ER ET
Entens à la voix tres ardente, De ma clameur, mon Dieu, mon Roy, Veu que tant seulement à toy Ma supplication présente J'offre et présente.
Matin devant que jour il fasse,
S'il te plaist, tu m'exauceras :
Car bien matin prié seras
De moi, levant au ciel la face, Attendant grâce.
ER TE ER 2 A te ET = OPA
Tu es le vray Dieu qui meschance N'aimes point, ne malignité :
Et avec qui en vérité Malfaicteurs n'auront accointance Ne demeurance.
Jamais le fol et téméraire
N'ose apparoir devant tes yeux : ;
Car tousjours te sont odieux :
Ceux qui prenent plaisir à faire Mauvais affaire.
Richer, l'un des pasteurs, prècha, prenant pour texte le 4° verset du XXVIIe psaume : « J’ay demandé une | » chose à l'Eternel, je la requerray, que j'habite en la | » maison de l'Eternel tous les jours de ma vie, pour | » contempler la plaisance de l’Eternel et visiter soi- » gneusement son palais. » Sans doute son discours fut éloquent, car il avait le talent de la parole, dit le P. Arcère (Hist. de la Rochelle, IT, 103) et les circonstances l’inspiraient. Mais l'attention du prédicateur et M de l'auditoire doit avoir été distraite par la singulière 4 attitude de leur hôte. 1
Pendant tout le sermon, Villegagnon ne cessa de À
Introduction. LS
joindre les mains, de lever les yeux au ciel, de pousser de profonds soupirs, « faisant esmerveiller un chacun de nous. » Les voyageurs furent moins édifiés que surpris de voir la même salle où ils venaient de faire le culte transformée en salle à manger. Ce fut à un triste repas que l'austère commandant les invita: poisson boucané, pain préparé à la manière des sauvages, avec des raci- Ines brûlées et réduites en poudre et d’autres racines cuites dans la cendre. L'île rocheuse où la colonie était établie n'avait ni sources ni eau courante, et le seul breuvage offert à la compagnie était tiré d'une citerne creusée par les compagnons de Villegagnon à leur arrivée, « ou plutôt d’un esgoult de toute la pluie qui tomboit en l'isle. » Ce sobre repas terminé, Du Pont et ses compagnons se rendirent dans la chambre « telle qu’elle au milieu de l'isle, » qui leur avait été préparée. Les autres de la religion eurent une hutte indienne qu’un sauvage, esclave du gouverneur « achevoit de couvrir d'herbe et de bâtir à sa mode sur le bord de la mer. » Pour lits, ils eurent des hamacs (1) suspendus à la mode des Américains du Sud. Mais ce fut une nuit en grande partie, sinon totalement, passée sans sommeil.
L'air était aussi chaud que celui du mois de mai de leur pays natal. Le ciel leur montrait de nouvelles constellations : la baie était encadrée d’un rideau de palmiers
(1) Les missionnaires portugais qui arrivèrent au Brésil en mème temps que les pasteurs français parlent des hamacs des Indiens comme d’une heureuse invention. [ls sont encore empioyes maintenant par les tribus indigènes du Rio-Negro et de ‘Amazone, Les hamacs sont tressés avec de l'écorce d'arbre et principalement de palmiers. Le Brésil et les Brésiliens, par le Rév. James C. Fletcher et le Rév. D. P. Kidder. D. D, 6e édit., p. 68, 468,
16 Introduction.
et les montagnes rappelaient aux Génevois leurs Alpes !
grandioses.
