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CHAPITRE II

Voyageurs anglais au XVII-e siècle.

Le rôle de l'ambassadeur d'Angleterre à Constantinople fut sensiblement diminué pendant le XVII-e siècle; d'autres influences se substituèrent à celle que le représentant d'une grande Puissance marchande, très éloignée et ne poursuivant aucun but politique, avait exercée à un moment où la France était déchirée par une longue guerre civile, qui paraissait devoir détruire son importance politique, et oii l'Empire, r„ennemi héréditaire", conduisait une nouvelle croisade contre les Sultans que les Habsbourg auraient remplacés à Constantinople. Le commerce allemand reprit ses anciennes traditions et, en fait de relations économiques avec l'Occident, les Provinces Unies de la Hollande, délivrées de la domination espagnole, prirent aussitôt une place qui ne pouvait plus leur être disputée. La Compagnie du Levant, établie par l'initiative de la grande reine Elisabeth, se maintint, mais sans pouvoir se développer selon les intentions d'un Hareborne et d'un Barton.

Si, en 1621, l'ambassadeur polonais, s'adressant au roi Jacques, pour l'inviter à prendre l'initiative d'une croisade, lui indiquait, comme soutiens de la guerre sacrée „les deux Daces", de Moldavie et de Valachie, à côté des Serbes, prêts à la révolte i, on ne rencontrera plus pendant presque cent ans des marchands anglais venant faire des achats en Moldavie, malgré l'ancienne convention avec Pierrele-Boiteux, ou en Valachie. On se bornait à attendre l'arrivée des produits danubiens à Constantinople ou à Smyrne. Et, en même temps, comme des guerres incessantes, d'abord contre les Polonais, puis, — après le bref délai des campagnes asiatiques de Mourad IV contre les Persans du côté de Bagdad, — contre les rebelles de Transylvanie et les Impériaux empêchaient la libre circulation des voyageurs par la voie qui menait à travers les Carpathes de l'Europe centrale à Constantinople, on ne rencontre — à l'exception d'Edward Brown, qui s'étonna de trouver vers 1660 en Transylvanie des gens «parlant généralement le latin" avant de retrouver cette même nation en Macédoine, où des envoyés du prince de Valachie portaient des faucons au Sultan vers Larissa 2, — pas même quelque ambassadeur de passage dont les rapports nous eussent

1. Nos Actes et Fragments, l, p. 63. Cf. ibid., p. 194. On lui demandait d'intervenir à Constantinople pour la délivrance des captifs polonais pris par les Turcs en Moldavie, l'année précédente.

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