TRÈS RÉVÉREND ET DOCTE MONSIEUR
Je suis très touché que vous vous soyez souvenu de moi dans votre lettre à M' Selyns, mon collègue, puisqu'il est clair que vous êtes bien disposé pour moi. C’est pourquoi il me paraît convenable de vous répondre que je fais grand cas de la bienveillance d’un homme illustre par sa piété, sa charité et sa foi. Il est étonnant que M. Vandenbosh ne l’ait pas recherchée, tant dans son intérêt que dans celui des autres français. Mais je veus prie, illustre Monsieur, que le tort causé par M. Vandenbosch ne vous soit pas un motif pour moins favoriser les Français fixés maintenant dans cette ville ou qui peuvent y venir. La faute d’une seule personne ne doit pas être imputée aux innocents, ni leur causer du préjudice. Aussi je compte sur votre ancienne charité à l'égard de ces pauvres fidèles réfugiés qui ont traversé la plus rude persécution, et je ne doute pas que vous ne vous employiez à la restauration de cette malheureuse Eglise française de Boston. Je vous offre mon concours pour réparer les fautes qui ont été commises. Puissiez-vous, vous et vos collègues, en retirer la satisfaction qui vous est due après une tristesse imméritée. Nous sommes frères et nous devons cultiver cet amour fraternel! J'y
s92 Appendice.
veux consacrer tous mes efforts, et, dans ces sentiments, je suis,
de vous et de vos illustres confrères auxquels j'envoie mes meil-
leures salutations, Révérend et très illustre Monsieur, votre très
obéissant et dévoué serviteur. DAILLÉ.
New-York, 2 mai 1686.
Daillé à Increase Mather (1).
REVERENDE VIR,
» Dominus Selyns in genere solummodo mihi retulit, qua in particulari de Domino Van den Bosh ipsi scripseras. Sed ab aliis audivi vos jure merito ei infestos esse , quod rempublicam ecclesiamq. vestram male habuerit. Nos etiam experimur dictum Vandenbosh omnia agere perverse, cum in animum multorum Gallorum inducere conatus fuerit Dominum Deschamps (qui in Bostoniæ vixit) admittendum esse ad sacram synaxim, etiam si consistorium nostrum contrarium censuerit, quod tumultus quosdam in ecclesià nostrâ antea pacatà excitavit. Sed ut alia multa prætermittam, ille adversus fidem datam, et id quod honestum justumq. est duas partes (quæ degunt ruri) ecclesiæ nostræ sibi arripuit, ita ut ecclesia nostra, quæ ante adventum memorati Vandenbosh intime conjuncta, et, ut ita dicam, unum cor, unaq. anima erat, jam in partes abierit. Rogo te Reverende Vir ut mihi rescribas, eaq. a Domino Vandenbosh acta enarres. Ille Doctor, qui tibi reddet hasce meas litteras, est optimus homo, reformatæ nostræ religionis , peritissinus in arte suâ. Passus est maximam jacturam, ita ut omnes sarcinas, omniaq. medicamenta injuste amiserit. Vult emere Bostonia medicamenta et ea quæ necessaria sunt ut vitam quærat, artem suam profitendo. Sum certus, Reverende Vir, te velle, si opus sit suppetias, ipsi ferre. Mihi gratum feceris si eum adjuveris, hanc rem te rogo, et tibi Deo ego et ille rependemus grates. Non licet mihi per tempus alia addere; quia navis jam parat iter. Itaque finem facio tibi collegisq. tuis doctis salutem plurimam impertiendo, omniaque prospera et fausta præeundo. Sum, Reverende Vir, obsequentissimus et addictissimus servus tuus.
» DaAILLAEUS. »
Datum in Urbe Eboracensi Julii an, 1686.
(1) Papiers Mather.
Daillé à Increase Mather.