D'ailleurs, pour les pieux pasteurs, les esprits n'étaient # pas moins actifs que les yeux. Ce nouveau monde al- # lait être éclairé par l'Evangile du Fils de Dieu, révélé, # dans toute sa pureté, aux nations d'Europe et qui dissi- M perait la nuit de l’idolâtrie païenne. « Ce voyage, » dit | Théodore de Bèze, « donna une merveilleuse espérance k d'avancer le royaume de Dieu jusques au bout du
monde » (Hist, ecclésiastique, liv. TT. Les premiers mis
sionnaires du protestantisme devanceraient les disciples
de Loyola et pourraient, sans aucun alliage humain, annoncer les pures doctrines du christianisme. « Osons assurer, » écrit de Léry, « qu'il ne se trouvera, par toute l'antiquité, qu'il n’y ait jamais eu capitaine françois et
chrestien, qui, tout à la fois, ait estendu le règne de Jé-s sus-Christ, Roy des Roys et Seigneur des seigneurs. ? et les limites de son Prince Souverain en pays si loin-! tain. » Tel était le double idéal du grand et bon Coli-! gny. Cependant, au milieu de cette contemplation, les !
pasteurs ne pouvaient se défendre d'un sentiment de surprise, en se rappelant l'étonnante attitude de Villegagnon au service religieux auquel il les avait invités et
ses protestations exagérées de zèle pour la religion!
réformée.
L'apparence de pièté du commandeur de Villegagnon ! produisit une telle impression sur le bon pasteur Richer ! que, frappé par l'éloquence et par la foi du gouverneur, |
il n’hésita pas à dire à ses compagnons de voyage qu'ils
avaient le privilège d’avoir à la tête de la colonie « un M second saint Paul. » Pour affirmer son zèle religieux, | Villegagnon rendit une ordonnance réglant le culte public pour toute la colonie. La prière devait terminer !
Introduction, 17
‘haque journée . et, « après qu'on avoit laissé la beongne (1), » on devait assister à la prédication; le sermon ne devait pas dépasser une heure. Ce fut le dinanche 21 mars 1557 que le nouvel ordre de choses ‘ommença solennellement. Un service de préparation ut célébré conformément à la discipline des églises réormées de France, et tous ceux qui désiraient particier à la communion furent exhortés. Quand le sermon ut achevé, « les ministres ayant auparavant préparé et catéchisé tous ceux qui y devoient communiquer, parce qu'ils n'avoient pas bonne opinion d'un certain Jean Cointa, qui se laisoit appeler monsieur Hector, autres fois docteur en Sorbonne, lequel avoit passé la mer avec nous, il fut prié par eux qu'avant que se présenter il fist confession publique de sa foy, ce qu'il fist, et par mesme moyen devant tous abjura le papisme. » Avant de passer à la célébration de la sainte ène, Villegagnon déclara que les officiers et marins qui ‘avaient pas encore fait profession de la religion réformée our ne pas profaner un tel mystère , devaient sortir de ‘assemblée, et alors, à l'étonnement des uns et à l'édication des autres, « tant comme il disoit, pour dédier on fort à Dieu , que pour faire confession de sa foi en ce de l'Eglise, » il fit à haute voix et à genoux deux ongues prières, dont Jean de Léry a conservé le texte. uis il se présenta le premier pour participer à la comhunion, en s’agenouillant sur un coussin qu'un page ortait devant lui. Les deux pasteurs furent peut-être les erniers à s'alarmer de l'étrange conduite du gouvereur. Dans la première lettre que porta le navire qui
(1) Voir Marc Lescarbot, Histoire de la Nouvelle-France (1609), . 189 à 195. Voir ces lettres en appendice.
18 Introduction. |
partit au mois d'avril, Richer et Chartier vantaient à | Calvin et à un autre correspondant, dans les termes les ! plus élogieux, leur frère et père, le sieur Villegagnon.
