfugiés huguenots en Amérique [microforme]Chapitre 23 sur 79 · FESSES SES Y TS · texte numérisé non relu

FESSES SES Y TS

ar mariage a quoy je les aportionne chascun et herittiers les es ungs des autres et comme Elie Boudinot mon fils est de mon premier mariage quy depuis quelque temps cest marié et en consideration de son dit mariage je lui ay donne trois cent livres argent courant de ce lieu partye en faveur comme herritier de deffunte Janice Barand ma femme sa mere pour sa, portion quy luy venoit de reste des effects quil avoit plut a Dieu me faire la grace de retirer de France et comme aprez ma mort mon dit fils Elie demanderoit a venir a partager tant avecq la ditte Suzanne ma femme quavecq ses autres freres et sœurs de mon dit present mariage dans tous les effets qui je peus laisser pour eviter tous troubles embaras ou contestation qui pouroit survenir dans le dit partage je veux et ordonne que la ditte Suzanne ma femme , paye trois mois apres mon deceds a mon dit fils Elie Boudinot la somme de cent cinquante livres argent de ce lieu ayant cours et ce pour touttes succession et pretention de tous les meubles marchandize argent debtes et autres effects generallement quy se trouveront a moy apartenir et apres la ditte somme de cent cinquante livres payée mon dit fils ne poura faire aucune demande a la ditte Suzanne ma femme ny a ses freres et sœurs soubs queue pretexte de succession que ce soitt. — Et comme j'ay laissé du bien en France et autres effets suivant les contracts obligation promesse et billets et par mes livres de conte le tout laissé entre les mains de deffunt mon nepveur Jean Boudinot marchant à Marenes avecq ma procuration generalle pour agir pour moy et pour retirer de mes effets ce qu'il pouroit en cas de quelque Remise le tout sera partagé par mes dits enfans du premier et segond lit par egalle portions et sil piton a Dieu Comme je len prie de tout mon cœur de restablir en France la liberté de nostre sainte religion et que mes dits enfans y retournasse ils partageront entreux tous les biens meubles et immeubles quy se trouveront a moy apartenir et ce par egalle portion. Ce sont là mes derniere vollontés et Intention, voullant et entandant quelle sortes leurs plain et entier effet, et pour plus forte execution diceile j'ay nommé pour executeur et administrateur et pour faire valloir mor dit present testament monsieur Paul Drouilhet mon bon amy marchant en ce lieu lequel je prie daccepter cette commission comme len jugant tres digne et capable et de le faire executeur en tous ses points contre tous et envers tous revoquant par ce mien dit present Testament tous ceus quy se pouront trouver cy devant faits par moy en foy de quoi jay escrit ce present signé de ma main cellé de mon cachet en presence des tesmoings sousignés à New-York, le quatorziesme novembre mil cept cent. Eslie Boudinot. Tesmoins : Gabriel Broussard, Henry Pichot. » Homologué,

26 octobre 1702. Registre des testamenis, VII, p. 35-36.

« Contraint d'abandonner son pays pour éviter la persécution continuelle à laquelle il était exposé par sa profession de l'Evangile , » Boudinot vint en Amérique, où ses descendants se sont fait remarquer par leur fidélité aux mêmes principes et leur zèle pour les répandre.

Benon et Mauzé, villages situés à l'est de La Rochelle (1), furent le berceau de trois familles, huguenotes transplantées à New-York.

Mauzé était la patrie de Louis Guion (2) et de Pierre Elisée Gallaudet (3), réfugiés d'abord à New-York,

(1) Benon, à vingt-cinq kilomètres de La Rochelle, est maintenant un village de mille habitants, Mauzé , avec dix-huit cents habitants, est à onze kilomètres plus à l’est.

(2) Louis Guion, de Mozé (Mauzé) en Aunis, et Marie Morin, son épouse, présentèrent leur fils Louis, né le 21 août 1694, pour le faire baptiser dans l'Eglise française de Glasshouse Street, à Londres (Registre, etc., dans le « Registrar general, » Somerset House). Louis Guion, qui acheta des terres à New-Rochelle en 1690, était sans doute de la même famille, La tradition de famille le donne comme venant de La Rochelle, et son fils Louis, âgé de douze ans en 1698 (recensement de New- Rochelle), comme né en mer.

) Un mémoire, en partie indéchiffrable , dans les mains de la famille Gallaudet, en Amérique, établit que « Peter Elisha Gallaudet » était « né à Mozé (Mauzé), pays d’Aunis, à sept lieues de la vieille Rochelle et à quatre de Niort en Poitou. Il avait en commun, avec sa sœur **, une propriété dans l'endroit appelé Punall (?) à Saint-Gelais, entre Niort et Surin. Le nom de son père était Joshua Gallaudet, né et élevé à Mozé, et le nom de sa mère, Margaret Prioleau, fille d’Elisha (Elisée) Prioleau, ministre d’Exoudun » (Communiqué par E. M. Gallaudet, LL.D.). :

Elisée Prioleau était fils d’'Elisée, ministre de Niort, 1639-1650. Il fut ministre d'Exoudun (Poitou), 1649-1663 (Lièvre, Hist, des prot. et des églises réf. du Poitou, IIT, 288, 306). Samuel, fils puîné du pasteur de Niort, fut ministre de Pons en ais de 1650 à 1683. Il fut remplacé dans cette charge par son fils, Elie Prioleau, qui vint après la révocation, avec quelques membres de son troupeau, à Éhartestén (Caroline du Sud).

Le docteur Pierre-Elisée Gallaudet résidait à New-Rochelle (N.-Y.)dès l’année 1711. Plusieurs de ses descendants ont illustré ce nom par leurs services philanthropiques distingués, particulièrement en favorisant l’amélioration de la condition des sourds-

puis à New-Rochelle, et Benon celle de Pierre Vergereau et de son frère Jean (1).

Sur la côte d'Aunis, presque en face de La Rochelle, est l'île de Ré, île qui rivalise avec cette ville par ses titres à l'attention des Américains de descendance huguenote : car ce fut le lieu de naissance ou le lieu de refuge d’une grande partie des familles qui se rendirent ensuite dans le nouveau monde. Ses villes principales sont Saint-Martin, La Flotte et Ars. De même que la côte du continent, dont il n’est séparé que par le bras étroit du Pertuis, le pays est bas et sablonneux, et couvert de marais, qui fournissent en abondance le sel marin et occupent une grande partie des habitants. Au moment de la révocation, la population de l’île de Ré était presque toute protestante.

Les pêcheurs, les marins et les sauniers de cette région avaient été des premiers à se convertir à la foi évangélique, un siècle et demi auparavant. Leur isolement et leur obscurité les avaient préservés, en quelque mesure, d’être inquiétés au sujet de leurs croyances. Plus tard, de riches huguenots abandonnant leurs de-

muets. Le Rév. Thomas Hopkins Gallaudet, LL.D., fondateur de la première institution en Amérique pour l'instruction des sourdsmuets (né à Philadelphie le 10 ésnthes 1787, mort à Hartford (open) le 9 septembre 1851), était l'arrière-petit-fils de ‘émigré huguenot. Deux de ses fils, le Rév. Thomas Gallaudet, DD., recteur de l'église de Sainte-Anne pour les sourds-muets, dans la ville de New-York, et Edouard Miner Gzllzudet, Ph. D., LL.D., président et professeur de sciences morales et politiques au Collège national des sourds-muets (Washington), continuent la bonne œuvre à laquelle la mémoire de leur père est honorablement associée.

