‹ Histoire des relations anglo-roumainesChapitre 16 sur 74 · Beza, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Beza, loc. cit., p

conservé des notes sur l'état du pays à l'éDoque même où, sous les longs règnes prospères cic BasHe Lupu en Moldavie (1634-1653) et de Maiiiitu Basarab, en Valachie (1633-1654), les Principautés roumaines, abondantes en ressources, se développèrent plus largement. Et cependant c'était l'époque où le représentant à Constantinople de la Compagnie du Levant recevait des marchands un subside annuel de 4.000 livres sterlines et où il avait des secrétaires de la valeur de ce Ricaut dont les ouvrages concernant l'Empire ottoman sont parmi les plus connus pour cette époque ^.

Les souvenirs des jours où la reine Elisabeth soutenait de son crédit à Constantinople la cause du prétendant moldave Bogdan parurent toutefois revenir lorsque Charles II fut sollicité, en même temps que Louis XIV, par ce Georges Etienne, qui, usurpateur du trône moldave contre Basile Lupu, son maître, fut chassé de sa patrie, après quelques brèves aniiées de règne, par les Turcs et traversa l'Europe entière pour aller mourir à Stettin, en

1. Cornelio Magni, Quanta di pih curioso e vago hà puluto raccorre, etc., Parme 1678, pp. 51, 116-117, 119, 122. Cf. Barozzi et Berchet, Rclazioni al Scnato veneto, II, pp. 173-174, 230 et suiv., et les ouvrages mêmes de Ricaut („Prese]it state", „The capitulations" «t son „Histoire des trois derniers empereurs des Turcs").

terre suédoise '. Le roi d'Angleferre n'hésita pas à recommander ce „bon ami Georges Etienne, ancien prince de Moldavie" („our good friend Georgius Stephanus, late prince oï Moidavia"), qui lui avait exposé comment, étant tombé en disgrâce, il avait été dépouillé de sa principauté et „réduit ta une extrême misère" („reduced into extrême misery"). Au nom de la solidarité qui doit régner entre les princes, quel que soit le sort que la fortune leur eût réservé, Charles II faisait demander, par son ambassadeur, le comte Winchelsea, „pardon" au Sultan pour ce prince malheureux qui ne voulait attendre son rétablissement d'aucun appui étranger et qui s'offrait à se rendre digne par sa conduite future de la clémence de son maître impérial.

"Sous le riche prince munificent que fut à Bu-carest Constantin Brâncoveanu, on trouve de nouveau des points de contact. Tel prélat anglais s'intéressait aux choses de cet Orient orthodoxe dont on croyait la conquête reltgieuse facile. Et enfin sous le nouveau régime créé en Angleterre par la révolution de 1688 le commerce britannique regagna un esprit d'initiative qu'il avait perdu depuis longtemps.

On n'a pas encore publié les rapports des ambas-

1, Mss. Egerton, au British Muséum, 1042, fol. 156- 158; publié pai' Gaster, dans r„Arhiva Societâtiiçtiintifice ci literare din laçi", p. 233.

sadeurs de roi à Constantinople pour en pouvoir tirer des renseignements sur les relations qui ont dû avoir lieu nécessairement entre ces ministres et Brâncoveanu dont certaines ambassades préparaient la ruine au profit de l'aventurier hongrois Tôkôly ou de tel concurrent indigène, au cours de la longue guerre que la Porte soutint déjà avant le siège de Vienne contre la nouvelle coalition de croisade, à la tête de laquelle se trouvait l'Empereur Léopold et dont le héros fut Jean Sobieski, roi de Pologne, Courtiser tous les ambassadeurs, transmettre leur correspondance i, les gagner par des présents magnifiques distribués à propos était un des grands moyens que le Valaque employait pour se maintenir.

On parla donc de nouveau des pays du Danube dans la correspondance diplomatique et dans les récits de voyage anglais. Des secrétaires anglais venant de Vienne prenaient la voie des Carpathes 2.

La chronique officielle du règne de Brâncoveanu, qui jouait sur les rives du Danube le rôle d'un Louis XIV oriental, grand bâtisseur d'églises et de palais, donateur inépuisable, ayant le goût des arts, fait l'éloge de lord Paget, signalant le rôle que joua à la conclusion de la paix de Carlowitz, entre le Sultan et ses ennemis de la coa-

1 Beza, loc. cit., p. 280.

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