Ils se croyaient revenus aux temps apostoliques et | retrouvaient l'Eglise du premier siècle. De cette Eglise, | de nombreuses églises allaient sortir et couvrir tout le. continent américain. La France antarctique serait pour le Nouveau monde le foyer de l'Evangile. Mais les ren: | seignements transmis sur les barbares habitants faisaient À frémir. Non seulement ils se nourrissaient habituelle- À ment de chair humaine, mais ils étaient comme les bëtes féroces au milieu desquelles ils vivaient, sans aucune à notion de la divinité, sans aucun sentiment du bien et du mal. Les pasteurs souffraient de leur impuissance M pour communiquer aux pauvres païens les bonnes nouvelles de la Rédemption. Mais pour sauver tant d’âmes qui périssaient, il fallait posséder leur langue ou rencontrer des interprètes bien qualifiés ; c'est de ce côté qu’il fallait diriger les premiers efforts. Il y avait beaucoup à attendre des jeunes gens venus de Genève pour apprendre la langue des indigènes et annoncer l'Evangile aux sauvages. Ils s'étaient mis vaillamment à l’œuvre et Dieu bénirait leurs efforts et leur foi. Villegagnon écrivit de son côté par le même navire. Sa lettre surabondait en protestations de zèle et de foi, comme celles de Richer et de Chartier. Il accusait réception de la: lettre de Calvin et promettait de faire observer dans la! colonie la discipline qu’il lui avait prescrite. Il se félici.| tait du concours des excellents pasteurs qui le soula geraient dans le soin spirituel de ses compagnons. IA s'aiderait en toutes choses de leurs avis et de leur sympathies. Il ne se dissimulait pas les grandes difficul
Introduction. 19
tés de l’entreprise, mais il avait pleine confiance dans le succès, travaillant uniquement pour Jésus-Christ. I] terminait sa lettre par des salutations à la pieuse Renée de France, la fille de Louis XII, la zélée protectrice de Calv 1 et de la cause protestante.
Mais avant que le navire qui portait ses lettres fut
arrivé à sa destination, les choses avaient totalement | changé de face à l’île Coligny. Le zèle de Villegagnon pour l'orthodoxie et la sévérité de la discipline était remplacé par une opposition d’abord captieuse et que-
relleuse, puis tout à fait décidée. Il commença par désapprouver la manière de célébrer la sainte Cène et d’administrer le baptème comme il était professé par les ministres de Genève. Protestant qu’il n’avait d'autre désir que de connaître et de suivre strictement les enseignements du pur Evangile, il envoya en France l’un des pasteurs, Guillaume Chartier, pour conférer avec
les principaux théologiens réformés sur certaines ques-
tions délicates. « Combien que Villegagnon et Cointa
rejetassent la transsubstantiation de l'Eglise romaine, comme une opinion laquelle ils disoient ouvertement estre fort lourde et absurde, et qu'ils n’approuvassent non plus la consubstantiation, si ne consentoient-ils pas pourtant à ce que les ministres enseignoyent et prouvoyent par la Parole de Dieu, que le pain et le vin n'estoient point réellement changez au corps et au sang du Seigneur, lequel aussi n’estoit pas enclos dans iceux, ains que Jésus-Christ est au ciel, d’où, par la vertu de son Saint-Esprit, il se communique en nourriture spirituelle à ceux qui reçoivent les signes en foi. Car, quoi qu'il en soit, disoyent Villegagnon et Cointa, ces paroles : Ceci est mon corps, ceci est mon sang, ne se peuvent autrement prendre , sinon
20 Introduction.
» que le corps et le sang de Jésus-Christ y soient con- » tenus. Que si vous demandez maintenant comment » doncques, veu que tu as dit qu'ils rejettoyent les » deux susdittes opinions de la transubstantiation et » consubstantiation, l'entendoient-ils? Certes, comme » je n’en sais rien, aussi crois-Je fermement que ne fai- | » soient-ils pas eux-mêmes. » (Jean de Léry, Histoire | de l'Amérique, p. 78).
Mais le même navire que montait Chartier portait en | France dix jeunes sauvages pris à la guerre par l’une k des tribus amies de la France et vendus à Villegagnon comme esclaves. Ils devaient être offerts en présent au roi qui les accueillit gracieusement et les répar- !
sapsae pe
tit entre les seigneurs de la cour. Villegagnon n'attendit pas le retour de Chartier pour faire connaître ses nouvelles opinions. Il déclara bientôt qu'il avait à change de manière de voir relativement à Calvin, et qu’à ses yeux le prétendu réformateur n’était qu’un archi-hérétique et un apostat (1). Villegagnon attribuait le M changement de ses opinions religieuses aux arguments À d'un nommé Jean Contat, élève de l’Université de Pa- 3 ris, qui avait abjuré la foi catholique, mais n'avait pas tardé à discuter avec les ministres différents points de théologie, dans lesquels il soutenait généralement la thèse de Rome. On se douta bientôt que certaines lettres reçues de France avaient déterminé le changement de Villegagnon, « sollicité, comme l’on croit, par les lettres du cardinal de Lorraine » {De Thou, M Histoire universelle, t. Il, p. 383). Villegagnon crai gnit de se compromettre par une liaison trop étroite
(1) Voir l'art. de M. H.-L. Bordier, France protestante, # 2° édition, V, col. 968 à 999.