(1) « Jean Vergereau, natif de Benon en Aunis, » épousa Marie Mahault à l'église française de New-York, le 16 juin 1697. Pierre, oran son frère, était témoin à son ht 04 Son fils,

ierre, orfèvre, prenait une part considérable dans les affaires de l'église française, et était « ancien » en 1740, et encore longtemps après. Il épousa Susanne Boudinot.

La Révocation. — Aunis. 261

meures dans l’intérieur du pays, avaient cherché dans l'île une retraite où ils pouvaient espérer de n'être pas remarqués, et d'où, si cela devenait nécessaire, il leur serait facile de fuir vers des rives plus hospitalières. Ce fait explique la présence de quelques personnes qui étaient probablement venues des provinces voisines du Poitou, de la Saintonge et de l’Angoumois.

Parmi les protestants français qui vinrent à Boston, dans le Massachusetts, étaient Adam de Chezeau (1), Ezéchiel Carré, pasteur de la colonie de Narragansett (2), Pierre et Daniel Ayrault (3), qui l’accompagnaient, tous quatre natifs de l’île de Ré.

Nicolas Filoux (4) et Paul Collin (5) ancêtres de fa-

(1) De Chezeaux, famille originaire de l'île de Ré (Bulletin de la Société de l’histoire du or Sent françaus, vol. XXIV, pp. 477-526). Adam de Chezeau, marin, avec d’autres « forcés de quitter leur pays natal de France à cause de la religion protestante, pour laquelle ils ont été grandement persécutés et :ffligés, » présentèrent une pétition de naturalisation à la Cour générale du Massachusetts, en février 1731 (Massachusetts Archives, vol. XI, p. 488). A cette famille appartient l'infortuné conventionnel Cuire Dechezeaux, décapité à Rochefort le 28 nivôse an II. La Convention rendit ses biens à sa veuve le 29 germinal an 111, en proclamant l'innocence de Dechezeaux. Voir les pièces justificatives du mémoire présenté à la Convention nationale le 29 germinal an 111 par la citoyenne veuve Dechezeaux, P. 134 et suiv., et la notice due à la plume autorisée de M. Ernest Chatonet. (Trad.

(2) « Ezechiel Carreus, Retensis, » fut admis en 1670 à l'étude de la philosophie et de la théologie à l’Académie de Genève (Livre du recteur : Catalogue des étudiants de l'Académie de Genève, de 1559 à 1859. Genève , 1860, p. 158).

(3) Pierre Ayrault, fugitif de l'ile de Ré (Arch. nat. Tr., n° 259). Voyez plus loin.

(4) Nicolas Pierre Filoux s'enfuit de l’île de Ré en 1685. (Arch. nat.). « Nicolas Fillou, natif de l’île de Ré, en France, » mourut à New-York le 1° mars 1690 (Registres de l'église française de New-York). Pierre, peut-être fils de Nicolas, était à New- York en 1697; peut-être est-ce le fondateur de la famille Fillou ou Philo de Norwalk (Connecticut), qui passe pour être de descendance huguenote.

(s) Paul Collin et sa femme s'enfuirent en 1683 de l’île de

milles qui s’établirent dans le Connecticut, étaient également de cette île.

A New-York, Pierre et Abraham Jouneau (1), Ezéchiel Barbauld (2), Elie et Guillaume Cothoneau (3), Etienne Valleau (4), Marie Du Tay, épouse de Jean Coulon, et Jeanne Du Tay, épouse de Jacques Targé (5), René Rezeau (6), Jacques

Ré à Dublin (Arch. nal.), Paul Collin, l’un des colons de Narragansett, en 1686, était probablement, de même que Pierre, qui s'établit dans la Caroline du Sud, fils de Jean Collin et de Judith Vasleau, de l’île de Ré (Il était parrain au baptème d’un enfant de Pierre Valleau, à New-York, le 19 juillet 1721). Paul paraît s'être transporté à Milford (Connecticut), après la dispersion de la colonie de Narragansett, et était probablement le père de John Collin, né en 1706, ancètre de l’Hon. John F. Collin, de Hillsdale (N.-Y.)

(1} Peter Jouneau, né dans l’île de Ré, fut naturalisé à New- York le 27 septembre 1687. Abraham Jouneau était un des fugitifs de l'île de Ré (Arch. nat.). Il fut reçu bourgeois de la ville de New-York en 1701, et était ancien de l’église française en 1724. Philip Jouneau fut reçu bourgeois en 1702. Etait-il fils de Philippe Jouneau, pasteur à Barbezieux ( Angoumois) en 1682?

(2) Ezekiel Barbauld fut naturalisé à New-York le 21 septembre 1728, et reçu bourgeois de la ville la même année. Peut-être était-il fils d'Ezéchiel Barbauld, natif de Saint-Martin-de-Ré, et qui fut successivement pasteur de plusieurs des églises françaises de Londres.

(3) Elie Cottoneau , Guillaume Cottoneau, fugitifs de l'île de Ré (Arch. nat.), furent des premiers colons de New-Rochelle (N.-Y.) 1694.

(4) Estienne Vasleau, marchand, s'enfuit de l’île de Ré en Angleterre, en 1682 (Arch. nat). Estienne Vallos, Mary son épouse, Estienne junior et Arnaud, leurs fils; Sarah et Mar leurs filles, nés à l'île de Ré, furent naturalisés à New-York le 4, septembre 1687 (Acte). Etienne Valleau, probablement le fils, s'établit à Kingston, Ulster County (N.-Y.). Esaïe Valleau,

ui s'établit à New-Rochelle (N.-Y.), était probablement parent

"Etienne. Il était aussi de l'île de Ré (or nal.). Le nom existe encore dans la ville de New-York. Isaiah Valleau mourut dans cette ville le 26 décembre 187$, dans la maison de son fils, Henry Valleau, à l’âge de soixante-quatorze ans.

(s) Marie du Tay, de l'île de Ra, épousa Jean Coulon le 27 avril 1692, à l'Eglise française de New-York. Jeanne du Tayÿ, épouse de J. Targé. « Dutaies, » fugitif de l'île de Ré (Arch. nat.).

(6) René Rezeau, maçon, de l'ile de Ré, avec sa femme [Anne

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La Révocation. — Aunis. 253

Erouard (1), Elie Mestayer (2), Daniel Jouet et Marie Coursier son épouse (3), Jacques Bertonneau (4), Jean, François, Ester et Madeleine Vincent (5), Olivier

Coursier], s'enfuit, en 1685, « à la Caroline » (Arch. nat.). Ils résentèrent leur fille Ester au baptême, dans l'église française de

ew-York, le 1°° janvier 1689. Jacques Rezeau , de Saint-Martin-en-Ré, fut marié dans cette église , le 10 mars 1704, à Marie Contesse. René s'établit sur Staten-Island. Plusieurs des premiers colons de Staten-Island étaient aussi natifs de l'ile de Ré. Parmi ceux-ci étaient Jean Belleville, de Saint-Martin en-Ré, et peut-être François Martineau , — nom de l'ile de Ré, — qui devinrent membres de l’église hollandaise de New-York, le 28 juillet 1670 (Harlem, its origins and annals, par James Riker, p. 301). Jacques Guion, de Saint-Martin-en-Ré, qui reçut une concession de terres à Staten-Island en 1664 (ibid., p. 2o0)et Paul Regrenie, qui obtint une concession en 1674 (« Marie Rereny, de Saint-Martin en l’île de Ré, » registre des mariages dans Lsicustér Fields Chapel, Londres).

