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CHAPITRE III

Vl:siteurs anglais à l'époque des Phanariotes.

N'ayant pas une politique indépendante, les princes, originaires du Phanar grec de Constantinople, par lesquels les Turcs remplacèrent bientôt, en commençant par Nicolas Maurocordato (nommé pour la Moldavie en 1709 et en 1711 et pour la Valachie en 1716) la versatilité et les tendances de secouer le joug turc des princes de sang roumain, n'eurent avec les ambassadeurs chrétiens d'autres relations que celles qu'ils avaient nouées, comme fonctionaires ottomans, pendant le long stage de Grands-Interprètes de la Porte qui était nécessaire pour leur assurer un gouvernement sur -le Danube. Louis XIV ayant fini son règne de provocation à l'équilibre européen, défendu par l'Angleterre, il n'y eut plus de point de vue anglais dans les complications entre Turcs et Impériaux qui suivirent. Une nouvelle paix, qui attribua à l'Autriche, déjà dominatrice en Transylvanie dès le traité de 1699, la Serbie septentrionale et même les cinq districts roumains de l'Olténie, fut conclue

sans cette intervention de i'ambass'adeur britanniquequi avait pressé, ainsi qu'on l'a vu, la pacification précédente. Et, sans que l'Angleterre s'en préoccupât^ un nouveau conflit éclata en 1738 entre les Turcs,, d'un côté, et les Impériaux, alliés pour la première fois aux Russes, de l'autre: la Moldavie devait vivre pendant des mois entiers sous l'autorité du commandant russe Mûnnich qui n'eut pas les égards que Pierre-le-Qrand avait témoignés, à Jassy, en 1711, à son jeune allié et ami Démétrius Cantémir. La paix de Belgrade, qui restitua l'Olténie au prince de Bucarest, fut due à l'intervention de l'ambassadeur français de Villeneuve.

L'Empereur allemand avait eu cependant de grands projets. Croyant qu'il pouvait retenir les Russes en Crimée et les satisfaire avec cette proie, depuis longtemps convoilée, il ne se réservait pas moins, dans les dépouilles de la Turquie agonisante, que „la Bosnie, Niche et Vidin, avec les territoires qui en dépendent, la Valachie et la Moldavie, outre les frais de guerre" i, qui sont calculés à vingt millions de florins. Et celui qui nous donne, avec une compétence indubitable, cette information dans une lettre datée de Babadag, dans la Dobroudscha, le 13 octobre n. st. 1737, n'est autre que le chevalier Fawlkner, le diplomate anglaisdéputé spécialement pour aller observer sur le Danube la marche des opérations, en vue d'un»^

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