Introduction. 21
lavec Coligny et les protestants, et, en s'appuyant sur “ eux pour le succès de l’entreprise, de perdre la faveur ” du roi.
” Les colons furent bien désappointés dans leurs espé- ’ rances, d'autant plus que Villegagnon changea de ca- # ractère en même temps que de principes religieux. Il … devint emporté et capricieux. Ses manières excentriques 1 attestaient le manque d'équilibre de son esprit inquiet, … et, dans de violents accès de colère, il frappait cruelà lement ses compagnons de châtiments immérités. Plu- © sieurs durent abandonner la colonie pour chercher asile dans le désert. Des conspirations contre la vie du gou- | verneur furent découvertes parmi les soldats et les ma- | rins. Villegagnon se montra hautain et dur à l'égard de | Du Pont et de ses associés. A la fin, ils déclarèrent au gouverneur que puisqu'il avait rejeté l'Evangile , ils " ne se croyaient plus tenus de travailler pour le fort et de . lui obéir. Aussitôt, Villegagnon leur coupa les vivres et les jeta dans les fers. La rupture ne pouvait plus tarder. Du Pont répondit que ses frères ne pouvaient accepter un pareil traitement, et que puisqu'il refusait de les conserver dans le libre exercice de leur religion, ils ne reconnaissaient plus son autorité. Villegagnon recula devant cette attitude énergique et ne songea pas à mettre ses menaces à exécution. Mais quelque temps après il résolut de se débarrasser de tous les chefs protestants et leur intima l’ordre de laisser son île. Ils obéirent immédiatement, « quoique, » observe l’un d'eux dans son récit de l'expédition, « nous eussions pu nous- » mêmes facilement le chasser de la place; mais » nous ne voulions lui donner aucun sujet de plainte » contre nous. » Îls se rendirent sur le continent pour attendre le départ d’un navire de Normandie, qui pre-
22 Introduction.
nait alors sa cargaison pour retourner en France (1).
Les Génevois avaient passé huit mois dans l’île Coligny (2). Deux mois de plus s'écoulèrent avant que le navire fût prêt à partir. Du Pont et ses compagnons employèrent ce temps à visiter les tribus indiennes du voisinage. Les sauvages leur parurent sensibles aux impressions religieuses. Un jour, raconte Jean de Léry, étant dans la forêt avec trois ou quatre naturels, il fut tellement saisi par la grandeur et la beauté de la nature tropicale qu'il chanta le 104° psaume qui répondait aux sentiments qui l’agitaient.
Sus, sus, mon âme, il te faut dire bien
De l'Eternel : à mon vrai Dieu combien Ta grandeur est excellente et notoire!
Tu es vestu de splendeur et de gloire :
Tu es vestu de splendeur proprement
Ne plus ne moins que d’un accoustrement.
Pour pavillon que d’un tel Roy soit digne Tu rends le ciel ainsi qu'une courtine.
Lambrissé d'eaux est ton palais vousté
En lieu de char, sur la nue est porté :
Et les forts vents qui parmi l’air souspirent
Ton charriot ec lebs ailes tirent.
Des vents aussi diligents et légers
Fais tes hérauts, postes et messagers
Et foudre et feu fort prompts à ton service
Sont les sergeans de ta haute justice. (Ps. CIV.)
« Usant de leur interjection d’esbahissement : Teh!
ils dirent : « O ! que vous autres Maurs estes heureux
de sçavoir tant de secrets qui sont cachez à nous che-
(1) De Léry, p. 95, de Thou, Hist. Univ., t. IT, p. 383.