(1) Jacques Eroüard, de l’île de Ré, et Elisabeth Brigaud, son épouse ; et Marie Eroüard , de l’île de Ré, épouse de Jean Brigaud, étaient à Londres en 1695 et 1697 (Registres, etc. Somerset-House). Jacques Eroüard et Jeanne Jabouin, sa femme, présentèrent leurs enfants au baptême dans l'église française de New-York, 1755-1763. Charles Eroüard et Ester Coutant, son épouse, étaient membres de l’église française de New-Rochelle, 1759-1761. Le nom a été transformé en Heroy.

(2) François et Philippe Metayer, fugitifs de l'ile de Ré (Arch. nal.). François Mestayer, de l'ile de Ré, âgé de soixante et dixhuit ans, reçut une subvention du fonds de la « munificence royale » que Bounty, caisse de secours pour les réfugiés huguenots.

oyez chap. IX), à Londres en 170$. Elie Mestayer, parrain au baptème de l'enfant d'Abraham Jouneau, à l’église française de New-York, le 20 mars 1720.

(3) Daniel Jouet, fils de Daniel Jouet et d’Elisabeth Jouet, natif de l'île de Ré, et Marie Coursier, sa femme , fille de Jehan Coursier et de Anne Perrotau {Liste des François et Suisses réfugiez en Caroline, etc.). Leurs fils, Daniel et Pierre, étaient nés dans cette île. Une fille, Marie, était née à Plymouth (Angleterre). Deux fils, Ezéchiel et Jean, et deux filles, Elisabeth et Anne, furent baptisés à l’église française de New-York. Jouet était un des colons de Narragansett. Il se rendit ensuite à New- York, et de là dans la Caroline du Sud.

(4) « M. Bertonneau, » membre de l’église française de New- York, reçut assistance en 1694. Sara Bertonneau, née en l’île de Ré, veuve d’Elie Jodon et épouse de Pierre Michaud, était dans la Caroline du Sud en 1696.

(5) Madeleine Vincent, femme de Jean Pelletreau, était « née

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254 Histoire des réfugiés huguenots en A mérique. Besly (1), Grégoire Goujon (2), Marie Gallais (3), Pierre et Daniel Bontecou (4), étaient natifs de l’île de Ré.

à Saint-Martins » (Acte de naturalisation, New-York, 1687). Ses frères, Jean et François, voiliers, vinrent à New-York au même moment. François Vincent, voilier, qui passa en Angleterre en 1681, était de Soubise (Arch. nat.). il avait probablement exercé sa profession dans cette ville, à neuf lieues au sud de La Rochelle, avant sa fuite. François fut naturalisé en Angleterre le 21 mars 1682, et, une semaine plus tard, il quitta Londres pour l'Amérique avec sa femme, Anne Guerry, et ses enfants, Anne et Françoise.

(1) Besly, famille protestante de La Rochelle et de l'tle de Ré France brolestante). Jean et Etienne Besly, fugitifs de l’isle de Ré Arch. nal.), Oliver Besly était un des principaux habitants de

ew-Rochelle en 1694.

(2) Grégoire Gougcon est parmi les « persécutez en Saintonge, Aunix , ile de Ré et environs » mentionnés par Benoist, Histoire de l’édit de Nantes, tome IV, p. 1021. Grégoire Goujon,

fugitif de l'île de Ré (Arch. nat.), marchand à New-York et membre de l'église française de cette ville en 1701. Sa femme était Renée-Marie Graton. Il acheta une terre à New-Rochelle le 30 mai 1701. Sa fille, Renée- Marie, devint la seconde femme du pasteur Louis Rou, de New-York, le 3 novembre 1713.

(3) Jean Galais, fugitif de l’île de Ré (Arch. nat.). John Gallais et Mary sa femme furent naturalisés en Angleterre en 1686. La veuve Galay était un des colons de Narragansett. Marie Gallais, Eglise française de New-Yorks 1691.

(4) Pierre Bondecou, sa femme, cinq enfants, fugitifs de l’île de Ré, étaient partis, supposait-on, pour la Caroline , en 1684 re nat.). Ils étaient à New-York dès le 24 juillet 1689, quand

ierre Bontecou et sa femme Marguerite présentèrent leur fille Rachel au baptème à l’église française. Daniel Bontecou ,, sans doute fils de Pierre, était né vers l’an 1681, et mourut dans la ville de New-York, en novembre 1773, à l'âge de quatre-vingtdouze ans. « J'ai très bien connu cet homme pendant de longues années , » écrit M. du Simitière. « Dans l'été de l’année 1770, étant avec lui, il me raconta qu'il était né à La Rochelle des descendants du fameux navigateur hollandais Bontecoe (Bontekoe), que ses parents s’enfuirent de France à cause de leur religion quand il était encore dans la première enfance , qu'ils allèrent en Angleterre et vinrent peu après à New-York, et qu'il avait alors résidé là quatre-vingt-deux ans. M. Bontecoe fut longtemps ancien de l'église française de New-York, et, au moment mentionné, jouissait encore d’une bonne santé, d’un jugement sain ei d'une mémoire passable » (Manuscrit anglais de Du Simitière, Philadelphia Library Company). Les descendants de Pierre Bontecou sont nombreux et se trouvent surtout dans l’Etat de

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Une honorable famille de New-Jersey, qui a fourni à la science médicale plusieurs docteurs distingués, descend de Benoist Bard, originaire de l'tle de Ré, qui se réfugia en Angleterre à la révocation et dont le fils, Pierre Bard, vint s'établir à Burlington (New-Jersey) vers l’année 1698 (1).

Les familles de Rappe (2) et de Ribouleau (3), établies en Pensylvanie, venaient de la même iocalité.

Entre les colons de Manakintown (Virginie), Paul Bernard (4), Janvier (5) et Abraham Sallé (6) étaient aussi natifs de l'île de Ré.

New-York. La famille est représentée actuellement par Charles Hubbard Bontecou, Esq., de Lansingburgh (N.-Y.), et autres.

