RÉVÉREND MONSIEUR
M. Selyns m'a fait connaître seulement en général ce qu’il vous avait écrit en détail au sujet de M. Vandenbosch. Mais j'apprends, d'autre part, que vous avez de justes sujets de mécontentement à son égard, à cause de sa conduite dans l'Etat et dans l'Eglise. Nous aussi nous avons reconnu que la conduite dudit V. est repréhensible, puisqu'il s'est efforcé de persuader à plusieurs Français que M. Deschamps, qui habite Boston, ne devait pas être admis dans notre sainte assemblée, quoique le Consistoire eût décidé le contraire, parce qu'il a excité quelque agitation dans notre église, jusqu'alors si paisible. Mais, sans parler de beaucoup d’autres choses, contrairement à ses engagements aussi bien qu'à l'honneur et à la justice, il s’est attribué deux parts [deux tiers] de notre église (qui sont à la campagne); de sorte qu'il a divisé en deux camps notre église qui, avant son arrivée, n'était qu'un cœur et qu’une âme. Je vous prie donc, révérend Monsieur, de me répondre et de m'instruire de ce qui a été fait par M. Vandenbosch. Le docteur qui vous remettra cette lettre est un homme d'un excellent esprit, attaché à notre religion réformée , et très habile dans son art. Il a couru les plus grands dangers et a perdu injustement tous ses bagages et tous ses médicaments. Il désire acheter à Boston d’autres médicaments et tout ce qui lui est nécessaire pour l'exercice de son art. Je suis certain, révérend Monsieur, que vous lui donnerez votre assistance en cas de besoin. Vous m'obligerez beaucoup en agissant en sa faveur. C'est ce que j'attends de votre bonté, et, Dieu voulant, nous vous en serons profondément reconnaissants l’un et l’autre, Je ne puis vous en dire plus long, parce que le navire qui doit porter ma lettre est prêt à partir. Je vous envoie donc, ainsi qu’à vos collègues, mes cordiales salutations, et je prie pour que toutes choses tournent à votre prospérité et à votre avantage.
Je suis, révérend Monsieur, votre très obéiss 1t et dévoué servitéur , D'AILLÉ.
New-York, juillet 1686.
594 Appendice.
Daillé au secrétaire de la Société pour la propagation de l'Evangile dans les pays étrangers (1).
DocTissiME VIR,
» Cum sis maxime propensus (ut fama est) ad beneficiendum ecclesiis, earumq. ministris, credidi te æqui benig. consulturum, si hisce litteris multà cum reverentiâ a me rogatus esses, ut libellum supplicem hic inclusum prælegas plurimum venerandæ societati vestræ, et ut velis operam parare ad auxilium mihi necessarium procurandum. Decet ministrum omnia tentare antequam deserat suum gregem. Si potes efficere, Doctissime vir Domine, ne hoc accidat meo respectu, mihi comparando supplementum * unde possim sustentari, promovebis rem gratissimam Deo, vestræ admodum inclytæ Societati gloriosam, atque ecclesiæ utilem. Ob benevolentiam tuam eximiam multum tibi obstrictus ero, et tibi omnia prospera et fausta semper precabor, sicuti nunc facio, Doctissimine Vir, obsequentissimus tuus. » P. DaAILLÉ. »
Datum Bostoniæ octavo die septembris 1706.