(2) Deux des compagnons de Du Pont, les sieurs de la Chapelle et du Boissi, restèrent avec Villegagnon après le départ des autres, mais ils rejoignirent bientôt leurs frères sur le continent. De Léry, p. 378.
RE
Introduction. 23
fs et pouvres misérables » (De Léry, Histoire d'un voyage fait en la terre du Brézil, p. 290).
Dans une autre occasion, quelques Français avaient reçu une très affectueuse hospitalité dans l’un des principaux villages de la région, à quelques milles de la côte. Toute la population se pressa autour des étrangers comme pour les fêter avec enthousiasme, les vieillards leur formant une garde d'honneur, et tenant -à une distance respectueuse les enfants.
| « Après que tout ce peuple, sans nous interrompre un » seul mot de nos devis, nous eust laissé souper en paix, » il y eust un vieillard qui, ayant observé que nous » avions prié Dieu au commencement et à la fin du » repas, nous demanda : « Que veut dire ceste manière 1» de faire dont vous avez tantost usé, ayans tous par » deux fois osté vos chapeaux, et, sans dire mot, ex- » cepté un qui parloit, vous estes tenus tous cois ? À » qui s’adressoit ce qu'il a dit ? Est-ce à vous, qui estes » présens, où à quelques autres absens ? Sur quoi, em- » poignant ceste occasion qu’il nous présentoit tant à » propos pour leur parler de la vraye religion, joint » qu'outre que ce village d'Okarentin est des plus » grands et plus peuplez de ce pays-là, je voyois en- » core, ce me sembloit, les sauvages mieux disposez » et attentifs à nous escouter que de coustume, je priai » nostre truchement de m'aider à leur donner à enten- » dre ce que je leur dirois. Après donc que, pour res- » ponse à la question du vieillard, je lui eus dit que » c'estoit à Dieu, auquel nous avions adressé nos priè- » res, et que, quoiqu'il ne le vist pas, il nous avoit » néantmoins non seulement bien entendus, mais » qu'aussi il savoit ce que nous pensions et avions au » Cœur, Je commençai à leur parler de la création du
monde, et surtout j'insistai sur ce point de leur bien faire entendre que ce Dieu avoit fait l'homme excellent par dessus toutes les autres créatures, que estoit afin qu'il glorifiast tant plus son Créateur, adjoustant, parce que nous le servions, qu'il nous préservoit en traversant la mer, sur laquelle, pour les aller trouver, nous demeurions ordinairement quatre ou cinq mois sans mettre pied à terre. Semblablement, qu’à ceste occasion nous ne craignions point, comme eux, d’estre tourmentez d’Aignan ni en ceste vie ni en l’autre, de façon, » leur disois-je, « que s'ils se vouloient convertir des erreurs où leurs caraïbes menteurs et trompeurs les détenoyent : ensemble laisser leur barbarie, pour ne plus manger la chair de leurs ennemis, qu'ils auroyent les mesmes grâces qu'ils connoissoient par l'effet que nous avions. Bref, afin que, leur ayant fait entendre la perdition de l’homme, nous les préparissions à recevoir Jésus-Christ, leur baillant tousjours des comparaisons des choses qui leur estoient connues (ainsi que les apostres Paul et Barnabas, pour retirer les Lystriens de leur paganisme, leur annonçoyent que des choses vaines où ils estoient adonnez, ils eussent à se convertir au Dieu vivant qui a fait le ciel et la terre, la mer et toutes les choses qui y sont, tindrent cette façon d'enseigner), nous fusmes plus de deux heures sur ceste matière de la création, de quoi cependant, pour brieveté, je ne feray ici plus long discours. Or, tous, avec grande admiration, prestant l’aureille, escoutoyent attentivement, de manière qu’estant entrés en esbaïssement de ce qu'ils avoient ouy, il y eust un autre vieillard qui, prenant la parole, dit : « Certainement, vous nous avez dit merveilles et choses très bonnes que nous n'avions
nr
Re:
abs