(1) Pierre Bard fut naturilisé à New-Jersey, le 12 juin 1713. Le docteur John Bard, de Burlington, né en février 1716, décédé le 30 mars 1799, épousa Suzanne Valleau, fille de Pierre Valleau et de Madeleine tn Il exerça la médecine dans Ja ville de New-York et s'éleva au premier rang parmi ses confrères, Dès la fondation de la Société médicale de ew-York, en 1788, il en fut élu président, Il a laissé un essai sur la pleurésie maligne et plusieurs mémoires sur la fièvre jaune, 11 fut le médecin de la famille Washington pendant son séjour à New-York. Son fils, le docteur Samuel Bard (né le 1er avri 1742, décédé le 24 mai ot devint aussi un médecin distingué, I] contribua puissamment à fondation de l'Ecole de médecine attachée au collège du roi maintenant collège de Columbie, ainsi qu’à celle de l'hôpital de la ville. En 1813, il fut nommé président du Collège des médecins et chirurgiens. Il était regardé comme le t pe accompli non seulement de la science, mais aussi de la pratique médicale,

(2) Gabriel Rappe, fils, fugitif de l'le de Ré, avait fui , pensait-on, entre 1681 et 168$, à la Caroline a nat.). Il était en Pensylvanie en 1683, quand Capt. Gabrie Rappe, avec d’autres, ie obéissance au roi et fidélité et obéissance légitime à

iliam Penn, propriétaire et gouverneur (Penn. Archives, vol. I, P. 26). Gabriel Rappe fut naturalisé le 2 juillet 1684.

(3) Nicolas Ribouleau, qui parut devant le conseil provincial en même temps que Rappe, était sans doute du même endroit. Plusieurs réfugiés de ce nom sont mentionnés comme fugitifs de l'ile de Ré.

(4) « Paul Bernard le jeune, sa femme , deux enfans, fugitifs de l'île de Ré, » 1685, étaient partis, croyait-on, pour la Caroline. Joseph Bernard et sa femme étaient parmi les colons de Manakintown (Virginie), en 1701.

(5) « Philippe Janvier, sa femme, trois enfans, » s’enfuirent de

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256 Histoire des réfugiés huguenots en Amérique. Parmi les huguenots qui allèrent à la Caroline du Sud,

Jacques et Jean Barbot (1), Moïse Le Brun (2), Pierre

Collin (3), Daniel Garnier et Elisabeth Fanton (4),

l'île de Ré en Angleterre en 1683 (Arch. nat.). Pierre Janvier et Marie Boynaux furent mariés à l'église française de Swallow- Street, à Londres, en décembre 1711 (Registre, etc.). — « Thomas Janvier, ancêtre des familles de ce nom dans ce pays, était un huguenot » (An Adress embracing the early history of Delaware and the Settlement of its Boundaries, and of the Drawyers Congregaltion, par le rév. George Foot, Philadelphie , 1842, p. 56). Îl vivait dans la ville de New-Castle (Delaware), dès 1707 (Hislorical Sketch of the Presbyterian Church of New-Casile (Delaware), par le rév. F. B. Spotswood, A0) à 14-21),

(6 de la page précéd.) « Abraham Salle, fils de John Salle, par Mary sa femme, né à Saint-Martins, en France, » adressa une pétition au gouverneur et au conseil de New-York, en 1700, pour être naturalisé. Les enfants d'Abraham Sallé et d'Olive Perault sa femme, baptisés dans l’église française de New-York, furent Abraham , né le 31 octobre 1700, et Jacob, né le 28 juillet 1701. Sallé alla ensuite à en apres

(1) « Jacques Barbot, marchand, sa femme, 168$, à la Caroline. Jean Barbot » jares nat, Tr, no 259). Je n'ai pas trouvé ces noms parmi les réfugiés en Amérique , non plus que celui du « sieur Laboureur , sa femme et ses enfans, » qui est aussi représenté comme ayant fui de l'île de Ré en 168$ et étant allé dans la Caroline.

(2) « Moyse Le Brun, né à l’isle de Ré, fils de Moyse Le Brun et de Marie Tauvron » (Liste des François et Suisses réfugiez en Caroline). La veuve Le Brun fut assistée par l'Eglise française de New-York, et elle et son fils furent envoyés en Caroline, avec leur passage payé, le 12 septembre 1694 (Registres de l’église française à New-York).

Agnès Constance Le Brun, née à la Guadeloupe, fut naturalisée à New-York, en 1687, en même temps que Daniel Gombaud et sa femme (Acte de naturalisation, NW.) Elle vécut quelque temps à New-Rochelle, probablement avec Gombaud,

ui semble avoir été son tuteur, et elle fut reçue comme membre d l'église hollandaise de New-York , le 14 septembre 1691, sur un certificat de l’église française de New-Rochelle (Registres de er) protestante réformée hollandaise, ville de New-York, ivre À).

(3) « Pierre Collin, né en l’isle de Ré, fils de Jean Collin et de Judith Vasleau » (liste, etc.).

(4) « Daniel Garnier, marchand ; sa femme, six enfans, et Rachel Fanton, sa sœur, sortis de l’isle de Ré en 1685 ; lieu de leur retraite, la Caroline » (Arch. nat.). « Daniel Garnier, né en l'isle de Ré , fils de Daniel Garnier et de Marie Chevallier ; Elizabeth Fanton , sa femme ; Etienne , Rachel, Marguerittr, Anne , leurs

La Révocation. — Aunis. 257

sa femme, Arnaud France (1), Daniel Uger (2), Daniel Jodon et Sara Bertonneau, samère (3), Isaac Mazicq (4).

enfans, nez en l'isle de Ré ; habitants de Santee en 1696 » (Liste des François et Suisses, etc.), « Une fille aînée avait épousé Daniel Horry, mort depuis. Élizabeth Garnier, veuve de Daniel Horry, fille de Daniel Garnier et de Elizabeth Fanton , native de l'isle de Ré. Elizabeth Marye, Lidie Marye, filles de Daniel Horry et de laditte Elizabeth Garnier, néez en Caroline » (Id.).

Isaac Garnier, cordier, peut-être aussi de l'ile de Ré, sinon parent du précédent, était, dès 1692, membre de l'église française de New-York. II eut plusieurs enfants baptisés dans cette église, et était un des « chefs de famille » en 1704 et après. Il fut fait bourgeois de la ville en 1695.

(1) « Arnaud France, sa femme, deux enfans, sortis de l'isle de Ré en 1685; lieu de leur retraite, à la Caroline » (Arch. nat,). Ce nom ne paraît dans aucune liste de réfugiés en Amérique.

(2) « Daniel Huger, marchand ; sa femme, deux enfans, sortis de l'isle de Ré en 1682; lieu de leur retraite, à Londres » (Arch. nat.). Daniel Huger et Jeanne, sa femme , furent naturalisés en Angleterre le 8 mars 1682. Le nom de la femme peut avoir été Jeanne Marguerite. « Daniel Huger, né à Loudun (en Poitou), fils de Jean Huger et Anne Rassin; Marguerite Perdriau, sa femme, Margueritte, leur fille, née à La Rochelle : Daniel et Madeleine, leurs enfans, nez en Caroline, » réfugiés dans la Caroline du Sud en 1696 (Liste des François et Suisses, etc.).

(3) « Daniel Jodon, fils d’Elie Jodon et de Sara Jodon ,né en l'isle de Ré. Sara, femme de Pierre Michaud, fille de Jacques et d'Elizabeth Bertonneau (voir plus haut) née en l'isle de Ré, ci-devant femme de Elie Jodon, » réfugiés dans la Caroline du Sud , 1696 (Liste, etc.),

(4) « Isaac Mazic, fugitif de l’isle de Ré » (Arch. nat. Tr, n° 259). Le même document mentionne Estienne et Paul Mazic. « Isaac Mazicq, natif de l'isle de Ré, fils de Paul Mazicq et de Hélésabeth Vanewick, Marianne Le Serrurier, sa femme, Marie Anne Mazicq, leur fille, née en Caroline » (Liste, etc.).« Isaac Mazyck, ancêtre des nombreuses et respectables familles DNS ut ce nom dans la Caroline du Sud, arriva d'Angleterre à Charleston, avec beaucoup d’autres réfugiés huguenots, en décembre 1686. Son père, Paul Mazyck, ou de Mazyck, était natif de l'évêché de Liège, et Wallon, Paul épousa Elisabeth Van Vick, ou Van Wyck, de Flandre. Il alla à Maëstricht lé et ensuite à Saint-Martin, dans l'ile de Ré. Stephen azyck émigra en Angleterre, de là en Irlande, et résida longtemps à Dublin, où il mourut. Isaac s'enfuit de France à Amsterdam. C'était un négociant opulent, et il réussit à transporter dans cette ville la somme de quinze cents livres sterling. D'Amsterdam, il se rendit en Angleterre avec ses fonds, et mit à la voile de Londres avec un intért de mille livres dans la cargaison du navire qui le portait. Ce

Pierre Mounier (1) et Etienne Tauvron (2) venaient de l'île de Ré; tandis qu'Isaac Biscon (3) et Jean Héraud étaient de l’île voisine d'Oléron.

La fuite de ces familles hors de France, comme celle de tant d’autres, eut lieu principalement entre les années 1681 et 1686. Ce fut en 1681, comme nous l'avons vu dans un chapitre précédent, que les rigueurs du gouvernement enyers ses sujets de la religion réformée, dans le but de les forcer à embrasser « la religion du roi, » atteignirent un point qui dut leur sembler le comble de la barbarie et de l'oppression, par la promulgation d’une loi permettant aux enfants de l’âge de sept ans et au-dessus de renier la foi de leurs parents. Avant cette époque, les huguenots de La Rochelle, quoique exposés à quelques-unes des peines et des

lacement lui permit, à Charleston, d'asseoir les fondements de a fortune qu’il acquit dans la suite, et qu'il dépensa généreusement à secourir les institutions religieuses et charitables de la ville. On croit qu'il fut un des fondateurs de l'Eglise upiane te de Charleston, à laquelle il laissa par son testament cent livres, dont il donna l'ordre de payer l'intérêt annuellement à perpétuité à titre de secours à un ministre calviniste de cette église. Dans sa Bible de famille, sous la date de 1685, se trouve cette note : « Dieu me fit la grâce de sortir de France et d'échapper à la cruelle persécution exercée contre les protestants; et, An d’exprimer mes actions de grâces pour une si grande bénédiction, je promets, s’il plaît à Dieu, d'observer l'anniversaire de ce jour par un jeûne » (History of the Presbyterian Church in South Carolina, par George Haves, D.D., vol. I, à 102).

(1) Pierre Mounier , fugitif de l'ile de Ré (Arch. nat.). Peter Mousnier fut naturalisé en Angleterre le 1$ avril 1687. « Pierre Mounier, natif de l'isle de Ré, fils de Louis Mounier et Elizabeth Martinaux, et Louise Robinet, sa femme, fille de Louis Robinet, » réfugiés dans la Caroline du Sud, 1596 (Liste, etc.).

() « Estienne Tauvron, né à l’isle de Ré, fils de jacques Tauvron et de Marie Brigaud. Madeleine, sa fille, née à l’isle de Ré; Ester, née à ae: »

(3) « Jean Biscon, fugitif de l’isle d'Oléron » (Arch. nat.), Isaac Biscon et sa femme, admis dans la colonie du Massachusetts le ir février 1691, et Samuel Biscon, Caroline du Sud, 1717, étaient probablement de même extraction.

La Révocalion. — Aunis. 259

vexations endurées par leurs frères de toute la France, avaient joui longtemps d’une tranquillité exceptionnelle. Pendant cette période, mainte famille protestante était venue d’une autre province pour trouver dans quelque village de l’Aunis ou dans la capitale même, une liberté religieuse relative et un asile contre la persécution. Avec la nomination de Demuyn, « ennemi mortel du protestantisme, » comme intendant d’Aunis, en 1674, les tribulations des Rochelais, jusqu'alors exceptionnellement favorisés, paraissent avoir sérieusement commencé. Les lois que nous avons rappelées ailleurs, fermant à tous les protestants les emplois civils, les professions libérales, différents négoces, etc., furent exécutées aussi rigoureusement que possible. Aucune classe ne fut exempte de vexations et de violences. Les familles anoblies par les plus hautes charges municipales furent informées qu’elles ne pouvaient conserver leurs privilèges qu’à la condition de renoncer à l’hérésie. Les ministres de l’Evangile furent menacés, réduits au silence, emprisonnés. Les bourgeois de La Rochelle, dès l'été de 1681, virent autour d'eux les villes et les villages envahis par des bandes de soldats logés chez des familles protestantes sans défense ; et ils comprirent qu'eux aussi ne devaient pas tarder à éprouver les horreurs des dragonnades. Déjà beaucoup d'habitants du Poitou fuyaient devant la tempête de la persécution. Plus de cent d’entre eux, découverts à La Rochelle, où ils s'étaient rendus afin de s’embarquer pour l’Angleterre ou la Hollande, furent jetés dans la tour de la Lanterne. Enfin parut le décret qui supprimait le culte huguenot dans la ville qui avait été si longtemps le boulevard et le refuge des calvinistes de France. Ordre était donné que le temple fût démoli dans le délai d’un

mois, et les protestants eux-mêmes devaient accomplir cet: uvre de destruction. Cependant on n’en trouva pas un seul qui voulût y prendre part, et le gouvernement y employa des ouvriers, faisant supporter les frais de démolition à la congrégation sans asile. En cinq jours, la destruction fut accomplie. Quelques semaines plus tard, les chefs des familles protestantes furent appelés à une entrevue avec l’intendant Arnou, qui avait succédé à Demuyn dans cette place. Ils reçurent l’ordre, au nom du roi, de renoncer à l’hérésie de Calvin, et furent informés que « s'ils résistoient à l'ordre de leur souverain, et fermoient obstinément leurs cœurs au Saint- Esprit, Sa Majesté se considéreroit comme déchargée de toute responsabilité pour les peines et les calamités qui les atteindroient, à commencer en ce monde, en punition de leur dureté de cœur. »

Octobre arriva, — le mois fatal de la Révocation, — et, avec lui, les dragonnades. Ce fut le premier jour de ce mois mémorable qu’une lettre fut envoyée par un protestant de La Rochelle à une personne inconnue de Boston (Massachusetts), dépeignant, dans un langage original mais touchant, la condition de ses frères dans la foi, et exprimant leur désir de chercher un refuge en Amérique. « Plût à Dieu que moi et ma fa- » mille fussions avec vous; nous ne serions pas expo- » sés à la furie de nos ennemis, qui nous dépouillent » des biens que Dieu nous a donnés pour la subsis- » tance de notre âme et de notre corps. Je n'’entre- » prendrai pas de vous écrire toutes les misères que » nous souffrons, ce qui ne peut pas être contenu dans » une lettre, mais dans un grand nombre de livres. Je » vous dirai brièvement que notre temple est condamné » et rasé, nos ministres bannis à perpétuité, tous leurs

» biens confisqués, et qu’ils sont, de plus, condamnés » à l'amende de 1,000 couronnes. Tous les autres » temples sont aussi rasés, excepté celui de l’île de » Ré et deux ou trois autres. Par acte du Parlement, il » nous est interdit de jouir de lettres de maîtrise en » quelque commerce ou industrie que ce soit. Nous » attendons tous les jours Monseigneur le gouverneur » de Guyenne, qui mettra des soldats dans nos maisons, » et emportera nos enfants pour les offrir à l'Idole, » comme ils ont fait en d’autres pays.

» Le pays où vous vivez (c’est-à-dire la Nouvelle- » Angleterre) est en grande estime ; j'ai l'intention, » ainsi que beaucoup d’autres protestants, d’aller aussi » là-bas. Dites-nous, je vous prie, quel avantage nous » pouvors y avoir, et, particulièrement, les agricul- » teurs qui sont accoutumés à labourer la terre. Si » quelqu'un de chez vous voulait courir le hasard de » venir avec un navire pour emporter nos protestants » français , il ferait un grand bénéfice. Nous attendons » tous l’aide de Dieu, à la providence duquel nous » nous soumettons, etc. (1). » |

Les craintes de notre auteur se réalisèrent bientôt. Quelques jours après, « sept à huit cents fusiliers, re- » venant, comme on le disoit, de convertir le Béarn, » entrèrent à La Rochelle. Ils ne furent cantonnés que dans les maisons protestantes. Cinq soldats furent assignés à

(1) L'extrait ci-dessus de la lettre en question (l'original est en anglais) a été découvert par feu le Rév. Abiel Holmes D.D., secrétaire correspondant de la Société historique du Massachusetts, dans les manuscrits réunis par le Rév. Thomas Prince, et déposés dans la bibliothèque de cette Société. Le document était intitulé : « Lettre écrite de Rochel, le 1°" octobre 1684. » La date est évidemment une erreur pour 1685. Certains détails de phraséologie, d'orthographe, etc., me donnent la conviction que Gabriel Bernon en est l'auteur.

une famille, dix à une autre, une compagnie entière à une troisième. Les scènes de désordre et d’outrage auxquelles on avait déjà assisté dans les villages du Poitou et de la Saintonge furent répétées dans les foyers des Rochelais. « Jusque-là, ils n’avoient paru que comme » des mercenaires et des avares qui n’avoient cherché » qu’à s'enrichir; mais, tout d’un coup, on les vid » changés comme en autant de lions et de tigres, ce » qui fit que tous ceux qui purent s'échapper leur aban- » donnèrent leurs maisons, dont ceux-ci pillèrent aus- » sitôt les meubles et les vendirent. Ils exercerent toute » leur fureur sur les autres, qui ne purent ou ne voulu- » rent pas abandonner leurs logis, et dont plusieurs qui » n’en pouvoient plus cederent enfin à la violence (1). »

Trois cents familles, tourmentées au delà de toute expression, cédèrent et se laissèrent enrôler parmi « les nouveaux convertis » de Rome. Huit cents familles, néanmoins, tinrent bon, quoique l’intendant, après les avoir averties de nouveau, menaçât de « les abîmer » si elles persistaient dans leur obstintion. Quatre compagnies des dragons redoutés entrèrent alors à La Rochelle, et les huguenots, le cœur brisé, les virent, par bandes de cinquante et cent, envahir leurs demeures, l'épée à la main, avec des jurons et des malédictions, comme s'ils prenaient d'assaut une ville étrangère.

Les malheureux citoyens n'avaient plus en perspective que l’abjuration, l'emprisonnement ou la fuite. Beaucoup succombèrent à la tentation d’acheter la sécurité, en se conformant extérieurement aux rites de

(1) Histoire des Réforméz de La Rochelle, depuis l’année 1660 jusqu’à l’année 1685, en laquelle l’édit de Nantes a été révoqué (Par A. Tessereau). Amsterdam : chez la veuve de Pierre Savounet, dans le Kalver-Straat, 1680.

La Révocation. — Aunis. 263

l'Eglise romaine, quoique déguisant à peine leur répugnance pour ses doctrines et son culte. D’autres ne purent se décider à aller au delà d’une abjuration verbale, contre laquelle leur conscience protestait, et qu'ils se hâtaient de désavouer aussitôt qu’ils pouvaient s'échapper de France. Quelques-uns refusèrent catégoriquement, comme ils disaient, de « plier le genou devant Baal, » et souffrirent tous les préjudices et toutes les indignités qu’une soldatesque brutale et un clergé sans merci purent leur infliger, plutôt que de trahir la foi de leurs pères. Des multitudes s’enfuirent vers d’autres pays, laissant confisquer leurs maisons et leurs biens, brisant tous les liens qui les attachaient à leur pays et à leur race, et emportant avec eux les vertus qui devaient contribuer d’une manière si frappante à la valeur et à la prospérité des peuples qui les reçurent. Au moment où parut l’édit de Fontainebleau, révoquant |’ « irrévocable et perpétuel » édit de Nantes, La Rochelle protestante, suivant toute apparence, avait à peu près cessé d’exister.

La « grande maison » de Pierre Jay, « au-dessous de la Bourserie, » avait été l’une des habitations spécialement désignées pour être envahies, lorsque les fusiliers du Béarn entrèrent à La Rochelle. Voyant que les vexations qu’ils infligeaient au marchand huguenot ne parvenaient pas à le convertir, l'intendant retira ces soldats, et leur substitua une troupe des terribles dragons. La situation de la famille devint bientôt intolérable. Une visite au prêtre de la paroisse, un mot donné ou une signature auraient suffi, à quelque moment que ce fût, pour délivrer Jay et les siens de leurs bourreaux. Beaucoup de ses amis et voisins se hâtaient d'acheter, de cette manière , l'exemption de barbaries qu'ils ne pouvaient pas

endurer plus longtemps. Jay ne se rétracta pas. Il résolut, s’il était possible, de faire sortir sa femme et ses enfants de la maison, sans que les dragons les remarquassent, et de les mettre à bord d’un navire prêt à faire voile pour Plymouth. Les difficultés pour exécuter ce plan, et spécialement la dernière partie, furent très grandes. Les navires du roi croisaient dans les rades, avec l’ordre strict de visiter tous les navires qui prenaient la mer, et des compagnies de cavalerie avaient été récemment postées, par l’intendant d’Aunis, dans le voisinage de tous les lieux d'embarquement, le long de la côte. Jay réussit néanmoins, et, ayant ainsi assuré le sort de sa famille, il resta chez lui, sans doute dans le but de sauver au moins quelque partie de sa fortune du désastre général. On s’aperçut bientôt, naturellement, de l’absence des fugitifs. Jay fut arrêté et emprisonné dans la tour de la Lanterne, sous l’accusation d'avoir violé la loi sévère qui interdisait toute participation à la fuite de huguenots hors du royaume. II recouvra sa liberté par l'intervention de quelques amis catholiques influents ; mais tout eflort pour rassembler sa fortune, par vente ou par encaissement de créances, semblait maintenant sans espoir. Il arriva cependant que, vers ce moment, plusieurs navires, dans la cargaison desquels il était intéressé, étaient attendus à La Rochelle. Il était même seul propriétaire, — coque et cargaison, — de l’un de ces navires qui faisait les voyages d’Espagne. Jay résolut de s'échapper sur le premier de ces navires qui paraïîtrait. Dans ce but, il donna des instructions à un pilote, de la fidélité duquel il était sûr, pour veiller à son arrivée et le faire ancrer à un endroit déterminé au large de l’île de Ré. Le navire attendu d’Espagne fut le premier qui arriva. Le pilote en prévint aus-

La Révocation. — Aunis. 26$

sitôt son patron et, favorisé par l'obscurité, Jay réussit à gagner le bateau-pilote, où il resta caché pendant plusieurs heures, si près d’un des navires du roi, qu’il pouvait entendre les voix de l'équipage. Enfin, le vent s'éleva, le croiseur mit à la voile, Jay put s’embarquer sur son propre navire, et eut bientôt rejoint sa femme et ses enfants à Plymouth. Ce qu'ils avaient pu emporter avec eux de leur fortune, joint au produit de la vente du navire et de sa cargaison, suffit à la subsistance des réfugiés pour le reste de leurs jours.

Mais les anxiétés de cette famille huguenote n'étaient pas terminées. L'aîné des deux fils de Pierre Jay, Auguste, alors justement entré dans sa majorité, était absent de La Rochelle au moment de la fuite de ses parents, ayant-été envoyé par son père pour faire un voyage dans quelque pays d'Afrique. En revenant à La Rochelle, il trouva sa maison déserte, les biens de son père confisqués et sa foi religieuse interdite. Le jeune Jay put, grâce au dévouement d’une tante, M® Mouchard, rester caché jusqu’à ce qu’une occasion se présentât pour son évasion de France. Il atteignit sain et sauf les Indes occidentales, et se rendit dans la Caroline du Sud, où il avait l’intention de se fixer, mais il s'établit finalement dans la ville de New-York (1).

Les vicissitudes de la fuite de Gabriel Bernon, l’émigrant au Massachusetts, ne furent pas moins dramatiques. Son père, André Bernon, le marchand de La Rochelle déjà mentionné plus haut, mourut quelques

(1) The Life of John Jay ; avec extraits de sa correspondance et papiers divers, par son fils, William Jay. New-York, 1883, tome I, pp. je

La Rochelle d'Outre-Mer : Jean Jay, par L. M. de Richemond. Reyue chrétienne, 1879, p. 547.

années avant la révocation (1), laissant cinq fils et cinq filles, tous parvenus à l'âge mûr (2). André, l'aîné, était un banquier prospère et ancien de l'Eglise huguenote ; il était au nombre des chefs de famille restés fidèles à leur foi que l’intendant Arnou fit comparaître devant lui pour les sommer d’abjurer (3).

André Bernon ne survécut pas longtemps à la destruction de son église bien-aimée et à la dispersion de ses frères. Il mourut peu après la révocation, et fut enterré de nuit dans son propre jardin à Périgny (4).

Samuel et Jean, le second et le troisième fils d'André Bernon l’aîné, abandonnèrent la foi de leurs parents, et devinrent zélés catholiques. La conversion de Samuel était arrivée iongtemps avant la révocation, en 1660 (5), peu après son mariage avec la fille d’un ministre hugue-

(1) Il était en vie au moment du mariage de Gabriel, dont il signa le contrat, le 23 août 1673. Sa femme, Suzanne Guillemard, était déjà décédée SEE Bernon, mss.).

(2) Les fils d'André Bernon étaient : André, Samuel, Jean (né en 1639), Gabriel (né le 6 avril 1644), et Jacques. Les filles étaient : Esther, Jeanneton (mariée à Jean Allaire}, Eve (mariée à Pierre Sanceau), Suzanne (mariée à Paul de Pont), et Marie (mariée à Benjamin Faneuil).

(3) «IL y en avoit encore plus de huit cents [familles] qui te- » noient bon. Le sieur Arnou, intendant, fit venir de ces derniers » chés lui, le samedi 6 octobre, et, après leur avoir reproché qu'ils » Étoient des opiniâtres enragés et des rebelles aux volontés de » leur souverain, il les menaça de les abymer, à moins qu'ils ne » lui donnassent parole de se faire instruire. Tous, à la réserve » d'un ou de deux, témoignèrent de la fermeté. Ce fut alors que » le sieur André Bernon, qui avoit été un des anciens du Con- » sistoire, et qui étoit un des bons marchans de la ville, lui dit’ » en pleurant, et d'une manière qui en fit pleurer d’autres : « Vous m'’allez damner, monseigneur , puisqu'il m'est impossible » de croire ce qu'enseigne la religion qu’on veut que j'embrasse; » à quoi le sieur Arnou répliqua avec insulte : « Je me soucie bien » que vous vous damniez ou non, pourvû que vous obéissiez. »

(4) Histoire des Réformez de La Rochelle, etc., pp. 297-281,

( ÿ) Filleau, Dictionnaire historique et généalogique des familles de l’ancien Poitou, vol. I, p. 313.

La Révocalion. — Aunis. 207

not qui était lui-même sur le point de se rallier à l'Eglise de Rome (1). Quelques-unes de ses lettres à Gabriel, en réponse aux critiques impitoyables de son frère sur cette Eglise, existent encore. Elles révèlent à la fois et la sincérité de leur auteur et son acquiescement crédule aux erreurs et aux inventions de Rome. Jean était un prosélyte plus-récent. Elevé pour le ministère protestant, il était devenu pasteur de l'Eglise réformée de Saint-Just (2), près de Marennes, dans la province de Saintonge. Au moment de la révocation il suivit l'exemple de son frère Samuel, et, comme lui, échappa ainsi aux misères qui assaillirent les autres membres de sa famille. Samuel Bernon, « sieur de Salins, » dont le prénom huguenot (3) était la seule trace qu’il gardât de son extraction, vivait dans l’aisance, sinon dans le luxe, dans la ville de Poitiers, « ayant acquis une grande fortune tandis qu’il s’occupait de transactions commerciales en Amérique et en Europe (4). » Jean, « sieur de Luneau (5), » résidait à Marennes, ou dans la paroisse voisine de Saint-Just, où il avait exercé son ministère

(1) Marie Cottiby, fille de Samuel Cottiby, pasteur à Poitiers, de 1653 à 1660. Des plaintes sur la conduite de ce dernier comme pasteur ayant été faites au Synode de Loudun, Cottiby se hâta d'abjurer le protestantisme. Il en fut récompensé par la charge de procureur du roi au présidial de La Rochelle (Lièvre, Histoire des protestants et des églises réformées du Poitou, III, 78-79). La France protestante, deuxième édition, vol. II, p. 390, établit d’une manière erronée que le père de Samuel Bernon, en mème temps que son beau-père, abjura le protestantisme à cette occasion.

(2) Il fut pasteur de Saint-Just, de 1661 à 1677, mais il abjura à la révocation (France protestante).

(3) Samuel « nom inusité alors chez les catholiques, et en honneur chez les protestants. » Histoire de la colonie française du Canada, 1, note XXI.

(4) Filleau, Dictionnaire des familles de l’ancien Poitou, I,

(5) Seigneur du fief de Feusse et du fief Luneau (Filleau).

pastoral, et où il paraît avoir acquis une propriété, peut-être la récompense de son abjuration (1).

I joignait quelquefois ses instances à celles de Samuel pour persuader à son frère Gabriel fugitif, en Amérique, et à sa sœur Esther, alors en Angleterre, de revenir en France, de renoncer à leur hérésie et de vivre sous la domination de ce roi dont ils étaient nés les sujets. « Notre frère de Saint-Jeux, » écrit Samuel à Gabriel, « peut mieux que moi vous expliquer les difficultés sur » les matières de religion qui peuvent vous empêcher » de revenir dans votre cher pays. Il a des idées très » correctes sur ces matières ; je ne crois pas qu'il en » fasse tout l’usage qu'il devrait (2). »

Gabriel Bernon, quatrième fils d'André, avait atteint l’âge de quarante et un ans au moment de la Révocation (3). Associé avec son père, à qui il succéda dans les affaires , il était alors un des principaux négociants de La Rochelle. Ses comptes témoignent de relations commerciales très étendues avec les capitales des provinces voisines : Poitiers, Limoges, Angoulême, Niort, Châtellerault, Loudun et autres villes. Il faisait aussi le commerce à l'étranger avec la Martinique, Saint-Chris-

(1) Jean Bernon est mentionné à diverses reprises par Samuel dans ses lettres à Gabriel, comme « notre frère de Saint-Jeux. » (Saint-Just). Gabriel ne le nomme qu’une fois. Sur un inventaire de son avoir en quittant La Rochelle, « M. Jean Bernon mon frère, » est mentionné comme lui devant une somme de 140 livres, sous le titre : « Dettes douteuses. »

2) Jean Bernon mourut dans ou avant l’année 1714.

G « Le mardi douziesme apruil mil six cents quarante quattre » a esté baptizé par monsieur Vincent Gabriel fils de André Bernon et de Suzanne Guillemard ; parrain, Gabriel Prieur ; marrayne, Marie Guillemard. Il est né le sixiesme dudit mois. Signé G. Prieur, P. Vincent. Cy-dessus est extraict du papier des baptesmes du Consistoire de La Rochelle. A Bernon. » Papiers Bernon, mss.

La Révocalion. — Aunis. 269

tophe, Cayenne et Saint-Domingue. Ses transactions les plus importantes étaient cependant avec le Canada. A Québec, ainsi que nous avons déjà vu, il était connu comme le principal négociant français, et comme ayant rendu de grands services à la colonie. Mais il était aussi huguenot inflexible ; et le clergé, dont la seule considération était alors la destruction de l’hérésie, était résolu à le ruiner. « Il est bien regrettable, » écrivait le gouverneur du Canada, « qu'il ne puisse pas être converti. Comme c'est un huguenot, l’évêque veut que je lui donne l’ordre de retourner chez lui cet automne, ce que j'ai fait, quoiqu'il fasse de grandes affaires, et que beaucoup d'argent lui reste dû ici. » — L’abjuration ou la ruine, — le négociant huguenot devait choisir. Gabriel Bernon arriva à La Rochelle au plus fort de la persécution, qui avait commencé le printemps précédent. Il fut jeté en prison, où il languit plusieurs mois (1). Un de ses descendants à Rhode-Island conserve un intéressant souvenir de cette période de souffrances : c’est un psautier français, de format microscopique, qui lui avait été donné, dit-on, par un compagnon de prison dans la tour de la Lanterne. Il fut enfin libéré, peutêtre par l'influence de ses frères catholiques: et peu après , ayant disposé comme il le put du reste de sa fortune , il trouva moyen de s'échapper de France en Hollande. Sa femme, Esther Le Roy, essaya de l’accompagner, mais fut arrêtée dans cette tentative. Elle

(1) Ses biens furent saisis le 13 octobre 1685. Son emprisonnement dura probablement depuis cette date jusqu’au commencement de mai 1686, quand, à sa mise en liberté, il prépara une feuille de balance, établissant la situation de sis affaires. Ce document est intitulé : « À La Rochelle, le 10 may 1686. Extrait de » ce quy mest dh’eu en divers endroits, dont jay mis les partes » en mains de mons' Sanceau, le 10° may 1686. »

270 Histoire des réfugiés huguenots en A méxique.

feignit de se convertir, fut relâchée, et rejoignit bientôt son mari (1).

André Sigourney et Charlotte Pairan sa femme vivaient heureux à La Rochelle lorsque le cantonnement des troupes commença. Résolus à ne pas renoncer à leur foi , ils firent leurs plans d'évasion, et réussirent à transporter tranquillement une partie de leurs effets sur un navire dans le port. Le jour fixé pour leur départ était un jour de fête. La famille donna un copieux banquet aux soldats logés chez elle, et, quand ils furent au plus fort de leur orgie, elle partit sans être remarquée. Le temps était mauvais, et la traversée fut rude et diffcile ; cependant ils atteignirent l'Angleterre sains et saufs.

Le bonheur de ceux qui avaient réussi dans leur fuite était souvent assombri par le souvenir de ceux dont les efforts avaient été impuissants.

Beaucoup de familles de réfugiés laissaient derrière elles leurs proches, leurs bien-aimés, exposés : les hommes, s'ils demeuraient fermes dans leur foi, à la prison; les femmes, à être envoyées dans des couvents pires que les prisons. Pierre Sanceau , beau-frère de Gabriel Bernon, arriva en Angleterre presque sans un sou. « Quant à ma pauvre femme et ma pauvre fille, » dit-il, « elles sont encore à La Rochelle. Elles ont été envoyées plusieurs fois au couvent. Pour le moment, elles sont dehors, mais en congé seulement. »

Les deux fils de Roch Chastaignier, seigneur de Cramahé, qui s’enfuirent de La Rochelle et allèrent dans la Caroline du Sud, avaient un frère aîné, Hector-François Chastaignier, qui comptait fuir avec eux; mais il fut capturé. Jeté en prison, et soumis aux plus ignomi-

(1) France protestante, 2° édition, vol. II, p. 391.

nieux traitements, il fit preuve d’une fermeté héroïque et d’une constance digne des premiers martyrs (1).

(1) Dans les listes de personnes persécutées en Aunis nous reconnaissons un grand nombre d’homonymes de nos réfugiés américains, Benoist, l'historien de l'édit de Nantes, mentionne les suivants : G. Cothonneau, E. Dechezault, C. Ayrault, I. Valleau, P, Valleau, Chaillé, Etienne Jouneau, Daniel Renault, Philippe Janvier, Grégoire Gougeon, Beaudoin, France, Du Tay, Nicolas Rappe, Alaire, Mercier, Papin. — Samuel Pintard (sans doute parent du réfugié de New-York) était, en 1694, galérien sur le navire La Grande.

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